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LES SEIGNEURS DU POUL EN MELLIONNEC. |
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II — LES SEIGNEURS DU POUL.
[Note :
Poulmenec, Armorial de Courcy, art. Raoul ;
Poulmineur, Guérin de la Grasserie]
I. — POHER et MUR.
La paroisse de Mellionnec possédait plusieurs manoirs très anciens : Le Poul, ou Poulmenec, ou encore Poulmineur ; Kerelgoualc'h, ou Kerelgommarc'h, aujourd’hui Kergommarc'h ; Tresgarantez, ou Trégarantec ; Restambleysse ; Kergourant ou Kergorant.
Le plus vieux de ces manoirs paraît être celui du Poul, si nous en jugeons par la date de 1013, trouvée inscrite sur une pierre provenant de l’ancien bâtiment, aujourd’hui reconstruit en maison moderne. Le mot Poull, en langue bretonne, signifie creux, cavité, fosse, étang, lac, etc. [Note : Le Gonidec, Dictionnaire Breton-Français. Armorial, art. Raoul], étymologie très justifiée par la situation de ce manoir. Il se trouve, en effet, à peu de distance du bourg de Mellionnec, au bas d’une colline, près d’une immense prairie, arrosée de nombreux ruisseaux, qui, jadis, alimentaient un étang, actionnant le moulin voisin qui porte le même nom. Ces sources réunies forment un cours d’eau assez important, qui serpente à travers la vallée verdoyante, encadrée de collines rocheuses, ramifications des Montagnes Noires, et va se jeter dans les ondes limpides du canal de Nantes à Brest. L'éminence boisée qui domine le Poul, est l’un des points culminants de la région montueuse dont fait partie la paroisse de Mellionnec, sans cesse balayée par les courants opposés des vents de mer, qui, venus de l’Atlantique et de la Manche, se donnent rendez-vous sur ce Kein-Breiz, ou Echine de la Bretagne, pour s’y livrer de perpétuels combats. De ces sommets abrupts on jouit d’un magnifique panorama, embrassant une portion notable des départements du Morbihan et des Côtes-du-Nord, parsemée de manoirs et de chapelles de granit [Note : Du petit bois qui domine Le Poul, on aperçoit notamment les chapelles de Gurvanez, de Saint- Roch, de Kelven et de Krenenan].
La tradition prétend non sans quelque raison que nos ancêtres utilisèrent jadis ce point stratégique et que Gaulois ou Romains y établirent un camp ou un poste d’observation. On signale, en effet, à Kerelgouac’h les restes d’une enceinte fortifiée [Note : A. Joanne, Géographie des Côtes-du-Nord].
1013 : Le manoir du Poul trouve son plus ancien document historique dans cette date de 1013, gravée sur la pierre dont nous avons signalé l’existence, encastrée dans le pignon de l’habitation actuelle. Cette pierre était auparavant placée dans la façade de la demeure de l’aumônier, à l’entrée de la cour, et provient sans doute d’une construction encore plus ancienne [Note : Notes de M. Y. Le Guen. Archives du Poul].
Quelques débris d’écussons ont été aussi découverts au Poul, mais ils sont très frustes : l’un d’eux a pour supports : deux lions se faisant face, posant la patte sur une couronne [Note : Notes de M. Y. Le Guen. Archives du Poul].
L'ancien propriétaire du Poul, M. Le Guen, qui a fait d’intéressantes recherches sur le passé de cette terre, en attribue la possession, dès le commencement du XIème siècle, aux vicomtes de Poher, soit alors à :
1027 : 1° GUETNEUC, vicomte de Poher, en 990 [Note : Dom Morice. Pr. I, col. 347], qui existait encore en 1027 [Note : Ogée, Dictionnaire de Bretagne, T. I, p. 147, art. Carhaix]. Puis, successivement, à son fils,
1040 : 2° RIVALLON, vicomte de Poher en 1040 [Note : Généalogie de La Rivière Mur, par M. René Le Cerf, et Cartulaire de Quimperlé], puis à
3° RIVALLON, fils cadet de ce dernier, et seigneur de Mur [Note : Généalogie de La Rivière Mur, par M. René Le Cerf, et Cartulaire de Quimperlé], d’où
4° GESTIN DE MUR, fondateur de Châtel-Gestin de Mur [Note : Généalogie de La Rivière Mur, par M. René Le Cerf, et Cartulaire de Quimperlé], d’où
1161 : 5° EUDON DE MUR, qui vivait en 1161 et avait épousé la seconde fille de Rivallon-ar-Broch, seigneur de Corlay et Guesnic [Note : Généalogie de La Rivière Mur, par M. René Le Cerf, et Cartulaire de Quimperlé], d’où
1184 : 6° CADORET DE MUR, présent en 1184 à la fondation de l’abbaye de Bonrepos par Alain de Rohan et Constance de Bretagne, dame de Mur et de Corlay. Puis à son fils
1257 : 7° GARIN DE MUR, chevalier, vivant en 1257, qui épousa Beatrix de Rostrenen, d’où, entre plusieurs autres fils :
1284 : 8° CRISTOPHE DE MUR, qui épousa : 1° Jeanne de Montfort, et, 2° Louise de la Rivière, fille de Thibaud, sieur de la Rivière, paroisse du Haut-Corlay. Christophe de Mur prit, pour lui et ses descendants, le nom et les armes de la Rivière : « D’azur à la croix engreslée d’or (sceau 1380) aliàs : cantonnée à dextre d’une fleur de lys de même (sceau 1382) aliàs : au franc canton de Rohan (sceau 1387) aliàs : écartelé, au 1 de Rostrenen, au 4 de Kergorlay, au 2 de Rohan, au 3 de la Rivière ». Devise : « Unde quaque inspiciendum » [Note : P. Potier de Courcy, Nob. et Armorial de Bretagne].
