Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue chez les Availlais

AVAILLES-SUR-SEICHE

  Retour page d'accueil        Retour Canton de La Guerche-de-Bretagne  

La commune d'Availles-sur-Seiche (pucenoire.gif (870 octets) Avallod-ar-Sec'h) fait partie du canton de La Guerche-de-Bretagne. Availles-sur-Seiche dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).

Vous possédez des informations historiques sur Availles-sur-Seiche, vous souhaitez les mettre sur le site infobretagne, contactez-moi par mail (voir page d'accueil)

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

ETYMOLOGIE et HISTOIRE d'AVAILLES-SUR-SEICHE

Availles-sur-Seiche vient soit du latin "aqua" (eau), soit du gaulois "aballo" (pomme). 

La paroisse d'Availles-sur-Seiche est mentionnée en 1174, lors d'une réunion d'ecclésiastiques présidée par l'évêque de Rennes, à Rannée, sous le nom latin d'Avaleia. 

Nous ne savons rien des commencements de cette paroisse, mentionnée dès 1174, et dont les registres baptismaux remontent à 1491. L'année suivante, François de Broons, seigneur du Blancmouton, pannetier de la reine-duchesse Anne de Bretagne, acheta le 14 février 1495, d'avec Pierre de Villeblanche, seigneur de Martigné-Ferchaud, le manoir et la seigneurie de Fourneaux, « avec les prééminences, droit d'enfeu et de sépulture en l'église parrochiale d'Availles, sous la seigneurie de la Guerche, de laquelle lesdites choses sont tenues » (Du Paz, généalogie de Bretagne, 409). Ainsi, au XVème siècle, le seigneur de la Guerche était seigneur supérieur, et celui de Fourneaux seigneur fondateur de l'église d'Availles, et il en fut ainsi jusqu'à l'époque de la Révolution. Notons que le Registre des réformations en 1513, dit que François de Broons acheta Fourneaux d'Olivier Thomelin.

La cure d'Availles était alternativement présentée par le Pape et par l'évêque. En 1790, ses revenus consistaient en un presbytère, jardin et pourpris estimés 145 livres de rente, — en dîmes affermées 2 300 livres, — et en une petite retenue de paille évaluée 16 livres ; total : 2 461 livres. Mais il y avait des charges : la pension du vicaire, 350 livres ; les décimes, 244 livres ; les réparations et entretien du chanceau et du presbytère, 150 livres, etc. Bref, le recteur d'alors, Jean-Baptiste Buretz, déclara ne jouir que de 1 941 livres, et encore devait-il sur cette somme payer 800 livres de pension à son prédécesseur, qui n'avait résigné qu'à cette condition (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29). Au XVIIème siècle est fondé l'hôpital Saint-Joseph (Pouillé de Rennes).

La paroisse d'Availles-sur-Seiche dépendait autrefois de la Châtellenie du Désert et de l’ancien évêché de Rennes. 

On encontre les appellations suivantes : ecclesia de Avaleia (en 1174), Availlia, Availleia (au XVème siècle), ecclesia de Availlis (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse d'Availles-sur-Seiche : Geffroy, "Gaufridus presbyter de Avaleia" (vers 1174), Etienne Guesdon (1494-1503), Robert Cholet (décédé en 1513), Olivier de la Jonyère (vers 1601), Jean Lucas (1622-1630), Pierre Jouyn (décédé vers 1671), André Babin (vers 1671 et décédé en 1692, inhumé dans l'église), Hippolyte de la Perche (en 1693), Eugène-Joseph Cheverier (1694-1705), Gilles des Hayers (en 1705), René de Saint-Pern (résigna vers 1718), Gilles du Boisbéranger (1718-1760), François-Guy Sonnet de Chef-du-Bois (1760-1771), Jean-Baptiste Buretz (1771-1792), Julien-Olivier Guihot (1803-1814), François Mollié (1814-1822), Pierre-Hyacinthe Hautbois (1822-1825), Joseph-Jean Maudet (1825-1848), Jean Orhant (1849-1875), Jean Lemarié (à partir de 1876), .....

