|
Bienvenue ! |
Les confesseurs du monastère de Sainte-Claire de Dinan. |
Retour page d'accueil Retour "Monastère Sainte-Claire de Dinan"
VI- LES CONFESSEURS.
Les religieuses du monastère de Sainte-Claire de Dinan ont toujours revendiqué le droit de choisir elles-mêmes leurs confesseurs aussi bien que leurs visiteurs, parmi les Pères Cordeliers de la Province de Touraine.
La Bulle de fondation prévoyait que ces confesseurs et leurs compagnons pouvaient être au nombre de six, tandis que dans les autres couvents de clarisses, ils n’étaient que quatre. Il n’est pas certain que les religieuses aient usé de ce privilège. Rien ne permet de déterminer le nombre exact de pères et de frères qui furent au même moment au service du monastère.
Quoi qu’il en soit, il semble que le choix des confesseurs par les religieuses ait été, en général, excellent. On trouve parmi eux de nombreux docteurs en théologie, d’anciens custodes, d’anciens gardiens, d’anciens définiteurs, et même un Premier Père de Province, c’est-à-dire un ancien provincial, tous hommes de science et de bon gouvernement.
Ce furent aussi de saintes gens. Les notices de l’obituaire, si laconiques quand il s’agit des religieuses, font assez souvent l’éloge des confesseurs qui moururent à Sainte-Claire de Dinan.
Le P. Raoul Pizi est dit « bonus pater » et le P. Thomas Legault est appelé « le bon père ». Le P. Antoine Herbeault, compagnon, porte le titre « d’homme saint ». Le P. Jean Jarnigon a été 33 ans confesseur « à la grande consolation et édification de tout le couvent ». Le P. Touché et le P. Damien Renault sont « morts en odeur de sainteté ».
Deux Pères ont mérité une mention toute spéciale et touchante.
Le P. Emond « a été regardé comme un saint. Il a été près de deux ans sans pouvoir agir. Nous en eûmes les mêmes soins, leçon pour celles qui viendront après nous ».
Le Père de Brieville « a excellé en toutes les vertus et est mort comme un saint. Il ne s’est démis (de ses fonctions) de confesseur qu’un mois devant sa mort. Il a été affilié à notre communauté. Il a été docteur et d’une grande science et consolation à tout le monde ».
***
Il n’est certainement pas utile de nous attarder à décrire les fonctions des Pères confesseurs. Ils étaient entièrement responsables de la direction spirituelle des religieuses, et l’on comprendra l’importance de la tâche qu’ils assumèrent, l’un après l’autre, pendant les trois cents ans que dura le monastère, si l’on veut bien se souvenir qu’il s’agissait d’un monastère de contemplatives, dont la seule raison d’être était la vie intérieure.
Ils avaient en outre la charge de célébrer les offices ; ils étaient les chapelains de l’église du monastère.
Nous avons dit qu’ils étaient aidés par des Pères compagnons. Le rôle de ceux-ci, quoique plus effacé, n’était pas sans importance. Une note rédigée par les religieuses au XVIIIème siècle, nous renseigne à ce sujet [Note : Archives des C.-du-N.], note d’autant plus suggestive qu’elle nous révèle l’existence d’un petit groupe de jeunes garçons qui vivaient avec les Pères, les aidant dans les cérémonies, et recevant d’eux l’éducation.
« Nous vous supplions, mon Reverend Père, d’acquiter soigneusement quatre messe d’obligation pare semaine.
La première est d’obligation due pour un deffunct. La seconde est pour la Communautez qui a une Bulle d’autel privilégié ; la troisième une messe de la sainte Vierge, selon nos intentions ; et la quatrième pour une dame qui nous a donné son aumônes pour lintention d’une messe.
Nous devons aussy une messe par an de fondation le jour de saint Renée, qui est le douzième de novembre, pour deffunte Mademoiselle de la ville Gauteul, et une le huitième d’aout pour une autre defun.
