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TRANS-LA-FORET |
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La commune de
Trans-la-Forêt ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de TRANS-LA-FORET
Trans-la-Forêt vient du gaulois "tri" (trois) et "dant" (sommet). Le mot "La Forêt" est rajouté le 7 août 1996.
La paroisse de Trans (aujourd'hui Trans-la-Forêt), qui dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes, remonte, semble-t-il, au XIème siècle.
La
paroisse de Trans-la-Forêt est certainement ancienne et doit remonter au XIème
siècle, date de l'institution de la scholastique de Rennes ; de tout temps, en
effet, et jusqu'à la Révolution, le scholastique de l'Eglise de Rennes eut le
droit de présenter le recteur de Trans-la-Forêt et de lever une pension sur
cette paroisse. Le prieur du Brégain, en La Boussac, jouissait aussi d'une dîme
en Trans-la-Forêt. En 1455, Jean Courson, recteur de Trans-la-Forêt, tenait «
son presbytère et herbergement » du duc de Bretagne ; il déclara alors
que le tout contenait, « tant en maisons et jardins que aultrement, environ
demy journel de terre, joignant d'un bout au cimetière de la paroisse »,
et qu'il devait au duc pour ce presbytère « chacun an, au jour Sainct-Denys,
cinq sols de rente ». Cette maison presbytérale de Trans-la-Forêt était
ruinée en 1680 et l'on n'en voyait plus que « les mazures » ; mais le
recteur tenait encore à cette époque du roi, successeur des ducs de Bretagne, «
un verger sis dans le bourg et quatre traits de dîme nommés les Bois, le
Mottay, la Vélimberge et l'Abbaye, plus une partie du trait de Trans ». Il
prêtait aussi obéissance au roi et lui payait chaque année « cinq sols de
rente au pied de la croix du cimetière, à la feste de saint Denys »
(Archives départementales d'Ille-et-Vilaine et de la Loire-Inférieure). Le
presbytère de Trans-la-Forêt étant ainsi tombé en ruine, le recteur occupa
une autre maison relevant du seigneur de Trans. En 1678, ce recteur déclara, en
effet, tenir dudit seigneur le nouveau presbytère, avec ses jardins et terres, «
à devoir de foy, hommage, rachapt et cinq deniers de rente » ; de plus,
aux quatre fêtes solennelles de l'année, le recteur de Trans-la-Forêt devait
fournir « auxdits seigneur et dame de Trans, et à leurs enfants et
domestiques, les deniers d'offrande » qu'ils avaient coutume de présenter
au grand autel de l'église paroissiale (Archives Nationales, P. 1712). Le Rôle
diocésain ms. de 1646 attribue environ 800 livres de rente au recteur de
Trans-la-Forêt. La fabrique de cette paroisse avait aussi quelques biens,
notamment, au XVIIIème siècle, le trait de dîme appelé trait de Saint-Père
(Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 32, et Pouillé de Rennes).
En 937, des Normands sont retranchés dans la forêt de Villecartier (ou Ville-Cartier), lieu à partir duquel ils lancent des raids sur le pays de Dol et de Rennes. Les seigneurs bretons se réunissent alors et marchent contre l'ennemi commun. Les Normands sont écrasés le 1er août 939 par Alain Barbetorte (comte de Nantes et duc de Bretagne), aidé par Juhel Béranger (comte de Rennes) et par Hugues (comte du Maine).
La forêt de Ville-Cartier est occupée en 1342 par Guillaume de Cadoudal avec une troupe de partisans de Jean de Montfort. Le 22 novembre 1793, les Vendéens, à leur retour de Granville, remportent à Trans-la-Forêt un succès sur les Républicains : "Les Vendéens s'étant retirés sur deux colonnes, l'une sous les ordres de la Rochejacquelin, par la route de Pontorson, l'autre sous le commandement de Stofflet, par la route d'Antrain, s'opposeront avec succès à une partie de l'armée républicaine qui campent près de Trans-la-Forêt, sous les ordres de Marceau et de Kléber".
Le sire de Combourg, seigneur de Trans, divise la paroisse en deux seigneuries : celle de Trans et celle de La Chesnelaye. La baronnie de Trans appartient successivement aux familles Chantegrue, Du Boisbaudry, Visdeloup de La Ville Théart et de La Motte de Lesnage. Les seigneurs de Trans possédaient, au bourg de Trans-la-Forêt, des halles, un auditoire, une prison près du cimetière, et un pilori avec cep et collier. Les fourches patibulaires à trois piliers de la seigneurie de Trans se dressaient jadis au sud du château, sur la route de Bazouges-la-Pérouse. La Chesnelaye est érigée en marquisat en 1641. Elle avait jadis un droit de haute justice et un droit de quintaine. Ses fourches patibulaires se dressaient près de la ferme de la Courbetière. Elle appartient successivement aux familles Chesnel, Romilley, Gondi et Boisbaudry qui l'unisse à la seigneurie de Trans.
On rencontre les appellations suivantes : Traan (en 1455), parochia de Trano (au XVème siècle), ecclesia de Traneio (en 1516).
