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BECHEREL

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La commune de Bécherel (pucenoire.gif (96 octets) Begerel) est chef lieu de canton. Bécherel dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de BECHEREL

Bécherel vient, semble-t-il, du gaulois "bec" (pointe) et du suffixe breton "erel" (sommet).

Bécherel est un démembrement de la paroisse primitive de Plouasne, comme l’atteste la lettre du Cardinal Odon à Jean, évêque d’Alet (Saint-Malo) en 1150 : « in oratorio de Becherel quod in parochia de Ploasno constructum est » (dans l’oratoire de Bécherel qui est édifié dans la paroisse de Plouasne) [Dom Morice – Preuves – T.I, col. 604)].

Ville de Bécherel (Bretagne).

Alain de Dinan, mort avant 1148, fils de Geffroy, seigneur de Dinan, peut être considéré comme le fondateur du château de Bécherel, bâti dans la paroisse de Plouasne, et autour duquel se groupa bientôt une petite ville. En construisant sa forteresse, le seigneur de Bécherel éleva dans son enceinte une chapelle ou oratoire en l'honneur de la Sainte Vierge, « capellam sanctœ Dei Genitricis Marie in Becherello castro sitam » (Anciens évêchés de Bretagne, IV, 403) et il désira confier aux Bénédictins de Marmoutiers le soin de desservir ce sanctuaire. Ces religieux possédaient, en effet, la paroisse de Plouasne, dont Bécherel faisait partie. A la prière d'Alain de Dinan, Donoald, évêque d'Aleth (1120-1143), donna donc cette chapelle à l'abbaye de Marmoutiers (nota : l'abbaye de Marmoutiers (vel Marmoutier) "Majus monasterium vel Martini monasterium" fut fondée au IVème siècle, aux portes de Tours, par saint Martin, évêque de cette ville. Le titre abbatial en fut aboli en 1739, et la mense abbatiale fut unie à cette époque à l'archevêché de Tours), et il permit aux moines de choisir un chapelain pour la desservir, à la condition de le présenter à l'évêque pour que celui-ci lui donnât des pouvoirs ; il les autorisa même à révoquer au besoin ce chapelain pour de justes causes (Anciens évêchés de Bretagne, IV, 403). Le successeur de Donoald sur le siège épiscopal fut saint Jean-de-la-Grille, qui éprouva, comme l'on sait, de grandes difficultés avec les religieux de Marmoutiers. Il eut notamment à se plaindre d'eux au sujet de leur chapelle de Notre-Dame de Bécherel, « in oratorio de Becherel quod in parochia de Ploasno constructum est ». Que reprochait-il aux moines ? Nous n'en savons rien, mais c'était assez grave, car le saint prélat les menaça d'excommunication et interdit l'oratoire de Bécherel. Heureusement pour l'abbaye de Marmoutiers, le cardinal Odon, légat du Saint-Siège en France, vint au secours de ces religieux ; grâce à lui, l'interdit fut levé et les Bénédictins purent y reprendre leurs divins offices. De plus, le légat manda à l'évêque de Saint-Malo qu'il eût à fournir de l'eau bénite aux moines pour asperger leur oratoire, « vobis quoque mandamus ut aquam benedictam ad aspergendum in eodem oratorio donetis », et il ajouta que si ce prélat la leur refusait, ils pourraient en recevoir de n'importe quel évêque (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 609). Comme il s'agissait probablement ici de la bénédiction de l'église, ce détail nous prouve qu'au XIIème siècle les évêques se réservaient le droit de faire l'eau bénite nécessaire à cette cérémonie, et qu'ils en envoyaient dans les églises de leurs diocèses quand il fallait les bénir. Dans le même temps, les Bénédictins eurent encore à souffrir du seigneur de Bécherel lui-même. Leur bienfaiteur Alain de Dinan était mort, et son fils et successeur, Rolland, ne parut pas d'abord animé envers les moines des mêmes sentiments que son père. Il s'empara même violemment de l'église Notre-Dame de Bécherel. Toutefois, sur les représentations d'Etienne, grand-prieur de Marmoutiers, il consentit à rendre ce bénéfice à l'abbaye de Saint-Martin (Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux, XXXIX, 259). Bien plus, pour mieux prouver son repentir, Rolland fonda près de Bécherel le prieuré de Saint-Jacques. On était alors en 1164 ; saint Jean-de-la-Grille était mort, et son successeur, l'évêque Albert, paraissait favorable aux religieux de Marmoutiers ; ceux-ci profitèrent de cette bonne volonté de l'évêque de Saint-Malo et du seigneur de Bécherel pour solliciter et obtenir d'eux l'érection de Bécherel en paroisse. Albert leur donna solennellement cette année-là, 1164, l'église de Notre-Dame de Bécherel libre de tous liens avec Plouasne, dont il la sépara pour toujours, « ecclesiam sanctœ Mariœ de Becherello abbati et monachis Majoris monasterii concessimus » ; l'évêque se réserva seulement ses droits épiscopaux de synode, de visite et de repas, « salva reddituum episcopalium integritate, sinodi scilicet et circuitionis et prandii ». Puis il régla les rapports entre les religieux qui devaient cesser de desservir l'église et le recteur ou chapelain qui la desservirait à leur place ; il voulut que les moines gardassent la moitié des revenus du bénéfice et qu'ils abandonnassent l'autre moitié au recteur ; il donna aux moines le droit de nommer le recteur ou chapelain, à la condition de le présenter à l'évêque, qui seul lui accorderait charge d'âmes ; enfin, il statua que les recteurs prêteraient aux religieux serment de fidélité au sujet du temporel qui leur était confié par l'abbaye (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 655). Ainsi fut fondée la paroisse de Bécherel ; les Bénédictins allèrent habiter leur prieuré de Saint-Jacques et un prêtre séculier administra en leur nom la paroisse ; ils le présentèrent à l'évêque tant qu'exista le titre abbatial de Marmoutiers, c'est-à-dire jusqu'en 1739. Les revenus de la cure de Bécherel étaient peu considérables, car le recteur ne recevait qu'une portion congrue du prieur de Saint-Jacques. Cependant, en 1790, le recteur déclara avoir un revenu net de 700 livres ; dans ce chiffre de­vaient être contenues les 60 livres qu'on lui payait pour son loyer (nota : en 1790, Bécherel n'avait pas de presbytère ; la fabrique possédait seulement "un emplacement de maison appelé le Vieux-Presbytère" ; dès 1680 il en était ainsi déjà, car le recteur, à cette époque, payait une rente au seigneur de Bécherel pour le même "emplacement de maison et jardin" - Déclarations de la seigneurie de Bécherel) et sa portion des fondations de l'église, car sa pension congrue n'était que de 500 livres. Il est vrai qu'il jouissait aussi de la chapelle Saint-Thomas du Plessix, située en Longaulnay ; ce petit bénéfice était, en effet, au siècle dernier, annexé à la cure de Bécherel, et à leur installation les recteurs de cette ville avaient coutume de prendre possession de « la chapelle Saint-Thomas, de son cimetière et de son jardin » (Pouillé de Rennes).

Ville de Bécherel (Bretagne).

En 1124, Alain de Dinan, reçoit en partage la terre de Bécherel et y fait élever un château autour duquel va commencer à naître et à se développer la cité de Bécherel. Les seigneurs de Dinan y fondent les prieurés de Sainte-Marie, de Dinan et de Saint-Jacques. Un acte de donation de dîme faite à la fin du XIIème siècle par Rolland de Dinan, seigneur de Bécherel, au prieuré de Bécherel dépendant de l'Abbaye de Marmoutiers, en Touraine, mentionne quatre moulins "quorum duo sunt sub castro Becherelli et duo sunt juxta territorium veteris castri". En 1558, le prieuré de Saint-Jacques, à Bécherel, tombé en régale, est donné par le roi de France Henri II à Charles d'Epinai.

