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LES MANOIRS ET TERRES D'ABBARETZ.

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MANOIRS ET TERRES.

MAISONS NOBLES JOUISSANT D'UNE JURIDICTION SEIGNEURIALE : LA RIVIÈRE, MONTJONNET, LIMARAULT ET VILLENEUVE. — TERRES AVEC MANOIRS : LA JAHOTIÈRE ET LA BEAUTRAYE. — AUTRES TERRES : LA CHESNAYE, LA HARDIÈRE, LAUNAY, LA BARRE ET LA MAISON-NEUVE.

La paroisse d'Abbaretz renfermait un certain nombre de manoirs et de terres relevant des seigneuries précédemment étudiées. Ogée les mentionne , comme il suit, avec son inexactitude accoutumée : « Dans le XIIIème siècle (lisez le XVème) les manoirs nobles de ce territoire (d'Abbaretz) étient : la Ville-Blanche (lisez Villeneuve) à Alain Raimbault, l’ébergement de Maniocassel (lisez Montjonnet) au sieur de Maussant (lisez de Marsaint), l'ébergement de Limarant (lisez Limarault) à N.... » [Note : Diction. hist. et géogr. de Bretagne (nouvelle édition), II, 35].

Nous verrons que ces terres étaient plus nombreuses, Ogée oubliant la plus importante, c'est-à-dire la Rivière. Parmi elles il nous faut, tout d'abord signaler les domaines nobles jouissant chacun d'une juridiction seigneuriale ; Abbaretz en comptait quatre : la Rivière, Montjonnet, Limarault et Villeneuve. Nous commencerons par ces terres privilégiées.

La Rivière. — Cette terre noble, décorée d'un vieux manoir, est souvent appelée la Rivière d'Abbaretz, pour la distinguer des terres voisines portant le même nom : la Rivière en Auverné, la Rivière en Moisdon et la Rivière en Nozay. Peut-être à l'origine ces terres appartinrent-elles toutes à la même famille de la Rivière, représentée encore au XVème siècle à la Rivière d'Auverné.

Les barons de Châteaubriant n'ont jamais, quoiqu'en ait dit Ogée [Note : Dict. hist. et géogr. de Bretagne (nouvelle édition), I, 35], possédé la terre seigneuriale de la Rivière d'Abbaretz, appartenant dès le XIIIème siècle à une noble famille qui en tirait son nom. Briant de la Rivière, sire dudit lieu en Abbaretz, ne laissa qu'une fille, appelée Etaisse de la Rivière, femme en 1280 de Geoffroy de Montfort, second fils de Raoul V, sire de Montfort et de Gaël [Note : Ms. n° 1115 de la Bibliothèque de Nantes. — De Cornulier, Diction. des terres du Comté nantais, 244].

De cette union naquit Briant Ier de Montfort, seigneur de la Rivière du chef de sa mère, et époux d'une dame nommée Margot qui, devenue veuve de lui, se remaria à Guillaume de Comelan. Billant II de Montfort, fils du précédent et après lui seigneur de la Rivière en 1379, s'unit à Guillemette d'Avaugour, dame de la Templerie ; il en eut Eon de Montfort qui lui succéda à la Rivière, mais dont on ignore l'alliance. Ce dernier seigneur laissa deux enfants Jean et Moricette ; il dut mourir encore jeune, comme avaient fait son père et son grand-père, car en 1404 il était décédé lorsque sa fille Moricette de Montfort épousa Robert Brochereul, et à cette époque vivaient encore Guillemette d'Avaugour sa mère et Margot de Comelan sa grand'mère [Note : Du Paz, Histoire généalog. de plusieurs maisons de Bretagne, 552].

Jean de Montfort se trouvait donc en 1404 en possession de la Rivière ; aussi les réformations de la noblesse faites en 1425, 1427 et 1429 mentionnent-elles : « Jehan de Montfort, chevalier, seigneur de la Ripvière d'Abbaretz » [Note : Ms. de la Réformation de la noblesse de Bretagne. (Bibliothèque de Rennes.)].

Mais en 1437 il était mort et la Rivière appartenait à son successeur, très probablement son fils, Charles de Montfort.

Le 20 mai 1437, en effet, ce dernier seigneur, héritier présomptif de Jeanne du Moulin, dame de la Touche en Nozay, — descendant de Pierre du Moulin époux en 1404 de N... de Montfort, — consentit à la fondation faite à Nozay, par cette dame, de la chapellenie de Saint-Michel [Note : Généalogie de la maison de Cornulier (édition de 1847), 2ème suppl., 10]. Charles de Montfort rendit, aveu en 1463 au seigneur de Vioreau et décéda trois ans plus tard, le 31 octobre 1466 [Note : Archives de la Loire-Inférieure, E, Suppl. — Du Paz, Hist. généal. de plus. maisons de Bret., 339].

Guillaume de Montfort, vraisemblablement fils du précédent, lui succéda. Au mois de décembre 1474, il fonda dans l'église d'Abbaretz une chapellenie de messes ; mais en 1485 il était mort, et l'année suivante, sa veuve Marguerite de Gaspern, rendit aveu pour quelques terres [Note : Archives de la Loire-Inférieure, E, 483, G, 63].

Cette dame obtint des lettres de sauvegarde du duc de Bretagne, le 10 décembre 1487 [Note : Dom Morice, Preuves de l'Hist. de Bretagne, III, 577].

Guillaume de Montfort ne laissa, point d'enfant et ses biens passèrent à sa nièce Bertranne du Val, femme de Thébaud du Matz, qualifié en 1485 seigneur de la Rivière d'Abbaretz. Mais le P. du Paz s'est trompé en disant que ce Thébaud était, fils de Gilles du Matz et d'une fille de Charles de Montfort, seigneur de la Rivière [Note : Hist. généal. de plus. maisons de Bret., 339]. En réalité, cette fille de Charles de Montfort se nommait Béatrice de Montfort ; elle épousa Pierre du Val, seigneur dudit lieu en Saint-Thurial. De cette union naquit Bertranne du Val qui apporta à son mari, Thébaud du Matz, sire du Terchant, les deux seigneuries de la Rivière et du Val. C'est pour cela que dès 1485 Thébaud Ier du Matz rendit aveu au sire de Nozay pour sa terre de la Rivière [Note : Ms. n° 1115, de la bibliothèque de Nantes]. En 1488 le duc François II donna ordre à Thébaud du Matz, sire de la Rivière, d'assembler les bons corps des paroisses des environs de Rennes : Amanlis, Piré, Chancé, Ossé, Saint-Aubin, Louvigné et Moulins, que menaçaient de pillage les Français [Note : Revue de Bretagne et de Vendée, XL, 459].

De Thébaud du Matz et de Bertranne du Val naquit Gilles Ier du Matz, seigneur de la Rivière et du Val, qui épousa Guillemette de la Motte et, mourut, le 25 janvier 1507. Sa veuve fournit au sire de la Musse en Baulon, le 21 mai suivant, le minu de la terre du Val, au nom de ses enfants Thébaud, Gilles et Bertranne [Note : Archives d'Ille-et-Vilaine, Ms. de la Musse. — Réform. de la noblesse de Bret., en 1668. (Ms. de la bibliothèque de Rennes)].

L'aîné de ceux-ci, Thébaud II du Matz, seigneur de la Rivière et du Val, mourut à la fleur de l'âge, avant d'avoir contracté alliance, le 16 mars 1521. Ce fut encore sa mère, Guillemette de la Motte, qui, le 14 juillet suivant, fournit au sire de la Musse, le minu du Val, au nom de son second fils, Gilles [Note : Archives d'Ille-et-Vilaine, Ms. de la Musse. — Réform. de la noblesse de Bret., en 1668. (Ms. de la bibliothèque de Rennes)].