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Trans-la-Forêt : Jean Courson (1455). Jehan Grison (il rendit aveu au duc de Bretagne pour son presbytère le 14 mars 1462). Pierre de la Roche (il fit de même le 6 juillet 1499). Guillaume du Heaulme (1522). Sébastien Allain (il précéda le suivant). Julien Legeays (?, il fut pourvu en 1582). Julien Clément (en 1613 ; décédé à Pleine-Fougères le 15 octobre 1639). Jean Pépin (chanoine et scholastique de Rennes et prieur de Châteaugiron, il se fit pourvoir le 25 octobre 1639 et résigna aussitôt en faveur du suivant). Guillaume Le Sylleux (pourvu en cour de Rome, il prit possession le 18 mars 1640 et résigna l'année suivante). Louis de Callac (prêtre de Saint-Malo, pourvu en 1641, il permuta immédiatement avec le suivant). François de Gasnes (prêtre de Rennes et précédemment chapelain du Crucifix en cette ville, il fut pourvu en cour de Rome en 1641 et prit possession le 3 août ; décédé le 27 mars 1643). Olivier Branchu (il succéda au précédent ; décédé le 16 mars 1653). François Bonnemez (prêtre de Nantes, il fut présenté par le scholastique en 1653). Jean Le Gallais (sieur de Launay ; en 1654 et 1662). Julien Barbier (sieur du Bois-Moriaud ; en 1666 ; décédé âgé de cinquante-cinq ans, le 14 septembre 1694). Pierre Refeuveille (prêtre d'Avranches, il fut pourvu en 1694 ; décédé le 9 décembre 1713). Julien Tondoux (recteur de Saint-Marc-sur-Couesnon, il fut pourvu en janvier 1714 ; il fut aussi en 1716 chapelain de Saint-James, à Rennes. Il résigna une première fois en 1727 en faveur du suivant, avec rétention d'une pension). Jacques-Julien Estin (1727-1730). Julien Tondoux (il reprit sa cure en 1730 parce qu'on refusait à Rome d'approuver la pension qu'il demandait à son successeur. Il résigna une seconde fois en faveur du suivant ; décédé à Rennes âgé de soixante-quinze ans, le 30 mars 1745, et inhumé le 31 à Saint-Germain, en cette ville). Julien-Charles Foucquet (prêtre d'Avranches, il fut pourvu le 1er août 1744). Joseph-Louis Bigot (il succéda au précédent le 20 juillet 1769 et gouverna jusqu'à la Révolution ; il fut réinstallé en 1803 ; décédé âgé de quatre-vingt-dix ans, le 14 novembre 1818). Guillaume-Jean Gendrot (1818, décédé en 1874). Jean-Baptiste Gesbert (à partir de 1874), .....
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PATRIMOINE de TRANS-LA-FORET
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l'église Saint-Pierre (XVème siècle). Dédiée à saint Pierre, prince des apôtres, l'église de Trans-la-Forêt n'offre rien de bien ancien. C'est une simple nef sans style, terminée par un chevet droit qui semble du XVème ou XVIème siècle. On y voit une fenêtre à doubles meneaux et aux ogives entrelacées. A cette nef ont été accolées de nos jours deux chapelles formant bras de croix et une petite tour à fronton néo-grec. Sur les murs de la sacristie sont gravés ces mots : Faite en partie par M. Barbier, recteur, 1686. Le sire de Combourg était à l'origine seigneur de Trans, et il déclara en 1580 « avoir et maintenir en l'église de Trans ses armoiries tant ès vitres qu'en peinture aux lieux les plus éminents de ladite église, quels sont armoyés des armes de ladite comté de Combourg » (Bulletin de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, II, 191). Mais le sire de Combourg donna, semble-t-il, de bonne heure la paroisse de Trans-la-Forêt en juveignerie et en forma les deux seigneuries de Trans et de la Chesnelaye, qui relevèrent ensuite du duc de Bretagne et plus tard du roi. En 1678, Renée Le Pappe, veuve de François du Boisbaudry, seigneur de Trans, déclara jouir des prééminences de l'église de Trans-la-Forêt, ayant « en icelle son banc et son enfeu tant au choeur qu'en la nef, avec sa lizière d'armoiries tout autour de ladite église » (Archives Nationales, P. 1712). Aussi voyons-nous inhumer dans le chanceau de Trans-la-Forêt Jean-Baptiste du Boisbaudry, décédé en 1672, et François du Boisbaudry, décédé en 1677, l'un et l'autre barons de Trans, marquis de la Chesnelaye et seigneurs de la paroisse. Le seigneur des Villarmois avait, de son côté, droit en l'église de Trans-la-Forêt à quelques prééminences, et notamment à trois pierres tombales armoriées (Pouillé de Rennes). Le clocher-porche date de 1788. La tourelle date de 1789. Les deux chapelles datent de 1823. On y trouve plusieurs pierres tombales dont celle de Gilles Pille (1607). Les armes des seigneurs de Trans se voyaient autrefois sur une litre, sur les murs et sur les vitraux. Les armes des seigneurs de la Chesnelaye se voyaient aussi sur la maîtresse-vitre. On y trouvait jadis les enfeus des seigneurs de Trans et de la famille Villarmois ; | |