Ville de Bécherel (Bretagne).

En 1168, Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre, s'empare de la cité et la fait fortifier. Le château est repris et incendié en 1181 ou 1182 par le duc de Bretagne Geoffroy II, et reconstruit par les sires de Dinan. Henri III d'Angleterre, allié du duc Pierre Mauclerc contre la France, passe à Bécherel le 12 mai 1230 en se rendant de Saint-Malo à Nantes. Les Anglais s'emparent de Bécherel en 1350. En 1363, Charles de Blois, aidé de Bertrand Du Guesclin, assiège la ville de Bécherel occupée par les alliés de Jean de Montfort. Bécherel est investi de nouveau sans succès en 1371 par du Guesclin au nom du roi Charles V. Le 1er novembre 1374, la garnison anglaise de Bécherel capitule et se retire. En 1419, Anne de Laval, dame de Vitré et baronne de Bécherel, restaure les fortifications de la ville (en levant un fouage pour cette restauration sur ses vassaux, avec l'autorisation de Jean V) mais la place tombe en ruine dès le début du XVIème siècle (1504): "Aussy y a en ladite ville de Bécherel monstre et emplacement de chasteau où y a encore une tour qui par la guerre qui, puis naguères de temps, a eu cours en ce pays, a esté bruslée par les ennemis". Le général Rey bat les Chouans de M. de la Vieuville au pont de Bécherel, le 4 juillet 1796.

Ville de Bécherel (Bretagne).

Les seigneurs de Bécherel possédaient un droit de haute justice. La baronnie de Bécherel appartient au XIIème siècle à Alain de Dinan et passe par succession à Alain de Vitré, puis par alliance au baron de Mayenne (au début du XIIIème siècle), aux de Penthièvre, seigneurs d'Avaugour, aux de Tinténiac (à la fin du XIIIème siècle), aux de Laval, seigneurs de Châtillon-en-Vendelais (au milieu du XIVème siècle), aux seigneurs de Vitré, aux de la Trémoille, barons de Vitré qui la vendent en 1626 aux Glé, seigneurs de la Costardais, aux de la Beaume le Blanc, marquis de la Vallière qui la vendent en 1714 aux de Lopriac, marquis de Coëtmadeuc et de Brie, au marquis de Kerhoënt (en 1764) qui la vend en 1770 aux de Langle, comtes de Beaumanoir.

La ville s'est développée à partir du XVIème siècle et jusqu'au XVIIIème siècle grâce à ses ressources en lin et chanvre. Les remparts, qui la protégeaient, n'existent déjà plus au début du XVIème siècle. La paroisse de Bécherel dépendait jadis de l'évêché de Saint-Malo.

On rencontre les appellations Becherellum, oratorium de Becherel au XIIème siècle.

Ville de Bécherel (Bretagne).

Note 1 : Du XVIème au XVIIIème siècle, le pays de Bécherel est connu pour sa prospérité liée à l'industrie toilière. Depuis 1989, Bécherel est la cité du livre. Celle-ci peut se vanter d'être le seul village de 600 habitants à posséder 15 librairies, une dizaine de métier d'art au service du livre, deux galeries d'art et une salle d'exposition.

Note 2 : Ecole de garçons. — Le prieur de Bécherel présentait le maître d'école chargé d'instruire les garçons de cette paroisse (Archives Nationales, P. 1720). Ecole de filles. — En 1705, Geneviève Ginguené du Boisjean, Hélène des Cognets, Marguerite Le Cointerault et Françoise Duchemin des Vergers, s'unirent entre elles pour fonder une maison de retraite à Bécherel et pour faire l'école aux filles de cette paroisse (nota : d'après la tradition, ces pieuses dames commencèrent même leur école charitable dès 1691). Elles enseignaient gratuitement les pauvres et ne demandaient aux enfants riches que 4 sols par mois pour la lecture, et 6 sols pour l'écriture. Lorsque ces dames confièrent en 1727 leur établissement aux Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve, elles stipulèrent que ces dernières entretiendraient à Bécherel « au moins trois religieuses pour tenir les écoles charitables de cette paroisse ». En 1790, les Dames de Saint-Thomas recevaient des petites pensionnaires qui payaient 40 sols par mois (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29).

Ville de Bécherel (Bretagne).

Note 3 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Bécherel : Gautier (« Gauterius presbyter de Becherel » en 1203). Jean Le Monnier (décédé vers 1565). François Caillart (il succéda au précédent, en se faisant pourvoir en cour de Rome ; il eut à combattre Martin du Puy et Jean Regnault, et rési­gna en 1571). Guy Faczon (fut pourvu le 1er juillet 1571). Guy Hervy (décédé en 1575). Jean Régnault (succéda au précédent le 31 décembre 1575 ; décédé en 1586). Guillaume Hallenatz (prit possession le 19 avril 1586). Bertrand Gourdel (résigna en 1620). Jacques Denoual (fut pourvu le 19 février 1620). Gilles Gallier (décédé le 2 décembre 1657). Christophe de la Fosse (prêtre du Mans, fut pourvu le 7 décembre. 1657). François Odye (fut pourvu le 27 octobre 1678). Bonabes Le Bel (résigna en 1705). Jean Rolland (fut pourvu le 4 septembre 1705 ; décédé le 5 avril 1732). Jean-Joseph Fouéré (succéda au précédent ; décédé en 1745). Noël Simon (pourvu le 6 août 1745, prit possession le 15 août de l'église Notre-Dame, puis de la chapelle Saint-Thomas ; il résigna en 1749). François de Châteaubriand (fut pourvu le 12 décembre 1749 et prit possession le 14 de l'église Notre-Dame et de la chapelle Saint-Thomas ; il résigna en 1750). Jean-Franrois Nouel (pourvu le 2 octobre 1750 ; décédé en 1755). Pierre Josse (pourvu le 6 février 1755 ; décédé le 2 mai 1784). Jean Dingé (pourvu le 6 mai 1784, résigna en 1790). Charles-Julien Berthault (fut pourvu le 21 juillet 1790). Guillaume-Jean Peigné (1803, décédé en 1821). Joseph Denoual (1821-1837). Jean Biffart, chanoine honoraire (1837, décédé en 1863). Isidore Orain, chanoine honoraire (à partir de 1863), ......

Ville de Bécherel (Bretagne).

Voir   Ville de Bécherel (Bretagne) " Le cahier de doléances de Bécherel en 1789 ".

Ville de Bécherel (Bretagne).

