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BROUALAN

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La commune de Broualan (bzh.gif (80 octets) Broualan) fait partie du canton de Pleine-Fougères. Broualan dépend de l'arrondissement de Saint-Malo, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BROUALAN

Broualan vient du breton "bro" (pays) et de "Alan" (Alain Ier, seigneur du château de Landal). 

Broualan est un démembrement en 1853 de la paroisse de La Boussac qui est elle même, semble-t-il, un démembrement de la paroisse d'Epiniac. Broualan est érigé en commune en 1887. 

Le prieuré de Landal, fondé en 1210 par Guillaume de Montsorel, avec une chapelle destinée à servir de sépulture à sa famille, est donné par l'un de ses successeurs à l'abbaye de Rillé. Une autre chapelle plus élégante est bâtie au XVème siècle, au hameau de Broualan.

Le Pouillé de Rennes stipule que Broualan est une paroisse d'origine récente ; ce n'était naguère qu'une chapelle frairienne sise dans la paroisse de La Boussac. La tradition attribue la construction de cette jolie chapelle à une dame de Landal de la famille de Maure (nota : on dit que cette dame de Landal fit bâtir la chapelle de Broualan pour acquitter un voeu formé pour le retour de son mari, absent depuis longtemps. Elle la consacra à Notre-Dame-de-Toutes-Joies dans un lieu où s'élevait autrefois un monument du culte druidique. On tient pour constant dans le pays que la pierre destinée à la construction de la chapelle fut amenée par deux boeufs qui allaient à la carrière sans guide et en revenaient de même, et qu'une seule vache nourrissait les ouvriers de son lait et de son beurre) ; mais elle fait quelque confusion, car les sires de Maure ne possédèrent Landal qu'au XVIème siècle, et une inscription prouve que l'édifice fut commencé dès 1483. Il nous paraît d'ailleurs peu probable que Broualan ait été construit par les seigneurs de Landal, car « elle appartenait avant la Révolution aux paroissiens de La Boussac, qui, ainsi que le constatent les anciens déaux ou registres du général de cette paroisse, affermaient par adjudication le tiers de son revenu, à charge de l'entretenir et d'y faire célébrer le service divin par un chapelain agréé par l'ordinaire » (M. A. Charil des Masures, Notice historique ms. sur La Boussac). Mais si les sires de Landal n'ont pas fondé Broualan, — dont ils ne nommaient pas même le chapelain, — il se peut très-bien qu'ils en aient été les bienfaiteurs, et rien n'empêche d'admettre que Hélène de Rohan, dame de Landal, qui épousa en 1513 François sire de Maure, se soit distinguée par sa générosité envers Notre-Dame de Broualan. La chapelle de Broualan existait, en effet, en 1490, car à cette époque le prieur du Brégain avait déjà coutume d'y prendre le tiers des offrandes. Dans son aveu de 1609, ce religieux maintint ce droit sur « la tierce partie des oblacions faictes en la chapelle de Brualen, fondée en l'honneur de Nostre-Dame appelée de Toutes Joyes, lesquelles oblacions se peuvent affermer commun an 20 livres ». Dès cette époque, en effet, Broualan était le but de fréquents pèlerinages, et nous voyons beaucoup de paroisses des environs y venir processionnellement durant le XVIIème siècle. En 1681, le seigneur de la Basse-Villarmois, — manoir voisin situé en Trans, — déclara qu'il avait ses pierres tombales et qu'il jouissait de toutes les prééminences d'église dans la chapelle de Broualan (Archives du château de Trans). Cependant le fief de Broualan, dans lequel se trouvait la chapelle, dépendait au XVIIIème siècle de la seigneurie de la Guerche, dont les possesseurs firent faire un enfeu dans le sanctuaire. Louis Uguet, fils de François, seigneur de la Guerche, et de Thérèse de Brunes de Montlouet, y fut inhumé en 1730. Le recteur de La Boussac protesta toutefois contre cette sépulture, probablement pour maintenir ses droits sur la possession de la chapelle. En 1732, Prudence Uguet, dame de la Guerche, fit construire une maison pour servir de demeure au chapelain ; cet édifice, qui existe encore, porte sur sa façade l'inscription suivante : Fondation à perpétuité pour la chapelle de Broualan faite par dame Prudence Uguet en l'an 1732. Cette famille Uguet s'étant éteinte vers 1780, la seigneurie de la Guerche ainsi que le fief de Broualan furent réunis au comté de Landal par sentence de retrait féodal du 31 mars 1784 (M. A. Charil des Masures, loco citato). Dans l'origine, en effet, toute la paroisse de La Boussac dépendait féodalement de Landal. Voici les noms de quelques chapelains de Broualan ; d'après la tradition, ils devaient tous être natifs de la paroisse de La Boussac : Noël Ollivier (1617), Vincent Charnacé (1618), Sébastien Rouxel (1622), Julien Le Rennetel (1631), Louis Charnacé (1643), Sébastien Le Tourneux (1650), Julien Pelé (1662). Le dernier chapelain fut Jean Gueslé. De son temps, la Révolution fit fermer la chapelle, mais ne l'aliéna pas ; elle vendit seulement en 1793 un petit champ en dépendant (M. A. Charil des Masures, loco citato). Après diverses tentatives faites en vain, vers 1806 et 1823, pour le rétablissement du culte à Broualan, un décret impérial du 4 juin 1853 érigea définitivement cette chapelle en église paroissiale, avec une circonscription comprenant près du tiers de la paroisse de La Boussac. L'exercice du culte public y fut solennellement repris le 15 août 1853, jour de la fête patronale de la nouvelle paroisse (Pouillé de Rennes).