Nous avons dit plus haut ce que nous savons des vicomtes de Poher, possessionnés dans la paroisse de Mellionnec, et montré par quelle succession le manoir du Poul aurait, dit-on, appartenu aux membres de la maison de Mur, puis à la branche de cette maison fondée par Christophe de Mur et Louise de la Rivière, sous les noms et armes de La Rivière-Mur. La Maison de Mur qui remonte aux comtes de Cornouaille, s’armait : « de gueules au château sommé de trois tours d’argent » (Comtesse du Laz, La Baronnie, du Faouet). Elle se fondit au XVème siècle dans celle du Juch, par le mariage de Louise de Mur, héritière de sa maison, fille de Jan, seigneur de Mur en 1415, et de Perronnelle de Boutteville, avec Hervé, seigneur du Juch (Filiation des Boutteville, par Guy Autret, seigneur de Missiren (Bibliothèque Nationale). Toutefois nous ne possédons de documents absolument probants sur les possesseurs successifs de la seigneurie du Poul qu’à dater de l’année 1396, époque où elle appartenait aux Grignon de la Forest, nous ne savons par quelle filiation ou alliance.
II. — GRIGNON de LA FOREST.
1396 : HENRI GRIGNON, sieur de la Forest (en Languidic), fit hommage au vicomte de Rohan, en 1396, pour sa seigneurie du Poul. Les Grignon avaient pour armes : « d’argent au chef de sable » [Note : P. Potier de Courcy, Nob. et Armorial de Bretagne] et leur berceau était le château de la Forest, haute, moyenne et basse justice, situé en la paroisse de Languidic, près d’Hennebont. La Forest, à cette époque (vers 1400), appartenait à Pierre de la Forest, que nous croyons frère aîné de Henri Grignon, seigneur du Poul. Ce Pierre de la Forest, fut seigneur de Trégarantec, en Mellionnec, en 1427, et habita ce château, où lui succéda son fils, aussi nommé Pierre de la Forest [Note : Archives de la Loire-Inférieure, Seneschaussée d’Hennebont, B 1566].
1448 : En 1448, le Poul appartient à GUILLAUME GRIGNON, noble homme, ainsi que le désigne une enquête, à cette date, pour exempt de fouage. Il figure encore, en la paroisse de Mellionnec, comme seigneur du Poul, en 1464 :
1464 : « Montre du 8 septembre, XXX livres à Guillaume Grignon, un cheval paltoc sallade » [Note : De Laigue, La Noblesse Bretonne aux XVème et XVIème siècles].
1477 : Il fait partie, en 1477, de la compagnie du sire de Guémené : « Guillaume Gringnon (sic), par Nicolas Rouzault, jusarmier en brigandine » [Note : Montres de l’Evêché de Vannes, Compagnie du Sire de Rohan Guémené]. Et, la même année, il est mentionné à la montre du 21 avril : « Guillaume Grignon, par Nicolas Rouxault, un cheval brigandine sallade, espée, dague, injonction de voulge » [Note : De Laigue, La Noblesse Bretonne, etc].
1481 : En 1481, le 4 septembre : « XX livres Guillaume Grignon, par Jehan Kergul, en brigandine et pertuisane » [Note : De Laigue, La Noblesse Bretonne, etc].