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE d'AVAILLES-SUR-SEICHE

l'église Saint-Pierre (XVI-XVIII-XIXème siècle). Elle est dédiée à saint Pierre et se compose d'une nef terminée par un chevet droit. Cette construction semble appartenir aux derniers siècles, mais les quatre chapelles qui se trouvent, deux de chaque côté, au haut de la nef, sont d'architecture ogivale flamboyante et leurs pignons aigus rappellent le XVIème siècle. Le clocher fut reconstruit en 1779. Le recteur d'Availles était alors le seul grand décimateur de la paroisse (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29). Dans le choeur se trouve l'enfeu des seigneurs de Fourneaux, et sur le maître-autel, — grand retable sculpté, — sont deux écussons portant, l'un : d'azur au griffon d'or, qui est Croc, et l'autre : parti au 1er de gueules, à la croix d'or frettée, qui doit être de Broons défiguré par la peinture (nota : les sires de Broons, seigneurs de Fourneaux, portaient : d'azur à la croix d'argent frettée de gueules) ; au 2ème d'azur, au griffon d'or. A la base de cet autel on lit l'inscription suivante : Anno Domini 1642 die decima novembris posuit me Petrus Jouyn rector, nomine suo et Francisci-Renati de Broon domini de Fourneau. Sur l'un des piliers du haut de la nef est une autre inscription gravée sur cuivre, relatant la fondation, en 1655, de la confrérie du Saint-Sacrement, faite par le même recteur Pierre Jouyn, qui fonda à cette intention une messe solennelle tous les jeudis, pour laquelle il assura 52 livres de rente. Le clocher a été reconstruit en 1779. Le retable du maître-autel date de 1642 : il est sculpté des armes des de Croc et des de Broons, seigneurs de Fourneaux de 1496 au milieu du XVIIème siècle ; 

la chapelle Saint-Joseph (1866-1867). Cette chapelle a été construite en 1867 par M. l'abbé Beaudais, vicaire à Availles, près d'un carrefour de chemins appelé la Croix-Couverte, où l'on disait qu'était jadis un petit oratoire. Bâtie dans le style du XIIIème siècle, au bord de la route de Cuillé, entourée extérieurement de fleurs et décorée intérieurement avec beaucoup de goût, cette chapelle est fort fréquentée et l'on y dit la messe de temps en temps (Pouillé de Rennes)

le château de Fourneaux (XV-XVIème siècle). Une tourelle octogonale est située à l'intérieur d'un bâtiment en équerre. Le château possède à l'extrémité du logis une chapelle privative, dédiée à saint Fiacre, où l’on trouve les armes de Bernard Grout, seigneur de Fourneaux et de Mathurine Geffrard qu’il avait épousé en 1662. Une cloche de cette chapelle, fondue en 1538, existe au musée de Vitré ; elle porte cette inscription, relevée par M. l'abbé Pâris-Jallobert : Je fu faicte l'an M Vcc XXXVIII por Olivier de Brons sr de Fourniaulx. Prenez en gré le don de nostre soeur Jehanne de Brons. Il est vraisemblable que la chapelle de Fourneaux fut construite une quarantaine d'années plus tôt, à la fin du XVème siècle, par François de Broons, acquéreur de Fourneaux en 1495 ; on voit encore le portrait de ce seigneur, dit-on, dans la verrière du sanctuaire. Jean de Broons, abbé de Saint-Aubin-des-Bois, et Olivier de Broons, abbé de Saint-Melaine (décédé en 1501), étaient d'ailleurs parents du seigneur de Fourneaux ; le premier d'entre eux fit même, le 26 mars 1500, son testament à Fourneaux, où il mourut ; peut-être fut-ce pour lui que l'on construisit cette chapelle. Mathurine Geffrard, veuve de Bernard Grout de la Corderie, seigneur de Fourneaux, fonda cinq messes et deux catéchismes en Avent et Carême, chaque semaine, dans la chapelle de son manoir de Fourneaux, et la dota d'une rente de 300 livres assise sur la métairie de la Tizière, en Availles. Cette fondation est du 31 mai 1714. La chapelle de Fourneaux est une jolie construction gothique, ancienne, mais bien restaurée ; elle continue d'être desservie à la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes). Une grande fenêtre flamboyante à meneaux occupe le chevet et renferme les débris d'une verrière du XVIème siècle représentant la Passion. Le château possédait autrefois un colombier. Erigée en châtellenie en 1518, la seigneurie de Fourneaux qui relevait de la seigneurie de La Guerche jouissait d'un droit de haute justice et de quintaine. Le château appartient au début du XVème siècle à Tiphaine Du Guesclin, dame du Plessis-Bertrand, et passe par succession aux de Chateaubriand, seigneurs de Beaufort qui l’ont en 1427, aux de Villeblanche, seigneurs de Martigné-Ferchaud. Il devient ensuite successivement la propriété des familles Broons (en 1496), Grout, seigneurs de la Corderie (vers 1652), Rhuys d'Ambito (en 1763), Chauvel, seigneurs de Teillay (vers 1770) ; 

