|
Bienvenue chez les Dervalais |
DERVAL |
Retour page d'accueil Retour Canton de Derval
La commune
de Derval ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de DERVAL
Derval vient du breton "derv" (chêne) et de "val" (vallée).
Au IXème siècle, Derval est mentionné plusieurs fois dans les chartes du cartulaire de l'abbaye de Redon, à l'occasion de donations faites à l'abbaye par Austroberte, dame de Fay, dans la paroisse de Saint-Pierre-de-Cornou (aujourd'hui disparue). Le bourg et l'église sont détruits lors de l'invasion des Normands au Xème siècle.
A partir du XIème siècle, les seigneurs de Derval édifient un château féodal. Au XIIème siècle vit un nommé Bonabes Ier de Derval, mari d'Eustaice dont il a un fils nommé Guillaume qui lui succède. Guillaume Ier, sire de Derval, prend part en 1203 aux Etats réunis à Vannes pour venger la mort du prince Arthur de Bretagne et il est, en 1212, témoin au contrat de mariage d'André de Vitré avec Catherine de Bretagne (Histoire Générale de plusieurs maisons de Bretagne).
Après la mort de Jehan III, Jean de Montfort, devenu duc de Bretagne, fait don du territoire de Derval à son allié Robert Knolles (1325-1407), chef des troupes anglaises, qui conserve cette place jusqu'en 1380. A noter que Knolles prend part aux luttes entre Jean de Montfort (duc Jean IV) et Charles de Blois pour la possession du duché de Bretagne. Le château est alors flanqué de neuf tours et défendu par une double enceinte. En 1373, il appartient à Robert Knolles, qui est assiégé par Bertrand Duguesclin. C'est à Jean de Rougé, décédé sans enfants, que Robert Knolles est obligé en 1380 de rendre le château de Derval, en échange duquel le duc Jean IV donne au capitaine anglais une rente de 2 000 Livres. Le château est pris, en 1590, par le duc de Mercoeur. C'est Henri IV qui le fait démolir en 1593.
Le 19 mai 1451, Derval est érigé en baronnie par le duc Pierre II en faveur de Jean de Malestroit, devenu sire de Derval en 1435. La baronnie passe à la famille Rieux (en 1482), Laval (suite au mariage de Françoise de Rieux avec François de Laval, baron de Châteaubriant), puis à celle des Montmorency-Condé (donation en 1539 de Jean de Laval au connétable Anne de Montmorency).
Le fief de Derval est tenu chronologiquement par les seigneurs Derval (XI-XIIème siècle), Rougé (par mariage, en 1275, d'Olivier IV de Rougé et d'Agnès de Derval), Châteaugiron, Malestroit (Châteaugiron qui ont pris ce nom vers 1352), Raguenel, Rieux, Laval, Montmorency, Bourbon-Condé (par mariage de Charlotte Marguerite de Montmorency et de Henri II de Bourbon-Condé).