Gilles II du Matz succéda donc à son frère Thébaud. Seigneur de la Rivière d'Abbaretz, il épousa Jeanne Le Prestre, dont il eut un fils nommé Claude, mais il décéda, jeune aussi lui, avant 1547.

Claude Ier du Matz, seigneur de la Rivière en 1547, était déjà marié alors avec Jeanne du Boays, qui tint, cette année là sur les fonts baptismaux d'Abbaretz le petit Julien Chrestien [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Le seigneur et la dame de la Rivière eurent eux-mêmes un fils nommé François, baptisé à Abbaretz le 10 mai 1557 ; ils avaient déjà un autre fils qui suit.

Claude II du Matz, seigneur de la Rivière, épousa Béatrice Saulvestre, qui lui donna un fils appelé Claude, baptisé à Abbaretz le 13 juin 1574, puis successivement trois filles : Marguerite, Yvonne et Aliénor, nées également à la Rivière [Note : Archives communales d'Abbaretz]. Claude II céda, le 17 avril 1575, à Pierre Cornulier, seigneur de la Touche de Nozay, le patronage de la chapellenie de Saint-Michel, fondée en 1437 dans l'église de Nozay [Note : Généalogie de la maison de Cornulier, 47]. Deux ans plus tard, en 1577, Claude II du Matz vendit les manoir, terre et juridiction de la Rivière d'Abbaretz à Hugues de Gassion, seigneur du Coing-Garreau et lieutenant du roi à Nantes. Mais, par retrait lignager, René de la Roche-Saint-André, seigneur dudit lieu et de la Desnerie, fit annuler cette vente et devint propriétaire de la terre seigneuriale de la Rivière [Note : Ms. n° 1115 de la Bibliothèque de Nantes. — Nous ignorons la date de ce retrait, mais en 1591, Hugues de Gassion présenta encore à Abbaretz la chapellenie de Mortestier, dépendant de la Rivière].

René de la Roche-Saint-André, fils unique de Mathurin de la Roche et de Claudine de la Boucherie [Note : Marraine à Abbaretz, en 1574, de Claude du Matz], avait, en effet, précédemment épousé Marie Darot, fille de Gabriel Darot, seigneur de Frémentière et de Louise de la Rivière ; il est probable que cette dernière dame appartenait à la famille des anciens seigneurs de la Rivière d'Abbaretz.

En 1599, nous trouvons René de la Roche-Saint-André établi à la Rivière et parrain à Abbaretz de René Biré. L'année suivante, il eut de Marie Darot un fils nommé aussi René, mais baptisé à Saint-Donatien de Nantes. Ce fut dans celle église que, le 17 mars 1608, fut inhumé René de la Roche-Saint-André, seigneur de la Rivière d'Abbaretz [Note : Inventaire sommaire des archives communales de Nantes, GG, 66 et 75].

Le 20 septembre 1604, le recteur d'Abbaretz, M Beaubras, avait marié, dans la chapelle du manoir de la Rivière, Gabrielle de la Roche-Saint-André, fille du précédent seigneur de la Rivière, avec Georges de la Neufville, capitaine et gouverneur de Châteaubriant [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Ce dernier était un batard de Montmorency, fils de Georges de Montmorency, seigneur d'Aumont et de la Neufville et de Françoise de Bouqueric. Mais il fut légitimé par lettres royales d'Henri III, de février 1576, et ses père et mère contractèrent mariage ensemble [Note : Anselme. Les grands officiers de la Couronne, III, 599].

Néanmoins, Georges de la Neufville conserva toute sa vie ce nom que portèrent aussi ses enfants cadets. Gabrielle de la Roche lui en donna plusieurs, en effet Gabriel, baptisé à Nantes en 1608, mort au berceau ; — Georges, baptisé à Abbaretz en 1609 ; — Gabriel né en 1609 ; Renée en 1614 ; René en 1616 , et François en 1621, tous baptisés Abbaretz [Note : Archives communales d'Abbaretz], — enfin, Jean et Claude, dont nous ignorons la date de naissance.

De ces enfants, l'aîné seul prit le nom de Georges de Montmorency, quoique baptisé sous le nom de Georges de la Neufville ; — Renée épousa en 1634 Roch de la Ferrière ; — René, clerc tonsuré en 1631, fut alors pourvu de la chapellenie de Mortestier, en Abbaretz ; — François mourut en 1644, chapelain du même bénéfice ; — Jean épousa, le 27 janvier 1641, Henriette de l'Estourbeillon, dame de la Savinaye, et Claude décéda capucin [Note : Anselme. Les grands officiers de la Couronne, III, 600].

Le père de tous ces enfants, Georges de la Neufville, devenu par son mariage seigneur de la Rivière, était mort en 1641 ; sa veuve, Gabrielle de la Roche lui survécut plusieurs années. Elle mourut, après avoir fondé le 26 juin 1653, une messe du Saint-Sacrement dans l'église d'Abbaretz [Note : Archives de la Loire-Inférieure, G, 63] et fut inhumée dans ce sanctuaire, le 5 juillet 1654.

Leur fils aîné, Georges de Montmorency, seigneur de la Neufville, la Rivière et Montjonnet, gentilhomme ordinaire de la reine régente, épousa, le 16 juin 1644, Louise du Paz, dame de la Chevalleraye [Note : Anselme. Les grands officiers de la Couronne, III, 600]. Il décéda en 1655 et fut inhumé le 26 janvier, dans l'église d'Abbaretz. Sa veuve, Louise du Paz, fonda une chapellenie en Abbaretz, le 25 novembre 1656, et en 1679, elle continuait, en qualité de douairière, d'habiter le manoir de la Rivière.

Georges de Montmorency eut de Louise du Paz plusieurs enfants : Louis, né au manoir de la Desnerie, en Saint-Donatien de Nantes, le 1er mars 1645, baptisé alors à la maison et nommé en l'église d'Abbaretz le 25 mai 1649 ; — Françoise, née en 1648 ; — Georges, né en 1649 et décédé en 1669 — Louise, née en 1651, morte en 1653 ; — Charles, né en 1653 ; — Louise, née en 1654, — et François, né après la mort de son père, en septembre 1655. Tous ces enfants furent baptisés à Abbaretz [Note : Archives communales d'Abbaretz].

L'aîné, Louis de Montmorency, devenu en 1655 seigneur de la Rivière et de Montjonnet, épousa vers 1668 Marie Guillaudeu. Il mourut encore jeune et fut inhumé le 23 décembre 1678 dans son enfeu seigneurial de la Rivière, au chœur de l'église d'Abbaretz [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Marie Guillaudeu, sa veuve, ne le rejoignit dans la tombe que le 19 novembre 1707.

Ils avaient eu au moins cinq enfants : Louis-Guillaume, né en 1669 ; Jeanne-Charlotte, née en 1673, et Louise, née en 1675 ; on administra à Abbaretz à ces trois enfants, les cérémonies, du baptême, le même jour, 1er juin 1676 ; — Marie, née en 1670, tenue le 24 mars 1674 sur les fonts d'Abbaretz par deux pauvres de la paroisse, — et enfin, François, qui eut pour parrain en l'église d'Abbaretz, le 8 octobre 1676, « très haut et très puissant seigneur Messire François de Montmorency, chef de nom et d'armes, premier baron chrétien » [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Il est probable que Louis-Guillaume de Montmorency mourut, jeune ; son frère François hérita en 1678 des seigneuries paternelles sous la tutelle de sa mère.