la maison de retraite (XVIIIème siècle), édifiée en 1699 par Mathurine Geffrard de la Motte, veuve de Bernard Grout de la Corderie, seigneur de Fourneaux (du milieu du XVIIème siècle à 1763) afin d'accueillir les pauvres et les malades de la paroisse d'Availles-sur-Seiche. L'hospice est devenu en 1977 une maison de retraite. Elle est longtemps dirigée par les religieuses de la Congrégation Notre-Dame-des-Chênes ; 

Nota : En 1699, Mathurine Geffrard, dame d'Availles et de Moutiers, veuve de Bernard Grout de la Corderie, seigneur de Fourneaux, fonda pour les pauvres malades des paroisses d'Availles et de Moutiers un hôpital établi dans le bourg d'Availles. Ce pieux établissement fut confirmé par des lettres patentes de Louis XIV, datées de janvier 1703 et enregistrées au Parlement de Bretagne par arrêt du 14 octobre suivant. Ces lettres royales nous apprennent que les paroissiens d'Availles et de Moutiers avaient contribué eux-mêmes à l'érection de leur hôpital : ainsi, ils avaient acheté « de leurs charités » l'emplacement de l'hospice dès 1696, et ils avaient même commencé la construction des bâtiments. Mais Mme Grout de la Corderie leur était venue grandement en aide en leur promettant, le 28 septembre 1702, une somme de 2600 livres, s'ils obtenaient l'autorisation du roi. Elle mérita ainsi d'être appelée la fondatrice du nouvel hôpital, dont elle avait d'ailleurs peut-être eu la première idée (Archives du Parlement de Bretagne). François-Pierre Grout de Moutiers, fils de la fondatrice, et Séraphique Baude, sa femme, augmentèrent les revenus de l'hôpital d'Availles. En 1762, Mgr des Nos, évêque de Rennes, unit à cet établissement une chapellenie dite du Bourg-d'Availles, desservie dans l'église collégiale de la Guerche. Quoique le duc de Villeroy, seigneur de la Guerche et présentateur de cette chapellenie, eût donné son consentement, aussi bien que Jean-Baptiste Chamu, chanoine du Saint-Sépulcre, titulaire du bénéfice, les chanoines de la Guerche protestèrent contre cette annexion ; mais ce fut en vain : des lettres patentes de Louis XV confirmèrent « le décret épiscopal d'union de la chapellenie, fondée sur la métairie dite du Bourg-d'Availles, à l'hôpital Saint-Joseph d'Availles », et ces lettres furent enregistrées le 21 avril 1763. L'hôpital d'Availles était administré en 1764 par les recteurs d'Availles et de Moutiers ; le seigneur de Fourneaux (alors Jacques de Rhuis-Ambito, auquel Bernard Grout de Princé venait de vendre Fourneaux) prenait seulement le titre de seigneur fondateur. La maison était tenue par des demoiselles laïques (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 20). Cet établissement, qui fleurit encore, est maintenant entre les mains des Soeurs de la Providence de Ruillé. Il paraît qu'on n'y construisit jamais de chapelle, à cause de la proximité de l'église. Il est néanmoins depuis fort longtemps placé sous le patronage de saint Joseph. On conserve à l'hôpital d'Availles un tableau (XVIIIème siècle) très intéressant : il représente un Christ, et au-dessous du calvaire deux femmes soignant un malade. Au haut de cette scène sont les armoiries suivantes, surmontées d'une couronne de comte : écartelé : aux 1er et 4ème de sable à trois têtes de léopard d'or ; aux 2ème et 3ème d'argent à trois fusées rangées et accolées de gueules, qui est Grout ; losangé d'argent et de gueules, qui est Geffrard. — A côté est cette inscription : Mathurine Geffrard de la Motte, dame de la Corderie, dame des paroisses d'Availles et de Moutiers, fondatrice de l'hôpital d'Availles. 1699 (Pouillé de Rennes).

