Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue chez les Champéens

CHAMPEAUX

  Retour page d'accueil        Retour Canton de Vitré  

La commune de Champeaux (pucenoire.gif (870 octets) Kampal) fait partie du canton de Vitré. Champeaux dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

Vous possédez des informations historiques sur Champeaux, vous souhaitez les mettre sur le site infobretagne, contactez-moi par mail (voir page d'accueil)

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CHAMPEAUX

Champeaux vient du latin « Campus ». 

Champeaux est mentionné vers 1100. En effet, vers l'an 1100, Guillaume de Champeaux donna aux Bénédictines de Saint-Georges de Rennes les deux tiers de la dîme de Champeaux, « duas partes decime de Campellis » (Cartulaire de Saint-Georges, 164). C'est le document le plus ancien que nous ayons sur cette paroisse, qui n'acquit d'importance qu'au XVème siècle, lorsque les seigneurs d'Espinay y fondèrent la collégiale de la Magdeleine. Les Papes unirent la cure de Champeaux au doyenné de la collégiale et cet état de choses persista jusqu'à la Révolution (Pouillé de Rennes).

L’église primitive était entourée d'un cimetière dans lequel se trouvait la Chapelle de la Madeleine qui dépendait des seigneurs d'Espinay. Robert Ier d'Espinay, grand maître de Bretagne et chambellan du duc Jean V, décide de reconstruire la chapelle en 1430, et le nouvel édifice remplace alors vers 1436 l'église paroissiale. Il en fait en même temps une Collégiale pour y accueillir 6 chanoines et des chapelains, en y attachant un Chapitre, vers 1427. La paroisse de Champeaux dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes.

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia de Campellis (en 1100), Campelloe (en 1516).

Nota : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Champeaux : Guillaume Palet (en 1437, et probablement premier doyen de la collégiale de Sainte-Magdeleine), Raoul Deschamps (vers 1477), Jacques Douesneau (en 1553), Pierre Sauldrais (1590 à 1609), Louis Guyard (en 1609), Jacques de Bourgon (en 1617), Pierre Le Moyne (en 1627), Etienne Bricel (1628-1650), Olivier du Verger (1650-1662), Claude Le Drogo (1662-1665), René Doré (1666-1697), Léon Payer (avant 1701 et jusqu'en 1710), Paul de Gennes (1710-1728), Jacques de Bonnemez (1728-1731), Pierre de Gennes (1731-1769), René-Luc Le Beziel (1769-1772), Pierre-Joseph Beaugeard (1772-1791), Alexis Augustin Dubuisson (1803-1807), Pierre Duclos (1808-1835), Toussaint Guyard (1835-1839), François Barbot (1839-1859), Pierre Duclos (1859-1881), Joseph Delot (à partir de 1881), .... 

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de CHAMPEAUX

l'église Sainte-Madeleine (XV-XVI-vers 1720), fondée au XVème siècle par la famille Espinay. Primitivement, la paroisse de Champeaux et son église avaient saint Pierre pour patron. Cette église, tombant en ruine au commencement du XVème siècle, fut remplacée par la chapelle Sainte-Magdeleine. Cette dernière étant devenue en 1437 tout à la fois église collégiale et paroissiale, Champeaux a continué depuis lors d'être sous la protection de sainte Marie-Magdeleine. En 1719 Magdeleine Faslo, femme de Pierre Busnel, sieur de la Fosse, fonda dans cette église la confrérie du Rosaire et seize messes chaque année avec procession dans le cloître ; elle la dota de 88 livres de rente, ce qu'approuva Mgr de Crissé et ce qui fut suivi de l'établissement solennel de la confrérie par un Dominicain, le 4 février 1720 (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 37). Le clocher date de 1712-1723. Les stalles datent de 1535-1540. Le retable date du XVIème siècle. La salle capitulaire sert aujourd’hui de sacristie (1604). La porte de la sacristie date de 1594. La chaire date du XVIIIème siècle. Le maître-autel, oeuvre de Gambier et Le Roy de Rennes, date de 1748. Le chœur date de 1522-1550. La chapelle Sainte-Barbe (encore appelée Saint-Julien autrefois) située au nord-est est édifiée vers 1490. La chapelle appartenant aux seigneurs d'Espinay date de 1594. On y trouve les tombeaux de Guy III d'Espinay (décédé en 1551), de Louise de Goulaine (décédée en 1567) et de Claude d'Espinay (vers 1554). Vers 1528, sont installées huit verrières qui consacrent l'union de Guy d'Epinay avec une héritière de la famille de Goulaine, du comté nantais. En 1553 un tombeau en arcade à deux niveaux est édifié par l'architecte angevin Jean de L'Epine dans le mur nord du choeur : il abrite alors les statues agenouillées de Guy d'Epinay et de Louise de Goulaine (dans la partie supérieure) et leurs gisants (dans la partie inférieure) : aujourd'hui seuls leurs gisants subsistent. Des travaux sont entrepris en 1594 par Marguerite de Scépeaux, veuve de Jean, premier marquis d'Epinay : construction d'un nouvel ensemble seigneurial contre le flanc sud du choeur. Le choeur est réaménagé en 1744 par le chapitre de Champeaux ;

la chapelle Saint-Job (1512) encore surnommée autrefois Saint-Jacob. Cette chapelle se trouvait autrefois face à une autre chapelle appelée Saint-Abraham (aujourd’hui disparue) et étaient séparées par un vallon. Ces deux chapelles marquent d’après une légende, le saut que Guy II d'Espinay (qui mourut en 1522), poursuivi par des ennemis, fit faire à son cheval. Ces deux chapelles, pittoresquement posées des deux côtés d'un vallon assez profond, furent bâties, selon Du Paz, par Guy II, sire d'Espinay, décédé vers 1522 ; ce seigneur y fonda une messe hebdomadaire et trois processions solennelles du Chapitre de Champeaux chaque année. « L'histoire ne dit point quels furent l'occasion et le motif qui firent construire et dédier aux deux patriarches ces petits oratoires, mais la chronique populaire y a suppléé en racontant qu'un chevalier, poursuivi apparemment par l'ennemi, fit franchir à son cheval tout l'espace compris entre les deux collines, qui forment une assez large vallée, et qu'il voulut y construire ces deux chapelles pour rappeler la place et remercier Dieu du succès qu'il avait accordé à sa témérité. Une circonstance qui ne manque pas d'ajouter au merveilleux de la légende, c'est que les ouvriers employés à la construction de ce double monument n'avaient qu'un seul marteau et une seule truelle qu'ils se lançaient d'un côté à l'autre du vallon à mesure qu'ils avaient à placer ou à tailler une pierre, ce qui ne retarda nullement le travail » (M. l'abbé Brune, Archéologie religieuse, 394). En 1532, les chanoines de Champeaux se firent maintenir par le roi François Ier dans leur droit de recueillir les oblations faites dans les chapelles Saint-Job et Saint-Abraham. En 1618, le Chapitre arrêta que le diacre de la collégiale desservirait le dernier de ces sanctuaires et en percevrait les revenus (Pouillé de Rennes)  ;  

le château de L'Epinay ou de l'Espinay (XV-XVIème siècle), initialement surnommé « La Rivière ». Le château est reconstruit vers 1570, puis érigé en marquisat sous le nom d'Espinay en 1575. Il se compose d’un corps de logis du XVIème siècle, accolé à un donjon en ruines du XIIIème siècle. On y voyait autrefois une chapelle, une fuie, des douves, un pont-levis, et deux fontaines dans le jardin. La chapelle était vraisemblablement encore fondée de messes en 1713. La peste ayant dévasté le bourg de Champeaux en 1632, le Chapitre de la Magdeleine transféra à cette époque l'office canonial pendant quelque temps dans cette chapelle. Le château avait un droit de haute justice et tint le parti de la Ligue. Propriété successive des familles Espinay (en Acigné), Schomberg, ducs d'Halluin (en 1609), ducs de la Trémoille baron de Vitré (en 1633), Galpin et Boucher, marchands à Paris (en 1715), le Prestre de Lézonnet, baron de Châteaugiron (en 1719), Le Prieur (26 pluviôse an III) ; 

l'ancien cloître des chanoines (XV-XXème siècle). Il s’agit de l’ancien collégiale fondé au XVème siècle par les seigneurs d'Epinay (ou d'Espinay). On y trouve un puits de 1601 ;

