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Première entrée des évêques de Vannes dans leur ville épiscopale. |
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PREMIÈRE ENTRÉE DES ÉVÊQUES DE VANNES DANS LEUR VILLE ÉPISCOPALE.

Dans la pensée du chrétien, l'onction épiscopale élève si haut celui qui la reçoit que l'évêque devient le pasteur du troupeau, le père de la famille sainte, le lieutenant du Sauveur, l'image même de Dieu. Aussi tous les siècles de foi ont-ils toujours rendu à l'évêque catholique les hommages de la vénération la plus profonde. Ces principes, vrais dans tous les pays chrétiens, semblent encore avoir reçu dans leur application une consécration plus marquée dans notre catholique Bretagne, où l'évêque n'était pas seulement le chef du diocèse, mais encore un personnage important dans les assemblées générales de la nation. C'est surtout au moyen-âge, dans ces siècles où une foi vive voyait Dieu gouvernant toutes choses et assistant son église en particulier, c'était alors surtout que l'évêque trouvait partout l'amour le plus dévoué et le plus affectueux respect. Des diverses circonstances où éclataient ces sentiments, il en était une plus solennelle que toutes les autres : c'était le jour où l'évêque faisait sa première entrée dans sa ville et dans son église épiscopales. Le symbolisme le plus touchant, venant alors se joindre aux vœux les plus empressés, montrait combien étaient grandes la foi des peuples, l'autorité de l'évêque et l'affection filiale que faisaient naître sur ses pas les douces appellations de père des pauvres, de consolateur des affligés, de défenseur de l'opprimé, de soutien de la justice et du droit. Cette cérémonie, rendue éloquente par la pompe que l'on savait y déployer, contenait, pour le prélat comme pour les fidèles, un enseignement de leurs devoirs réciproques. Si l'évêque, à raison des intérêts temporels de son évêché, était quelquefois tenu de rendre hommage lui-même, d'un autre côté les plus hauts et les plus puissants seigneurs de la Bretagne, parfois, le Duc en personne, ne dédaignaient pas de présenter, en cette circonstance, leurs épaules pour porter l'oint du Seigneur, précieux fardeau qu'ils se trouvaient honorés de recevoir, discernant sous l'enveloppe mortelle de l'homme l'autorité du Dieu qui l'envoyait.
Jean de Montrelais, évêque de Vannes, ayant permuté avec Simon de Langres, évêque de Nantes, faisait, le quatrième jour du mois d'avril 1383 [Note : Le 4 avril tombant cette année le mardi de la Semaine Sainte, nous devons en conclure que cette date répond à 1384, style moderne], son entrée solennelle dans la ville de Nantes et dans son église cathédrale. S'étant rendu à cheval à l'aumônerie de Notre-Dame Hors-les-murs [Note : Saint-Clément de Nantes voyez le P. Dupaz, page 212], il commença par faire hommage de la monture qu'il tenait par le frein au seigneur duc de Bretagne, en reconnaissance du service que lui rendait ce prince qui le portait au jour de son entrée, et se trouvait substitué au baron de Châteaubriand jadis possesseur de ce droit. Laurent Coupegorge avait été délégué en cette circonstance pour recevoir la haquenée au nom du duc.
Puis l'évêque, revêtu de ses habits pontificaux, ayant été placé sur un brancard, fut porté depuis la porte de Notre-Dame jusqu'au chœur de l'église de Nantes par le duc de Bretagne [Note : Jean IV dit le Conquérant, avait succédé à son père le 26 septembre 1345. Il mourut le 1er novembre 1399 au château de Nantes et fut inhumé dans le chœur de la cathédrale de cette ville] en sa qualité de baron de Raiz et par trois autres seigneurs, placés dans l'ordre suivant : le sire de Pontchâteau le premier, du côté droit ; sire de Raiz le second, du côté gauche ; le sire d'Ancenis le troisième, du côté droit ; et messire Jean de Tréal, au nom du seigneur duc à cause de sa baronnie de Châteaubriant, le quatrième, du côté gauche. S'étant rendus à l'église, ils descendirent l'évêque du brancard dans la nef de l'église et le conduisirent jusqu'au maître-autel. Ensuite la messe du Saint-Esprit ayant été célébrée, l'évêque, le duc et les barons s'en allèrent au palais épiscopal où ils dinèrent tous ensemble. Le diner fini, Monseigneur le Duc, en sa qualité de baron et de sire de Raiz, revendiqua les serviettes, les nappes et le linge qui avait servi au diner. Ces objets revenaient autrefois aux aires de Raiz, mais leurs droits avaient passé au duc de Bretagne. Tout le cérémonial de cette fête s'accomplit conformément à une charte qu'exhiba Pierre Guého, prêtre, chapelain commensal de l'évêque, et qu'il assurait avoir extraite des registres ou vieux livres de l'église de Nantes [Note : Voyez dom Lobineau, tome II, col. 1615].
