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TAUPONT |
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La commune de Taupont ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de TAUPONT
Taupont vient de "campus Ponti" (gallo-romain).
Taupont est un démembrement de la paroisse primitive de Ploërmel. La paroisse de Taupont dépendait autrefois du diocèse de Saint-Malo et fut donnée à l'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys, vers le XIème siècle. Le prieur qui y fut envoyé avec un ou deux religieux, fut en même temps le supérieur de sa communauté et le recteur de la paroisse. Suivant l'usage, il eut la dîme sur tout le territoire, en retour du service de la population. Lorsque les religieux rentrèrent au monastère, l'abbé et le couvent de Rhuys conservèrent la maison et la chapelle du prieuré de Saint-Nicolas, avec la dîme de la paroisse, et assignèrent une rente de dix livres au "chapelain" chargé du soin des âmes. Par la suite l'abbaye Saint-Gildas-de-Rhuys perdit son droit de présentation, et le titulaire de la paroisse fut à la nomination directe du pape et de l'évêque ; le prieuré de Saint-Nicolas lui-même tomba en commende et fut habituellement conféré à des prêtres séculiers.
Le prieur de Taupont avait juridiction sur ses hommes : il recevait leurs aveux et leur faisait rendre justice. On trouve encore dans les archives divers aveux rendus au prieur pour des biens situés au bourg, à Bodiel, Kerric, Ville-Juhel, Ville-Corbin, Ville-Buo et la Touche ; de plus, 150 contrats de ventes entre particuliers, passés de 1583 à 1748, sous la juridiction du prieuré. Cette juridiction fut formellement affirmée dans l'aveu rendu au roi, le 9 août 1684.
En 1790, Taupont est érigé en commune du canton de Loyat et du district de Ploërmel. En 1801, Taupont passe dans le canton de Ploërmel et au diocèse de Vannes.
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PATRIMOINE de TAUPONT
l'ancienne église Saint-Golven (XII-XIV-XVème siècle), située au vieux bourg. Elle est église paroissiale jusqu'en 1875. Elle est devenue simple chapelle depuis la construction de la nouvelle église. Il s'agit d'une ancienne chapelle dont la façade date du XVIème siècle. On trouve des traces de l'église primitive romane dans l'appareil du mur Sud. Elle a été très remaniée aux XVème et XVIème siècles. Elle comprend une nef avec un bas-côté au Nord, un transept et un choeur à chevet plat. Les arcades à cintre brisé reposent sur des colonnes cylindriques à chapiteaux nus. L'arcade très élevée, qui marque l'entrée du choeur, est en plein cintre. Sous le pignon occidental s'ouvre un beau portail flamboyant, divisé en deux baies en anse de panier sous un tympan plein, portail orné de rinceaux et de personnages. Au Sud, une fenêtre flamboyante, percée dans un pignon à l'extérieur, complète cet ensemble. Une tour carrée s'élève au Nord-Ouest. La sacristie, à l'angle du chevet et du croisillon Nord, est éclairée par une fenêtre à quatre-feuilles. La chapelle est couverte d'une charpente à sablières et entraits sculptés. On y voit une piscine flamboyante. Les retables, dont l'un date de 1680, sont du XVIIème siècle. Les statues de saint Golven et saint Jean-Baptiste bordent le tableau de la Trinité (triomphe du Christ) du retable principal, en pierre blanche. Dans la nef au Nord, un autre retable abrite une statue de la Vierge et l'Enfant en bois. Le retable du transept Sud est dédié à sainte Hélène et sur ses côtés figurent les statues de saint Jean (aigle) et saint Marc (lion), ainsi que des chandeliers en bois sculpté du XVIIIème siècle. Le retable du transept Nord, est consacré à la confrérie du Rosaire, ainsi qu'en témoigne le tableau représentant la Vierge et l'Enfant, tenant un chapelet ainsi que les deux statues et les chandeliers en bois. A noter la présence autrefois du prieuré bénédictin de Saint-Nicolas dépendant de l'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys. On y trouvait jadis, à proximité, une fontaine datée de 1654 ; | |