Nota :  Au mois de février 1413, Jean V, duc de Bretagne, permit à Simon d'Espinay, seigneur d'Espinay et de la Rivière, en la paroisse de Champeaux, évêché de Rennes, de réédifier « une vieille et ancienne chapelle de la Magdeleine », dépendant de son château d'Espinay et située dans le cimetière paroissial de Champeaux (Bibliothèque Nationale, ms. lat n° 22325, p. 378). Cette chapelle servait alors de lieu de sépulture aux sires d'Espinay, qui y possédaient un enfeu. Simon d'Espinay eut, de son mariage avec Marie de la Frète, un fils nommé Robert, qui lui succéda dans la seigneurie d'Espinay et qui mourut en 1439. C'est à ces deux seigneurs d'Espinay qu'il faut attribuer la fondation de l'église collégiale dont nous nous occupons. A cette époque, dit d'Argentré, l'église paroissiale de Saint-Pierre de Champeaux était « fort vieille, caduque et ruineuse », et Robert d'Espinay ayant « fait rebastir tout de neuf » sa chapelle de Sainte-Magdeleine, d'après la permission donnée à son père, et l'ayant « agrandie et amplifiée en la façon qu'elle est aujourd'hui », offrit aux paroissiens de Champeaux de la leur donner pour remplacer leur église. Guillaume Palet, alors recteur de Champeaux, accueillit cette proposition avec empressement ; à sa prière, le sire d'Espinay s'adressa à l'évêque de Rennes, et ce dernier, Guillaume Brillet, transféra « les droits de paroisse » de l'ancienne église Saint-Pierre, qui fut démolie, à la nouvelle église de Sainte-Magdeleine, qu'il érigea en église paroissiale de Champeaux (Archives d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Cette ordonnance épiscopale fut confirmée le 24 avril 1437 par le pape Eugène IV. Mais le Souverain-Pontife ne se borna pas à cela. Sur le désir manifesté par Robert d'Espinay d'établir et de doter cinq chapelains pour desservir, avec le recteur, la nouvelle église, Eugène IV éleva la Magdeleine de Champeaux au rang d'église collégiale, tout en la maintenant paroissiale ; il nomma ensuite le recteur de Champeaux doyen du nouveau Chapitre (Archives d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Cette fondation ne se fit pas toutefois sans quelque opposition. Armel de Champeaux, dernier représentant d'une noble et vieille famille qui avait dans l'origine possédé le manoir de la Rivière et la seigneurie de Champeaux, réclama contre la translation de l'église paroissiale, dont il se disait seigneur fondateur. Mais ses plaintes furent vaines et il dut faire taire ses prétentions, légitimes ou non, devant la puissance déjà grande du seigneur d'Espinay. Une Notice anonyme dit, au reste, que ce dernier lui acheta le manoir qu'il habitait et les droits honorifiques qu'il possédait dans l'église de Champeaux (Archives d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Sur ces entrefaites, Robert Ier, seigneur d'Espinay, mourut le 19 mars, avant Pâques, l'an 1439. Il fut inhumé au milieu du choeur de la collégiale qu'il avait fondée, sous une tombe « enlevée de terre, portant sa figure » et accompagnée de cette inscription : Cy gist hault et puissant Messire Robert d'Espinay, chevalier, en son temps sire d'Espinay, d'Escures, de la Rivière, de Sauldecourt et de la Marche, grand maistre de Bretagne et premier chambellan du Duc nostre souverain seigneur, qui décéda le XIXème jour de mars, l'an de grâce M CCCC XXXVIII (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 276 - L'année commençant alors à Pâques, le 19 mars 1438 (vieux style) est en réalité pour nous le 19 mars 1439). Robert Ier d'Espinay avait épousé Jeanne de Montbourcher et en avait eu un fils nommé Simon, marié à Marguerite de Châteaubriant ; mais ce dernier mourut avant son père, laissant un fils, Robert, qui succéda à son grand-père. Quant à ces deux dames d'Espinay, Jeanne de Montbourcher et Marguerite de Châteaubriant, elles furent l'une et l'autre inhumées à la Magdeleine ; il en fut ainsi, vraisemblablement, de Simon d'Espinay, fils de l'une et mari de l'autre. Robert II, seigneur d'Espinay, continua l'oeuvre entreprise par ses ancêtres ; quelques-uns croient même que le pape Eugène IV n'érigea qu'en 1441, — c'est-à-dire sous son gouvernement, — l'église de Champeaux en collégiale ; mais cela n'est pas certain et n'est même guère supposable, car nous allons voir ce seigneur changer complètement en 1448 l'organisation de la collégiale. Le sire d'Espinay, en effet, jugea insuffisante la dotation des chanoines de Champeaux, et pour l'augmenter il ne craignit pas d'avoir de nouveau recours au Saint-Siège ; il demanda directement au Souverain-Pontife l'union de six églises paroissiales à la collégiale de Champeaux. Quelque exorbitante que fût cette demande, le pape Nicolas V l'accueillit favorablement, et le 29 avril 1448 il confirma l'union faite par son prédécesseur de la cure de Champeaux au doyenné de la collégiale de ce nom, et unit en outre cinq autres rectoreries aux cinq autres canonicats de la Magdeleine. Il assigna en même temps à la fabrique de cette collégiale les anciens revenus des prébendes. Ainsi fut définitivement organisé le Chapitre de Champeaux, dans des conditions qui le distinguaient de toutes les autres collégiales. Aussi le P. Du Paz disait-il avec vérité : « Le collège de Champeaux est un des plus beaux et rares de la France, car il y a peu de princes et seigneurs qui aient tel droit de présentation. Car il est composé de six prébendes ou canonicats, où à chacun y a une cure annexée, que présente le seigneur d'Espinay, sans qu'il soit besoin aller à l'évesque, ny faire courir à Rome. Mais le premier ecclésiastique qui a dignité, soit évesque, abbé ou autre, en peut donner la collation. Il y a dignité de doyen, dix chapelains, quatre enfants de choeur, maistre de psallette, et chaque chanoine doit avoir un prestre sous lui. Il y a bonne musique, le service divin y est célébré avec beaucoup de dévotion. Duquel collège le revenu vaut huit mille livres ou environ » (Histoire généalogique de Bretagne, 265). Les cures annexées à la collégiale de Champeaux par Nicolas V furent celles de Champeaux, Montdol, Saint-M'hervé, Vergeal, Guipel et Montreuil-sur-Pérouse. Mais un peu plus tard, en 1474, probablement à la suite d'une réclamation de l'évêque de Dol, dans le diocèse duquel se trouvait Montdol, cette rectorerie fut retirée de Champeaux et remplacée par celle de Saint-Jean-sur-Vilaine. La rectorerie de Saint-M'hervé, retirée aussi, nous ne savons pourquoi, et remplacée par celle de Domagné, fut définitivement réunie de nou­veau à Champeaux en 1485 par le pape Innocent VIII, à la prière du seigneur d'Espinay. A partir donc de cette époque, et jusqu'en 1777, les doyen et chanoines de Champeaux furent en même temps recteurs des paroisses de Champeaux, Saint-Jean-sur-Vilaine, Saint-M'hervé, Vergeal, Guipel et Montreuil-sur-Pérouse (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Le 25 juillet 1477, une nombreuse assemblée de nobles et doctes personnages se réunit au château d'Espinay pour  y rédiger les statuts de la collégiale fondée par les seigneurs du lieu. En tête se trouvait Jacques d'Espinay, évêque de Rennes, fils de Robert II, seigneur d'Espinay, et de Marguerite de la Courbe ; il était accompagné de ses trois neveux, Guy d'Espinay, seigneur d'Espinay, Robert d'Espinay, grand chantre et chanoine de Rennes, et Jean d'Espinay, scholastique et chanoine de Rennes ; Pierre Méhaud, également chanoine de Rennes et official du diocèse, se trouvait avec eux. A côté de l'évêque, du sire d'Espinay et des dignitaires ecclésiastiques se trouvaient les autres membres principaux de la famille et leurs alliés : André d'Espinay, alors chevalier et seigneur de la Courbe, mais qui devint plus tard scholastique de Rennes ; Henri d'Espinay, seigneur de Sérigné, François de Montbourcher, seigneur du Bordage, Jean de Châteaubriant, seigneur du Guesclin, Robert Busson, seigneur de Gazon, Jean Le Seneschal, seigneur du Val, et Pierre de Boisbaudry, seigneur de Trans. Les statuts du Chapitre de Champeaux, rédigés en cette circonstance avec le concours du doyen et de ses chanoines, furent approuvés d'abord par l'évêque de Rennes, puis, en 1484, par le pape Sixte IV (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Ces statuts ne manquaient pas de sévérité ; le sire d'Espinay, fondateur de la collégiale de Sainte-Magdeleine, dit d'Argentré, « fist bastir et édifier des maisons et les fist enclore et cerner de bonnes et fortes murailles, pour loger cinq chapelains et un doyen, qui priassent Dieu en icelle église, y célébrant journellement le divin office, comme grandes messes et heures canoniales, à la façon des églises cathédrales et collégiales » (Cité par Du Paz, Histoire généalogique, 278). C'est dans ce cloître que devaient demeurer les chanoines de Champeaux, car dès 1448 le pape Nicolas V les avait autorisés à tenir toutes sortes de bénéfices, sans être astreints à y résider, pourvu qu'ils observassent la résidence à Champeeux. Chacun d'eux avait dans le cloître sa maison avec cour et jardin ; leur chef habitait l'hôtel du Doyenné, situé également dans le cloître, et au milieu de celui-ci se trouvait un puits commun (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Dix chapellenies furent ajoutées, dans la suite des temps, à la fondation première ; on les nommait : le Saint-Esprit, unie à la Sacristie ; — Saint-Julien, avec Sauldecourt et Estiau ses annexes, unie à la Psallette ; le Diaconat ; — le Pont-Esperon, unie au Sous-Diaconat ; — la Grande-Angelerie ou Sainte-Catherine ; — la Petite-Angelerie ; — la