Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue !

Légende : Le Seigneur du Poul et Notre-Dame du Poul.

  Retour page d'accueil       Retour Ville de Mellionnec"   

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

LA LÉGENDE DU POUL.

Entrez dans un manoir, ou dans une chaumière des environs de Mellionnec, Saint-Michel, Plouray ou Bonen, asseyez-vous près de l’âtre, un jour d’hiver, ou bien encore, surpris, au cours d’une excursion estivale, par un orage violent et une pluie diluvienne, demandez l’abri de son toit à l’une des fermes hospitalières de ce coin de la Cornouaille bretonne ; puis, incidemment, au cours de la conversation, amenée sur les châteaux et les villages de la région, prononcez le nom du Poul, manoir situé en la paroisse de Mellionnec ; s’il se trouve là quelques vieillards, si surtout un tailleur y travaille accroupi sur sa large table, au centre de la maison, vous pouvez être assuré qu'un récit des plus pittoresques charmera vos instants de loisirs. On vous contera l’histoire du mauvais « Seigneur du Poul » et celle de la pieuse et infortunée « Dame du Poul » devenue, depuis quelques années, « Notre-Dame-du-Poul ».

La mémoire de ces deux personnages est restée très vivante dans toute la région : on y redit les méfaits de l’un, on y vénère l’autre comme une sainte, dont on invoque même l’intercession, en un pèlerinage de plus en plus suivi, sous le vocable de « N.-D. du Poul ». Mais, si votre attention, mise en éveil, vous incite à demander, à vos hôtes momentanés, quel était ce seigneur ?... quelle était cette pieuse et infortunée châtelaine ?... Nul ne saura vous répondre. Le peuple simpliste ne cherche point à le savoir : c’était « le seigneur du Poul », c’était « la dame du Poul » ! Et cela lui suffit !...

L’historien, plus exigeant, sent sa curiosité aiguillonnée par le mystère même dont les siècles écoulés ont environné les personnages dont on vient d’évoquer, devant lui, le souvenir : lui, il veut les connaître davantage, il rêve de les identifier. Tel a été le point de départ de nos recherches sur le manoir du Poul et ses seigneurs, tel le but que nous avons essayé d’atteindre.

Pour y parvenir, nous avons dû, tout d’abord, étudier, afin de les rapprocher ensuite, l’histoire et la légende ; dresser, à l’aide des documents authentiques, la liste, aussi complète que possible, des anciens possesseurs du Poul, de leurs alliances et de leur descendance, et réunir, dans cette étude, toutes les notes historiques et biographiques venues à notre connaissance, concernant les diverses familles qui s’y sont succédé.

En Bretagne, les conteurs par excellence, ce sont les tailleurs.

Ils vont, de maison en maison, colportant, dans les villages, les légendes et les nouvelles. Le maniement de l’aiguille fut, de tout temps, très favorable à celui de la langue, aussi aigüe et non moins disposée qu’elle à habiller les gens....

Colas Georges, maître-couturier, ancien soldat de l’Empire et sachant lire — chose digne de remarque à l’époque où il vivait — s’était fait deux spécialités dans la paroisse de Mellionnec : il chantait, le dimanche, « devant le Grand Livre », se surpassant dans l’exécution de l’Ave Maris Stella, puis il contait, mieux que tout autre, l’histoire du seigneur et de la dame du Poul. Il affirmait même avoir vu, jadis, derrière l’église de Mellionnec, la tombe de ce gentilhomme mécréant qui, dit-on, fut exclu, à cause de son indignité, de la sépulture armoriée de ses nobles ancêtres.

