|
Bienvenue ! |
PETIT HISTORIQUE DE ROSCOFF |
Retour page d'accueil Retour page "Ville de Roscoff"
PETIT HISTORIQUE DE ROSCOFF.
L'ancêtre du Roscoff actuel, Rosko Goz, existait vraisemblablement avant l'arrivée des Romains, au début de l'ère chrétienne Ce devait être un simple village de pêcheurs situé sur l'anse du Laber, aux environs de l'Hôtel du Gulf-Stream, à peu près à l'emplacement de la Maison Saint-Luc ; on y voit actuellement une croix. Sur l'emplacement du Roscoff « moderne », il n'y avait que quelques hameaux de trois ou quatre maisons, trois ou quatre feux comme l'on disait alors. Il n'en reste à peu près rien mais l'étude de plans anciens permet de les situer :
— Le Raz, à la jonction de la rue Brizeux et de la rue Jules-Ferry ;
— Ar Guelen
(devenu Le Quelen), à l’emplacement de la Societe Générale ;
— Le Theven,
en descendant de Sainte-Barbe.
Le noyau central de tous ces petits hameaux était la place Ty-Coz Barquet, à l'emplacement du Café « Ty-Pierre ». De cette place partait le Chemin de la Grande Fontaine (la rue Yann-d'Argent et les rues qui lui font suite). La Grande Fontaine était située en un hameau nommé Goaz-Prat (La Ruisseau de la Prairie), au bout de la rue des Capucins. Il y a quelques années, elle alimentait encore un lavoir qui, comblé, sert maintenant de parking.
***
Au Vème siècle. ROSKO-GOZ voit l’arrivée des premiers Celtes Bretons chassés de Grande-Bretagne par les Saxons. Avec ces premiers colons débarquent de nombreux moines dont Pol dit l'Aurélien. Celui-ci fonde le 1er évêché du Léon à Castellum Legione (Le Château de la Légion) qui deviendra Saint-Pol-de-Léon.
Il fonde également un monastère sur l'Ile de Batz, après avoir délivrée l’île d'un dragon qui attaquait les animaux et même les personnes. Il y meurt en 594.
Rosko-Goz menait alors une vie paisible, ses habitants pratiquaient la pêche entière et cultivaient peut-être dejà le lin pour en faire des toiles renommées. Son commerce se faisait principalement par voie maritime car d'épaisses forêts couvraient l'intérieur de la région.
Ses malheurs vont bientôt commencer.
En 810, puis en 893, les Normands qui se sont installés dans l’Ile de Batz, ravagent et pillent le pays, massacrant les habitants, brûlant les fermes. Chassés en 939, ils reviennent en 960 A chaque fois, les Roscovites reconstruisent leurs foyers détruits et la vie reprend peu à peu.
En 1357, ce sont les Anglais qui s'emparent de la pointe de Bloscon ; en 1363, Duguesclin les en chasse mais en 1374 ils reviennent, incendient Rosko-Goz et la Chapelle du KreisKer, à Saint-Pol-de-Léon.
Les Roscovites décident alors de s'installer ailleurs pour s'y fortifier et construire un port plus abrité. Vers 1387 commence l'immigration sur le site de Roscoff actuel et c'est alors, également, que Roscoff va entrer dans l'Histoire pour ne plus en sortir.
En 1404. une flotte de 30 navires de guerre se groupe dans l'anse du Laber sous les ordres de Jean du Penhoat, amiral de Bretagne, et remporte sur les Anglais une victoire éclatante à la Pointe Saint-Mathieu, leur prenant 40 vaisseaux.
Cette victoire sur mer ne met pas fin à la lutte contre les Anglais.
En 1461, un navire armé par les hardis marins Roscovites et Saint-Politains entre dans le port de Plymouth et coule plusieurs barques anglaises.
En 1463, Olivier Riou, cadet de la Maison de Kerangouez, capture un corsaire anglais... dans la baie de Pempoul à Saint-Pol-de-Léon.
C'est en 1746, après la bataille de Culloden, qui lui a été funeste, que le prétendant à la couronne d'Angleterre, Charles Edouard, trouve refuge à Roscoff, avant de se rendre à Mortaix. Il fut logé chez M. de Kerautren, rue des Perles, maintenant rue Armand-Rousseau.
Mais le point culminant de la vie « historique » de Roscoff fut, certainement, le
débarquement de Marie Stuart, en août 1548. Elle était alors âgée de huit ans
et devait, dix ans plus tard, épouser le Dauphin de France, roi sous le nom de
François II.
Pendant de longues années, deux maisons de Roscoff se
disputèrent l'honneur d'avoir hébergé Marie Stuart. Las ! La découverte récente
des actes de vente des terrains, en bord de mer, des rues Gambetta et
Amiral-Réveillère a réduit à néant cet honneur : les deux maisons en question ont
été construites postèrieurement au débarquement de Marie Stuart. Pourtant l'une
d'elles porte encore, au-dessus de sa porte, une plaquette « Marie Stuart House
».
Vers 1500, seules les maisons situées aux numéros pairs de la rue Amiral-Revellère étaient construites, elles donnaient directement sur la plage ou sur la dune qui constituait une « franchise », propriété féodale de l'évêque du Léon. Une seule vraie rue existait : la rue des Perles (rue Armand-Rousseau) : à l'extrémité Est de cette rue, vers la Maison de la Presse, se tenait un marché.