Hurie ou les Quatre-Evangélistes ; — Saint-Nicolas de la Guerpinaye ; — la Chevalerie, — et Saint-André. Comme les chanoines, tous les chapelains desservant ces fondations, tous les employés du choeur et les enfants de la psallette eux-mêmes étaient obligés de résider dans le cloître : « Aucun du Chapitre de Champeaux, disent les statuts, doyen, chanoines, chapelains et autres choristes ou servant au choeur, ne pourra coucher ou prendre sa nourriture ordinaire hors des maisons du cloître. Aucun d'eux ne pourra s'absenter du service sans demander congé au Chapitre ......... Personne du Chapitre, soit doyen, chanoine, chapelain ou autre, ne pourra avoir aucune femme pour servante, voire même leurs parentes, et même ne pourra coucher aucune femme dedans ledit collège ...... Les portes du cloître seront fermées tous les jours, à jour tombant, tant en été qu'en hiver (nota : En 1666, les portes du cloître s'ouvraient le matin à quatre heures en été et à cinq heures en hiver ; on les fermait le soir à dix heures, de Pâques à la Toussaint, et à neuf heures de la Toussaint à Pâques) ; et tous ceux du cloître ayant des portes qui s'ouvrent sur des rues hors l'enclos de leurs jardins, devront les faire fermer et murer. Ceux qui ont la charge des enfants de choeur ne les pourront envoyer, ni leur donner congé d'aller en aucun lieu hors du cloître, sans la permission du Chapitre ...... Enfin, pour les longues absences, comme d'un mois, outre le congé du Chapitre, seront tenus les chanoines et les chapelains prendre congé de Mgr l'évêque de Rennes et de Mgr le patron et fondateur (le seigneur d'Espinay), et auront des prêtres et choristes pour les remplacer au choeur » (Statuts édictés en 1624 - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Le 8 juin 1542, Claude Dodieu, évêque de Rennes, autorisa le doyen et les chanoines de Champeaux à porter l'aumusse et la chape, à l'instar des chanoines de sa cathédrale (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Lorsqu'un chanoine, nommé par le seigneur d'Espinay, se présentait au Chapitre de la Magdeleine de Champeaux pour y prendre place, il devait faire solennellement les promesses suivantes : Observer les statuts de la collégiale ; — résider dans le cloître ; — assister journellement à l'office canonial et aider à y faire le service divin ; — entretenir continuellement un prêtre pour le remplacer, quand il devrait se rendre dans la paroisse dont il devenait recteur ; — garder fidèlement les secrets du Chapitre ; — payer à la fabrique de Champeaux 60 livres pour droit de chape, à son entrée seulement, et 60 sols chaque année pour l'entretien de la lampe du choeur. La grande difficulté pour les chanoines de Champeaux était d'accorder leur obligation de résider au cloître avec leur devoir pastoral d'administrer les paroisses dont ils étaient recteurs. A l'époque de la fondation de leur collégiale, les recteurs ne résidaient guère dans leurs paroisses, et les bénéfices s'entassaient sur les mêmes têtes par le moyen des commendes ; mais après le Concile de Trente, et au XVIIème siècle surtout, les évêques ne voulurent plus de recteurs n'apparaissant que très-rarement dans leurs paroisses. En 1669, Charles de la Vieuville, évêque de Rennes, enjoignit l'ordre formel à tous les chanoines de Champeaux d'aller résider dans les paroisses dont ils étaient chargés ; mais les statuts de la collégiale s'opposaient à l'accomplissement de cet ordre, et l'on vit, en 1681, Paul Bourniche, chanoine de Champeaux et recteur de Saint-Jean-sur-Vilaine, privé de son gros parce qu'il ne résidait point exactement à Champeaux. Pour obvier à cet inconvénient, Jean-Baptiste de Beaumanoir, successeur de Mgr de la Vieuville sur le siège épiscopal de Rennes, voulut obliger les chanoines de Champeaux à opter entre leurs canonicats et leurs cures ; il ne leur accorda de lettres de collation qu'à la condition expresse que, dans les trois mois, ils choisiraient l'un de ces bénéfices, soit la prébende, soit la cure, et résigneraient l'autre. Mais le Chapitre de Champeaux s'empressa de protester, et le seigneur d'Espinay refusa d'accepter les démissions qu'offrirent quelques chanoines désireux d'obéir au prélat. De ces tiraillements malheureux mais inévitables résultèrent de fâcheuses conséquences. Les chanoines de Champeaux se divisèrent : les uns obéirent à l'évêque en se rendant dans leurs paroisses; les autres se crurent tenus, par leur serment d'entrée, d'observer les statuts du Chapitre. L'office canonial de la Magdeleine en souffrit beaucoup, et les paroisses ne s'en trouvèrent guère mieux. Peu à peu cependant le cloître devint de plus en plus vide, car les évêques de Rennes successeurs de Mgr de Beaumanoir marchèrent sur les traces de ce dernier. En 1734, le doyen et deux chanoines résidaient seuls à Champeaux ; en 1769, lorsque René Beziel se présenta à la Magdeleine pour y être installé doyen et recteur de Champeaux, il n'y avait plus au cloître qu'un seul chanoine résidant : c'était François Pannetier, recteur de Montreuil-sur-Pérouse ; tout seul, il « s'assembla capitulairement » pour recevoir le nouveau doyen du Chapitre. Ce triste état de choses eut heureusement une fin. Lorsque François Bareau de Girac devint évêque de Rennes, il trouva dans René Le Prestre, baron de Châteaugiron et marquis d'Espinay, les meilleures dispositions pour régler à l'amiable la situation des chanoines de Champeaux, et tout se termina de la manière suivante. Par ordonnance épiscopale du  novembre 1777, l'évêque de Rennes désunit les canonicats et les cinq cures possédés par les chanoines de Champeaux, laissant seulement la rectorerie de Champeaux unie au doyenné ; — il éteignit les titres des dix chapellenies, dont les revenus furent réunis au gros du Chapitre ; — trouvant le nombre des membres de la collégiale beaucoup trop considérable pour ses revenus (ils étaient vingt-deux, savoir six chanoines, six prêtres choristes pour les remplacer au choeur et dix chapelains), il le réduisit à huit : six chanoines et deux officiers de choeur faisant les fonctions de diacre et sous-diacre ; — enfin, il établit deux menses distinctes : la mense fabricale, jouissant du tiers de tous les revenus (gros du Chapitre, fonds des chapellenies et des fondations - Nota :  Le gros du Chapitre se composait principalement de la fondation primitive, consistant en dîmes en Chelun et Eancé ; des métairies de la Poultière, la Bardoulière, la Balue, le Petit-Breil, la Gehinnière, la Pille et la Grivelière, en Martigné-Ferchand ; de celle de la Grand'Maison, au bourg de Brécé, et du fief du Boisdulier, en Noyal et Servon. — Les principaux biens affectés aux fondations étaient : les métairies de Launairon, du Fresnay, de Fourée, et un assez grand nombre de rentes diverses [Communication de M. l'abbé Pâris-Jallobert]), évalué à 2 200 livres de rente, et la mense capitulaire, ayant les deux autres tiers du même revenu total, c'est-à-dire 4 400 livres, à la charge pour cette dernière mense : 1° de payer un préciput de 300 livres au doyen, et un traitement de 300 livres à chacun des deux officiers du choeur ; 2° d'acquitter les fondations, qu'il fallut réduire considérablement ; 3° de payer les assistances des six chanoines à l'office canonial (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Le seigneur d'Espinay approuva volontiers cet arrangement, parce que l'évêque lui laissa non-seulement la présentation du doyen-recteur de Champeaux et de tous ses chanoines, mais encore celle des recteurs de Saint-Jean-sur-Vilaine, Vergeal, Saint-M'hervé, Guipel et Montreuil-sur-Pérouse (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Des lettres patentes du roi, datées de décembre 1777 et enregistrées au Parlement de Bretagne le 31 janvier 1778, consacrèrent définitivement cette transformation du Chapitre de Champeaux, et les chanoines de cette collégiale, débarrassés de leurs cures, demeurèrent paisiblement ensuite dans leur cloître de la Magdeleine jusqu'au jour trop prochain où la Révolution les en chassa. Comme on vient de le voir, le total des revenus de la collégiale de Champeaux était de 6 600 livres à l'époque qui précéda sa destruction ; mais, dans l'origine, ce Chapitre était beaucoup plus riche, jouissant des revenus des six rectoreries qui lui étaient unies ; il n'avait conservé que celle de Champeaux, mais les cinq autres cures valaient en 1790 : Saint-M'hervé, 3 854 livres ; — Vergeal, 3 200 livres ; — Guipel, 1 800 livres ; — Saint-Jean-sur-Vilaine, 3 956 livres ; — Montreuil-sur-Pérouse, 1 330 livres — Total, 14 140 livres. La désunion des bénéfices avait donc réduit de plus des deux tiers les revenus des chanoines de Champeaux ; c'est ce qui explique la répugnance qu'éprouvaient le Chapitre de la Magdeleine et le seigneur d'Espinay à accepter cette désunion que voulait l'évêque de Rennes. On possède encore au presbytère de Champeaux la matrice du sceau de la collégiale ; il est rond : le champ, semé de larmes, est occupé au centre par une sainte Magdeleine debout, portant de la main gauche un vase de parfums qu'elle recouvre de la main droite ; à ses pieds est l'écusson en bannière des sires d'Espinay : d'argent, au lion coupé de gueules et de sinople, armé, couronné et lampassé d'or. La légende porte : SIGILLUN . CAPITULI . DE . CAMPELLIS. En 1697, le Chapitre de Champeaux fit enregistrer les armoiries suivantes : de gueules semé de larmes d'argent, à une Magdeleire debout d'or (Armorial général ms.). L'église collégiale et paroissiale de Champeaux existe encore à la fin du XIXème siècle et est très-intéressante. Elle se compose d'une seule nef, terminée par un chevet droit, et accompagnée de plusieurs chapelles irrégulièrement disposées. La partie ancienne consiste dans la nef et dans une chapelle au Nord qui a tous les caractères d'une ancienne chapelle seigneuriale prohibitive ; c'est là l'édifice qu'a dû bâtir le seigneur d'Espinay vers l'an 1430. Plus tard, on y ajouta une chapelle au Sud, à peu près vis-à-vis la précédente, et du XVème siècle comme elle ; puis on construisit de chaque côté du choeur deux chapelles irrégulières, l'une, assez vaste, dédiée d'abord à saint Julien, aujourd'hui dite de Sainte-Barbe, bâtie vers 1490 ; — l'autre, réservée aux seigneurs d'Espinay et construite en 1594. Entre cette dernière chapelle et la première chapelle méridionale dont nous avons parlé, fut élevée la salle capitulaire (nota : Au-dessus de la porte conduisant du choeur à la chapelle seigneuriale et à la salle capitulaire on lit l'inscription suivante, qui donne le nom de l'architecte de cette partie de l'église et la date de sa construction : RICAND ME FECIT. 