Pierre Moelligou, l’un des successeurs de Colas Georges, et, non moins que lui, fameux conteur de village, disait tenir de sa bouche cette particularité, et ajoutait, aussi d’après Colas, que la pierre tombale portait, comme inscription : « Jacques-Louis Laboulaye, seigneur du Poul ». Cette pierre aurait été enlevée pendant la révolution par un habitant de Bonen [Note : Notes manuscrites extraites du Registre de la paroisse de Mellionnec, pp. 111 et suivantes. (Communication de M. l’abbé Henry, recteur actuel de cette paroisse, à qui nous présentons ici l’expression de notre vive gratitude)]. Pour une fois, la mémoire du célèbre conteur devait être en défaut, car nous n’avons trouvé, ainsi qu’on le verra dans la lignée des seigneurs du Poul, qu’un seul Jacques-Louis, et celui-ci n’était point seigneur de La Boullaye. Mais sa cousine-germaine, et héritière, avait, en 1669, ou environ, épousé Jacques de Robien, chevalier, seigneur de La Boullaye, en Boqueho, d’où, sans doute, la confusion. Ne serait-ce point la tombe de ce sieur de La Boullaye qui se trouvait derrière l’église de Mellionnec ?... Non, car il ne fut jamais seigneur du Poul : sa femme, Françoise-Thérèse Le Trancher, n’hérita de ce manoir qu’après la mort de son cousin, Jacques-Louis Raoul, décédé en 1739.

Or, Jacques de Robien était mort avant 1725 et Jacques-Louis, dans des actes authentiques, est mentionné encore, en 1738, comme « seigneur du Poul et y demeurant » [Note : Archives du Poul].

Le « mauvais seigneur du Poul » de la légende maltraitait sa femme et la chassa même du manoir ! Donc il était marié, ce qui n’est pas le cas de Jacques-Louis Raoul, demeuré célibataire jusqu’à sa mort à l’âge de 84 ans. Il est, par là même, hors de cause. Le seul seigneur marié, du nom de Jacques, qui figure dans la série des possesseurs successifs du Poul, fut messire Jacques Raoul, époux de Marie Le Lart et père de Jacques-Louis. Jacques Raoul ne posséda la seigneurie du Poul que pendant une douzaine d’années : de 1649, environ, jusqu’à sa mort, en 1661. Ce seigneur et son épouse ont laissé, dans les traditions du pays, le souvenir de leur bonté pour tous et d’une vie parfaitement régulière [Note : Communications de M. Le Guen, propriétaire du Poul, qui a bien voulu nous faire part de ses très intéressantes recherches sur cette terre et la région, collaborant ainsi très largement à notre travail : à lui nos plus chaleureux remerciements !].

Mais, il a existé, au XVIIIème siècle, un sieur de Robien de la Boullaye, seigneur du Poul, vicieux et libertin à souhait, marié et époux volage, voleur et ivrogne. Il rendit fort malheureuse la douce compagne qu’il avait associée à sa vie, par un mariage contracté contre le gré de sa propre famille. Voilà le héros de la légende, le fameux seigneur du Poul ! Voilà la « dame du Poul » !

Ceux-ci, d’ailleurs, ne sont point simplement légendaires : leur existence est réelle, historique, appuyée sur des documents contemporains, absolument authentiques. Elle fera l’objet d’un chapitre spécial de notre travail, chapitre qui en constituera la partie biographique.

Et qui donc serait la « Dame du Poul » sinon cette infortunée Anne-Françoise Geslin, épouse de René-Gabriel de Robien, seigneur du Poul, dont nous raconterons, tout à l’heure, la très aventureuse existence ? Ne fut-elle pas, conformément aux traditions du pays et aux récits des tailleurs, brutalement chassée de sa demeure, trahie et maltraitée par son époux, infidèle et libertin ?... Ici l’histoire et la légende se prêtent un mutuel appui, et s’accordent admirablement, ce qui facilite notre tâche.

