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GILLES ET MAURICE LE BORGNE

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En matière d’études nobiliaires, ce nom de le Borgne n’éveille d’autre souvenir que celui du bailli de Lanmeur qui consacra les loisirs de sa charge à écrire l’Armorial breton. Cependant Guy le Borgne ne fut pas le seul de sa famille à étudier les anciens actes et à collectionner les vieux mémoires. Avant lui, son père avait obéi au même goût ; après lui, un de ses neveux, second fils de son frère aîné, mit à profit les nombreux matériaux laissés par son aïeul.

Les longues recherches du père sont nettement indiquées par Guy le Borgne lui-même dans l'Avertissement au lecteur de son Armorial. Les travaux du neveu étaient inconnus jusqu’à ce jour ; et c’est tout récemment que j’en ai retrouvé un important vestige dans un château du Finistère.

« Il me suffira donc de vous dire, écrit Guy le Borgne dans son Avertissement, que je vous donne ce petit Arsenal des armes, qualifié l’Armorial breton, d’une méthode assez facile et populaire, ébauché par feu mon père, il y a déjà quelques années. Je l’ay rendu au poinct que vous le voyez, espérant que, malgré la rigueur du temps et la suitte des siècles, il conservera dans ses feilles le lustre des familles et de leurs armes et blasons, que j’ay en partie recueilly avec exactitude de plusieurs généalogies compilées par feu mon père sur les anciens titres et sur ce qu’il y a de rare dans quantité de maisons particulières du pays, même sur quelques mémoires tirez de la chambre des Comtes de cette province ».

En dehors de ce passage de l’Armorial, on n’a jamais rien su, si je ne me trompe, du père de Guy le Borgne. Les informations sur le fils n’étaient pas non plus très abondantes. M. Levot a dit, dans la Biographie bretonne, que « des recherches réitérées et persistantes n’avaient pu lui faire découvrir ni les lieux et époques de sa naissance et de son décès, ni aucune circonstance de sa vie ».

Je ne suis pas à même de fournir une seule date ; mais cet article pourra donner quelques détails aux amateurs de renseignements biographiques.

Guy le Borgne naquit vraisemblablement au château du Goasven, en Brélévenez, dans l’évêché de Tréguier. Si les registres de cette paroisse ont été conservés depuis le commencement du XVIIème siècle, on aurait chance d’y trouver l’acte de baptême tant cherché par M. Levot.

Son père, Gilles le Borgne, sr. du Goazven, de Kerguennou, de Keraziou et de Kerguien, était fils de Jacques le Borgne, sr. de Kerneguès et de Kerguennou en Servel, et de Françoise de Kerbouric, qui avait apporté la terre du Goasven dans la maison des le Borgne. Il épousa, en premières noces, Marguerite de Goësbriand, fille d’Yves de Goësbriand, sr. du Roslan, et de Louise Estienne, dame héritière de Kerveguen. Il en eut trois fils, Gilles, Guy, l’auteur de l’Armorial, et Claude. En secondes noces, il épousa Marguerite Droniou, veuve de N... du Halgoët, dont il n’eut qu’une fille, Marie, qu’il maria à Claude Courson, sr. de Colodmeur, sénéchal du comté de Goëllo.

Ses trois fils suivirent son exemple et contractèrent chacun deux mariages. Le dernier, Claude, sr. de Lerville, fut le seul à ne pas laisser d’enfants de ses deux femmes, Marie de Lezormel et Hélène de Kergrist.

Guy, le bailli de Lanmeur, eut un fils et une fille de sa première femme, N... Legac de Lanorgar ; mais le fils, Toussaint le Borgne, sr. du Treuxcoët, ne laissa pas d’enfants, et la fille, Marie-Anne, mourut sans alliance. De sa seconde femme, N... Legendre de Kerouriou, l’auteur de l’Armorial breton eut une fille, qui épousa Jacques le Borgne, sr. de Kermorvan, de la même maison qu’elle, cadet de la branche des le Borgne de la Tour. Des cinq garçons qu’elle lui donna, l’aîné seul continua la filiation ; les quatre cadets entrèrent dans les ordres, le premier et les deux derniers moururent chanoines, le deuxième, Charles-Guy, fut évêque de Tréguier.

