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SION-LES-MINES

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La commune de Sion-les-Mines (bzh.gif (80 octets) Hezin-ar-Mengleuziou) fait partie du canton de Derval. Sion-les-Mines dépend de l'arrondissement de Châteaubriant, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SION-LES-MINES

Sion-les-Mines vient du latin "Sium" (une plante que l'on trouve au bord de la rivière de La Chère). La commune de Sion-les-Mines est dénommée Sion jusqu'au décret du 18 avril 1920.

L'évêque Melaine (465-530) aurait envoyé sur le territoire de Sion (aujourd'hui Sion-les-Mines) une communauté de moines qui aurait bâti un lieu de culte au lieu-dit "Breil" au VIème siècle.

Vue générale de Sion-les-Mines.

Le premier seigneur connu est Cavallon de Sion, qui vit en 1070 : il est témoin d'une donation faites vers l'an 1070 à Barthélemy, abbé de Marmoutiers, par le baron d'Ancenis. La maison seigneuriale, détruit au XIIIème siècle, était "le château", au nord de la Chère, à 1 kilomètre et demi sud du bourg. Voici ce qu'en disent les déclarations de 1644 et 1679 : "L'emplacement d'un vieil chasteau ruisné où l'on voit à présent les douves, levées, attache de pont-levis et partie des forteresses d'iceluy, situé au proche la rivière de la Chère, et au pied duquel est un moulin à eau, nommé le moulin du Chasteau, avec un estang, les prés des Isles et un jardin sur l'emplacement d'une des tours dudit chasteau". Une léproserie est signalée à proximité du château. A signaler qu'un nommé Rosette de Sion prend part, aux côtés de Saint-Louis, au siège de Damiette et meurt à Mansourah (Egypte) en 1250. Châtellenie d'ancienneté, la seigneurie de Sion relève à l'origine de la châtellenie de Fougeray, mais quand au XVIIème siècle, les sires de Sion achètent Fougeray, ils rendent aveu directement au roi pour leurs deux seigneuries.

La Hunaudière est mentionnée dès 1146 dans le cartulaire de l'abbaye de Saint-Florent et connaît une longue activité sidérurgique (existence d'une activité sidérurgique sur le site de "Chahin de la Hunaudière"). La seigneurie est la propriété successive d'Anne de Sion, d'Alain de Saffré et de la famille Tournemine. Elle est vendue en 1526 à La Chapelle de La Roche-Giffard. Le village de la Hunaudière est édifié à partir de la seconde moitié du XVIème siècle autour d'une forge à bois.

Sion-les-Mines devient un centre de protestantisme du pays de La Mée avant d'être vendu au prince de Condé. Les principaux fondateurs de l'église réformée sont alors les seigneurs La Chapelle (de La Roche-Giffard), La Maistre (de La Garrelaye) et Chambilly (de La Porte) pour Derval, Villevoisin de Pierric et Chambellan de Rougé. Suite à la révocation de l'édit de Nantes en 1685, le Temple est fermé puis rasé en 1950.

On rencontre les appellations suivantes : Suyn en 1248, Soyon en 1287 et Syon en 1321.

Vue générale de Sion-les-Mines.

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PATRIMOINE de SION-LES-MINES

l'église Saint-Melaine (XIXème siècle), édifiée à l'emplacement d'une ancienne église romane du XIIIème siècle. Il s'agit à l'origine d'une chapelle dédiée à Saint-Jacques. Le seigneur de Fougeray était fondateur de l'église de Sion. Le sire de Sion avait dans l'église un banc à queue avec un enfeu dans le chanceau et une lisière d'armoiries dedans et dehors, comme seigneur fondateur et prééminencier ; il y jouissait, en outre, d'une chapelle prohibitive dépendant de sa terre seigneuriale du Petit-Breil. La fresque "la Cène", œuvre du peintre M. Gendron, date de 1936. La chapelle de la Vierge et la chapelle Saint-Jean Baptiste datent de 1855 (œuvre de M. Cautru). La peinture intitulée " Jésus au Jardin des Oliviers ", date du XIXème siècle. L'église est en partie détruite par un incendie le 23 mars 1932. La voûte date de 1936 ;

  Vue du chevet de l'église de Sion-les-Mines.

