Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue !

LA FAMILLE COETMEN

  Retour page d'accueil        Retour page "Seigneurs de Bretagne"     Retour page "Chateau de Tonquédec"  

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Généalogie historique des Sires de Coëtmen, vicomtes de Tonquédec, en Bretagne. 

ALAIN Bouchard disait : « Ceux de Coëtmen ont toujours été loyaux et vertueux chevaliers envers le duc ». Cette antique maison, dont le nom est à toutes les pages de l’histoire de Bretagne, ne figure cependant pas dans les recueils généalogiques.

C’est seulement après de longues recherches qu’il nous a été possible de retrouver un fil dans la suite des vicomtes de Coëtmen ; cette maison qui, à la fin du XVème siècle était réputée « la plus grande et première d’ancienneté, noblesse et extraction des éveschez de Cornouaille, Léon et Tréguier, yssue et partie de la baronnye d’Avaulgour », n’a pas été l’objet d’études sérieuses de la part des anciens annalistes de la province. Nous avons dû, par conséquent, fouiller les archives publiques et privées pendant plusieurs années, et attendre avec patience ces heureux hasards qui révèlent inopinément à l’antiquaire des documents égarés.

Ogé, dans son « Dictionnaire de Bretagne » a, suivant son habitude, multiplié des erreurs qui n’ont pas été rectifiées par ses modernes éditeurs. Feu M. de Fréminville et M. de la Bigne-Villeneuve ont simplement résumé les faits qui pouvaient être colligés dans les « Preuves » de D. Morice. M. de La Borderie a fait connaître ce que les aveux apprennent sur le fief de Tonquédec. Nous ne parlons pas de ce qui se trouve dans Dupaz ce ne sont que des notions assez vagues et qui d’ailleurs ne remontent qu’à des temps relativement modernes. Nous passerons également sous silence ce que nous avons publié, il y a plusieurs années, dans le « Bulletin monumental » de la Société française, dirigée par M. de Caumont, et dans le journal « La Bretagne Q. ». Les matériaux alors étaient encore trop peu nombreux pour que ces recherches fussent bien complètes. Nous constaterons seulement que quelques personnes ont bien voulu emprunter ce qu’il y avait de nouveau dans ces modestes recherches, en se gardant bien, peut-être pour ménager l’amour-propre de l’auteur, de mentionner les sources auxquelles on avait puisé. Dès le commencement du XVIème siècle, la généalogie historique de la maison de Coëtmen était peu claire : Gillette de Coëtmen, principale héritière, en 1516, faisait faire des recherches « pour manifester son extraction féminine pour ce qu’elle estoit moins cogneue à plusieurs personnages » (Note : Coll. des BL-Mant., LLXXVI, p. 74. Le mémoire est ainsi intitulé : « de la Généalogie des seigneurs d’Avaugour et de Couetmen, descendus et issus du roy Audran, quart roy d’Armorique, et du temps que l’assise au comte Geoffroy fut faicte et par luy ordonnée »). On faisait alors descendre les Coëtmen des comtes de Cornouaille (Collection des Blancs-Manteaux, t. XLVII, p. 398), puis du « roy Audran, comme puinés d’Avaugour », et on arriva à établir une généalogie qui nous a d’abord été communiquée par M. Pol de Courcy, et que nous avons ensuite retrouvée dans des papiers de la maison de Cahideuc. Nous aurons occasion de la rectifier sur plusieurs points.

Dès à présent, nous devons constater une source d’erreur que nous sommes peut-être les premiers à éviter : c’est que Coamen et Tonquédec étaient, dès l’origine, deux fiefs distincts, et qui, à certaines époques, ont appartenu à deux seigneurs différents. Coamen était un partage du Goëllo, donné par un aîné à son puîné. Tonquédec était fine circonscription féodale étrangère au Goëllo, arrivée par alliance dans la maison d'Avaugour.

Note : La terre de Tonquédec comprenait le fief de Tonquédec avec pour centre une motte féodale construite à proximité du château actuel daté du XIVème siècle et la châtellenies de Runefau ou Runfao. Le fief de Runfao, paroisse de Ploubezre, évêché de Tréguier, en qualité de châtellenie, fut tenu chronologiquement par les : - Coëtmen ; - Dinan, par mariage ; - Laval, par mariage, le 3 octobre 1450, de Françoise de Dinan et de Guy XIV de Laval ; - Montespédon, par héritage collatéral ; - Scépeaux, par héritage collatéral ; - Gondy, par mariage, vers 1620 ; - Boiséon.

