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INFORMATIONS DIVERSES SUR LA VILLE DE MINIHY-TREGUIER

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Le mot breton minihy correspond au français "refuge" [Note : La famille du Minihy en Léon s'appelle aussi du Refuge (P. Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, t. III, 1890, p. 27)]. Le minihy de saint Tugdual ou fief de l'évêque de Tréguier possédait des franchises protégées sous peine d'excommunication par les statuts synodaux des évêques de Tréguier en 1334 et 1371 (Lobineau, Preuves, col. 1607-1608).

Kermartin appartenait au minihy, comme on peut le voir par le testament de saint Yves de 1297 (Monuments originaux de l'hist. de S. Yves, p. 488). Lorsque saint Yves y mourut en 1303, le manoir de Kermartin était de parrochia Trecorensi (Mon. orig., p. 12), c'est-à-dire de la paroisse de Tréguier [Note : C’est pour cette raison que le saint fut inhumé dans la cathédrale de Tréguier, qui était l'église de sa paroisse : de et in cujus ecclesie parrochia idem dominus Yvo erat (Mon. orig., p. 35)].

En 1437, il y avait une paroisse dite Ploelantreguer et cette paroisse avait un minihy (Arch. de la Loire-Atl., B 2982). Il est encore question de la paroisse de Plouelantreguier au XVIIème siècle (Arch. des C-du-N, 1 G év. de Trég., carton 98). Il semble que le minihy s'étendait sur toute la paroisse car, dès 1656, elle est appelée le Minihy Plouelantreguier (même carton, pièce 405). Il s'agissait bien d'une paroisse indépendante car elle avait un recteur dès 1659 (état civil). Cependant, cette paroisse n'avait pas d'église paroissiale propre et les baptêmes se sont faits pendant tout l'Ancien Régime sur les fonts de la cathédrale, comme pour les deux paroisses de la ville (voir la notice de Tréguier).

Cette paroisse, qui appartenait au diocèse de Tréguier, est dite aussi Le Minihy proche Tréguier en 1715, Minihy en Tréguier en 1738, Le Minihy Tréguier en 1788 (2 G 119, Minihy, délib. du général). Elle élut sa première municipalité le 8 février 1790. Bien que paroisse rurale et non paroisse urbaine, elle fut d'abord omise sur la liste des municipalités du département, mais cette erreur fut réparée et elle y fut inscrite le 25 novembre 1790 (Arch. des C-du-N, 1 L 281, fol. Il v°).

La forme actuelle Minihy-Tréguier, apparue dès cette époque, fut consacrée par l'arrêté des Consuls en date du 5 brumaire an X (27 octobre 1801).

Par ordonnance du 15 février 1836, la commune de Minihy-Tréguier a cédé à celle de Tréguier :

1) la maison des Buttes ;

2) le faubourg de Kerfant et la chapelle Saint-Michel.

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Les principaux monuments anciens de cette commune sont les suivants :

1) l'église Saint-Yves, ancienne chapelle dont la voûte fut achevée en 1418, devenue église paroissiale en l'an XII, après le Concordat, enfin classée monument historique par décret du 8 août 1923 ;

2) le manoir de Mézaubran (XVème s.), éponyme de la famille Le Gualès de Mézaubran. Ce manoir a été inscrit sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 20 janvier 1926 ;

3) l'aqueduc construit sur le Guindy (1610), inscrit sur l'inventaire supplémentaire le 17 avril 1931 ;

4) la fontaine de Saint-Marc. La chapelle du même nom, construite au XIXème siècle mais où avait été réemployé un fenestrage du XIVème siècle, a été détruite récemment ;

5) la chapelle Saint-Joseph de Mézaubran (XVIIème s.) ;

6) le manoir de Kerpunz (XVIIème s.), aujourd'hui ferme ;

7) le manoir de Keroudot, dont la façade nord est ancienne ;

8) le manoir du Merdy ;

9) le château de Troguindy ;

10) le calvaire situé près de l'église ;

11) la Croix Rouge ou Croas Ru ;

12) le manoir de Kernabat ;

13) le manoir de Kermin ;

14) le manoir de Saint-Renaud (XVIème s.) ;

15) le moulin de Pont-ar-Scoul qui a servi au teillage du lin jusqu'en 1969 (le dernier de la région) ;

16) le colombier de Kermartin (XIIIème s.) ;

17) le manoir de la Chapellenie, ancienne résidence des desservants de la chapelle de Kermartin ;

18) le manoir de Crech-Martin ;

19) le manoir de Guernalio. Les communs sont des restes de l'ancien château ;

20) le manoir de Keriec, aujourd'hui ferme ;

21) le manoir de Kerivoalan, aujourd'hui ferme ;

22) la ferme de Binen (1642) ;

23) la maison de Traou-Miquel (1639) ;

24) la ferme de Kerallic (1788) ;

25) la maison de Traou-Martin (XVème s.) ;

26) le moulin de Kerzehan ;

27) le manoir ou ferme de Kerzehan, dans lequel a été réemployé le porche d'une chapelle ancienne ;

28) le monument dédié à saint Yves (XVème s.), dans le cimetière ;

29) le menhir de Kerfos ;

30) les débris de la voie romaine de Tréguier à Carhaix ("route de la duchesse Anne"), près de Langazou, Kermartin et Traou-Martin.