Le frère aîné de Guy le Borgne, qui s’appelait Gilles, comme son père, et qui fut, comme lui, seigneur du Goasven, de Kerguennou, de Keraziou et de Kerguien, épousa en premières noces Marguerite de Kerguezay, fille puînée d’Amaury de Kerguezay, sr. de Guermorvan, chevalier de l’Ordre du Roi, et de Françoise le Gualès, dame héritière de Keryvon. De sa seconde femme, Louise de Mordelles, veuve d’un sr. de Restoles la Boëssière, il n’eut pas d’enfants ; mais il en eut cinq de la première, trois fils et deux filles.

L’aîné, René le Borgne, sr. du Goasven, épousa Louise Sauvaget des Clos ; le troisième, Alain, se fit prêtre, et devint recteur de Lanmodez. Le second, Maurice, sr. de Villeguien, épousa, en février 1677, Gillonne du Louet, fille de Messire Claude du Louet, sr. de la Villeneuve, et de Françoise de Ploësquellec, dame héritière du Boisriou et de Kerhuel.

C’est ce neveu de Guy le Borgne dont j’ai parlé en commençant et qui se montra curieux, comme son grand-père et comme son oncle, de recherches généalogiques. Ce dernier s’était bien servi, pour composer son Armorial, des matériaux réunis par son père ; mais la nature même de cet ouvrage faisait qu’il n’avait pu en utiliser qu’une très petite partie. Il restait beaucoup d’autres choses intéressantes à en extraire ; et Maurice le Borgne se chargea, au moins partiellement, de cette besogne. Il avait sous la main, aux archives du Goasven, le résultat des longues investigations de son grand-père ; et il en composa un important travail que j’ai retrouvé dernièrement chez une de ses arrière-petites-filles, Mlle le Borgne du Boisriou, au château de Keroulas (Finistère).

Quiconque s’est occupé de recherches dans les archives des familles sait à quel point il est parfois difficile d’obtenir communication du moindre document ; mais l’arrière-petite-nièce de Guy le Borgne fait bon accueil à tous ses visiteurs, qu’ils se présentent à son château en quête de curiosités historiques ou pressés par le souvenir poétique de la penherez de Keroulas [Note : Voyez le Barzaz Breiz de M. de la Villemarqué]. On se s'étonnera donc pas que j’offre ici à Mlle du Boisriou le témoignage de toute ma gratitude pour l’extrême obligeance avec laquelle elle a mis à ma disposition le registre in-folio manuscrit qui portait à son premier feuillet le titre suivant : CARTES GÉNÉALOGIQUES DES SEIGNEURS DE LA MAISON DU GOAZVEN EN BRELEVENEZ ET AUTRES MAISONS ALIÉES A ICELLE.

J’attachais une certaine importance à pouvoir le feuilleter à loisir ; le rapide coup d’œil que j’y avais jeté m’avait montré une longue série de tableaux généalogiques sérieusement faits sur titres et sans l’ombre d’une préoccupation personnelle de la part de l’auteur. Il n’avait pas eu pour but de faire remonter telle ou telle famille à l’origine des temps ; il avait simplement voulu, d’après l’ancienne méthode, suivre une terre entre les mains de tous ses possesseurs, en dressant à mesure leur succession généalogique. La terre du Goasven en Brélévenez était prise par lui à partir de son premier seigneur connu, N... Robert, au XIVème siècle, et suivie jusqu’aux Tréanna [Note : La branche des Goasven le Borgne, comme dit l’auteur de l’Armorial, s’est arrêtée au frère aîné de Maurice, René le Borgne, dont j’ai parlé tout à l’heure. Il eut deux fils et une fille ; mais le premier de ses fils, Joseph-Joachim, chose rare, à l’époque, de la part des aînés, se fit prêtre et fut recteur de Brélévenez ; le cadet, Claude, fut tué sans alliance à la guerre en 1704 ; et la terre du Goasven passa aux Tréanna par le mariage, en 1715, de leur sœur, Marie-Anne, avec Claude-Hyacinthe de Tréanna, sr. de Trémaria. Cette famille ne la garda pas longtemps. Du mariage précité, il ne naquit qu’une fille, Marie de Tréanna, qui, à peine âgée de 15 ans, porta la terre du Goasven aux Moëlien en épousant Vincent-Guillaume de Moëlien, conseiller au Parlement de Bretagne], en passant par les Sclisson, les Trévou, les Gargian, les Kerbouric et les le Borgne qui la possédèrent pendant plusieurs générations. Les alliances contractées par ces différents seigneurs du Goasven lui avaient fourni l’occasion de composer environ 150 cartes généalogiques jetées sans ordre et sobres de détails, mais consciencieuses et instructives, rapportant aussi fidèlement la filiation des familles oubliées ou obscures que celle des maisons les plus éclatantes et les plus illustres.