la chapelle Saint-Eloi (XVII-XVIIIème siècle), située à La Hunaudière et édifiée à l'emplacement d'un sanctuaire plus ancien. La statue de Saint-Eloi, œuvre du sculpteur Bernard Hélion, date du XXème siècle ;  

les vestiges de la chapelle Saint-Joseph (1664), situés à Queneux. Cette chapelle est fondée par Pierre Loran, prêtre de Sion ;  

la Vierge de la Salette (1853), située route de Lusanger. Ce monument est édifié par le Docteur Chatelier, médecin à Châteaubriant et originaire du Château de Sion ;  

l'ancien presbytère (vers le XVème siècle), situé à proximité de la chapelle Saint-Nicolas. Cette chapelle aurait été édifiée par les moines de Marmoutier. L'ancien presbytère est vendu le 19 juin 1851 au baron de Joncheray ;  

le manoir de Villauger (XIVème siècle). Ce manoir dépendait autrefois de la Roche-Giffard ;  

le manoir de la Fouaye (XV-XVIIIème siècle). Seule subsiste le porche. Il s'agit du siège d'une ancienne seigneurie dont la juridiction s'étendait sur les paroisses de Sion et de Lusanger. Le manoir appartient au XVème siècle à Jehan Le Clerc. Il est la propriété de Charles Des Burons et de la demoiselle Massart juste avant la Révolution ;  

le manoir de Vallière (XVIème siècle). Propriété de la famille Duclos au XIIème siècle ;  

la longère (XVIIIème siècle), située à La Hunaudière ;  

la maison des Maîtres (1825), située à La Hunaudière et édifiée par François Demangeat qui rachète en 1809 les forges de La Hunaudière (vendue comme bien national). Cet édifice succède à une ancienne demeure réaménagée plusieurs fois au XVIIIème siècle par Louis Gérard Malherbe ;  

le manoir (XVIIème siècle), situé à le Petit-Breil. Le Petit Breil aurait fait partie primitivement de l'abbaye de Breil. Une chapelle attenante à l'église paroissiale et dédiée à saint Sébastien en dépendait au XIIIème siècle ;  

la porte (XVIIème siècle), située aux Vallées. Il s'agit d'un vestige d'une maison du XVème siècle qui avait hébergé plusieurs prêtres de la paroisse ;  

le manoir de la Masserie (XVIIème siècle), situé route de Châteaubriant et édifié après 1680 par le seigneur René de Boays (ou Bouays), seigneur de Mesneuf et de Saint-Gilles (époux d'Henriette de la Chapelle). Il semble que des éléments de l'édifice proviennent des ruines du château de Sion. La soeur d'Henri Ier, Marguerite de la Chapelle, ayant reçu en partage de son neveu Henri II en 1663, une partie de la châtellenie de Sion, conserva cette seigneurie de Sion et demeura dans le pays, habitant au bourg même de Sion le petit manoir de la Masserie qu'elle acheta en 1665. Gédéon-Henri du Bouays, comte de Mesneuf (fils de René de Bouays) est l'époux de Charlotte-Polyxène de Goulaine qui décède le 25 juin 1736 à la Masserie. Ce manoir est en 1785 la propriété du prince Louis Joseph de Condé, duc de Bourbon ;  

le lavoir (XIXème siècle) ;  

le puits de mine (XXème siècle), situé aux Forges de Limèle. La fermeture des mines a lieu en 1966 ;

  Vue de l'usine de Sion-les-Mines.

le moulin (XVIIIème siècle) du Pont-Godalin. Propriété d'abord du prince de Condé puis de Joseph Narbonne (après 1799), de Jean Lorand (en 1846) et de la famille Cavé (en 1911) ;

A signaler aussi :

la découverte en 1875 d'une Vénus de plomb, de monnaies et de cercueils de calcaire ;

 Vue générale de Sion-les-Mines.

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ANCIENNE NOBLESSE de SION-LES-MINES

