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COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES DE DINAN. |
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Cette série de documents intéresse surtout l'histoire religieuse de Dinan.
C'est d'abord un acte de 1444. Un bourgeois de Dinan et sa femme, pour être admis dans la confrérie des prêtres de cette ville, et avoir part aux prières et bonnes œuvres de ladite confrérie, font une fondation de 13 deniers de rente annuelle. Cette confrérie n'est pas autrement désignée, mais devait être sans doute une association pieuse à but exclusivement religieux. Il ne faudrait donc pas la confondre avec ces communautés de prêtres dont il est si souvent question dans les actes anciens, et qui n'étaient autre chose que l'ensemble des prêtres attachés à une paroisse, s'associant et se groupant pour la rentrée et la gestion de leurs revenus et de leurs casuels. Un receveur ou procureur tenait la comptabilité, et donnait à chacun la part qui lui revenait. Toute autre est la confrérie dont il est question ici ; on le voit clairement par un aveu qu'elle fournit au roi au commencement du XVIIIème.
Les Dominicains ou Frères-Prêcheurs ont été, comme on sait, les grands propagateurs en notre pays de la dévotion du Saint-Rosaire et des nombreuses confréries qui se sont fondées au XVIIème siècle sous ce nom. Les documents que nous publions nous montrent ceux de Dinan dans l'exercice de ce ministère.
Les autres pièces ont trait à la comptabilité du couvent des mêmes Frères-Prêcheurs, et du couvent des Ursulines, à Dinan. Enfin les dernières concernent la maison des Sœurs de la Sagesse.
Sous l'ancien régime, les maisons religieuses, soit pour s'établir, soit même pour s'agrandir, étaient soumises à une série de formalités [Note : De Fréminville. Les communautés d'habitants, p. 593]. Après les actes de fondation devant notaires, il fallait l'approbation du roi par Lettres Patentes, le consentement des habitants après délibération, le consentement ou la promulgation de l'évêque, enfin l'enregistrement au Parlement.
Pour la maison des Sœurs de la Sagesse de Dinan, le fondateur en fut le légendaire Marot de la Garaye [Note : Voir Paul Sébillot. Légendes locales de la Haute-Bretagne, p. 184]. Sa vie rappelle assez celle de Kériolet. Comme lui, après des années passées dans le désordre et la dissipation, il se convertit à la suite d'apparitions extraordinaires, dit-on, et se voua à la pratique des bonnes œuvres et aux exercices de la pénitence. Il s'occupa surtout d'œuvres hospitalières et charitables. C'est une fondation de ce genre que nous avons ici : la pièce est un autographe de ce Marot de la Garaye, et il faut la reporter avant 1755, époque de sa mort. La délibération des habitants de Dinan, qui suit, a dû avoir lieu à l'occasion d'un agrandissement projeté pour la même maison.
Fondation en faveur de la Confrérie des Prêtres de Dinan. — 1444.
Sachent tous que par notre court de Rennes fut présent en droit devant nous et personalment establi Jehan Gaultier, bourgeois de Dinan [Note : Ce Jehan Gaultier dépose au procès de canonisation de saint Vincent Ferrier. « Johannes Gaultier, burgensis, commorans in villa de Dinnano, etatis quinquaginta annorum, deponit quod nunc sunt trigenta sex anni et ultra, vidit Magistrum Vincentium celebrantem et predicantem in dicta villa de Dinnano, in cujus predicationibus interfuit decem viribus et ultra... » Pièce du procès de canonisation. P. Fayes, p. 210], lequel fut et est cognoessant et confessant que, pour et adfin que luy et Guillemette sa femme fussent receus à frères en la confrarie des prêtres de Dinan, ils avaient donné et transporté à ladite confrarie le nombre de treze soubs de rente que lui devait par chacun an Jamet Gastinel parroessien de Saint-Salvour de Dinan, quels treze soubs de rente celui Jehan Gaultier au nom de luy et de sa dite femme a baillés et assis à ladite confrarie, en la personne de dom Jehan Gaultier trésorier et procureur d'icelle présent et ce aceptant pour ladite confrarie, à jamais à héritage ; — et fut présent par notre dite court celuy Jamet Gastinel qui cognut qu'il devait en droit faict audit Jehan Gaultier ceulx treze soubs de rente chacun an ès termes de la faire de Dinan et de Noël, métié par métié, sur l'obligation d'une pièce de terre en valeur sise en la paroesse de Saint-Malo de Dinan soubs le Tertre-Martin, habitante d'un costé au vergier Bignon et à la terre