GESLIN, fils puîné d'Henri d'Avaugour, comte de Penthièvre, et de Mathilde de Vendôme, eut en partage les terres qui formèrent la seigneurie de Coëtmen dont sa branche prit le nom : c’est lui qui peut être considéré comme fondateur du château de Coëtmen en Tréméven.

Il paraît dans les chartes de Beauport comme sénéchal de Goëllo, en 1220, et depuis cette date jusqu’en 1224, il partagea avec Lucas le Borgne, chanoine de Tréguier, la charge de tuteur de Henri d'Avaugour, son neveu, fils du comte Alain. Lorsque son pupille eut atteint l’âge de la majorité, Geslin devint l’un de ses premiers lieutenants ou vicomtes, le soutint vaillamment dans la lutte contre Pierre Mauclerc, et fut chargé de garder la forteresse du Guesclin en 1234. Le dernier acte dans lequel figure Geslin de Coëtmen est de 1235, à cette époque il était témoin dans l’enquête ouverte pour constater les privilèges souverains contestés par le duc aux sires de Léon et de Goëllo (Dom Morice, T. I, col. 883 et 886). Nous supposons qu’il vécut encore quelque temps, peut-être jusque vers 1250, parce que c’est alors seulement que son fils aîné changea son titre de vicomte de Tonquédec contre celui de vicomte de Coëtmen [Note : Dans l’enquête édifiée en 1495, par Fouquet de Rosmar, sénéchal de Lannion, alors qu’il s’agissait de constater tous les privilèges compétents aux sires de Coëtmen, les témoins s’accordent à affirmer que l’aîné de cette maison avait jadis épousé l’héritière de Tonquédec, « dont par les accordantes du mariage, il avoit retenu le nom et pris les armes » (Archives de Château-Goëllo). C’est sans doute à cause de cela que les sires de Coëtmen, du vivant de leurs pères, étaient qualifiés vicomtes de Tonquédec].

Note :  Geslin de Coëtmen serait entré en possession des terres de Tonquédec, suite, semble-t-il, à son mariage vers 1180 avec la fille d'un Prigent, vicomte de Tonquédec.

De . N... de Tonquédec, Geslin eut :

1.  Alain qui suit.

2. Hugues, chevalier, vivant en 1233 (Voir Anciens Evêchés de Bretagne, tome IV, p. 95).

3. Henri, chevalier, mentionné en 1231 ; il mourut en 1233 et fut enterré à Beauport (Voir Anciens Evêchés de Bretagne, tome IV, p. 91 et 95). 

Note : on mentionne encore comme enfants les filles : Agnès de Coëtmen et N. de Coëtmen. D'après Dom Morice, N... de Tonquédec était riche au temps de ce dit mariage de plus de dix mille livres de rente, ainsi qu'il se trouve par les livres et rentiers anciens avec les chartes de l'yssue et partage des filles de ladite maison des Coëtmen.

ALAIN portait dès 1231 le titre de vicomte de Tonquédec du vivant de son père : des actes de Beauport furent souscrits par lui en 1232, 1233, 1239 et 1253. Quatre ans après, et comme vicomte de Coamen il était pleige du sire d'Avaugour, alors que celui-ci empruntait à l’abbaye de Beauport une somme assez considérable : il vivait encore en 1260, ainsi qu’il résulte d’un acte du pape Alexandre IV provenant des archives de la même abbaye (Voir Anciens Evêchés de Bretagne, tome IV, p. 91, 95, 108 et 139).

Il mourut le 6 des ides d’août..., laissant de sa femme, Constance de Léon (ou Vitré) :

Note : A l’appui de notre opinion, nous pouvons invoquer l’enquête de 1486, qui donne la description des blasons peints dans la maîtresse vitre de la collégiale de Tonquédec. On remarque qu’au sommet de la vitre étaient les blasons de Geslin et de sa femme, chacun sur une bannière, l’une aux armes d'Avaugour, l’autre aux armes de Tonquédec : en-dessous, l’enquête mentionne quatre écussons parti chacun, de Tonquédec et d’un blason différent, savoir : le 1er de Léon, le 2ème de Craon, le 3ème de Laval et le 4ème de Montafilant, en ajoutant que ces armes sont celles des quatre premières vicomtesses de Tonquédec. Suivant nous ces blasons indiquent clairement les alliances des quatre premiers vicomtes, Alain, Pierre, Prigent et Rolland Ier.