![]()
PATRIMOINE de DERVAL
|
l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (1846 - XXème siècle), œuvre de l'architecte Ménard. Cette église succède à un sanctuaire vétuste (sa fondation est antérieure au XIème siècle). Le chœur date de 1846 et son autel est un don de Mlle Blérye et de Mlle Poligné. Le clocher date de 1950. La grande verrière, œuvre du maître verrier Gsell, date du XXème siècle. Cinq autres verrières ornent l'église : celles de saint Sébastien et de la Vierge datent de 1846, les trois autres représentent sainte Odile, le curé d'Ars et Jeanne d'Arc. Les vitraux représentent saint Louis, Marie Grignon de Montfort et saint Bernard. L'Assomption de la Vierge, située au fond de l'abside, est l'œuvre du sculpteur Charles Ménard. La peinture intitulée "Le Martyre de saint Sébastien", œuvre du peintre Joly Duval, date du XIXème siècle ; | |
|
l'oratoire du château (fin du XIXème siècle), situé au château et édifié à l'emplacement où étaient implantés jadis le prieuré et les chapelles dédiées à saint Clair et à saint Denis. On y voit encore une dalle tumulaire datée du XIVème siècle et qui provient de la chapelle du prieuré Saint-Denis (il s'agit semble-t-il d'un seigneur de Derval mort en 1325). La statue Saint Clair, qui provient de la chapelle de la frairie de Quibut, date du XIVème siècle. La statue Saint-Denis date du XIVème siècle. La chapelle du prieuré a également servi, semble-t-il, d'église paroissiale jusqu'au XVIème siècle. Cette chapelle du prieuré était desservie au XIème siècle par les moines bénédictins de Saint-Nicolas d'Angers, puis par les moines de l'Abbaye Saint-Pierre de Bourgueuil-en-Vallée ; | |
|
l'oratoire Notre-Dame de Bon-Secours (XXème siècle), situé à La Cadorais et édifié sur l'emplacement de la chapelle de la frairie de Rohel. Cette ancienne chapelle était dédiée jadis à saint Bily et à la Vierge ; | |
|
l'Eglise de la Sainte Famille, fondée en 1974 par Pierre Poulain (né en 1924) qui se dit l'objet de révélations de "Marie-corédemptrice", et chargé de restaurer l'Église Catholique et universelle devant l'imminence de "grandes catastrophes méritées par le monde pour son péché". Il crée aussi une congrégation religieuse féminine, l'Ordre des "Filles crucifères", porteuses d'une croix autour du cou, d'un voile vert et de jupes grises ; | |
|
la chapelle Saint-René (XVIIème siècle), située à Fond-des-Bois et fondée le 30 juillet 1659 par Jean Charette de La Pommeraye ; | |
|
la chapelle Saint-Michel (XIXème siècle), œuvre de l'architecte Mathurin Fraboulet et située route de Châteaubriant. Cette chapelle fait partie d'un hospice créé en 1877 ; | |
|
le calvaire situé avenue de la Garrelaye ; | |
|
le calvaire du Plessis (XV-XIXème siècle), situé route de Mouais. Le fût de la croix est restauré au XIXème siècle ; | |
|
le calvaire (XIXème siècle), situé route de Saint-Vincent et érigé, semble-t-il, par la famille Perraud ; | |
|
la croix (XIXème siècle), située sur la route de Saint-Vincent et érigée par la famille Allard ; | |
|
le château de la Garrelaye (XIV-XVIème siècle). Propriété de la famille Le Maistre. A signaler qu'en septembre 1364, Alain Le Maistre participe à la bataille d'Auray, dans le camp Montfort et à côté de Robert Knolles. En 1487, Pierre Le Maistre s'allie à Françoise de Dinan, baronne de Châteaubriant. La façade nord-est date du XVIIIème siècle. Le château est au XIXème siècle, la propriété de Richard Hay de Slade. La tour de guet date du XVème siècle ; | |
|
le château du Fond-des-Bois (XIXème siècle), édifié pour Louis de La Haye Jousselin (maire de Derval en 1870). Son père Julien de La Haye Jousselin était maire de Derval de 1826 à 1862 et député en 1830 ; | |
|
le manoir de Richebourg (XIVème siècle) ; | |
|