les moulins à vent de la Morandière, de Beauvais, et les moulins à eau de La Rochelle et du Château-Fourneau ; 

A signaler aussi : 

l'ancienne chapelle Saint-Pierre. A côté de l'église paroissiale se trouvait naguère une chapelle dédiée également à saint Pierre, mais qui n'existe plus. Elle était très antique et avoisinait une motte féodale aujourd'hui rasée, au pied de laquelle on jouait jadis à la soule le jour Saint-Pierre ; il y avait alors une grande assemblée dans le bourg autour de la chapelle, et les derniers mariés de la paroisse devaient fournir la soule ;

l'ancien manoir de la Grandinaye. Propriété de la famille Godelin en 1427 ; 

l'ancien manoir de la Godinière. Propriété de la famille Rouxel en 1427, et de la famille Bouessel en 1513 ; 

l'ancien manoir du Grand-Ossé. Propriété de la famille Quéleneuc en 1513 ; 

les anciens manoirs de la Grande et de la Petite-Lizerie. Propriété de la famille de Beaufort en 1427 ; 

l'ancien manoir de Beauvais ; 

l'ancien manoir du Plantis. Propriété de Jean de Bretagne en 1427, puis de Coëtquen, seigneurs de la Roberie en 1513 ; 

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

ANCIENNE NOBLESSE d'AVAILLES-SUR-SEICHE

La châtellenie du Désert : On appelait le Désert une moitié de l'ancien évêché de Rennes formant un archidiaconé de même nom ; ce vaste territoire renfermait les cantons actuels presqu'entiers de Rennes (Nord-Est, Nord-Ouest et Sud-Ouest), Mordelles, Hédé, Saint-Aubin-d'Aubigné, Châteaugiron, Janzé, Bain, Le Sel, La Guerche et Retiers. La châtellenie du Désert, moins étendue que l'archidiaconé, se composait néanmoins d'une foule de fiefs s'étendant en un très grand nombre de paroisses faisant à peu près toutes partie de l'archidiaconé du Désert. La seigneurie du Désert appartint à l'origine aux barons de Châteaubriant, qui la donnèrent parfois en apanage à leurs puînés. C'est ainsi qu'au commencement du XIVème siècle Amaury de Châteaubriant, second fils du baron Geoffroy VI, eut en partage la terre du Désert ; quoique ce seigneur se fût marié deux fois, d'abord avec Eustaice de la Haye, puis avec Amice de la Motte, il décéda sans postérité le 14 avril 1343 et fut inhumé en l'église de Béré près Châteaubriant, où il avait fondé une chapellenie ; le Désert revint alors au baron .Geoffroy VIII de Châteaubriant. La fille unique de ce dernier, Louise, baronne de Châteaubriant, par son testament du 26 octobre 1383, donna à son mari Guy XII, comte de Laval, « toute la terre du Désert, à la tenir sa vie durant » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 20 et 23). Rentré dans la seigneurie de Châteaubriant à la mort de Guy XII, le Désert appartenait en 1456 à Françoise de Dinan, baronne de Châteaubriant, qui en rendit alors aveu au duc ; cette dame, femme de Guy XIV, comte de Laval, laissa là châtellenie du Désert à son fils, François de Laval, baron de Châteaubriant ; le fils de ce dernier, Jean de Laval, également baron de Châteaubriant, en hérita en 1503. Jean de Laval, ayant perdu l'unique enfant qu'il avait eu de sa femme Françoise de Foix, dispersa de tout côté son immense