1594). Enfin, une tour fut accolée au Nord de la nef ; commencée en 1712, cette tour fut achevée en 1723. Examinons maintenant en détail chaque partie de cette église. La nef n'offre par elle-même rien de bien saillant ; au-dessus du portail occidental on y trouve cependant une ancienne verrière représentant le baptême de Notre-Seigneur. La première chapelle du Nord ne présente aussi de particulier que ses sculptures plus richement travaillées, rappelant le style de toutes les chapelles seigneuriales du XVème siècle. Mais la première chapelle méridionale, — celle que M. l'abbé Brune nomme le transept Sud, — mérite qu'on s'y arrête. Sa fenêtre est ornée d'une belle verrière portant les dates 1520 et 1540, et représentant la descente du Saint-Esprit sur les apôtres. « Plusieurs têtes, entre autres celle de la Vierge, y sont d'un caractère noble et original ». Cette chapelle renferme aussi un autel à baldaquin dans le style du XVIème siècle. Au-dessous du dais richement sculpté est « un retable présentant en demi-ronde-bosse plusieurs sujets de la Passion, tels que le Sauveur attaché à la colonne, le portement de croix et le crucifiement ; puis la descente aux limbes et les saintes femmes au tombeau, avec l'ange chargé de leur annoncer la résurrection. Tout cela est sculpté en bois et présente des groupes d'un arrangement heureux et souvent d'une exécution remarquable ». En entrant dans le sanctuaire, on admire tout d'abord la belle fenêtre ogivale, dont les meneaux flamboyants appartiennent au gothique du XVème siècle. Elle décore parfaitement tout le chevet, étant garnie d'une admirable verrière, conservée dans un état de fraîcheur et de transparence peu ordinaire. En voici la description par M. l'abbé Brune : « Là est peinte en grande dimension, — dit-il, — la scène imposante du Calvaire. Aux pieds du Christ est la Madeleine éplorée et la Vierge, mère de Jésus. Dans l'Evangile, Marie, participant au sacrifice de son fils et l'offrant elle-même comme victime du monde, est plus que mère, elle est prêtre, et c'est pour cela qu'elle est représentée debout auprès de l'autel de l'immolation. La plupart de nos peintres lui ont conservé ce caractère et cette pose, et ils ont bien fait. Ici elle est assise et comme accablée de douleur ; ses yeux se fixent sur la victime et son expression est trop celle de la nature. Du reste, cette figure, comme toutes les autres, est parfaitement drapée et d'un dessin qu'on pourrait attribuer à Jean Cousin. Autour de la croix sont groupés le grand-prêtre, les bourreaux et les soldats. A droite et à gauche, le bon et le mauvais larron expirants, et leurs âmes, représentées par de petites figures nues, s'échappent de leurs têtes et sont reçues, l'une par un ange, l'autre par un démon. Au-dessus du chef du Christ brille en couleur d'or l'entrée de la cité céleste, où il vient de donner rendez-vous au bon larron. Sur la même ligne et de chaque côté de ce portique, on voit deux trônes occupés par deux personnages, qui ne peuvent être que Enoch et Elie. Enfin, dans le tympan de l'ogive, le Père-Eternel, couronné comme un empereur et vêtu en pape, tient son fils mort sur ses genoux. Il est entouré d'une triple bordure de petits anges groupés en cercles, dont chacun est de couleur différente » (Cours d'archéologie religieuse, 385). Au milieu de ce choeur fut inhumé en 1439 Robert d'Espinay, fondateur de la collégiale de Champeaux ; son tombeau, élevé au-dessus du pavé, n'existe plus. Nous avons relaté précédemment son épitaphe, et nous avons dit que sa femme, Jeanne de Montbourcher, et sa bru, Marguerite de Châteaubriant, avaient été inhumées près de lui. Là aussi devait reposer Jacques d'Espinay, évêque de Rennes, décédé en janvier 1482. Avant de mourir, ce prélat « ordonna que son corps fût enterré à Champeaux, où il fonda deux chapellenies et y donna sa librairie, et ordonna qu'il fût ensépulturé sans aucunes pompes funèbres » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 288). Il ne reste malheureusement nulle trace de son tombeau. Mais un autre monument funèbre apparaît dans le sanctuaire, à droite de l'autel, du côté de l'évangile : c'est le beau mausolée de Guy III, seigneur d'Espinay, et de Louise de Goulaine, sa femme. En 1542, ce seigneur et cette dame fondèrent à Champeaux douze obits par an ; ils stipulèrent dans l'acte de fondation qu'un libera serait chanté chaque fois sur leur tombeau, et que le distributeur des assistances dirait à chaque assistant, en lui remettant ses honoraires : Requiescant in pace ! à quoi l'on devrait répondre : Amen ! (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 35). Guy III d'Espinay mourut le 2 août 1551 et fut inhumé à droite du maître-autel. Sa veuve s'empressa de faire construire sur sa tombe le monument que nous y voyons, portant la date 1553. Louise de Goulaine mourut elle-même le 8 février 1567 et fut inhumée près de son époux. Tout ce mausolée du seigneur et de la dame d'Espinay « est décoré de sculptures et d'incrustations en marbre de différentes couleurs. La richesse et la beauté du travail annoncent qu'on n'a ménagé ni la dépense ni les soins ; malheureusement, on n'y voit que des emblèmes de mort ou des ornements insignifiants, mais rien de religieux, rien pour ainsi dire de chrétien dans toute cette composition, qui rappelle à sa manière le caractère du temps où elle a été exécutée. Deux statues de grandeur naturelle sont couchées sur le sarcophage, représentant les deux époux à l'état de cadavre, dépouillés de toute pompe, nus, les yeux fermés, les lèvres légèrement crispées, les muscles du cou raidis, vraie image de la mort. Ces sculptures, exécutées en pierre, semblent avoir été moulées d'abord sur nature, tant il y a de vérité dans les formes ». Des cartouches portent, comme nous l'avons dit, le chiffre 1553, date de l'érection de ce tombeau, et les lettres G et L, initiales des deux défunts. Presque au sommet du monument, qui garnit toute la muraille à droite de l'autel, est gravée l'inscription suivante en vers latins : Mors in utriusque mortem : Non cedat tellus, styx, aer, pontus amori ; Tellus, styx, aer cedat et unda mihi ; Cedat et ipse puer quidvis mihi, si quid amoris Mundus habet ; mundus nam dont quidquid habet : Quos nunc funereo junxi sub marmore quondam Junxit amor, vici, sic quoque victus amor; At quis amor? Mortalis amor quid numina divi? Emeritus erat, vicit at alter amor ; Sic mors victus amor cœlum concessit utrique Vitam, nectar, opes, morte, siti, spoliis. Fama mortalibus Una supersters. A côté de ce monument se trouve la chapelle de Saint-Julien, appelée maintenant de Sainte-Barbe. Elle fut construite par Guy Ier, dit le Grand, seigneur d'Espinay, qui la « fist dédier à Monsieur saint Julien et y fonda une messe chacun jour de la semaine, qui doit estre chantée par les enfans de choeur, et voulut y estre enterré avec sa compagne épouse » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 296). Il fit son testament le 2 septembre 1494 et mourut le 2 mai 1501, étant au service du roi ; son corps fut porté à Champeaux, selon ses dernières volontés. Quant à sa femme, Isabeau de Goyon, fille du seigneur de Matignon, nous ignorons l'époque de sa mort, mais elle dut reposer auprès de son mari, et l'on voyait encore au XVIIème siècle leur tombeau, qui a disparu depuis. C'est vraisemblablement dans cette même chapelle, et près de son aïeul, que fut inhumé en 1522 Guy II, seigneur d'Espinay, fils d'Henri d'Espinay et de Catherine d'Estouteville : « Ledit sire d'Espinay fit testament le 5e de juin, l'an 1522, par lequel il ordonna son corps estre inhumé en l'église de Champeaux et porté en terre par six de ses mestaiers, à chacun desquels il donna deux aulnes et demie de drap noir pour faire une robe, et aussi une mine de bled seigle » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 299). Le tombeau de Guy II n'existe plus aujourd'hui. Mais auprès de l'autel de cette chapelle est un autre monument funéraire : c'est celui que Charles d'Espinay, alors chantre de Rennes et abbé de Saint-Gildas-des-Bois, plus tard évêque de Dol, fit élever à la mémoire de sa soeur, Claude d'Espinay. Ils étaient enfants l'un et l'autre de Guy III, seigneur d'Espinay, et de Louise de Goulaine. Ce monument fort simple consiste en une longue inscription, plus païenne que chrétienne, vrai type de l'époque de la renaissance, en laquelle elle fut composée ; la voici tout entière :  