Les deux principaux héros de la légende du Poul nous paraissent ainsi suffisamment identifiés. Toutefois, en historien consciencieux, nous ne voulons pas attribuer à quelqu’un, et affirmer comme certains, des faits et gestes qui ne reposent que sur des traditions populaires ; nous avons donc préféré offrir séparément, à l’examen de nos lecteurs, les traits dont s’est formée la légende du mauvais seigneur [Note : Nous les trouvons consignés, en 1878, par un ancien recteur de Mellionnec, en un registre de cette paroisse. Au milieu de confusions et d’erreurs désastreuses, nous y puisons d’intéressants renseignements. Cette note manuscrite confond beaucoup de personnages : Jacques-Louis Raoul avec René-Gabriel de Robien, la dame de Paule, avec la Dame du Poul, etc., et, par suite, n’a pu identifier la châtelaine demeurée en vénération dans le pays, sous le nom de « la Dame » ou « Notre-Dame » du Poul] et ceux qui constituent la réelle existence de Messire René-Gabriel de Robien, dont la biographie, ainsi que nous l’avons dit, est basée sur des documents authentiques et contemporains. Voici, telle que la racontent les vieillards et les tailleurs, la légende du « mauvais seigneur du Poul » :

Sa plus charmante distraction consistait à réunir dans la cour de son manoir des « andevez » ou assemblées de jeunes gens et de jeunes filles, pour les y faire danser « en noch », c'est-à-dire tout nus ! Il fouettait jusqu’au sang les récalcitrants, ou ceux qui ne dansaient pas à son gré. Les campagnards en étaient très justement offusqués :

« J’ai connu — écrit, en 1878, le recteur de Mellionnec — une bonne femme que j’ai enterrée en 1876, et dont l’une des tantes fut témoin de ces horreurs » [Note : Notes manuscrites précitées. Ceci permet d’affirmer que le fameux seigneur vécut bien au XVIIIème siècle et dans la 2ème moitié de celui-ci, ce qui est précisément l’époque contemporaine de la vie de René-Gabriel de Robien].

On sait qu’au XVIIIème siècle les ballets mythologiques étaient très en faveur : peut-être est-ce ce genre de divertissement que le seigneur voulait ainsi s’offrir, à l’instar de la Cour de Versailles ?... Une autre de ses récréations favorites consistait à prendre pour cibles des couvreurs travaillant sur les toits : il paria, un jour, qu’il en « dégringolerait » un qu’il désignait du doigt. Il l’abattit sur le champ d’un coup de son arme à feu.

Les saulniers étaient souvent victimes de sa lâche cruauté : il brûla, dit-on, « cinq fagots » pour « rôtir » quelques-uns d’entre eux qui venaient lui faire des offres de service. Les marchands de sel et les « luduherien » ou marchands de cendres étaient alors assez nombreux, pacourant le pays pour l’exercice de leur petite industrie. Le « seigneur du Poul » trouvait fort spirituel de faire asseoir ces pauvres gens devant la flamme ardente d’une grande cheminée de son manoir, la plante des pieds nue, et de faire attiser le feu pendant qu’il surveillait l’attitude des patients, le pistolet au poing, les menaçant de mort au moindre mouvement. Saisis d’une vive terreur, les malheureux faisaient aussi bonne contenance que possible et le cruel seigneur leur rendait la liberté, quand il avait, à son gré, assez joui du spectacle de leurs tortures. Aussi saulniers et « luduherien », pour éviter les sévices du méchant seigneur, quand ils devaient traverser ses domaines, avaient-ils la ruse, dit-on, afin de le dépister, de faire « ferrer leurs chevaux à rebours ».

— « Combien faites-vous payer votre journée ? demandait le seigneur du Poul à deux couvreurs, un vieux et un jeune, qu’il avait fait venir au manoir pour en réparer les toitures.

— Ma foi, Messire, pas bien cher : cinq à six sous, l’un portant l’autre. « an eil da gas egile ».

— Eh bien ! vous allez travailler pour moi : si vous faites bien ce que je vous demanderai, je vous en donnerai dix... l’un portant l'autre ».

Et, depuis le matin jusqu’à midi, depuis midi jusqu’au soir, le malicieux châtelain contraignit les deux couvreurs à se hisser mutuellement du bas en haut de l’échelle, pendant qu’il se tenait les côtes, en riant de plaisir, à la vue de cette scène stupide. Mais il arrivait parfois que quelque manant plus hardi, révolté de la tyrannie impunément exercée par le seigneur du Poul, cherchait l’occasion de lui jouer aussi quelque tour à sa façon.