1. Prigent qui suit.

2. Alain, chanoine de Beauport, et recteur de Plouha en 1260 (Voir Anciens Evêchés de Bretagne, tome IV, p. 160).

3. Jean, mort en 1307, d’après l’obituaire des frères prêcheurs de Guingamp.

4. Pierre, vicomte de Tonquédec, mort sans laisser de postérité, avant son frère Jean, et dont l’héritage, par suite du droit de représentation, fut recueilli par son neveu Rolland de Coëtmen dont nous nous occuperons bientôt.

Note : Enquête de 1341 faite au sujet des droits de Charles de Blois, ap. Bl.-Mant., vol. 73, t. II, f° 117 et seq. - D. Lobineau, I, p. 316. — Il se pourrait que Pierre de Coëtmen, d’une fille de la maison de Craon, nommée Constance, n’ait eu qu’une héritière, Amette qui fut la femme de Guillaume fils d'Hervé de Penhoët, à la suite d’un enlèvement. En 1311 et en 1315, le Parlement de Paris s’occupa longuement de cette affaire. Cf. les Olim, III, 2ème partie, § lX et LXVII. — Le vicomte Pierre mourut peut-être en Palestine, car en 1270, nous remarquons que le duc Jean prêtait, à l’occasion de la croisade, 100 livres tournois au vicomte de Tonquédec, qui ne doit pas être confondu avec le vicomte de Coëtmen, son frère. D. Morice, T.1. col. 1008.

PRIGENT, vicomte de Coëtmen, s’acquittait, en 1274, de la dette de 400 livres qu’il avait contractée auprès du duc de Bretagne pour son expédition en Palestine (D. Morice, T. I, col. 1007) : en 1298 il était en procès avec son souverain au sujet de ce qu’il avait à réclamer dans la succession du dernier vicomte de Léon, du chef de sa femme Anne ou Emmette de Laval (ou Anne de Montmorency-Laval), et pour le satisfaire, le duc lui donnait 3,000 livres (Voir D. Lobineau, I, 288 - Chron. de Vitré, p. 48 - Bl. Mant. T. XLVII, p. 420).

Ici se présente une rectification à faire : la plupart des historiens répètent qu'Anne de Laval était fille d'Hervé de Léon et de Catherine de Laval : on ne comprend pas cette confusion de noms qui est d’autant plus choquante que le sceau d'Anne porte très-distinctement les armes de Laval et non celles de Léon (Voir D. Morice, planches, T. I, n° 121 et 122) ; les tombeaux de cette dame et de son époux, dont nous parlerons dans un instant, fournissent, ainsi que les vitraux de la collégiale de Tonquédec, le même renseignement héraldique.

Note : « La grande vitre y estante en laquelle sont....... en la seconde partie des dates tierces armes, les armes de Laval qui sont d’or à seize esglets d’azur, à une croix de gueules à cinq croizilles d’argent ». Enquête de 1486. 

Il nous semble que toute incertitude cesse du moment que l’on observe que Gui Vade Montmorency, comte de Laval, mort en 1267, eut de sa première femme, Philippe de Vitré, deux filles, Catherine, dame de Landauran, épouse de Hervé, vicomte de Léon, et Emmette à qui, dans son testament, il léguait 300 livres à prendre sur ses terres de Laval et de Vitré : c’est évidemment cette Emmette de Laval qui devint vicomtesse de Coamen, et qui, héritant de sa soeur Catherine, vicomtesse de Léon, donna à Prigent les droits qu’il faisait valoir en 1298.  Prigent et Emmette furent enterrés en l’abbaye de Beauport, dans une chapelle qui, jusqu’à la Révolution, fut désignée sous le nom de « chapelle du Vicomte » ; elle se trouvait dans une partie de l’église abbatiale qui a complètement disparu. 