La châtellenie de Sion : La paroisse de Sion donna son nom à une antique famille de chevaliers d'origine bretonne, assez richement possessionnés au moyen-âge. Le premier que l'on connaisse fut Cavallon de Sion qui fut témoin d'une donation faite vers l'an 1070 à Barthélemy, abbé de Marmoutiers, par le baron d'Ancenis. Le Cartulaire de Redon nous présente, quelques années plus tard, plusieurs autres membres de la famille de Sion. Ce sont Judicaël, Guérin, Derien et Davin, fils de Gleuden de Sion, qui vendent une terre à Roderque, prieur du monastère de Mouais, voisin de Sion et membre de l'abbaye de Redon ; ce sont encore trois fils d'Amuzon de Sion, nommés Judicaël, Riwallon et David, qui prennent à l'abbaye de Redon l'habit monastique et donnent à l'abbaye, à cette occasion, différentes terres, entre lesquelles celle de Villarblet près de Mouais (Cartularium Rotonense, 304 et 905). Ce Judicaël de Sion, fils de Gleuden, vivait vers 1104. Il avait lui-même un fils, Alain de Sion, qui engendra Hervé de Sion ; ce dernier tourmenta tellement les habitants de Villarblet qu'ils vinrent en 1144 trouver Yves, abbé de Redon, pour se mettre sous sa sauvegarde, ce qui leur réussit (Cartularium Rotonense, 287). En 1172, Guillaume Ier de Sion fut témoin d'une fondation faite à Buzay, et en 1201 il fit lui-même du bien à cette abbaye (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 940). Il était à la fois seigneur de Sion et de Frossay, et fit en 1228 une donation à l'abbaye de Blanche-Couronne. Son successeur, Auffroy de Sion, fut aussi un grand bienfaiteur des moines de son temps. Dès 1226, lui et Louise, sa femme, fondèrent dans leur forêt de Domenesche le prieuré de Brillangault, en faveur de l'abbaye de la Roë. Puis Auffroy donna une maison et une vigne aux religieux du prieuré de Sion fondé par ses ancêtres, avant 1115, pour l'abbaye de Marmoutiers. Enfin en 1248 il abandonna à ce dernier monastère sa chapelle du fief Herbert-Marie, voisine de son château de Domenesche. Domenesche était une seigneurie voisine mais distincte de Sion (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 940). Guillaume II de Sion succéda à Auffroy, à Sion comme à Frossay ; il épousa Aliette Tournemine, passa en 1252 un accord avec l'abbé de Melleray et parut dans un acte de 1267. Geoffroy Ier de Sion était en 1275 à la cour du duc de Bretagne, en 1204 à l'ost de ce prince, et son nom figure en 1305 dans le testament du duc Jean II (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1039, 1112 et 1199). Il épousa Théophanie, veuve d'Hémery de Saint-Mars. Il faut distinguer, semble-t-il, ce Geoffroy Ier d'un autre Geoffroy de Sion, probablement son fils, qui appela en 1326 et 1330 au Parlement de Paris d'une sentence rendue contre lui par le duc Jean III. Ce Geoffroy II de Sion, décédé sans postérité, fut le dernier mâle de la branche aînée des sires de Sion. Une branche cadette de Sion se trouvait alors établie à Anguignac, en Conquereuil, mais nous n'avons pas à nous en occuper ici. Il laissa ses seigneuries à ses deux soeurs, qui furent, l'une après l'autre, dames de Sion : Jeanne de Sion, femme d'Armel Ier, baron de Châteaugiron, puis mariée en secondes noces à Jean Ier sire de Rieux, et décédée en 1360 sans postérité, — et Anne de Sion qui épousa Alain Ier seigneur de Saffré.