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PATRIMOINE de BECHEREL

l'église Notre-Dame (XVIIème siècle - 1868 - 1898), oeuvre de l'architecte Jacques Mellet. Cette église est située à l'emplacement de l'ancienne chapelle castrale du XIIème siècle qui fut érigée en paroisse en 1164 (Pouillé de Rennes). L'ancienne église de Notre-Dame de Bécherel fut construite dans le XIIème siècle, comme nous venons de le voir. C'était une simple nef terminée vraisemblablement par une abside. Cet édifice fut en grande partie reconstruit en 1624, et il ne restait naguère plus de l'antique sanctuaire que trois parties un peu remarquables : une belle fenêtre, — deux groupes de colonnes engagées, qui devaient supporter la voûte de l'intertransept, — et une cuve baptismale. Voici la description qu'en a faite M. de la Monneraye : « La fenêtre donnant sur le choeur est longue et étroite et s'amortit en plein ceintre à archivolte double. Elle n'a point de colonnettes. La partie extérieure de l'archivolte est ornée d'une double chaîne de demi-cercles qui se croisent symétriquement ; sur l'angle intérieur et épannelé de la même archivolte court une moulure en dents de scie qui accompagne les pieds-droits jusqu'au bas de la fenêtre. Les deux massifs, appliqués sur le mur enveloppant la nef, se composent d'un pied-droit garni sur ses angles d'une colonnette, et sur le milieu duquel s'engage une colonne de plus forte proportion. Un seul et même tailloir, un seul et même cordon couronnent chaque massif. Le tailloir proprement dit est couvert d'une moulure en zig­zag ; son chanfrein est uni et très-épais ; la corbeille des chapiteaux est ornée de têtes humaines, de feuillages et de fruits. Enfin, la cuve baptismale est ronde. Son angle extérieur est épannelé et orné d'une moulure en dents de scie. Quatre têtes humaines aux pommettes saillantes, à l'ovale très-allongé, et dont l'une porte la barbe au menton et de longues moustaches, sont opposées deux à deux sur le pourtour extérieur de la cuve, qui n'offre pas d'autres détails d'ornementation » (Bulletin archéologique de l'Association bretonne, I, 182). En 1680, Gabrielle Glé, marquise de la Vallière, — belle-soeur de la célèbre duchesse de ce nom, — déclara au roi qu'en qualité de dame de Bécherel elle était « fondatrice de l'église, cimetière et presbytère dudit Bécherel, et dame supérieure en icelle église, en laquelle elle avait un banc à queue et accoudoir au-dessous du marche-pied du grand autel ; charnier et cercueils de pierre levés de terre pour servir à la sépulture des seigneurs de Bécherel, le tout du côté de l'évangile ; escussons armoriés de ses armes tant en relief qu'en peintures, et toutes autres marques de prééminence et prérogatives appartenant aux seigneurs supérieurs fondateurs ». La famille Glé, qui possédait la baronnie de Bécherel au XVIIème siècle, fit plusieurs fondations dans cette église. La plus importante fut celle de François Glé, seigneur du Pan et baron de Bécherel, et Marguerite de Quistinic, sa femme, en 1629 : elle consistait en une grand'messe quotidienne, à diacre et sous-diacre, suivie de divers autres chants, tels que Libera, Stabat, etc. Les fondateurs nommèrent six chapelains pour desservir ad turnum cette fondation ; ils voulurent que ces six prêtres fussent toujours, autant que possible, choisis par leurs successeurs, les seigneurs de Bécherel, parmi des prêtres natifs de la paroisse, et ils les placèrent sous la présidence du recteur. Cette fondation fut très utile au recteur de Bécherel, qui ne pouvait obtenir un vicaire du prieur de Saint-Jacques. Réduite en 1790 à quatre services par semaine, elle rapportait alors 300 livres à chacun des chapelains. Il y avait en outre, dans cette église, des fondations pour la messe du matin, pour la prière du soir tous les jours, pour les prières du matin dimanches et fêtes, etc. La fabrique avait elle-même, en 1790, 212 lires de revenu. Enfin, trois confréries étaient alors établies à Notre-Dame : celles du Saint-Sacrement, de Sainte-Anne et de Saint-Jean-Baptiste (Pouillé ms. de Saint-Malo - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29). Comme cette vieille église tombait en ruine, un nouveau temple fut commencé le 19 mars 1868 ; achevé dès 1870, il fut bénit par l'archevêque de Rennes le 26 juillet 1871. C'est un édifice roman de fort bon goût, composé de trois nefs terminées par un chevet droit ; on l'a placé sous la protection du Sacré-Coeur de Jésus, de la Sainte Vierge, de saint Joseph et de sainte Anne. Cette dernière sainte a toujours été très-honorée à Bécherel, et l'on prétend que la tour, bâtie en 1624 et demeurée seule debout de toute l'ancienne église, fut construite avec les aumônes des pèlerins de sainte Anne. Cette tour, qui n'offre rien de remarquable sous le rapport architectural, rappelle un souvenir religieux fort intéressant. Le 6 décembre 1784, le tonnerre tomba sur la tour de Notre-Dame et y mit le feu ; les flammes gagnèrent rapidement la nef et menacèrent bientôt la petite ville tout entière, étroitement resserrée par ses vieilles murailles autour de son temple. Dans cette extrémité, un homme de foi saisit un scapulaire de la Sainte Vierge, l'attacha à une longue perche et le présenta au milieu des flammes ; aussitôt la vivacité du feu diminua, peu à peu l'incendie s'éteignit de lui-même. L'église et Bécherel furent sauvées. On retira intact le scapulaire, vénéré depuis lors et conservé précieusement dans le socle d'une statue de Notre-Dame que l'on porte aux processions solennelles (Notes ms. de M. l'abbé Orain, curé-doyen de Bécherel, et Pouillé de Rennes). Le clocher date de 1898. Le porche date de 1624. La cuve baptismale date du XVème siècle. L'église conserve deux vasques anciennes : l'une du XIIème siècle et l'autre du XVème siècle. L'église abrite une statue de la Vierge à l'Enfant (XVIIIème siècle) et un reliquaire contenant le buste de Notre-Dame de Bécherel (XVIème siècle), restauré au XIXème siècle ;

Eglise de Bécherel (Bretagne).

