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TEILLAY |
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La commune
de Teillay ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de TEILLAY
Teillay vient du latin "tilia", "teille" ou "tille" (fibre de chanvre ou de tilleul).
La région de Teillay se trouve au XIIème siècle sous la domination des familles nobles de Châteaubriant qui avaient construit à cette époque le château de Teillay. Une tradition affirme que Constance de Bretagne, veuve du duc Geoffroy II et mère d'Arthur Ier, dans ses démêlés avec Richard Coeur de Lion, y reçoit asile en 1196. Fondé au XIIème siècle par les seigneurs de Châteaubriant, un prieuré situé à Saint-Malo-de-Teillay dépendait dès 1146 de l'Abbaye de Saint-Sulpice près de Rennes. En 1350, Du Guesclin se cache dans la forêt de Teillay avec son armée avant de se lancer à l'attaque de la forteresse de Fougeray tenue par les Anglais. Gilles de Bretagne y réside aussi pendant quelques temps (au milieu du XVème siècle) : en effet le duc de Bretagne, François Ier, aurait enfermé son frère Gilles de Bretagne, dans les cachots du château qui est abandonné en 1452. Durant les guerres de Religion de 1560 à 1598, René de La Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et ses hommes saccagent le couvent Saint-Martin en 1562 et en 1565. Le couvent est de nouveau saccagé en 1662, par le marquis de Fougeray, qui y met le feu.
Le Pouillé
de Rennes mentionne que le bourg de Teillay, situé sur le bord d'une voie
gallo-romaine, remonte certainement à une haute antiquité. Dès le XIIème siècle
les barons de Châteaubriant y construisirent une forteresse, dont l'assiette
subsiste au bord de la forêt. A la même époque fut fondé le prieuré de
Saint-Malo de Teillay, et un peu plus tard s'éleva le monastère de
Saint-Martin de Teillay (nota : ce couvent, occupé par des Cordeliers et fondé
par les barons de Châteaubriand, se trouvait au milieu de la forêt de Teillay,
dans la paroisse de Ruffigné, au diocèse de Nantes). Enfin, une église dédiée
L'église de Teillay, ancienne trève d'Ercé-en-Lamée et qui devient paroisse en 1848, dépend alors de l'ancien évêché de Rennes. Elle est érigé en commune en 1879. Avant la Révolution, les habitants de Teillay payaient annuellement au prince de Condé "un droit de porte de ville" et l'on trouvait au XVIIIème siècle, à la sortie du bourg "d'anciens pavés" se dirigeant vers Châteaubriant et la Roche-Giffart.
La seigneurie de Teillay était une châtellenie d'ancienneté et relevait de la seigneurie de Bain : elle avait un droit de haute justice et ses fourches patibulaires à quatre pots s'élevaient sur la lande Gosnel, à la sortie de la Ville. L'auditoire de la seigneurie de Teillay se trouvait jadis au bourg de Teillay. La châtellenie appartient aux seigneurs de Châteaubriant jusqu'à la Révolution. En 1651, Louis de Bourbon, prince de Condé, vendit à Henry de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart, la forêt de Teillay et la Forêt-Neuve, s'étendant en Ercé, Rougé, Ruffigné, Sion et Saint-Sulpice. Le prix fut de 200 000 livres tournois, mais comme il ne fut point payé, le baron de Châteaubriant repris possession de ses forêts.
On rencontre les appellations suivantes : Tillia (en 1160), Telleium (en 1221).
Note :
liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Teillay : Pierre Guillou
(1847-1848). Pierre Méhault (1848-1860). Michel Sourdin (1861-1864). René-Thomas
Picault (1864-1872). Jean Morice (à partir de 1872), ....Voici les noms de
quelques chapelains de Teillay avant la Révolution : Guichard (en 1221), —
Julien Amizot (en 1625), — Piel de la Picardière, décédé le 16 octobre
1654, — Pierre Laceron, décédé en 1721, — Julien Laceron, décédé le 19
avril 1768, — François Michel (en 1772).
