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CORPS-NUDS |
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La commune
de Corps-Nuds ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CORPS-NUDS
Corps-Nuds vient de la peuplade gauloise des Carnutes.
La première mention écrite de Corps-Nuds est due à Grégoire de Tours qui raconte que le comte de Vannes, Warroch, ravage le pays de Rennes en 579 et s'avance contre les Francs (en chassant devant lui les troupes du roi Chilpéric) jusqu'à la paroisse de Corps-Nuds, qui existe déjà et dont la première forme aurait été Cornut (Cornutium, au XIIIème siècle) ou Cornuz.
La paroisse de Cornuz est donc très ancienne ; aussi trouve-t-on dans son bourg d'antiques tombeaux en pierre coquillière. Quant à l'orthographe actuelle de ce nom, l'explication du Corps-Nuds moderne, fournie par une vague tradition qui relate le dépouillement des morts après une bataille livrée dans les environs, n'offre rien de sérieux ; ce n'est en définitive qu'un de ces calembours avec lesquels certains scribes plus ou moins plaisants du moyen-âge ont transformé, par exemple, Redon en Regis donum et Paimpont en Panis pons. Il règne, au reste, beaucoup d'obscurité sur les origines de Cornuz. Ainsi, nous ignorons pourquoi la chapelle des Trois-Maries, sise dans le bourg, donna longtemps son nom à la paroisse ; nous ne savons pas non plus au juste de quel monastère dépendait à l'origine un gros village de Cornuz appelé l'Abbaye ; nous supposons seulement que ce fut une dépendance de l'abbaye de Melleray, qui jouissait encore avant la Révolution d'un trait de dîme en Cornuz. Cornuz était un bénéfice monoculaire attaché à la septième prébende de la cathédrale de Rennes et toujours présenté par le chanoine titulaire de cette prébende. La paroisse devait même au Chapitre certaines rentes en grain et en argent ; au siècle dernier, celles-ci consistaient en 56 mines de seigle et 18 livres 3 deniers d'argent. De nos jours, Cornuz a été érigé en cure de seconde classe par ordonnance royale du 28 septembre 1825 (Pouillé de Rennes).
Calixte III, pape de 1455 à 1458, mentionne (dans sa bulle qui fut écrite au chapitre de Rennes le 12 du mois d'avril 1455) Corps-Nuds comme faisant partie des seize paroisses principales et anciennes du diocèse.
L'époque féodale est marquée par la présence dans le bourg de Corps-Nuds d'un château qui tombe en ruine au début du XVIème siècle, époque à laquelle Macette de Cornuz épouse Guillaume du Châtellier, réunissant les deux fiefs. Le château du Châtellier, fortifié à partir du XIVème siècle est saccagé en 1592 : le bâtiment central est reconstruit en 1632.
Au XVIIème siècle, Corps-Nuds est quelquefois appelé Cornut-les-Trois-Marie ou Corps-Nuds-les-Trois-Marie, à cause de la chapelle des Trois-Maries qui semble avoir été le premier établissement religieux de la localité. De 1790 à 1795, Corps-Nuds devient un chef-lieu de canton qui regroupe Bourgbarré, Orgères, Saint-Erblon et Saint-Armel.
On rencontre les appellations suivantes : Vicus Cornutius (en 579), Cornutium (au XIIIème siècle), Cornut (en 1240), Corps-Nuds-les-Trois-Maries (au XVIIème siècle).
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Corps-Nuds : Macé Hérisson (vers 1423), N... d'Argentré (en 1589), Jehan Chauvel (en 1607 et jusqu'en 1620), N.. Mouazon (décédé en 1624), N... Guillou (1624-1650), N... Pioger (1650-1660), N... Gosnel (1660-1682), N... Bodier (1683-1690), N... Lory (1692-1695), Joseph Bré (1696-1714), Sébastien-François Le Roux (1714-1733), Pierre Le Prévost (1533-1735), Guillaume Malescot (1735-1746), Pierre-Joseph de la Monneraye (1746-1755), Georges Druet (1755-1779), Nicolas-Marie Hervoche (1779-1789 et 1803-1812), Jean-Baptiste Collet (1812-1817), François Jan (1817-1858), Victor Guillou (1858-1869), François Denouard (à partir de 1869), ....