Guillemet Razel et d'aultre part au chemin par lequel l'on va du Jarjual (?) audit tertre Martin, — lequel Jarret Gastinel de la dite rente du commandement dudit Jehan Gaultier s'est atourné et aviré o ladite confrarie et promist en faire paiement ès temps à venir sur la dite obligation ès provosts d'icelle ou à qu'il appartiendra esdits termes en chacun an, — et partant ledit Jehan Gaultier pour lui et ses hoirs en quitta ledit Gastinel pour lui et ses hoirs ensemble o l'erreage de l'an derrain ; — desquelles choses ainsi baillées et assises ledit Jehan Gaultier esdits noms s'est déssesi et départi et en a baillé et baille à celle confrarie la sesine et pleine possession de fait réel et corporel à l'avoir tenir jouir fruiter lever user exploiter poursevoir et en faire à jamais comme de leur propre chose pour ladite confrarie, et sur et en ce ledit Jehan Gaultier ès dits noms a establi et establit lesdits frères de ladite confrarie actours et procureurs, renuntians et de fait renoncient lesdits Jehan Gaultier et Jamet Gastinel et chacun à jamais par eux ne par aultres contre la teneur et effect de ces lettres venir ne dire, demander ne avoir terme deparlier jour juge vies plegements monicions inhibicions suppositions ne nulles autres délacions qui contre la teneur et effect de ces lettres pourraient être dites ou opposées, — lequel contrat et tout ce jurèrent tenir ledit Jehan Gaultier esdits noms et Jamet Gastinel et chacun et sans jamais par eux ne par aultres contre la teneur et effect de ces lettres venir ne dire, demander ne avoir terme de parlier jour juge vies plegements monicions inhibitions suppositions comme dit est et par leurs serments, — et nous de leurs assantemens les y avons condempnés et condempnons. Donné témoin les seaulx des contras de notre dite court établis à Dinan, aveques le signe manuel Jehan de Maumusson qui présent estait et promist le y mettre aux requestes desdits Jehan Gaultier ausdicts noms et dudict Gastinel et de chacun à mere fermeté. Czième jour de febvrier l'an mil quatre cents quarante et quatre, De Maumusson, présent fu. Jocelin Colin passe.
En note. — Lettre de treze soubs de rente sur une terre soubz le tertre Martin où à présent a maison que soulloit tenir Jamet Gast nel au Jarjual (?) hors la ville.
Aveu au Roi que fournit la susdite Confrérie pour les maisons et terres qu'elle possède sous la juridiction royale de Dinan. 1730.
[Note : Cette
pièce se trouve aux Archives départementales de la Loire-inférieure (Série B, 2361)].
Aveu, déclaration et dénombrement des maisons, terres et jardins situés au
fauxbourg des Vieilles Rues de cette ville de Dinan, paroisse de St-Sauveur, que
possède et tient prochement et roturièrement du roi notre sire et souverain
seigneur, sous son domaine et juridiction de Dinan, la confrairie des prêtres et
chapelains de la ville de Dinan, fondée et desservie aux églises de St-Sauveur
et Hotellerie, maison de Dieu et hôpital dudit Dinan, en l'honneur de Dieu et de
la Vierge Marie. Lequel adveu et déclaration, n. h. et discret missire François
Conen, sieur prieur-recteur de la paroisse de Corseul, demeurant à sa maison
presbitérale dudit lieu, major de ladite confrairie, missire Gilles Le Seigneux,
procureur, missire Guillaume Harel sieur recteur de la paroisse de St-Sauveur de
Dinan, provost, missire Pierre Dubois le jeune, controlle, messire Thomas
Robert, officier du chœur de la paroisse de St-Malo dudit Dinan, segretaire, et
monsieur Maitre Jan Anne Couppé, sieur de la Fougeraye, conseiller du Roi et son
lieutenant général de police audit Dinan, député des laïques, et tous en charge,
et demeurant séparément à Dinan, paroisses de St-Sauveur et St-Malo, présentent
et fournissent à nos seigneurs de la Chambre des Comptes à Nantes devant
Messieurs les juges royaux de Dinan ... Savoir :
Maisons vieilles et caduques, appelées les maisons de bout de Rues, situées au derrière et proche le fauxbourg des Vieilles Vouaries ou Vieilles Rues dudit Dinan en la paroisse de St-Sauveur...., et un jardin joignant lesdites maisons et les chemins et ruelles par lesquelles on va de la ville de Dinan à la chapelle qui fut de St-Barthélémy.... Lesdites maisons et jardins tenues dudit domaine de Dinan, franches de rentes, mais obéissant aux fins de contract d'acquêt en fait par les major, procureur, provost, controlle, et officier de ladite confrairie, d'avec Jehan Lamoureux et Guillemette Pierre sa femme en date du 5 août 1536.