l'ancienne chapelle du Cimetière, aujourd'hui détruite. Elle se trouvait jadis tout près de l'église, à laquelle l'édifice fut annexé au commencement du XVIIIème siècle (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien prieuré Saint-Jacques de Bécherel, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye de Marmoutiers. Alain de Dinan, fils de Geffroy Ier, seigneur de Dinan, peut être considéré comme le fondateur du château de Bécherel, qui primitivement faisait partie de la paroisse de Plouasne. Alain mourut avant 1148 (M. de Barthélemy, Mélanges historiques de Bretagne, III, 16). Dès le commencement de ce XIIème siècle, les Bénédictins de Marmoutiers eurent à Bécherel une chapelle dédiée à la Sainte Vierge. Cet oratoire leur fut donné, dit D. Martène, par Donoald, évêque d'Aleth, à la prière d'Alain de Dinan, seigneur de Bécherel ; mais la charte qui contient ce don n'a pas de date. Un peu plus tard, vers 1129, le même prélat confirma l'abbaye de Marmoutiers dans la possession de l'église de Plouasne et des chapelles situées dans cette paroisse ; or, l'évêque désigne Notre-Dame de Bécherel parmi celles-ci : « Capellam Sanctœ Dei Genitricis Marie in Becherello castro sitam, rogatu et assensu illustris viri Alani Dinanensis fundi possessoris » (Anciens évêchés de Bretagne, IV, 403). Il est encore fait mention de cette église sous l'épiscopat de saint Jean-de-la-Grille (1144-1163), dans une charte du légat Odon, qui enjoignit à cet évêque de laisser les moines de Marmoutiers user de leurs droits, « in oratorio de Becherel quod in parrochia de Ploasno constructum est » (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 609). Rolland, seigneur de Bécherel, fils d'Alain de Dinan, n'imita pas tout d'abord la pieuse conduite de son père ; il s'empara violemment de l'église de Notre-Dame de Bécherel ; toutefois, sur les représentations d'Etienne, grand-prieur de Marmoutiers, il consentit à rendre ce bénéfice aux religieux de ce monastère. Ces derniers obtinrent même alors (1164) d'Albert, évêque de Saint-Malo, l'érection de Bécherel en paroisse, comme nous aurons occasion de le dire plus tard. Telles sont les origines de l'église de Notre-Dame de Bécherel, qui ne fut priorale que peu d'années, puisqu'elle fut faite paroissiale dès 1164 (Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux, n° 36, p. 132) ; nous n'avons donc pas à nous en occuper ici davantage. Mais Rolland, seigneur de Bécherel, ne se contenta pas de rendre enfin justice aux moines de Marmoutiers en leur restituant Notre-Dame, il voulut augmenter les libéralités que leur avait faites son père et fonda un nouveau prieuré dans le voisinage de son château. D. Morice date cet établissement de 1167, mais M. de Barthélemy croit qu'il fut fait en même temps que l'érection de Bécherel en paroisse distincte de Plouasne, en 1164 (Mélanges historiques sur la Bretagne, III, 22). Vers cette époque donc, Rolland, seigneur de Bécherel, voulant, dit-il lui-même, imiter la conduite de son aïeul Geffroy et de son père Alain, l'un et l'autre bienfaiteurs de Marmoutiers, donna aux religieux de cette abbaye une terre située près et à l'Orient du château de Bécherel, pour y construire une église, un monastère et un bourg ; il y joignit le don de l'étang voisin et exempta cette terre de toute imposition féodale, « quamdam terram juxta castellum quod Becherel vocatur, a parte orientali ejusdem castri sitam cum stagno ipsi terrœ adjacenti ad ecclesiam et officinas monachis competenter œdificandas, burgumque faciendum ab omni consuetudine absolutum » (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 660. — Tout porte à croire que le nouveau prieuré fut construit sur l'emplacement ou du moins à côté d'un ancien château de Bécherel. Outre le château bâti par Alain de Dinan, il y avait eu, en effet, un autre château plus antique à Bécherel, situé vraisemblablement au bord même de la voie romaine de Rennes à Corseul, et près du village actuel de la Barre). Le seigneur de Bécherel permit en outre aux moines de lever toutes les coutumes et impositions ordinaires sur les habitants de leur bourg, de quelque endroit qu'ils y vinssent, comme il les levait lui-même sur les habitants de son château ; il ne voulut pas toutefois que ces derniers quittassent Bécherel sans sa permission pour aller demeurer dans le bourg du prieuré. Mais il donna aux moines toute la dîme qu'il avait autour de son château, c'est-à-dire toute la dîme de Bécherel. Bermund, prieur ; Olivier Godion, Hervé de Guitté, Thomas Bégasse et Robert de Beillac furent les témoins de cette fondation (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 660). Un peu plus tard, c'est-à-dire après 1173, le même Rolland de Dinan, seigneur de Bécherel, du consentement d'Alain de Vitré, son neveu et son héritier présomptif, donna aux religieux de Marmoutiers habitant le prieuré de Bécherel la huitième partie des dîmes de Plouasne et la dîme des quatre moulins qu'il possédait à Bécherel, deux situés au-dessous du château de Bécherel et deux près d'un autre château plus ancien (« Decimam quatuor molendinorum quorum duo sunt sub castro Becherelli, et duo sunt juxta territorium veteris castri » - Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux, n° 36, p. 122). Rolland fit ce don dans la salle du château de Bécherel, et en investit le moine Pierre de Dinan en lui remettant le couteau de son serviteur Jean Loisel ; parmi les assistants se trouvaient Raoul de Québriac, Hervé de Guitté et plusieurs autres seigneurs, Raoul, prieur de Bécherel, et Oger, chapelain du seigneur donateur. Mais les moines ne jouirent pas en paix tout d'abord de ce bienfait ; des seigneurs nommés Rolland de Dinan, vicomte du Poudouvre ; Thomas de Bélac, Raoul d'Espinay, etc., qui possédaient probablement le reste des dîmes de Plouasne, s'opposèrent bientôt à ce que Thébauld, prieur de Bécherel, recueillît sa huitième portion. Il fallut que Juhel de Mayenne, seigneur de Dinan par sa femme, Gervaise de Dinan, fît rendre justice à ce pauvre prieur ; il intervint en 1218 et fit consentir tous ces seigneurs à céder aux moines une portion de dîme appelée Trogor (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 839). Juhel de Mayenne et Gervaise de Dinan ne bornèrent pas à cela leurs bons offices envers les religieux de Bécherel ; ils leur donnèrent eux-mêmes, en effet, le moulin de Bécherel situé au bord de l'étang dont les avait précédemment gratifiés Rolland de Dinan (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 14 H, 1). En 1187, Pierre, évêque de Saint-Malo, confirma l'abbaye de Marmoutiers dans la possession de l'obédience ou prieuré de Bécherel, — de l'église paroissiale de Bécherel, — de celle de Plouasne, — d'une partie des chapelles de Longaulnay et du Quiou, situées en Plouasne, — des dîmes en Bécherel et Plouasne, etc., le tout dépendant dudit prieuré de Bécherel (Anciens évêchés de Bretagne, IV, 362). Les moines de Bécherel avaient également reçu le don d'une dîme en Mégrit, car en 1226 Guillaume de Coëtquen voulut s'en emparer ; mais Raoul, évêque de Saint-Malo, détermina ce seigneur à rendre au prieur de Bécherel la dîme qui appartenait à ce dernier. Guillaume de Coëtquen et Joscelin, son fils, donnèrent même, en plus et en pur don, trois mines de seigle aux religieux de Bécherel (M. Hauréau, Gallia christiana, XIV ; App., 238). En 1250, Geffroy de Conan, abbé de Marmoutiers, céda le prieuré de Bécherel à Durand Salomon, chapelain du duc Jean II et plus tard chantre de Rennes, à sa vie durant, à la condition d'y entretenir deux religieux de Marmoutiers et de maintenir en bon état les édifices du monastère (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 3 H, 12). En 1319, Jean de Mauléon, abbé de Marmoutiers, visita le prieuré de Bécherel ; il y trouva trois religieux : Gilles de Blois, prieur ; Mathieu de Paulex et Jean de la Mare ; il constata avec bonheur que ces moines vivaient régulièrement, célébrant bien de jour et de nuit leur office divin, ayant des vases sacrés et des vêtements sacerdotaux convenables. Les édifices du prieuré étaient également en bon état et suffisamment garnis de provisions pour pouvoir attendre la récolte prochaine. Le prieur avait bien une dette de 15 livres, mais il lui en était dû 40. Quant aux revenus du prieuré à cette époque, l'abbé apprit qu'ils consistaient en ce qui suit : rentes d'argent et oblations, 40 livres ; — dîme en Mégrit, valant 40 mines de seigle ; — dîme en Plouasne, valant 60 mines de froment, seigle et avoine ; — dîme en Longaulnay, valant 36 mines de seigle et avoine ; — dîme de Trévron, valant 8 mines de seigle ; — dîme de Lespinay, valant 14 mines de seigle et avoine ; — rente de 18 mines de froment assise sur quelques moulins et affermée 19 livres ; — enfin, patronage des églises de Notre-Dame de Bécherel et de Plouasne (nota : tous ces intéressants détails sont extraits du Livre des visites de