Note : Prigent de Coëtmen vivait encore en 1308, d’après une charte de Bégard. Emmette ou Anne de Laval était décédée en 1343 et avait pour héritier Rolland de Dinan. En 1330, alors dame de Landauran près de Vitré et Landegonnet, elle avait fondé dans la cathédrale de Saint-Brieuc, la chapelle de N.-D. de La Serche.

On y voyait « ungn enfeu et sépulture enlevée sur lequel sont pourtraictz, savoir la pourtrecture du viconte de Quoitmen, aiant sous la teste ungn oreiller a deux ymaiges d’anges d’un costé et d’aultre de sa teste, et ungn lyon, le tout de piastre fort magnifique et d’ancien temps comme apiert par la veue d’iceulx. Sur la pourtrecture duquel viconte y a ungn Brant escu de ses armes du blason susdit qui est de gueules a annelez d’argent. Et tout a l’entour de celle tombe y a escuz d’armes que l’on ne peut blasonner pour l’antiquité d’elles. Et a costé de luy y a la pourtrecture d’une dame de Quoitmen, et est la voix commune en celles parties que elle esloit fille du conte de Laval et avoit esté inhumée audit enfeu jouxte son seigneur et mary espoux » (Enquête de 1486).

ROLLAND Ier de Coëtmen, fils du précédent, ayant hérité de son oncle, fut vicomte de Tonquédec du vivant de son père : en 1284 il était pleige du sire d'Avaugour, et dix ans plus tard figurait dans l’ost ducal comme devant fournir cinq chevaliers (D. Morice, T. I, 1066 et 1113). Il posséda peu de temps le fief de Coëtmen puisqu’il était déjà mort en 1311, époque à laquelle sa veuve, Alix, de la maison de la Rochejagu (Roche-Jagu) donnait à Beauport trois rais de froment sur ses dîmes de Lannevez, à charge de célébrer un service annuel. 

Note : Nous pensons qu'Alix dame de Lannevez, appartenait à la famille de la Rochejagu (Roche-Jagu), parce que sa donation de 1311 était faite avec l’assentiment de Richart de la Rochejagu, probablement son père ou son frère.  

De leur mariage naquirent :

1. Gui (Guyon), vicomte de Coëtmen, décédé sans postérité en 1330 (Obiit des Frères Prêcheurs de Guingamp : "MCCCXXX, 5 cal. Apr. obiit generosus vir dominos Guido vicomes de Quoetmen").

2. Rolland II qui suit.

3. Prigent qui paraît ne pas avoir laissé d’héritiers de sa femme Eugénie (Obiit de Beauport).

On donne généralement à ROLLAND II une femme de la maison de Quintin, Jeanne, fille de Geoffroi (seigneur de Quintin) et de N. Aliènor : nous pensons plutôt qu’il épousa Marie de Kergorlay, décédée en 1362 [Note : « mccuxii. 12 col. aug. Obiit domina Maria de Guergolé consors domini vicomitis de Quoetmen ». Obit. des frères prêcheurs de Guingamp. S’il était prouvé que Rolland II avait épousé une Quintin, on devrait peut-être penser que Marie de Kergorlay, était la veuve du vicomte Gui] : l’expression de consors employée par l’obituaire des frères prêcheurs de Guingamp semble indiquer en effet qu’à cette date son époux vivait encore. 

Il ne nous a pas été possible de déterminer la date de la mort de Rolland II : nous notons seulement que dans l’histoire de Bretagne le dernier événement dans lequel il paraît est la bataille d'Auray en 1364, où il fut fait prisonnier : précédemment, en 1346, il commandait un corps de l’armée de Charles de Blois contre le capitaine anglais Thomas d’Aigworth ; en 1351 nous le trouvons à la suite du sire de Beaumanoir, et l’année suivante aux Etats de Dinan, convoqués par la comtesse de Penthièvre (D. Morice, T. I, 1472, 1486, T. II, 324).