D. D. Castitat. et memor.
Claudiœ Spinaiœ virgin. generossim. cerr.
eruditiss. Gudonis Spinai et Lodoicœ Goulinœ
nobiliss. ex antiquiss. Tamil. parentum filiœ.
Quœ et ad musas nata et a musis, ut cr...
educata, sic artis musicœ cœterumq. bon. art.
commnendationi, alteram Minervœ castitatem et
futuram de suo ingenio memoriam addidit ut et castiss.
ut et memoria digniss. ut ex musis una propemodum
habeatur. Quœ sic deniq. inter suos vixit, que
sic deniq. ann. M D XXXXXIIII, et œtatis suœ
XX, inter suorum amplexus vita functa est,
ut et opt. et feliciss. virginem vierge et mori
docuit.
Carolus Spinaius S. G. abbas, frater sorori,
pius piœ plusquam volgaris amicitiœ ergo et in
vestram, o d. d. castitas et memoria, gloriam
non sine lacrimis et votis perennib.

Dans la chapelle qui renferme ce monument est une belle verrière comparable à celle du maître-autel et représentant l'histoire du martyre de sainte Claude, patronne de la demoiselle d'Espinay, inhumée à côté. « On voit la vierge appliquée à la torture et martyrisée, puis reparaissant triomphante, la palme à la main, dans une attitude pleine de dignité, de grandeur et de céleste ravissement. Cette figure rappelle la sainte Cécile de Jules Romain et la sainte Catherine de Raphaël. Non loin d'elle, on voit un apostat que le démon saisit et entraîne ». Il nous reste à visiter la chapelle placée au Sud du choeur ; elle n'est pas la moins curieuse de la collégiale. Une inscription placée extérieurement dans la muraille nous apprend l'origine de cette partie de l'église de Champeaux : « Cy est la premiere pierre de ceste chapelle fondée par defunct hault et puissant Messire Jan premier marquis d'Espinay (nota : la seigneurie d'Espinay fut érigée en marquisat en faveur de ce Jean, sire d'Espinay, l'an 1575) et haulte et puissante dame Marguerite de Scepeaulx sa compagne, comte et comtesse de Durestal, laquelle chapelle a esté faicte construire par ladicte dame, depuis le déceix dudict d'Espinay seigneur, et ceste pierre fondamentalle mise, présents ladicte dame et hault et puissant Charles à présent marquis d'Espinay, baron de Barbezieux, son petit-fils, le 2e jour d'aoust 1594. C'est par copie de la première pierre. Jullian Ricand architecte ». Jean, marquis d'Espinay, mourut le 9 décembre 1591, après avoir ordonné qu'on l'inhumât à Champeaux et qu'on y fit une fondation pour lui. Marguerite de Scepeaux, sa veuve, n'y manqua pas, et, le 21 février 1593, elle fonda une messe solennelle avec service pour le repos de l'âme de son mari ; puis elle s'occupa de la construction d'une chapelle au-dessus du tombeau qu'elle lui avait fait faire. Cette chapelle se compose donc d'un caveau à demi-souterrain, dont la voûte s'élève un peu au-dessus du sol, et d'une chapelle supérieure. Le caveau n'offre d'intéressant qu'une colonne centrale qui en soutient la voûte ; sur le chapiteau de cette colonne sont les armoiries des sires d'Espinay : d'argent au lion de gueules coupé de sinople, armé, couronné et lampassé d'or. Ce caveau est vide maintenant ; en 1793, on y trouva deux châsses et un coeur de plomb. Il est vraisemblable que ces châsses renfermaient les corps des fondateurs Jean, marquis d'Espinay, décédé en 1591, et Marguerite de Scepeaux, sa veuve, morte à Rennes le 28 mars 1603, puis transférée très solennellement à Champeaux. Quant au coeur qui accompagnait leurs châsses, ce devait être celui de l'évêque de Dol, Charles d'Espinay. Ce prélat décéda le 12 septembre 1591 ; son corps fut inhumé dans sa cathédrale de Dol, mais son coeur fut transporté, dit Du Paz, « en l'église de la Magdeleine de Champeaux, selon qu'il l'avait ordonné par testament ». Nous croyons d'autant mieux que ces châsses renfermaient les restes de ces personnages, que le dernier sire d'Espinay mourut peu après, en 1609, dans sa baronnie de Durestal ; son héritier, Charles de Schomberg, seigneur étranger au pays, vendit, dès 1630, le marquisat au duc de la Trémoille, dont les descendants le revendirent en 1716 à Louis Bouscher et Joseph Galpin ; ces derniers le vendirent peu après, en 1719, à René Le Prestre de Lezonnet, baron de Châteaugiron. Or, tous ces seigneurs-là avaient leurs enfeux ailleurs qu'à Champeaux. Montons maintenant dans la chapelle supérieure au caveau. Elle est pavée avec des briques historiées et armoriées ; elle avait jadis de belles verrières dont il reste encore de précieux débris. On y voit « une représentation de Dieu le Père, une main appuyée sur le globe terrestre et paraissant occupé de ce qui se passe au-dessous de lui ; quelques anges l'environnent, mais le sujet inférieur a disparu. Une autre fenêtre de la même chapelle contenait la peinture du sacrifice d'Abraham ». Nous n'avons pas voulu interrompre cette description des verrières et des nombreux tombeaux qui distinguent l'église de Champeaux, et cependant il est encore dans cet édifice quelque chose de plus intéressant peut-être au point de vue artistique : nous voulons parler des stalles qui ornent le choeur. « Rien de plus gracieux, dit M. l'abbé Brune, que la broderie légère, riche et délicate qui décore le baldaquin régnant au-dessus du double rang de sièges des anciens chanoines ; rien de plus varié que les décorations des panneaux formant le dossier, des supports, des accoudoirs, des miséricordes elles-mêmes. L'imagination la plus féconde et le goût le plus exquis semblent avoir présidé à ce travail, à peu près unique dans son genre dans le diocèse de Rennes ; car les stalles de la Guerche, qu'on pourrait seules comparer à celles-ci, leur sont inférieures et ont beaucoup perdu par suite des couches de couleurs à l'huile dont elles sont revêtues. A. Champeaux, c'est l'original dans toute sa franchise, sa hardiesse, sa vigueur de ciseau ; tandis qu'à la Guerche on ne trouve qu'une belle copie exécutée avec timidité et défiance de talent. Tout ce qui manque ici, c'est la pensée chrétienne, c'est l'inspiration et la direction de la foi. Toutes ces dentelles légères, tous ces enroulements et arabesques, toutes ces figures mythologiques ou grotesques, toutes ces décorations, en un mot, exécutées avec tant de verve et de facilité, ne contiennent rien qui annonce la piété des artistes, ni l'intention chrétienne des donateurs. C'est le XVIème siècle avec ses beautés et ses défauts » (Cours d'Archéologie religieuse, 392. — Il existe aussi dans la chapelle Sainte-Barbe un siège en bois à dossier sculpté, assez curieux, offrant un médaillon central qui représente la Charité ; ce siège a évidemment été transféré là de sa place primitive. On croit que c'est un débris des stalles de l'ancienne salle capitulaire. La porte de cette salle est, en effet, ornée de panneaux de même style que le siège en question, et elle est datée, avons-nous dit, de 1594). On voit qu'il reste encore de belles choses dans l'ancienne église collégiale de Champeaux, aujourd'hui simple église paroissiale de campagne ; mais combien d'autres objets précieux la Révolution n'a-t-elle pas détruits ! Nous pouvons nous en convaincre en parcourant les anciens inventaires de la Magdeleine, c'est par eux que nous terminerons cette description déjà longue de l'église qui nous occupe à si juste titre. Autrefois, dans les solennités, on garnissait de riches tentures tout le choeur de la collégiale : « Six grandes tapisseries où se voit l'histoire de sainte Magdeleine » entouraient le sanctuaire, s'étendant même « sur les chaires dudit choeur » ; une autre tapisserie décorait « l'entrée du choeur » et s'attachait « au jubé ». Ainsi, il y avait à Champeaux, comme à la Guerche, un jubé à l'entrée du sanctuaire, et ces jubés devaient naturellement répondre aux élégantes stalles que nous admirons tant. Quelle perte artistique nous cause la destruction de ces jubés ! Mais revenons aux tentures de la Magdeleine ; en voici d'autres encore : ce sont six pièces garnies de franges, qui ne sont pas peu curieuses : « On y voit par ordre toutes les armes d'alliance de la maison d'Espinay ». Enfin, une autre tapisserie représente le crucifiement de Notre-Seigneur et est ornée « des devises de la maison d'Espinay ». (nota : la devise des sires d'Espinay était : Repellam umbras). Le maître-autel était lui-même orné d'un « devant brodé d'or, aux armes d'Espinay et de Goulaine » ; les blasons d'Espinay et de Scepeaux apparaissaient « sur le dais », et ceux d'Espinay et de La Rochefoucauld resplendissaient sur « les chasubles ». Mentionnons maintenant les reliques que possédait l'église collégiale : c'est d'abord « un assez grand reliquaire en façon de chapelle, où il y a plusieurs niches avec verrines, garni devant, derrière et aux bouts de bandes d'argent ; deux des­quelles niches contiennent plusieurs reliques précieuses des lieux où Notre-Seigneur a touché (sic), avec trois petites croix en haut, et à celle du milieu y a cinq petites pierres inconnues ». — A côté est une Vraie Croix offerte par la dame d'Espinay ; c'est « une croix d'argent doré avec une patte, à l'estomach de laquelle croix y a une petite croix d'or où sont quatre petits morceaux de la Vraye Croix donnée par Marguerite de Scepeaulx » — Notons encore un autre reliquaire « en forme d'image de saint Jacques, en argent », et renfermant des reliques de ce saint apôtre. Nous n'énumérons point ici les calices et autres vases sacrés que contenait le trésor, parce qu'il nous faut terminer; mais nous ne pouvons passer sous silence une belle croix processionnelle ainsi décrite : « Une grande croix d'argent avec son baston, ayant d'un costé l'image de Nostre-Seigneur crucifié, et de l'autre l'image de Nostre-Dame, et où sont quatre pièces rapportées, d'argent doré, esmaillées, et d'un costé sont les images des quatre Evangélistes et de l'autre costé les armes d'Espinay et leurs alliances » (Inventaires de 1657 et 1681 - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). L'on voit ainsi que les seigneurs d'Espinay n'avaient point cessé d'enrichir leur collégiale ; leurs armoiries y paraissaient partout, jusque sur la « masse » du bedeau du Chapitre, « où il y a un écusson avec un lyon ». Ils affectionnaient tant cette église de la Magdeleine de Champeaux qu'ils en avaient fait, comme disait le P. Du Paz, « un des plus beaux et des plus rares collèges de France » (Pouillé de Rennes).  