l'abbé de Marmoutiers en 1319, ms. du XIVème siècle déposé aux archives départementales d'Indre-et-Loire). Le Livre des prieurés de Marmoutiers, rédigé, croit-on, vers 1587, nous apprend qu'au XVIème siècle il n'y avait plus à Bécherel que deux religieux, « le prieur avec un compagnon » ; il ajoute que ce prieur devait 50 sols de rente à l'abbé et 28 sols aux officiers de Marmoutiers. Peu de temps après, le prieuré, tombé en commende, fut abandonné par les Bénédictins. Ce petit monastère de Bécherel se composait de ce qui suit : Une église dédiée à saint Jacques, et mentionnée dès 1218, « ecclesia Beati Jacobi de Becherel » (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 839). En 1639 elle était ruinée, car il est dit dans la Déclaration de cette époque que « il y a apparence d'y avoir eu autrefois une grande église avec chapelles qui sont à présent en ruine et dont on a fait un retranchement ». Les prieurs construisirent en conséquence une nouvelle chapelle, « qui est en bonne réparation », est-il encore dit en 1639, mais qui en 1790 était « ruisnée et interdite depuis longtemps ». — « Un corps de logis couvert de tuiles rouges, en bonne réparation, et, fort proche dudit logis, une vieille masse de colombier et refuge à pigeons à présent presque tombée en ruine » (en 1639) ; — un jardin, un verger, deux champs et deux prairies ; — un étang avec son moulin ; — le fief et bailliage du Prieuré, de très-modique revenu, avec juridiction seigneuriale (haute justice) s'étendant en Bécherel, Miniac et paroisses voisines ; — la grosse dîme de la paroisse de Bécherel ; — les deux tiers des dîmes de la paroisse de Mégrit ; — la moitié des dîmes de la Bertaudière, en Plouasne ; — la grande dîme du Prieuré, en Longaulnay, « qui se baille au jour de feste Mr saint Lunaire, 1er juillet, en la chapelle dudit prieuré, à l'heure de dix heures du matin, après le son de la cloche de ladite chapelle, devant les juges et officiers du sieur prieur, où sont tenus comparoir les seigneurs qui ont droit, portion ou autorité en ladite dîme, savoir le seigneur de Bécherel, le seigneur de Beaumont de Longaulnay, le seigneur de Launay-Bécherel et le chapelain de la Boulaye » ; — la moitié des rentes en seigle et avoine du bailliage des Terres-Hues, une rente de 4 livres et un retour de 28 livres dus par le seigneur de Tréleau dans le même bailliage ; — 24 boisseaux de froment dus par le seigneur de la Bertaudière ; — « la neuvième partie de toutes les oblations de l'église paroissiale de Bécherel et le tiers des neuvaines et enterrages des paroissiens décédés » ; — le droit de présenter les maîtres d'école à Bécherel, Saint-Thual, Evran, Trévérien, Le Quiou, Tréfumel, Plouasne, Médréac, Saint-Pern, Landujan, Miniac et Longaulnay » (Déclarations du prieuré de Bécherel en 1639, 1680 et 1790). En 1657, le prieur Jacques Cousinot affermait le tout du prieuré 1600 livres, plus 200 livres de portion congrue due au recteur de Bécherel, 220 livres pour l'acquit des décimes, 215 livres pour la pension d'un religieux obédiencier de Marmoutiers dont était chargé le prieuré de Bécherel, plus enfin les honoraires de trois messes dites chaque semaine dans la chapelle priorale. Tout cela faisait un total d'environ 2 300 livres de rente. En 1728, le prieur Jean Le Bel déclara avoir un revenu de 2 158 livres, avec 1 349 livres 14 sols de charges, partant un revenu net de 808 livres 6 sols (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 14 H, 1). En 1790, le prieur Jacques Le Maréchal résuma comme suit toutes les charges de son bénéfice : — L'acquit de trois messes par semaine ; — toute la portion congrue du recteur de Bécherel ; — une partie des portions congrues des recteurs de Mégrit et de Longaulnay ; — les décimes et subventions ; — une redevance de 16 boisseaux de seigle dus aux pauvres de Longaulnay et de 2 boisseaux de seigle aux pauvres de Bécherel ; — 36 livres dues au chapelain de la Boulaye, 36 livres au chapelain de Launay-Biheul, 100 livres au seigneur de la Bertaudière et 40 livres au seigneur de Bécherel ; — l'entretien des chanceaux des églises de Bécherel, Mégrit, Longaulnay et Plouasne. Ce dernier prieur de Bécherel affermait alors son bénéfice au marquis de Caradeuc 2 400 livres d'argent, plus l'acquit de toutes les charges qui précèdent (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29). Il reste peu de chose du prieuré de Saint-Jacques : à quelque distance de Bécherel, près du village de la Barre, on aperçoit dans le vallon quelques maisons, parmi lesquelles on distingue encore une ancienne chapelle servant actuellement de cellier ; cette agglomération s'appelle le Prieuré, et c'est tout ce qui demeure du vieil établissement de 1164. Liste des prieurs : — Etienne semble avoir été le premier prieur, en 1164. — Raoul, vivant vers 1173. — Her..., témoin en 1184. — Thébault (1218). — Durand Salomon, prieur commendataire (1250). — Dom Hamon vendit un domaine en 1288. — Dom Gilles de Blois reçut l'abbé de Marmoutiers en 1319. — Dom Geffroy Giraud fit une transaction en 1322 avec les chanoines réguliers de Beaulieu, au sujet de leurs droits respectifs sur les foires et marchés de Plumaudan. Ce prieur reçut aussi à Bécherel l'abbé de Marmoutiers en 1325. — Alain Macé rendit aveu au duc de Bretagne le vendredi après Jubilate 1403 et le 15 juillet 1406. Le sceau de ce prieur, ou plutôt celui de son monastère, est ogival et représente saint Jacques revêtu d'ornements épiscopaux, se tenant debout et bénissant. — Dom Jehan Levauchier (?) rendit aveu le 9 octobre 1455. — Dom Jehan Nouel, abbé de Saint-Mathieu, fit la déclaration de son prieuré le 3 juin 1475. — François Hamon, évêque de Nantes et abbé de Saint-Méen, rendit aveu au roi le 10 novembre 1519 ; décédé en 1532. — Robert d'Espinay, protonotaire apostolique, chantre et chanoine de Rennes, rendit également aveu le 1er juillet 1541. — Charles d'Espinay, évêque de Dol, abbé du Tronchet et de Saint-Gildas-des-Bois, etc., prêta serment pour le prieuré de Bécherel en 1558 et résigna ce bénéfice en faveur du suivant en 1562. — Georges Le Duc, pourvu en 1562 ; décédé vers 1571. — Etienne Bourdier, pourvu en 1571, résigna deux ans plus tard ; il eut à défendre sa nomination contre Pierre Mariette et Pierre de La Roche, qui prétendaient au prieuré. — Pierre Mercerye prit possession le 11 mars 1573 et résigna l'année suivante. — Jean Eslevart prit possession le 14 mars 1574 et résigna en 1576. — Etienne Cojallu prit possession le 4 août 1576. — François de Cahideuc, seigneur dudit lieu, devenu veuf de Françoise de Coëtlogon en 1770, se fit prêtre et devint chanoine de Rennes ; décédé en 1580 et inhumé dans l'église d'Iffendic. — Pierre Conicterel prit possession le 4 février 1580 ; à cette époque, l'abbé de Marmoutiers voulut rendre le prieuré de Bécherel régulier de commendataire qu'il était depuis longtemps, et il nomma prieur dom Martin. Mica ; mais ce fut bien en vain, ce dernier ne put se maintenir. — Jean Gaubert prit possession le 17 janvier 1593 ; il eut à combattre Bonabes de Québriac, et mourut l'année suivante. — Nicolas de Buholic, pourvu le 6 janvier 1595, eut pour adversaire Jean 0llivier, sieur de la Motte, qui prit possession le 18 avril suivant. — Gabriel Templier prit possession le 30 octobre 1596. — Pierre Bourreau résigna en 1607. — Jacques Bourreau prit possession le 29 mai 1608. — Gabriel Constantin résigna en 1625. — Daniel du Plessix d'Houdancourt, évêque de Mende, prit possession le 27 avril 1625 ; décédé en 1628. — Henri de la Motte-Houdancourt, frère du précédent, abbé de Souillac et plus tard évêque de Rennes, prit possession en 1628. — Edmond de Griselles résigna en 1631. — Philippe Riolland, abbé de Flavigny, conseiller et aumônier du roi, prit possession le 15 février 1631 et rendit aveu au roi le 20 février 1639. — Jacques Cousinot, conseiller au Parlement et prieur de l'Abbaye-sous-Dol, afferma en 1657 le prieuré de Bécherel, qu'il possédait encore en 1667. — François Cousinot, sieur de Suilly, rendit aveu au roi en 1680 et résigna en 1685. — Dom Jean-Baptiste-Gaston Sauvat, religieux bénédictin, fut pourvu le 2 août 1685 ; il jouissait encore du prieuré en 1690. — Bonabes Le Bel, prieur dès 1697, résigna en 1712 ; décédé recteur de Mécé en 1720. Il fit, en 1697, enregistrer ses armoiries : d'argent à trois fleurs de lys de gueules, 2, 1. — Jean-Marie Le Bel, pourvu le 7 mars 1712, fit la déclaration de son prieuré le 12 septembre 1728. — Philippe d'Ysarn de Bellefort, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, fut pourvu le 6 mai 1732. — N... de la Roche-Courbon, prieur vers 1750 ; décédé en 1773. — François-Nicolas Certain, vicaire général d'Aléra, en Corse, pourvu en 1773 ; décédé en 1785. — Jacques Le Maréchal, prêtre du diocèse de Paris, pourvu le 17 avril 1785, prit possession le 21 octobre 1786. Il possédait le prieuré quand éclata la Révolution (abbé Guillotin de Corson) ;