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PATRIMOINE de CORPS-NUDS
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l'église Saint-Pierre (1876-1890), oeuvre de l'architecte Arthur Regnault. Cette église est édifiée en remplacement de l'ancienne église qui datait des XVIème et XVIIème siècles. Il est fait mention en 1550 d'une fondation de messes faite par Jeanne Le Clerc, daine de Grasbusson et veuve de Thomas Touchais, « en l'une des trois églises de la paroisse de Cornuz ». De ces trois églises l'on connaît Saint-Pierre et les Trois-Maries ; quant à la troisième, c'était peut-être Saint-Julien, dont nous parlerons à l'instant, à moins que ce ne fût un sanctuaire existant, d'après la tradition, près du village de l'Abbaye, et regardé par certains comme ayant été la première église paroissiale de Cornuz. Nous ne pouvons toutefois décrire ici que l'église Saint-Pierre, récemment démolie. C'était une simple croix portant sur sa porte principale à l'Ouest la date 1571, et sur celle du Nord le millésime 1649. La nef et la chapelle du Sud avaient des ouvertures ogivales, mais le choeur et la chapelle du Nord étaient en plein cintre ; sur la sacristie on lisait la date de 1622. Les autels avaient été donnés en 1659 par le seigneur de la paroisse, et il y avait une grande assemblée le jour de la fête patronale, le 29 juin. Enfin, la confrérie du Saint-Sacrement existait en cette église, aussi bien que celle de Notre-Dame-des-Agonisants, que Clément XII avait enrichie d'indulgences en 1733. La seigneurie de la paroisse et de l'église était le Châtellier, chef-lieu ancien de la châtellenie de Châteaubriant-à-Cornuz. Possédé à l'origine par les barons de Châteaubriant, le Châtellier passa ensuite à la famille du Châtellier ; Pierre du Châtellier le possédait en 1427, et en 1680 Claude du Châtellier déclara être seul seigneur supérieur et fondateur de l'église de Cornuz et de la chapelle des Trois-Maries, et y avoir son banc et son enfeu dans le chanceau, ses armoiries et sa litre (Archives Nationales, P. 1714). Sur l'emplacement de cette ancienne église, M. l'architecte Regnault bâtit un nouvel édifice de style byzantin (Pouillé de Rennes). Les seigneurs du Châtellier possédaient un enfeu dans le chœur de l'ancienne église. Le gisant, qui figure un prêtre aux mains jointes, date de de la fin du XIIIème siècle ou du début du XIVème siècle (il se trouvait à l'origine devant l'autel de la chapelle des Trois-Maries). La chaire, oeuvre des ébénistes Pierre Lemesle et Arsène Dauphin, date du XIXème siècle ; | |
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le château de Launay-Chauvel (XVII-XIX-XXème siècle). Le manoir de Launay-Chauvel est mentionné dès 1427. La chapelle Saint-François de Launay, désormais disparue, est fondée en 1642 par Françoise Jacopin, veuve de Georges Chauvel, seigneur de Launay. En effet, le 4 octobre 1642, Françoise Jacopin, veuve de Georges Chauvel, sieur de Launay, fonda une messe tous les dimanches et fêtes en la chapelle de son manoir de Launay et la dota de 40 livres de rente. Mais plus tard l'évêque de Rennes, trouvant cette dotation insuffisante, interdit la chapelle. Alors, le 14 octobre 1684, Jean Chauvel, sieur de Launay, fils de la fondatrice, augmenta la fondation et l'éleva à 70 livres de rente. Mgr de Beaumanoir approuva ce nouvel acte le 11 avril 1686 et permit de faire desservir la chapelle. Pierre Briand en 1760, et Jean Hindré en 1775, en devinrent les chapelains. On trouve un puits à la ferme du château de Launay-Chauvel. Propriété successive des familles Chevalier (en 1427), le Clerc (en 1513), Téhillac (en 1571), Renouard, seigneurs de l'Onglée (en 1596), Chauvel (en 1618). Le manoir est vendu en 1775 à Renée Jamet, veuve de Simon Reconseille ; | |
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le manoir de la Fontaine (XV-XXème siècle), ancienne fortification médiévale. La chapelle de la Fontaine, aujourd'hui disparue, dépendait du manoir de ce nom, appartenant en 1427 à Jehan de la Fontaine, et en 1513 à Louis des Déserts. La ferme, dépendant de manoir, date du XIXème et XXème siècles. Propriété successive des familles Thierry (en 1482), Désert, seigneurs de Bréquigny (vers 1513), Espinay (en 1541), Téhillac (vers 1571), Renouard, seigneurs de l'Onglée (en 1596), Thiroux, sieurs de Saint-Cyr (en 1730 et 1789) ; | |