La seigneurie de la paroisse, Landal, était une châtellenie d'ancienneté, érigée en comté en 1716. La seigneurie de Landal s'étendait sur seize paroisses, et dépendait elle-même des évêques de Dol et du comté de Combourg. Elle possédait un droit de haute justice à La Boussac et un droit de quintaine. Hamon de Montsorel y commande en 1100. Les ducs bretons y entretiennent une garnison avec un capitaine. Le duc François II place à Landal en 1468 une garnison de 50 cavaliers sous les ordres de Raoul de Lanvalay seigneur de Tressens. Parmi ceux-ci, on cite aussi Jean de Parthenay, seigneur de Parigné, et Jean Pepin, seigneur de la Bruière, son lieutenant, qui succombent en 1488, à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. 

On rencontre l'appellation Brualen (en 1609).

Nota : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Broualan : Michel Vallée (1853-1860), Jean-Baptiste Saget (à partir de 1860), ....

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PATRIMOINE de BROUALAN

l'église Notre-Dame-de-Toutes-Joies (XV-XVIème siècle). Il s'agit d'une ancienne chapelle construite en 1483. La tradition locale attribue la fondation de cette chapelle à une baronne de Landal, qui s'acquitta ainsi d'un voeu formé pour le retour de son époux, en consacrant à Notre-Dame-de-Toutes-Joies un lieu jadis occupé par un monument druidique. Notre-Dame de Broualan est l'édifice de notre diocèse qui rappelle mieux les charmantes chapelles gothiques de Basse-Bretagne. Elle semble avoir été construite à deux reprises ; sa nef est, en effet, séparée du choeur par une grande arcade surmontée d'un fronton élevé et supportant le clocher en forme de campanile. Ce dernier, de forme très-élégante, est orné de colonnettes et d'aiguilles fleuronnées, et présente trois baies où les cloches étaient primitivement suspendues. On y arrive par un escalier pratiqué à l'extérieur dans une tourelle octogone construite avec beaucoup de soin et d'habileté. La partie orientale de l'édifice, c'est-à-dire le choeur, est d'un fort bon style flamboyant : on y remarque des colonnettes très-délicates dont les chapiteaux supportent les nervures d'une voûte récemment achevée. Les fenêtres sont dans de belles proportions et ornées de riches meneaux du XVème siècle. Tous les murs sont en grand appareil et en beau granit du pays. La partie occidentale, c'est-à-dire la nef, semble appartenir au XVIème siècle et peut donc être en partie l'oeuvre d'Hélène de Rohan, dame de Maure ; « elle est d'un caractère moins sévère ; la porte principale, la corniche et plusieurs crédences qu'on voit à l'intérieur sont sculptées avec plus de coquetterie et de légèreté, les moulures sont plus multipliées et plus maigres ». A l'intérieur de l'édifice, signalons d'abord l'inscription suivante, gravée en caractères gothiques sur le pilier à droite du maître-autel : Lan mil IIIIcc IIIIxx et III le VIII jour de mars fut comencée ceste chapelle (M. de la Bigne Villeneuve, Bretagne contemporaine, Ille-et-Vilaine, p. 62). Notons aussi sur la sacristie, — qui, voûtée en pierre, pourrait bien avoir été à l'origine une chapelle ou tribune seigneuriale prohibitive aux sires de Landal, — un écusson qui porte : mi-parti : des fusées et des mâcles. Or, les premiers seigneurs de Landal portaient des fusées pour armoiries, et tout le monde sait que les Montauban comme les Rohan, qui possédèrent ensuite Landal, portaient des mâcles ; nous avons donc là un écusson aux armes des sires de Landal au XVème siècle. Ceci ne prouve pas toutefois que la chapelle de Broualan ait été bâtie par ces seigneurs, mais seulement qu'elle le fut avec leur permission et dans l'étendue de leurs fiefs. Enfin, « ce qu'il y a de particulièrement remarquable dans cette chapelle, c'est que les autels sont tous du même temps que le reste et parfaitement conservés. Le tombeau est un simple massif de maçonnerie, mais les contre-retables des deux petits autels, aussi en granit et assez élevés, sont ornés de légers pilastres et de niches garnies de feuillages très-délicatement ciselés. Les statues qui les remplissent pourraient bien être du même temps. Sous l'autel principal se trouve une crypte assez profonde où l'on suppose qu'étaient les reliques de martyrs que l'on place ordinairement dans les autels lors de la consécration » (M. l'abbé Brune, Archéologie religieuse, 347, et Pouillé de Rennes). En conclusion, l'église actuelle paraît remonter au XVème siècle pour le choeur et au XVIème siècle pour la nef. Elle ne possède pas de transept. Un clocher-arcade à trois baies s'élève entre le choeur et la nef. Le retable date du XVème siècle. Le chevet date du XV-XVIème siècle. On y trouve la pierre tombale de Noël Ollivier (XVIIème siècle). Les dalles du choeur renferment deux pierres tumulaires aux armes de la famille Uguet seigneurs de la Guerche au XVIIIème siècle. La maîtresse-vitre portait en 1623 les armes de la famille de Montauban seigneurs de Landal (de la fin du XIVème siècle au milieu du XVème siècle) et de la famille de Maure, seigneurs de Landal (du début du XVIème siècle au milieu du XVIIème siècle). On voyait aussi jadis dans l'église l'écusson de la famille de Montsorel, seigneurs de Landal du début du XIIème siècle au début du XIIIème siècle. La sacristie, ornée des armes des seigneurs de Landal, semble être une ancienne chapelle prohibitive (ancien oratoire de la famille Rohan) ; 

le château de Landal (XV-XVIIème siècle). Au XIème siècle, un manoir, habité jusqu'au XIIIème siècle par la famille Demontsorel (ou De Montsorel), s'élève déjà à l'emplacement du château. Occupé par les Anglais dès 1352, le château est repris aux Anglais en 1354 par le maréchal de France Arnoul d'Audrehem, puis incendié. Restauré puis brûlé à nouveau par les Anglais en 1758 (à cause de la résistance opposée par son propriétaire Olivier Joseph de France, capitaine général des gardes-côtes de Dol, lors de leur débarquement à Cancale), il est racheté en 1803 par Louis de Breil qui le reconstruit en 1850. Il se composait en l'an VIII d'un corps de logis flanqué de quatre tours (XVème siècle). Il était jadis entouré d'un mur d'enceinte précédé d'un étang et de douves. Ce mur était percé d'une porte munie d'un pont-levis et flanqué de cinq autres tours dont la Tour de France qui doit son nom à la famille de France, seigneurs de Landal, de 1697 à 1782. Il possède une fuie et une belle avenue de chêne. Propriété successive des familles de Montsorel (en 1100 et en 1210), d'Aubigné (au milieu du XIIIème siècle), de Montauban (dans la seconde moitié du XIVème siècle), de Rohan seigneurs de Guémené (en 1466), de Maure (en 1525), de Rochechouart marquis de Mortemart (en 1600), de France (en 1697), du Breil du Chalonge seigneurs de la Claye (en 1782) ; 