le manoir (XIVème siècle) de la Porte. Propriété de Jean Le Gac (qui participe à la signature du traité de Guérande en 1381) puis de Jacques Trélan à la fin du XVIème siècle ; | |
|
le manoir de Camardin (XIVème siècle). Propriété d'Anne de Montmorency, héritier de la baronnie de Derval ; | |
|
le manoir du Coudray (XIVème siècle). Propriété de la famille de La Haye Jousselin au XIXème siècle. L'escalier date du XIVème siècle ; | |
|
le manoir de Guinret (XV-XVIème siècle). Propriété de Louis de Montluc, puis de Gilles Vasselot au XVIème siècle ; | |
|
le manoir du Boschet (XV-XVIIème siècle), situé route de Redon. Propriété successive de Gilles de La Lande, de la famille Boislières (au XVIIIème siècle) et de Martin Feuillée (1830-1896), député d'Ille-et-Vilaine (de 1876 à 1889) et ministre de la Justice (de 1883 à 1885) ; | |
|
le manoir (vers le XVIème siècle). Cet édifice a servi de relais de poste ; | |
|
le manoir ou logis de Croquenois (XVIème siècle). Propriété, au début du XXème siècle, d'Emmanuel Desgrée Du Lou, directeur du Journal L'Ouest-Eclair (journal démocrate chrétien) dont il est le fondateur avec l'abbé Trochu ; | |
|
le manoir Bon-Accueil (XVI-XVIIème siècle). Propriété de la famille Poligné au XVIIIème siècle. Charles Poligné est maire de Derval en 1798. Le manoir devient la propriété de la famille Blérye au XIXème siècle ; | |
|
le manoir de la Haye (XVI-XVIIIème siècle). Propriété de Jean de Beaulieu (en 1513), Barrin (en 1574), de Hubert de la Massue (au XVIIIème siècle), de la famille Ledoux-Barron (au XXème siècle). M. Ledoux est maire de Derval de 1925 à 1935. A partir de 1953, le manoir est la propriété de l'association Saint-Joseph des Frères de Ploërmel, et il est transformé ensuite en collège (collège Saint-Donatien). Le cloître du collège Saint-Donatien, à la Haye, date du XXème siècle. On y trouve une statue de "la Vierge à l'Enfant", œuvre de Jean Fréour, qui date du XXème siècle ; | |
|
le manoir de Bellevue (1770), édifié pour François Jousselin et acheté par le comte de la Bourdonnay dans le but de créer un hospice qui ouvre en 1774 et dont l'administration revient aux religieuses du Saint-Esprit de Plérin (expulsées en 1793). Le bâtiment sert ensuite de gendarmerie avant d'être incendié par les chouans ; | |
|
les vestiges de la Tour Saint-Clair (XIIème siècle), situés route de Mouais ; | |
|
la tour de Fond-des-Bois (XVIème siècle), seul vestige d'un château ayant été édifié au milieu des bois. Résidence de chasse du prince de Condé. L'édifice est acheté en 1768 par Julien Jousselin ; | |
|
la Grande Maison (XVIème siècle). Il s'agit d'une ancienne auberge ayant appartenu à un certain Révérend, qui devient maire de Derval en 1794. La maison aurait accueilli la duchesse de Berry en 1826 ; | |
|
la maison de la Grée (XVIIIème siècle), située rue de l'Abbé-Tuard ; | |
|
le moulin à eau (XIV-XIXème siècle) et le moulin du Thu (vers 1880) édifié par la famille Voland ; |
![]()
ANCIENNE NOBLESSE de DERVAL
La baronnie de Derval : La paroisse de Derval est plusieurs fois mentionnée au IXème siècle dans les chartes du Cartulaire de Redon, mais ce n'est qu'au XIIème siècle qu'apparaissent les sires de Derval. A cette époque vivait, suivant du Paz, Bonabes Ier de Derval, mari d'Eustaice dont il eut un fils nommé Guillaume qui lui succéda. Guillaume Ier, sire de Derval, prit part en 1203 aux Etats réunis à Vannes pour venger la mort du prince Arthur de Bretagne ; il fut en 1212 témoin au contrat de mariage d'André de Vitré avec Catherine de Bretagne (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 821). Lui, ou son fils Guillaume II, approuva en 1225 la fondation de Saint-Aubin du Cormier (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 854). Guillaume II, seigneur de Derval épousa Anne de Rostrenen, veuve d'Alain sire de Rochefort ; en 1234, en compagnie de son frère Main, il fut présent à un accord passé