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PATRIMOINE de TEILLAY
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l'église
Notre-Dame-de-L'Assomption (1854), oeuvre de l'architecte Edouard
Brossay-Saint-Marc. Cette église est édifiée à
l'emplacement d'une ancienne chapelle dédiée à Notre-Dame et construite
en 1221 par Geoffroy III, baron de Châteaubriant. En effet, en 1221
Geoffroy, baron de Châteaubriant, fonda une chapellenie à Teillay, «
constituit quamdam capellaniam apud Telleium », et la donna à un
prêtre nommé Guichard ; il assura à ce dernier une rente de 100 sols
payables le jour de la Circoncision, savoir 50 sols sur ses revenus en Bain
(Bain-de-Bretagne) et Messac, et 50 sols sur ceux qu'il | |
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l'ancienne chapelle du Haut-Bourg, qui servit, dit-on, d'église principale jusqu'en 1610 ; | |
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la chapelle Saint-Eustache (1875-1880). Saint-Eustache est une vieille chapelle construite au milieu du baile intérieur du château de Teillay ; il est probable qu'elle fut élevée durant le XVIème siècle, car il est fait mention de ses revenus dès 1607. Elle est très-vénérée, et l'on s'y rend en grand nombre, à la fête de saint Jean-Baptiste, des trois diocèses de Rennes, de Nantes et d'Angers. On vient de relever entièrement ce sanctuaire et l'on y a transféré le beau retable de la chapelle d'Hugères (Pouillé de Rennes). Le retable, oeuvre du sculpteur Jean Martinet, date du XVII-XVIIIème siècle. Ce retable abrite les statues de saint Joseph et sainte Anne ainsi qu'une statue de saint Eustache qui date de 1680. Au sommet du retable se trouve une statue de Notre-Dame de Lourdes encadrée de deux tableaux représentant saint Dominique et saint François d'Assisse ; | |
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l'ancien
Prieuré de Saint-Malo de Teillay, situé route de Soulvache et dépendant
jadis de l'abbaye de Saint-Sulpice-des-Bois. Fondé au
XIIème siècle par les seigneurs de Châteaubriant, il dépendait dès 1146
de l'Abbaye de Saint-Sulpice près de Rennes. Il renfermait un cloître et
une chapelle. Le pape Eugène III confirma les religieuses de Saint-Sulpice,
en 1146, dans la possession de l'église de Saint-Malo située dans la forêt
de Teillay, en la paroisse d'Ercé-en-la-Mée (Ercé-en-Lamée), au diocèse
de Rennes, « in episcopatu Rhedon. ecclesiam S. Machuti in sylva quœ
dicitur Tilia » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I,
598). Vers le même temps, Alain, évêque de Rennes, donna à ces
religieuses l'église paroissiale d'Ercé-en-Lamée ; aussi, en 1161, le
pape Alexandre III les confirma-t-il dans la possession de ces deux églises,
« ecclesiam S. Maclovii de Tillia et ecclesiam de Erceyo »
(Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 27 H, 1). C'est aux seigneurs
de Châteaubriant qu'était due la fondation du prieuré de Teillay ; ces
puissants barons possédaient, en effet, la seigneurie de Teillay et avaient
un château voisin de Saint-Malo. Ils donnèrent à la prieure une forge
dans leur forêt de Teillay ; mais en 1223, « à cause de la diminution
d'icelle forest, dit Du Paz, Geffroy, seigneur de Châteaubriant,
pria Mabile, abbesse de Saint-Sulpice, la prieure et le couvent de Teillay,
de transporter cette forge en la forest de Juigné, pendant l'espace d'un an
; et pour ce qu'elles lui accordèrent sa demande, il voulut et ordonna que,
l'an accompli, ladite forge ô ses appartenances fut rapportée et remise en
ladite forest de Teillay pour y demeurer à jamais pour l'usage d'icelles
dames » (Histoire généalogique de Bretagne). Toutefois, il fallut à
ces dernières renoncer complètement plus tard à cette forge ambulante ;
en 1534, Jean de Laval, seigneur de Châteaubriant, fit à ce sujet une
transaction avec la prieure de Saint-Malo, qui voulut bien abandonner son
droit d'entretenir une forge dans la forêt, parce que ce seigneur s'obligea
à payer chaque année au prieuré une rente de 60 livres assise sur sa châtellenie
de Teillay et payable en deux termes, à Noël et à la Saint Jean (Archives
départementales d'Ille-et-Vilaine, 27 H, 95). En 1225, Geffroy, seigneur de
Châteaubriant, donna encore aux religieuses de Saint-Sulpice 10 sols de
rente sur le four banal de Teillay (Archives départementales
d'Ille-et-Vilaine, 27 H, 127). En 1257, Jean de Germigné et Raoul, son fils
aîné, donnèrent à Aliénor de Verrières, religieuse à Saint-Sulpice,
toutes les dîmes qu'ils possédaient dans les paroisses d'Ercé (Ercé-en-Lamée)