la nouvelle église Saint-Golven (1865-1873). Elle est édifiée en forme de croix latine par le chanoine Joubier et consacrée le 5 octobre 1875. Cette église a été complétée par l'adjonction d'un clocher en 1889. Les autels latéraux sont dédiés au Sacré-Coeur, à la sainte Vierge, à sainte Anne et à Notre-Dame-des-Douleurs. On y voit de belles stalles du XVIIIème siècle provenant de Sainte-Anne d'Auray et une monstrance-reliquaire pédiculée en argent en partie doré du XVIème siècle ; | |
la chapelle Saint-Gildas et Saint-Mathurin (XVIème siècle), restaurée et située au village de Quelneuc ; | |
la chapelle Sainte-Anne (1638), située au village de Lézillac et restaurée en 1925 ; | |
la chapelle Saint-Nicodème (XVIIème siècle), située au village de Henlé et restaurée au XIXème siècle. Elle abrite deux statues du XVIIème siècle représentant, l'une, saint Nicodème, l'autre, Notre-Dame de Providence ; | |
la chapelle Saint-Etienne (1653), située au village de Crémenan. Il s'agit d'un petit édifice de forme rectangulaire et assez simple ; | |
la croix du Jaunet (XVème siècle) ; | |
le calvaire de l'église (XVIème siècle) ; | |
l'oratoire qui se situe à l'emplacement d'une ancienne chapelle du XIVème ou XVème siècle dédiée à saint Cornély et saint Nicodème. Cette chapelle est démolie en 1968. A l'intérieur de l'oratoire se trouve une statue en bois de la Vierge à l'Enfant datant du XVème siècle ; | |
l'ancien prieuré de Saint-Nicolas, dépendant de l'abbaye Saint-Gildas-de-Rhuys et aujourd'hui disparu. En 1257, l'abbé et la communauté de Rhuys font un arrangement avec le duc Jean Ier. Moyennant une rente annuelle de douze livres monnaie sur la recette d'Auray, ils lui cèdent tous leurs droits dans le moulin à tan, le moulin à blé et le moulin neuf, et de plus toutes les terres et les prairies occupées par l'étang de Ploërmel, et, sept arpents de terre au col de Rochedieu (Bibl. nat. 16 822). Tous ces biens dépendent alors du prieuré de Taupont et donnent une idée de son importance. D'autres biens sont aliénés en 1563, 1575, 1577 et 1586 pour payer les taxes extraordinaires de l'époque. Lorsque les religieux rentrent au monastère, l'abbé et le couvent de Rhuys conservent la maison et la chapelle du prieuré de Saint-Nicolas, avec la dîme de la paroisse, et assignent une rente de dix livres au "chapelain" chargé du soin des âmes. En 1239, cette pension primitive est considérablement augmentée, comme le prouve le titre suivant : "Geoffroi, par la permission divine, humble ministre de l'église de Saint-Malo, et tout le chapitre du même lieu, à tous ceux qui verront les présentes, salut éternel dans le Seigneur. Sachent tous que les chapelains successifs de l'église de Taupont, en notre diocèse, n'ayant que des revenus insuffisants pour leur entretien, puisque leur bénéfice ne dépasse pas la somme de onze livres monnaie, les religieux de l'abbaye et couvent de Saint-Gildas de Rhuys, au diocèse de Vannes, et les prieurs qui ont coutume de percevoir les dîmes et les revenus de l'église de Taupont, à cause de leur prieuré du dit lieu, ont, conformément aux statuts du concile général et suivant notre volonté et mandement, accordé une augmentation de pension au chapelain actuel et à ses successeurs, savoir : 18 quarts de froment, 12 de seigle, et 6 d'avoine, mesure de Ploermel, à prendre chaque année sur les dîmes des religieux dans la paroisse, à livrer au prêtre qui desservira l'église de Taupont, par les mains de ceux qui recueilleront à l'avenir les dîmes de l'abbaye ... De plus, le tiers des prémices et des autres revenus de la dite église, en dehors des dîmes, appartiendra au dit chapelain et à ses successeurs. Cette augmentation établie, nous avons reconnu que le droit de patronage de la dite église appartenait ab antiquo aux dits abbé et couvent ; en conséquence nous le leur rendons