la maison ou l'ancien manoir (XV-XVIIème siècle), situé au lieu-dit La Morinais. Propriété successive des familles l'Espinay (en 1448 et 1479), la Belinaye (en 1776 et 1786), Moëlien (en 1789) ; 

la mairie (1913) ; 

4 moulins à eau dont le moulin de Palet, de la Rivière, de Roux,… 

A signaler aussi : 

un menhir appelé la Haute-Pierre, et des dolmens renversés près de la chapelle Saint-Jacob, aujourd’hui disparus ; 

l'ancien manoir de Champeaux. Propriété successive des seigneurs Champeaux (en 1100), Ponrouaud (vers 1470), Espinay qui firent unir la seigneurie en 1575 au marquisat d'Espinay, puis de la famille Mestayer, sieurs de la Chaussée (en 1640) ; 

l'ancien manoir de la Beuscherie. Il était à la famille l'Espinay en 1448 ; 

l'ancien manoir de la Bouguerie. Il était à la famille l'Espinay en 1448 ; 

l'ancien manoir de la Chauczonnais ou Chaussonnais ou Chochonnaye. Propriété successive des familles Chauczon (en 1427), Paynel, seigneurs de Vaufleury (en 1423 et 1553), Bruneau, sieurs de Gueumont, Roulleaux, sieurs du Plessis (en 1627) ; 

l'ancien manoir de la Motte. Propriété successive des familles Vauville ou Vaunelle (en 1448), Busson, seigneurs du Gazon (en 1513), Beaumanoir, Gazon (en 1592), Matz (vers 1628), Legge, seigneurs de l'Espine (en 1650), Frain (vers 1678 et au XVIIIème siècle) ; 

l'ancien manoir de Grabusson, édifié par la famille Busson. Propriété successive de la famille l'Espinay en 1448 et en 1479, puis de la famille Nouail, sieurs de Maurepas en 1641 ; 

l'ancien manoir du Grand-Villansault. Propriété successive des familles Laisné, seigneurs de la Motte (en 1448), Cornillé (en 1469), Paynel, seigneurs de Vaufleury (fin XVème siècle), Hardy et Morel, sieurs de la Poupardaye, Burel, sieurs du Méaullé (en 1588), Nouail (en 1674), Seré, sieurs de la Sibonnière (en 1699), Frain, sieurs de la Motte (en 1750) ; 