L'église de Vannes avait, elle aussi, ses usages particuliers ; et vingt ans plus tard, une cérémonie semblable, différente cependant en plusieurs points, s'accomplissait au milieu d'un grand concours de peuple. Comme à Nantes, l'évêque de Vannes était porté à sa cathédrale, sans que nous sachions cependant qui étaient, ceux qui le portaient. Ce qu'il y avait ici de particulier, c'est que le chapitre exigeait du nouvel évêque la promesse et le serment, trois fois réitérés, qu'il défendrait, rétablirait, protégerait de tout son pouvoir les biens, les droits, les libertés du chapitre et de l'église de Vannes.
Voyons plutôt le procès-verbal authentique constatant tous les détails de cette entrée solennelle. Ce document que l'histoire avait oublié est fort curieux ; je l'ai traduit du latin le plus textuellement qu'il m'a été possible, afin de ne lui rien enlever de son originalité.
Serment des Évêques de Vannes lors de leur première entrée dans leur église cathédrale.
« Au nom du Seigneur, amen. Par le présent instrument public qu'il soit évident à tous que, l'an du Seigneur 1404 [Note : 1405 nouveau style ; Henri Le Barbu, prédécesseur de Hugues sur le siége de Vannes avait été transféré à Nantes au mois de mai 1404], le dixième du pontificat du très-saint Père en Dieu et seigneur Benoit XIII [Note : La France reconnaissait l'obédience de Benoît XIII qui devint anti-pape lorsque la paix eut été rendue à l'église par le Concile de Constance en 1417], et le premier jour du mois de janvier, environ l'heure de prime dudit jour, Révérend Père en Dieu messire Hugues [Note : Hugues Lestoquer, natif du Minihi près Tréguier, prit l'habit de Saint-Dominique à Morlaix et fut élu évêque de Tréguier en 1403 ; transféré à Vannes, il y mourut eu 1408], par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique évêque de Vannes, faisant son entrée et étant porté de Saint-Patern à la cité et église de Vannes, et vénérables hommes l'archidiacre, les chanoines et les chapelains officiers de l'église de Vannes, étant allés processionnellement à la rencontre dudit Révérend Père à la porte de la cité, laquelle est appelée la porte Avam [Note : Cette porte Avam quelle était-elle ? Je ne le saurais dire précisément En procédant par exclusion, je puis dire que ce n'était ni la porte du Mené qui ne fut ouverte qu'en 1685 auprès de la tour des Filles (porte du Nord ou du Bourreau) — ni la porte Poterne faite en 1678. — ni la Porte Saint-Vincent qui n'était que commencée en 1594 ; à l'époque de la Ligue, cette porte commencée avait été bouchée d'un rempart en terre et en pierres, que l'on commença à enlever, en l'année 1594, pour finir la construction de cette porte, la plus nécessaire de toutes les portes de la ville pour la nécessité de tous ceux qui y trafiquent et abordent (Comptes des miseurs de Vannes de 1573 et années suiv.) — Ce n'était pas non plus la porte de la rue de la Préfecture, dite la porte Neuve, laquelle porte ne fut pratiquée qu'en 1429, à l'angle du château de la Motte pour aller du marché de Vannes à l'église Saint-Pierre par la rue du Battays, plus tard de Notre-Dame, maintenant de la Préfecture. (Lettre de Jean V, datée du château d’Elven le 25 avril 1429 : Inventaire du 17 mars 1638, aux archives de la mairie de Vannes), — La ville de Vannes possédait, antérieurement au XVIème siècle, cinq portes qui reliaient les faubourgs à la cité : 1° la porte de Calmont qui donnait communication au faubourg de ce nom avec la ville ; cette porte était