et concédons, avec l'assentiment de notre chapitre, de façon que ni nous ni nos successeurs puissions rien réclamer à cet égard : le chapelain, présenté par les d. abbé et couvent, et canoniquement institué par nous, fera serment de fidélité à l'abbé de Rhuys et d'obéissance à l'église ; le même chapelain et ses successeurs seront tenus de payer le tiers des droits dus à l'évêque, à l'archidiacre et au doyen à cause de cette augmentation. En foi de quoi nous avons donné nos présentes lettres au d. abbé, couvent et chapelain, et les avons munies de nos sceaux. Fait à Saint-Gildas de Rhuys en chapitre, l'an 1239, le jeudi, fête de saint Samson (28 juillet)" (Saint-Gildas. H.). D'après un aveu rendu au roi, le 9 août 1684, "la maison prieurale et le jardin contenaient 10 cinquantes ; les dîmes levées à la 12e gerbe, produisaient environ 126 mines de grains divers, savoir, le bourg de Taupont 18 mines, le quartier d'entre les eaux 25, la Touche et le Loguel 18, Henlée 10, Lézillac 10, la Vallée 20, Rodiel 12, Saint-Michel de Ploërmel 3, la Ville-Daniel 2, Rochefort 4, et Quéhéon 4. En retour, le prieur devait 30 mines de seigle au recteur de Taupont, pour sa pension, 12 messes chantées à Taupont aux principales fêtes de l'année, 2 messes basses par semaine à Saint-Michel de Ploërmel, l'aumône aux pauvres pendant l'année, le vin pour la communion du peuple de Taupont à Pâques, et un coq au seigneur de Lambilly, à la fête de saint Golvin, patron de la paroisse" (Nantes, B. 813). Parmi les différentes fermes du prieuré, voici celle de 1767 qui fournit des renseignements précieux : "Par devant les notaires royaux apostoliques à Vannes soussignés, fut présent Dom Pierre Dusers, prêtre, religieux bénédictin, demeurant à l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuis, procureur spécial de Dom André Joseph Ansart, titulaire du prieuré simple et régulier de Saint-Nicolas de Taupont, lequel au dit nom a par ces présentes baillé et affermé, pour le temps de 9 ans, qui commenceront à la Saint-Jean prochaine et finiront à pareil jour, au sieur Jacques Surel, demeurant au prieuré de Sainte-Croix de Josselin, évêché de Vannes, aussi présent et acceptant, savoir est : - La jouissance du d. prieuré de Saint-Nicolas de Taupont, consistant dans la maison priorale, située au bourg de Taupont, évêché de Saint-Malo, jardin, pêcherie, fief, dixmes, et généralement tous les fruits, revenus, appartenances et dépendances, sans aucune exception ni réserve, pour le d. sieur Surel en jouir et disposer à l'avenir, ainsi qu'il a fait ou deu faire au passé, sans pouvoir rien innover, démolir ou dégrader, à la charge d'entretenir les logements du prieuré, la chapelle de Saint-Michel à Ploermel et les pêcheries, de grosses et menues réparations, et de rendre le tout en bon et deu état à sa sortie, à l'exception néanmoins des parties tombant de vétusté, et de ce qui pourroit survenir par ouragan, incendie, ou autres cas fortuits et imprévus. - Et de payer pour jouissance, pour chacun an, la somme de 720 livres, en deux termes égaux, scavoir, 360 livres au jour et feste de Noel, et pareille somme à la Saint-Jean-Baptiste, rendue à l'abbaye de Saint-Gildas ou à Vannes, à l'option du sieur bailleur, à commencer le premier payement à Noel suivant. - Acquittera en outre le preneur, sans répétition, les décimes ordinaires et extraordinaires, même toutes autres charges du clergé, qui pourroient être employées à l'avenir ; paira au sieur recteur de Taupont pour son gros 30 mines de seigle, la somme de 120 livres pour les novales, et 20 livres pour les fétages, au cas qu'ils se trouvent dus, par chacun an ; acquittera les honoraires des messes auxquelles le sieur prieur est tenu : le tout sans diminution dans le prix de la présente baillée, dans laquelle il ne pourra subroger personne que de l'exprès consentement du sieur prieur, à peine de nullité des subrogations.. - Fournira dans quinzaine