A partir de cette époque, la châtellenie de Sion demeura longtemps aux mains des sires de Saffré que nous connaissons déjà : Alain II de Saffré, fils d'Anne de Sion ; — Jean Tournemine, baron de la Hunaudaye, à cause de sa femme Jeanne de Saffré, laquelle rendit aveu au duc de Bretagne en 1437 pour partie de sa terre de Sion — Gilles Tournemine, leur fils, qui fit la même chose en 1469, — François Tournemine dont la veuve Jacquette de Tréal jouissait en douaire, l'an 1523, de la seigneurie de Sion — et Claude d'Annebault, mari de Françoise Tournemine (Archives de Loire Inférieure, Sion). Par contrat du 25 avril 1526, ces derniers vendirent la seigneurie de Sion, moyennant 6 000 livres, à Mathurin de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart en Saint-Sulpice-des-Landes (Archives du château de Saffré, 47). Celui-ci, époux de Catherine Thierry veuve de lui en 1541, laissa d'elle plusieurs fils, dont deux, Michel et René, furent l'un après l'autre seigneurs de la Roche-Giffart et de Sion. Michel de la Chapelle, marié en 1524 à Thomase Le Roy, se trouvait en 1541 en possession de la châtellenie de Sion, mais il dut mourir sans postérité. — René de la Chapelle, son frère, seigneur après lui de la Roche-Giffart et de Sion, marié à sa cousine Renée Thierry de la Prévalaye, introduisit le protestantisme dans ses terres, créa ce qu'on appela l'Eglise réformée de Sion et mourut le 11 décembre 1577. Ce René de la Chapelle avait acheté la châtellenie de Fougeray, et ses descendants les sires de Fougeray, dont nous avons précédemment parlé, possédèrent pendant plus d'un siècle la seigneurie de Sion. Ce furent Louis de la Chapelle, tué au siège de Fougeray en 1595 — Samuel de la Chapelle, mort à la chasse avant 1626 — Henri Ier de la Chapelle, tué au faubourg Saint-Antoine de Paris en 1652 — et Henri II de la Chapelle forcé en 1685 de s'exiler en Hollande, à cause de son attachement au protestantisme. La fortune de ce dernier seigneur confisquée par ordre du roi fut en grande partie employée à satisfaire ses nombreux créanciers. Toutefois la soeur d'Henri Ier, Marguerite de la Chapelle, ayant reçu en partage de son neveu Henri II en 1663, une partie de la châtellenie de Sion, conserva cette seigneurie et demeura dans le pays, habitant au bourg même de Sion le petit manoir de la Masserie qu'elle acheta en 1665. Marguerite de la Chapelle fit en 1673 hommage au roi pour sa seigneurie de Sion et lui en rendit aveu en 1677 (Archives de Loire Inférieure, B1009). Mais, par contrat du 15 avril 1680, cette dame vendit la terre de Sion — tout en s'en réservant l'usufruit durant sa vie — à sa nièce Henriette de la Chapelle, fille d'Henri II, marquis de Fougeray ; celle-ci épousa, au mois d'août suivant, René du Bouays, seigneur de Mesneuf et de Saint-Gilles. La nouvelle dame de Sion mourut dès le 11 février 1685 et René du Bouays, son mari, le 15 février 1694. Ils laissaient la seigneurie de Sion à leur fils Gédéon-Henri du Bouays, comte de Mesneuf. Ce dernier s'unit, le 21 avril 1703, à Charlotte-Polyxène de Goulaine qui décéda le 25 juin 1736 à la Masserie et fut inhumée dans le choeur de l'église de Sion. Lui-même mourut le 16 janvier 1754 et fut enterré dans l'église Saint-Etienne de Rennes. Ces deux époux firent, avant de mourir, l'un et l'autre plusieurs fondations pieuses, en témoignage de leur sincère retour à la foi catholique. Le seigneur et la dame de Sion ne laissaient point d'enfants et leur succession fut recueillie par quelques parents éloignés, tels qu'Augustin de Rochechouart, comte de Vihiers, et François Le Maistre de la Garelaye, évoque de Clermont. Mais ils moururent à leur tour, le comte de Vihiers dès le 31 octobre 1755, l'évêque de Clermont en 1776. Ils eurent l'un et l'autre pour héritier Jacques-Gabriel Le Clerc, marquis de Juigné (dès 1774, celui-ci, conjointement avec l'évêque de Clermont, avait fait hommage au roi pour la châtellenie de Sion, qu'ils possédaient par indivis – Archives de Loire Inférieure, B1653). Ce seigneur vendit en 1785 la châtellenie de Sion à Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé et baron de Châteaubriant, qui la possédait en 1789. 

Châtellenie d'ancienneté, la seigneurie do Sion relevait à l'origine de la châtellenie de Fougeray ; mais quand au XVIIème siècle les sires de Sion eurent acheté Fougeray, ils rendirent aveu directement au roi pour leurs deux seigneuries, unies d'ailleurs à celle de Domenesche pour former en 1643 le marquisat de Fougeray. Vingt ans plus tard, en 1663, la Châtellenie de Sion fut en partie détachée de ce marquisat et redevint une seigneurie distincte dont les possesseurs continuèrent de rendre aveu au roi.

Voyons donc ce qu'était la châtellenie de Sion distincte de celle de Fougeray. Cette seigneurie s'étendait en cinq paroisses : Sion, Mouais, Lusanger, Fougeray et Saint-Aubin-des-Châteaux. Sa haute justice, signalée en 1437, s'exerçait au bourg de Sion ; elle y avait par suite « droit d'auditoire, prison et geôliers pour la garde des prisonniers, ceps et posteaux armoriés avec colliers à y mettre les délinquants » (Déclarations de Sion en 1655). Quant à ses fourches patibulaires, leurs piliers se dressaient sur la lande de la Brosse.