Le 5 juillet 1718, dans la chapelle des religieuses de la Trinité, à Rennes, François de Montmorency, chevalier, seigneur de la Rivière d'Abbaretz, Montjonnet, La Vrillière, etc., chevalier de Saint-Louis, colonel du régiment de son nom, puis de celui de Bresse, brigadier des armées du roi, dit le comte, puis le Mis de Montmorency, épousa Emilie-Félicité de Cornulier, fille de Toussaint de Cornulier, marquis de Châteaufromont [Note : Archives communales de Rennes, — Généalogie de la maison de Cornulier, publiée en 1889, p. 103].

François de Montmorency abandonnant son manoir de la Rivière d'Abbaretz, vint habiter celui de la Touche de Nozay, appartenant à sa femme. Il y perdit celle-ci le 25 novembre 1721 ; elle fut inhumée, âgée de 27 ans, le lendemain dans l'église de Nozay, sous le banc seigneurial de la Touche. Lui-même la rejoignit dans la tombe à la fin d'avril 1748, étant aussi décédé à la Touche.

Mme de Montmorency laissait deux enfants : un fils âgé de 2 ans, encore anonyme, et mort 6 mois après elle, — et une fille Marie-Anne-Claude de Montmorency, née en janvier 1721 et mariée en 1733 à Louis-Alexandre Le Séneschal, marquis de Carcado [Note : Généalogie de la maison de Cornulier, publiée en 1889, p. 103].

La marquise de Carcado, devenue à la mort de son père, en 1748, dame de la Rivière, n'eut elle-même que deux filles : Marie-Anne, mariée en 1751 à Corentin Le Séneschal, marquis de Molac, et Marguerite, mariée en 1763 à François de Grasse, marquis de Sarcus. Mais en 1766, la marquise de Carcado vendit non seulement la seigneurie de la Touche, en Nozay, — qui fut retirée par le marquis de Cornulier, — mais encore celle de la Rivière d'Abbaretz [Note : Généalogie de la maison de Cornulier, publiée en 1889, p. 103].

L'acquéreur de celle dernière terre fut Vincent Tessier, qui prit alors les titres de seigneur de la Rivière et de Montjonnet ; de sa femme, Geneviève Painparay, il eut un fils appelé Guillaume, baptisé à Abbaretz le 10 novembre 1769 [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Mais, dès 1771, Vincent Tessier revendit les terre, manoir et juridiction de la Rivières à Nicolas-Olivier Perrée, seigneur de la Villestreux, conseiller du roi et maître en sa Chambre des Comptes de Bretagne. Ce dernier ne conserva point non plus la Rivière ; trois ans après l'avoir achetée, il la vendit de nouveau tout entière, terre et seigneurie, le 16 mars 1774, à Mme de la Trémissinière, qui déclara, le 29 du même mois, avoir fait cette acquisition pour Pierre Richard, seigneur de la Pervanchère [Note : Ms. n° 1115 de la Bibliothèque de Nantes]. Celui-ci devait être le dernier seigneur de la Rivière d'Abbaretz.

Il était né à Nantes, le 21 novembre 1742, de Georges Richard de la Pervanchère, écuyer, armateur, capitaine de navires, conseiller du roi au Parlement de Bretagne, et de Françoise de la Ville de Brye. Il épousa : 1° Jeanne Drouault de la Couronnerie ; 2° le 6 juin 1786, Cécile Perrin de la Courbejollière [Note : Revue hist. de l'Ouest, Documents. XIV, 169], et fut, élu Maire de Nantes, le 16 mars de l'année suivante. Il était déjà conseiller du roi et lieutenant civil et criminel au présidial de Nantes ; il devint lieutenant général de police et conseiller d'Etat en 1788. Il prenait dès 1784 les titres de seigneur de la Rivière d'Abbaretz, Montjonnet, Limarault, et la Pervanchère ; il habitait alors l'hôtel de Porteric, rue et paroisse Saint-Vincent, à Nantes, et, parfois ses manoirs de la Rivière et de la Pervanchère ; c’est dans ce dernier, situé en Casson, qu'il mourut le 17 mars 1791 [Note : Livre doré de l'Hôtel-de-Ville de Nantes, I, 445-446. — Archives de la Beautraye].

Pierre Richard de la Pervanchère laissait trois enfants : Pierre-Anne, qui épousa Mlle Sallentin et eut en partage la terre de la Pervanchère ; — Cécile, mariée à son cousin Jean-François-Georges Richard de la Roullière, qui hérita de la Rivière, — et Justine, femme du comte de Coutances, décédée en 1845, dame de Limarault.

Jean-François-Georges Richard de la Roullière, propriétaire de la Rivière, du chef de sa femme Cécile Richard de la Pervanchère, est mort maire d'Abbaretz en 1863. Il laissait la terre de la Rivière à l'une de ses filles, Céline-Georgette, femme d'Auguste-Arsène, comte de Goyon de Marcé. Ceux-ci ont eu, comme lui, deux filles, dont l'une, Mlle Emilie n'a pas contracté d'alliance et dont l'autre a épousé M. Louis de Charette. C'est à ces dames qu'appartient aujourd'hui (vers 1889) la Rivière d'Abbaretz.

La terre seigneuriale de la Rivière d'Abbaretz relevait féodalement de trois châtellenies supérieures : Derval, Nozay et Vioreau. Gilles du Matz, en 1541, et les enfants et héritiers de Louis de Montmorency, en 1681, tenaient, en effet, de l'importante baronnie de Derval « à debvoir de foy, hommage, rachapt et chambellenage, les cour et juridiction, lieu, maison et moulins, rentes, bois et autres debvoirs de la Ripvière d'Abbaretz » [Note : Archives de la Loire-Inférieure. — Déclarations de Derval en 1541 et 1681]. — Les mêmes seigneurs de la Rivière tenaient, aux mêmes époques, de la châtellenie de Nozay, à égal « debvoir de foy, hommage, rachapt et chambellenage, partie du fief de la Rivière, en Abbaretz, dont l'autre partie relève de Derval ». — Enfin, Charles de Montfort en 1463 et les héritiers de Louis de Montmorency en 1680, déclarèrent tenir « prochement et noblement de la chastellenie de Vioreau certaines renies féodales en Abbaretz et Joué » faisant partie de leur seigneurie de la Rivière d'Abbaretz [Note : Archives de la Loire-Inférieure. — Déclarations des châtellenies de Nozay et de Vioreau].

Le seigneur de la Rivière jouissait d'une juridiction haute, moyenne et basse ; c'est en 1462 que le duc de Bretagne accorda à Charles de Montfort, sire de la Rivière, le privilège d'avoir une justice, c'est-à-dire une potence à trois piliers [Note : De Cornulier. Diction. des terres du Comté nantais, 244].

Nous avons retrouvé le sceau de ce dernier seigneur. De forme orbiculaire, il présente un écusson aux armes des barons de Montfort : d'argent à la croix de gueules, gringolée d'or, chargée (comme brisure) d'un petit écu (?) en abîme. La légende porte : S. DE LA COURT DE LA RIPVIERE [Note : Archives de la Loire-Inférieure, H, 76].

Une réformation du rôle du fief de la Rivière d'Abbaretz, dressée en 1612, nous fait connaître la consistance féodale de cette terre.

Outre sa haute justice, le seigneur de la Rivière avait droit : de moulin banal auquel devaient tous ses vassaux porter leur grain, — de rachat des terres, lods et ventes, — de taux et amendes, — d'épaves et gallois, — de deshérence et succession de bâtards, — d'avoir une foire le jour Saint-Symphorien (22 août) autour de la chapelle de ce nom, près du bourg d'Abbaretz, — d'instituer deux gardes-forestiers, un sergent et un receveur exempts de fouages, — de chasser « toutes bestes à pied fourchu » — enfin, d'obliger tous les jeunes mariés du fief à venir courir la quintaine et rompre une lance l'année de leurs épousailles [Note : Archives de la Loire-Inférieure, H, 76 — E, Suppl.].