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

ANCIENNE NOBLESSE de CHAMPEAUX

Le marquisat d'Espinay : En la paroisse de Champeaux se trouve un château, fort intéressant encore, appelé vulgairement Espinay : c'était le chef-lieu du marquisat de ce nom, mais ce n'était point de cette construction féodale que la famille d'Espinay tirait son nom et son origine ; jadis ce château d'Espinay en Champeaux s'appelait la Rivière, et le vrai berceau des sires d'Espinay était le manoir d'Espinay en Acigné. Du Paz écrivait en 1619 : « Se voient encore les masures et les ruines dudit manoir d'Espinay en la paroisse d'Acigné, à deux bonnes lieues de Rennes, non loin du grand chemin dudit Rennes à Vitré » (Histoire généalogique de Bretagne, 267). La première mention historique faite des sires d'Espinay est glorieuse : quatre frères de cette maison figurent en 1066 à la conquête de l'Angleterre et deux y sont tués à la bataille d'Hastings. Gestert semble le premier seigneur connu d'Espinay : il eut pour fils et successeur Geffroy d'Espinay, marié à la fille du sénéchal de Dol et qui se distingua, dit Le Baud, par son dévouement à la duchesse Constance de Bretagne et à son fils Arthur (1197). Péan Ier, sire d'Espinay en 1217, fut le père d'Alain, aussi seigneur d'Espinay, qui prit part aux deux croisades de 1239 et de 1248 où il acquit la réputation d'un vaillant chevalier. Vinrent ensuite Guillaume d'Espinay et Galeran d'Espinay, son fils, qui épousa en 1308 Alix de Champagné (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne). Leurs successeurs furent Jean Ier, Guillaume II et Péan II dont on ne connaît point les alliances. Le fils de ce dernier seigneur fut Simon d'Espinay que nous voyons posséder le manoir de la Rivière en Champeaux ; il dut être un des premiers seigneurs de sa maison qui aient abandonné le château d'Espinay en Acigné — peut-être ruiné par les guerres — pour venir se fixer à la Rivière. Simon, sire d'Espinay et capitaine de Dinan en 1399, épousa : - 1er en 1380 Marie de la Frette ; - 2° Marguerite de Châteaugiron. Robert Ier d'Espinay, issu du premier lit, épousa à Montejean, Jeanne de Montbourcher, et mourut en 1439 le 19 mars, avant Pâques. Il fut inhumé dans l'église de Champeaux, qu'il avait fait ériger en collégiale, et sur son tombeau, élevé de terre dans le chanceau, avec figure sculptée sur la pierre, on grava ces mots : Cy gist haut et puissant Messire Robert d'Espinay, chevalier, en son temps sire d'Espinay, d'Escures, de la Rivière, de Sauldecourt et de la Marche, grand-maistre de Bretagne et premier chambellan du Duc nostre souverain seigneur, qui décéda le XIXème jour de mars, l'an de grâce MCCCCXXXVIII. Son successeur à Espinay fut son petit-fils Robert II d'Espinay, né du mariage de Simon d'Espinay (mort avant son père) et de Marguerite de Châteaubriant. Ce Robert II s'unit à Marguerite de la Courbe, dont il eut Richard, sire d'Espinay, son successeur. Celui-ci, chambellan du duc François II, épousa : - 1° le 16 septembre 1433 Marie Gouyon, fille de Jean Gouyon, sire de Matignon : - 2° 1e 13 septembre 1435 Béatrice de Montauban, fille de Guillaume, sire de Montauban. De ce dernier mariage naquirent, outre Guy Ier, sire d'Espinay, toute une série de grands dignitaires ecclésiastiques ; un cardinal-archevêque de Bordeaux, des évêques de Mirepoix, de Laon, de Valence et de Nantes et une abbesse de Saint-Georges (nota : outre ces cinq frères évêques, la maison d'Espinay donna encore à l'Eglise des évêques à Rennes et à Dol et à plusieurs autres abbés et abbesses). Guy Ier, surnommé le Grand, chambellan du duc de Bretagne comme son père, épousa Isabeau Gouyon, fille du sire de Matignon, et mourut le 2 mai 1501. Il fut inhumé dans la chapelle Saint-Julien qu'il avait été fondée en l'église collégiale de Champeaux. Henri, sire d'Espinay, fils unique des précédents, s'unit à Catherine d'Estouteville et décéda le 28 décembre 1506 , sa veuve lui survécut jusqu'en 1521. Leur fils Guy II, sire d'Espinay, grand échanson des reines Anne de Bretagne et Claude de France, épousa Françoise de Villeblanche qui mourut dès 1518 ; lui-même la suivit dans la tombe en juin 1522. Guy III, sire d'Espinay, fils des précédents, encore mineur à la mort de son père, contracta mariage avec Louise de Goulaine ; il mourut le 3 août 1551 et sa veuve le 8 février 1567 ; l'un et l'autre furent inhumés dans le choeur de l'église de Champeaux en un magnifique mausolée subsistant encore, orné de leurs statues les représentant à l'état de cadavre et d'une longue inscription en vers latins. Jean II, premier marquis d'Espinay et fils des précédents, fut chevalier des ordres du Roi et chambellan d'Henri II ; il épousa Marguerite de Scepeaux, mourut le 9 décembre 1591 et sa veuve le 28 mars 1603. Comme leurs ancêtres, ils furent inhumés en la collégiale de Champeaux. Le successeur de Jean II fut son petit-fils Charles d'Espinay ; il était né de Claude d'Espinay, mort à la fleur de l'âge en 1578 et de Françoise de la Rochefoucauld. Encore enfant, Charles, marquis d'Espinay, fut placé sous la tutelle de son aïeule Marguerite de Scepeaux. En 1605 il épousa Marguerite de Rohan, fille de Louis de Rohan, prince de Guémené, mais il n'en eut pas d'enfant, et il mourut, dernier mâle de la branche aînée d'Espinay, dès le 29 janvier 1609 ; sa veuve se remaria au sire de Pompadour. Le marquisat d'Espinay échut alors à Charles de Schomberg, fils de la soeur du seigneur défunt, Françoise d'Espinay, mariée en novembre 1598 à Henri de Schomberg. Mais Charles de Schomberg ne conserva pas longtemps Espinay qu'il vendit le 7 avril 1633 à Henri, duc de la Trémoille, comte de Laval et baron de Vitré, décédé le 21 janvier 1674. Les successeurs à Vitré de ce dernier grand seigneur possédèrent ensuite le marquisat d'Espinay : ce furent d'abord ses petits-fils Frédéric de la Trémoille, abbé de Charroux, et Charles, duc de la Trémoille, mort le 1er juin 1709, puis le fils de celui-ci, Charles-Louis, duc de la Trémoille. Mais en 1714 Louis XIV fit mettre le séquestre sur les biens de ce dernier duc et chargea les commissaires de liquider ses dettes. En cette circonstance le marquisat d'Espinay fut vendu, l'an 1715, à des marchands de Paris, nominés Galpin et Boucher ; toutefois ceux-ci le revendirent, dès 1719 (en partie du moins), au président René Le Prestre de Lezonnet, baron de Châteaugiron. Espinay passa ensuite d'abord en 1724 au fils de ce seigneur, Jacques-René Le Prestre, également président à mortier au Parlement de Bretagne et baron de Châteaugiron, puis vers 1760 au fils de ce dernier, René-Jacques Le Prestre, baron de Châteaugiron. René-Joseph Le Prestre, fils du précédent et comme lui baron de Châteaugiron, fut le dernier marquis d'Espinay. Ce fut celui-ci qui vendit vers 1795 la terre et le château d'Espinay à M. Le Prieur dont la famille les possède encore. La seigneurie d'Espinay, proprement dite, ayant son chef-lieu au manoir d'Espinay en Acigné, n'était point sans importance : son domaine proche se composait du manoir d'Espinay remplacé après sa ruine par celui d'Escures, également situé en Acigné, des métairies d'Escures, du Breil, d'Espinay et de la Gretaye en Acigné, et de celle des Landelles en Thorigné. Cette seigneurie d'Espinay comprenait de nombreux fiefs dont plusieurs s'étendaient à l'intérieur même de la ville de Rennes, savoir : Espinay et la Gretaye en Acigné – le Bourg, Guénour, Lymour et le Tertre en Thorigné — Gahil, Mézière et Rigné en Betton — Saint-Grégoire en la paroisse de ce nom — Champeaux en Saint-Etienne-de-Rennes — la Malterre en Saint-Jacques-de-la-Lande - Cleusné et Sainte-Foi en Toussaint de Rennes, etc. Le seigneur d'Espinay avait son hôtel de Rennes devant la cathédrale, et dans cette cathédrale même le droit d'occuper une des premières stalles du choeur vis-à-vis le trône épiscopal ; il jouissait aussi d'un droit d'usage dans la forêt de Rennes ; enfin en l'église de Thorigné il avait son enfeu, son banc seigneurial et ses armoiries dans le chanceau, et de plus un oratoire prohibitif à côté dudit chanceau (Aveux d'Espinay en 1503 et 1554). Espinay était une sergentise féodée du comté de Rennes ; aussi son possesseur pouvait-il saisir les biens meubles des condamnés à mort exécutés à Rennes et lever un droit sur les draps vendus en la cohue de cette ville aux fêtes de la Pentecôte et sur les denrées vendues aux marchés de Rennes les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine. 

A la même époque la seigneurie de la Rivière en Champeaux se composait « du chasteau et maison forte de la Ripvière, clos de douves et fossés avec pont-levis » et de ses chapelle, colombier, étang, bois, etc., — de l'ancien manoir de Champeaux (nota : il y avait à Champeaux une petite seigneurie possédée à l'origine par la famille de même nom, puis achetée par les sires d'Espinay)  — des métairies nobles de Grasbusson, la Trapinière, Foulgeray, le Boispéan. la Morinaye, la Cornilleraye, la Bruscherie et la Bouguerie en Champeaux, et de celle d'Espineray en Saint-Jean-sur­Vilaine — des étangs et moulins de la Rivière et de Pallet en Champeaux, et de ceux de la Motte-au-Vayer en Saint-Jean. Ses principaux fiefs étaient ceux du Bourg de Champeaux dont certain tenancier devait chaque année à son seigneur « deux grelots de leton et une paire de gants » — du Fief-Adam et du Breil en Champeaux — d'Espineray en Saint-Jean-sur-Vilaine ; en ce fief il était dû chaque an, au sire d'Espinay « un bonnet vert de camelot ou de serge de Caën » — de la Clarté et de Saint-Gilles, également en Saint-Jean-sur-Vilaine, etc. Le seigneur de la Rivière était seigneur fondateur de l'église collégiale de Champeaux et patron de l'église de Saint-Jean-sur-Vilaine, ayant dans ces deux sanctuaires les prééminences avec banc, enfeu et armoiries. Il se disait aussi seigneur supérieur des églises de Saint-Aubin-des-Landes et de Marpiré (Aveux de la Rivière en Champeaux, en 1554 et 1682). 