entre le prieur de Donges et certains juifs de Guérande (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 884). Guillaume III, sire de Derval, frère utérin de Thébaud seigneur de Rochefort, s'unit à Aliénor de Chateaubriant. Les deux époux firent en 1239 une donation au prieuré de Saint-Martin de Josselin (Cartulaire du Morbihan – Revue historique de l'Ouest, X, 221). En 1270, Guillaume de Derval ratifia une fondation faite à l'abbaye de Melleray par son aïeul Guillaume Ier (Bibliothèque Nationale Blcs Mx, XXXVI, 12). En 1275, Bonabes II était seigneur de Derval ; il fut alors témoin du changement par le duc Jean Ier du bail noble en rachat et la même année il confirma la rente de 20 livres donnée par ses prédécesseurs aux religieux de Melleray. Ce seigneur eut deux fils Guillaume et Bonabes. Nous avons encore les sceaux de Bonabes II et de son fils aîné : ils portent l'un et l'autre un écusson de gueules à deux fasces d'argent ; mais l'écu du fils présente une bande brochant comme brisure. Le sceau du père offre cette légende : S. BONABII DE DERVAL MILIT (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 1039, Pl. n° 90 et 92). C'est, en faveur de Bonabes II, que le duc Arthur II reconnut, dit-on, en 1302, les sires de Derval comme issus d'un puîné de la maison de Bretagne et ayant droit d'écarteler leurs armes de celles des princes bretons. La charte qui relate ces rêveries est absolument fausse et le P. du Paz en fait bonne justice. Néanmoins il paraît certain qu'en 1332 le duc Jean III reconnut à Jean de Rougé, sire de Derval, le droit d'écarteler des armes de Bretagne celles de sa seigneurie de Derval (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne — Du Paz, Histoire Généalogique de plusieurs maisons de Bretagne 157). Quant à Bonabes II nous le trouvons en 1285 accompagnant en Aragon le comte de Richemont. Mais à cette époque il avait eu la douleur de perdre son fils aîné Guillaume et la fille unique de celui-ci Agnès de Derval mariée à Olivier sire de Rougé. Par suite il laissa, en mourant lui-même, sa seigneurie de Derval à son petit-fils Guillaume sire de Rougé. Bonabes II ne fut pas néanmoins le dernier à porter le nom de ses ancêtres, car son fils cadet, Bonabes de Derval, lui survécut jusqu'en 1325. Ce chevalier fut alors inhumé dans la chapelle priorale de Saint-Denis, près du château de Derval. On voyait encore naguères en cette chapelle abandonnée la tombe du dernier chevalier de la maison de Derval ; cette tombe présente l'inscription suivante : Cy gist Bonabes de Derval, fils de monsour Bonabes jadis seignour de Derval, qui trespassa le quart jour d'aoust, l'an de grace MCCCXXV. Priez pour l'asme de li, que Diex bonne merci li face. Guillaume de Rouge, fils d'Olivier, sire de Rougé et d'Agnès de Derval, hérita par suite des deux seigneuries de Derval et Rougé : comme nous nous proposons de parler ailleurs de la châtellenie de Rougé nous mentionnerons brièvement ici Guillaume de Rougé et ses descendants seigneurs de Derval après lui. Guillaume de Rougé, sire de Derval, épousa d'abord Macée de la Haye, puis N... de Neuville ; il eut du premier lit Bonabes et du second Jean qui furent l'un après l'autre ses successeurs à Rougé comme à Derval : Bonabes mourut sans postérité après 1338 et Jean fut tué au siège de la Roche-Derrien en 1347 (Du Paz, Histoire Généalogique de plusieurs maisons de Bretagne 166). Ce dernier laissait un fils Bonabes, sire de Rougé et de Derval, qui embrassa le parti des Français pendant la guerre de la succession de Bretagne. Pour s'en venger le duc Jean de Montfort confisqua le château de Derval et le donna à Robert Knolle, chevalier anglais, qui conserva cette place jusqu'en 1380. Quant à Bonabes de Rougé il mourut dès 1377, laissant de sa femme Jeanne de l'Isle, deux fils nommé Jean et Galhot successivement