Un autre droit assez singulier appartenant au seigneur de la Rivière était celui d'exiger du chapelain de Notre-Dame des Croix, le lundi de la Pentecôte, chaque année, à l'issue de la grand'messe chantée ce jour là, dans la chapelle des Croix, « une épaule de mouton cuite, deux pains blancs et un pot de vin clairet nantois ». C'est ce qu'avoua humblement devoir, en 1612, Jean Lecire, chapelain des Croix [Note : Archives de la Loire-Inférieure, E, Suppl.].

Le rôle du fief de la Rivière nous apprend encore ce que devaient chaque année à leur seigneur les tenanciers de ce bailliage : en argent, 69# 5s monnoie, — en grains, 15 boisseaux de seigle, 79 boisseaux de grosse avoine et 171 boisseaux d'avoine menue, le tout mesure de Nozay (c'est-à-dire 47 litres le boisseau), — en volailles, 35 poulets et 46 chapons [Note : Archives de la Loire-Inférieure, E, Suppl.].

Le domaine proche de la Rivière d'Abbaretz comprenait le manoir de ce nom, avec ses chapelle et fuie, bois et étang, jardins et retenue ; plus trois métairies exemptes de fouages dès 1444. A ces terres furent jointes, au XVIIème siècle, celle de Montjonnet et la juridiction de même nom.
La seigneurie de la Rivière acquit ainsi une certaine importance locale. Aussi les seigneurs d'Abbaretz, ducs de Montmorency, puis princes de Condé, vivant loin de la Bretagne, certains possesseurs de la Rivière s'accoutumèrent à jouer le premier rôle dans leur paroisse, et l'on vit même l'un d'eux, François de Montmorency, prendre en 1710, dans son acte de mariage, le titre de seigneur d'Abbaretz [Note : Voy. Archives communales de Rennes].

Le 8 juillet 1884, le tonnerre tomba sur le manoir de la Rivière, appartenant alors à Mme la Comtesse de Goyon, y mit le feu et détruisit complètement l'édifice. Cette maison, d'assez peu d'apparence et relativement moderne, avait remplacé le premier manoir construit, d'après la tradition, en 1330.

Par suite de cet incendie, la Rivière n'est plus qu'une ferme, mais la terre demeure importante et demande un château.

Montjonnet ou Montjounet. — Au XIVème siècle, la famille de Cleuz, originaire de Saint-Nazaire, possédait la terre de Montjonnet. Vers la fin de ce siècle, Perrine de Cleuz épousa Thébaud Malor et lui apporta Montjonnet [Note : Ms., n° 1115 de la Bibliothèque de Nantes]. En 1429, Jacques Malor, probablement leur fils, avait un sergent franc à Abbaretz, à cause de sa terre de Montjonnet. En 1444, le même Jacques Malor, seigneur de Marsaint en Saint-Nazaire, avait également « l'herbrégement noble de Montjonnet et un métayer exempt de fouages » [Note : Anciennes réformations de la noblesse de Bret. (Bibliothèque de Rennes)].

Guillemette Major, épousant, en 1498, Jean de Rohan, seigneur de Trégalet, fit, à son tour, son mari possesseur de Montjonnet. Mais les deux époux donnèrent cette terre à leur fille Gillette de Rohan, quand, par contrat du 25 janvier 1511, celle-ci s'unit à Marc de Carné, fils aîné de Tristan de Carné, maître d'hôtel de la reine Anne de Bretagne. Ce dernier seigneur, en vertu d'une procuration que lui avait donnée son fils, vendit, le 23 décembre 1518, les terre et seigneurie de Montjonnet à François de Vay, seigneur de la Fleuriaye, en Treffieuc [Note : Ms., n° 1115 de la Bibliothèque de Nantes].

Les seigneurs de la Fleuriaye, Jean de Vay (1541), Claude de Vay (1603) et Hardy de Vay (1633) conservèrent Montjonnet pendant un siècle. Mais le dernier d'entre eux, Hardy de Vay, dut démembrer sa terre ; car, en 1641, Georges de Montmorency, seigneur de la Rivière, se trouvait en possession de la terre de Montjonnet en Abbaretz, tandis qu'une autre portion de cette seigneurie, — portant le même nom de Montjonnet, mais sise en Treffieuc, — demeurait aux mains du seigneur de la Fleuriaye et appartenait encore en 1680 à son héritier Samuel de Vay [Note : De Cornulier, Dictionnaire des terres du Comté nantais, 131 et 198].

Les manoir, terre et juridiction de Montjonnet en Abbaretz furent unis par Georges de Montmorency à sa seigneurie de la Rivière et demeurèrent tels jusqu'à la Révolution, de sorte que le dernier seigneur de Montjonnet fut Pierre Richard de la Pervanchère, dernier seigneur de la Rivière. Actuellement (vers 1898), Montjonnet fait encore partie de la terre de la Rivière.

La seigneurie de Montjonnet n'était pas à l'origine sans quelque importance relative. Nous venons de dire qu'elle s'étendait en Abbaretz et Treffieuc et que le seigneur de la Rivière n'en acquit qu'une moitié ; cette partie était néanmoins assez considerable pour qu'en 1710, à l'occasion de l'établissement du vingtième, ce seigneur fut imposé, à 60 # pour la Rivière et à 50 # — presque autant — pour Montjonnet [Note : Archives d'Ille-et-Vilaine, C].

La seigneurie de Montjonnet jouissait d'une juridiction dont nous ne pouvons préciser le degré, mais qui devait être tout au moins une moyenne justice ; unie à celle de la Rivière, elle s'exerçait avec elle aux derniers siècles et les vieillards du pays palliaient encore naguère du notaire de Montjonnet.

D'après les déclarations faites en 1680 et 1681, les fief, maison et terre de Montjonnet, étaient tenus féodalement, partie du baron de Derval et partie du sire de Nozay, « à debvoir de foy, hommage, rachapt et chambellenage » [Note : Archives de la Loire-Inférieure, Domaine de Nantes, 20e vol., fol. 802 et 856]. Toutefois, en 1541, Jean de Vay avait déclaré tenir noblement de la baronnie de Derval seule son manoir de Montjonnet [Note : Archives de la Loire-Inférieure, v. Derval].

Il ne reste aucun vestige de cette antique demeure, disparue depuis longtemps ; mais près de la maison de ferme qui remplace le manoir on a trouvé de nos jours plusieurs pièces d'or du XIVème siècle, à l'effigie du roi Jean le Bon ; c'était un reste du trésor des Malor, sires de Montjonnet.

Limarault. — Jean de Saint-Gilles, seigneur de Beaulieu, en Guérande, possédait, en 1427, « le lieu et domaine de Limarault » [Note : Anciennes réformations de la noblesse de Bretagne (Bibliothèque de Rennes)]. Aliette de Saint-Gilles épousant Guillaume de la Muce, seigneur dudit lieu en Ligné, lui apporta, vers 1435, la terre de Limarault, dont hérita leur fils Jean de la Muce, sire de la Muce, en 1446. Ce dernier maria, en 1459, sa fille Françoise de la Muce avec Jean Chauvin, fils de Guillaume Chauvin, qui fut plus tard chancelier de Bretagne. Le mariage se fit à la condition que les enfants des nouveaux époux prendraient le nom et les armes de la Muce. Durant les XVIème et XVIIème siècles, la seigneurie et la terre de Limarault demeurèrent, en les mains des sires de la Muce, seigneurs du Ponthus : Pierre Chauvin, dit de la Muce, en 1530 ; Bonaventure de la Muce, en 1560 ; David de la Muce, en 1592 ; autre David de la Muce, son fils, en 1612 ; César de la Muce, en 1646 [Note : Archives de la Loire-Inférieure, v. Ligné]. Ce dernier seigneur mourut au château du Ponthus, en 1676, laissant entre autres enfants Olivier et Henriette.