fortune, vendant ou donnant de son vivant la plupart de ses nombreuses seigneuries. De la châtellenie du Désert, il fit deux parts dont il vendit l'une, en 1541, à Jacques de Montgommery et Claude de la Bouexière, seigneur et dame de Bourgbarré, l'autre, en 1542, à Guy XVII et Claude de Foix, comte et comtesse de Laval. Mais chacune de ces portions du Désert fut bientôt après divisée à son tour : de l'acquisition faite par Jacques de Montgommery naquirent les seigneuries du Désert-à-Bourgbarré que conservèrent les seigneurs de Bourgbarré, — Désert-à-Janzé qu'acquit le seigneur de Brie, — du Désert-à-Laillé acheté par le seigneur de Saint-Jean de Laillé, — du Désert-à-Chantepie échu au seigneur des Loges, — et du Désert-à-Saint-Grégoire apportée par Jacqueline de la Bouexière à son mari, le seigneur du Plessix-Beaucé. La partie du Désert achetée par le comte de Laval, baron de Vitré, ne fut guère moins divisée : dès 1553, nous voyons la maison noble de la Rivière-du-Désert — seul logis seigneurial connu de la châtellenie — entre les mains de Jean de Marigné ; en 1563, Guyonne, comtesse de Laval, vend la moitié de la seigneurie du Désert à François de Coligny, seigneur d'Andelot, qui achète en 1568 l'autre moitié de la même châtellenie d'avec le seigneur de Brémanfany. Il semble toutefois qu'après cette double acquisition de François de Coligny la châtellenie du Désert demeura à peu près (nota :  nous disons à peu prés, car en 1624 le duc de la Trémoille vendit encore le fief du Désert-à-Visseiche au seigneur de la Montagne) telle qu'il l'achetait entre les mains des barons de Vitré qui la conservèrent jusqu'à la Révolution. Comme cette portion des fiefs du Désert avait sa juridiction exercée à Domalain, on la nommait dans les derniers siècles le Désert-à-Domalain ou simplement le Désert, les autres fiefs de la primitive châtellenie se trouvant englobés dans des seigneuries de noms divers.

Voici d'abord brièvement en quoi consistait la châtellenie entière du Désert : comme domaine proche, le manoir de la Rivière-du-Désert en Visseiche, avec ses « logix, douves, fossez, boais et garennes », — deux moulins à blé et à drap sur la rivière de Seiche, — un moulin à vent en Janzé, — et un four banal à Saint-Grégoire ; comme seigneurie, de nombreux fiefs groupés en sept grands bailliages, appelés : Domalain, Visseiche, Janzé, Saint-Grégoire, Venèfles, Etrelles et Chantepie ; ces fiefs s'étendaient en trente paroisses : Domalain, Availles, Visseiche, Gennes, Saint-Germain-du-Pinel, Retiers, Brielles, Le Pertre, Vergeal, Moutiers, Princé, Janzé, Saint-Erblon, Chancé, Sainte-Colombe, Bourgbarré, Châteaubourg, Laillé, Brie, Bain, Bourg-des-Comptes, Nouvoitou, Bais, Saint-Grégoire, Venèfles, Etrelles, Moulins, Cornuz, Amanlis et Chantepie. Le sergent féodé de la châtellenie était le possesseur de la maison noble de Villèscoz en Visseiche. Le seigneur du Désert jouissait d'un droit de bouteillage à Janzé et d'un droit de trépas à la Franceulle ; il avait de très nombreuses mouvances nobles et les prééminences dans beaucoup d'églises (Aveux du Désert en 1456 et 1503).