la chapelle Saint-Jacques (XVI-XVIIème siècle) du château de Landal. Cette chapelle, construite en dehors de l'enceinte, fut le siège d'un prieuré fondé en 1210 par Guillaume de Montsorel, seigneur de Landal, pour l'abbaye de Rillé, à Fougères. On y conserve quelques pierres tombales dont celle de la famille de France et des sculptures provenant de l'ancienne église Saint-Martin de Vitré ; 

les restes d'un calvaire aux armes de la famille de Montsorel, situés au bourg de Broualan ;

le calvaire situé place de l'église (XVIIème siècle) ; 

la maison du chapelain (1732). Il s'agit d'une fondation faite par Marie Prudence Uguet, demoiselle de la Guerche, fille aînée de Louis Uguet, chevalier et seigneur de la Guerche ; 

A signaler aussi : 

l'ancien manoir de la Guerche. Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété de la famille du Buat en 1513, puis de la famille Uguet au XVIIIème siècle ;

une ancienne maison (1638), située au bourg de Broualan ;

l'ancien manoir du Domaine. Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété de la famille de Lopriac au XVIIème siècle, puis de la famille Uguet seigneurs de la Guerche en 1702 ;

l'ancien manoir de Luffiac, situé route de Landal. Propriété de la famille de Trémigon en 1513 ;

l'ancienne maison de la Chevillonnais, située route de Landal ;

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ANCIENNE NOBLESSE de BROUALAN