la croix celtique, située au cimetière ;

les remparts (Moyen Age), situés rue Saint-Michel. On trouvait à l'origine neuf ou dix tours. Deux portes données accès à la cité : la porte Berthault située au sud-ouest de la ville et la porte Saint-Michel (XIVème siècle) située à l'est de l'église et détruite en 1887 ;

le donjon (Moyen Age), édifié en 1124 par Alain de Dinan, seigneur de Bécherel. Cet édifice est reconstruit en 1419 par Anne de Laval. Il tombe en ruine dès 1504 ;

le château de Caradeuc (XVIIIème siècle), édifié vers 1723 par Anne-Nicolas de Caradeuc, père de Louis René de Caradeuc de la Charolais, procureur du Roi au parlement de Bretagne (1701-1785). Après avoir appartenu au comte de Falloux sous le Second Empire, le château est restauré vers 1880. Ce château qui appartient toujours aux descendants de la famille Caradeuc est entouré du plus vaste parc de Bretagne qu'on appelle le "Versailles Breton", créé au XVIIIème siècle et remanié vers 1900 (oeuvre d'Edouard André) ;

Château de Bécherel (Bretagne).

la maison du "gouverneur" (XVIème siècle), située au n° 1 rue de la Filanderie ;

la maison (XVIème siècle), située ruelle Carette ;

l'ancienne maison de Tisserand (XVIème siècle), situé au lieu-dit La Ville-Malet ;

l'ancienne hostellerie de l'Ecu de Laval (1643) ;

la maison (XVIIème siècle), située au n° 11 rue de la Filanderie ;

la maison et les ruelles d'écoulement (XVIIème siècle), situées 3 porte Saint-Michel ;

la maison de retraite (1705), située au n° 2 rue du Faubourg-Berthault. Cette maison est occupée par les sœurs de Saint-Thomas-de-Villeneuve en 1720 et jusqu'en 1973. La chapelle de la maison de retraite (1830 à 1840) a remplacé l'ancienne chapelle bénite en 1720. Le 31 octobre 1705, Geneviève Ginguené du Boisjean, Hélène des Cognets, Marguerite Le Cointerault et Françoise Duchemin des Vergers, demeurant ensemble au faubourg de la Porte-Berthault, à Bécherel, s'unirent entre elles pour « faire faire des retraites spirituelles tant d'hommes que de femmes » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine — D'après les traditions de la congrégation de Saint-Thomas, les Dames de la Retraite commencèrent leurs pieux exercices dès 1691, quatorze ans avant d'avoir signé leur acte d'association). Elles bâtirent une chapelle à cet effet, et le Pouillé ms. de Saint-Malo constate que bientôt les retraites de Bécherel furent assez fréquentées. « La maison n'est pas mal, ajoute-t-il, et la chapelle est assez propre ». En 1727, Marguerite Le Cointerault, supérieure de la maison de retraite de Bécherel, céda cet établissement aux Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve, dont elle embrassa la règle, à la condition que ces dames entretiendraient les oeuvres de la retraite et des écoles charitables qui s'y trouvaient fondées ; il fut stipulé que les retraites continueraient d'être faites par des prêtres nommés par l'évêque de Saint-Malo. Mgr des Maretz approuva cette cession le 31 janvier 1727. Interrompues par la Révolution, les retraites de Bécherel ont été reprises en 1814 et continuent d'être tenues par les Dames de Saint-Thomas à la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes) ;

Ville de Bécherel (Bretagne).

l'immeuble (XVIIIème siècle), situé au n° 9 rue de la Beurerie ;

le lavoir (XIXème siècle), situé au lieu-dit La Couaille ;

Ville de Bécherel (Bretagne).

A signaler aussi :

la stèle du cimetière (époque gallo-romaine) ;

l'ancienne Maison de la Quintaine, située route de la Baussaine ;

l'ancienne Maison du Prieuré, située route de la Baussaine ;

l'ancienne voie romaine de Rennes à Corseul ;

Ville de Bécherel (Bretagne).

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ANCIENNE NOBLESSE de BECHEREL