JEAN Ier de Coëtmen, fils de Rolland II, n’eut la vicomté de Coëtmen et le fief de Tonquédec que de 1364 à 1371 : à cette dernière date, il assistait à la cession de Guemené-Guégant faite au duc par Jeanne de Rostrenen, le 29 mai, et peu après il était mort puisque son fils Rolland III avait succédé à ses titres féodaux (D. Morice T. I, 1667). Jean, vicomte de Langarzeau (vers 1310-1371, fils de Rolland de Coëtmen et de Jeanne de Quintin) avait épousé, en 1340, Marie de Dinan (dame de Goudelin, née en 1316), fille de Rolland III, sire de Montafilant et de Thomasse de Châteaubriant qui, suivant une chronique du XVIème siècle, apporta en dot les fiefs de Runefau (Runfao) et de Goudelin (Voir Blancs-Manteaux, T. XLVII, p. 391 et seq.). D’après le contrat de mariage qui nous est parvenu à peu près intact, Marie de Dinan eut les terres provenant de la succession de Anne ou Emette de Laval qui étaient alors débattues entre les sires de Coëtmen et de Montafilant (Voir Blancs-Manteaux, T. XLVII, p. 415). De l'union entre Jean de Coëtmen et Marie de Dinan naquirent trois enfants : Rolland (ou Roland) III de Coëtmen, vicomte de Tonquédec ; Catherine de Coëtmen, vicomtesse de Langarzeau ; et Geoffroy de Coëtmen, seigneur du Bois-Guézennec.   

ROLLAND III, en 1371 , servait comme simple chevalier sous le sire de la Hunaudaie et le connétable Duguesclin, lorsqu’il succéda aux fiefs paternels, et, en cette qualité prêta serment au duc de Bretagne (D. Morice, T. I, 1656, T. II, 33) ; il mourut en 1423 (Note : des actes de 1423 et 1425 sont donnés par sa veuve comme dame de Lézerec et de Kerousec, Voir Bl.-Mant. T. XLVII, p. 446 et 560).

Rolland, jusqu’en 1420, prit une part active aux événements si compliqués qui se passaient dans la province, en se montrant fidèle à la maison de Penthièvre (Dom Morice, T. II, 198, 234, 279). Il fut au premier rang des barons qui rappelaient le duc Jean le conquéreur pour repousser l’invasion française, et le recevaient solennellement à Dinan ; il assistait à la ratification du traité de Guérande (1381), figurait dans les guerres de Flandre (1383), assistait à Tours à l’hommage fait au roi de France par le duc de Bretagne (1391). En 1386, il avait à répondre devant le Parlement au sujet de vexations dont se plaignait l’évêque de Tréguier (Dom Morice, T. I, 64, 66, T. II, 214, 218, 277, 348, 437, 523). Le vicomte de Coëtmen, en 1394, combattit le duc, son suzerain. Son dévouement héréditaire à la maison de Penthièvre, dont il se considérait toujours comme membre, l’avait placé sous la bannière du connétable de Clisson. Il commença par attaquer Jean de Coatalez, capitaine de Châteaulin, pour le duc, puis vint s’enfermer dans la forteresse de la Roche-Derrien, où bientôt il fut assiégé par le duc lui-même. Voyant que la défense ne pouvait pas se prolonger bien longtemps, le vicomte demanda à capituler et sortit de la place entouré de ses compagnons d’armes. Arrivé devant le duc, il se découvrit et lui adressa ces paroles : « Prince illustre, et redouté seigneur, nous venons vers vous, notre souverain, demander merci pour les atteintes que depuis trop longtemps, hélas ! nous avons portées par notre rebellion, à votre excellente majesté, à vos droits souverains, et aux libertés de votre duché. Vous nous voyez, agenouillés devant vous, implorer votre clémence ».

Satisfait d’en être quitte à si bon marché, et de voir les longueurs du siége ainsi abrégées, le duc s’empressa d’accepter la soumission des rebelles : Rolland n’eut rien de plus pressé que de venir aussitôt rejoindre Clisson à Saint-Brieuc, où il était en juin, alors que le duc venait y assiéger le connétable. Nous n’avons pu trouver dans quelles circonstances, le vicomte de Coëtmen avait été fait prisonnier : il est certain qu’il recouvra la liberté, sans rançon, en 1395, par suite d’une sentence arbitrale du duc de Bourgogne : on lui rendit alors son château de Tonquédec, que le duc avait saisi et confié à la garde de Hervé de Juch, mais il fut préalablement demantelé « pour certaines et justes causes » que les événements que nous venons de résumer expliquent suffisamment.