Guillaume Grignon épousa Olive Dolo, dame du Roz, des Dolo, seigneurs dudit lieu, paroisse de ce nom, de la Ville-Gourio, de la Ville-Mario et de Pontlo, paroisse de Plourhan, du Roz, paroisse de Merléac et autres lieux, portant « De gueules à dix billettes d’argent : 4, 5, 2 et 1 » alias « de gueules au sautoir d’argent cantonné de douze billettes de même » (sceau de 1415) [Note : P. Potier de Courcy, Armorial de Bretagne. Nous trouvons d’autre part une alliance d'Olive Dollo, dame du Roz en Merléac, avec Guillaume Le Lart, seigneur de Kerverzer, d’où postérité. (Comtesse du Laz, Généalogie de la Maison de Saisy de Kerampuil). La date de cette union n’est pas indiquée].
1514 : La
réformation du 8 janvier 1514 nous apprend que Guillaume décéda peu après 1481 :
« Le manoir du Poul noble à feu Guillaume Gringnon (sic), après à feu Henry
Gringnon, son fils ; puis à Nicolas Gringnon, fils dudit Henry à présent y
demeurant, seigneur, nobles gens ». Cela nous indique que
le Poul, après Guillaume, passa à son fils :
1477 : HENRY GRIGNON, qui, en 1477, avait comparu comme homme d’armes de Pierre de la Forest, en la compagnie du sire de Guémené : « Pierre de la Forest, comparu par Henri Gringnon, homme d’armes à V chevaulx pour sa selle ; Pierre Aubret et Jean Signach, archer ; Jehannin Le Perrier, constillour » [Note : Montres de l’Evêché de Vannes, Compagnie du sire de Guémené].
Puis au fils de Henry :
1514 : NICOLAS GRIGNON, qui était seigneur du Poul et y demeurait au mois de janvier 1514.
D’après des titres faisant partie des Archives du Poul, et nous ne savons à la suite de quelles circonstances, nous trouvons de nouveau, comme possesseurs de cette terre, des seigneurs de Mur :
1536 : LOYS DE MUR, en 1536, et ensuite :
1647 : MARGUERITE DE MUR, qui était, selon toutes probabilités, la fille du précédent, et qui porta la terre du Poul dans une autre maison par son mariage avec Thépault Raoul [Note : Titre de 1649 aux Archives du Poul].
Un titre du 27 décembre 1647 porte « Dlle Marguerite de Mur dame du Poul » [Note : Archives du Poul].
Un autre, daté de 1649, mentionne « Thépaul Raoul et Dlle Marguerite de Mur, sa compagne ; Thépault Raoul, seigneur du Poul par sa femme » [Note : Archives du Poul]. Nous en pouvons conclure que leur mariage eut lieu en 1648 ou 1649.
III. — RAOUL.
Les Raoul dont il s’agit ici n’ont rien de commun avec ceux de la Guibourgère et de Saint-Ouen, dans l’évêché de Nantes.
1649 : THÉPAUL RAOUL, époux de Marguerite de Mur et seigneur du Poul par sa femme [Note : Titres du 28 décembre 1647 et de 1649 (Archives du Poul) cités par ailleurs] en 1649 appartenait à la maison cornouillaise des Raoul de Kermapjégou, en Plouguernével, de Kersaintéloy et de Kerriou en Glomel, qui s’armaient « De gueules à sept macles d’or 3, 3, et 1, » et dont le premier connu est Geoffroi qui figure comme archer dans une montre de 1356. Cette maison a donné deux abbés à l’abbaye de Prières [Note : P. Potier de Courcy. Nob. et Arm. de Bretagne. Les armes de ces deux abbés se voyaient encore il y a peu d’années au manoir de Campostal à Rostrenen (La Baronnie de Rostrenen)].
De Thépaul Raoul et Marguerite de Mur naquirent au moins un fils et une fille :
1° Jacques Raoul, seigneur du Poul, qui suivra,
2° Françoise Raoul, décédée au Bodeno, en Glomel, le 24 avril 1683 [Note : Voir leurs actes d’inhumation aux pièces justificatives]. Elle avait épousé Jacques Le Trancher, seigneur du Bodeno [Note : Voir leurs actes d’inhumation aux pièces justificatives], fils de Tanneguy Le Trancher dont il avait hérité avant 1640 [Note : Archives de la Loire-Inférieure B 1075. Paroisse de Glomel, Seneschaussée de Carhaix. Aveu pour la terre du Bodeno par Jacques, fils de Tanneguy Le Trancher, escuyer (1640)]. Du mariage de Jacques Le Trancher et de Françoise Raoul naquirent aux moins deux filles : 1° Françoise-Thérèse, fille aînée et héritière du Bodeno, née en Glomel en 1653, épousa, vers 1669, messire Jacques de Robien, chevalier, vicomte de La Boullaye en Boqueho [Note : Notes communiquées à M. Y. Le Guen par M. le comte de Robien], dont postérité que nous retrouverons tout à l’heure ; 2° Anne Le Trancher, qui, le 27 février 1673, fut marraine à l’église tréviale de Saint-Michel, avec son beau-frère comme parrain, de Jacques-François Le Gall : « Parrain a été messire Jacques de Robien, sieur Vicomte de Laboulaye et marraine damoiselle Anne Le Trancher, fille d’escuyer Jacques Le Trancher, et de Dame Françoise Raoul sieur et dame du Bodeno ». Anne Le Trancher figure également comme marraine à Saint-Michel le 17 janvier 1679 [Note : Registres de Saint-Michel-Glomel. Communication de Me Trémembert, notaire à Glomel, à qui nous en exprimons notre gratitude].