Olivier de la Muce, seigneur dudit lieu et du Ponthus, possédait Limarault en 1680 [Note : Archives de la Loire-Inférieure, Domaine de Nantes, 20ème vol., fol. 856], mais sa sœur, Henriette de la Muce, ayant épousé, dès 1678 [Note : De Granges de Surgères, Reg., protestants de Sucé], Claude-Charles Gouyon, baron de Marcé, Olivier lui donna en partage ou lui laissa en héritage cette terre seigneuriale de Limarault.

Claude Gouyon, baron de Marcé, mourut en 1693, et sa veuve, Henriette de la Muce, en 1740 ; ils avaient eu plusieurs enfants, parmi lesquels étaient Amaury Gouyon, comte de Marcé et sire de la Muce — et Renée-Marguerite Gouyon, femme de Christophe de Coutances, seigneur de la Celle.

Dès le 7 septembre 1713, Mme Gouyon de Marcé avait donné à sa fille Renée-Marguerite, « en avance d'hoirie », les manoir, terre et juridiction de Limarault [Note : Archives du Parlement de Bretagne, 33ème reg., 276].

Le 29 décembre 1767, mourut à Rennes, âgée de quatre-vingt-cinq ans, « haute et puissante Marguerite de Goyon (sic), veuve de Messire René-Christophe de Coutances, seigneur de la Celle » ; son corps fui inhumé le lendemain, dans le reliquaire de l'église Saint-Etienne de Rennes [Note : Archives communales de Rennes].

La dame de Limarault laissait deux fils : Louis, marquis de Coutances, et Louis-Christophe de Coutances, capitaine de vaisseau. Il est probable qu'ils vendirent Limarault, car nous voyons, en 1784 et 1788, Pierre Richard de la Pervanchère prendre le titre de seigneur de Limarault [Note : Archives communales d’Abbaretz. — Archives de la Beautraye]. Mais nous avons dit que ce dernier donna en mariage une de ses filles à M. de Coutances : ce fut en 1807 que celle-ci, Françoise-Justine Richard de la Pervanchère épousa Louis-Amaury de Coutances, fils de Louis-Christophe de Coutances et de Pauline de Quilhac [Note : De Fourmont, L'Ouest aux croisades, III, 109]. La terre de Limarault revint ainsi aux mains de la famille de Coutances, qui l'a conservée depuis ; elle appartient aujourd'hui à Mlle Marguerite de Coutances.

Limarault, terre noble dès 1427, jouissait d'une juridiction dont nous ignorons le degré. En 1680, Olivier de la Muce tenait, noblement de la châtellenie de Nozay « à debvoir de foy, hommage, rachapt et chambellenage », sa terre et seigneurie de Limarault [Note : Archives de la Loire-Inférieure, Domaine de Nantes, 20ème vol., fol. 856]. Devenu depuis longtemps la demeure des fermiers, l'ancien manoir de Limarault conserve peu de trace de son passé féodal.

Villeneuve. — Cette terre seigneuriale appartenait, en 1427 et 1444, à Alain Raimbaud, qui possédait aussi les maisons nobles de la Fortescuyère et de la Rivière-Bourdin en Auverné ; Pierre Raimbaud, vivant en 1440 et 1478, avait les mêmes terres et de plus celles de la Cour-Thébaud et de Luaische, également en Auverné [Note : De Cornulier, Diction. des terres du Comté nantais].

Mais au siècle suivent, Pierre Grimaud laissa la terre de Villeneuve, en 1560, à sa fille Guillemette Grimaud, veuve en 1580 de François Gascher, seigneur de la Coquerie. Peu de temps après, nous voyons, le 19 septembre 1586, Charles Bardoul, seigneur de Villeneuve, nommer à Abbaretz un fils de Léonard Bardoul et de Jeanne Erreau, sieur et dame du Verger ; puis, le 4 mai 1598, nous trouvons, à Joué, le baptême de Louis du Matz, fils de Louis du Matz et de Perrine Bardoul, seigneur et dame de l'Esbaudière et de Villeneuve [Note : Archives communales d'Abbaretz et de Joué].

Ainsi, à la fin du XVIème siècle, Perrine Bardoul avait apporté Villeneuve à son mari Louis du Matz, fils puîné d'un seigneur de la Rivière d'Abbaretz et seigneur lui-même de l’Esbaudière.

Outre Louis baptisé à Joué, Louis du Matz et Perrine Bardoul eurent plusieurs enfants baptisés à Abbaretz : Marguerite en 1599, Aliénor en 1603, Georges en 1605, Gabriel en 1606, Jean en 1607 et François en 1609.

Le 14 décembre 1622 fut inhumée, dans l'église d'Abbaretz la mère de ces enfants, Perrine Bardoul, dame de Villeneuve et décédée en ce manoir (Note : Archives communales d'Abbaretz].

Le successeur à Villeneuve de Louis du Matz, et de Perrine Bardoul fut leur fils aîné Claude, dont nous ignorons la date de la naissance. Ce jeune homme épousa Magdeleine Perrot, qui lui donna de nombreux enfants, baptisés à Abbaretz : Charles en 1622, Louise en 1623, Claudine en 1627, Guyonne en 1632, Louis en 1633, Antoinette et Perrine, jumelles, en 1635, autre Louis en 1636, Georges en 1637 et Marie en 1640 ; encore faut-il ajouter Magdeleine, qui mourut en 1641 [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Magdeleine Perrot, mère de tous ces enfants, décéda elle-même le 21 mars 1641 et fut inhumée, le lendemain, dans l'église d'Abbaretz, « entre l'autel de Nostre-Dame le banc de Villeneuve ». Son mari, Claude du Matz, contracta une seconde union avec Suzanne de Trélan, dame de la Porte, en Derval. Ce seigneur de Villeneuve mourut en 1663 et fut inhumé, le 11 novembre, en l'église d'Abbaretz [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Charles du Matz, fils aîné du précédent, lui succéda. Il avait épousé Suzanne Henry, de la maison de Bohal, dont il eut, en 1647, deux filles jumelles, nommées Suzanne et Jeanne, l’année suivante, dans l'église d'Abbaretz ; là aussi fut baptisé leur fils Claude-Charles, le 3 juillet 1656. Ils avaient déjà un garçon, appelé François, qui devint prêtre et recteur de Pouillé. Suzanne Henry, dame de Villeneuve, mourut dès 1657 et fut inhumée, le 30 octobre, dans l'enfeu de Villeneuve, en l'église d'Abbaretz [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Le 18 février 1679, Mre du Matz, recteur de Pouillé, maria à Puceul son frère Claude-Charles du Matz, seigneur de Villeneuve, avec Angélique de Montmorency, fille unique du seigneur de la Neufville [Note : Archives communales de Puceul]. De cette union sortirent sept enfants baptisés à Abbaretz : François-Henri en 1680, Françoise en 1681, Marie en 1682, René en 1684, Georges en 1686, Claudine en 1688 et Françoise en 1690. Il en vint encore un garçon, Charles, qui mourut, en 1726, capitaine au régiment de Bresse, et qui fut inhumé dans l'église d'Abbaretz, le 11 février.