Mais au XVIIème siècle la châtellenie du Désert n'avait plus de juridiction qu'en douze paroisses : Domalain, Availles, Moutiers, Bais, Visseiche, Moulins, Chancé, Saint-Germain-du-Pinel, Gennes, Brielles, Le Pertre et Vergeal. L'auditoire où s'exerçait sa haute justice, ses prisons, ceps et collier pour les malfaiteurs étaient au bourg de Domalain, et la seigneurie n'avait plus de domaine proche. Le fief du Désert renfermait tout le bourg de Domalain, y compris l'église, dont le seigneur du Désert était fondateur et supérieur, y ayant toutes les prééminences « comme enfeu prohibitif et banc au chanceau, écussons tant en bosse qu'en peinture aux lieux les plus honorifiques, etc. ». Le seigneur du Désert avait un droit de pêche dans la Seiche et le droit de quintaine exercé comme suit : « A Domalain, les hommes et sujets qui sont nouveaux mariés et couchent la première nuit de leurs noces en ladite paroisse (doivent se trouver) le dimanche de la Trinité audit bourg incontinent après la grand'messe parochiale, et, en présence du seigneur du Désert ou de ses officiers, qui doibvent fournir l'escu, les gaules, roquet et cheval, monter chacun à leur rang sur ledit cheval et courir avec la gaule à la main contre l'escu placé audit bourg ; et s'ils ne frappent l'escu et ne rompent leurs gaules ils doibvent 8 boisseaux d'avoine, mesure de Vitré, et s'ils rompent leurs gaules ne doibvent que 4 boisseaux, et s'ils refusent de courir doibvent l'amende de 3 livres, oultre les 8 boisseaux d'avoine » (Aveux du Désert en 1682 et 1712).

 

La seigneurie de Fourneaux : On ignore les origines de la seigneurie de Fourneaux en la paroisse d'Availles ; au commencement du XVème siècle elle appartenait à Tiphaine du Guesclin, dame du Plessix-Bertrand, qui mourut en 1417. Cette dame légua Fourneaux à son cousin Briand de Châteaubriant, sire de Beaufort, possesseur, en 1427, des domaines nobles de Fourneaux, le Val, le Verger, la Lizerie et la Tourbranerie, tous situés en Availles.

Combien de temps les sires de Beaufort possédèrent-ils Fourneaux ? Nous n'en savons rien ; mais à la fin de ce même XVème siècle, si l'on en croit le P. du Paz, cette seigneurie était aux mains de Pierre de Villeblanche, seigneur de Martigné-Ferchaud, et ce dernier la vendit, le 14 février 1496, à François de Broons, premier panetier de la reine-duchesse Anne de Bretagne (nota : Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne — Mais il faut remarquer que les Registres de la réformation de la noblesse en 1513 disent formellement que François de Broons avait acheté Fourneaux d'avec Olivier Thomelin ; or, ce dernier devait être fils d'autre Olivier Thomelin vivant en 1440 et mari de Jeanne de Châteaubriant, fille de Briand de Châteaubriant, sire de Beaufort et seigneur de Fourneaux).