Quand notre supérieur, notre confesseur ou nous, ou nos sœurs meures, vous leur dite une octave de messes.
Nous vous supplions, mon Reverend pere d’avoir la bontez de veiller sur les livres qui servent à lautel et au cœur, et que les ornements de la sacristie soient conservée et proprement rendu dans le temps qu’il ne servent pas a leglise, et de faire les petits garsons ballier [Note : Balaye] quand il le faut.
Nous vous prions aussy, mon Reverend pere, de vouloir bien nous seconder dans les provisions de la maison. Vous voudrais bien que nous vous en informions dans le temps qu’il faut les faire.
Prenez garde aussy que les petits garsons ne perde pas le temps, et qu’il aprenent ce qu’il doivent scavoir pour la lecture, lecriture et le chant quand il en sont capable.
Nous vous prions aussy, mon Reverend pere d’aller quelque fois selon notre besoin en voyage à Sainte Anne et à Clermont [Note : Sainte-Anne et N.-D. de Clermont étaient deux chapelles de pèlerinage, situées dans le voisinage immédiat de Dinan, et très fréquentées].
Au regard de vous même, mon reverend pere, demandez tout ce que vous aurez a faire. Vous ne scauriez plus obliger vos pauvres très humbles servantes. Les Religieuses de Sainte-Claire ».
***
Vers la fin du XVIIIème siècle, les religieuses éprouvèrent certaines difficultés à choisir elles-mêmes leurs confesseurs. Elles écrivirent au Pape à ce sujet, en 1770, mais nous ignorons si elles reçurent une réponse. Voici le passage principal de leur supplique [Note : Copie ancienne aux Arch. des C.-du-N.] :
« ... n’attribuans le bonheur d’avoir trouvé dans notre maison jusque nos jours lesprit de notre mere Saincte Claire, et sa Raygle dans toute sa purté et sans mitigation, quau previlesge, dont il [Note : Il s’agit des Provinciaux] nous ont laissée jouïr, de notre très saint pere Sixte quatre, d’heureuse mémoire, delire nos visiteur, confesseur et son compagnon, et ne le cherchans jamais que propre par leurs sagesse, lumières et saintetée à nous soutenir dans notre saint état, santiments auxquels ils ont toujours corresponduë a notre atende, et nous y ont conservée dans son intégrité.
Permettée donc, notre très saint père, que le profit spirituelles que nous en avons retirée, nous fasse vous demandée un nouveau bref de confirmation a ce privilesge d’élection, pour nous lassurée davantage, et a celles qui nous suivrons. Ce qui porte a implorée de votre bonté cette grâce, c’est que quelque Provinciaux ont déjà vouluë y donnée quelque atinde, et que sûrement seroit en donnée un peut à tous nos autres usages, qui ont soutenuë cette maison toujours dans son même Esprit et Regularitée ».
***
Voici les
noms des confesseurs et de leurs compagnons, dans leur ordre chronologique, d’après les divers
documents, et spécialement l’obituaire et les actes de profession.
Georges Gaudin, confesseur, t 8 septembre 1482
[Note : Cette date que nous relevons (ainsi que toutes les dates de décès qui
vont suivre) dans l’obituaire de Dinan, s’explique difficilement : En 1482, on
posait seulement la première pierre du monastère, et les fondatrices n’avaient
pas encore quitté Nantes].
Jean Stir, + 20
août 1487.
Jehan Martin, confesseur, + 25 septembre 1492.
Johannes Martin,
confesseur, + 4 octobre 1506.
Michael le Bourguignon, + 20 septembre 1514.
Petrus le Melays, confesseur, + 2 janvier 1517.
Jean Bechepays, + 13 janvier
1524.
Johannes Bricio, frère lai, + 31 mai 1526.
Jacobus Laye, confesseur, + 10
février 1530.
Jean Serviable, + 5 janvier 1533 [Note : A la date du 4 juillet
1534, l’obituaire B indique la mort d’un confesseur, Johannès Pagereau, qui
n’apparaît dans aucun autre document (sur la valeur historique des obituaires de
Sainte-Claire de Dinan, voir plus loin l’étude que nous consacrons à ces
documents)].