l'ancienne chapelle de l'Abbaye, aujourd'hui disparue. Ce nom, donné à une vieille terre seigneuriale appartenant en 1427 à Guillaume Rouxel, indique qu'à l'origine une abbaye dont nous ignorons le nom possédait des biens en Trans-la-Forêt ; peut-être s'agit-il de celle de Saint-Florent de Saumur, dont dépendait le prieuré du Brégain, qui dîmait encore en Trans-la-Forêt en 1740. Quoi qu'il en soit, le manoir de « l'Abbaye-soubs-Traan », mentionné en 1455, était doté d'une chapelle, où l'on fit un mariage en 1608 (Pouillé de Rennes) ; | |
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la croix située au Village du Bas de la Lande ; | |
le château de la Villeaudon ou de Trans (XIV-XVIIIème siècle), situé route de Bazouges-la-Pérouse. Construit au XIVème siècle, il est réédifié vers 1770. Il relevait directement du Roi. Il possédait autrefois une chapelle privée, bâtie en 1611 et restaurée en 1770. L'ancienne chapelle Sainte-Anne du manoir de Villeaudon ou château de Trans était fondée de messes ; le chapelain jouissait en 1680 de deux dîmereaux du trait de Trans, et en 1744 de la maison de la Bertrie. Gilles Hervé en 1744 et Jean Bigot en 1761 furent pourvus de ce bénéfice. Dans cette chapelle, mentionnée en 1612, furent célébrés plusieurs mariages distingués, tels que ceux de : Philippe Hubert, seigneur de la Massue, avec Hélène du Boisbaudry (1636) ; — René de Saint-Gilles, seigneur de Romillé, avec Françoise du Boisbaudry (1663) ; — Jacques-René Artur, seigneur de la Villarmois, avec Joséphine de la Motte (1772), — et Gabriel de la Forest, seigneur d'Armaillé, avec Marie de la Motte (1784), ces deux dernières filles du seigneur de Trans. Cette chapelle du château de Trans, reconstruite et bénite le 10 décembre 1770, n'existe plus ; un nouveau sanctuaire a été disposé dans une tourelle du château moderne et décoré avec goût ; il est dédié à la Sainte-Famille et parfois desservi (Pouillé de Rennes). Le château possédait aussi une fuie et une grande esplanade. Propriété successive des familles Chantegrue (au XIVème siècle), Boisbaudry (vers 1383), de Visdelou seigneurs de la Villethéart (en 1745), de la Motte seigneurs de Beaumanoir (en 1765 et en 1789). Il devient par la suite la propriété de la famille Artur de la Villarmois ; | |
l'ancien
manoir de la Chesnelaye (XVIème siècle), situé route de Cuguen. Il
relevait directement du duc, puis du Roi. Il possédait au XVIIème siècle
une chapelle privée et une fuie. La chapelle de la Chesnelaye, mentionnée
dès 1606, dépendait de ce manoir. Olivier du Boisbaudry, seigneur de Trans,
y épousa en 1643 Juliette de Romilley, fille du seigneur de la Chesnelaye.
Il ne reste plus de ce sanctuaire qu'une porte et un pan de mur voisins d'un
ancien puits en granit sculpté fort curieux (Pouillé de Rennes). | |
l'ancien château de la Basse-Villarmois (XVIIème siècle), situé route de La Boussac. Il possédait jadis une chapelle privée qui avait été reconstruite en 1738. Propriété successive des familles de la Villarmois (en 1400 et en 1650), de Trémigon, du Rocher seigneurs du Quengo, Artur (à la fin du XVIIème siècle) ; | |
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l'ancien presbytère (XVIIème siècle). La date de 1674 ainsi que le nom du recteur Barbier sont gravés sur l'édifice ; | |
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les moulins du Teil, Rouge, des Landes, Neuf, des Rivaudières ; |
A signaler aussi :
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le rocher de Boulic, un lieu où se déroulaient des sacrifices humains à l'époque celtique, et situé près du château de la Villeaudon ; | |
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la Pierre de l'Ermite, située dans la forêt de Ville-Cartier ; | |
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l'allée couverte, aujourd'hui ruinée et située dans le Champ-Dolent, près du Village de Pont-Perrin ; | |
l'enceinte entourée de fossés et appelée le Ruffien. Cette enceinte se situe au lieu-dit des Haies. On y a trouvé des poteries de l'époque gallo-romaine ; | |
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l'ancien manoir de la Fontaine, situé route d'Antrain-sur-Couësnon. Propriété de la famille de Sévedavy en 1427, puis de la famille de Beczac seigneurs de Vaurivion en 1513 ; | |
l'ancien manoir de Vertbois, situé route de Bazouges-la-Pérouse. Propriété successive des familles du Hallay (en 1427), de Sévedavy, du Boisbaudry (en 1513) ; | |
l'ancien manoir de la Courbetière. Propriété de la famille de Romilley seigneurs de la Chesnelaye en 1513 ; | |
