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CARNOET

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La commune de Carnoët (pucenoire.gif (870 octets) Karnoed) fait partie du canton de Callac. Carnoët dépend de l'arrondissement de Guingamp, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CARNOET

Carnoët vient du breton « carn » (rocher) et « coat » (bois).

Carnoët est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Poullaouen (ou Ploulaouen). Au XIIIème siècle, la paroisse de Carnoët devient une des prébendes du chapitre de Cornouaille dont le nombre fut porté plus tard jusqu'à seize (Renaldus ou Rainaud, évêque de Cornouaille, créa trois prébendes en 1220, et trois autres en 1223 dont Carnoët fut l'une d'elles). Carnoët est cité pour la première fois en 1368 sous le nom de « Carnot Pocher » (Carnoët en Poher, nom donné à cette paroisse pour éviter la confusion avec le nom de Carnoët se trouvant aussi dans l'archidiaconé de Quimper) et figure pour une somme de vingt livres à la table des taxes payées à Rome pour les bénéfices de Cornouaille. Deux siècles plus tard, dans "le rolle d'une décyme payée par les mêmes bénéfices", la prébende de Carnoët est comprise pour sept livres, et le vicaire de Carnoët pour soixante sous. D'après un acte de 1780, le revenu de la prébende était à cette époque de 1 320 livres ; mais ce revenu était loin d'être net. Le prébendé avait à prélever : "1 000 livres pour le recteur de Carnoët et deux vicaires", un à Carnoët, un à la trève de Saint-Corentin. Sur la somme restant de 320 livres, il fallait entretenir deux cancels (il s'agit des deux cancels de l'église de Carnoët et de la chapelle tréviale de Saint-Corentin).

Ville de Carnoët (Bretagne).

Carnot (Carnoët) est mentionné comme paroisse en 1441, c'est-à-dire un an après la mort de Pierre VIII, baron de Rostrenen et seigneur de Carnoët. Elle relevait à l'origine de l'archidiaconé et du doyenné de Poher. Cette paroisse appartenait au diocèse de Quimper et avait pour succursale Saint-Corentin. L’appellation Carnoët apparaît en 1790.

En tant que seigneurie et châtellenie, Carnoët (ou Carnot), dont la juridiction s'étendait jadis sur les paroisses de Carnoët et de Plourac'h, relevait du domaine de Carhaix et du bailliage de Duault, qui avait eu autrefois un siège royal réuni par la suite à celui de Carhaix. En effet, "les sièges de Duault, Landeleau, Le Huelgoat et Châteauneuf-du-Faou sont mentionnés sous le présidial de Quimper, dans l'édit de création des présidiaux par Henri II (Reims. Mars 1552 n.s.), et furent réunis à Carhaix par l'édit de Châteaubriant (octobre 1565). Châteaulin et d'autres sièges ayant été dans la suite réunis à Quimper, les sièges de Quimper et Carhaix furent, pour un temps, les seuls chefs-lieux de justices royales dans l'évêché de Cornouaille" (Organisation judiciaire de la Bretagne avant 1789, par J. Trévédy). Un acte, dressé après la mort de Jean Sébastien Fleuriot (avant dernier seigneur de Carnoët), nous donne quelques indications sur la seigneurie de Carnoët à la veille de la Révolution : "Art. 4. Terre et seigneurie de Carnot, évêché de Quimper, paroisse de Carnot et autres, avec droit de haute, moyenne et basse justice, rentes seigneuriales, cheffrentes, casuels, lodsventes et rachats, droits de pavés et gallois, coutumes, prééminences d'église, droit de supériorité et de fondation de l'église paroissiale de Carnot, enfeus, etc... La dite terre et dépendances relevant du Roi sous son domaine de Carhaix, à devoir de foi, hommage, lods-ventes et rachats". L'énumération des terres comprend le manoir et métairie de Langle, des moulins, beaucoup de convenants. Les "cheffrentes et féages" comprennent notamment "6 sols sur la maison presbytéralle de Carnot ... 3 livres sur une maison sur l'emplacement du château de Saint-Laurent.... 55 sols sur le lieu noble de Kerautem.... 2 livres 10 sols sur la montagne de Saint-Gildas... etc". A noter que l'évaluation générale de Carnoët et ses annexes compris dans le lot du fils aîné était de 3 908 livres 11 sols et 10 deniers.

Les seigneurs de Carnoët avaient prééminences d'église et justice patibulaire au bourg de Carnoët. L'auditoire de la justice de Carnoët était au bourg de Carnoët, adossé au mur du cimetière face au placître. A la fin du XVIIème siècle, il était en mauvais état, et, pour n'avoir pas à le reconstruire ou réparer, le duc de Richelieu, qui allait vendre Carnoët, autorisa le sénéchal à tenir audience au bourg de Plourac'h (Ordonnance du 18 janvier 1699 - Archives B. 235 - sur la vente de Carnoët). Dans l'acte de 1703, il résulte que le seigneur de Carnoët était prééminencier, comme supérieur et fondateur, non seulement de la chapelle de Saint-Gildas, dite "chapelle du château", mais des églises paroissiales de Carnoët et Plourac'h. Le seigneur de Carnoët étant en même temps, depuis 1703, seigneur de Kerjégu et de Langle, avait obtenu l'union de ses trois seigneuries et justices. Les greffes de Carnoët-Kerjégu-Langle réunis étaient affermés 150 livres. Le siège se trouvait au château de Carnoët, édifié au sommet du Tossen-Sant-Veltaz (ou Tossen Saint Veltas). 

Saint-Corentin, aujourd'hui simple village de la commune de Carnoët semble avoir été occupé primitivement par un monastère, ce que semble rappeler le village de Trélan ("treb" (village) et "lann" (ermitage)). La châtellenie de Carnoët renfermait en Carnoët, le château de Rospellem (situé près de la chapelle Saint-Cado) et celui de Tossen Saint-Veltas (voisin de l'enceinte fortifiée de Parc-Menez-Bian). En Plourac'h se trouvait le château de Castel ar Poder (situé près de Bourgerel). Les autres principaux fiefs de la paroisse de Carnoët étaient Kerandraon, Kerautem et Langle.