Le littoral de Minihy-Tréguier fait partie d'un site inscrit le 25 février 1974. Sur la commune, ce site s'étend jusqu'à la route nationale n° 786, au chemin départemental n° 8, aux voies communales n° 1 et 6 et à la rive gauche du Jaudy et du Guindy.

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Les principaux événements qui ont eu lieu dans cette commune sont les suivants :

1) en 1293, saint Yves fonda la chapelle de Kermartin au minihy de Tréguier. Ce fait est rappelé dans une confirmation de la fondation, dite "testament de saint Yves", en date du 2 août 1297 (Mon. orig., p. 488). Cette chapelle a été réédifiée au début du XVème siècle et elle est devenue église paroissiale en l'an XII ; on conserve dans la sacristie un "missel de saint Yves" ;

2) le 19 mai 1303, saint Yves mourut au minihy, paroisse de Tréguier, dans son manoir de Kermartin ;

3) en 1834, le manoir de Kermartin fut démoli "pour cause de vétusté". La même année, Mgr de Quelen, archevêque de Paris et propriétaire du manoir, fit reconstruire une maison sur le même emplacement et apposer une plaque sur sa façade ;

4) le 1er avril 1907, un incendie détruisit entièrement la maison de Kermartin, qui appartenait alors à M. Guillerm, maire de Tréguier. Le "lit de daint Yves", qui y était conservé fut détruit ; on en fit faire une copie ;

5) dans la nuit du 22 au 23 juillet 1944, le Cte de Roquefeuil a été tué d'une halle dans le parc de son château du Bilo.

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Au Minihy-Tréguier est attaché le nom d'un des saints patrons de la Bretagne : saint Yves Haelori de Kermartin, né à Kermartin en 1253, le 17 octobre croit-on, étudiant à Paris (1267) puis à Orléans (1277-1279), official (c'est-à-dire juge du tribunal ecclésiastique de l'évêque) à Rennes (1280) puis à Tréguier (1284), recteur de Trédrez (1284-1292) puis de Louannec (1292-1303), mort à Kermartin le 19 mai 1303. Une enquête pour sa canonisation fut décrétée par bulle du 26 février 1330. Il fut canonisé par bulle du 17 mai 1347.

(Bulletin d'informations des maires).

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MINIHY-TRÉGUIER (en 1890).

Superficie : 1,207 hectares. — Population : 1,516 habitants.

Le bourg est situé sur les bords du Jaudy, et la commune s'étend à l'ouest jusqu'au Guindy.

Le territoire à base de schiste ardoisier, est très accidenté. Les pommiers et les bois de diverses essences y réussissent bien. Son sol riche, bien fumé et bien cultivé, donne de belles récoltes.

L'église paroissiale est la chapelle de l'ancien manoir de Kermartin, où naquit le 17 octobre 1255 saint Yves Elory, très vénéré dans toute la Bretagne. C'est un élégant édifice en partie du XVème siècle ; la tradition locale en attribue la construction à ce saint personnage.

Saint Yves, devenu prêtre, fut nommé official de l'évêque de Tréguier, et ensuite recteur de Trédrez et de Louannec. Après avoir fait de brillantes études de droit à Paris, il se dévoua à défendre les causes des indigents, tout en soignant dans son manoir les nombreux malades que le bruit de ses vertus y attirait. Les hommes de justice l'ont pris pour patron. Il mourut le 19 mai 1303 et fut inhumé dans, la cathédrale de Tréguier. Sa canonisation eut lieu en 1347. Son testament est écrit sur un tableau placé dans l'église et l'on conserve les restes de son bréviaire, beau manuscrit sur vélin.

En 1834, le manoir de Kermartin, acquis par Mgr de Quelen, archevêque de Paris, a été reconstruit ; une plaque en marbre, placée au-dessus de la porte, rappelle qu'en ce lieu est né l'illustre Yves.

La paroisse du Minihy a joui pendant longtemps du droit d'asile, d'où lui vient son nom.

On exploite quelques carrières d'ardoises, dont les produits sont de médiocre qualité.

Une seule école mixte existe dans la commune.

Le bourg n'est traversé que par des chemins vicinaux ordinaires.

(J. Rigaud).

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