et de Bain (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 27 H, 97). Les
barons de Châteaubriant donnèrent aussi à la prieure de Teillay un droit
d'usage dans leur forêt de Teillay ; il en est fait mention dès 1314. Une
sentence des requêtes de l'Hôtel à Paris termina en 1688 un procès surgi
entre le prince de Condé, seigneur de Châteaubriant, et Mme de Beaucé,
prieure de Saint-Malo, relativement à ce droit d'usage ; il fut réglé «
que les officiers de Châteaubriant marqueraient de dix ans en dix ans trois
chênes dans la forêt de Teillay pour les réparations du prieuré de
Saint-Malo ; qu'ils délivreraient par an à la prieure dix charretées de
bois de chauffage, et que ladite dame prieure pourrait faire pacager ses
bestiaux dans ladite forêt » (Archives départementales
d'Ille-et-Vilaine, 27 H, 95). A cause de ces droits dans la forêt, la
prieure de Saint-Malo devait aux « quatre forestiers de Teillay, aux
vigiles des quatre festes de Pasques, Noël, la Pentecoste et la Toussaint,
à chacun d'eux 4 sols, et oultre cela, au premier jour de l'an, à chacun
d'eux une paire de gants et 12 deniers ; lesquels forestiers sont tenus de
poser le tison de Noël en la cheminée de la cuisine du prieuré de
Saint-Malo » (Déclaration du prieuré en 1595). Enfin, le seigneur de
Châteaubriant devait encore à la prieure 20 sols de rente sur sa baronnie,
payables à l'Angevine, suivant sentence du Présidial de Rennes du 9 avril
1573. Le seigneur de la Roche-Giffart, en Saint-Sulpice-des-Landes, devait
au prieuré de Teillay une rente annuelle de 30 sols sur le bailliage du
Pin, et, de plus, 16 boisseaux de seigle et 16 boisseaux d'avoine, mesure de
Châteaubriant, sur sa seigneurie de la Roche-Giffart. Les seigneurs de Rougé,
voisins du prieuré comme ceux de la Roche-Giffart, donnèrent également
aux religieuses une rente de 38 boisseaux de seigle et 38 boisseaux
d'avoine, mesure de Châteaubriant. Cette rente fut réduite en 1690 à 16
boisseaux de seigle et à 20 boisseaux d'avoine (Archives départementales
d'Ille-et-Vilaine, 27 H, 95). Le seigneur de la Thébaudaye, en Rougé,
devait aussi une rente de 15 sols. Le seigneur de la Fontaine, en la
paroisse de Brie, devait donner chaque année 16 boisseaux de seigle et 16
boisseaux d'avoine, mesure de Janzé, au prieuré ; c'est à quoi fut
condamné, le 30 juillet 1573, à la requête de la prieure Guillemette du
Pontbellanger, René de Tehillac, seigneur de la Fontaine (Archives
départementales d'Ille-et-Vilaine, 27 H, 95). Le seigneur de Coësmes, en
la paroisse de ce nom, devait également 16 boisseaux de seigle et 16
boisseaux d'avoine, mesure de Châteaubriant ; en 1583, Claude de la Roë,
dame de Coësmes, reconnut devoir cette rente à la prieure, Mme du
Pontbellanger. Enfin, le prieur-recteur d'Ercé-en-Lamée, présenté à l'évêque
par les religieuses, leur devait chaque année 5 livres de rente aux quatre
fêtes solennelles et 22 mines (176 boisseaux) de grain, mesure de Châteaubriant,
payables au terme d'Angevine, savoir, un tiers de seigle, un tiers de grosse
avoine et un tiers d'avoine menue. Toutes ces rentes prouvent l'importance
du prieuré de Teillay ; achevons de le faire connaître en résumant sa déclaration
en 1695. A cette époque, la prieure, Gillette de Lespronnière, déclare
posséder « l'église, cimetière, maisons, cloistre, logis, tant
anciens que nouveaux, pressouer, moulin et estang, cour, jardin, pourpris,
verger et autres herbregements dudit prieuré » ; — « une pièce
de terre en bois de haute futaye, vulgairement appelée la Plesse à la
Prieure, joignant d'un costé au pavé de la forest de Teillay et de l'autre
au jardin et pourpris dudit prieuré » ; — trois pièces de terre
avoisinant le moulin, contenant, y compris ledit moulin, 20 journaux de
terre (nota : en 1640, le moulin et son pourpris valaient 80 livres de
revenu) ; — la métairie du Prieuré (nota : en 1640, cette métairie
était affermée 100 livres) ; — la métairie de l'Egay, en Ercé-en-Lamée
(nota : la prieure Philippe Cornulier acheta cette métairie en 1618 et
l'unit au prieuré. Le fermier de l'Egay avait droit de prendre du bois dans
la forêt de Teillay pour cuire son pain et clore ses terres, et même d'y
faire pacager ses bestiaux, par concession de Robert de Dinan, seigneur de
Châteaubriant, en date du 19 mai 1427, confirmée le 3 juin 1599 - Archives
départementales d'Ille-et-Vilaine, 27 H, 95) | |
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la croix Guillaume-Jean (1950) ; | |