Ces deux belles seigneurie d'Espinay ou d'Escures en Acigné et de la Rivière en Champeaux formèrent comme le principal du marquisat d'Espinay ; mais quand Henri III érigea, par lettres patentes datées d'octobre 1575, ce marquisat en faveur de Jean, sire d'Espinay, le roi unit à ces deux seigneuries primordiales la châtellenie de Sérigné en Liffré ; plus tard Henri IV y adjoignit encore, en 1604, la châtellenie de Saudecourt en Louvigné-de-Bais, et en 1611 la reine-régente confirma en faveur de Charles de Schomberg l'érection du marquisat. Dès lors le marquisat d'Espinay comprit comme domaine proche plusieurs châteaux et vingt-cinq à trente manoirs ou métairies nobles ; de plus ses fiefs s'étendirent en quarante et trois paroisses, savoir : Champeaux, Saint-Jean-sur-Vilaine, Torcé, Noyal-sur-Vilaine, Marpiré, Montreuil-sur-Pérouse, Taillis, Pocé, Saint-Aubin-des-Landes, Cornillé, Liffré, Gosné, Ercé-sous­Liffré, Châteaubourg, Servon, Izé, Saint-Melaine, la Bouexière, Dourdain, Saint-Didier, Bais, Louvigné-de-Bais, Chancé, Piré, Chaumeré, Vergeal, Moulins, Erbrée, Saint-M'hervé, Domagné, Arbrissel, Le Pertre, Acigné, Thorigné, Betton, Saint-Grégoire, Saint-Jacques de la Lande, Saint-Germain, Toussaint et Saint­-Etienne de Rennes, Noyal-sur-Seiche, Cesson et Broons. Le marquisat d'Espinay s'étendit donc de la ville de Rennes aux portes de Vitré, et de Saint-Aubin-du-Cormier à Châteaugiron et à la Guerche. Il se divisait en trois grandes juridictions, ayant chacune haute justice, savoir : Espinay-à-Vitré s'exerçant au bourg de Saint-Jean­sur-Vilaine — Espinay-à-Champeaux s'exerçant au bourg de Champeaux — et Espinay-à-Rennes s'exerçant au bourg de Thorigné : dans chaque localité se trouvaient des fourches patibulaires à quatre piliers, des ceps, colliers et prisons. Mais cette vaste seigneurie se démembra bientôt : elle relevait en partie du roi et en partie du baron de Vitré ; celui-ci voulut en faire l'acquisition pour mettre fin à une série interminable de procès surgis entre sa maison et celle d'Espinay : il l'acheta en 1633 au prix de 303 000 livres qu'il trouva en revendant une partie du marquisat : c'est ainsi qu'il vendit la châtellenie de Sérigné partie au seigneur du Poulpry (1635), partie au sire de Montbourcher (1654) — l'ancien manoir de Champeaux à François Le Métayer (1635) — la seigneurie d'Escuves au président Fouquet (1636) etc. (Archives d'Ille-et-Vilaine). L'importance du marquisat d'Espinay était donc bien diminuée quand il fut saisi et mis en vente en 1715 ; les commissaires, nommés à cette occasion par le roi, firent néanmoins deux lots de la seigneurie subsistant encore : le premier lot, comprenant la seigneurie de la Rivière en Champeaux avec tous les fiefs adjacents dans le pays de Vitré, fut adjugé en 1715 aux marchands parisiens Galpin et Boucher ; c'est ce qu'on appela le Marquisat d'Espinay-à-Champeaux ; l'autre lot comprit tous les fiefs de la seigneurie d'Espinay en Acigné, et au pays de Rennes, sauf Escures déjà aliéné ; ils formèrent ce qu'on nomma le Marquisat d'Espinay-à-Rennes et furent achetés en 1725 par Pierre de Lannion (nota : ce seigneur acheta, en même temps, d'avec le baron de Vitré, la vicomté de Rennes, dont nous parlons ailleurs ; à partir de ce moment (1725) le marquisat d'Espinay-à-Rennes demeura uni de fait à la vicomté de Rennes jusqu'en 1789). Malgré tous ces démembrements, le marquisat d'Espinay-à­Champeaux, possédé au XVIIIème siècle par la famille Le Prestre de Châteaugiron, était encore une belle seigneurie comprenant trente quatre fiefs en une douzaine de paroisses, avec une haute justice exercée au bourg de Champeaux. Il renfermait d'ailleurs l'ancien manoir de la Rivière ou plutôt le beau château qui l'avait remplacé, connu d'abord sous le nom de la Rivière d'Espinay, puis sous celui d'Espinay tout court. « Chasteau fort spacieux et assez fort, écrivait-on en 1619, ses possesseurs ayant reçu permission de le fortifier. Il est tenu pour une des maisons et chasteaux des mieux bastis et plus logeables qui soient en province : estant enrichi de salles et chambres dorées, avec force marbres. Il y a grand nombre de tours, pavillons et beaux corps-de-logis. Les cour et jardin sont embellis de deux belles fontaines qui accommodent et décorent particulièrement les offices et cuisines, le tout circuit et enfermé de murailles bien flanquées, avec fossez fort larges à fonds de cuve, pleins d'eau, et ont plus de trois mille pas de tour. L'issue est embellie d'un bois de haute fustaye planté à la ligne où il y a de beaux promenoirs et une belle allée couverte, qui environne partie du chasteau, et une belle prairie costoyant un estang ; et ce qui lui donne beau lustre, c'est que, sortant de la porte et ayant cheminé à l'ombre d'un bois quelque quinze cents pas sur le bord d'un estang, où de chaque côté (se trouvent) deux jolies chapelles vis-à-vis l'une de l'autre, (vous) arrivez à l'église collégiale de la Magdeleine de Champeaux, fondation et sépulture des seigneurs d'Espinay. Lequel collège est un des plus beaux et rares de France, et je m'assure qu'il y a peu de princes et seigneurs qui ayent tel droit de présentation, car il est composé de six canonicats où à chacun y a une cure annexée (nota : les six cures annexées au chapitre de Champeaux étaient celles de Champeaux, Saint-Jean-sur-Vilaine, Saint-M'hervé, Vergeal, Guipel Montreuil-sur- Pérouse), que présente le seigneur d'Espinay, sans qu'il soit besoin d'aller à l'Evesque n'y faire courir à Rome ; mais le premier ecclésiastique qui a dignité, soit évêque, abbé ou autre, en peut donner la collation. Il y a dignité de doyen, 12 chapelains, 4 enfants de chœur, maistre de psallette, et chaque chanoine doit avoir un prestre sous luy. Duquel collège le revenu vaut 8 000 livres ou environ ; les choeur et chapelles d'icelle église sont enrichis de belles et antiques sépultures, décorées de marbre qui est chose rare au pays  » (Du Paz, Histoire Généalogique de Bretagne, 264). A la fin du XIXème siècle, le château d'Espinay en Champeaux est encore une belle habitation. Toutefois de ses anciennes fortifications il ne demeure qu'une grosse tour crénelée, accolée à un logis de la Renaissance ; devant ce logis s'élève une élégante tourelle dont la porte bien sculptée est particulièrement remarquable. Au reste, ce logis seigneurial fut construit en même temps qu'une partie de la belle église de Champeaux, et il porte comme elle le nom de son architecte Ricand vivant en 1594. Quant à l'église, jadis collégiale, aujourd'hui simplement paroissiale, de la Magdeleine de Champeaux, il faudrait plusieurs pages pour décrire seulement les tombeaux, cénotaphes et inscriptions qu'on y relève, rappelant tous quelques personnages de la noble famille d'Espinay. Là se trouvent aussi de belles verrières du XVIème siècle, d'admirables stalles sculptées et partout le blason des sires d'Espinay : d'argent au lion coupé de gueules et de sinople armé d'or. Notons, en finissant, les petites chapelles Saint-Job et Saint-Abraham pittoresquement assises au sommet de deux rochers qui se regardent. Elles furent bâties au commencement du XVIème siècle par Guy II, sire d'Espinay : la tradition populaire raconte que ce chevalier, poursuivi par quelques ennemis, fit franchir à son cheval tout l'espace compris entre les deux collines, qui forassent une assez large vallée, et qu'il voulut y construire ces chapelles pour rappeler le fait et remercier Dieu du succès accordé à sa témérité : « Une circonstance qui ne manque pas d'ajouter au merveilleux de la légende, c'est que les ouvriers, employés à la construction de ce double monument, n'avaient qu'un seul marteau et une seule truelle qu'ils se lançaient d'un côté à l'autre du vallon à mesure qu'ils, avaient à placer ou à tailler une pierre, ce qui ne retarda nullement le travail » (Abbé Brune, Cours d'archéologie religieuse, 394) (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

© Copyright - Tous droits réservés.