Rolland ne cessa plus, ensuite, de servir fidèlement son souverain dont il devint conseiller et chambellan : en 1408, il recevait mille livres pour l’aider à réparer Tonquédec. Nous le voyons en 1402, au nombre des barons qui s’opposaient énergiquement aux prétentions du duc d'Orléans, qui voulait enlever les enfants de Jean IV, mort en 1399 ; et en 1420 prendre parti contre les Penthièvre lorsque ceux-ci eurent attiré le duc de Bretagne dans un guet-apens (Dom Morice, T. I, 71, 73, 86, T. II, 634, 649, 816, 1060, 1104, 1113).

De Jeanne Gaudin , fille du sire de Martigné-Ferchaut, Rolland III eut :

1. Rolland qui suit ;

2. Beatrix, épouse de Guillaume de Penhoët, seigneur de Kerimel et de Coëtfec, décédé le 17 mars 1473.  

Note : Une partie de la succession de Guillaume de Penhoët, revint plus tard à Olivier de Coëtmen, sgr. de Plestin. D’après un compte de l’évêché de Tréguier, en 1470, Jean de Penhoët, fils de Béatrix de Coëtmen, devait au prélat 10 sous sur « le courtil à l'asne en la rue de la Perdrix », 3 sous sur une étable provenant de sa mère et sise rue de Plouguiel, enfin 20 sous sur un « ostel sis rue du Corguest ».

ROLLAND IV conseiller du duc, prit part à la ratification du traité de Troyes, ainsi qu’au serment des nobles de Bretagne en 1437, et tint en 1469, les monstres de l’évêché de Tréguier (Dom Morice, T. II, 201, 1201, T. III, 116).

Au Parlement de Bretagne il se fit remarquer par ses discussions réitérées, au sujet de la préséance qu’il entendait disputer au sire du Pont et de Rostrenen : ce différend resté sans solution aux différentes tenues d'Etats, n’eut de terme que sous le fils de Rolland IV, probablement lorsque Coëtmen eut été érigé en baronnie (D. Morice T II, 1577, 1631 ; Bl. Mant. T. XLVII, p. 451) ; nous le voyons aussi en procès avec le commandeur de la Feuillée en 1440, et l’abbaye de Bégard en 1445.  Il épousa Jeanne de Penhoët fille de Guillaume et de Jeanne de Fronsac, qui semble être décédée avant 1451, puisqu’à cette date Rolland IV était tuteur de ses propres enfants. On lui donne pour seconde femme Jeanne du Plessis-Angier, lui-même mourut en 1470, laissant plusieurs enfants.

1.  Olivier sire de Landegonnet mort du vivant de son père sans laisser d’héritiers d'Anne de Keranrais, avec laquelle son frère était en procès en 1478 (Dom Morice, T. II, 1201, T. III, 121, Bl.-Mant. T. XLVII, P. 451).

2. Jean qui suit.

3. Rolland sire de Goudelin, mort avant 1492 (Dom Morice, T. III, 1217, Bl. Mant. T. XLVII, p. 443).

4. Charles sire de Plestin et Lézérec (Dom Morice, T. III, 121, 271, 664, Bl. Mant. T. XLVII, p. 445).

5. Olivier sire de Plestin, en 1485, après son frère, conseiller et chambellan, gouverneur d'Auxerre, ayant la charge de cent lances, d’abord commandées par M. du Ludes ; il fut aussi grand-maître de Bretagne et mourut en 1509.

Note : Dom Morice, T. III, 303, 411, 682. En 1473, il hérita d’une partie des biens de Guillaume de Penhoët, son oncle (compte de Roll. de Rosmar, receveur de Guingamp, f° 73) : voy. aussi Bl.-Mant., T. 76, vol. 2, p. 74 et T. 47, p. 586 : son testament en 1503 est mentionné à la p. 428. Jean d’Acigné son neveu hérita de lui en 1509, ainsi qu’il résulte du compte de Henri de Kermel receveur de Guingamp, f° 21.