Le père de ces enfants, Claude-Charles du Matz, seigneur de Villeneuve, décéda lui-même en 1737 et fut enterré dans l'enfeu de sa famille, en l'église d'Abbaretz, le 21 mars [Note : Archives communales d'Abbaretz].

François-Henry du Matz, seigneur de Villeneuve, fils aîné du précédent, s'unit à Catherine du Breil, qui lui donna au moins deux enfants : François-Louis du Matz, marié à Nort, le 24 janvier 1741, avec Renée-Marie Boux, fille du seigneur de Casson — et Joseph-Charles du Matz, qui épousa, à Sainte-Radégonde de Nantes, le 27 novembre 1742, Jeanne de Berthou, fille du seigneur de Tronscorf [Note : Archives communales de Nort. — Généalogie de la maison de Berthou].

François-Henry du Matz, seigneur de Villeneuve, veuf depuis longtemps déjà de Catherine du Breil, fut inhumé dans l'église d'Abbaretz, le 15 janvier 1743.

De ses deux fils, c'est Joseph-Charles que nous retrouvons à Villeneuve après lui, quoi qu'il prit plus souvent le titre de seigneur de Launay que celui de seigneur de Villeneuve ; peut-être son frère François-Louis se réservait-il ce dernier qualificatif.

Joseph-Charles du Matz perdit, en 1754, sa belle-mère, Catherine Le Meusnier, veuve de René de Berthou, décédée à Villeneuve et inhumée le 11 mai dans le cimetière d'Abbaretz [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Du mariage de Joseph-Charles du Matz et de Jeanne de Berthou naquirent, plusieurs enfants, notamment : Pierre-François ; — Jeanne-Catherine, morte fille à Villeneuve, âgée de 34 ans, en 1782 ; — Marguerite, baptisée en 1749, à Sainte-Radégonde de Nantes ; — Pierre-Marie, décédé à Villeneuve, clerc tonsuré, en 1770, âgé de 19 ans, — et Joseph-François, mort également à Villeneuve, en 1775, à l'âge de 28 ans [Note : Archives communales de Nantes et d'Abbaretz].

Le 18 avril 1764, fut inhumée, à Sainte-Radégonde de Nantes, Jeanne de Berthou, décédée la veille, âgée de 48 ans. Le 22 avril 1777 fut inhumé, dans le cimetière d'Abbaretz, son mari, Joseph-Charles du Matz, seigneur de Launay, Villeneuve et autres lieux, décédé la veille à Villeneuve, à l'âge de 66 ans [Note : Archives communales de Nantes et d'Abbaretz].

Leur fils aîné, Pierre-François du Matz, fut le dernier seigneur de Villeneuve. Reçu en 1776 conseiller au Parlement de Bretagne, il épousa successivement les deux sœurs, filles de Charles Locquet de Grandville, seigneur de Fougeray ; d'abord Marie-Jeanne-Félicité, puis, en 1778, Angélique-Marie [Note : Revue historique de l'Ouest, Mémoires, XI, 230]. M. du Matz n'eut point d'enfants de cette double union ; il émigra quand vint la Révolution et mourut à l'étranger.

La terre de Villeneuve passa, au commencement du XIXème siècle, au petit-fils de Jean-Jacques de Berthou, frère de Jeanne de Berthou, dame de Villeneuve. Il se nommait Charles-Juste de Berthou et avait épousé Marie-Clotilde Barrin de la Galissonnière. Il mourut en 1853, ayant eu, entre autres enfants, Paul-Adrien de Berthou, marié à Claire Bertrand-Geslin et mort en 1859, — et Marie de Berthou, femme de Charles du Chalard, décédée en 1852 [Note : Généalogie de la maison de Berthou, 15-17]. Les enfants issus de ces deux unions se partagèrent naguère les terres de Villeneuve : M. Paul de Berthou possède encore quatre des métairies de l'ancienne seigneurie ; M. Paul du Chalard eut le vieux manoir de Villeneuve, sa retenue et les autres métairies, mais il vendit le tout à M. Prosper Leroux et les enfants de celui-ci en sont aujourd'hui (vers 1898) propriétaires.

La seigneurie de Villeneuve se composait de deux principaux fiefs appelés Villeneuve et Launay, tenus l'un et l'autre « à debvoir de foy, hommage, rachapt et chambellenage », le premier de la châtellenie de Nozay et le second de la baronnie de Derval. Quant au manoir de Villeneuve et à sa retenue, ils relevaient de la châtellenie de Vioreau [Note : Archives de la Loire-Inférieure, Domaine de Nantes, 20ème vol, fol. 451, 803, 827, 851 et 857].

D'après M. de Cornulier, il semblerait que Villeneuve et Launay, séparés à l'origine, jouissaient chacun d'une juridiction [Note : Diction. des terres du Comté nantais, 174 et 284]. Mais, dès 1560, ces deux fiefs étaient unis entre les mains de Guillemette Grimaud, fille et héritière de deffunt Pierre Grimaud. Ils demeurèrent tels jusqu'à la Révolution, formant ensemble une moyenne justice.

La terre de Villeneuve se composait en 1796 de ce qui suit : le manoir de Villeneuve avec sa chapelle [Note : Cette chapelle devait être celle des Croix, que la Nation voulait confisquer comme appartenant à l'émigré Pierre du Matz] et sa fuie, ses jardins et charmilles, ses bois et étang, et enfin sa retenue, — les moulins à vent, de Grande-Lande et de Jahan, — Les métairies de la Houssaye, de la Duchetaye, des Grand et Petit Breils-Clément, de la Pichardière, de Coulouines, de la Gueffraye, des Nonneries, de la Pommeraye et de la Rubaudaye [Note : Archives de la Loire-Inférieure, 28 Q, 3134 et suiv.].

De ces métairies, la Houssaye, la Duchetaye, la Gueffraye et la Pommeraye relevaient précédemment du seigneur de Nozay [Note : Archives de la Loire-Inférieure, Domaine de Nantes, 20ème vol, fol. 827 et 833]. Il en était de même de la Villerocher, de la Liraye, de la Roberdière et du fief du Maffay, qui dépendaient également de Villeneuve [Note : Notes Ms., de M. Paul de Berthou].

L'ancienne maison seigneuriale de Villeneuve était un joli manoir du commencement du XVIème siècle. On y remarque encore une élégante tourelle avec escalier de la dernière époque du style gothique. Les grandes salles du rez-de-chaussée, restaurées au XVIIIème sièclé, sont garnies de belles boiseries dans le style de Louis XV [Note : Notes Ms., de M. Paul de Berthou]. Malheureusement cette intéressante demeure des seigneurs de Villeneuve, abandonnée par ses propriétaires, est devenue l'habitation de leurs fermiers.

Les terres dont nous allons maintenant parler ne figurent point au nombre des terres nobles dont fut dressée la liste en 1427, et 1444, à propos de l'exemption des fouages dans la paroisse d'Abbaretz. Les seules maisons reconnues nobles alors furent la Rivière, Montjonnet, Limarault, Villeneuve et la Grange d'Abbaretz [Note : Anciennes réformations de la noblesse de Bretagne (Ms de la Bibliothèque de Rennes)] ; nous avons consacré une notice à chacune d'elles.

Des terres qu'il nous reste à faire connaître, quelques-unes ont pu, dans les derniers siècles, être anoblies ou affranchies de fouages, — nous n'en avons toutefois pas de preuves, — mais à coup sûr elles n'ont jamais eu de juridiction et n'ont pas été, par suite, de vraies terres seigneuriales. Comme deux de ces terres, la Jahotière et la Beautraye, se font remarquer par leur étendue, nous commencerons par elles.

Château de Villeneuve à Abbaretz (anciennement en Bretagne).