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le manoir de Radeux (XVI-XXème siècle). Il dépendait de la seigneurie du Châtellier. Il était à la famille Pan en 1513 ; | |
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le château du Châtellier (XVIIème siècle). Il est saccagé pendant la Ligue par les royaux et Montbarot y place une garnison en 1593. Il est reconstruit en 1632 par Charles du Châtellier (ou Chastellier), conseiller au parlement. Les communs portent la date de 1667. Il possédait alors une chapelle, un colombier, un pont-levis et des douves. Le 30 octobre 1654, Charles du Châtellier, seigneur dudit lieu, fonda des messes tous les dimanches et fêtes dans la chapelle de son manoir du Châtellier (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 42). Claude du Châtellier déclara en 1680 que l'une des quatre tours flanquant la terrasse de son manoir était occupée par ce sanctuaire. Le domaine est érigé en châtellenie en 1579 et possède un droit de haute justice. Propriété successive des familles Chastellier (au début du XIVème siècle), Angier de Lohéac, marquis de Crapado (en 1678), Goyon, comtes de Nort (en 1765), Guerry, seigneurs du Boisguerry (en 1777 et 1789) ; | |
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le manoir de la Planchette (XVIème siècle), ancienne fortification médiévale ; | |
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la maison natale de Jacques Corbière (XVII-XVIIIème siècle) ; | |
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l'ancien hôtel Saint-Pierre (XVIIème siècle). Il servait autrefois d'étape aux diligences ; | |
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l'hôtel de la Chaumière, situé dans le bourg, est institué relais de Poste en 1833 ; | |
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le lavoir (XIX-XXème siècle), situé au lieu-dit la Sauvagère ; | |
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le four à pain (XIXème siècle), situé au lieu-dit les Mares ; | |
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l'école Saint-Joseph (1888), situé Impasse du Presbytère ; | |
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le four à pain (XIX-XXème siècle), situé au lieu-dit Bel-Hôte ; | |
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5 moulins dont les moulins à eau de Choisel, de Vénon, du Planty, Briand, et le moulin à vent situé route de Chanteloup ; |
A signaler aussi :
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la découverte dans le bourg de Corps-Nuds en 1913 de plusieurs tombeaux en calcaire coquillier ; | |
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l'ancienne chapelle des Trois-Maries. Elle dépendait, semble-t-il, d'un ancien hôpital. La chapelle se composait d'une simple nef, son portail ouest était daté de 1786. Les seigneurs du Châtellier possédaient un enfeu dans le chœur ; | |
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l'ancienne chapelle Saint-Julien, qui touchait celle des Trois-Maries, et aujourd'hui disparue ; | |
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l'ancienne chapelle du Chastenay, aujourd'hui disparue ; | |
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l'ancienne chapelle d'Estrelles, aujourd'hui disparue ; | |
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l'ancienne chapelle de Ville-Thébert (ou Villethébert), aujourd'hui disparue. La chapelle de Villethébert, dont on montre l'emplacement, avait dû être une fondation des moines de Melleray, qui jouissaient du trait de dîme de Villethébert ; | |
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l'ancien manoir de la Coupe-d'Orge. Propriété successive des familles d'Auvergne (en 1482 et 1513), Espinay (en 1541), Téhillac (vers 1571), Renouard, seigneurs de l'Onglée (en 1596), Valloys (en 1787) ; | |