Les deux paroisses, Saint-Corentin et Carnoët, élisent une seule municipalité, sous le nom de Carnoët, au début de 1790. A partir de cette époque, Carnoët devient chef-lieu de canton. Ce canton est supprimé par arrêté de l'administration départementale en date du 9 juin 1797 et Carnoët est rattaché au canton de Duault (aujourd'hui supprimé). Le canton de Carnoët existe de nouveau de l'an VIII à l'an X.

L'ancienne paroisse de Carnoët (y compris sa trève de Saint-Corentin) dépendait jadis de l'évêché de Quimper, de la subdélégation de Callac et du siège royal de Carhaix. La cure était à l'ordinaire. En 1789, Carnoët relevait du roi. L'ancienne paroisse de Carnoët était plus étendue que la commune actuelle, car la forêt dite Coat-Fréau (700 hectares environ), en a été détachée et a passé dans la commune de Poullaouën. Durant la Révolution, la paroisse de Carnoët dépendait du doyenné de Callac.

On rencontre les appellations suivantes : eccl. de Carnoet (en 1223), Carnoet-Pochaer (en 1270), Carnoet-Pohaer (en 1296), Carnot-Pocher (en 1368), Carnot (en 1441, en 1599).

Ville de Carnoët (Bretagne).

Note 1 : en 1197, Tossen-Saint-Veltas (où se trouvait le château primitif de Carnoët) fut le théâtre, dit-on, de la bataille opposant les bretons aux troupes du Roi Richard Cœur de Lion où auraient péri 8000 anglais.

Note 2 : la commune de Carnoët est formée des villages : Le Quinquis, Kerhervé-Largoat, Trévenec, Langle-Lezer, Le Lein, Quénéquellec, Lestern. Paroisse de l'ancien diocèse de Cornouaille, aujourd'hui dans le diocèse de Saint-Brieuc, sous le patronage de saint Pierre. C'était une des prébendes canoniales du Chapitre de Quimper, et en 1780, le théologal en était le décimateur. Elle comptait alors, avec sa trève Saint-Corentin, 1.500 communiants. Recteur, 1775-1790, M. Henri Menyel, né à Gourin en 1727, prêtre en 1752, recteur de Coray en 1772, a permuté avec M. Le Pape en 1775, pour devenir recteur de Carnoët. Curé, Jean-François Le Dour, né à Gourin en 1751, prêtre en 1775, a été à Poullaouen et à Gourin, " regretté partout et avec raison " (note de Mgr. de Saint-Luc) ; mort le 10 Juin 1787. Curé de Saint-Corentin, M. Pierre Le Gall, né à Plusquellec en 1734, prêtre en 1761 (avait été grenadier 4 ans 2 mois, avait déserté et s'était caché pendant 6 mois). Prètre desservant la chapelle de Locmaria, Claude Gourlay, décédé en Mai 1780. Rôle des décimes en 1789 : M. Menyel, recteur (22 livres 10 sols), Fabrice (8 livres 10 sols), Rosaire (2 livres), le Sacre, trève Saint-Corentin (7 livres 15 sols), le Sacre, Notre-Dame de Carnoët (7 livres), Saint-Laurent (3 livres 10 sols), Saint-Gildas (8 livres 10 sols), Saint-Conogan (2 livres), trève de Locmaria (2 livres), Saint-Michel (2 livres). Total : 65 livres 15 sols.

Ville de Carnoët (Bretagne).

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PATRIMOINE de CARNOET

l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (1888). En forme de croix latine elle comprend une nef avec bas côtés de quatre travées, précédée d’un clocher extérieur, un transept et un choeur. De style XIIIème siècle, elle a été édifiée par M. Michel Menez, entrepreneur, sur les plans de M. Le Guerrannic. La première pierre a été bénite le 18 novembre 1888 et l'église le 15 septembre 1889. Mobilier. : Mobilier moderne (1894-1900) de M. Toularc'hoat, sculpteur à Landerneau. Statues anciennes de la sainte Vierge, saint Pierre en pape, saint Etienne, saint Efflam, saint Jean-Baptiste, sainte Barbe, saint Michel et moderne de saint Yves. Dans les vitraux modernes : saint Corentin et saint Gildas (R. Couffon) ;

Eglise de Carnoët (Bretagne).

 

Eglise de Carnoët (Bretagne).

l'église tréviale de Saint-Corentin (XV-XVIème siècle), restaurée en 1930. Le clocheton date du XVIème siècle. On y voit de belles statues anciennes et des panneaux sculptés du XVIème siècle. Sur la balustrade du choeur est gravé un écusson à trois faces qui, semble-t-il, est celui de la famille de Kerautem ou celui de la famille de Coethal. " C‘était une ancienne église tréviale de Carnoët. Edifice avec légers appendices, en forme de T, clocher-mur. Il date du XVème siècle et a été restauré en 1930. Mobilier : Statues anciennes : sainte Vierge tenant l'Enfant et écrasant le serpent sous forme d’une sirène (début du XVIème siècle), Sainte Trinité, saint Corentin, sainte Catherine, saint Sébastien, saint Nicodème ; panneaux de stalles (XVIème siècle) : Adoration des Mages, la fuite en Egypte, la Visitation. Près de la chapelle, restes d’un très beau calvaire Renaissance détruit par les patriotes de Carhaix, en 1794 " (R. Couffon) ;