située au levant de la porte de Saint-Vincent qui l'a remplacée ; — 2° la porte Gréguinic qui faisait communiquer la ville avec la terre de Kaër, maintenant le Port et les Ursulines ; cette porte, située dans les environs de la Poissonnerie, fut bouchée de terre et de maçonnerie en 1589 ; — 3° la porte fermant sur le cimetière Saint-François (les Lices) donnait passage aux Cordeliers pour venir à la ville ; — 4° la porte Saint-Salomon qui donnait entrée au faubourg et à la paroisse de ce nom ; — 5° enfin la porte dite Saint-Pater, parce qu'elle était à l'entrée de ce faubourg : plus tard elle fut appelée Porte-Prison. Cette porte qui n'a perdu que son pont-levis, est parfaitement conservée ; cependant l'exhaussement du pavé lui a fait perdre de sa hauteur et de ses proportions. Elle semble remonter à l'époque où fut bâti le château de l'Hermine par Jean IV vers 1380. Laquelle de ces portes s'appelait au XVème siècle la porte Avam ? J'inclinerais à croire que c'était la porte dite plus tard Saint-Pater, parce que ses dimensions imposantes font présumer qu'elle était la principale porte de la ville] jouxte et selon la forme, ordre et teneur des statuts à ce relatifs, dont la teneur est insérée plus bas : en notre présence et en celle des notaires publics et des témoins ci-dessous mentionnés, appelés et invités à cet effet, furent présents et constitués en personne ledit Révérend Père en Dieu, d'une part, et vénérable homme Guillaume de la Gaignoilière [Note : Cette famille était des environs de Clisson au diocèse de Nantes, voyez Dom Lobineau, tome II, col. 1418] licencié en décret, archidiacre de Vannes, d'autre part. Et le seigneur Évêque étant arrivé à ladite porte de la cité, avant qu'il ne la franchit, le sieur archidiacre adressa, en son nom et au nom du chapitre de l'église de Vannes, les questions suivantes audit Révérend Père en Dieu, commençant ainsi : — Votre entrée est-elle canonique et pacifique? — Le seigneur évêque répondit : — Mon entrée est canonique et pacifique? — Ensuite ledit archidiacre demanda : — Voulez-vous et promettez-vous de revendiquer et recouvrer, selon votre pouvoir, les biens et les droits de l'église de Vannes, si quelques-uns d'entr'eux ont été indûment aliénés ? — Le seigneur évêque répondit : — Je le veux , et je le promets. — Après quoi l'archidiacre dit à l'évêque : — Voulez-vous et promettez-vous d'observer et de faire observer, selon votre pouvoir, les statuts licites et honnêtes, les coutumes et les libertés de l'église et du chapitre de Vannes ? — Ledit seigneur évêque répondit : — Je le veux et je le promets. — Puis l'archidiacre ajouta : — Et toutes ces choses, promettez : — vous de les tenir, de les observer et de les remplir selon votre pouvoir, et le jurez-vous sur les Saints Évangiles de Dieu ? — Et le seigneur évêque répondit : — Je le promets et je le jure sur les Saints Évangiles de Dieu.
En conséquence la porte ayant été ouverte, la procession étant revenue à ladite église de Saint-Pierre, et l'évêque arrivé à la grande porte de l'église de Vannes, l'archidiacre lui exposa de nouveau les susdits statuts, et selon qu'il est dit, au même nom que durant, il interrogea en se servant des mêmes termes que ci-dessus, et l'évêque répondit de même.
Enfin, le seigneur évêque étant arrivé à l'entrée du chœur, ledit archidiacre lui fit encore la même question dans les mêmes termes ; et l'évêque répondit comme les deux premières fois. — Quant à la teneur de ces statuts, la voici telle qu'elle se comporte.