Le comté de Landal : « Parmi des ravins et des collines dont les rampes s'entrelacent en se voilant de bois touffus, sur le bord de longs étangs profondément encaissés, dont les replis enveloppent, comme un gigantesque fossé, la vieille forteresse en ruines, Landal élève encore des tronçons de ses tours tapissées de lierre épais. De nombreuses traces d'incendie témoignent que le corps de logis principal, qui reliait entre elles les deux grandes tours croulantes, a été détruit par le feu. Auprès de ces ruines a été construit, il y a peu d'années, un manoir flanqué de quatre tours à toits coniques et percé de fenêtres et de lucarnes gothiques dans le goût du XVème siècle. C'est aussi la date qu'on pourrait assigner à ce qui subsiste de l'ancien château » (Bretagne contemporaine, Ille-et-Vilaine, p. 61). Il faut remonter, dans nos annales bretonnes, au commencement du XIIème siècle pour rencontrer les premières données historiques concernant le château de Landal. Il appartenait à cette époque à Hamon de Montsorel dont le fils Gilduin fonda, en 1137, l'abbaye cistercienne de Notre-Dame de la Vieuville en la paroisse d'Epiniac, mais à petite distance de Landal. Ce Gilduin de Montsorel laissa de sa femme Adelise un fils aîné, Jean de Montsorel, qui devint à son tour seigneur de Landal (1171). Guillaume de Montsorel, fils du précédent, lui succéda à Landal et fonda vers 1212 une chapellenie régulière, c'est-à-dire un petit prieuré, dans la chapelle de son propre château de Landal ; il en fit don aux chanoines réguliers de l'abbaye de Rillé près Fougères, qui s'engagèrent à desservir cette fondation. Ce seigneur de Landal ne laissa qu'une fille, Mahaud de Montsorel, qui épousa d'abord Raoul d'Aubigné combattant à la croisade, puis Jean Painel, noble chevalier normand, qui déclara en 1226 que la seigneurie de Landal devait fournir deux chevaliers à l'armée du duc de Bretagne (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 857). Mahaud de Montsorel était veuve de Jean Painel, en 1228 ; elle laissa sa seigneurie de Landal à un fils issu de son premier mariage, Raoul d'Aubigné, sire de Landal et de Montsorel en 1247. Guillaume d'Aubigné, fils et successeur de ce dernier, épousa une femme appelée Phillipote et ne laissa qu'une fille Mahaud d'Aubigné, dame de Landal, qui épousa Olivier de Montauban, seigneur dudit lieu, vivant en 1375 (Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne). Guillaume de Montauban, fils des précédents et seigneur de Landal du chef de sa mère, épousa : - 1er Marguerite de Lohéac, fille du sire de Lohéac, - 2° en 1411 Bonne Viscomti de Milan, cousine de la reine de France, Elisabeth de Bavière, femme de Charles VI, dont Guillaume de Montauban était chancelier. Ce seigneur mourut en 1432 et sa veuve eut en douaire la seigneurie de Landal pour laquelle elle rendit hommage, l'année suivante, à l'évêque de Dol. Jean de Montauban, leur fils aîné, fut seigneur de Montauban et de Landal et épousa Anne de Kerenrais, dame de la Rigaudière. Il devint maréchal de Bretagne et amiral de France et mourut en mai 1466 ; son corps fut inhumé en l'église de Notre-Dame des Carmes de Dol dont il était l'insigne bienfaiteur. Sa veuve lui survécut trente-trois ans et ne mourut qu'en avril 1499 « fort âgée et décrépite » (Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 463). La seigneurie de Landal passa, après le décès du sire de Montauban, à sa fille Marie de Montauban, mariée en 1443 à Louis de Rohan, seigneur de Guémené (décédé en 1462), et ensuite remariée à Georges de la Trémoille sire dudit lieu. Marie de Montauban mourut en mai 1477, laissant Landal à Louis de Rohan, son fils aîné. Louis de Rohan, seigneur de Guémené, Montauban, Landal, etc., épousa en 1463 Louise de Rieux, fille du sire de Rieux ; il fit en 1488 le voyage de Jérusalem et décéda le 25 mai 1508. Son second fils Henri de Rohan reçut en partage la seigneurie de Landal, mais il n'eut point d'enfants de Marguerite du Pont, sa femme, de sorte qu'après sa mort son frère puîné Jean de Rohan devint seigneur de Landal. Ce dernier épousa d'abord Guyonne de Lorgeril