Les Trancher, seigneurs de Langourlan, Cozoalet, Kerrannou, Lezivy, Kerambris, et Penquelen, en Gourin, de Bodeno, en Glomel, avaient pour armes : « D’or au croissant de gueules, accompagné de trois étoiles de même » [Note : Potier de Courcy : Nob. et Arm. de Bretagne]. Ils jouissaient de prééminences et droits en l’église de Rostrenen à savoir : des bancs et des tombes dans la grande nef de cette église, du côté de l’Evangile, ainsi qu’un écusson dans la vitre de Notre-Dame et dans la chapelle de la Magdeleine en Kergrist. Les Trancher avaient aussi des tombes dans le grand chœur de l’église de Glomel, leurs armes dans les verrières, et droit de « lizière » (sic) dans l’intérieur de ce monument [Note : La Baronnie de Rostrenen, plaquette sans nom d’auteur].
Jacques Le Trancher mourut au manoir du Bodeno et fut inhumé en l’église tréviale de Saint-Michel de Glomel, le 1er août 1673 ; sa femme lui survécut jusqu’au 24 avril 1685 [Note : Registres de Saint-Michel-Glomel].
1652 : JACQUES RAOUL, fils de Thépaul et de Marguerite de Mur, succéda à son père comme seigneur du Poul, entre 1649 et 1652. Le 26 décembre 1652 eut lieu à Saint-Guen, trêve de Mur, le mariage de « Messire Jacques Raoul, seigneur du Poul, de la paroisse de Mellionnec, évêché de Vannes, et de demoiselle Marie Le Lart, de la trêve du Quillio, paroisse de Merléac, suivant dispense de Monseigneur de Cornouailles et permission des recteurs de leurs domiciles » [Note : Registres de la trêve de Saint-Guen-Mur].
Marie Le Lart était fille de Charles, seigneur du Roz, en Merléac, et de dame Jacquette Le Coniac [Note : Mariés en 1620. Charles du Roz se fit prêtre après la mort de sa femme (Comtesse du Laz. Généalogie de Saisy de Kerampuil)]. Quelques jours avant la célébration de ce mariage, les deux futurs époux assistaient au Quillio, le 14 décembre 1652, au baptême solennel du jeune Charles Le Lart du Roz, fils aîné et héritier principal de Hervé Le Lart, seigneur du Roz, séneschal de Pontivy, et de Catherine Le Clerc. L’enfant eut pour parrain son grand-père Charles Le Lart, et pour marraine Mte Le Lart dame de Rosmeur. Présents : Jacquette Le Coniac (grand’mère du baptisé), Anne Le Veneur (femme de Marc Le Lart, oncle paternel de l’enfant) Marie Le Lart, Moricette Le Lart (sœur de Marie et plus tard épouse de René de Boisgeslin, seigneur du Bot) Marc Le Lart et Jacques Raoul [Note : Registres du Quillio, trêve de la paroisse de Merléac].
Les le Lart, seigneurs du Roz, s’armaient « de gueules semé de billettes d'argent sans nombre ». Ils possédaient, outre cette terre, Kerbardoul, Caradec et la Forest en Merléac.
1661 : Jacques Raoul mourut en 1661, et avant le 5 août de cette année, car il est désigné, à cette date, comme défunt aux registres de la paroisse de Mellionnec [Note : Registres de Mellionnec. Baptêmes]. Marie Le Lart survécut à son époux. Elle figure, assez fréquemment, comme marraine dans cette paroisse, notamment les 1er octobre, 31 octobre et 21 novembre 1658, le 18 septembre 1664, époque à laquelle elle est qualifiée « dame douairière du Poul », ainsi que le 28 octobre 1665 et le 6 février 1667, jours où elle appose sa signature sur le même registre, avec cette mention [Note : Registres de Mellionnec. Baptêmes].
Du mariage de Jacques Raoul avec Marie Le Lart :
1° Marie-Françoise Raoul que nous voyons figurer comme marraine, au bourg trévial de Saint-Michel, de Marie Bellanton de Kergonan, le 3 mai 1678, avec, comme parrain, « Jacques Raoul, seigneur du Poul » [Note : Registres de Saint-Michel-Glomel] qui ne peut être que son frère ci-après désigné sous le nom de Jacques-Louis Raoul, qui, en effet, succéda à son père comme seigneur du Poul. Marie-Françoise mourut en Glomel, le 25 janvier 1697. Elle figure également comme marraine, en la paroisse de Mellionnec, en 1658 et 1660.