Le sire de Sion avait dans l'église de cette paroisse un banc à queue avec un enfeu dans le chanceau et une lisière d'armoiries dedans et dehors, comme seigneur fondateur et prééminencier ; il y jouissait, en outre, d'une chapelle prohibitive dépendant de sa terre seigneuriale du Petit-Breil. Il lui appartenait aussi de tenir au bourg de Sion quatre foires par an et un marché tous les mardis (Déclarations de Sion en 1653). Les mouvances n'étaient pas importantes : les moyennes justices de Lourme et de la Fouaye étaient les principales. En revanche la joyeuse fête du mai se faisait au bourg de Sion, car « le seigneur dudit lieu a droit de faire prendre annuellement par ses forestiers, le lendemain de la Pentecoste, sur l'estendue des terres du fief de Lourme, un jeune chesne avec sa teste et de le faire traisner par ses sergents bailliagers et planter au milieu de la place du Martray au bourg de Sion, pour servir à l'esbattement de la jeunesse » (Déclarations de Sion en 1653). Enfin les dîmes de la paroisse de Sion « en bled, vin, lin et chanvre » étaient en partie la propriété du seigneur, dont il faut maintenant faire connaître le proche domaine. C'était d'abord le château de Sion, détruit au XIIIème siècle et dont nous reparlerons à l'instant, et le manoir de la Masserie avec ses jardins, vignes et bois, qu'habitèrent les seigneurs de Sion à la fin du XVIIème siècle et au commencement du XVIIIème siècle. — le manoir et la terre du Petit-Breil, en Sion — l'ancien auditoire converti au XVIème siècle en temple protestant et joignant dans le bourg de Sion une grande maison appelée la Châtellenie — le nouvel auditoire, les halles et la prison — la maison de la Maladrerie — le four à ban et le pressoir banal (tous ces édifices sis également au bourg de Sion) — les métairies de la Couloire, la Chesnardaye et la Lande — les moulins à eau sur la Chère, dits du Château et du Pont-Godelin — les moulins à vent de Limesle, du Cléray et de Quéneuc — les étangs de Limesle, du Maffay et de Lozeray — l'étang et le moulin des Landes. Ce qui précède formait la châtellenie de Sion, telle qu'elle subsista de 1663 à 1789 ; le tout était affermé, par bail général du 16 juin 1749, moyennant la somme annuelle de 5 500 livres (Déclarations de Sion en 1653, 1679 et 1754). Mais avant 1663 ce qui suit — demeuré après cette époque uni au marquisat de Fougeray faisait partie de la seigneurie de Sion : Les forges de la Hunaudière « avec leurs deux fonderies de fer, trois estangs, fourneaux, halles, magasins et logements pour les forgerons et le maistre des forges » — le manoir et la terre de Limesle « avec sa motte eslevée de terre, entourée de fossés pleins d'eau, et ses garennes » — la forêt de Thiouzé contenant douze cents journaux de terre en 1653 — les bois du Grippay, de Rieux, des Piquemères, de Rouge, des Minières, des Hunaudières et du Perray — une juridiction seigneuriale des eaux, bois et forêts avec un maître particulier et des sergents forestiers francs, etc.. (Déclarations de Sion en 1719 et 1747).

Finissons par quelques mots sur ce qui reste du château de Sion, élevé à un kilomètre au sud du bourg, type des forteresses du XIème siècle et détruit d'après la tradition, vers la fin du XIIIème siècle lorsque finit la branche aînée des sires de Sion. Voici ce qu'en disent les Déclarations de 1644 et 1679 : « L'emplacement d'un vieil chasteau ruisné où l'on voit à présent les douves, levées, attache de pont-levis et partie des forteresses d'iceluy, situé au proche la rivière de la Chère, et au pied duquel est un moulin à eau, nommé le moulin du Chasteau, avec un estang, les prés des Isles et un jardin sur l'emplacement d'une des tours dudit chasteau » (Archives de Loire Inférieure, B, 11e vol. 143) « L'emplacement du château de Sion — écrit au XIXème siècle M. Maitre — ne différait pas, il y a cinquante ans, de ce qu'il était au XIème siècle. Deux cercles de douves larges et profondes, tracées en fer à cheval, appuyaient leurs extrémités sur la rivière de la Chère et enserraient dans leur développement un terre plein qui fut rehaussé avec les déblais, jusqu'à cinq mètres pour supporter une construction très exiguë. Cette première motte qui formait le coeur de la place n'était rien par elle-même, toute sa force consistait dans la profondeur et la largeur du fossé qui l'entourait. Les vieillards de Sion ont pu voir, en dehors de la fortification et à côté, une énorme butte de terre en forme de cône qui avait été édifiée en avant pour servir de poste à un guetteur ; c'était une seconde motte, mais celle-là n'avait pas de douves. La rivière, barrée par une chaussée qui refoulait les eaux dans les fossés, formait un réservoir à poisson avec un étang et, créait tune chute d'eau pour un moulin. Telle était l'installation primitive de nos seigneurs, même quand ils utilisaient une fortification, antérieure : la double ceinture, l'étang et le moulin faisaient partie intégrante de la topographie » (Léon Maître, Géographie de la Loire-Inférieure, 383) (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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