la chapelle Saint-Gildas ou Saint Veltas (XV-XVIème siècle), ancienne dépendance du château de Carnoët et située non loin de Tossen Saint-Veltas (ancienne forteresse de châtellenie de Carnoët). Elle comprend une nef avec bas côtés nord de cinq travées et un clocher-mur, un transept et un choeur. A l'exception du clocher, qui porte la date de 1757 et l'inscription : NOEL MARCHOU, Rr DE CARNOET, MAURICE TANGUY FABRIQUE, cet édifice date des premières années du XVIème siècle. Son abside polygonale à trois pans avec fenêtres surmontées de grands gables et à noues multiples montre que sa construction est dûe à l'atelier de Philippe Beaumanoir. On relève sur les murs de nombreuses marques de tacherons. Mobilier : Retable du maître-autel du XVIème siècle ; dans l’aile nord, tribune faite avec les panneaux d’un ancien jubé du XVIème siècle représentant les douze apôtres, la rencontre de saint Gildas et de saint Cado, et une scène de mariage (classé) ; reliquaire de saint Gildas avec l’inscription : DONE PAR Mire GILLE STEPAN, 1732 ; tombeau ancien en pierre avec place pour la tête, dit tombeau de saint Gildas ; cage pour les poules données au pardon ; poutre de gloire portant, outre le Christ entre la sainte Vierge et saint Jean, un ange en bragoubraz ; statues anciennes de saint Gildas en évêque, saint Cado, Sainte Trinité, saint Fiacre, saint Nicodème ; autre statue de saint Gildas avec un chien et un porc. Saint Gildas est invoqué pour les maux de dents et les morsures de chiens enragés. Autrefois, verrière du XVIème siècle représentant la vie de saint Gildas, aujourd’hui détruite (R. Couffon). Au chevet figure une galerie de personnages grotesques. On remarque sur les contreforts, les armes des familles Tournemine, de Kerautem, etc... ;

Chapelle Saint-Gildas de Carnoët (Bretagne).

 

Chapelle Saint-Gildas de Carnoët (Bretagne).

la chapelle Notre-Dame de Pénity ou de Kérity (XVIème siècle et 1675). Edifice rectangulaire du début du XVIème siècle, reconstruite en partie en 1675. Mobilier : Statues anciennes de la sainte Vierge, saint Yves, Saint Nicodème ;

Chapelle du Pénity de Carnoët (Bretagne).

 

Pardon du Pénity à Carnoët (Bretagne).

la chapelle Saint-Cado (XVIIIème siècle). Edifice rectangulaire du XVIIIème siècle. Mobilier : Statues du XVIIIème siècle de saint Cado, saint Gildas, saint Etienne, saint Yves, saint Nicodème, sainte Vierge. Il s'agit, semble-t-il, d'une ancienne chapelle privée du château de Rospellem ;

la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix (XV-XVIème siècle). Elle se trouvait, à l'origine, située sur la paroisse de Nizon : elle est remontée en 1957. Les vitraux sont l'oeuvre d'Alfred Manessier et de Jean Le Moal ; 

les anciennes chapelles de Kerautem, Croaspérou (ou Goaspérou), Keranna, Locmaria, Lok-Miquel, Saint-Conogan de Gollod-ar-River, Saint-Efflam de Lestern, aujourd'hui toutes détruites et/ou disparues. Mentionnons enfin, entre Hibridou et Le Guermeur, Parc ar Chapel et Placen ar Chapel ;

la croix de Pénity (1519) ;

le calvaire du bourg (1519-1630), situé à l’origine près de la chapelle Saint-Corentin et déplacé à Carnoët en 1960. Il fut mutilé en 1794 par les patriotes de Carhaix ;

la fontaine Saint-Gildas, située en contrebas de la chapelle Saint-Gildas ;

le manoir de Kerandraou ou Kerandraon (XVIème siècle) construit par la famille du Gage, de Locmaria (XVIème siècle) et restauré au XVIIIème siècle. Ce manoir est incendié par les Bonnets Rouges en 1675. Le fief appartenait, au XVIIIème siècle, à la famille de Cleuz du Gage ; 

le manoir de Kerautem (XVIIème siècle). Ce manoir est connu dès 1421 et appartient à la famille Kerautem jusqu'en 1730 où il passe par alliance à la famille de Kermerc'hou du Cosquer, puis de Kerautem. Il possédait jadis une chapelle privée (convertie en étable, édifice rectangulaire sans style, paraissant remonter au XVIème siècle) et une tour servant de logis pour le chapelain ; 

le manoir de Kerhervé-Largoat (XVIIème siècle) ;

l'ancien manoir de Langle. Ce manoir, uni à la seigneurie de Kerjégu, en Poullaouen, relevait directement de Carhaix et possédait un droit de haute justice à 4 piliers en Carnoët et juridiction en Landeleau, Plouguer-Carhaix, Plounévézel, Plouyé et Poullaouen. Cette seigneurie a appartenu successivement aux familles Guillaume, Le Bigot et Fleuriot de Langle (en 1780) ;

la maison de Kernon (XVIIème siècle) ;

5 moulins dont le moulin de Kerandraou, de Penity, d'Hières, de Poulmic,..

A signaler aussi :

les trois tumuli de Trélan (âge de bronze) ;

le tumulus de Kerhenry (âge de bronze) ;

le tumulus de Saint-Corentin (âge de bronze) ;

le menhir du Lein-Carnoët (époque néolithique) ;

le souterrain de Crégoat (âge du fer) ;

la découverte en 1959 d'une villa dotée de thermes avec conduits d'hypocauste ;

la motte castrale de Tossen-Sant-Veltas (moyen âge) sur laquelle a été édifié le château du Carnoët. Gaultier du Mottay écrit : "Sur le mamelon de Saint-Gildas on voit les traces d'un camp romain circulaire dont les fossés ont sept mètres de profondeurs". Plus tard, ce dernier décrit "l'enceinte fortifiée, de 28 mètres de diamètre, de 110 mètres de tour" dans laquelle il voit "une fortification" qu'il attribue "aux Romains ou aux Armoricains qui l'auraient construite au temps des invasions saxonnes ou normandes du Vème siècle ou des siècles suivants". Il s'agit en faite, d'une fortification des XIème et Xème siècles à laquelle on a donné le nom de château à motte. Parmi les noms divers donnés au monticule de Saint-Gildas figure celui de "Ar c'hastel" ;

la motte castrale de Rospellem, située au Pont-Troël. A signaler que des restes de voie pavée ont été exhumés à Rospellem ;

la mine de Toul-Bon-Ru, mine creusée au XVIIème siècle ;