2° JACQUES-LOUIS RAOUL, seigneur du Poul. Le 5 août 1661, il est mentionné au registre des baptêmes de Mellionnec comme « fils aîné de défunt Messire Jacques Raoul et dame Marie Le Lart, seigneur et dame du Poul » parmi les assistants au baptême de Dlle Françoise de Saint-Noay, fille de François de Saint-Noay et de dame Fiacre Guégant, seigneur et dame de Kergaurant, en Mellionnec [Note : Registres paroissiaux de Mellionnec, Baptêmes].
Jacques-Louis Raoul demeura célibataire et vécut fort longtemps dans son manoir du Poul. Nous le trouvons aussi mentionné à divers titres aux registres paroissiaux de Mellionnec : le 2 octobre 1663, il y figure comme parrain, et le 25 juin 1664, comme témoin.
1670 : En 1670, le 10 novembre, Jacques Raoul, seigneur du Poul, aliàs Poulminec et Poulmineur, évêché de Quimper, ressort de Carhaix, est, par arrêt de la Réformation du 10 novembre, maintenu dans sa noblesse, comme noble d’ancienne extraction, au rapport de M. de Bréhant, avec sept générations, sur titres vérifiés par le Parlement de Bretagne [Note : Guérin de la Grasserie, Potier de Courcy, etc., etc. — Réformation].
1679, 1697, 1699 : Le 27 septembre 1679, le 25 novembre 1697 et le 4 mai 1699, Jacques-Louis Raoul est mentionné dans divers actes comme seigneur du Poul et y demeurant [Note : Archives du Poul. Communication de M. Y. Le Guen].
1703 : Le 26 juin 1703, Jacques-Louis Raoul, seigneur du Poul et autres lieux, signe comme témoin de l’inhumation, en l’église paroissiale de Mellionnec, du cœur de Marie-Thérèse de Gargian, dame de Paule, épouse de Messire François-René Jégou, chevalier, seigneur de Trégarantec, décédée en son manoir du Laz, paroisse de Carnac, le 17ème jour du même mois, à la suite de la naissance de son fils Joseph Jégou du Laz, né le 9 juin 1703 au château du Laz, ondoyé le 10 et baptisé le 14 juillet de la même année, en la paroisse de Carnac, par Le Toullec, recteur [Note : Registres paroissiaux de Carnac. Pièces justificatives de la Généalogie Jégou du Laz, par Mme la comtesse du Laz]. Le corps de la jeune femme « âgée de trente-deux ans ou environ » fut inhumé « en la chapelle qui est dans l'église paroissiale » de Carnac, le 19 juin 1703, en présence de plusieurs prêtres de Carnac et des paroisses de Ploemer et de Plouharnel [Note : Registres paroissiaux de Carnac. Pièces justificatives de la Généalogie Jégou du Laz, par Mme la comtesse du Laz].
1738, 1739 : En 1738, Jacques-Louis Raoul est encore mentionné comme seigneur du Poul en Mellionnec et y demeurant. Il y mourut l’année suivante, fort âgé : il avait, disent quelques-uns, 104 ans, mais cela n’est pas possible, étant donné que le mariage de ses parents eut lieu, ainsi que nous l’avons vu, en 1652 : il faut donc lire 84 ans environ.
1739 : La fille de Françoise Raoul et de Jacques Le Trancher, FRANÇOISE-THÉRÈSE LE TRANCHER, dame du Bodeno et veuve de messire Jacques de Robien, recueillit en 1739 la succession de son cousin germain, Jacques-Louis Raoul. C’est ainsi quelle transmit la seigneurie du Bodeno et celle du Poul à la maison de Robien, c’est-à-dire à ses enfants, son époux étant décédé en 1725 [Note : Généalogie manuscrite de la branche de la Boullaye. Communication de M. Le Guen, d’après le comte E. de Robien]. Elle figure dès le 5 août 1661 au registre de baptêmes de Mellionnec [Note : Présente au baptême de Françoise de Saint-Noay : « Dlle Thérèse Le Trancher, fille de messire Jacques Le Trancher et de dame Raoul » (Registres de Mellionnec)].