seigneurs de Rougé et de Derval après lui. C'est à Jean de Rougé, décédé sans enfants, que Robert Knolle fut obligé en 1380 de rendre le château de Derval, en échange duquel le duc Jean IV donna au capitaine anglais une rente de 2 000 livres. Quant à Galhot de Rougé, il épousa Marguerite de Beaumanoir et en laissa deux enfants Jean et Jeanne. Le premier de ceux-ci s'unit à Béatrice de Rieux, et mourut sans postérité le 8 février 1416 ; il fut inhumé au chanceau de l'église paroissiale de Derval, sous une tombe portant cette épitaphe : Cy gist hault et puissant Monsour Jean jadis seignour de Derval, de Rougé, de Saint-Mars de la Pile et vicomte de la Guerche en Touraine qui trespassa le VIIIe jour de febvrier l'an de grace MCCCCXV. Priez Dieu pour luy. La soeur de ce seigneur Jeanne de Rougé était morte elle, même en août 1413, mais elle laissait de son mariage avec Armel sire de Châteaugiron, décédé en 1414, un fils Patry de Châteaugiron qui succéda à toutes les seigneuries de son oncle et devint ainsi sire de Derval. Mais ce dernier seigneur fut tué au siège de Pontorson en 1427 et comme il ne laissait point d'enfants, ses terres et seigneuries passèrent à sa soeur Valence de Châteaugiron femme de Geffroy de Malestroil sire de Combourg. Le nouveau seigneur de Derval, Geoffroy de Malestroit, perdit sa femme dès 1435 et lui survécut jusqu'en 1468 : son corps fut déposé au chanceau de l'église de Derval sous une tombe élevée de terre et portant ces mots : Cy gist haut et puissant Monsieur Gcffroy sire de Combour, de Chasteaugiron et d'Amanlis qui décéda le XVe jour de novembre, l'an de grace 1463. Priez Dieu pour lui (Du Paz, Histoire Généalogique de plusieurs maisons de Bretagne 171). Ce fut le fils de ce défunt seigneur, Jean de Malestroit, devenu sire de Derval dès 1435 à la mort de sa mère, qui obtint en 1451 du duc de Bretagne l'érection de Derval en baronnie ; il prit même le nom de Jean de Derval mais ne laissa qu'un bâtard nommé Georges de Derval auteur de la famille de ce nom qui subsiste encore. Il avait cependant épousé Hélène de Laval qu'il laissa veuve en 1482. Il fut inhumé en l'abbaye de la Vieuville où sa femme le rejoignit on terre l'an 1500. On leur éleva un superbe mausolée avec cette épitaphe : Cy gisent haults et puissants Monseigneur Jean sire de Derval, de Combour, de Chasteaugiron, de Rougé et de Foulgeray, qui trespassa le dernier jour du mois de may l'an de grace MCCCCLXXXII, et Madame Hélène, sa compagne, fille du comte de Laval... laquelle trespassa le tiers jour du mois de décembre l'an de grace MCCCCC (Du Paz, Histoire Généalogique de plusieurs maisons de Bretagne 171). La baronnie de Derval fut recueillie en 1482 par la petite-nièce du seigneur défunt, Françoise de Rieux, fille de Jean sire de Rieux et de Françoise Raguenel, cette dernière issue de l'union de Jean Raguenel, vicomte de la Bellière, avec Gillette de Malestroit, soeur de Jean baron de Derval. Françoise de Rieux, dame de Derval, épousa François de Laval, baron de Châteaubriant, décédé en 1503 ; elle-même ne mourut qu'en 1532, laissant la baronnie de Derval à son fils Jean de Laval. A partir de cette époque Derval suivit la fortune de Châteaubriant et fit partie de la donation faite en 1539 par Jean de Laval, baron de Châteaubriant, au connétable Anne de Montmorency ; ce ne fut qu'en qualité d'usufruitier que Jean de Laval, rendit aveu pour Derval en 1541 (Archives de Loire Inférieure, v. Derval) ; deux ans plus tard il mourait d'ailleurs sans postérité. En avril 1554 le connétable de Montmorency obtint du roi l'union de la seigneurie de Derval à la baronnie de Châteaubriant. Dès lors, il n'y eut plus de baron de Derval, mais la terre seigneuriale de ce nom demeura la propriété des ducs de Montmorency, puis des princes de Condé, successivement barons de Châteaubriant.