l'ancien manoir de la Haute-Villarmois, situé route de La Boussac. Il possédait jadis une chapelle privée. Il se trouvait en Trans-la-Forêt deux manoirs appelés la Basse et la Haute-Villarmois. Le premier appartint pendant plusieurs siècles à la famille de la Villarmois, puis aux de Trémigon et du Rocher du Quengo ; le second fut, de 1427 à 1644, la propriété de la famille de Launay, puis des de Lespronnière, Eon (en 1667) et Bonnier de la Coquerie. La famille Artur acheta ces deux seigneuries, l'une en 1675 et l'autre en 1681, et en prit le nom de la Villarmois, qu'elle porte encore (Archives du château de Trans). L'ancienne chapelle Saint-Louis de la Basse-Villarmois se trouvait dans la cour de ce manoir ; Raoul des Hayes y épousa en 1650 Marie de la Villarmois. Cette chapelle était fondée de messes, mais sa fondation se trouvait unie au XVIIIème siècle à celle de la Haute-Villarmois, et le même chapelain desservait alors les deux bénéfices. L'ancienne chapelle Saint-Yves de la Haute-Villarmois était fondée dès 1607 de trois messes par semaine, dimanche, mercredi et vendredi, et le chapelain jouissait des traits de dîme de la Claye et de la Haute-Villarmois. Cette fondation fut renouvelée en 1667 par Pierre Eon et Jeanne Pépin, seigneur et dame de la Haute-Villarmois, mais au XVIIIème siècle elle ne consistait plus qu'en deux messes hebdomadaires. Les chapelains de la Villarmois furent Jean Daumer (1607), — Jacques Burdelot (1650), — Julien Le Sage, — N... Gueslé, — Jean Lestourneux (1707), — Guy Le François (1740), — J. Gâtebled (1745) — et N... Robert (1759). Dans cette chapelle s'épousèrent Jean de Lespronnière et Marguerite de Launay (1624), — Isaac de Pierre et Magdeleine de Launay (1632), — et Charles de la Belinaye et Catherine de Launay en 1638 (Pouillé de Rennes) ; | |
l'ancien manoir de l'Abbaye-sous-Trans. Il possédait jadis une chapelle privée et une fuie. Propriété de la famille Rouxel en 1427 ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de TRANS-LA-FORET
La baronnie
de Trans :
La seigneurie de Trans dans la
paroisse de ce nom semble être un démembrement
de la baronnie de Combourg fait à titre de juveignerie
ou partage de cadet. En effet, le seigneur de Trans devait encore au XVIIème siècle au
baron de Combourg une rente annuelle de dix sous
payable le jour de l'Assomption en la main du sergent de
Combourg à Pleine-Fougères, et de plus le sire de Combourg était seigneur
supérieur de l'église de Trans (De la Borderie – la baronnie de Combourg
– Bulletin de la Société Archéologique d’Ille-et-Vilaine, II, 191). Toujours est-il qu'au XIVème siècle
cette seigneurie de Trans, avec son château de Villeaudon,
appartenait aux Chantegrue. Vers 1383 décéda
Bertrand de Chantegrue, « seigneur de Traan ». laissant ses fiefs de
Trans et son hébergement de Villeaudon à Jeanne de Chantegrue
femme de Guillaume Ier du Boisbaudry, seigneur dudit
lieu (Archives de Loire-Inférieure, voir Trans). Cette dame mourut elle-même
le vendredi avant la Pentecôte en
1415, et son fils aîné Guillaume du Boisbaudry devint
alors maître de la seigneurie de Trans dont il fournit le minu au duc
de Bretagne le 2 juin 1416 (Archives de
Loire-Inférieure, voir Trans). La
famille du Boisbaudry devait pendant plusieurs siècles conserver la baronnie de Trans.
Guillaume II du Boisbaudry avait épousé
en 1383 Marie du Tiercent, dont il eut Guillaume
III du Boisbaudry, seigneur de Trans après
lui, marié en 1417 à Agnès de Cheveigné fille du seigneur
de Champclin et décédé le 14 décembre 1464 (Archives d’Ille-et-Vilaine,
E 628). Jean du Boisbaudry, fils aîné du
précédent, épousa en 1440 Bonne de Romilley fille du seigneur
de la Chesnelaye, mais mourut avant son père, laissant un fils mineur nommé
Pierre. Sa veuve se remaria à Arthur de Vendel. Ce
Pierre du Boisbaudry, placé sous la tutelle d'Olivier de Tréal, seigneur
de l'Adventure, hérita de son grand-père, devint seigneur de Trans et rendit
aveu au duc pour cette terre le 25 mai 1465 (Archives de Loire-Inférieure,
voir Trans) ; il n'était alors
âgé que dix ans, mais était déjà fiancé depuis un an avec la fille de son tuteur, Marguerite de Tréal, qu'il épousa quand
il
fut d'âge convenable. Il mourut encore jeune le dimanche de la Passion
1492, laissant ses seigneuries à son fils François qui en fournit le
minu l'année suivante (Archives de
Loire-Inférieure, voir Trans). François
du Boisbaudry, seigneur de Trans, s'unit en juillet 1505 à
Isabeau de Sévigné, fille du seigneur de Montmoron ; il fit son testament
le 28 janvier 1521 et mourut peu de temps après, car deux
ans plus tard sa veuve rendit aveu pour la seigneurie de Trans, au nom de son fils Christophe encore mineur (Archives
d’Ille-et-Vilaine, E 628) : celui-ci avait pour curateur en 1528 son oncle
François du Boisbaudry, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem
(Archives de Loire-Inféreure, B 1011). Christophe du Boisbaudry,
sire de Trans, épousa en octobre 1540 Olive
Brunel, fille du seigneur du Breil en Gévezé. En 1576, M.
de Bouillé, lieutenant-général du roi en Bretagne, rendit témoignage des services rendus à S.