Note : Jacqueline du Liscoët, fille de Yves du Liscoët seigneur de Coatmen, épouse de Jacques Le Brun du Lojou, déclare, en 1700, que son père avait dépensé quasiment toute sa fortune, laquelle n'était pas mince car en 1662, il épousa Marie Allain qui lui apporta une dote de 30.000 livres ; il se rendit même jusqu'en Angleterre pour embaucher des ouvriers. Les mines d'étain et de plomb dans la commune de Carnoët se situaient aux alentours des villages de Kerhayet, Kerlast et la Villeneuve. LETTRES PATENTES DU ROI LOUIS XIV PERMETTANT À JACQUES POSTER VICE CHAMBELLAN DU ROI D'ANGLETERRE ET À SES ASSOCIES DE CONTINUER DANS LA PAROISSE DE CARNOET, EVECHE DE QUIMPER, L'EXPLOITATION DES MINES D'ETAIN ET DE PLOMB OUVERTES PAR YVES DU LISCOUET EN 1682 : Louys, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous ceux que ces présentes lettres verront, Salut. Nos chers et bien aimés Jacques Poster vice chambellan de notre très cher et très aimé frère le roy d'Angletairre, Jacques Broth, Thomas Neuille, gentilhommes de sa dite majesté nous ont très humblement fait remontrer que par nos lettres patentes du 12 août 1682, nous avions permis et accordé à Yves de Liscouët, sieur de Coëtmen, de faire ouverture des mines d'estain et de plomb découvertes dans la paroisse de Carnoët, évêché de Cornouaille en Bretagne, et de les faire fouiller et travailler à son profit à l'exclusion de tous autres pendant le temps de vingt années à compter du jour de l'ouverture desdîtes mines aux conditions y portées ; que par arrêt de notre conseil du 8 juillet 1698 rendu sur la requeste de Catherine et Françoise de Liscouët filles et uniques héritières dudit deffunct Yves de Liscouët de Coëtmen pour les considérations y contenues nous aurions prorogé pendant vingt années les privilèges portés par nos dittes lettres patentes du 12 août 1682 expédies en faveur dudit Yves du Liscouët de Coëtmen son père pendant lequel temps nous aurions permis à ladite Catherine de Lescouët de continuer l'exploitation à son profit des mines de plomb et d'étain découvertes par ledit défunt de Coëtmen dans la paroisse de Carnotte aux charges et conditions portées par nos dites lettres patentes ; que par un contrat passé par devant Maître Gabriel Lange notaire à Saint-Germain en Laye le 4 mai 1707, de Lescouët comme procureur de la dame Jacquelinne de Lescoët femme de Jacques Le Brun sieur du Loyou de lui séparée quant aux biens d'une part et les dits Poster, Broth et Neuville d'autre, laditte de Lescoët audit nom aurait cédé auxdits Poster et consorts l'exploitation desdites mines d'étain, plomb et autres matières souterraines qui auraient été descouvertes par ledit deffunct Yves de Lescouët père de ladite dame du Lojou à la charge par lesdits Poster et consorts de satisfaire aux conditions portées par ces dites lettres patentes et outre, de payer à laditte dame du Loyou cinq cents livres pour la première année et mille livres pour chacune des autres années, que du revoit (?) le travail et exploitation desdites mines et autres charges, clauzes et conditions incérées audit contrat, en conséquence duquel lesdits Poster, Broth, Neuille et Leyburn nous ayant présenté leur requête incérée en l'arrêt de notre Conseil d'État du 31 octobre 1709 au sujet du travail qu'ils auraient déjà commencé et des dépenses qu'ils auraient faites lesquelles leur deviendraient inutiles si nous n'avions la bonté de leur proroger le temps du privilège pour vingt années à l'expiration de celuy que nous avions bien voulu renouveler par l'arrêt de notre Conseil d'État du 8 juillet 1698, à compter du jour de l'expiration qui devait tomber en 1722 ou du moins pendant trente années à commencer dès à présent par les autres raisons énoncées en ladite requête, sur lequel après que notre aimé et féal conseiller en nos Conseils Maître ordinaire des requêtes en notre hostel, Commissaire départy pour l'exécution de nos ordres en notre province de Bretagne, à qui nous l'avions renvoyée, nous ayant donné son advis, nous avons accordé auxdits Poster et consorts ledit arrêt de notre Conseil d'État du 31 octobre 1709 et ordonné que pour l'exécution d'iceluy toutes lettres nécessaires seraient expédiées. Ils nous ont fait très humblement supplier de les leur vouloir accorder. A ces Causes, voulant favorablement traiter lesdits Poster et consorts et favoriser le succès de leur entreprise, Scavoir faisons que pour ces causes et autres à ceux nous mouvant conformément audit arrêt de notre Conseil du 31 octobre 1709 y attaché sous le contrescel de notre chancellerie, Nous de grâce spéciale, pleine puissance et autorité royalle, avons par ces présentes signées de notre main, accordé et accordons auxdits Poster et Consorts pour trente années à commencer du jour de notre dit arrêt le privilège de faire exploiter à leur profit les mines d'étain et de plomb qui ont été et pourraient être découvertes tant dans la ditte paroisse de Camoët évêché de Cornouaille que dans l'étendue de l'évêché de Quimper et de Saint-Brieuc et autres terres adjacentes, pendant lequel temps nous avons fait et faisons deffence à toutes personnes de les troubler et de travailler aux dites mines à la charge néanmoins qu'ils ne pourront avoir aucune terre sans en avoir le consentement des propriétaires, de tenir des registres de toutes les matières qui proviendront desdittes mines, de payer aux seigneurs hauts justiciers des lieux le quarantième denier et à nous le dixième suivant la disposition de nosdits arrests et règlements sur le fait des mines comme aussi à la charge par lesdits Poster et consorts de payer pendant le temps dudit privilège à ladite dame du Lejou ou à ses ayants cause la somme de mille livres par chacun an, suivant le traité fait entre eux le 4 mai 1707, Voulons et nous plait que lesdits Poster et consorts ou ceux qui seront en leurs droits soient tenus d'entretenir le travail desdittes mines faute de quoy et en cas de cessation pendant une année, ils demeureront deschus dudit privilège. Donnons en mandement à nos aimés et féaux, les gens tenant notre Chambre des Comptes à Nantes et autres aux officiers et justiciers qu'il appartiendra que ces présentes ils aient à enregistrer et du contenu en icelles faire jouir et uzer lesdits Poster et consorts plainement et paisiblement non obstant tout édit, déclaration, ordonnances et arrêts à ceux contraires auxquels nous avons dérogé et dérogeons par ces présentes. Car tel est notre plaisir. En témoin de quoy nous avons fait même notre scel à ces dites présentes données à Versailles le vingt deuxième jour du mois de septembre l'an de grâce mil sept cenpt onze et de notre règne le soixante neufième. Signé : Louys et sur le repli : par le Roy : Colbert et scellé du grand sceau de cire jaune. (Référence : Archives départementales de Loire-Atlantique mandements royaux B 96) N. B : lorsque les « gens de la Chambre des Comptes de Nantes » ont transcrit, dans leurs registres, ces lettres patentes, sans doute ont-ils omis quelques mots ou membres de phrase car les passages sur la filiation des membres cités de la famille de Liscouët ne sont pas clairs. (publié avec l'autorisation de l'Association d'Histoire et d'Archéologie de la région de Bourbriac, Jean-François Coënt, 2000).