Derval,
châtellenie d'ancienneté, fut érigée en baronnie par le duc Pierre II, le 19
mai 1451, en faveur de Jean de Malestroit. En
1560 trois châtellenies voisines se trouvaient annexées à la baronnie de
Derval : Guémené, Jans et Anguignac ; le tout relevait alors du roi et du Présidial
de Nantes, et s'étendait en treize paroisses : Derval, Saint-Aubin-des-Châteaux,
Saint-Vincent-des-Landes, Jans, Treffieux, Abbaretz, Conquereuil, Guémené,
Avessac, Lusanger, Louisfert, Beslé et Saint-Nicolas-de-Redon (Archives
d'Ille-et-Vilaine, C1819). Une
quatrième petite châtellenie, celle de Beauregard, faisait aussi partie de la
baronnie de Derval, mais elle relevait de la Roche-en-Nort. Parlons
successivement de ces diverses seigneuries.
- 1° La châtellenie de Derval, proprement dite, se composait des paroisses entières de Derval et de Lusanger et s'étendait aussi dans les paroisses limitrophes. Sa haute justice s'exerçait au bourg de Derval et ses fourches patibulaires s'élevaient sur les landes bordant le grand chemin de Derval à Nantes. Le sire de Derval avait droit de « prévosté, cousin-mes, trépas, billettes et branchères et droit de marché tous les mardis audit bourg de Derval » (Déclaration de Derval en 1560. — Cet aveu rendu an roi par le connétable de Montmorency forme un beau volume de 143 feuillets en parchemin, richement relié et ayant une première page artistement enluminée présentant les armoiries de France et de Montmorency - Archives. de la Loire-Inférieure). Il avait aussi un autre droit de coutume en Lusanger et la police de la foire Saint-Jean-Baptiste audit Lusanger. Au fief de Lusanger se trouvait le manoir de la Bruyère, dont le possesseur était sergent féodé de Derval. Il était dû au sire de Derval « quatorze messages d'un jour chacun » par certains tenanciers de Derval ; le seigneur de la Fleuriaye en Treffieux devait lui présenter à Noël « entre les deux messes du jour, devant la grande porte da l'église de Treffieux, 13 deniers pour la Fleuriaye et une paire d'esperons dorés apréciée 25 sols pour la Bauldraye ». Cette dernière terre, sise également en Treffieux, était aussi une sergentise féodée de Derval (Déclaration de Derval en 1560).
Au
seigneur de Derval appartenaient les droits de supériorité et de patronage
dans les églises paroissiales de Derval et de Lusanger, ainsi que dans les
chapelles priorales de Saint-Denis de Derval (membre de l'abbaye de Bourgueil)
et de N.-D. de Couëtoux en Lusanger (membre de l'abbaye de
Saint-Sulpice-des-Bois).
Le
domaine proche de la seigneurie de Derval comprenait en 1500 : «
Le chasteau dudit Derval avec ses édifices, superficies, douves, garennes,
colombiers, estangs, prairies, métairie des Houx et bois ancien de haulte
fustaye, le tout contenant 60 journaux de terre » ; les manoir et métairie
de la Haye, contenant 100 journaux proche du chemin de Derval à Jans-l'estang
et les deux moulins du Pasguillaume — l'étang de Fondeluen et les deux
moulins de la Bouvetière — les moulins du Boismain sur la rivière de Chère,
— deux moulins à vent, — une quinzaine de bois tant futaies que taillis, en
Derval, Lusanger et Treffieux, contenant ensemble plus de 1200 journaux de
terre.
- 2°
La châtellenie de Guémené,
appartenant dès 1400 au sire de Derval, comprenait une moitié de la paroisse
de Guémené-Penfao et s'étendait en Conquereuil, Avessac et Beslé. Parmi les
rentes dues au seigneur figuraient plusieurs «
mangiers » ou repas convertis en deniers. Le sire de Guémené levait
certaines dîmes dans cette paroisse et dans celle d'Avessac ; il se disait
fondateur des églises de Guémené, Avessac et Beslé ; il jouissait de la
moitié des droits de la foire Saint-Michel de Guémené — d'un droit de
coutume aux ponts de Guémené et de Lieu-Saint, et au passage de Beslé et d'un
droit de « fief amorty sur la moitié de
l'église et cimetière parochial de Guémené du costé vers midy, avec les
chapelles Saint-Yves et de Lieu-Saint en ladite paroisse et le vieil presbytère
de Conquereuil ». Enfin le prieur de Marsac (prieuré membré de l'abbaye
de Redon) devait chaque samedi dire la messe à son intention (Déclaration de
Derval en 1560). Quant au domaine proche de Guémené il semble ne consister en
1560 qu'en « le moulin du
Sault-au-Chevreuil ô ses estangs ».