Davantage un petit jardin appelé l'Amirauté proche les précédents héritages en la même paroisse de Saint-Sauveur, tenu du domaine de Dinan, par le baillage de l'Amirauté, avec la charge d'y payer 10 deniers monnoie de rente, et obéissance, et iceluy jardin légué et donné à ladite confrairie des prêtres et chapelains par dlle Jeanne Larnec, dame de la Fillibre, et défunte Olive de Saint-Cyr sa mère, pour les messes et fondations contenues au contract en fait par ladite Lernec en date du 16 septembre 1638, au rapport de Delaunay et Ménard, notaires royaux.
De plus déclarent en temps que besoing les officiers de ladite confrairie posséder sur le domaine de Dinan la somme de 36 livres de rente, laquelle a été baillée à ladite confrairie par messire Jean d'Avaugour, seigneur de Saint-Rolland, baron du Bois de la Motte, par échange d'une pièce de terre appelée le grand clos des Ormes, où est à présent l'emplacement et couvent des Pères Capucins dudit Dinan, dont ledit seigneur du Bois de la Motte est le fondateur, le contract dudit échange en date du 12 octobre 1620, au rapport de L'Hoste et Lernec, notaires royaux.
Lequel présent aveu et déclaration et dénombrement les dits sieurs Conen, Le Seigneux, Harel, Dubois le jeune, Robert, prestres et officiers de ladite confrairie, et Couppé député des laiques, présants en personnes devant nous notaires royaux apostoliques héréditaires de Dinan soussignants, affirment véritable à leur connaissance... Fait et passé audit Dinan en l'étude de Beslay sous les seings desdits sieurs advouants chacun pour leur respect et les nôtres.
François Conen, prieur recteur de Corseul, major, G. Le Seigneux, prêtre, procureur, T. Robert, presbre, secrétaire, G. Harel, recteur de Saint-Sauveur de Dinan, provost, P. Dubois le jeune, presbre, controlle, J. Couppé, Rouaud, notaire royal, Beslay notaire royal.
Fondation d'une confrérie du Saint-Rosaire en l'église du Quiou. — 1631.
Je qui subssigne frère Pierre Henry, religieux prestre, profès et prédicateur général du couvent des Frères Prescheurs dudit couvent de Dinan, je certifie que par pouvoir et du commandement du Révérend Père frère Adrien Béchu, docteur en théologie et prieur dudit couvent, avons, le 27e jour du mois d'avril dimanche de Quasimodo en l'an 1631, establi et érigé la confrairie de Notre-Dame du Saint-Rosaire avec toutes les cérémonies à ce requises, suivant la concession octroyée aux parouessiens de la paroisse du Quiou par ledit révérend père maistre prieur et establie en ladite église de Quiou, pour là y estre fait service solennel à l'honneur de ladite Dame et pour jouir des indulgences concédées par nos saints pères les Papes de Rome et autres grâces données en faveur de l'ordre des Frères Prescheurs, autheurs de ladite confrairie. Fait audit couvent le 15e jour de janvier 1632. F. Pierre Henry.
Fondation d'une confrérie du Saint-Rosaire, en l'église d'Helléan. — 1635.
[Note
: Cette pièce ne fait pas partie non plus de la collection d'archives privées
que nous publions. Nous la donnons néanmoins, parce qu'elle éclaire et complète
heureusement la précédente. C'est un acte prônal autrement dit une délibération
paroissiale. L'original se trouve aux archives départementales du Morbihan,
série G.].
1635, 21 janvier. A révérend père Béchu, docteur en théologie,
prieur du couvent des frères prescheurs de Dinan.