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la tombe (XVIIIème siècle) de la fille de la forêt de Teillay. Il s'agit en fait de la sépulture de Marie Martin, une jeune fille de Tresboeuf, martyrisée et tuée durant les guerres de Religion. On l'invoque aussi sous le nom de sainte Pataude, à cause du sobriquet de Pataud sous lequel étaient désignés les Républicains ; | |
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l'ancien château de Teillay (XII-XVème siècle), situé route de Ruffigné. Il aurait été construit au XIIème siècle par les seigneurs de Châteaubriant et n'existait déjà plus au XVème siècle. Il comprenait un donjon central construit sur une motte, quatre tours d'angle dont les bases subsistent encore, et des doubles douves. Le château reçut au XVème siècle le nom de Saint-Eustache. La chapelle privative du château est mentionnée en 1500 et déclarée en ruine en 1873. La nouvelle chapelle Saint-Eustache est alors construite avec les ruines du château et de la chapelle primitive : on y trouve un retable en marbre blanc et en tuffeau venant de la chapelle d'Hugères (milieu du XVIIème siècle). Une fontaine armoriée existe près d'elle ; | |
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la longère (XVIIème siècle), située au lieu-dit La Cour-du-Lot ; |
A signaler aussi :
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de nombreuses forges à bras et des amas de scories sur le territoire de Teillay ; | |
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l'ancienne voie romaine d'Angers à Carhaix ; | |
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l'ancien manoir de Bonnais, situé route d'Ercé-en-Lamée. Propriété de la famille Amy en 1427 et de la famille le Gourieuc en 1513 ; | |
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l'ancien manoir de la Boullaye, situé route de Soulvache. Il possédait autrefois une chapelle privée construite vers 1603. Propriété de la famille Durand seigneurs de la Minière en 1513 ; | |
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l'ancien manoir de la Thébaudaye, situé route de Soulvache. Propriété de la famille du Rouvre en 1427 et de la famille de la Racinays en 1513 ; | |
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l'ancien manoir de la Noë-Brou ou la Grande-Noë, situé route de Soulvache. Propriété de la famille des Vaux en 1736, puis de la famille le Verger seigneurs de Villeroy en 1791 ; | |
l'ancien
manoir d'Hugères (XVIIème siècle), situé route de Saint-Sulpice des
Landes. Une chapelle privée, dédiée à Saint-Côme et Saint-Damien, se
trouvait dans la cour de ce manoir. En 1650, Françoise d'Aiguillon, femme
de Bernard de Poulpiquet, seigneur du Halgouët, voulant exécuter le
testament de son père, Charles d'Aiguillon, seigneur d'Hugères, dota sa
chapelle d'Hugères de 60 livres de rente. Ce sanctuaire fut vers le même
temps reconstruit avec beaucoup de soin et orné intérieurement d'un beau
retable d'autel en marbre et tuffeau ; mais l'édifice vient de disparaître
et ses matériaux ont servi à relever Saint-Eustache (Pouillé de Rennes). |
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ANCIENNE NOBLESSE de TEILLAY
Teillay, naguère dans la paroisse
d'Ercé-en-la-Mée, actuellement paroisse et commune distinctes d'Ercé, est un très ancien lieu dont l'origine se perd vraiment dans la nuit des temps. Féodalement, c'était une châtellenie d'ancienneté dont le chef-lieu était un important château bâti près d'une petite ville que traversait la voie gallo-romaine d'Angers
à Carhaix. Château et ville étaient à l'entrée d'une vaste forêt portant
le nom de forêt de Teillay et subsistant encore. Dès l'origine de leur établissement sur les bords
de la Chère, c'est-à-dire dès le XIème siècle, les barons de Châteaubriant semblent avoir possédé
Teillay, et il est vraisemblable que le château de ce nom fut alors construit par eux. Tant qu'exista la châtellenie dé
Teillay, elle fut en leurs mains. Successivement, ces puissants barons : sires de Châteaubriant proprement dits, puis sires de Dinan et de Laval, et enfin ducs de Montmorency et princes de Condé, furent seigneurs de Teillay depuis le
XIème siècle jusqu'à la Révolution. On sait peu de chose du château de
Teillay. Une tradition, confirmée par l'historien Le Baud, veut que Geoffroy, baron de Châteaubriant, ait donné asile en cette forteresse, en 1196, à l'infortunée duchesse Constance de Bretagne, poursuivie par les
Anglais, mais le roi Richard Cœur-de-Lion la fit prendre à Teillay par le comte de Chester, qui l'emmena prisonnière.