M. par Christophe du Boisbaudry et Pierre
du Boisbaudry son fils aîné. Quatre ans après le seigneur de
Trans fit son testament le 22 octobre 1580 (Archives d’Ille-et-Vilaine, E
628). Pierre du Boisbaudry succéda
à son père en qualité de seigneur de Trans ;
il avait épousé, dès le mois de juillet 1580, Renée Le Vayer,
dame de Launay-Trozel ; devenu veuf il se remaria en octobre 1587 à Hélène Bruslon,
fille du seigneur de la Musse. Créé par Henri III capitaine de
deux cents hommes d'armes, Pierre du Boisbaudry
devint ensuite chevalier de l'Ordre du roi, fit hommage à
S. M. pour la terre de Trans le 22 mai 1598, lui rendit aveu en 1601 et
mourut vers 1610. Claude du Boisbaudry, sire de
Trans, fruit du premier mariage du seigneur précédent, s'unit en février
1608 à Catherine du Gouray, fille du seigneur de la
Coste. Il en eut Olivier du Boisbaudry, qui lui
succéda et rendit après sa mort, le 11 août 1633, aveu au roi
pour la seigneurie de Trans. Cet
Olivier du Boisbaubry épousa : - 1° dans la chapelle de la Chesnelaye
en Trans, le 1er février 1643, Juliette de Romilley et - 2° à Saint-Germain
de Rennes, le 19 novembre 1647, Denise de la Porte fille
du seigneur d'Artois. Il mourut à Noël 1659 et sa veuve fut inhumée
à Bonne-Nouvelle de Rennes le 18 février 1671. Deux garçons
issus du second lit succédèrent, l'un après l'autre, à Olivier du
Boisbaudry : l'aîné, Jean-Baptiste du Boisbaudry, seigneur de Trans, s'unit en août 1670 à Marguerite de Poix, fille du seigneur
de
Fouesnel et mourut sans postérité ; il fut inhumé le 23 mai 1672, dans
son enfeu au choeur de l'église de Trans, et sa veuve se remaria à
Jacques des Vaux, comte de Levaré — le cadet, François du Boisbaudry,
seigneur de Trans après son frère, se maria à Renée Le Pape et décéda
à Rennes le 7 août 1677 ; son corps fut inhumé le
surlendemain dans le chanceau de l'église de Trans ; sa veuve ne mourut
qu'à 78 ans, le 7 février 1730, en son hôtel à Rennes et fut enterrée
le 9 en l'église de Bonne Nouvelle. Marc Antoine du Boisbaudry,
fils posthume du dernier seigneur de Trans, naquit à Rennes le 19
septembre 1677 et épousa en la chapelle du
Gage en Pleugueneuc, le 17 novembre 1697, Jeanne-Marie
de Saint-Gilles ; il fit hommage au roi pour la seigneurie de Trans en
1731 et mourut le 15 décembre 1745 ; sa veuve le suivit au tombeau le 22 mars
1757, âgée de 73 ans (Archives de Loire-Inférieure, B 161 et 378). Le seigneur de Trans laissait cette
terre à sa fille Marie-Arthuze du Boisbaudry femme de
Pierre-François de Visdelou, seigneur de la Villethéart : ceux-ci en
rendirent aveu au roi le 24 mai 1746. Ce seigneur et sa femme étaient
morts en 1765 et le 10 août de cette année-là
leurs enfants François de Visdelou, comte de la Villethéart,
et ses soeurs Jeanne et Nathalie de Visdelou vendirent la terre et baronnie de Trans ;
l'acquéreur fut, moyennant 145 000 livres Julien de la Motte, seigneur
de Beaumanoir, marié au Cap en 1749 à Marie Bouleau (Archives
d’Ille-et-Vilaine, E 633) ; celui-ci fit hommage au roi le 10 mars 1785
(Archives de Loire-Inférieure, B 1004). Le
nouveau seigneur de Trans mourut à Dinan le 20 juin 1787, laissant
plusieurs enfants, entre autres Pierre-Martial de la Motte, qualifié
marquis de Montmuran, et Joséphine de la Motte mariée en 1772,
dans la chapelle du château du Trans, à Jacques Artur, seigneur de
la Villarmois en Trans. Le
marquis de. Montmuran épousa à Saint-Etienne de Rennes, le 15
avril 1788, Jeanne-Charlotte de Guibert, veuve du marquis de Lanjamet
(Registres des mariages de Rennes). Il fut le dernier à posséder la baronnie
de Trans qui fut confisquée pendant son émigration
; il mourut sans postérité en 1823. La terre et le château de Trans
furent vendus par la Nation en 1796, mais un membre de la
famille, Artur de la Villarmois put les racheter (Archives d’Ille-et-Vilaine,
1 Q 54). Qualifiée
de baronnie d'ancienneté (Potier de Courcy, Nobil. De Bretagne, III, 171 et
457), la seigneurie de Trans devait probablement
ce titre à l'importante baronnie de Combourg dont elle
était un démembrement. Quant au titre de marquis de Trans que
prenaient parfois les derniers possesseurs, de cette seigneurie il
n'appartenait en réalité qu'à la terre de la Chesnelaye unie à celle de
Trans en 1680. La
seigneurie de Trans ne se composait à l'origine que du manoir de Villeaudon
— appelé depuis château de Trans — de son étang
avec un moulin et de quelques fiefs relevant du duc de Bretagne
(Déclaration de Trans en 1383). Mais
un siècle plus tard le seigneur de Trans possédait en cette paroisse
trois manoirs : Villeaudon, Vertbois et l'Abbaye-sous-Trans, avec un
plus grand nombre de fiefs (Déclaration de Trans en 1501). Vers 1630, Olivier du Boisbaudry
acheta et unit à sa terre de Trans la seigneurie du Chastellier-en-Trans,
consistant en sept fiefs avec haute-justice, que lui