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l'ancien manoir de la Houssais ou de la Houssais ou de la Houssaye. Sa chapelle, dédiée à sainte Marguerite, a disparu. Le 8 juin 1677, Siméon Chauvel, sieur de Lillion, demeurant à la Houssaye, y fonda des messes tous les dimanches et fêtes dans « une très-belle chapelle » bâtie à côté de ce manoir ; l'ordinaire approuva cette fondation le 19 juin 1677, Jean Péan en fut nommé chapelain, et en 1719 Joseph Cheminant prit possession de la maison de la chapellenie. Le manoir était à la famille Saint-Malon en 1513 et à la famille Chauvel, sieurs de Lillion en 1650 et 1762 ; | |
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l'ancien manoir de Chavigné. Il relevait de la seigneurie de Châteaugiron. Propriété successive des familles Loaisel, seigneurs de Chambières (en 1591), Cahideuc (vers 1682), Bouays (en 1718), le Maistre, comtes de la Garlaye (en 1764) ; | |
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l'ancien manoir du Planty. Il était aux seigneurs de Corps-Nuds en 1427, puis aux seigneurs du Chastellier en 1513 et en 1789 ; | |
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l'ancien manoir du Haut-Coudray. Propriété successive des familles Auvergne (en 1513 et 1689), Hamel (en 1718), Thiroux, sieurs de Saint-Cyr (en 1733). Un autre manoir du même nom était à la famille Désert en 1513 ; | |
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l'ancien manoir de Velobert. Il avait autrefois une chapelle privative appartenant vers 1427 à Jeanne Brochart, femme de Thomas du Bé, et en 1513 à Jean du Reffous (ou Refous). Propriété successive des famille Velobert (aux XIIIème et XIVème siècles), Brochart (avant 1427), Bé (en 1427), Refous (en 1513), Pèlerin (en 1522), Chastellier (en 1595 et 1789) ; | |
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l'ancien manoir des Bouëxellières. Propriété successive des familles Vaulx (en 1427), Auvergne (en 1513 et 1638), Denyau, seigneurs de Chanteloup (en 1718) ; |
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ANCIENNE NOBLESSE d
e CORPS-NUDSLa
châtellenie
du Châtellier
(en Cornuz) : La terre seigneuriale du Châtellier en la paroisse de Cornuz à
donné son nom à une vieille famille noble portant : de
gueules au dextrochère mouvant du côté senestre, tenant une fleur de lis
d'argent accompagnée de quatre besants de même, un en chef, deux en flancs et
un en pointe. Le premier auteur connu de cette famille est Alain du
Chastellier, vivant au commencement du XIVème siècle et époux de Mahaud de
Derval. Georges du Chastellier, leur fils, épousa vers 1375 Jeanne de la
Fontaine. Pierre Ier du Chastellier, fils de ces derniers et seigneur du Châtellier
en 1427, contracta deux alliances : - 1° avec Jacquette d'Acigné, - 2° avec
Ambroisine de Sévigné. Jean Ier du Chastellier, issu du premier mariage,
s'unit : - 1° à Marie de Saint-Aubin, - 2° à Henriette de Parthenay. Ce fut
encore du premier lit que sortit le fils des précédents, Olivier Ier du
Chastellier, seigneur dudit lieu, qui se maria avec Marguerite Jarret, fille du
seigneur de Trozé. Cet Olivier du Chastellier fit son testament le 16 octobre
1511, ordonnant qu'on l'inhumât au chanceau de l'église Saint-Pierre de Cornuz,
du côté de l'évangile, là où furent déposés ses prédécesseurs (Généalogie
ms. De la famille du Chastellier). Son fils aîné, Guillaume du Chastellier, en
1513 seigneur dudit lieu, épousa Macée de Corpsnuds, héritière de sa maison,
et en eut Jean qui suit. Jean II du Chastellier, seigneur du lieu, se présenta
aux montres de 1541 « bien monté et armé
en estat d'archer » ; il déclara tenir 350 livres de revenu noble et
assura que son frère juveigneur, Patry du Chastellier, avait reçu de lui moyen
de bien vivre (Ms. De Missirien (Bibliothèque de Rennes). Chevalier des Ordres
du roi, Jean II épousa Jacquemine du Préauvé, veuve de Julien de la Magnane,
qui apporta de grands biens dans sa maison. Pierre II du Chastellier, leur fils,
aussi chevalier de l'Ordre du roi et seigneur du Châtellier et du Préauvé,
suivit le parti du roi pendant les troubles de la Ligue ; soupçonné néanmoins