Vous remontrent en supplyans, humblement le général des parouessiens de Helléan — qui sont premièrement vénérable et discret frère Michel Sanquer, chanoine régulier de l'ordre de Saint-Augustin, Prieur recteur de la parouesse et de celle de la Croix audit Helléan [Note : Les deux paroisses de Helléan et de la Croix-Helléan constituaient un seul et même titre de bénéfice dépendant de l'abbaye de Saint-Jean-des-Prés], messire Fr. Le Compte, messire Ju. Morice, messire Guillaume Buo, messire Jagoudel, messire Bertrand Bernard, messire Yves Le Ray, prêtres de ladite parouesse, Me Jan Bernard et Me Alain Picart, notaires en la juridiction de Porhouët, Julien Bernard, Ja. Mignot, René Boullo, François Couesquentin, Robert Lucas, Jan Havart, Ju. Malabeuff, Jan Bernard le jeune, Armel et Ju. les Havarts, Pierre Lucas, et autres parouessiens qui ne savent signer, — lesquels, ayant aprins les grands proficts et biens spirituels que la confrarie de N.-D. du Saint-Rosaire aporte en lieux où elle érigée est, les statuts d'icelle diligemment observés ; et estant d'autre part assurés du pouvoir et auctorité que le saint siège apostolique a donné par privilaige à l'ordre des Frères Prescheurs d'instituer ladite confrarie aux lieux où ils la requièrent, ont humblement supplié ledit révérend père, au nom de tous les habitants en ladite parouesse, de concéder pouvoir d'esriger et instituer en ladite église de Helléan ladite confrarie de N.-D. du Saint-Rosaire avec ses privilèges et pardons, — déterminans lesdits supplyans pour les exercisses d'icelle à perpétuité ladite chapelle et autel St-Julien qu'ils promettent orner d'un tableau des mistères du Rozaire ensemble d'autres requis pour faire le service de la Sainte-Vierge, — s'obligeans d'entretenir, conserver, d'augmenter tant qu'il leur sera possible ladite confrarie, et d'observer et de faire observer de point en point les statuts et règles d'icelle. — C'est à quoy ledit général, recteur et prêtres supplians très humblement votre Révérence à ce qu'il vous plaise l'accepter et leur octroyer ladite confrarie, et pour l'esriger l'un ou l'autre de vos religieux selon votre bon plaisir, — s'obligeans aux poincts et conditions cy-dessus raportées, ensemble obéissance perpétuelle à votre maison et aux religieux d'icelle, sans contrevenir aux choses surdites, ains promettent les accomplir perpétuellement. — Instituront auxy lesdits parouessiens un procureur et recepveur des oblations données audict autel, qui les emploiera à l'entretien et reparation d'icelui. — Et à celle fin que les présentes sont plus authentiques et valides, lesdits parouessiens ont voulu en être décerné acte par nous notaires qui les y avons à leurs requestes et de leurs consentements obligés et condampnés. Est ce gré prins en ladite église de Helléan à l'endroit du prosne de la grand-messe célébrée par ledit sieur recteur, sous le signe tant dudit sieur recteur presbres, parouessiens, que les nostres pour vérification. Ce jour de dimanche 21 janvier 1635. M. Sanquer, recteur de la Croix. Helléan, G. Buo, Bernard, prestre, Y. Le Ray, Lecompte, Ju-Morice, presbre, Jagoudel, presbre, Ju. Havart, A. Havart, J. Havart, Couesquentin, P. Lucas, J. Bernard, Ju. Mabon, Ju. Bernard, Ju. Lucas, Bernard, Ju Mabon, Ju Bernard, Jo. Lucas, Bernard, notaire.
Pièce de comptabilité du couvent des Frères Prêcheurs de Dinan. — 1667.
Comme sacriste du couvent de Frères Prescheurs dits Jacobins de Dinan, je connois avoir receu ce 5 décembre 1667 de Monsieur le Recteur de Saint-Malo de ladite ville, en qualité d'exécuteur testamentaire de deffuncte Mademoiselle de Leuay inhumée à Saint-Malo, la somme d'unze livres seize sols pour avoir assisté à l'enterrement de ladite deffuncte avec chappes et procession, chanté un service avec cinq glas, et au septième procession chappes, un service et quatre glas. Fait, audit couvent an et mois cy-dessus. Frère Dominique Joyet, sacriste.
Pièce de comptabilité du couvent des Ursulines de Dinan. — 1767.
Nous soussignée, humble supérieure des religieuses Ursulines de Dinan, reconnois avoir reçu du général de la paroisse de Catorguen, par les mains de Pierre Hamon, la somme de 125 livres qu'ils doivent à notre communauté de Saint-Charles de Dinan, pour rente annuelle du constitut de la somme de 2500 livres de principal que ledit général de ladite paroisse emprunta d'avec nous, aux fins et selon les termes du contract que nous passâmes le 3 février 1762, et dont l'année est échue du 3 de février 1767 : de laquelle somme nous quittons ledit général de la paroisse pour ladite année, sans préjudice de la courante et tous autres droits à nous dus, dont nous faisons expresse réserve. Fait à notre monastère de Saint-Charles de Dinan, le 24 décembre 1767. Sœur Céleste de la Vallée, supérieure.
Acte de fondation de la maison des Sœurs de la Sagesse, à Dinan — Avant 1755.