entre Hibridou et le Guermeur, on voyait autrefois un enclos portant le nom de Parc ou Placen ar Chapel ;

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ANCIENNE NOBLESSE de CARNOET

La châtellenie de Carnoët appartient successivement aux familles Riou (au XIII-XIVème siècle), de Rostrenen (au XVème siècle), du Pont-Labbé (au XV-XVIème siècle), de Foix, du Chastel, du Quellenec (ou Quélénec), de Parthenay, de Beaumanoir (au XVI-XVIIème siècle), de Cossé, du Guémadeuc, Vignerot, de Gramac'h ou Gamache. En  1300, la seigneurie de Carnoët appartenait à Etienne Riou, châtelain de Carnoët. Au commencement du XVème siècle, la seigneurie de Carnoët appartenait aux Guermeur qui prenaient leur nom de la seigneurie du Guermeur (en français La Grandville), paroisse de Bringolo. Hervé du Guermeur, d'une branche cadette, était en même temps seigneur de Carnoët, de Coatfao, haute justice en Pluguffan, près de Quimper, et du Ponthou, dont le chef-lieu était le Ponthou, sur la rivière de Douron "dit jadis la ville du Ponthou, noble, franche, libre de fouages, guet et devoirs roturiers". Hervé du Guermeur avait pour femme Marguerite du Chastel, soeur de Tanneguy (II), le prévôt de Paris. Leur fille Jeanne succéda à ces trois seigneuries. Jeanne du Guermeur épousa Pierre VIII, seigneur banneret ou baron de Rostrenen : une seigneurie comprenant douze à quinze paroisses et qui, en 1294, devait deux chevaliers à l'Ost du duc. Pierre VIII était fils de Marguerite de Mauny, petite-nièce du connétable Du Guesclin (la soeur de son aïeul, Pierre VI, avait épousé Alain VII vicomte de Rohan, dont une fille, Marguerite, fut la première femme du connétable de Clisson). Pierre VIII sera le lieutenant du connétable de Richemont et à sa mort le 12 août 1440, il laissera que trois filles. Marguerite, l'aînée, était mariée, avant la mort de son père, à Jean, baron de Pont-l'Abbé, fils de Hervé IV et de Marie de Rosmadec : elle lui porta la seigneurie de Rostrenen et celle de Carnoët. Les deux bannières de Rostrenen et de Pont-l'abbé (ou comme on disait de Pont) seront réunies dans les mêmes mains pendant plus de deux siècles. Jean de Pont fut mêlé aux grandes affaires du temps. En 1461, il représente le roi Louis XI aux Etats de Dinan. En 1465, il suit le duc François II à la guerre du Bien public. Il mourut en 1480. Marguerite, décédée dès 1456, avait eu huit enfants dont Pierre, l'aîné. Ce dernier, Pierre IX de Pont et de Rostrenen épouse en 1454 Hélène de Rohan-Guémené, fille de Louis Ier qui fut chancelier de Bretagne et de Marie de Montauban. C'est lui qui construisit l'église de Rostrenen et en obtint l'érection en collégiale le 27 août 1483. Il fut un des chefs de l'opposition des seigneurs contre Landais (en 1484). Uni avec les Rohan, Laval et Rieux, il était de la ligue qui, à Châteaubriant, allait livrer la Bretagne au roi Charles VIII (en 1487). Mais reconnaissant et réparant ses torts envers le duché, il tombera avec son frère Vincent sur le champ de bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, le 28 juillet 1488. Il laissait deux enfants : un fils, Jean, qui va suivre, et une fille, Louise, née la première, et qui, dès le 21 octobre 1492, était mariée à Tanneguy, sire du Chastel (Tanneguy IV était arrière-petit-neveu de Tanneguy II nommé plus haut, et petit-neveu de Tanneguy III, vicomte de La Bellière, grand écuyer de France, puis de Bretagne). Louise était morte avant 1501. Jean III du Pont, était encore mineur, lorsque (en 1500) il épousa Catherine de Brosse. Catherine tenait aux deux branches de la maison de Bretagne. Par son père, Jean, vicomte de Penthièvre et seigneur de Boussac et de Laigle, Catherine descendait au cinquième degré de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre. Par sa mère Louise de Laval, elle était arrière petite-fille du duc Jean V, et cousine au septième degré de la reine Anne. Au mois de mai 1508, Jean vint prendre place dans son enfeu au couvent Saint-François de Quimper. Il ne laissait qu'une fille nommée Louise. Louise épousa, le 7 février 1517, Pierre de Foix, baron de Langon. Pierre était fils puîné de Gaston de Foix, comte de Candale et captal de Buch, et de Catherine de Foix. Il avait pour aïeule maternelle Léonore, reine de Navarre, et la soeur de sa mère, Marguerite de Foix, seconde femme du duc François II, était la mère de notre duchesse et reine Anne, morte le 9 janvier 1514. A signaler que la soeur de Pierre, Anne, avait épousé Ladislas de Pologne, roi de Bohême et de Hongrie. Le mariage de Louise de Pont la faisait petite-fille d'une reine, belle-soeur d'une reine et tante à la mode de Bretagne de Claude, reine de Bretagne. Elle mourut sans enfants, en décembre 1526, laissant pour héritier Jean du Quélénec, héritier de la vicomté du Faou, son neveu à la mode de Bretagne, fils de sa cousine Gilette du Chastel et de Charles du Quélénec, vicomte du Faou. Jean du Quélénec, à la mort de son père (après 1527) réunit la vicomté du Faou à ses deux baronnies, et fut ainsi un des plus puissants seigneurs de Bretagne. En 1538, encore mineur (en janvier 1530, il avait pour tuteur Alain de Rosmadec), il épousa Jeanne de Maure, fille du comte de Maure et de Hélène de Rohan. Le 31 octobre 1548, il rendait aveu au Roi pour Rostrenen et annexes. Le 20 août 1553, par testament, il ordonnait sa sépulture à Rostrenen, et il mourait avant la fin du mois. Il laissait un fils encore enfant qui suit, et deux filles dont une, Jeanne, fut mariée à Jacques de Beaumanoir. Charles de Quélénec fut marié, le 20 juin 1568, à Catherine, unique héritière de Parthenay et de Soubise, qui avait quatorze ans. Il prit le nom de Parthenay et le titre de Soubise sous lequel il se signala dans les guerres civiles. Il était de la compagnie du roi de Navarre (depuis Henri IV). Dans la nuit de la Saint-Barthélemy, appelé dans la cour du Louvre, il y descendit armé, se défendit "comme un lion" et, quand il tomba sans vie, il était "percé comme un crible" (le 24 août 1572). Par acte du 14 février 1572, Charles du Quélénec avait afféagé le domaine de Carnoët, à Guillaume Guynement, sieur