à ses frais une expédition en forme des présentes au sieur bailleur ; a été expressement convenu que si le preneur étoit, sous quelque prétexte que ce soit, évincé d'aucune partie des dixmes dont il jouit jusqu'à présent, il lui en sera fait raison à l'amiable : à l'exécution des quelles conditions le sieur Surel s'est obligé sur tous ses biens meubles et immeubles, présents et à venir, consentant à défaut à y être contraint, suivant la rigueur des ordonnances et par corps, se soumettant à cet effet au siège présidial de Vannes. Fait et passé au d. Vannes, sous les seings des comparants et les êtres, ce jour 24 mars 1767, après midy" (signé : Surel, F. Pierre Dusers, procureur de Saint-Gildas de Rhuys). En 1774, le bail du prieuré est porté à 1 020 livres. On trouve aussi dans les archives, une transaction, du 17 mars 1690, entre le prieur et les possesseurs de treize maisons du bourg, au sujet d'une rente ; et un marché du 22 septembre 1749, pour la réédification de la chapelle de Saint-Michel de Ploërmel, qui dépendait du dit prieuré. Voici les noms des prieurs connus : Pierre de Moaire (fait aveu en 1544, et meurt en 1560), Olivier Payron (pourvu en 1561 ?, démissionnaire en 1572), Pierre Perrin (pourvu en 1572, fait aveu en 1576), Fr. Julien Rozé (pourvu en 1573, mort en 1583), Grégoire Bréhault (pourvu en 1583, mort en 1593), François de Cheverus et Noël Gatechair (concurrents), Jacques Augustin Perrot (mentionné en 1647 et 1664), Charles Barantin (pourvu en 16.., démissionnaire en 1717), Dom Charles Rabache (pourvu en 1717, démissionnaire en 1762), Dom André Joseph Ansart (pourvu en 1763). La Révolution supprime dès 1790 les dîmes, qui forment le principal revenu du prieuré. Le 14 mars 1791, elle vend à Me Le Goaesbe, pour 410 livres, le droit de pêche dans l'étang du Duc. Le 12 août 1799, elle cède la maison prieurale de Taupont avec ses dépendances à M. Desgoules, pour 2 518 livres. La chapelle de Saint-Michel est annexée au presbytère de Ploërmel (J. M. Le Mené) ; | |
le château de Lambilly (XIXème siècle), ancien siège de la seigneurie de Lambilly. Cette seigneurie possédait autrefois un droit de haute, moyenne et basse justice et appartient à la famille de Lambilly depuis l'an 1180. On mentionne Jehan et Robert de Lambilly en 1480. Le château a été reconstruit à la fin du XIXème siècle. Il possède une chapelle privée ; | |
l'ancien manoir de Bréhant, aujourd'hui modernisé. Propriété de Jehan Bréhant en 1480. L'ancienne enceinte subsiste encore. Il possédait autrefois un moulin à eau ; | |
le manoir de la Rivière-Cornillé (XVème siècle). Devant l'entrée, se trouve un calvaire daté du XVème siècle ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de TAUPONT
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464 et du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence d'aucun noble de Taupont.
Dans le dictionnaire des feudataires des évêchés de Dol et Saint-Malo en 1480, on comptabilise la présence de 11 nobles de Taupont :
les héritiers de Jehan BIGARRE (2 livres de revenu) : défaillant ; | |
Jehan DE LA HAYE (30 livres de reveenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Jehan BREHANT (80 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Jehan DE LAMBILLY de Lambilly (120 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Robert DE LAMBILLY de Lambilly (30 livres de revenu) : défaillant ; | |
Jehan GAUVAIGN (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Jacques GOUEAL (10 livres de revenu) : excusé, appartenant à une compagnie d'ordonnance (garde du duc) ; | |
Jehan GOUEAL (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
Jehan LE ROUX de Vaufolo (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Guillaume LORET de Villegoyat (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
les héritiers de Guilllaume RUAND (10 livres de revenu) : défaillant ; |
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