La Jahotière. — Les premiers possesseurs connus de cette terre semblent être Michel Biré et Guyonne Chrestien, sa femme ; encore ne prenaient-ils, en 1599 et 1605, que les titres de sieur et dame des Brosses, mais, en 1635, Guyonne Chrestien est dite dame de la Jahotière. La famille Chrestien, simplement bourgeoise, était déjà ancienne à Abbaretz, tandis que les Biré étaient étrangers à cette paroisse ; peut-être fût-ce Guyonne Chrestien qui apporta la Jahotière à son mari Michel Biré.

Les sieur et dame des Brosses eurent un fils baptisé à Abbaretz, le 5 décembre 1599, et nommé René, par René de la Roche-Saint-André, seigneur de la Rivière, et Perrine Bardoul, dame de Villeneuve. Ils eurent aussi deux filles, Louise et Charlotte, également baptisées à Abbaretz, en 1603 et 1605, ayant. pour parrains, l'une le seigneur de Villeneuve, l'autre celui de la Rivière [Note : Archives communales d'Abbaretz].

En 1635, ce René Biré, qualifié sieur de la Jahotière, épousait, le 6 février, Guyonne du Matz, qui lui donnait bientôt un fils baptisé à Abbaretz, le 11 novembre suivant, et nommé Claude, par Claude du Matz, seigneur de Villeneuve, et Guyonne Chrestien, dame de la Jahotière [Note : Archives communales d'Abbaretz].

René Biré et Guyonne du Matz eurent plusieurs autres enfants, nés à la Jahotière et baptisés à Abbaretz : Jean, mort jeune en 1641 ; — Françoise née en 1643, — et Nicolas né en 1644 [Note : Archives communales d'Abbaretz ].

En 1646 mourut Guyonne Chrestien, dame des Brosses et de la Jahotière ; elle fut inhumée dans l'église d'Abbaretz devant l'autel Saint-Jean. Son petit-fils, Claude Biré, épousa Guillemette Hay, mais décéda jeune encore et fut enterré, le 10 avril 1667, dans l'église d'Abbaretz. Six ans plus tard, sa veuve Guillemette Hay se remaria à Abbaretz, le 17 mai 1673, avec Nicolas Marin, sieur de Guenret en Derval [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Jean Ier Biré, sieur de la Jahotière, fils des précédents, perdit en 1688 sa grand’mère Guyonne du Matz, dont le corps reçut la sépulture, le 6 février, dans l'église d'Abbaretz.

Le 15 juin de la même année, âgé de 25 ans, il s'unit à Fay avec Marie Blanchard, âgée de 36 ans, veuve de René Le Ségaler de Montigné [Note : Archives communales de Fay].

De cette union naquirent quatre filles baptisées à Abbaretz : Jeanne en 1689, Prudence en 1690, autre Jeanne en 1692, et Marie en 1694. Jean Ier Biré mourut l'année suivante et fut inhumé, le 7 février, dans l'église d'Abbaretz ; sa veuve donna ensuite le jour à un fils posthume, nommé Jean le 1er septembre 1695 [Note : Archives communales d'Abbaretz].

Ce Jean II Biré, sieur de la Jahotière, épousa le 29 mai 1714, dans la chapelle de la Grossière, en la paroisse des Touches, Agathe Pâris de la Provostière, fille du seigneur de Soulanges [Note : Archives communales des Touches]. Mais cette dame mourut en 1726 et fut, enterrée, le 1er juin, dans l'église d'Abbaretz.

Jean II Biré se remaria, quelque temps après, avec Anne de Saffré. Il eut de sa première union une fille, Anne-Agathe, baptisée en 1716, et un fils, Jean-Baptiste, né en 1725 ; de son second mariage il eut encore une fille nommée Perrine, morte jeune en 1732 [Note : Archives communales d'Abbaretz].

On ne trouve plus ensuite dans les registres d'Abbaretz que de rares mentions faites de la famille Biré : c'est ainsi qu'on voit en 1754, Agathe Biré de la Jahotière assister aux funérailles de la belle-mère du seigneur de Villeneuve, et en 1780, Mlle Biré de la Jahotière (probablement Agathe) contribuer à la réfection du clocher d'Abbaretz.

An commencement de notre siècle (XIXème siècle) la Jahotière appartenait à M. Jean Biré, vivant encore en 1814 ; c'est lui, semble-il, qui vendit cette terre au comte de Geoffroy. Nous allons voir que ce dernier créa, en 1828, les hauts fourneaux de la Jahotière, mais n'ayant pas réussi dans sa vaste entreprise, il revendit le manoir et la terre de ce nom à M. Guillet de la Brosse, dont la famille continue de posséder et d'habiter parfois la Jahotière (fin XIXème siècle).

Nous croyons que la terre de la Jahotière relevait des seigneurs de Vioreau, mais la métairie de la Chevrollière, qui l'avoisinait et dépendait d'elle, était tenue des sires de Nozay [Note : Archives de la Loire-Inférieure. Domaine de Nantes, 20ème vol., 827].

Manoir de la Jahotière à Abbaretz (anciennement en Bretagne).

La Beautraye. — Au commencement du XVIIème siècle la terre de la Beautraye, relevant de la seigneurie de la Rivière d'Abbaretz, appartenait à René de la Roche-Saint-André et à Marie Darot, sa femme, seigneur et dame de la Desnerie et de la Rivière. Ceux-ci eurent plusieurs enfants : René, seigneur de la Desnerie ; — Gabrielle, qui apporta la Rivière à son mari Georges de la Neufville, — et Jeanne, femme de Claude Le Borgne, seigneur de la Choltière, en Paulx [Note : Archives de la Beautraye].

De l’union de Claude Ier Le Borgne avec Jeanne de la Roche-Saint-André naquirent : Jean Le Borgne, qualifié « sieur de la Beautraye », en 1654,— et Claude II Le Borgne, avocat général à la Chambre des Comptes de Bretagne en 1651, qualifié en 1662, époque de sa mort, « chevalier, seigneur de Vigneu et de la Beautraye » [Note : Archives de la Beautraye].

Ce Claude II Le Borgne avait épousé Marguerite Poisson, qui lui donna un fils, Claude III Le Borgne, seigneur de Vigneu et propriétaire de la Beautraye, marié à Antoinette Rogon.

De cette dernière union naquit demoiselle Marquise-Antoinette Le Borgne, dame de la Beautraye, demeurant en 1713 à Nantes, rue et paroisse Saint-Laurent. Cette année-là, par acte du 20 avril, Mlle Le Borgne vendit à Louis Davy, sieur des Ormeaux, sénéchal de la châtellenie de Nozay, « le lieu, maison et métairie de la Beautraye en Abbaretz et les métairies de la Caillaudière, Laigrie et le Paradel, ainsi que les borderies de la Forge et de la Fichardière » [Note : Archives de la Beautraye].

L'acquéreur de la Beautraye ne posséda pas longtemps cette terre ; il mourut peu de jours après en avoir pris possession. Il laissait la Beautraye à ses petits enfants « nobles gens Louis-Claude Hochedé, sieur de Belair ; Jacques Hochedé, sieur de la Pinsonnaye, et Marie-Anne Hochedé » [Note : Archives de la Beautraye].