de Pennanec'h (Maël-Carhaix). A noter que sa veuve, née le 22 mars 1554, était remariée moins de trois plus tard, et le 15 août 1575, elle épousa René II de Rohan, baron de Frontenay, et fut mère du célèbre Henri II, duc de Rohan, de Benjamin, prince de Soubise, etc.... Le neveu de Charles de Quélénec, fils de sa soeur, Toussaint de Beaumanoir, vicomte du Besso, succéda à ses trois grandes seigneuries et à beaucoup d'autres dont Carnoët. Attaché au parti du roi, il joua un grand rôle dans les guerres de la Ligue en Bretagne : il y commanda toute l'infanterie royale. La blessure qu'il reçut devant Ancenis obligea l'armée royale à lever le siège de cette place. Transporté à Rennes, Beaumanoir y mourut le 17 mars 1590, à 35 ans (baptême à Jugon, le 1er septembre 1554). Beaumanoir avait épousé Anne de Guémadeuc, soeur de Thomas, seigneur de Québriac, vicomte de Rézé, etc... Thomas avait épousé Jacqueline de Beaumanoir. Ils étaient donc doublement beaux-frères. Guémadeuc avait deux fils, Toussaint et Thomas, dont il sera question plus loin. Beaumanoir ne laissait qu'une fille, nommée Hélène, alors dans sa cinquième année. Beaumanoir avait voulu que sa fille fût mariée à René de Tournemine, seigneur de la Hunaudaye, fils de René, lieutenant-général des rois Henri III et Henri IV en Bretagne, qui allait mourir en janvier 1592. Le mariage fut célébré le 16 janvier 1599, mais la vie commune commença seulement en 1601. Hélène avait treize ans et son mari quinze. Mais dès l'année 1604, Hélène fuyant les violences de son mari s'enfermait dans le château de Pont-l'Abbé, où son mari vint l'assiéger, puis derrière les murs de Dinan plus sûrs et sous la main de son cousin de Rosmadec. Toussaint de Guémadeuc et La Hunaudaye se rencontrèrent au pays de Retz, tous deux à la tête d'une troupe de cavaliers. Les cousins échangèrent deux balles qui furent mortelles : Guémadeuc tué sur le coup fut inhumé à Québriac le 4 décembre 1606, et La Hunaudaye, après avoir langui plus d'un an, mourut le 29 février 1608. Un an plus tard, le 12 avril 1609, Hélène épousait Charles de Cossé, marquis d'Acigné, second fils du maréchal, comte et plus tard duc de Brissac, alors lieutenant général en Bretagne. Ce mariage allait être aussi malheureux que le premier, car à la mort du maréchal (le 5 juillet 1625), le marquis d'Acigné, Charles de Cossé, emprisonna sa femme dans un de ses châteaux. Après que Hélène ait trouvé le moyen de faire arriver ses doléances au roi, son mari fut mis à la bastille, et, le 22 janvier 1628, le parlement le bannit du royaume à perpétuité. Entre 1610 et 1628, Mauricette Guynement, fille ou héritière de Guillaume Guynement, mariée à François Le Bigot, consentit une transaction, et Hélène de Beaumanoir, alors femme de Charles de Cossé, rentra à nouveau en entière possession de Carnoët (les deux dates 1610 et 1628 sont celles du mariage d'Hélène de Beaumanoir et du bannissement du Marquis d'Acigné). Toussaint de Guémadeuc était mort sans enfants, et tous les biens de leurs parents avaient passé à son frère Thomas. Celui-ci épousa Jeanne de Ruellan, dont la soeur cadette fut duchesse de Brissac (la bru du maréchal). En novembre 1616, aux Etats de Bretagne, Thomas se prit de querelle avec son cousin le marquis de Nevet et lui porta un coup mortel, puis alla se réfugier à Fougères dont il était gouverneur. Il se rendit à un exempt du roi, fut emmené à Paris, et condamné comme meurtrier et rebelle eut la tête tranchée en place de Grève, le 27 septembre 1617. Thomas laissait une fille encore enfant, Françoise. Riche par ses parents, elle était principale héritière de la Marquise d'Acigné. Le cardinal de Richelieu avait pesé de tout son pouvoir pour empêcher Louis XIII de faire grâce à Guémadeuc. Neuf ans plus tard, pardonnant à la fille la rébellion du père, il demanda sa main pour le fils de sa soeur Mme de Vignerot (ou Vignerod) du Plessix, marquise de Pontcourlay. Le mariage fut célébré le 29 juin 1626, et, en 1629, naquit un fils, Armand Jean, que le cardinal allait faire héritier de son nom et de ses titres. Mais Mme de Pontcourlay n'était  pas seule héritière de la marquise d'Acigné. Richelieu redouta quelques dispositions en faveur d'autres héritiers (entre autres son neveu à la mode de Bretagne, Sébastien II de Rosmadec) : il para au danger. Son affidé Jacques Barrin, seigneur de la Galissonnière, maître des requêtes, était devenu administrateur des biens de la marquise, et avait sur elle beaucoup d'empire. Le 16 janvier 1629, Hélène donna à sa nièce la vicomté du Faou avec ses annexes, les baronnies de Pont et de Rostrenen, les seigneuries du Quélénec, des Isles, Carnoët et Crenolles, Beaumanoir, Launay-Madeuc, etc.. Cette donation fut acceptée par le cardinal se disant tuteur de son neveu, et par Barrin se disant tuteur et curateur de la dame de Pontcourlay. Par acte du 30 mars 1635, la marquise de Pontcourlay et son mari avaient assis une rente de 120 livres sur Carnoët, au profit du marquis de Rosmadec, qui se subrogea François Le Bigot, alors seigneur de Kerjégu (Poullaouën), de Langle (Carnoët), de Lesmabon (Duault), et sa femme Mauricette Guynement. Ces derniers eurent pour héritier leur fils Sébastien, marié (en 1637) à Marie Arrel, dame de Kermerc'hou (Garlan), fille d'une Coëtanscours. Le 16 juillet 1636 et jours suivants, Hélène fit un testament qui confirmait la donation et indiquait trois collatéraux comme co-héritiers de la dame de Pontcourlay (outre la dame de Pontcourlay et Sébastien du Rosmadec, elle nomma Philippe d'Espinay, marquis de Broons, et François de Keradreux, seigneur des Aulnais). Le 10 août suivant, la malheureuse Hélène était inhumée au couvent de Sainte-Catherine de Dinan, qu'elle avait fondé en 1631. Malgré les précautions prises, Françoise de Guémadeuc, marquise de Pontcourlay, n'eut pas la paisible jouissance de tous les biens que lui attribuait la donation de 1629. La succession de la marquise d'Acigné donna lieu à d'interminables procès entre ses héritiers. Finalement, la dame de Pontcourlay abandonna la baronnie de Rostrenen et la seigneurie des Isles à Florimonde de