Au nom de Dieu, sous l'autorité du Roy et le consentement du seigneur évesque de Saint-Malo, je Claude Toussaint Marot, chevalier, seigneur comte de la Garoye, désire et promets de faire une fondation à Dinan pour donner du pain, du bouillon, et des remèdes aux pauvres, malades ou infirmes, et du linge aux prisonniers de ladite ville. Pour remplir les objets de cette fondation, j'ai choisi trois filles d'une communauté dite de la Sagesse de la maison de Saint-Laurent-sur-Sèvre, et, à leur défaut, cette administration sera confiée à telles autres sœurs d'une communauté approuvée que je jugerai à propos de choisir du consentement du seigneur évêque. Je promets et m'oblige de fournir aux dites sœurs une maison dans ladite ville ou faux-bourg pour les loger convenablement. Pour quoy je supplie très humblement sa Majesté de m'accorder le droit d'amortissement. Je m'oblige de donner 450 livres par an pour la nourriture et entretien des trois Sœurs de la Sagesse. Pour subvenir audit établissement je donne en la meilleure forme que ce puisse être le contrat de rente sur les postes au capital de 25.000 livres dont le Roy m'a gratifié ; de plus une autre rente de 350 livres sur l'Hôtel-de-ville de Paris. Mais d'autant que ce revenu se trouve trop modique pour d'un côté subvenir aux charges naturelles de fondation, et d'un autre en remplir les objets dans leur étendue, je supplie très humblement sa Majesté de permettre d'acquérir dans la suite d'autres biens pour les y affecter, comme aussi d'accepter les donations qui pourraient être faites en faveur dudit établissement, jusqu'à la concurrence du revenu qu'il plaira à sa Majesté de fixer. Pour toucher les revenus de la présente fondation, je nommerai un économe qui m'en rendra compte, et après mon décès au principal juge de la ville de Dinan et aux deux recteurs de la dite ville : lequel principal juge, conjointement avec mes héritiers, successeurs ou ayant cause, nommeront l'économe qui distribuera les revenus suivant les arrangemens qui auront été convenus par le seigneur évêque et moi ; et si les héritiers, successeurs ou ayant cause, ne conviennent pas sur la nomination de l'économe, le seigneur évêque jugera le plus convenable d'être nommé. Tout ce qui est ci-devant sera dirigé sous le commandement et approbation du seigneur évêque de Saint-Malo. Marot de la Garaye.
Consentement des habitants de Dinan à l'agrandissement de la maison des Sœurs de la Sagesse. — 1777.
Extrait du registre des délibérations de la communauté de ville de Dinan. — Du mardy 8 juillet 1777, aux deux heures de l'après-midi en l'hôtel de ville, assemblée de la communauté, où présidait M. Macé de l'Epinay, maire électif en exercice, assisté de MM. Boullez des Métairies, miseur, Macé, Bameulle de la Chabossais, Vaugrena, anciens maires, Porcon de la Barbinais, lieutenant du maire, Bénard, Plessé de Saint-Mirel, Guérin de la Bernardais, Le Renec, assesseurs, du Chalonge de la Salmonnais aussi assesseur et greffier, présent M. Lohier, procureur du Roy. M. le Maire a représanté que M. Jourdain de Coutance, alloué de la sénéchaussée royale de cette ville, lui a communiqué des Lettres Patentes obtenues par les Dames de la Sagesse établies en cette ville, au mois de janvier dernier, portant confirmation et approbation de deux actes d'acquisition d'un jardin et d'une maison, rue Neuve de cette ville, en datte des 30 mars et 11 avril 1775 ; — la requeste desdites Dames présentée à Nosseigneurs du Parlement le 2 mai dernier, tendante à l'enregistrement desdites Lettres Patentes, au pied de laquelle sont les conclusions de M. le Procureur général du Roy ; — l'arrêt de la Cour du Parlement de cette Province, en datte du 7 dudit mois de may dernier, qui ordonne, avant faire droit, que ladite requeste et pièces y attachées seront communiquées à la communauté de cette ville, pour, sur ses réponses et les conclusions de M. le procureur général du Roy, être ordonné ce qui sera vu appartenir. De la lecture desquelles pièces mondit sieur le Maire a demandé acte, et prié la communauté de délibérer. — La communauté délibérante a donné acte à M. le Maire de la représentation et lecture desdites pièces, et a déclaré n'avoir de moyen opposant à l'enregistrement desdites Lettres Patentes, sans néanmoins tirer à conséquence pour et en autres cas. Fait et arresté en communauté lesdits jour et an, Ainsi signé sur le registre : Macé de l'Epinay, Boullez des Métairies, Macé, Bameulle de la Chabossais, Vaugrena, de la Barbinais Porcon, Lohier. Pour expédition conforme au registre. Du Chalonge de la Salmonnais, greffier.
(J. Rouxel).
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