Messire du Poul disait un jour à son tailleur, qu’il avait mandé au manoir pour lui commander un habit :

« Et surtout, maraud, que cet habit aille bien ! Qu’il soit très ajusté : s’il fait quelques faux plis, gare au bâton ! As-tu bien entendu ?...

— Mais oui, Messire, je ferai de mon mieux et je me flatte de réussir à vous satisfaire, mieux que ne le fit aucun tailleur jusqu’à ce jour ! ».

Au bout de quelque temps, le tailleur revint au manoir avec l’habit terminé, disait-il, mais demandant à le passer lui-même au seigneur, afin d’être assuré qu’il ne manquait plus rien à sa perfection. Mis en présence de son terrible client, le tailleur le pria de se tenir bien droit, les bras tombant le long du corps, pendant qu’il lui passerait son vêtement. Alors, rapidement, il enfila par dessus la tête du seigneur une sorte de fourreau bien serré, dans lequel il l’emprisonna de belle façon, comme dans une excellente camisole de force. Aussitôt le tailleur lui tira sa révérence, et... décampa presto et subito, laissant le sieur du Poul ligotté de telle sorte qu’il ne pouvait faire un mouvement.. . tant son vêtement était bien ajusté ! Messire du Poul fut, dit-on, ce jour-là, « honteux comme un renard qu’une poule aurait pris ».

Une autre fois, le seigneur du Poul avise un groupe de trois maçons qui passaient sur le grand chemin, proche de sa demeure, se rendant à leur travail.

« Eh ! les amis, où allez-vous ainsi ?...

— Nous allons travailler à tel village, Messire !

— Venez travailler chez moi, aujourd’hui, et, si vous faites bien le travail que je vous commanderai, je vous donnerai, ce soir, à chacun, un bel écu de six livres ».

Eblouis par cette offre généreuse, les trois ouvriers l’acceptèrent avec joie et entrèrent, à la suite du seigneur, dans la cour de son manoir. Quelques instants plus tard, ce dernier les conduisait dans une des chambres hautes et y faisait apporter un immense chaudron de bouillie de blé-noir, bien épaisse et bien chaude.

« Allons, dit-il, mes amis, pour une fois vous allez manger à votre faim et vous reposer toute la journée ! Tout ce que je vous demande, en effet, c’est de manger, à vous trois, cette chaudronnée de bouillie, de telle sorte que tout y passe, et qu’il n’en demeure point de trace... Aucune trace, vous entendez bien ? Sinon gare au bâton !... Allons, beaucoup de plaisir ! et, à ce soir ! ».

Demeurés seuls, vis-à-vis de la tâche inaccoutumée qui leur était imposée par le fantasque seigneur, les trois maçons se regardèrent avec stupeur, puis commencèrent à manger, à manger... jusqu’au moment où le plus courageux de leurs estomacs refusa définitivement tout service... On devine aisément les conséquences de ce repas surabondant et forcé... quand arriva le soir...

« Aucune trace, avait dit le seigneur, sans quoi... le bâton ! ». Les pauvres ouvriers ne tenaient guère à la bastonnade et désiraient bien vivement les beaux écus de six livres. La nécessité rend industrieux :

« On n’est pas maçon pour rien, quoi ! » — dit le plus avisé d’entre eux. Et, avec l’aide de ses compagnons, à qui, par bonheur, on avait laissé leurs outils, il descella et souleva adroitement la lourde pierre de l’âtre. Ensuite on déposa, sous cette pierre, le reste de la bouillie, et... ses conséquences... puis on replaça le granit de la cheminée de telle sorte que nul ne pût s’apercevoir de ce qui s’était passé.

Il n’était que temps, d’ailleurs : le seigneur du Poul accourait tout réjoui du bon tour qu’il avait joué à ces manants, et songeait peut-être à la bastonnade qui allait couronner la journée. Aussi fut-il, à son tour, fort attrapé quand, ayant parcouru la pièce en tous sens, il fut obligé de reconnaître que ses maçons avaient proprement accompli leur tâche. Il tint parole, dit-on, et leur donna le salaire promis. Mais, cette fois encore, le plus fin ne fut pas celui qui croyait l’être.