Keradreux, mais la seigneurie de Carnoët séparée de Rostrenen après deux siècles et demi restait à la dame de Pontcourlay. A la mort du cardinal de Richelieu (le 4 décembre 1642), Mme de Pontcourlay vit son fils André-Jean hériter les titres de son grand-oncle. Devenue veuve, le 26 janvier 1646, elle épousa, l'année suivante, Charles de Grivel de Gamaches, comte d'Orouer ou d'Aulroy qui, en décembre 1658, fut assassiné dans son carrosse à Paris. Mme de Grivel de Gamache, comtesse d’Orouer (décédée le 13janvier 1674), vendit la seigneurie de Carnoët à Sébastien Le Bigot de Langle et Marie Arrel, son épouse, le 11 février 1656 : mais le contrat allait demeurer sans effet, car Sébastion Le Bigot mourut en 1666 avant d'avoir obtenu l'homologation, que sa veuve elle-même poursuivit en vain. Du mariage de ces derniers, vont survivre trois enfants : - un fils nommé Joseph, qui allait faire reconnaître sa noblesse d'ancienne extraction (arrêt du 28 février 1669), et - deux filles dont l'aînée Mauricette-Ursule, mariée le 16 janvier 1651 (Duault) à Sébastien Fleuriot, fils de Claude, chevalier de Saint-Michel, seigneur de Kerloet (Quemper-Guézénec) et de Fiacre Le Bahezre, dame de Kerfichant-Rosvilliou (Duault). Sébastien Fleuriot fit reconnaître sa noblesse d'extraction par arrêt du 5 août 1669 et habitait le château de Kerloet où naquirent tous ses enfants, cinq fils et trois filles (sauf un fils devenu l'aîné). Il mourut le 17 août 1673 laissant pour principal héritier son fils aîné, Charles-Sébastien, né le 25 février 1656 à Duault. Joseph Bigot, et après lui sa soeur la dame Fleuriot devenue son héritière, moururent sans avoir obtenu l'homologation de l'acquêt de Carnoët. Après de longs débats, beaucoup d'écritures et de frais, Charles-Sébastien de Langle, héritier de sa mère, renonça par actes des 10 juin et 29 juillet 1688, à se prévaloir de ce contrat vieux de 32 ans. Mais il n'avait pas, à ce qu'il semble, renoncé à Carnoët, et, après quinze années, le 20 octobre 1703, le duc de Richelieu lui consentit une nouvelle vente pour la somme de 18 500 livres. La prise de possession eut lieu les 19 et 20 décembre 1703 (Archives des Côtes-d'Armor, B. 235). Charles Sébastien était seigneur de Carnoët en même temps que de Kerjégu, Langle, Kerfichant, etc. Il prit le nom de Langle, que sa descendance allait grandement honorer, et comme son père, il résida au château de Kerloet, où allaient naître ses enfants. Le 12 janvier 1678, Charles épousa Anne de Kerohent, fille aînée de Sébastien, marquis de Coëtanscours. Devenu veuf et ayant perdu son fils, Charles se remaria, le 2 novembre 1711, à Marie-Angèlique de Varennes, qui lui donna deux fils et une fille. Il mourut à Kerloet, le 5 octobre 1720. L'aîné de ses fils, Jean Sébastien, né le 20 septembre 1712, est dit comte de Langle, seigneur de Kerloet, Carnoët, etc, ... Le 22 mars 1734, ce dernier épousa, à Pommerir-le-Vicomte, Marie Jeanne de la Monneraye de Bourgneuf, fille de Jean, grand prévôt de la maréchaussée de Bretagne. Il en eut huit enfants dont trois fils : deux survécurent : Jean-Charles-Marie et Paul-Marie-Antoine. Des cinq filles, quatre vécurent : l'une devint religieuse, et les autres épousèrent les comtes de Rosmorduc, de Derval et de Trogoff. C'est Jean-Sébastien qu'Ogée mentionne vers 1775, comme seigneur haut-justicier de Kerjégu, Langle et Carnot (Carnoët). Il mourut le 30 mars 1781. Jean-Charles-Marie hérita les seigneuries de Carnoët et annexes, Kerloet, etc .. Né le 28 octobre 1738, page du roi en 1753, il était capitaine au régiment Royal-Etranger cavalerie, lors de son mariage, en décembre 1775, avec Delphine-Marie d'Arbois. Le 22 avril 1786, dans l'acte de nomination d'un sénéchal de Carnoët, aux titres de chef de nom et d'armes, de chevalier de St-Louis et d'ancien capitaine à Royal-Etranger cavalerie, il ajoute ceux de "seigneur comte de Langle, seigneur des terres, fiefs et seigneuries de Kerloet, Kergoc, La Feuillée, Langarzan, Bois-de-la-Roche, Munehore, Le Rumeur, Kermarquer, Coetrevan, Carnot, Kerjégu, Langle, ... et autres" (Archives des Côtes d'Armor, B. 235). Jean-Charles-Marie Fleuriot émigra et ses seigneuries furent mises sous séquestre : mais Carnoët ne fut pas vendu par la nation, et à son retour il en recouvra la possession. Le dernier seigneur de Carnoët est mort à Guingamp en 1809. Il laissa un fils : sa postérité masculine s'est éteinte, et la branche cadette devenue l'aînée est issue de son frère Paul-Marie-Antoine. Ce dernier, né le 1er août 1744, fut le capitaine de vaisseau de La Pérousse : commandant l'Astrolabe, au cours d'un voyage d'exploration avec La Pérouse, il fut massacré le 17 décembre 1787, dans une des îles Samoa ou des Navigateurs. Quelques années auparavant, il avait épousé Georgette de Kerouartz, pupille du vice-amiral comte d'Hector, lieutenant général des armées navales (en 1782) et commandant de la marine de Brest. Il laissait un fils unique, Jean-Charles-Marie né le 6 décembre 1784. En 1791, quand il avait sept ans, sa mère émigrant l'emmena en Angleterre. A noter que Madame de Langle était remariée à René de la Monneraye, seigneur de Beaunier, capitaine au régiment du Roi (infanterie), et habitait Bath (comté de Somerset) où naquirent quatre enfants en 1793-1798, 1800 et 1801. Unique héritier de son père, Jean-Charles possédait Kerfichant-Rusvillio, Lesmabon et quelques domaines aux environs. Ces biens furent mis sous séquestre et vendus par la nation. En 1807, Jean-Charles avait épousé Marie-Jeanne Mélite de Fresnel. Il en eut neuf enfants, au nombre desquels sept fils : l'un mourut enfant, les six autres allaient servir la France (l'un entra dans l'administration de la marine, un second est devenu colonel de cavalerie, et les quatre autres suivant l'exemple de leur aïeul entrèrent dans la marine). L'un, enseigne de vaisseau, est mort à 23 ans de la fièvre jaune à Port-au-Prince (en 1841), l'autre lieutenant de vaisseau à 38 ans a péri dans un naufrage (en 1845). L'aîné, Alphonse, vice-amiral en 1871, est mort en 1881, et le plus jeune Camille-Louis-Marie est contre-amiral en 1879.  