François de Broons, seigneur de Fourneaux, capitaine de Morlaix en 1513 et décédé le 5 février 1537, avait épousé : - 1° en mars 1492, Miramonde de Barasouyn, morte à Fourneaux le 27 novembre 1502 ; - 2° Françoise Le Vasseur, dame de la Roë. Il eut de ses deux femmes plusieurs enfants, en partie baptisés à Availles de 1498 à 1513. Les aînés d'entre eux, François et Sébastien de Broons, durent mourir jeunes, et la seigneurie de Fourneaux passa au troisième fils, Olivier de Broons, né en 1499. Celui-ci se fit prêtre et semble avoir laissé son demi-frère, Jean de Broons, jouir avec lui de sa seigneurie. En 1541, en effet, nous voyons paraître aux montres des nobles « Olivier de Broons, seigneur de Fourneaulx, prestre (qui) se présente en robe longue et présente pour luy et Jehan de Broons, son frère, un homme à cheval très bien monté et armé, et a déclaré yceluy Olivier de Broons qu'il tenoit en revenu noble, luy et sondit frère, environ de 300 à 400 livres ; et a Jehan Poupon pour ledit seigneur de Fourneaulx faict le serment » (Ms de Missirien - Bibliothèque de Rennes). Mais Olivier de Broons mourut le 28 juillet 1545 et son frère Jean demeura seul seigneur de Fourneaux. Jean de Broons épousa, en 1541, Claude de Bernezay, dame d'Aligné en Anjou, et fut chevalier de l'Ordre du roi et gentilhomme de la fauconnerie de Sa Majesté. Il ne laissa qu'un fils, Claude de Broons ; seigneur de Fourneaux, marié de son vivant, en 1561, à Françoise Le Verrier, riche héritière de Normandie. Celui-ci, grand fauconnier de France, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et chevalier de son Ordre, « fut toujours fidèle serviteur de son roy et fut député ambassadeur vers la royne d'Angleterre » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 410) fait prisonnier par les ligueurs en 1595, il paya une grande rançon pour recouvrer la liberté. Il mourut à Aligné le 25 février 1610, mais son corps fut rapporté en Bretagne et inhumé le 25 mars en l'église d'Availles. Jacques de Broons, seigneur de Fourneaux et fils du précédent, « fit aussi de bons services, durant les troubles », aux rois Henri III et Henri IV. Il épousa Philippette de Moussy, dont il eut un fils ; François-René, baptisé à Availles le 14 septembre 1618, mais il mourut peu de temps après, le 18 octobre 1622. François-René de Broons, seigneur de Fourneaux, s'unit à Françoise d'Harcourt, qui, décédée en Normandie, fut néanmoins inhumée à Availles le 8 juillet 1651 ; l'année suivante, ce seigneur mourut lui-même de mort violente. Quelque temps après, la châtellenie de Fourneaux passa, par voie d'acquêt, à Bernard Grout, sieur de la Corderie, secrétaire du roi en sa chancellerie du Parlement de Bretagne, deuxième fils de Bernard Grout, seigneur de la Villejacquin, et de Françoise Pepin de Belle-Isle. En 1662, le nouveau seigneur de Fourneaux épousa Mathurine Geffrard, dont il eut plusieurs enfants. Devenue veuve, cette dame se consacra au service des pauvres et fonda au bourg d'Availles un hôpital qui subsiste encore. On y voit dans la salle principale un tableau représentant la pieuse fondatrice soignant elle-même les malades en 1699, avec ces deux écussons : écartelé aux premier et quatrième de sable à trois têtes de léopard d'or, aux deuxième et troisième d'argent à trois fusées rangées et accolées de gueules, qui est Grout,  — et : losangé d'argent et de gueules, qui est Geffrard. Ce fut le fils aîné des précédents, François-Pierre Grout, qui devint seigneur de Fourneaux ; il épousa Jeanne-Séraphique Baude, mais mourut sans postérité après 1752. Son successeur fut son neveu, Bernard-François Grout, fils de Mathurin Grout, seigneur de Princé, et de Guyonne Grout de Beauvais. Celui-ci, par contrat du 10 juillet 1763, vendit la châtellenie de Fourneaux et plusieurs autres seigneuries à Jacques Rhuys, sieur d'Ambito, capitaine des vaisseaux du roi et chevalier de Saint-Louis, et à Louise-Jeanne Le Jay du Pré, sa femme, qu'il avait épousée à Brest en 1742. Jacques Rhuys, seigneur de Fourneaux, mourut le 15 octobre 1765, et sa veuve continua d'habiter ce manoir, qui échut à leur seconde fille, Marie-Anne Rhuys ; celle-ci épousa vers 1770 François Chauvel, seigneur de Teillay, en Janzé ; ils furent les derniers possesseurs de la châtellenie de Fourneaux.  