Au jour de la réception de l'évêque de Vannes, l'évêque sera porté de Saint-Patern à l'église de Saint-Pierre. La procession ira au-devant de lui jusqu'à la porte appelée porte Avam : et avant l'entrée de l'évêque dans la cité, on lui adressera certaines paroles et il répondra et prêtera serment en la forme qui suit. L'archidiacre, en son nom propre et au nom du chapitre, demandera à l'évêque : Votre entrée est-elle canonique et pacifique ? — L'évêque répondra : Mon entrée est canonique et pacifique. — Voulez-vous et promettez-vous de revendiquer et recouvrer, selon votre pouvoir, les biens et les droits de l'église de Vannes, s'il y en a qui aient été indûment aliénés ? — L'évêque : Je le veux et je le promets. — Voulez-vous et promettez-vous de défendre et conserver, selon votre pouvoir, les droits et l'état légitime de ladite église de Vannes ? — L'évêque : Je le veux et je le promets. — Voulez-vous et promettez-vous d'observer et faire observer, selon votre pouvoir, les statuts licites et honnêtes, les coutumes et libertés de l'église et du chapitre de Vannes ? — L'évêque : Je le veux et je Le promets. — Et toutes ces choses, promettez-vous de les tenir, de les observer et de les remplir, et le jurez-vous sur les saints évangiles de Dieu.
Alors la procession reviendra à la grande porte de l'église. L'évêque suivra : et à la grande porte, et à l'entrée du chœur lui seront adressées et répétées toutes les questions susdites dans le même ordre. Alors on descendra l'évêque, auprès de la dernière entrée du chœur, en face du maître-autel.
Touchant et sur toutes les choses susdites et chacune d'elles ledit sieur archidiacre et Hervé Lorieu, chanoine de ladite église de Vannes et procureur du chapitre, ont demandé à nous, notaires publics soussignés que nous leur dressions un instrument public ou plusieurs. Cet acte fut fait aux lieux susdits successivement, aux indiction, pontificat, mois et jour et heures du jour, que devant. Étaient à ce présents nobles hommes nosseigneurs Jean, sire de Malestroit et de Largoët; Jean, sieur de Kaër ; Perreux de la Forêt ; Henry Le Parisi ; Main Scauff et Jean Loppin ; Pierre Guezel ; Eudes Camus ; messires Olivier Crom ; Pierre Lebreton et Jean d'Yslande, prêtres, et plusieurs autres témoins appelés spécialement à ce qui précède, et invités » , etc. [Note : L'original latin de ce procès-verbal est aux Archives du chapitre de Vannes].
Si ce n'était pas sortir de notre sujet, nous pourrions décrire ici la cérémonie fort curieuse qui s'accomplissait à Quimper en pareille circonstance. Nous renvoyons le lecteur à une pièce très-intéressante rapportée par dom Lobineau (tome II col. 1616). Nous renfermant dans le sujet que nous avons voulu traiter, nous devons dire que nous ne saurions préciser l'époque où commença la prestation du serment que nous avons mentionné. Dès 1405 , ces statuts de l'église de Vannes sont rapportés comme étant depuis longtemps en vigueur. Si nous ne pouvons préciser non plus quand ce cérémonial a été profondément modifié, nous pouvons assurer qu'il l'était déjà dès 1648, et pour preuve nous donnons la description de ce qui se passa le jeudi 6 mars de cette même année, jour où Mgr Charles de Rosmadec fit son entrée solennelle dans la ville de Vannes [Note : Nous empruntons ce récit à un registre de l'administration diocésaine. Cet historique doit être l'œuvre de Mathurin Nicolazo, secrétaire de Mgr Sébastien de Rosmadec et de Mgr Charles de Rosmadec son successeur].
Au mois de juin 1647, messire Charles de Rosmadec, abbé du Tronchet, fut nommé à l'évesché par la Reine pendant la régence et, quoyque ce diocèse ait beaucoup d'obligations communes avec toute la province à hault et puissant seigneur, messire Charles de la Porte, duc de la Meilleraye, mareschal de France et lieutenant pour Sa Majesté en Bretagne, elle a celle en tout particulière d'avoir appuyé de ses soins la promotion d'illustrissime et révérendissime Père en Dieu, messire Charles de Rosmadec, qui estait universellement et fortement désiré de tous à raison de sa naissance et des belles qualités de son esprit. Le 21 octobre 1647, il fut consacré à Paris, en l'église professe des PP. Jésuites où il s'étoit retiré quelques jours auparavant. La cérémonie fut faicte par illustr. et révér. Père en Dieu, messire René de Rieux, évêque de Léon, assistants les illustr. et révér. Pères en Dieu, messire Denis Cohon évesque comte de Dol, et messire Denis de la Barde , évesque et seigneur de Sainct-Brieue, en présence de plusieurs seigneurs, que monseigneur le maréchal de la Meilleraye mena ensuite dîner à l'Arsenal .....