IV. — de ROBIEN.
Jacques de Robien appartenait à une très ancienne et illustre maison. Elle remonte à Jacques Boschier, chevalier anglais, qui, en 1212, épousa Jeanne d’Avaugour, dame de Roc’h-bihan (dont plus tard on a fait Robien), fille d’Etienne, comte de Penthièvre et d’Havoix, comtesse de Guingamp. Leurs descendants se rattachent ainsi à la maison souveraine de Bretagne. Ils prirent, au XIIIème siècle, le nom de Robien qui est celui d’une terre située dans l’ancienne paroisse de Saint-Thuriau-de-Quintin, évêché de Saint-Brieuc, aujourd’hui dans la commune du Fœil (Côtes-du-Nord, aujourd'hui Côtes-d'Armor).
Les armes de cette maison sont : « D’azur à dix billettes d’argent 4, 3, 2, 1 » ; sa devise : « Manet alta mente repostum » (« Il demeure en repos dans sa haute intelligence ») [Note : P. Potier de Courcy, Nob. et Armorial de Bretagne].
Elle compte trois principales branches : 1° celle des marquis de Robien ; 2° celle des seigneurs de Kerambourg ; 3° celle des seigneurs de La Boullaye.
Jacques de Robien, né à Plourhan le 14 février 1645, décédé avant 1725, appartenait à cette dernière. Nous joignons à notre travail le tableau généalogique de la branche des Robien de la Boullaye, qui a pris ce nom d’une terre, située en Boqueho, apportée à la maison de Robien par le mariage d’un de ses cadets, Allain de Robien, seigneur de la Motte, avec Ysabeau Henry, dame de la Boullaye, d’où Jacques de Robien, fils aîné et héritier, qui épousa Françoise-Thérèse Le Trancher, vers 1669.
Ils eurent au moins cinq enfants :
1° Marie-Madeleine, née à Plourhan le 19 juillet 1670, décédée avant 1725, mariée à N., seigneur de Kermellec, sans postérité.
2° Jacques-Ignace, né le 17 septembre 1671, décédé en bas-âge.
3° François-Joseph, seigneur de la Boullaye, né à Plourhan le 5 octobre 1675, décédé dans la même paroisse le 18 novembre 1726, épouse à Corseul le 1er septembre 1723 Louise-Marguerite du Breil, dlle de la Brousse, fille de messire Anne du Breil, chevalier, vicomte de Pontbriand.
4° Charles-Pierre, qui suit, comme seigneur du Poul.
5° Jacques-Marie, né en 1681, seigneur de la Motte, décédé à Boqueho le 18 nov. 1761, épouse à Boqueho le 6 mai 1717, dlle Sainte-Pétronille du Pellineuc, née en 1696, décédée à Boqueho le 20 novembre 1761, deux jours après son époux. Elle était fille de Yves du Pellineuc, seigneur du Run, né en 1639, décédé à Boqueho, le 6 janvier 1731, âgé de 72 ans, et de Pérronnelle-Vincente du Poirier, qu’il avait épousée à Boqueho, le 22 novembre 1692. Elle y était née en 1671, et mourut dans la même paroisse en 1739, âgée de 68 ans. Jacques-Marie et Sainte-Pétronille de Pellineuc eurent au moins cinq enfants, dont on trouvera la nomenclature et la descendance au tableau généalogique ci-joint.
1705 : CHARLES-PIERRE DE ROBIEN, fils cadet de Jacques de Robien et de Françoise- Thérèse Le Trancher, naquit à Plourhan le 18 avril 1678 et y décéda le 1er janvier 1766. Seigneur du Pont-Lô [Note : Cette terre venue aux Robien de leur alliance avec la maison Raoul par la mère de Françoise- Thérèse Le Trancher. Les Raoul la tenaient d’Olive Dolo, épouse de Guillaume Grignon et dame du Roz], de Restremar, puis du Poul, il épousa à Saint-Michel, trêve de Glomel, par contrat de mariage du 20 mars 1705 [Note : Communication de M. Frédéric Saulnier], Marie-Thérèse Thibault de Coatcouraval [Note : En 1678, par acte du 21 février, Jean-Gabriel Thibault avait acheté la terre de Coatcouraval, qualifiée seigneuriale, du sieur Dugué, seigneur de Baignols. (Jollivet : Les Côtes-du-Nord, art. Glomel). Thibault, seigneur de la Carté, de la Marouzière, évêché de Nantes : « D'or à l’aigle éployée de sable ». Un échevin de Nantes en 1701. (P. Potier de Courcy, Nobiliaire)], fille de noble homme Jean-Gabriel Thibault, greffier de l’Amirauté de Brest, et de Etiennette Le Termellier [Note : Le Termellier : « d’azur à une colombe d’argent accolée d'une guirlande de lierre de sinople et surmontée de trois étoiles d’or ». Evêché de Nantes (Ibid.)]. Marie-Thérèse mourut le 7 janvier 1739, ayant eu de son mariage avec Charles-Pierre neuf enfants : 1° Arthémise, qui naquit à Coatcouraval, en Glomel, le 2 mars 1710, et y mourut peu après. 2° René-Gabriel, seigneur du Pont-Lô et du Poul, dont nous raconterons plus loin la curieuse existence. 3° Ollivier-Jacques, né en Glomel, le 30 décembre 1712, mort en bas âge, probablement, et, en tout cas, sans postérité. 4° Charles-Pierre, né à Coatcouraval, le 29 décembre 1714, mort aussi en bas âge. 5° Pierre, né en 1716, capitaine au Régiment d’Aquitaine, décédé à Strasbourg le 7 juin 1766, chevalier de Saint Louis, sans postérité.