Il est probable que le château de Teillay fut détruit, soit pendant la guerre civile qui ravagea, en
1222, les environs de Châteaubriant, soit durant les troubles du XIVème siècle.
Il est certain du moins qu'au siècle suivant, en 1452, il n'existait plus : il avait même perdu son nom de Teillay pour prendre celui d'une chapelle construite sur ses ruines en l'honneur de saint Eustache.
La châtellenie de Teillay, relevant directement du roi en sa cour de Rennes, avait une haute justice
s'étendant dans les paroisses d'Ercé-en-la-Mée, Saint-Sulpice-des-Landes, Lalleu et Tresboeuf. Cette juridiction
s'exerçait dans la ville de Teillay en un auditoire. Les fourches patibulaires à quatre piliers s'élevaient sur la lande
Gosnel, à la sortie de la ville. Au seigneur de Teillay appartenaient les droits de
« prévosté et coutumes, foires et marchés en sadite ville », et droit de faire faire la hue par ses vassaux dans sa forêt lorsqu'il y chassait.
Le sire de Teillay était, en outre, seigneur supérieur et fondateur de l'église de Teillay, fillette de celle
d'Ercé. Le jour de la Quinquagésime il avait le droit de lancer à la porte de ce sanctuaire une soule pour la réjouissance
de ses vassaux de Teillay. Il avait aussi les mêmes droits de supériorité et fondation, et toutes prééminences — à l'origine du moins — dans les églises
d'Ercé, Saint-Sulpice, Lalleu et Tresbceuf. De la châtellenie de Teillay relevaient plusieurs belles seigneuries, telles que la Roche-Giffart, la Motte-d'Ercé, Hugères, le prieuré de Saint-Malo de Teillay, etc.
(Déclaration de Teillay en 1680). A cause de sa forêt, le domaine de Teillay avait de
l'importance. Voici comment s'exprime la déclaration faite au roi, le 30 septembre 1500, par François de Laval, baron de Châteaubriant et sire do Teillay :
« La ville dudit lieu de Teillay ô ses appartenances entre ses quatre portes, en laquelle sont hommes estagers (suivent les noms des
habitants) ; — un four à ban en icelle ville ; — la forest de Teillay, ayant trois lieues de longueur et deux lieues de traverse (contenant
4 800 journaux de terre en 1680) ; — près ladite ville de Teillay, l'assiette d'un vieil chasteau nommé le chastel de Saint-Eustache, auquel y a murs et murailles, douves et fossez, et au dedans duquel y a une chapelle fondée de Saint-Eustache, près lequel y a trois estangs, l'un d'iceux joignant auxdites douves nommé
le Grand Estang de Saint-Eustache, duquel l'eau descend en un antre estang nommé le Petit Estang, dont l'eau va en un troisiesme estang appelé
l'Estang Neuf, sur les bornes de ladite forest ; — le bois du Fayel, contenant 100 journaux de terre (en
1680) ; — les Moulins des estangs de Teillay et le moulin de Briant, sur le Samnon, en
Tresbceuf » (Archives de Loire-Inférieure). Soixante ans plus. tard les trois étangs de Teillay étaient desséchés et leur sol converti en prairies. Quant
à la ville de Teillay, « à laquelle il y avait autrefois quatre portes », — répète l'aveu de 1680 — ce n'est plus aujourd'hui qu'un modeste bourg, avec quelques maisons, toutefois, conservant certain cachet d'antiquité. Du château on retrouve l'emplacement, vaste quadrilatère flanqué de quatre tours d'angle dont les bases subsistent
toujours. Au centre de ce qui fut jadis une forteresse s'élève, reconstruite naguère sur les fondations d'un vieux sanctuaire, la chapelle
de Saint-Eustache, but constant de la dévotion populaire à Teillay depuis
plusieurs siècles (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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