Johannes du Bourre,
confesseur, + 21 octobre 1550.
Franciscus Briart, confesseur, + 20 mars 1553.
Julianus, confesseur, + 18 octobre 1553.
Johannes Dagoreau, confesseur, + 4
juillet 1554.
Radulphus Pizi, + 17 février 1556.
Martinus Corbillon, + 8 janvier
1559.
Michaël Nutriti, confesseur, + 23 septembre 1564.
Johannes Bougeart, + 21
juin 1582.
Maudetus Rivallen, + 24 septembre 1591.
Egidius Blandin, confesseur,
+ 21 janvier 1592.
Johannes Blandin, « sacerdos », + 14 février 1592.
Noël
Bréchard, serviteur, + 26 février 1592.
Rennault Thomas, + 7 mars 1606.
Julien
Vetil, confesseur, + 2 janvier 1611.
Louis Audren, confesseur. Il signe des
actes de profession en 1604, 1605 et 1612.
Denis Le Clerc, confesseur, signe les
actes de profession du 18 octobre 1613 au 9 mai 1614.
Mathurin Bébin,
confesseur, signe un acte de profession le 18 septembre 1620.
Alain Noblet,
confesseur, signe les actes de profession du 9 octobre 1620 au 25 mai 1621.
Thomas Legault, confesseur, + 24 mai 1626.
Jean Maunoury, confesseur, + 11 mars
1630.
Guillaume Robert, + 1er avril 1654.
Jean Jarnigon, confesseur, + 15
septembre 1660.
René Hodeler, confesseur, signe les actes de profession de 1661 à 1667.
François Vollant, confesseur, signe un acte de profession le 9 novembre 1670.
Damien
Renault, confesseur, + 14 mai 1702.
Jean-Baptiste Jaulnet, confesseur, + 28
janvier 1706.
Jean-Alexis Pied de Vache, confesseur, + 4 juillet 1709.
Jean
Servant Ferron, confesseur, + 18 avril 1714 [Note : Dit: Jean Servan Perron,
dans l’obituaire A].
François Emond, confesseur, +
23 décembre 1734. Son obédience du 7 mai 1714, lui donne les titres suivants :
« Ancien définiteur, ex-custode de Saintonge, et actuellement gardien du couvent
de Saintes » [Note : Arch. des C.-du-N.].
François Chérel,
nommé comme compagnon dans l’obédience du P.
Fr. Emond.
Pierre-Antoine Maubec, docteur en théologie, ancien définiteur de
la grande Province de Touraine, désigné comme confesseur le 3 août 1733 [Note :
Arch. des C.-du-N.].
Barraud, compagnon et coadjuteur du précédent.
Jean Galerne,
désigné comme compagnon du P. Maubec en 1744 [Note : Arch. des C.-du-N.].
François
Le Gac, prêtre, confesseur et
prédicateur, désigné comme compagnon du P. Maubec le 29 juin 1748 [Note : Arch.
des C.-du-N.].
Joseph Ravalec, compagnon, + 15 janvier 1768.
J. Richecœur, compagnon, signe
deux actes de profession le 18 février 1773.
Dominique de Brieville, confesseur, + 7 avril
1775. Son obédience était du 10 septembre 1753 [Note : Arch. des C.-du-N.].
Guillaume
Collin, compagnon du précédent, dont il signe l’acte de décès.
Gilles Péchais, compagnon, + 27
octobre 1776.
Mathurin Boucher, confesseur, signe les actes de profession du 29
septembre 1777 au 5 août 1783.
Antoine Herbeault, compagnon, + 16 janvier 1787.
Bouché, confesseur, + 21 janvier 1787. C’est probablement le même que le P.
Mathurin Boucher.
Mathieu Gaudicheau, confesseur, dirigeait le couvent en 1790.
(Maurice Mesnard).
© Copyright - Tous droits réservés.