6° Claude-François, né à Glomel, le 15 avril 1717, qui succéda à son frère, René-Gabriel, comme seigneur du Poul, du Pontlo et du Bodeno, et habitant le Poul. Il épousa Marie-Andrée de Lehec, ou de Lehen. 7° Marie-Thérèse, née en 1720, décédée à Quintin, le 26 ventôse an VIII, à l’âge de 80 ans, sans alliance. Elle devait hériter un jour de tous ses frères et sœurs morts sans postérité. 8° Jean-Gabriel, prêtre, né à Glomel en 1722, décédé à Saint-Brieuc, paroisse de Saint-Michel, le 7 germinal an V, à l’âge de 75 ans. Il était vicaire général de Saint-Brieuc. 9° Marie-Marthe, née à Glomel le 3 décembre 1724, encore vivante en 1765, mais sans alliance connue.
Charles-Pierre de Robien fit aveu de sa terre du Poul au seigneur de Rohan : « Messire Charles-Pierre de Robien, seigneur du Pont-Lo, du Poul, Restremard, au manoir du Poul, évêché de Vannes, confesse et advoue tenir noblement et ligement avec foy et hommage de par très-haute, très-puissante, très-illustre princesse Son Altesse Madame Julie-Louise-Gabrielle de Rohan, fille de Hercule-Mériadec, prince de Soubise, mariée en 1718, épouse et curatrice honoraire de très-haut, très-puissant Son Altesse Monseigneur Hercule-Mériadec de Rohan, prince du Guemené, duc de Monbazon, pair de France » [Note : Aveux du Poul, Titre général des biens de la seigneurie, communication de M. Y. Le Guen].
1766 : A la mort de Charles-Pierre de Robien, décédé en 1766, le 1er janvier, la seigneurie du Poul appartint à son fils aîné et héritier principal, RENÉ-GABRIEL DE ROBIEN, dénommé, jusqu’à cette époque, « le sieur du Pont-Lo » et assez remarquablement connu sous cette appellation pour que nous lui consacrions un chapitre spécial dans cette notice sur les seigneurs du Poul. Nous le ferons dans la partie biographique de notre travail. Mais, pour terminer la partie historique et généalogique de cette étude, sans l’interrompre par cet article particulier, disons seulement ici que :
1766 : RENÉ-GABRIEL DE ROBIEN, né à Coatcouraval en 1711, et seigneur du Poul en 1766, épousa à Lantic, le 4 août 1741 Anne-Françoise Geslin, et mourut au Poul, le 30 septembre 1772, sans postérité, après une existence des plus mouvementées.
1772 : Son frère cadet CLAUDE-FRANÇOIS DE ROBIEN lui succéda, comme seigneur du Poul, par suite de la mort de ses frères aînés Charles-Pierre, Olivier-Jacques et Pierre de Robien [Note : En 1778, Aveux : Le Bodeno, en Glomel, à Claude-François de Robien, seigneur du Poul, héritier collatéral de son frère, René de Robien, sieur du Pontlo (Archives de la Loire-Inférieure, B 1075). Paroisse de Glomel, Sénéchaussée de Carhaix].
CLAUDE-FRANÇOIS DE ROBIEN, seigneur du Poul, du Pont-Lo, du Bodeno et autres lieux, habitant ordinairement Le Poul, naquit à Glomel (Coatcouraval) le 15 avril 1717. Nous n’avons pas la date exacte de son décès qui dut avoir lieu au Poul. Il avait épousé Avoie-Marie-Andrée de Lehec (alias : le Lehec ou de Lehen), mariage dont ne subsista aucune postérité, puisque nous voyons ses biens passer ensuite à son frère vers 1796 [Note : Dossier Le Guen, Archives du Poul].
1796, 1797 : JEAN-GABRIEL DE ROBIEN, vicaire-général de Saint-Brieuc, ne fut pas longtemps seigneur du Poul, du Pont-Lo, du Bodeno, etc., car il mourut le 7 germinal an V, âgé de 75 ans, étant né en 1722.