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc en 1480 et de Tréguier en 1481, on ne comptabilise la présence d'aucun noble de Carnoët.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants de Carnoët étaient présents :

Maistre Guillaume du Bois, représenté par Guillaume Grantugen, à deux chevaux, en brigandine ;  

Guillaume de Kerautem, pour lui et son père, archer en brigandine ;  

Guillaume le Roux, pour Morice du Fou, archer en brigandine ;  

Pierre du Combout, pour le mineur de Querenfrest, archer en brigandine ;  

Alain Serf, pour Jehan le Meryadec, en brigandine ;  

Guillaume Jourdain, en brigandine ;  

Pierre du Bois, en pal et vouge.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Carnoët sont mentionnés :

François du Bois, sieur de Kermabilon, default ;  

La veufve de Jehan du Bois, sieur de Locmaria, représentée par François le Goasquer, qui dict estre sous l'esdict ;  

Guillaume de Kerautem, représenté par Morice son fils, dict faire pique sèche ;  

François le Roux, décédé ; son fils mineur comparu par Guillaume Kerlannec, dict faire corselet ;  

Morice du Bois, default ;  

Yvon Jourdain, default ;  

Pierre du Meur, default ;  

Tanguy Clévédé, représenté par son fils François, dict faire pique sèche.

(à compléter)

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