Selon M. de Courcy (Nobiliaire de Bretagne, III, 444), ce fut en 1518 que le roi François Ier érigea en faveur de François de Broons la seigneurie de Fourneaux en châtellenie. Fourneaux relevait de la baronnie de La Guerche, et au siècle dernier sa haute justice s'exerçait au bourg de Moutiers, les Grout comme les Rhuys étant en même temps seigneurs de Fourneaux et de la Motte de Moutiers. Au seigneur de Fourneaux appartenaient en l'église d'Availles les prééminences, droit de fondation, banc, enfeu et armoiries. Les fiefs de Fourneaux, à cette époque, rapportaient à leur propriétaire environ 300 livres en grains, blé, avoine et froment, plus 18 livres 5 sols 4 deniers en argent, 38 chapons, 14 poules et une paire de gants. Mais le domaine proche, assez considérable, valait 3 450 livres de rente. Voici, du reste, ce qui composait ce domaine : le manoir de Fourneaux, sa chapelle, sa fuie, ses rabines et sa retenue, — les moulins à eau et à vent de Fourneaux, la Rochelle, la Morandière et les Tertres, — les métairies de Fourneaux, du Val, de Pinto, de la Morandière, de la Coudrasserie, du Verger, du Manoir, de la Barre, de la Lizerie et de la Plesse (Frain de la Gaulayrie - Tableaux généalogiques, I, 73).

Le manoir de Fourneaux, habité à la fin du XIXème siècle par ses propriétaires, M. et Mme Desmazières de Séchelles, est une intéressante construction des XVème et XVIème siècles. On y remarque surtout la tourelle octogone se trouvant à l'angle intérieur d'un bâtiment en forme d'équerre et la jolie porte principale, avec accolade et ornementations de style ogival fleuri. A l'extrémité du logis, et reliée à lui par une tribune, se trouve la chapelle, dédiée à saint Fiacre. C'est un sanctuaire très soigné qui a dû être construit par un des abbés de la famille de Broons (nota : outre Olivier de Broons, prêtre et seigneur de Fourneaux en 1541, on connaît Bertrand de Broons, abbé de Saint-Jacut (décédé en 1471), — Olivier de Broons, abbé de Saint-Melaine (décédé en 1501), — et Jean de Broons, abbé de Saint-Aubin-des-Bois, qui fit en 1500 son testament à Fourneaux même et y finit ses jours). Une grande fenêtre à meneaux flamboyants occupe le chevet et renferme les débris d'une ancienne verrière représentant la Passion de Notre-Seigneur. L'on y retrouve peints les donateurs, François de Broons et l'une de ses femmes ; on reconnaît très bien son écusson : d'azur à la croix d'argent frettée de gueules, qui est de Broons, mais celui de sa compagne a plus souffert du temps. Cette chapelle renferme aussi un autel de la renaissance très curieux avec bas-relief et statues de marbre blanc, et dans plusieurs endroits les armoiries des Grout écartelées de celles des Geffrard. Enfin, le musée de Vitré possède une cloche provenant de cette chapelle et portant l'inscription suivante : Je fus faicte l'an M Vcc XXXVIII pour Olivier de Brons sr de Fourniaulx, prenez en gré le don de nostre seur Jehenne de Brons (abbé Guillotin de Corson).

 

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jean de Beauce et Jean Baude, plusieurs nobles sont mentionnés à Availles-sur-Seiche :

le sire de Beaufort, sr. des domaines nobles de Fourneaux, du Vergier (Verger), du Val, de la Lizerie et de la Toustraxerie (Coudrasserie) ;

Robert de Queneleuc (Quéleneuc), sr. du manoir du Grant Auxé (Grand-Ossé) ;

Jean Bretaigne (Bretagne), sr. du Planteis (Plantis) ;

Jean Godelin, sr. du domaine de la Grandinaye ;

Jeanne Rouxel, dame du manoir de la Godinière.

(à compléter)

© Copyright - Tous droits réservés.