décédée en 1502, puis Ysabeau de la Chapelle, fille du sire de Molac, morte en 1519 ; lui-même mourut le 19 janvier 1525 et fut inhumé en l'église de Notre-Dame de la Fosse, à Guémené. Hélène de Rohan, fille aînée de Jean de Rohan et de Guyonne de Lorgeril, fut dame de Landal et épousa, au château de Guémené en 1513, François de Maure qui fut créé comte de Maure en 1553. Cette dame décéda le 15 août 1541, laissant sa seigneurie de Landal à son fils Claude de Maure ; celui-ci épousa, le 6 mai 1554. Françoise de Pompadour et mourut le 25 avril 1564 ; son fils Charles, comte de Maure et sire de Landal, s'unit à Diane d'Escars et fut tué en duel, après un an et demi de mariage, le 27 janvier 1575 (Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 463). Louise Comtesse de Maure et dame de Landal, fille des précédents et l'une des plus riches héritières de Haute-Bretagne, épousa d'abord, en septembre 1587, Odet de Matignon, Comte de Thorigny, dont elle n'eut pas d'enfant, puis, le 5 août 1600, Gaspard de Rochechouart marquis de Mortemart. Celui-ci mourut à Paris le 25 juillet 1643 ; sa veuve ne lui survécut que peu de temps et décéda vers 1644. Leur fils aîné Gabriel de Rochechouart, duc de Mortemart et sire de Landal, rendit aveu en 1663 pour cette dernière terre ; il épousa Diane de Grandseigne et mourut à 75 ans, le 26 décembre 1675. Ce seigneur ayant dissipé une partie de sa fortune, la châtellenie de Landal fut saisie par ses créanciers et mise en vente ; elle fut rachetée par son fils Louis-Victor de Rochechouart, duc de Mortemart, qui avait épousé Antoinette de Mesmes ; ce seigneur se démit de son vivant d'une partie de ses terres y compris celle de Landal, en faveur de son fils Louis de Rochechouart, devenu ainsi duc de Mortemart, époux de Marie-Anne Colbert, fille du grand ministre d'Etat ; le père et le fils moururent la même année 1668. Anne-Marie Colbert, fit hommage au Roi pour une portion de Landal en 1690, puis vendit cette seigneurie toute entière à Joseph de France, par contrat du 30 août 1697 (Moreri, Grand dictionnaire historique – Archives de Loire-Inférieure et de l'Ille-et-Vilaine). Joseph-Olivier de France, seigneur de Bléruais et acquéreur de Landal appartenait à une vieille famille noble tirant son origine du manoir de France en Guignen. Il épousa : -  1° le 1er mai 1690, Marie du Verger, - 2° en 1724, Gillonne Le Faucheur, veuve du seigneur de la Coquerie. Ce fut lui qui obtint du roi en 1716 l'érection en comté de la châtellenie de Landal. Il mourut à Rennes le 14 avril 1748. Son fils Louis-Olivier de France, comte de Landal, se maria en janvier 1714 à Anne-Modeste Gautier de la Palissade qui lui donna plusieurs enfants ; il décéda avant son père (qui prenait le titre de baron de Landal), le 15 février 1739, âgé de 45 ans, et fut inhumé le lendemain dans l'enfeu des sires de Landal au chanceau de l'église de la Boussac. Olivier-Joseph de France, comte de Landal, fils du précédent et né à Saint-Malo le 3 décembre 1714, épousa Marie-Geneviève Fouquer de Kersalio ; il mourut à son château de Landal, le 22 juillet 1782 et fut inhumé le lendemain dans l'église de La Boussac ; sa veuve ne décéda que le 1er  février 1795, à Jersey où elle avait émigré. Il ne laissait que trois filles dont l'une Marie­Françoise-Geneviève de France avait épousé en 1780, à Saint-Sauveur de Rennes, Louis-Malo du Breil du Chalonge, seigneur de la Claye. Cette dame apporta en dot à son mari le comté de Landal, mais elle mourut dès 1784, laissant un fils unique Louis-Marie du Breil du Chalonge, comte de Landal, décédé en 1829 au château de la Chevillonnaye en la Boussac (nota : il avait épousé - 1° Eulalie Le Fer de la Saudre, - 2° Marie Picot de Vaulogé). Quand au père de ce dernier, il convola en 1787 à de nouvelles noces avec Marie de Gaalon, émigra en 1791, fit les campagnes de l'armée des Princes, puis passa à Jersey. Lorsqu'il revint en France il apprit que tous ses biens avaient été vendus nationalement : il recouvra seulement en partie la terre de la Vallée où il se retira et mourut (Histoire généalogique de la maison du Breil, 57). 