de quelque attachement pour le parti du duc de Mercœur, il vit son manoir du Châtellier
saccagé et brûlé par les royaux ; il faillit même perdre la vie aux
barricades élevées à Rennes en 1589 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de
Bretagne, III, 1696, 1732). Ce seigneur épousa Nicole Angier, fille du seigneur
de Crapado, qui lui apporta la châtellenie de Châteaubriant-à-Piré ; il
mourut en 1614. Olivier
II du Chastellier, seigneur dudit lieu, chevalier de l'Ordre du roi et fils des
précédents, s'unit à Suzanne Uguet ; qui était en 1624 veuve de lui et
tutrice des enfants qu'il lui laissait. L'aîné de ceux-ci, Charles Ier du
Chastellier, seigneur dudit lieu, épousa Jacquemine Denyau, fille du seigneur
de la Cochetière ; il fut reçu en 1645 conseiller au Parlement de Bretagne et
rendit en 1652 aveu au roi pour sa terre du Châtellier (Archives de Loire Inférieure,
v. Cornuz). Il laissa deux garçons qui lui succédèrent l'un après l'autre,
Jacques du Chastellier, reçu en 1660 conseiller au Parlement de Bretagne, décédé
vers 1667 sans postérité, et Charles II du Chastellier, qui s'unit en 1673 à
Françoise Le Febvre de Laubrière. Cette dame était en 1691 veuve et tutrice
de sa fille unique, Charlotte du Chastellier, née à Rennes le 21 décembre
1678 ; celle-ci épousa Donatien-Rogatien Angier de Lohéac, marquis de Crapado
et seigneur de la Chauvelière, lui apporta la seigneurie du Châtellier et
mourut en 1765. De cette union ne sortit qu'une fille, Charlotte Angier de Lohéaç,
dame du Châtellier, qui épousa le 22 avril 1746, en la chapelle du manoir de
la Chauvelière en Joué, Jean-Amaury de Goyon, comte de Nort, autorisé par le
roi à prendre le nom et les armes d'Angier de Lohéac. Ce seigneur rendit aveu
au roi en 1776 pour la châtellenie du Châtellier, mais il la vendit peu après,
le 10 octobre 1777, à Claude-Alexandre de Guerry, seigneur du Boisguerry et
conseiller au Parlement de Bretagne. Quand vint la Révolution, le Châtellier
fut confisqué par la Nation sur les deux frères émigrés, Claude-Joseph et
Claude-Thomas de Guerry ; mise alors en vente, cette terre ne fut achetée qu'en
1800 par Mme de Bruc, née Marie-Vincente de Guerry. A la fin du XIXème siècle,
la famille de Bruc continue de posséder et d'habiter cette belle propriété.
La
châtellenie du Châtellier — telle qu'elle fut érigée par lettres patentes
d'Henri III datées du mois d'avril 1579 — se composait de quatre grands
bailliages subdivisés en une douzaine de fiefs s'étendant en Cornuz, Piré,
Amanlis et Chanteloup ; ces bailliages se nommaient : le Châtellier, Cornuz, Châteaubriant-à-Cornuz
et Châteloger-à-Cornuz ; sa haute justice s'exerçait au bourg de Cornuz (Corps-Nuds),
où se trouvaient l'auditoire et les halles de la seigneurie, car le sire du Châtellier
avait droit de marché et de foire, et tenait notamment la foire de la
Saint-Pierre à Cornuz. Il avait aussi des droits de supériorité et de
fondation en l'église de cette paroisse ainsi qu'en la chapelle des
Trois-Maries, qui subsiste dans le bourg ; dans ces deux sanctuaires étaient
ses bancs et enfeus au chanceau. On voit encore dans la chapelle des
Trois-Maries les tombes des de Guerry, derniers seigneurs du Châtellier. Un
aveu de 1560 nous apprend d'ailleurs que le seigneur du Châtellier était alors
tenu de « fournir et entretenir en la
chapelle des Trois-Maries une lampe devant l'autel et image des Trois-Maries »
(Archives d'Ille-et-Vilaine, E 136 et 343)
Le domaine proche de la châtellenie se composait : « du chasteau du Chastellier, entouré de douves et pont-levis, avec terrasse flanquée à ses angles de quatre tours servant de chapelle, colombier, cabinet d'archives et logement de domestique » — des métairies de la Porte, de la Pommeraye, de la Lande et de Montaigu, — des moulins du Châtellier et du Plantis, etc. (Archives nationales, P. 1714). Ce vieux château du Châtellier demeure toujours debout, avec sa terrasse et ses tourelles; admirablement posé sûr une éminence, il domine tous les alentours et présente au visiteur un pittoresque aspect (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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