La baronnie de Bécherel : Bécherel, placé au sommet d'une des collines les plus élevées du pays de Rennes, fut sans doute au temps des Romains une station militaire commandant la voie qui passait à ses pieds. Les sires de Dinan remarquèrent cette position éminemment stratégique et construisirent en ce lieu un château-fort qui donna bientôt naissance à une petite ville. Notre intention n'est pas de faire ici l'histoire de Bécherel, qui joua un certain rôle dans les guerres du moyen âge, nous voulons seulement donner la suite de ses seigneurs et faire connaître l'importance et l'étendue de leur baronnie. Alain de Dinan, deuxième fils de Geffroy, sire de Dinan, peut être considéré comme le fondateur du château de Bécherel, qui, primitivement, faisait partie de la paroisse de Plouasne. Alain, mourut avant 1148. Roland de Dinan, son fils, fut ensuite seigneur de Bécherel ; n'ayant pas d'enfant, il adopta son neveu Alain de Vitré, fils de Robert, sire de Vitré, et d'Emma de Dinan, et lui laissa sa seigneurie. Alain de Vitré, dit de Dinan, mort en 1197, eut une fille appelée Gervaise de Dinan, qui fut dame de Dinan et de Bécherel, et épousa successivement : - 1° Juhel, baron de Mayenne (décédé en 1220) ; - 2° Geffroy de Rohan (décédé en 1222), et - 3° Richard Mareschal, seigneur de Longueville. Marguerite de Mayenne, issue du premier lit, eut en partage les seigneuries de Dinan et de Bécherel, qu'elle porta à son mari Henri de Penthièvre, seigneur d'Avaugour, lequel mourut en 1281. Leur fils, Alain d'Avaugour, mort avant son père, vers 1265, épousa Marie de Beaumont et eut d'elle plusieurs enfants, entre autres une fille nommée Havoise, mariée à Olivier de Tinténiac, seigneur dudit lieu. C'est à ces derniers qu'échut la baronnie de Bécherel, qu'ils laissèrent en mourant à leur fils Guillaume, sire de Tinténiac et de Bécherel, vivant en 1303. Olivier de Tinténiac, fils de Guillaume, fut à son tour seigneur de Tinténiac et de Bécherel (1319), et eut de son union avec Eustaice de Châteaubriand deux fils, Briand et Jean, qui lui succédèrent en ses seigneuries. Briand étant mort, en effet, sans laisser d'enfants, Bécherel passa à son frère cadet Jean, mari de Jeanne de Dol. Celui-ci, l'un des héros du combat des Trente, décéda en 1352, ne laissant qu'une fille, Isabeau de Tinténiac, qui épousa Jean de Laval , seigneur de Châtillon, en Vendelais, et lui apporta les seigneuries de Tinténiac, Bécherel, etc. De cette union naquit une fille, Jeanne de Laval, dame de Bécherel, qui épousa d'abord l'illustre connétable Bertrand Duguesclin, puis son cousin Guy XII, sire de Laval et de Vitré : elle mourut le 27 octobre 1433. A partir de ce moment, les barons de Vitré — que nous retrouverons plus tard — possédèrent la seigneurie de Bécherel jusqu'en 1626. Cette année-là, le 14 février, Henri de la Trémouille, baron de Vitré, et Marie de la Tour de Bouillon sa femme vendirent la baronnie de Bécherel à quatre associés : Jean Glé, seigneur de la Costardaye, en Médréac ; François Glé, son frère, seigneur du Pan, et les seigneurs de la Bouëxière et de Bienassis. En 1627, ceux-ci se partagèrent la baronnie, dont la plus grande partie, y compris la ville de Bécherel, échut aux deux frères Glé (Archives nationales, P 1714). En 1629, c'est François Glé qui prend le titre de baron de Bécherel ; il était aussi chevalier de Saint-Michel, et épousa Marguerite de Quistinic (nota : ils firent en 1629 une grande fondation desservie par six prêtres en l'église de Bécherel). Après sa mort, arrivée en 1645, la baronnie de Bécherel échut à son frère Jean Glé, qui mourut lui-même en 1649, laissant de sa femme Marie de Montigny deux filles en bas âge : Marie-Vincente et Gabrielle. L'une et l'autre portèrent successivement le titre de baronne de Bécherel, mais la première mourut jeune, et la seconde épousa en 1663 Jean-François de la Baume Le Blanc, marquis de la Vallière, frère de la célèbre duchesse de ce nom. Gabrielle Glé décéda à Paris en mai 1707, et son fils aîné, Charles-François de la Baume Le Blanc, marquis de la Vallière, rendit aveu en 1708 pour la baronnie de Bécherel, qu'il vendit, le 17 février 1714, à René de Lopriac, marquis de Coëtmadeuc et de Brie. Ce dernier mourut en 1734, après s'être démis dès 1721 de la baronnie de Bécherel, en faveur de son fils Guy-Marie de Lopriac, comte de Donges, époux de Marie de la Rochefoucauld de Roye. Après la mort de ce seigneur, arrivée en 1764, sa fille Félicité de Lopriac, femme de Louis, marquis de Kerhoent, devint baronne de Bécherel ; mais, par contrat du 15 novembre 1770, Monsieur et Madame de Kerhoent vendirent leur baronnie de Bécherel à Louis-Jean de Langle, comte de Beaumanoir, et à Jeanne de Robien sa femme. Au décès de ce noble acquéreur, arrivé le 4 mai 1773, son frère Louis-Marie de Langle hérita de Bécherel, dont il fit hommage au roi le 23 décembre 1773 et le 19 février 1777.Quand vint la Révolution, Bécherel appartenait à un jeune homme, héritier de ces derniers seigneurs, Louis-Jacques de Langle, fils mineur, en 1792, de feu Louis de Langle et de Jeanne Shéridan (Archives de Loire-Inférieure).

Ville de Bécherel (Bretagne).

Voyons maintenant en quoi consistait la seigneurie de Bécherel qualifiée de baronnie d'ancienneté. Quoique morcelée au commencement du XVIIème siècle, la seigneurie de Bécherel s'étendait encore en 1770 en dix-huit paroisses : Bécherel, Miniac, Longaulnay, Plouasne, Guitté, Guenroc, Ploubalay, Le Quiou, Calorguen, Tréfumel, Saint-Juvat, Evran, Médréac, Caulne, Saint-Pern, Saint-Maden, Saint-Judoce et Yvignac. Les aveux rendus au roi le 22 mai 1504 par le comte de Laval et le 10 juin 1680 par la marquise de la Vallière vont nous faire connaître la baronnie de Bécherel : Voici d'abord le chef-lieu de la seigneurie, c'est-à-dire « la ville, fauxbourgs et paroisse dudict Bécherel où il y a encore les vestiges et apparences d'un vieil chasteau qui fut, il y a longtemps, démoli durant les guerres civiles de cette province ; et au bout de ladite ville il y a deux grandes portes, et se gouvernent les habitans de la dicte ville en toutes choses comme (ceux des) autres villes closes de la province ». De ce château de Bécherel, pris en 1168 par Henri II, roi d'Angleterre, brûlé par Geffroy, duc de Bretagne .en 1182, et reconstruit par les sires de Dinan, pris de nouveau par les Anglais en 1350 et assiégé par Duguesclin en 1371, restauré par Anne de Laval en 1419 et définitivement ruiné par les guerres de la fin du XVème siècle, il reste peu de chose ; dès 1504, ses remparts n'étaient plus que des débris : « Aussy y a en ladite ville de Bécherel monstre et emplacement de chasteau où y a encore une tour qui par la guerre qui, puis naguères de temps, a eu cours en ce pays, a esté bruslée par les ennemis ». On prétend que c'est cette même tour démantelée qu'on aperçoit encore près du presbytère.

Quant à l'enceinte de ville, jadis bien fortifiée, elle ne présentait plus depuis longtemps que quelques débris de courtines, mais elle conservait néanmoins naguère une belle porte appelée porte Saint-Michel, qui constituait un monument intéressant du passé : des vandales viennent récemment d'abattre ce dernier reste des fortifications de Bécherel. Dans l'enceinte de la petite ville se trouvaient « grande et double halle, c'est-à-dire haulte et basse, où estaient les marchands toutes espèces de marchandises tous les jours de lundy de chacune semaine que tient le marché et les jours de cinq foires cy-après déclarées, sçavoir : la première, le troisiesme lundy de janvier ; la seconde, le lundy après Quasimodo ; la troisiesme, le lundy après le Sacre ; la quatriesme, le lundy après la foire bretonnière de Rennes, et la cinquiesme, le lundy après la Saint-Martin d'hiver (nota : le seigneur de Bécherel avait, en outre, droit d'avoir des foires à Caulnes, à Guenroc et à Yvignac), lesquelles foires et marchez sont tant en ladite ville de Bécherel en la halle, que par toutes les rues d'icelle et en un champ hors d'icelle au joignant nommé le Champ-à-l'Avoir ». En tous ces marchés et foires le seigneur de Bécherel avait les droits de coutumes, trépas, bouteillage, police et étalonnage ; il devait, en revanche, faire faire « la garde générale pour tous les y estant », c'est-à-dire assurer protection aux marchands en cas de certaines attaques trop fréquentes au moyen âge.