vendit Renée Garel, femme de Joachim du Fournet (Archives de
Loire-Inférieure, voir Trans). Le même seigneur du Trans acquit en 1645 de Pierre de
Gondy, duc de Retz, les
terre et seigneurie de la Chesnelaye en Trans (Archives Nationales, P 1709). Par
lettres patentes datées du mois de décembre 1680 (enregistrées au Parlement
de Bretagne le 25 novembre 1681 et à la Chambre des Comptes de Nantes le 3 février
1683), Louis XIV unit, en faveur de Renée Le Pape
veuve de François du Boisbaudry, seigneur de
Trans, et tutrice de ses enfants, tous ses fiefs situés
dans les paroisses de Trans, Vignoc, Cuguen, Langan, La Boussac et Sougéal en
une seule juridiction avec haute-justice, sous le nom de seigneurie de Trans, le tout relevant directement
du
roi en ses sénéchaussées de Rennes et de Hédé (Archives
d’Ille-et-Vilaine, E 628). C'est la baronnie de Trans ainsi constituée que nous
allons maintenant faire
connaître en détail. La
juridiction de cette seigneurie s'exerçait au bourg même de Trans et s'étendait sur toute la
paroisse de ce nom ; elle ne comprenait pas moins d'une
cinquantaine de fiefs, tant en Trans qu'en Pleine-Fougères, Bazouges-la-Pérouse,
La Fontenelle, Vieuxviel, Sougéal, Cuguen, La
Boussac, Vignoc et Langan. De ces fiefs le plus
grand nombre relevait directement du roi sous Rennes et Hédé
; les autres étaient tenus des baronnies de Fougères et de Combourg et
du comté de Landal. Le jour Saint-Denis le sire de Trans
devait aux gens du roi « 12
sols mon. payables au pied de la croix du cimetière de Trans ». Il
était également redevable au baron de Combourg de «
3 sols 4
deniers de rente de garde » et
des 10 sols de rente commune que
nous avons signalée plus haut. Les fourches
patibulaires de la seigneurie de Trans se composaient
en 1633 de trois piliers élevés sur le grand chemin de Trans à
Bazouges, au commun de la Croix de Montmouët (Archives de Loire-Inférieure,
voir Trans) ; un pilori avec ceps et collier se dressait au bourg de Trans. Le baron de Trans avait droit de
faire ses vassaux nouvellement mariés
fournir deux courses de quintaine aux féries de Pâques et de la Pentecôte
(Déclaration de Trans en 1633). Quant aux femmes
récemment épousées, elles devaient « incontinent
après leurs épousailles se présenter à la sortie de l'église, hors
du cimetière de Trans, et y chanter chanson à danser » (Archives Nationales,
P 1712). Un tenancier du
fiel du Val en Trans, possédant une maison au village
de Montviel, devait à son seigneur le premier jour de chaque année « une paire de couteaux dorés, du prix de 10 sols, présentés
au château
de Trans sous peine de 64 sols d'amende » (Revue historique de l'Ouest, Mémoires,
III, 39). Par lettres patentes de 1643 et
1648, enregistrées au Parlement de Bretagne en 1645 et 1648, le roi
avait concédé à Olivier du Boisbaudry,
seigneur de Trans, le droit de bâtir des halles au bourg de Trans
et d'y tenir un marché tous les lundis et quatre foires par an les 2
mai, 29 juin, 1 août et 28 octobre (Archives du Parlement de Bretagne, 20e reg.
48). D'autres lettres patentes
données par le duc de Bretagne Pierre II
en 1451 accordèrent au seigneur de Trans le privilège de chasser dans
la forêt de Villecartier, voisine de Trans mais faisant partie du
domaine ducal (Archives d’Ille-et-Vilaine, B 949). Si le baron de Combourg était
seigneur supérieur de l'église de Trans, le sire de Trans en était le
fondateur : en 1765 ce dernier avait dans le chœur de ce temple,
du côté de l'évangile, un grand banc fermé accompagné d'un enfeu, présentant
les armes du Boisbaudry
: d'or à deux fasces de sable, la première chargée de 3, la seconde
de 2 besants d'argent. Le même écusson était plusieurs fois
répété tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'église, peint dans les
verrières et sculpté aux parois des murailles (Prise de possession de Trans en
1765). Aux
siècles derniers le presbytère de Trans relevait de la seigneurie de ce nom «
à debvoir de foy, hommage, rachapt et 5 deniers
de rente » ; de plus aux quatre fêtes solennelles, chaque année, le recteur de Trans devait
fournir « auxdit seigneur et dame de Trans,
et à leurs enfants et domestiques, les deniers d'offrande
» qu'ils avaient coutume de présenter au grand autel de l'église
paroissiale (Déclaration de Trans en 1678). Nous
ne parlons point ici des droits féodaux particuliers à la seigneurie de la
Chesnelaye unie à celle de Trans, parce que nous les décrivons plus loin. Le domaine proche de la baronnie
de Trans se composait des terres de Trans
et de la Chesnelaye que nous verrons plus loin,
il nous reste à parler de la première comprenant ce qui suit :