Châtellenie d'ancienneté, Landal fut érigé en comté par lettres patentes données en avril 1716 par Louis XV, en faveur de Joseph-Olivier de France ; dans ces lettres la seigneurie de Landal est dite « mouvante de sa Majesté et des comtés de Combour et de Dol ». En réalité elle ne relevait que fort peu du roi, pour quelques fiefs seulement en la paroisse de Trans, mais elle avait dans dix paroisses des fiefs relevant du sire de Combourg partie en ligence et partie en juveignerie, et dans huit autres paroisses des fiefs relevant nuement de l'évêque de Dol. Ces dix-neuf paroisses dans lesquelles le comte de Landal avait des droits étaient : Trans — La Boussac, Epiniac, Bonnemain, Cuguen, Saints, Saint-Georges-de-Gréhaigne, Pleinefougère, Saint-Ouen-la-Rouairie, Combour, et Plerguer — Dol, Montdol, le Vivier, Hirel, La Fresnaye, Cheirueix, Saint-Broladre et Baguer-Pican. A cause de son fief en la paroisse du Crucifix de Dol, le sire de Landal devait assister en personne à la première entrée solennelle de l'évêque de Dol en sa ville épiscopale, et « tenir la bride de la haquenée ou cheval dudit seigneur-évesque, lorsqu'il met pied à terre, sauf à prendre et garder pour luy ladite haquenée ou cheval avec tout son harnois ». Landal était, comme l'on voit, une importante seigneurie et il y avait, dit du Paz, « bon nombre de seigneurs et gentilshommes » qui tenaient « de belles terres, chastellenies et seigneuries, fiefs et juridictions, prochement et noblement, à foy et hommage de ceste chastellenie ». La haute justice de Landal s'exerçait au bourg de La Boussac et près de son auditoire se trouvait en un carrefour la potence en dépendant. Le sire de Landal avait droit de lever sur ses vassaux une imposition appelée garde, parce qu'à l'origine il s'était engagé à protéger en temps de guerre ses sujets exposés au pillage. Certains de ses tenanciers étaient aussi obligés de conduire les prisonniers et malfaiteurs saisis par les officiers de la juridiction. Quant aux nouveaux mariés de la paroisse de La Boussac — où se trouvait alors le château de Landal — ils étaient tenus à deux choses envers leur seigneur : d'abord le jour même de leurs noces les jeunes mariées, sortant de l'église « à l'issue de leurs épousailles », devaient chanter une chanson de circonstance « à la passée du cimetière » entourant le temple ; — puis, le mardi de Pâques, les hommes mariés depuis un an devaient se réunir et fournir les courses ordinaires du jeu de quintaine. Le seigneur de Landal avait droit de tenir quatre foires par an et marché tous les mercredis « en la ville de la Boussac ». Il avait aussi un droit de bouteillage aux quatre assemblées qui se faisaient à la chapelle de Notre-Dame de Broualan, sanctuaire très vénéré, construit, d'après la tradition, par une dame de Landal dans la paroisse de la Boussac. Dans l'église de la Boussac, comme en la chapelle de Broualan le sire de Landal était prééminencier et fondateur : aussi y voyait-on en 1623 de nombreux blasons lui appartenant : c'était les armoiries des seigneurs de Montauban et de Rohan, puis celles des comtes de Maure et enfin l'écusson des premiers sires de Landal, les de Montsorel, qui portaient : de gueules à quatre fusées d'argent accolées en fasce. Tous ces blasons brillaient dans les verrières ou apparaissaient sculptés sur la muraille. Il en était de même à Broualan où l'on voyait dans la maîtresse-vitre les « portraictures » d'un seigneur de Landal « revestu d'une cotte d'armes » et de sa noble « dame revestue d'une robe semée des armes de Rohan », agenouillés l'un et l'autre aux pieds de la très sainte Vierge, patronne du lieu (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré). Aujourd'hui on retrouve sculptés dans la belle église de Broualan les mêmes écussons de Montsorel et de Rohan, mais les verrières n'existent plus. 