Ces derniers ne purent jouir de cette succession et voici pourquoi : Antoinette Le Borgne — qui avait vendu la Beautraye en 1713 — se trouvait avoir pour cousins au quatriàme degré les enfants de Claude-Chartes du Matz, seigneur de Villeneuve. Nous avons dit, en effet, que Jeanne de la Roche-Saint-André — arrière grand'mère de Mlle Le Borgne — était la sœur de Gabrielle de la Roche-Saint-André, femme de Georges de la Neufville ; ceux-ci donnèrent le jour à Jean de la Neufville, dit de Montmorency, qui épousa Henriette de l'Estourbeillon ; de cette union sortit Angélique de Montmorency, mariée en 1679 à Claude-Charles du Matz, seigneur de Villeneuve. Ces derniers eurent huit enfants, dont deux, René et Marie, usant de leur parenté avec Antoinette Le Borgne, venderesse de la Beautraye, demandèrent le retrait lignager de la vente.

Ce René du Matz, né en 1684, se trouvait alors prêtre et « habitant la maison presbytérale de la paroisse d'Orvault ». Sa sœur, Marie du Matz, née en 1682, était veuve de Louis de la Grée, seigneur de Loudière, et demeurait au manoir de Loudière, en Saint-Laurent des Autels, dans l'Anjou. Ils vinrent ensemble à Villeneuve, en Abbaretz, chez leur père, vivant encore, et devinrent propriétaires de la Beautraye à la suite d'une sentence de retrait et de remboursement, prononcée en leur faveur le 14 mai 1714, par le sénéchal de la juridiction de Nozay. Le frère et la sœur prirent, en conséquence, possession de la terre de la Beautraye tout entière et remboursèrent à la famille Hochedé les 7,500 # qu'avait payées Louis Davy à Antoinette Le Borgne [Note : Archives de la Beautraye].

Du mariage de Louis de la Grée et de Marie du Matz, seigneur et dame de Loudière, était née une fille, nommée Françoise, qui hérita de la Beautraye à la mort de sa mère et de son oncle. Cette Françoise de la Grée épousa, le 4 octobre 1735, Philippe-Auguste Pantin, marqnis de la Guère, mais elle mourut, âgée de trente-trois ans, le 17 mars 1740, laissant plusieurs enfants.

Tous ces enfants moururent très jeunes, sauf une fille appelée Marie-Anne ; aussi le marquis de la Guère convola-t-il en secondes noces, le 31 décembre 1742, avec Angeligue Boussineau, fille du seigneur de la Pâtissière. Celle-ci lui donna un fils, Philippe-André Pantin, marquis de la Guère, né le 13 février 1746, marié à Geneviève. Thierry de la Prévalaye et décédé en 1813 [Note : Archives du château de la Guère].

Quant à Marie-Anne Pantin, née du premier mariage du marquis de la Guère, elle vit le jour le 30 septembre 1737, fut appelée Mademoiselle de Briacé et s'unit, le 26 janvier 1755, à son cousin Louis-Alexandre Pantin, seigneur de Landemont et baron de Vaux [Note : Archives du château de la Guère]. Elle lui apporta, entre autres terres, celle de la Beautraye. De ce mariage naquit Louis-Alexandre Pantin de Landemont, colonel de cavalerie, chevalier de Saint-Louis et de l'Ordre de Bavière, chevau-léger de la Garde royale, présenté au Roi en 1774 et mort sans avoir contracté d'alliance.

Les seigneur et dame de Vaux ne conservèrent pas la Beautraye. Le 12 avril 1782, « Louis-Alexandre Pantin, seigneur de Landemont et baron de Vaux, ancien capitaine au régiment de Bourgogne-Infanterie, et Marie-Anne Pantin de la Guère, sa femme, demeurant ordinairement à leur château de Vaux, paroisse d'Yvré-l'Evesque au Maine, » vendirent à « noble homme François-Edme Lafond, négociant à Nantes, y demeurant, et à Mathurine Bruère, sa femme, » la terre de la Beautraye, consistant en « la maison et métairie dudit nom » et les autres métairies en dépendant depuis longtemps déjà, c'est-à-dire le Paradel, Laigrie, la Caillaudière, la Forge et la Fichardière. Le tout, qui n'avait été payé que 7,500 # en 1714, fut acheté 32,000 # en 1782. Le 15 et le 16 mai de cette dernière année, M. et Mme Lafond prirent possession de leur acquisition [Note : Archives de la Beautraye].

Jean-Baptiste Lafond, fils des précédents, maire de Châteaubriant et décoré de l'Ordre du Lys, eut la Bentraye en partage. Marié en 1806 à Marie-Louise Guérin, il mourut en 1832, laissant la Beautraye à sa fille aînée, Jeanne-Marie Lafond, qui venait d'épouser, cette même année, Joseph Guillotin de Corson.

Ces derniers eurent deux fils, Ferdinand et Amédée — auteur de la présente notice. Joseph Guillotin de Corson perdit sa femme en 1868 et décéda lui-même en 1877. En mariant son fils aîné Ferdinand Guillotin de Corson, en 1860, avec Marie Eluère, il lui avait donné la Beautraye. Les nouveaux époux reçurent, en outre, de leurs parents assez d'autres biens — provenant de diverses acquisitions — pour faire de la Beautraye une belle terre composée d'une vingtaine de métairies. Mais Ferdinand Guillotin de Corson étant mort en 1878 et sa veuve en 1897, la Beautraye a été partagée entre leurs deux enfants : Yvonnick Guillotin de Corson et Marie Guillotin de Corson, épouse de Clément de Guerriff de Launay.

Le vieux logis de la Beautraye, reconstruit en partie avec beaucoup de goût depuis peu [Note : La première pierre de ce nouveau manoir de la Beautraye a été posée le 6 avril 1899] — sa chapelle et ses dépendances, ainsi que toutes les métairies voisines demeurent toutefois la propriété de M. Yvonnick Guillotin de Corson, qui vient même d'y joindre la terre de la Pervanchère, en Treffieuc, confinant celle de la Beautraye.

Marié en 1890 avec Mlle Elisabeth Rousseau, qui lui a donné quatre enfants : Yves, Pierre, Robert et Marie-Thérèse, M. Guillotin de Corson habite avec sa famille le manoir de la Beautraye.

Manoir de la Beautraye ou Beautrais à Abbaretz (anciennement en Bretagne).

Nous ne dirons que quelques mots des autres terres d'Abbaretz, parce qu'elles ne semblent pas avoir jamais eu d'importance.

M. de Cornulier en signale trois [Note : Dictionnaire des terres du Comté nantais, 27], dont nous n'avons guère eu occasion de parler :

La Chesnaye, tenue noblement de la châtellenie de Nozay, en 1680, par Pierre Lespeigneul et ses consorts, héritiers de Jacques Lespeigneul et de Louise Ménard, sa femme [Note : Archives de la Loire-Inférieure. Domaine de Nantes, 20ème vol. fol. 857].

La Hardière, appartenant en 1560 à Bertrand Geliot [Note : De Cornulier, Dictionnaire des terres du Comté nantais, 153].

Launay, uni dès 1560 à la seigneurie de Villeneuve ; mais c'était plutôt un fief qu'une terre.

Nous terminerons par deux autres terres :

La Barre et La Maison-Neuve. — Au XVIIème siècle vivaient en Abbaretz René Boutard, sieur de la Maison-Neuve en 1673, mari de Jacquette Langlé — et Jean Coué, sieur de la Barre en 1697, époux de Marie Morin.

Vers 1720, Marie Coué s'unit à René Boutard, sieur de la Maison-Neuve et, vers 1760, Julien Boutard, sieur de la Barre, épousa Marie-Anne Gondelle.

La Barre, située au bourg même d'Abbaretz, est une maison du XVIème siècle, avec fenêtres à meneaux croisés et tourelle octogonale au nord. La Maison-Neuve conserve, de son côté, un pavillon qui rappelle les logis des derniers siècles.

Manoir de la Barre à Abbaretz (anciennement en Bretagne).

(abbé Guillotin de Corson).

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