Le marquisat de la Chesnelaye : Quel Chesnel donna son nom à la Chesnelaye ? Peut-être fut-ce un membre de la famille Chesnel distinguée dès le XIIème siècle à la cour des barons de Fougères et propriétaire de la seigneurie de la Ballue en Bazouges-la-Pérouse ? Quoi qu'il en fût, dès la fin du XIVème siècle la Chesnelaye appartenait à Jean de Romilley, issu d'une famille de Normandie qui remonte à un compagnon de Guillerme le Bâtard lorsque celui-ci conquit l'Angleterre en 1066. Ces de Romilley devaient pendant longtemps se maintenir à la Chesnelaye. Jean de Romilley, premier seigneur connu de la Chesnelaye servait en 1386 dans l'armée du roi de France ; il devint en 1403 premier écuyer de Charles VI et épousa Jeanne de Trouville. Leur fils, Jean II de Romilley, seigneur de la Chesnelaye, capitaine de cent hommes d'armes, s'unit à Catherine Tournemine de la Hunaudaye dont il eut Jean III de Romilley ; ce dernier épousa — non pas en 1406, comme dit Le Laboureur, mais après 1456 — Marguerite Bardoul, dame d'Ardennes en Saint-Georges de Reintembault (nota : cette dame était en 1456 veuve de Jean du Houme qu'elle avait épousé avant 1434. En 1463 Jean de Romilley était seigneur d'Ardennes, vraisemblablement du chef de sa femme). Jean IV de Romilley succéda à ses père et mère dans les seigneuries de la Chesnelaye et d'Ardennes que conservèrent ses descendants. Vice-chancelier du duc de Bretagne François II, il eut pour femme Marie de Buat et mourut vers 1480. Jean V de Romilley, issu de cette union et seigneur de la Chesnelaye, épousa Jeanne de Beaulieu. Leur fils Jean VI de Romilley rendit aveu pour la seigneurie de la Chesnelaye en 1496 ; il avait épousé en 1485 Marie du Pontglo ; devenu veuf, il se remaria en 1509 à Guillemine de Sahur, veuve de Charles de Montecler : Jean VI fut gouverneur de Fougères et mourut en 1516. Du premier mariage de ce seigneur de la Chesnelaye naquit. Jean de Romilley qui mourut avant son père le 18 juin 1515, laissant veuve Gillette de Romilley avec un fils Georges de Romilley ; celui-ci, en qualité d'héritier de son père et de son grand-père, fournit en 1517 le minu de la seigneurie de la Chesnelaye. Il épousa : - 1er en 1509 Renée de Montecler, fille de la seconde femme de son grand-père ; - 2° Magdeleine du Han. Charles de Romilley, seigneur de la Chesnelaye, fils des précédents et sorti du premier lit, se maria aussi deux fois et s'unit : - 1er en 1541 à Françoise de Couvran, fille du baron de Sacé ; - 2° en 1558 à Esther de la Marzelière. Il mourut avant 1598, époque à laquelle sa veuve rendit aveu pour les seigneuries de la Chesnelaye et d'Ardennes, au nom de son fils César de Romilley dont elle se trouvait tutrice. Ce César de Romilley fut chevalier de l'ordre du Roi et épousa Françoise d'Orglandes ; il mourut à Paris et fut inhumé aux Petits-Augustins après 1620 ; sa veuve lui survécut jusqu'en 1654. Ils laissaient entre autres enfants François de Romilley, qui leur succéda à la seigneurie de la Chesnelaye — et Juliette de Romilley, mariée le 1er février 1643, dans la chapelle de la Chesnelaye, à Olivier du Boisbaudry, seigneur de Trans. François de Romilley, marquis de la Chesnelaye et seigneur d'Ardennes, ne conserva pas cette première terre qu'il dut vendre presque aussitôt après en avoir obtenu l'érection en marquisat en 1641, car, dès 1645, Pierre de Gondy, duc de Retz, et Catherine de Gondy, sa femme, revendirent la Chesnelaye à Olivier du Boisbaudry et à Juliette de Romilley, seigneur et dame de Trans (Archives nationales, P 1709). Toutefois le titre de marquis de la Chesnelaye ne passa point aux acquéreurs de cette terre ; il continua d'être porté par les seigneurs d'Ardennes qui ne tardèrent pas d'ailleurs à obtenir l'érection en marquisat de cette dernière seigneurie sous le nom de marquisat de Romilley ; nous les y retrouverons. Olivier du Boisbaudry, seigneur de Trans et de la Chesnelaye, devenu veuf de Juliette de Romilley, se remaria à Saint-Germain de Rennes, le 19 novembre 1647, à Denise de la Porte, fille du seigneur d'Artois ; il mourut à Noël 1659, et sa veuve fut inhumée à Rennes le 18 février 1671. Deux garçons, issus du second lit, succédèrent à Olivier du Boisbaudry : Jean-Baptiste du Boisbaudry, seigneur de Trans et de la Chesnelaye, marié par contrat du 1er août 1670 à Marguerite de Poix, fille du seigneur de Fouesnel, et décédé sans postérité ; il fut inhumé le 23 mai 1672 dans son enfeu au choeur de l'église de Trans ; — et François du Boisbaudry, également seigneur de Trans et de la Chesnelaye après son frère, marié à Renée Le Pape et mort le 7 août 1677 à Rennes ; son corps fut inhumé le surlendemain dans le chanceau de l'église de Trans. Sa veuve ne décéda qu'à 78 ans, le 7 février 1730 en son hôtel à Rennes, et fut enterrée le 9 en l'église de Bonne-Nouvelle. Marc-Antoine du Boisbaudry, fils posthume de ce dernier seigneur de la Chesnelaye, naquit à Rennes le 19 septembre 1677 et épousa en la chapelle du Gage en Pleugueneuc, le 17 novembre 