Déterminer quel fut l’auteur de ces tableaux généalogiques me sembla d’abord très facile. Un passage du feuillet 101 ne me laissait aucun doute. « L’an 1417, disait l’auteur, Amice du Trévou possédait mon fief du Treuxcoët ». L’hésitation n’était pas possible ; j’avais sous la main un manuscrit inédit de Guy le Borgne, qui était seigneur du Treuxcoët et en prit le nom dans le titre de son Armorial [Note : « Armorial Breton contenant par ordre alphabétique les noms, qualitez, armes et blasons des nobles, annoblis et tenans terres et fiefs nobles ès eveschez de Tréguier et de Léon….. par Guy le Borgne, escuyer, sr. du Treuzcoat, conseiller du roy, alloué et baillif en la jurisdiction royale de Lanmeur. Rennes, 1667 »]. De plus, Guy le Borgne, comme il nous ledit lui-même [Note : Armorial breton, article Goasven] , était « issu en juveigneurie » de la maison du Goasven. N’était-il pas naturel de supposer qu’il fût l’auteur de recherches qui avaient pour but de conserver à la postérité la suite « des seigneurs de la maison du Goazven et autres maisons aliées à icelle ? ». C’était donc une véritable découverte et qui n’était pas sans importance au point de vue bibliographique.

Un examen plus approfondi m’amena bientôt à découvrir que je m’étais trompé. En effet, les renseignements concernant Guy le Borgne n’étaient pas tous également précis dans ce volume. L’auteur indiquait bien que le bailli de Lanmeur contracta deux mariages ; mais il ne savait même pas les prénoms des deux femmes qu’il épousa.

En outre, au feuillet 8, l’auteur parlait de son « fief de Guinan en Lanmelin ». Or Guy le Borgne n’a jamais possédé cette terre : et il nous dit, en son Armorial, qu’au moment même où il écrit, en 1667, la terre de Guinan appartient aux Goasven le Borgne, c’est-à-dire à la branche aînée de sa maison.

Il fallait donc chercher ailleurs, en m’appuyant sur ce nouveau détail, que l’auteur de ces généalogies était seigneur de Guinan en même temps que seigneur du Treuxcoët [Note : En Pleyberchrist, aujourd’hui aux Audren de Kerdrel]. Ces deux terres avaient bien été réunies dans les mains de Gilles le Borgne, père du bailli de Lanmeur, et, étant donnés ses goûts, rien n’était plus simple que de lui attribuer la paternité de ce recueil ; mais Gilles le Borgne, nous apprend son fils, ne vivait plus en 1667, quand l'Armorial parut, et les généalogies du Goasven étendent leurs renseignements bien au delà, jusqu’en 1707.

Après lui cependant, il n’était plus possible de trouver un le Borgne, à la fois seigneur de Guinan et du Treuxcoët. Cette dernière terre avait passé à son fils cadet Gui, et des mains du fils de celui-ci, je ne sais trop comment, à la maison de Kergrist.

J’arrivai alors à cette supposition que si Gilles le Borgne n’était pas l’auteur du travail tout entier, du moins il y avait sa bonne part, et que plusieurs des généalogies compilées par lui avaient servi de toutes pièces au continuateur de son œuvre. Mais quel était ce continuateur ?

La pauvreté des informations concernant Guy le Borgne, on s’en souvient, fut une des causes qui contribuèrent à écarter de mon esprit la pensée qu’il fût l’auteur du recueil. Au contraire, mon attention fut attirée par l’abondance des détails se rapportant à un petit-fils de Gilles, neveu de Guy, Maurice le Borgne, sr. de Villeguien. La date de la naissance de ses enfants, celle de la mort de son beau-frère et de sa belle-sœur du Louët sont très exactement consignées, alors que le manuscrit n’est pas très riche en dates précises.