Le Père du Paz nous a décrit le château de Landal au XVIIème siècle : « ce chasteau — dit-il — est fortifié de cinq belles et fortes tours et comme environ la moitié circuit de bonnes et grandes douves ; et de l'autre partie y a grand estang qui fait closture audit chasteau, de manière que sans basteaux il est impossible d'en approcher. Du temps de nos ducs il estoit de grande importance et y mettoient capitaines et grosse garnison pour la deffense de leur pays » (Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne). Par ailleurs, l'acte de vente nationale de Landal en l'an VIII nous donne aussi une description de ce château qui devait avoir quelque rapport avec celui de Combourg : « la forteresse composée de quatre tours aux quatre coins, l'une desquelles tours plus grosse que les autres », — probablement le donjon — était construite dans « une cour close de gros murs élevés d'environ vingt pieds avec galerie et promenoir dessus en forme de rempart et claires-voies en pierre de taille découpée, grandes et profondes douves autour avec murailles pour soutenir les terres, dans lesquelles douves il y a des retraites à sangliers, ponts-levis pour entrer dans la cour et passer dans le grand jardin, etc. » (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1 G, 35). Deux de ces anciennes tours du château de Landal ont été conservées lorsque M. du Breil de Landal le reconstruisit au XIXème siècle ; mais il existait, en outre, cinq autres tours accolées à la muraille formant la seconde enceinte ; trois de ces tours subsistent encore, à demi écroulées. Du Paz n'a donc parlé que de cette seconde enceinte lorsqu'il a dit que Landal avait cinq tours, baignées par les étangs et les douves extérieures ; il a omis de mentionner le château principal, tout à la fois donjon et demeure du seigneur, se dressant avec ses quatre tours au milieu d'une cour fortifiée. Comme l'on voit, Landal était vraiment bien une forteresse et ceux qui l'avaient élevée n'étaient pas — comme disait Henri IV des ducs de Bretagne — de « petits compagnons » (abbé Guillotin de Corson).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence d'aucun noble de Broualan. Broualan dépendait jadis de la paroisse de La Boussac.

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