Le 29 brumaire an IV, il passa bail à ferme à Nicolas Cadoret pour Resteguerbuon en Mellionnec [Note : Conan, notaire à Saint-Brieuc].
1798, 1800 : En 1798, les biens des seigneurs du Poul sont entre les mains de MARIE-THÉRÈSE DE ROBIEN qui, le 26 vendémiaire an VI, est déclarée seule et unique héritière de son frère Jean-Gabriel de Robien. Elle était née en 1720 et mourut à Quintin le 26 ventôse an VIII, à l’âge de 80 ans, sans alliance. Domiciliée en cette ville, rue Saint-Yves, elle vendit le 26 vendémiaire an V à Ollivier Ollitraut, époux de Jeanne Quillo, demeurant à Lanegoff, commune du Quillio, la terre et le moulin du Poul et Resteguerbuhon en Mellionnec [Note : Archives du Poul, Not. de Quintin, F. R. Perrin, notaire second ; Hervé, notaire rapporteur. Archives du Poul]. Signé : Marie-Thérèse de Robien.
Elle conserva le reste de la succession et la laissa à ses héritiers qui étaient :
1° Du côté paternel : Pauline-Renée de Robien, fille de son cousin germain, François-Gabriel de Robien, époux de Marguerite-Toussainte de Bosquien, et fils lui- même de Jacques-Marie de Robien, seigneur de la Motte, qui avait épousé Sainte-Pétronille de Pellineuc, et était frère de Charles-Pierre de Robien [Note : Voir notre tableau généalogique].
2° Du côté maternel : Marie-Vincente Thibault, veuve de Jean-Louis de Bruix, demeurant à Port-Liberté (Morbihan) (Lorient). Cette Marie-Vincente Thibault était une fille de Jean-Gabriel Thibault, sieur de Coatcouraval et de Etiennette Le Termellier et fut la mère de l’amiral de Bruix, né lui-même à Coatcouraval [Note : B. Jollivet : Les Côtes-du-Nord, Article Glomel, t. V].
Pauline-Renée de Robien, née à Saint-Jean-de-Lamballe le 13 novembre 1774, mourut à Quintin le 2 mars 1851. Elle avait épousé à Boqueho, le 19 frimaire an X (1802), Alexandre-Jacques-François de Courson de la Villevalio, maréchal de camp, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, commandeur de la Légion d’Honneur. Il était né à Trédaniel, le 23 mars 1767, mourut et fut inhumé à Fontainebleau, le 26 janvier 1847. Sa femme l’y rejoignit quatre ans après. Il était fils de Jean-François de Courson, seigneur de Kernescop, et de Jeanne de la Villéon.
Ils ne furent jamais propriétaires du Poul, vendu, ainsi que nous l’avons vu, par Marie-Thérèse de Robien à Ollivier Ollitraut [Note : Communication de M. Yves Le Guen, Archives du Poul].
V. — LES PROPRIÉTAIRES DU POUL APRÈS LA RÉVOLUTION.
1797 : OLLIVIER OLLITRAULT, acquéreur du Poul en 1797, le vendit à son tour à :
1808 : GUILLAUME CAREL, demeurant à Coat-Pringeur, commune de Lan-Gouelan, qui le lui acheta le 28 novembre 1808.
1810 : Le 12 janvier 1810, Le Poul passe de nouveau à OLLITRAULT-KERIVALANT.
1815 : JOSEPH OLLIVIER, maire de Mellionnec, et sa femme Louise Herpe, achètent Le Poul le 22 décembre 1815.
1824 : Achat du Poul le 3 décembre 1824 par M. VICTOR LE GUEN et Mme Geneviève Le Pesant, de Paimpol, acquéreurs du château de Trégarantec et de ses dépendances [Note : Moins le Reste (Kerbuchon). Note de M. Le Guen].
1846 : Par partage entre les enfants de M. et Mme Victor Le Guen, la terre du Poul et son manoir passent en la possession de M. MAURICE LE GUEN et de son épouse, dame Zénaïde Gicquel. M. Maurice Le Guen achète alors le Reste. Il décéda en 1876.
1878 : A la mort de M. Maurice Le Guen, le partage intervenu entre ses enfants, le 7 mars 1878, attribua le Poul à M. YVES LE GUEN, l’un de ses fils [Note : Moins le Reste], qui le possède encore vers 1916 et à qui nous sommes redevable de sa précieuse collaboration à cette notice. Il a remplacé l’antique manoir du Poul, qui succombait sous le poids des siècles, par une gracieuse demeure moderne, entourée de verdure et de fleurs.
Le Poul possédait chapelle, colombier, cimetière, qui ont totalement disparu, mais dont les noms sont demeurés aux diverses pièces de terre sur lesquelles ils étaient situés.
(Y. Baudry).
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