Mes recherches, dirigées de ce côté, aboutirent bientôt à la certitude absolue que Maurice le Borgne était le metteur en ordre, si je puis m’exprimer ainsi, et le continuateur des travaux de son grand-père. Le recueil fut tout entier écrit de sa main. Il y travailla en 1683, en 1687 et en 1692. Il ne s’arrêta pas à cette année ; mais je ne crois pas qu’il ait rien écrit postérieurement à 1707. Cependant il ne fut pas le dernier à y mettre la main. Son fils et ses petits-enfants continuèrent la filiation de leur branche. On trouve çà et là des additions de deux écritures différentes.

Il copia sur ce registre les généalogies qu’il trouva complètes dans les papiers de son aïeul et s’aida des titres recueillis par lui pour mettre le recueil au courant des nouvelles alliances.

Il est bien évident, par exemple, que la généalogie de la Villeneuve-Polart est de lui. Sa femme, Gillonne du Louet, était héritière de cette maison, et ce n’est pas Gilles le Borgne qui aurait été amené à s’occuper d’une famille qui ne s’était pas encore alliée à la sienne.

Cette maison des Polart, seigneurs de la Villeneuve, qui n’occupe pas toute la place qu'elle mérite dans les ouvrages nobiliaires, s'était éteinte, dans la descendance mâle, en la personne d'un religieux capucin, Frère Louis, mort en odeur de sainteté, à Morlaix, en assistant les pestiférés. La tombe qu’on lui avait élevée, au milieu de la chapelle Sainte-Marguerite, dans le cimetière de l’église Saint-Mathieu, attirait un assez grand concours de fidèles pour qu’on eût songé à écrire sa vie. J’ai retrouvé dans le registre de Keroulas la lettre suivante, qui fut adressée, en 1706, par le P. François-Marie de Bellisle à Madame le Borgne de Villeguien, Gillonne du Louët, femme de Maurice :

Jésus, Marie, François. « Madame, Notre Très Vénérable Père Gardien m’ayant fait l’honneur de me destiner à recueillir tous les fragmens de la vie du saint Religieux F. Louis de Morlaix, dont la tige et la sainteté méritent une vénération singulière, pour en faire un corps d’histoire, je ne connais personne qui puisse mieux m’instruire que vous, Madame, des belles alliances de la maison de la Villeneuve-Polart, dont F. Louis étoit aîné, et comment on le nommoit au monde sous ce titre. Nos annales et nos archives, qui ne laissent échapper aucune de ces vertus qui luy ont attiré la dévotion des peuples et luy ont mérité la gloire qu’il possède, me donnent en même tems de si grandes idées en général de votre illustre maison qu’il m’est facile d’en conclure que vos ancêtres se sont distingués dans tous les tems par mille actions glorieuses dans les armées et par le rang qu’ils y tenoient, qu’ils ont paru dans l’Eglise sous l’éclat de la pourpre et de la mitre et qu’ils ont encore plus éclaté par leur savoir et par leur vertu. C’est un si noble sang qui a réuni la valeur avec la piété dans notre F. Louis ; mais, Madame, faites-moi connaître, s’il vous plaît, quels furent les emplois et les noms de ces grands capitaines qui ont honoré votre tige et dont la valeur excita F. Louis à aller servir le prince et la patrie dans les armées en qualité de simple cavalier, quelles furent les dignitez et les noms de ces illustres prélats dont F. Louis hérita la piété, afin de relever la gloire du rejetton par la grandeur de la tige. Si le bon Dieu me fait la grâce de réussir dans ce petit ouvrage, je me persuade facilement que vous le regarderez avec les mêmes complaisances que les enfans bien nez contemplent les tableaux de leurs ancêtres et lisent dans les auteurs les actions glorieuses de leurs pères. Je feray un petit volume avec le plus d’ordre que je pourray de tout ce qu’il y a de particulier dans la vie de ce saint religieux. Je le feray transcrire par un bon écrivain et j’auray l’honneur de vous le dédier au nom de toute notre chère communauté qui est ravie de trouver une si belle occasion de vous faire plaisir. Je suis en particulier, avec tout le respect possible, Madame, Votre très humble et très obéissant serviteur en J.-C. F. FRANÇOIS-MARIE de Belle-isle-en-Mer, cap. ind. A Madame Madame de la Villeguien, en son château Au Boisriou ».

J’ignore s’il fut donné suite à ce projet, et je laisse aux bibliophiles le soin de décider si le travail du P. François-Marie fut jamais livré à l’impression.