- 3°. La
châtellenie de Jans appartenait en
1294 à Briand Le Boeuf, sire d'Issé, qui reconnut alors devoir à cause d'elle
4 livres en deniers d'Ost au duc de Bretagne ; elle fut donnée en 1333 par le
duc Jean III à Jean de Rougé, sire de Derval (Dom Morice, Preuves de
l'Histoire de Bretagne, I, IIII, et 1359). Cette
châtellenie s'étendait en Jans, Treffieux, Abbaretz, Nozay et Derval ; parmi
ses rentes on remarque celle qui portaient le nom de « gardes des festes de Jans » ; peut-être était-ce une
sauvegarde accordée par le seigneur de Jans à ses vassaux pendant les fêtes
des saints Julien et Gulcien, patrons de la paroisse et martyrisés à Jans même
d'après la tradition.
Le sire
de Jans était fondateur des églises de Jans et de Treffieux ; il jouissait
d'une partie des coutumes d'Abbaretz et de Nozay (Déclaration de Jans en 1541)
mais il n'avait comme domaine proche qu'une petite dîme, un bois de 100
journaux de terre et le moulin à eau de Grandville sur le Don. Toutefois le
seigneur de Nozay lui devait chaque année une rente de 126 livres 13 sols 4
deniers (Déclaration de Derval en 1680).
- 4° La châtellenie
d'Anguignac appartint aux XIIIème et XIVème siècles à la famille de ce
nom, puis passa par suite d'alliances aux seigneurs de Sion et de Bœuvres. Vers
1560, Hélène de la Chapelle, dame de Boeuvres, l'ayant vendue à Guillaume
Harrouis, elle fut retirée féodalement par le connétable de Montmorency qui
l'annexa à sa baronnie de Derval. Cette seigneurie devait avoir à l'origine
une certaine importance, mais au XVIIIème siècle elle se trouvait morcelée et
formait plusieurs fiefs tenus par divers seigneurs en Conquereuil, Derval,
Fougeray et Pierric (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1819).
Voici en
quoi consistait la châtellenie d'Anguignac, membre de Derval en 1550 : «
Le manoir et herbrégement d'Anguignac en Conquereuil. avec ses cour, bois et
terres et un moulin à vent ruisné ; — les mestairies des Hault et
Bas-Anguignac et de la Rivière ; — un bois et une autre terre en Beslé ; —
une haulte juridiction s'étendant en Conquereuil, Derval et Guémené avec
gibet à quatre poteaux, justice forestière et fondation de l'église de
Conquereuil ; — des dîmes en Conquereuil et Guémené ; — les coutumes du
bourg de Conquereuil sur les marchandises estalées le jour Saint-Donatien et
Saint-Rogatien ; enfin les rentes ordinaires par deniers, avoine, chapons,
poules, etc. » (Déclaration de Derval en 1560).
- 5° La châtellenie
de Beauregard avait son siège en Louisfert ; elle s'étendait surtout en
cette paroisse et aussi en Saint-Aubin-des-Châteaux, Saint-Vincent-des-Landes
et Issé. Dès 1275 elle se trouvait entre les mains des sires de Derval, dit M.
de Cornulier (Dictionnaire des terres du comté nantais). Elle se composait de « fiefs, juridiction, métairies, bois et rentes » (Déclaration
de la Roche-en-Nort en 1713 – Archives de Loire Inférieure E2319) dont nous
ignorons par malheur le détail. A la fête de la Magdeleine et près de la
chapelle de ce nom en Saint-Vincent-des-Landes, se tenait une grande foire dont
les coutumes appartenaient au seigneur de Beauregard, mais dont la police était
faite par les officiers de la Roche-en-Nort. Ce jour-là le prieur de Moisdon (dépendant
de l'abbaye de Saint-Florent) devait chanter matines et célébrer la
grand'messe à la chapelle de Sainte-Magdeleine ; à l'issue de l'office divin
le sire de Beauregard était tenu de présenter deux « pastés de venaison », valant cinq sols chacun, et «
quelque jour que soit la feste, soit gras, soit maigre », plus «
deux pots de vin d'Anjou » ; il offrait un pâté et un pot de vin au
prieur de Moisdon et le même régal au baron de la Roche-en-Nort ou à son représentant
(Déclaration de la Roche-en-Nort en 1713).