1697, Jeanne-Marie de Saint Gilles ; il mourut le 15 septembre 1745 et sa veuve le 22 mars 1757 (Archives de Loire-Inférieure). Ils laissaient les seigneuries de Trans et de la Chesnelaye à leur fille Marie-Arthuze du Boisbaudry, femme de Pierre-François Visdelou, seigneur de la Villethéart. Ces derniers étaient morts, l'un et l'autre, en 1765, et leurs enfants vendirent, le 10 août de cette année-là, les seigneuries de Trans et de la Chesnelaye. Les vendeurs étaient François de Visdelou, comte de la Villethéart, et ses soeurs Jeanne et Nathalie de Visdelou ; l'acquéreur fut Julien de la Motte, seigneur de Beaumauoir, marié au Cap en 1749 à Marie Bouleau (Archives d'Ille-et-Vilaine, E633). Le nouveau seigneur de Trans et la Chesnelaye mourut à Dinan le 20 juin 1787, laissant pour fils aîné Pierre-Martial de la Motte, marquis de Montmuran, qui épousa à Saint-Etienne de Rennes, le 15 avril 1788, Jeanne-Charlotte de Guibert, veuve du marquis de Lanjamet (Registres des mariages de Saint-Etienne de Rennes). Il fut le dernier à posséder les seigneuries de Trans et de la Chesnelaye qui furent, pendant son émigration, vendues nationalement le 12 vendémiaire et le 20 brumaire au V (Ces terres furent alors rachetées par Mlle Artur de la Villarmois, nièce du seigneur dépossédé, fille de Jacques Artur, seigneur de la Villarmois, qui avait épousé le 21 juillet 1772 Joséphine de la Motte). Quant à lui, il décéda sans postérité en 1823.
La seigneurie de la Chesnelaye, relevant directement du duc de Bretagne, puis du roi sous son domaine de Rennes, à charge « de trois sols de rente appelée mangier » (Cette rente se payait chaque année aux commis du Domaine de Rennes, le jour Saint-Denis, « au pied de la croix du cimetière de Trans, et non ailleurs, à l'issue de la messe ») se composait dès 1455 d'un domaine proche contenant plus de deux cents journaux de terre et d'un fief jouissant d'une haute justice (Archives de Loire-Inférieure, voir Trans). Elle lut érigée par Louis XIII en marquisat, en faveur de François de Romilley, par lettres patentes du mois de décembre 1641, enregistrées au Parlement de Bretagne en 1644. Mais nous avons dit que l'existence de ce marquisat fut très éphémère, François de Romilley ayant vendu la Chesnelaye à cette époque. En 1680 la veuve du fils de l'acquéreur, Renée Le Pape, dame du Boisbaudry, obtint même du roi l'union des fiefs de la Chesnelaye à ceux de Trans, de façon à ne former qu'une seule seigneurie sous le nom de Trans (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 628).
Le domaine proche de la Chesnelaye se composait en 1678 de ce qui suit : le manoir de la Chesnelaye avec ses rabines et bois de décorations, sa chapelle dédiée à la Sainte Trinité (Cette chapelle avait été bâtie par Georges de Romilley et Renée de Montecler, seigneur et dame de la Chesnelaye, et fondée par eux de deux messes hebdomadaires, par acte du 21 février 1545), son colombier, ses moulins et ses étangs, etc ; — le pourpris de la Chesnelaye et les métairies de la Porte, des Mesliers, de la Courbertière et des Chesnayes. Les principaux fiefs de la Chesnelaye s'étendaient en Trans, Pleine-Fougères, Sougeal et paroisses voisines ; ils jouissaient d'une haute, moyenne et basse justice ; leurs tenanciers habitant la paroisse de Trans étaient soumis au devoir de quintaine que couraient chaque année les nouveaux mariés. Les fourches patibulaires de la seigneurie s'élevaient près de la métairie de la Courbertière (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 628). Le sire de la Chesnelaye avait aussi dès 1602 certaines prééminences en l'église de Trans, notamment « ses armoiries dans la vitre devant le grand autel, son enfeu et son banc à queue dans le chanteau, etc. ». Un peu plus tard on voit qu'il avait, en outre, dans la nef de cette même église « un banc avec pierre tombale et prééminence » (Archives de Loire-Inférieure, voir Trans). Longtemps demeure de la famille de Romilley — qui l'abandonna pour se fixer à Ardennes — le manoir de la Chesnelaye tomba au rang des métairies après son union à la seigneurie de Trans. Au XIXème siècle ce n'est plus qu'une grande ferme appartenant à l'un des descendants des anciens seigneurs (M. le comte de Palys, petit-fils de Gabriel de la Forest, seigneur d'Armaillé, qui épousa le 4 mai 1784 Marie-Julienne de la Motte, soeur du dernier seigneur de la Chesnelaye). On retrouve néanmoins dans la cour du vieux manoir quelques vestiges de sa splendeur disparue, notamment la porte sculptée de la chapelle et surtout un puits du XVème siècle, orné d'une jolie pyramide de granit à pans coupés, avec d'élégantes arcatures trilobées surmontées d'accolades fleuries et reposant sur de sveltes colonnettes (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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