Monseigneur estant arrivé de Paris au mois de décembre suivant, son grand-vicaire (Henri Basseline, docteur en théologie de la Faculté de Paris, grand-vicaire et archidiacre de Châlons en Champagne), l'estant allé trouver en sa maison de Comper [Note : Maison noble de la paroisse de Concoret, alors du diocèse de Saint-Malo, maintenant de Vannes ; Monseigneur Charles de Rosmadec y était né] et lui ayant représenté que son diocèse avoit besoin de prestres, ne pouvant encore se rendre en son église cathédrale, il se résolut de tenir les Ordres le 21 décembre dans l'église paroissiale de Malestroit, ce qu'il fit après l'examen. Le 20, les habitus, sçachants qu'il devait arriver, se partagèrent : les plus notables allèrent au-devant à cheval, les autres se mirent soubs les armes, et il entra dans l'église pour adorer le sainct Sacrement, où les ecclésiastiques l'attendoient ; de là, il fut conduit dans la maison de M. le lieutenant qu'on lui avoit préparée, où la ville le logea et le traita jusqu'au 22, qu'il se retira à Comper ; les juges le saluèrent en corps et le complimentèrent, la ville pareillement, et mirent ses armes sur le portail de l'église, à la porte de la ville et de sa maison.
Le 5 mars 1648, Monseigneur vint coucher au Plessix-Josso [Note : Le Plessix-Josso était une maison noble de la paroisse de de Theix, appartenant à la famille de Rosmadec], où il fut salué par Messieurs les députés du chapitre, Monsieur Duraneau portant la parole. Le jeudi 6 comme on sçut qu'il venoit en ville, Messieurs du Chapitre Monsieur le Scindic de la ville et les habitants allèrent au-devant jusqu'à Theix, et ayant sceu qu'il ne désirait aucune cérémonie à son entrée, ils le rendirent en son château de la Motte, où il descendit sur les trois heures après midy, avec nombre de seigneurs et de gentilshommes qui l'étoient allé visiter ; sur les quatre heures il fut salué en corps par Messieurs du Chapitre, Monsieur l'archidiacre (René Gouaust) portant la parole, (ils) présentèrent par les archiprestres le pain et le vin. Messieurs du Présidial le complimentèrent en corps par la bouche de Monsieur le président, et le corps de ville par Monsieur Sabraham ancien advocat, et ensuite firent présents de plusieurs bassins de confitures, de flambeaux, bougies et chandelles de cire blanche enrichies de ses armes, de vin et hypocras. Le reste du jour passa à recevoir les visites des Ordres religieux et des particuliers qui se rendoient à foule. Ses armes furent attachées à la porte de la ville où il passa, au portail de son église et de son palais.
Le 9 de mars qui estoit le second dimanche de Carême, tout le clergé de la ville et faubourgs et les Ordres religieux, sur les neuf heures du matin, vinrent prendre processionnellement, le Chapitre en chappes, Monseigneur en la chapelle de l'évesché où, estant revestu de ses habits pontificaux, il commença l'hymne Veni creator, que Monsieur le Chantre (Jean Chenault) avec son bâton cantoral lui avoit porté, qui fut continué par la musique : au bas du degré de l'evesché, quatre des plus anciens scindics luy présentèrent le dais après avoir receu sa bénédiction, et le corps de ville lui fist un petit compliment par M. Sabraham, et tous se rendirent processionnellement en l'église Cathédrale, où il officia et donna la sainte communion à un très-grand nombre de monde qui y étoit accouru pour participer à l'indulgence plénière qu'il avait obtenue de Sa Saincteté. Après quoi il traita son Chapitre en corps et assista au sermon, où il fut salué par le P. Marc de Varennes, recteur du collège des PP. Jésuites, qui y preschoit le Caresme. Le 10, il traita le corps du Présidial, le 11 le corps de ville, et demeura en la ville dans un employ continuel de ses fonctions ».
(abbé J.-M. Mouillard).
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