Un mot,
en finissant, du château de Derval. C'était, dit Ogée, une des plus fortes
places de Bretagne : « il était situé
à une demi-lieue au Nord du bourg, flanqué de neuf tours et entouré de fossés
et d'un étang. Il avait, en outre, deux murs qui le cachaient : le premier était
peu de chose, mais le second était formé par des bâtiments qu'il fallait
traverser pour arriver au troisième pont où se trouvait la principale entrée.
Il appartenait en 1373 à Robert Knolle qui y fut assiégé par le connétable
Bertrand du Guesclin, à la tête de quatre cents gentilshommes bretons. Les
assiégés se défendirent fortement pendant quelque temps ; mais enfin ils
capitulèrent, obtinrent un délai et donnèrent des otages pour gages de leur
parole. Le terme expiré, le duc d'Anjou se rendit lui-même devant le château,
et envoya un héraut pour sommer la garnison de se rendre. Knolle, qui avait eu
le temps de réparer ses fortifications, refusa de rendre la place. Le duc lui
fit dire qui si le château ne lui était rendu à l'instant, il allait faire
couper la tête aux otages qu'on lui avait donnés. Knolle, transporté de colère,
répliqua que ces menaces ne pouvaient l'intimider ; mais que si on les exécutait,
il userait de représailles. On ignorait les moyens de vengeance qu'il pouvait
avoir, et les otages furent amenés à la vue du château, où on leur trancha
la tête. C'étaient deux chevaliers et un écuyer. Knolle aperçut cette exécution
et se vengea comme il l'avait dit. Il fit placer un espèce d'échafaud sur la
fenêtre la plus élevée du château, et y fit, à son tour, décoller trois
chevaliers et un écuyer qu'il tenait prisonniers ; leurs têtes tombèrent dans
les fossés. A ce sanglant spectacle, le duc et le connétable levèrent le siège
» (Dictionnaire de Bretagne, v. Derval – Dom Lobineau, Histoire de
Bretagne). Durant les
guerres de la Ligue le château de Derval fut successivement assiégé et pris
par le duc de Mercœur en 1590 et par les Royaux trois ans plus tard. C'est à
la suite de cette guerre, qu'il fut par ordre d'Henri IV démantelé et en
grande partie renversé.
Par
lettres patentes du roi datées de 1618 et 1622, le duc de Montmorency fut
autorisé à vendre ou afféager certaines parties du domaine de sa baronnie de
Derval. Il aliéna entre autres choses, «
l'emplacement du chasteau de Derval, ses mazières et restes de tours, douves et
autres fortifications ruisnées du temps des guerres ». Il vendit aussi le
manoir de la Haye, les métairies dudit lieu et du Houx, l'emplacement de
l'ancien étang du Sault-au-Chevreuil, etc. (Déclaration de Derval en 1680). Ce
qui restait du château de Derval et le manoir de la Haye appartenaient en 1663
à Jean Barrin, seigneur du Boisgeffroy, qui revendit alors le tout à Henri de
la Chapelle, marquis de Fougeray (Archives d'Ille-et-Vilaine, E121).
Actuellement
il ne demeure plus du château de Derval qu'une belle tour frangée de haut en
bas et appelée la tour Saint-Clair ; elle domine un amoncellement de murailles
écroulées, entourées d'énormes douves pleines d'eau et de gigantesques
remparts ; ces ruines sont au fond d'une vallée arrosée par la rivière de Chère,
et au sommet d'un monticule voisin on retrouve dans les débris de la chapelle
Saint-Denis la pierre tombale déjà signalée du dernier représentant mâle
des sires de Derval proprement dits (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
© Copyright - Tous droits réservés.