Ce fut peut-être cette lettre qui amena Maurice le Borgne à rechercher les origines de la famille Polart. Toujours est-il que la présence de cette généalogie et de plusieurs autres dans le recueil prouve que le petit-fils ne fut pas un simple copiste des œuvres de son grand-père. La part de ce dernier fût, il est vrai, très importante ; et Maurice le Borgne reconnaît lui-même qu’il reproduit des informations dont il n’est pas l’auteur, lorsqu’il dit, comme au feuillet 41 : « Mon grand-père a écrit ces termes ; » mais il ne lui en reste pas moins le mérite d’avoir fait un ensemble de toutes ces notes éparses, en leur donnant une forme, et d’avoir ainsi préservé d’une destruction inévitable une très grande quantité de recherches intéressantes.

Il convient d’ajouter qu’il apporta aussi à ce travail les ressources de sa science personnelle. Pour compléter les données de son grand-père, il avait à sa disposition le chartrier du Boisriou. Sa femme, Gillonne du Louët, était héritière de cette terre. En en prenant possession, il y trouva les archives de la famille de Ploësquellec, dont sa belle-mère était issue. Entre autres documents, précieux pour ses études, il y découvrit les Mémoires de Rolland de Ploësquellec, seigneur du Boisriou, et il se mit en devoir d’en extraire des Remarques. Malheureusement son entreprise n’alla pas loin, et ce qu’il nous en a laissé n’a d’autre utilité que d’avoir conservé le souvenir d’un curieux document, qui n’est peut-être pas perdu et que, d’après certains indices, j’ai le vague espoir de retrouver un jour. Les quelques lignes empruntées par Maurice le Borgne au manuscrit de Rolland de Ploësquellec ne portent que sur les guerres de la Ligue. Voici ces extraits, malgré leur peu d’importance :

REMARQUES HISTORIQUES PRISES DES MÉMOIRES DE ROLLAND DE PLOESQUELLEC, SEIGNEUR DU BOISRIOU « Le vendredi 18e jour de novembre 1589, la ville de Tréguier fut prise et ravagée ; les compagnies du sr. de Chasteauneuf et du comte de Chemillé y estoient en garnison. Ces oficiers se sauvèrent par mer avec les sieurs de la Moussaye et du Rascol et se rendirent à Grenesay. Les srs de Carné, le capitaine Querousy, le capitaine Montagne et le capitaine Gealloere (?), poitevin, conduisoient l’armée qui fit cette prise, laquelle venoit de Guingamp. Le sieur de Brelidi, de Tuoneoz, se mirent en défences et furent tuez à la première barrière, et de la part des assiégeantz un capitaine nommé .... et autres, et de part et d’autre, environ 35 ou 40 personnes tuez.

Le 27 7bre 1589, les capitaines de Carné, de Querousy et Montagne prirent la ville de la Rochederrien, et le lendemain l’abandonnèrent.

Le 25 janvier 1598, la ville de Dinan fut prise par M. le Maréchal de Brissac par l’intelligence des habitans de la ville et de ceux de Saint-Malo, fatiguez des insolences des soldatz du sieur de Saint-Lorans qui y commendoit.

Au définiment du mois de mars 1588 (sic), la paix fut publiée à Tréguier, et, le 2 avril ensuivant, se fit le feu de joie, à l’issue de la procession qui se fit par le chapitre assisté de 19 parroisses en la chapelle de M. saint Yves, à demy-quart de lieue de la ville, où le chef dudit saint fut porté ................ ».

Il va sans dire que plusieurs cartes généalogiques sont employées par Maurice le Borgne à établir la filiation de la maison de Ploësquellec et de ses différentes branches.

Cette famille était d’ailleurs assez connue pour n’avoir pas manqué d’historiens ; mais ce qui fait l’intérêt du manuscrit de Kéroulas, c’est qu’il est très riche en détails sur un grand nombre de familles éteintes des évêchés de Tréguier et de Léon.

L'Armorial breton, on s’en souvient, est consacré principalement au nobiliaire de ces deux évêchés. L’œuvre de Guy le Borgne est complétée par l’œuvre de Maurice. Les Cartes généalogiques de la maison du Goasven sont en quelque sorte le développement de l’Armorial pour les régions de Léon et de Tréguier ; et ne serait-ce qu’à ce titre, elles méritent attention.

(Gaston de Carné, 1886).

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