6. René prévôt de la collégiale de Tonquédec (Voir Bl. Mant. T. XLVII, p. 445).

JEAN II vicomte de Tonquédec et baron de Coëtmen. La première mention que nous remarquons de ce banneret dans les actes de Bretagne, nous le fait connaître sous le titre de « sire de Chateauguy » : quelques années avant la mort de son père il portait le nom de « sire de Tonquedec ». Peut-être prit-il cette dernière dénomination féodale seulement après la naissance de son propre fils appelé lui-même « sire de Chateauguy ».

Dès 1457, Jean était écuyer résidant à la cour ducale, puis il servait sous les ordres du maréchal de Malestroit ; il devint vers 1461 gendarme des ordonnances et commandant de 49 hommes d’armes ainsi que de 277 archers (Dom Morice, T. II, 1722, 1725, 1728, 1777 ; T. II, 121, 125, 139, 144, 145). Il était déjà chambellan lorsqu’il héritait de son père en 1471. Successivement membre du conseil, puis grand-maître d’hôtel, le vicomte de Coëtmen tint les monstres de 1474, 1475, 1476, 1477, 1481 et 1483. Il était chargé en 1472 d’inspecter les fortifications de la ville de Dol (Dom Morice, T. III, 201, 229, 239, 282, 294, 295, 323, 331, 402, 409, 432, 462).

Jean de Coëtmen se trouva mêlé aux dissensions qui naquirent de la haine vouée par la noblesse bretonne, à Pierre Landais, ministre de François II.

De 1460 à 1485, Pierre Landais eut toute la confiance du duc de Bretagne, dont il dirigeait les finances et le gouvernement : cette faveur dura à peu près sans partage jusqu’en 1482 date de la mort lamentable du chancelier. La noblesse bretonne se souleva alors et tenta, par la violence, de renverser un favori qui devenait par trop puissant.

Jean de Coemen était parmi les barons qui essayèrent d’intimider le duc, et qui tentèrent franchement la lutte. Il se trouvait à Ancenis en 1484, lorsque les nobles conjurés prenaient un parti dans lequel ils n’hésitaient pas à sacrifier l’indépendance nationale à leur amour-propre personnel. Le duc effrayé abandonna son ministre et retrouva aussitôt autour de lui une noblesse dévouée, mais peut-être trop avide de rémunérations pécuniaires et de dignités.

Note : Dom Morice, T. III, 433, 446, 457, 471. Nous ne pouvons nous empêcher de déplorer, pour l’honneur de la noblesse bretonne, le traité de Montargis (22 oct. 1484), par lequel les seigneurs, en haine de Landais, décidaient qu’après la mort de François II, la couronne reviendrait au roi de France par suite de la cession de Nicolle de Bretagne : remarquons néanmoins qu’ils réservaient les libertés et franchises de la province. L’intérêt privé faisait adopter alors une mesure par ceux-là même qui, plus tard, devaient la combattre énergiquement. 

En 1487, le duc était affaibli par l’âge et surtout par la maladie ; sa santé chancelante éveillait les ambitions de tous ceux qui songeaient à faire valoir des droits plus ou moins contestables sur la couronne de Bretagne, dès qu’il aurait rendu le dernier soupir. 

Note : Parmi les compétiteurs figuraient chacun dans leur propre intérêt, le baron d'Avaugour, le prince d'Orange, le sire d'Albret, le vicomte de Rohan, le duc d'Orléans, et enfin le roi Charles VIII en personne, qui était poussé par Anne de France, dame de Beaujeu et duchesse de Bourbon.  

Au mois de mai, trois armées françaises entraient dans la province ; le duc alors à Vannes, se retirait vers Nantes où La Trimouille l’assiégeait inutilement du 19 juin au 26 août. 

Dans cette circonstance, le vicomte de Coëtmen seconda vaillamment son souverain : nous voyons ses services et son dévouement authentiquement constatés dans la charte qui, au mois de septembre 1487, érigeait Coëtmen en baronnie ;

Note : D. Morice T. III, 551 et seq. : « Aussi iceluy vicomte detout son temps et singulièrement cette présente année, que le roy a pris intelligence avec plusieurs et la plupart des barons et nobles de nostre pays, nous a invadé et assailli à puissance d’armes et fait la guerre en nostre pays, tendant à la totale destruction d’iceluy ; ne voulant ensuivir l’entreprise dudit roy et sédition faites desdits barons et nobles à laquelle ils l’ont à toute leur puissance voulu persuader par dons et promesses, menaces, terreurs et épouvantements ; mais comme nostre bon et loyal vassal en ensuivant l’ordre de ses progéniteurs nous accompagner et servir à la défense de nostre dit pays et duché, s’est toujours tenu avec nous durant ladite guerre et le siège qui devant nous et nostre ville de Nantes, a esté mis et assis par les François : en quoi il a employé corps et biens, et qu’il a frayé et despensé de son bien en grande abondance et largesse, et en sa compagnie sont venus et rendus en nostre service les fils et frères, etc. ».