Signalons l'existence dans cette rue de magnifiques lucarnes sculptées.
***
L'on ne saurait parler de Roscoff sans évoquer sa vie religieuse.
De nombreuses chapelles sont encore visibles : Sainte-Barbe, Bonne Nouvelle (sur la route de Saint-Pol), Sainte-Anne, siège de l'Office du Tourisme ; Saint-Nicolas, chapelle de la Maison de Retraite ; la chapelle des Capucins, Deux ont disparu. Celle de Saint-Roch/Saint-Sébastien se trouvait vers le Port, en eau profonde ; elle faisait partie d'un ensemble crée en 1598 pour recueillir les pestiférés et comprenant le lazaret, chapelle et cimetière. Son clocher couronne maintenant la chapelle Sainte-Barbe.
En ville l'on trouvait la chapelle Saint-Ninien, entre les deux maisons dites « de Marie Stuart ». C'était probablement le monument le plus ancien de Roscoff ; elle fut demolie en 1932 pour construire la voie d'accès au nouveau port. Jusqu'en 1754, elle avait servi de lieu de réunion à ce que nous appelons aujourd'hui le Conseil municipal.
En Bretagne, une agglomération ne peut vivre sans son église et Saint-Pol-de-Léon est relativement loin de Roscoff, or c'est en sa basilique que devaient se rendre les Roscovites pour satisfaire à leurs devoirs religieux. Ils décident donc, au début du XVIème siècle, de construire leur église, mais cette réalisation se heurte à une difficulté majeure : l'évêque de Saint-Pol refuse de donner le terrain nécessaire, dont il est propriétaire, pour des raisons assez confuses. Les Roscovites obtiennent du Parlement de Bretagne confirmation de leur droit à bâtir leur église. Ils comblent alors une partie des dunes et, en 1515, les travaux commencent. Une première tranche est terminée en 1549 ; elle correspond à la nef actuelle. Refus de l'évêque de venir consacrer la nouvelle église, nouveau procès ; cette fois, au Conseil du Roi, nouvelle victoire des Roscovites et, en 1550 l'église et son cimetière sont enfin ouverts officiellement au culte.
L'église, dédiée à Notre-Dame de Croas-Batz, est de style « Gothique Flamboyant ». Elle est formée d'un berceau droit, sans transept mais avec nefs latérales. Elle fut lambrissée en 1610.
Au cours des années successives, selon les possibilités financières des Roscovites, elle fut agrandie et modifiée. Dès 1549, on construisit le clocher, terminé en 1576 il est de style « Renaissance ».
A l'origine de nombreux autels ornaient les murs latéraux mais en 1777, au cours de grands travaux de réfection, ils furent enlevés ou déplacés. Il n'en subsiste que deux.
On admirera l'autel richement orné. Le rétable, de facture Flamande, a été offert par Messire de Penarpont ; il présente la curiosité de posséder deux tabernacles superposés.
***
La place de l’Eglise nous rappelle une époque marquante de la vie de Roscoff.
Au fond de la place, au Nord, une maison à volets verts, au mur orné de deux appliques en faïence. Au début du siècle, c'était l'Auberge du Pigeon Blanc ; c'est là que le savant Lacaze-Duthier entreprit les premières études sur la flore et la faune marines roscovites. Ces études devaient connaître un retentissement considérable, elles furent à l'origine de la création de la Station Biologique actuelle.
Près de cette ancienne auberge, l'on peut voir les restes du Fort de la Croix qui défendait la passe Ouest du port de Roscoff ; la passe Est était défendue par le Fort de Bloscon.
De l'autre côté de la place, la maison de Tristan Corbière.
Face à l'église, au coin de la rue menant au cimetière et de la rue Albert-de-Mun, se trouvait l'Hôtel de France, aujourd'hui propriété de la Station Biologique. Sur une vieille carte datant de 1323, on y voit un hameau : Theven Croas-Batz qui doit être le berceau du Roscoff actuel, plus récemment il existait en cet endroit une auberge pompeusement appelée « Hôtel de la Clef des Champs ». C'était le terminus de la diligence reliant Roscoff à Morlaix.
N'oublions pas, enfin, que Roscoff fut le premier centre mondial de Thalassothérapie et que, actuellement, trois établissements spécialisés et une maison de repos sont à même de faire bénéficier enfants et adultes des bienfaits du climat marin particulièrement vivifiant de notre région.
***
Longtemps isolé en cette pointe du continent, Roscoff a vu ses transactions commerciales facilitées avec l'intérieur du pays par la construction du tronçon de voie ferrée Morlaix-Roscoff, en 1883. Depuis 1972 ses horizons se sont encore élargis par la construction du Port en eau profonde qui permet des accostages à toute heure, sans tenir compte de l'heure de la marée, ce qui a conduit à la création d'une ligne de carferries permettant de relier Roscoff d'abord à Plymouth, puis à Cork et à Santander via Plymouth.
Avec cette nouvelle création et d'autres qui ne peuvent manquer d'être envisagées dans l'avenir, nous pouvons souhaiter à notre commune « Longue vie et prospérité ».
(Bernard Duchesne, 1981).
© Copyright - Tous droits réservés.