Ville de Bécherel (Bretagne).

La haute justice de Bécherel avec ses gibet, ceps et colliers, auditoire et prisons, s'exerçait à Bécherel même où se tenaient ses assises ordinaires ; mais elle avait pour la commodité des vassaux d'autres lieux d'audiences ou assises extraordinaires, « sçavoir : au bourg de Guenroc, le lendemain de la feste saint Fiacre ; au bourg de Plouasne, le deuxiesme jour de may, et au bourg d'Yvignac, le lendemain de la Magdeleine ». Enfin le baron de Bécherel avait droit de menée aux plaids généraux du siège présidial de Rennes. Au seigneur de Bécherel appartenaient les droits de fondation, supériorité et prééminence dans l'église paroissiale Notre-Dame de Bécherel et dans l'église priorale Saint-Jacques de Bécherel (nota : ce prieuré fondé au XIIème siècle par les premiers sires de Bécherel dépendait de l'abbaye de Marmoutiers et se trouvait en dehors de la ville, au village actuel de Saint-Jacques), et les droits seulement de supériorité et de prééminence dans les églises paroissiales de Longaulnay, Plouasne, Guenroc et Yvignac ; dans tous ces sanctuaires il avait ses bancs armoriés, ses enfeux et ses blasons peints et gravés « ès lieux les plus éminents ».

De nombreux bailliages ou fiefs, dont la liste serait fastidieuse, composaient la baronnie de Bécherel ; de celle-ci relevaient grand nombre de terres nobles, parfois assez importantes, telles que les seigneuries de Guitté, de Beaumont, de Couëlan, d'Yvignac, de la Costardaye, du Lattay, de Lesnen, de Caradeuc, du Hac, de Ligouyer, de Médréac, de la Houssaye, du Bois-de-Miniac, de Montifaut, de la Rivière en Tréfumel, etc., etc. Les presbytères de Bécherel et de Longaulnay en relevaient aussi. Il nous reste à faire connaître les droits féodaux de la baronnie de Bécherel offrant quelque singularité ; ils étaient en 1680 comme en 1504 au nombre de trois : la quintaine, le saut des poissonniers et le brûlement des lins. La quintaine est décrite avec détail comme il suit : « A cause de ses dites terre et baronnie de Bécherel (le seigneur du lieu) a un droit sur les habitans de ladite ville et fauxbourg de Bécherel, nommé quintaine, qui est tel que tous les nouveaux mariés desdits ville et fauxbourg sont tenus l'an de leurs nopces, chacun d'eux au lundy des féries de Pasques, de courir, estant à cheval, une gaule de bois à la main, aultrement appelée lance, par trois fois, et (doivent) en frapper du bout dans un escusson armorié des armes de ladite seigneurie en un post de bois qui est planté au lieu ordinaire nommé la quintaine ; et si (la lance) n'est rompue la première, seconde ou troisième course, (le coureur) est tenu payer l'amende suivant l'usance du fief : et ne doibvent les­dits nouveaux mariés chausser les esperons, monter à cheval, prendre ladite lance, courir ny descendre de cheval, sans au préalable demander, (pour) chacune desdites choses, congé au seigneur ou à ses officiers qui pour luy assistent audit lieu. Si iceux nouveaux mariés estoient en defaut de comparoistre et de faire chacune desdites choses en la manière susdite, ils seroient tenus de poyer l'amende, le seigneur ou ses officiers leur fournissant le cheval, les esperons et les lances ».

Ville de Bécherel (Bretagne).

Le saut des poissonniers demande quelques mots d'explication. On sait qu'autrefois l'accomplissement rigoureux du devoir d'abstinence en carême faisait naître certains usages qui nous semblent aujourd'hui fort bizarres : on commençait par les folies du carême-prenant, on continuait par la procession grotesque de la mi-carême et on terminait par le saut des poissonniers. Aux fêtes de Pâques, en effet, pour témoigner sa joie d'être enfin débarrassé du régime maigre suivi pendant la sainte Quarantaine, on jetait volontiers à l'eau les marchands de poissons qui pendant de si longs jours avaient forcé les fidèles à s'approvisionner à leurs étaux. Il en était ainsi à Bécherel : le lundi de Pâques, tous ceux qui avaient « vendu du poisson le caresme précédent » étaient tenus de venir « sauter ledit jour dans l'estang nommé l'estang de Bécherel en endroit raisonnable » ; et après s'être « dépouillés pour sauter », devaient « chacun d'eux demander congé au seigneur ou à ses officiers pour sauter dans ledit estang, et avant d'en sortir (devaient également) demander congé ». Le saut des poissonniers avait lieu Bécherel au grand ébaudissement de la populace « soubs peine d'amende » que pouvaient payer toutefois ceux qui craignaient un rhume à la suite de ce bain souvent intempestif.

« Le territoire de Bécherel — écrivait Ogée au siècle dernier — est fertile en lin qui fait le plus beau et le meilleur fil de la Bretagne ». Aussi le seigneur du lieu — pour favoriser l'industrie textile en stimulant le zèle des travailleurs et en punissant les paresseux — s'était-il réservé un droit ainsi décrit dans l'Aveu de 1680 : « Ledit jour des lundy des féries de Pasques (le baron de Bécherel) a droit et est en possession immémoriale de faire brusler en sa dite ville en lieu public tous les lins et chanvres qui seront trouvés encore à broyer et à teiller, et (peut) en faire ledit seigneur à sa volonté, et ceux et celles chez qui lesdits lins et chanvres seront trouvés doibvent poyer l'amende, et cela se fait à ce que les femmes ne soient paresseuses de faire accommoder lesdits lins et chanvres qui sont fort bons dans l'étendue de ladite seigneurie ».

Terminons par un détail qui peint bien l'esprit religieux animant alors la société féodale : c'est le chapitre des rentes de fondations pieuses faites par les anciens sires de Bécherel. « Sur les moulins de la seigneurie étaient dues quinze mines et demye de froment à l'abbaye de Boquien, une mine à l'abbaye de Montfort et 23 livres de rente au chapitre de la collégiale Saint-Tugdual de Laval », à quoi il faut ajouter les honoraires des six chapelains fondés à Notre-Dame de Bécherel et les dîmes abandonnées aux religieux du prieuré de Saint-Jacques. Aujourd'hui Bécherel ne se distingue que par sa pittoresque position, 176 mètres au-dessus du niveau de la mer. « Le panorama qui se déploie sous les regards du spectateur, contemplé de la cime où se dressaient jadis les tours du château de Bécherel, est un des plus vastes, des plus ravissants qu'offre la Haute-Bretagne. Toute la vallée de la Rance est sous vos pieds, ses plans divers s'échelonnent vers le nord-ouest en ondulations successives jusqu'à l'horizon de Dinan ; plus loin, vers l'ouest, on aperçoit, à l'arrière-plan, les crêtes du Menez ; au nord, la vue plonge parfois par échappée jusqu'au littoral » (abbé Guillotin de Corson).

Ville de Bécherel (Bretagne).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 4 nobles de Bécherel :

Jehan DE LA SAUVAGIERE (3 livres de revenu) : défaillant ;

Guillaume LANGLOYS (30 livres de revenu) : défaillant ;

Guillaume ORRY (25 livres de revenu) : défaillant ;

Colin PIEDEVACHE : défaillant ;

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