Nous tenons ce dernier trait de notre père, qui nous le raconta dans notre enfance. Il nous disait également que le seigneur du Poul fit, un jour, monter trois tailleurs sur les épaules l’un de l’autre et les fit fouetter ainsi par ses valets pour leur faire gagner quelques sous « l’un portant l’autre ». C’est sans doute une autre version de l’histoire des couvreurs relatée plus haut. Un jour le seigneur du Poul, après avoir maltraité sa femme, la traînant — dit- on — par les cheveux, la jeta hors de son manoir ! Nous verrons le même trait dans la biographie de René-Gabriel, et celui-ci installer, à la place de sa légitime épouse, une aventurière, chef de voleurs, la trop fameuse « Marion du Faouët ». Ici encore la légende est bien d’accord avec l’histoire. On raconte que lorsqu’elle se vit ainsi chassée de sa demeure, l’infortunée châtelaine, suivie d’un chien fidèle, se réfugia dans les bois environnants, où elle vécut solitaire dans une hutte de branchages.

Son chien allait, chaque jour, quérir au manoir un peu de pain qu’il apportait à sa maîtresse. On prétend aussi que le seigneur du Poul, ignorant la retraite de son épouse, cachée au fond des bois, voulut suivre le petit animal, afin de la découvrir. Mais le fidèle messager, faisant mille détours, disparaissait comme par enchantement dans les halliers, de telle sorte que jamais le seigneur du Poul ne parvint à son but : il recherchait — dit-on — sa femme « muni d’une arme meurtrière », ce qui indique des intentions bien peu conciliatrices !

La pauvre « Dame du Poul » gravissait fréquemment la colline qui domine l’horizon : là, à genoux au pied d’une croix, le visage tourné vers les chapelles de Guermané, de Quelven, de Krenenan et de Saint-Roch dont elle apercevait les clochers, la dolente châtelaine pleurait et priait longuement. C’est en ces lieux, témoins de ses cruelles souffrances et de ses pieuses oraisons, que le peuple accourt aujourd’hui en foule, pour vénérer l’empreinte laissée, sur le sol où elle s’agenouillait, par la « Sainte du Poul » dont on a fait de nos jours « Notre-Dame du Poul ».

Au milieu d’un terrain particulièrement plantureux, « l’herbe n’a jamais repoussé dans la place de ses genoux, dans la place du bâton sur lequel elle s’appuyait, ni dans l’endroit où son ami fidèle (le chien), reposait auprès d’elle » [Note : Notice manuscrite, précitée]. Le peuple est convaincu qu’il s’y fait des miracles et l’on s’y rend en pèlerinage de mai à septembre. D’années en années s’accroît le nombre des pieux pèlerins : les mères conduisent à « Notre-Dame du Poul » leurs petits enfants débiles, et leur font boire l’eau salutaire et d’ailleurs ferrugineuse, de la fontaine du Poul, non loin de la croix [Note : Cette croix fut érigée en 1863 par M. Maurice Le Guen] et près de l’oratoire [Note : L’oratoire a été construit par M. Yves-Marie Le Guen, afin de mettre à l’abri des injures de l’air les ex-votos apportés en grand nombre par les pèlerins du Poul] érigés de nos jours par les propriétaires modernes du manoir, en souvenir de la pieuse châtelaine.

Les ex-votos y abondent et les empreintes y sont toujours visibles ; on a essayé, mais en vain, d’y faire repousser le gazon.

Deux très anciennes statues de la Vierge-Mère, dont l’une spécialement désignée sous le vocable de « Notre-Dame du Poul », sont aussi l’objet de la dévotion des visiteurs [Note : Elles proviennent, probablement de l’ancienne chapelle domestique du Poul]. Ceux-ci, sans doute, ignorent, pour la plupart, la légende comme l’histoire de la « Dame du Poul », et adressent leurs prières à la Mère de Dieu.

(Y. Baudry).

© Copyright - Tous droits réservés.