Jean de Coëtmen souhaitait vivement arriver à cette prééminence ; car, dès l’année précédente, il faisait faire partout des enquêtes dont le but évident est de faire constater ses droits et privilèges héréditaires, ainsi que l’illustration et l’antiquité de sa race ; les services rendus au siége de Nantes, accélérèrent peut-être l’accomplissement des promesses faites lorsque la mort de Landais eut rallié le prince et ses grands vassaux. En 1487, le duc donna au vicomte de Coëtmen la châtellenie de Minibriac, en se réservant le droit de la racheter au prix de 15000 livres : l’année précédente, comme capitaine de Guingamp, Jean avait nommé Raoul de Kerousy son lieutenant en cette ville (D. Morice, T. III, 508, 610, 660). 

Le nouveau baron eut encore de hautes missions à remplir, vers la fin de sa vie : ainsi il allait en ambassade vers le roi de France en 1488 ; l’année suivante on le trouve désigné pour se rendre au devant des ambassadeurs venus d'Angleterre, enfin en 1491, il allait lui-même en Angleterre avec son fils et sa bru (D. Morice, T. III, 583, 617, 657, 704).  

Jean de Coëtmen mourait en 1496, laissant de Jeanne du Pont (épousée en 1458) fille du sire du Pont (Jean du Pont, seigneur du Mont-en-Léhart) et Rostrenen (Marguerite Rostrenen, dame héritière de Keroberan) un fils mort peu avant lui, et trois filles. Par son testament fait la même année, il désignait sa sépulture dans la collégiale de Tonquédec. 

Note : Blancs-Manteaux. T. XLVII, p. 445. D’après un acte des archives des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor), Jean en 1493, s’occupait de mettre de l’ordre dans ses affaires et de rembourser les sommes qu’il avait empruntées à l’occasion des dernières guerres. En 1495, le roi retranchait 200 livres sur sa pension, alors que les frais de la conquête du royaume de Naples nécessitaient quelques économies (D. Morice, T. III, 753). Jean II est le dernier vicomte de Tonquédec du nom de Coëtmen.

1. Louis d’abord sire de Chateauguy, puis sire de Tonquédec, épousa Françoise Péan dame de la Rochejagu et Grandbois, fille de Pierre Péan et de Marguerite de Coëtquen ; devenue veuve sans enfants, elle épousa en secondes noces Guillaume d'Acigné.

Jean de Coëtmen avait enlevé Françoise Péan, afin, par un mariage, d’ajouter à ses domaines les fiefs de la maison de La Rochejagu : dès 1490, elle accompagnait en Angleterre son beau-père et son époux (D. Morice, T. III, 704) ; trois ans après, cependant, le sire de Coëtquen ayeul maternel de Françoise et sa mère Marguerite de Coëtquen, la réclamaient en alléguant qu’ils ne voulaient pas consentir au mariage, et qu’ils entendaient que leur pupille entrât dans la maison de la reine. Gilles de Couvran, en 1493, recevait du roi, l’ordre de s’emparer de la dame de Tonquédec, mais Jean et Louis de Coëtmen, parvinrent à établir qu’il n’y avait pas eu enlèvement, et que le mariage avait été régulièrement célébré (Voir Blancs-Manteaux, T. LXXVI, vol III, p. 71, T. XLVI, p. 456).

Fidèle au duc pendant la lutte que celui-ci eut à soutenir contre plusieurs de ses barons, Louis de Coamen défendit Guingamp dont son père avait le commandement : non content de garder la place contre le vicomte de Rohan et les sires de Plusquellec et du Pont, il sut dans une sortie heureuse les surprendre dans l’abbaye de Bégard, et faire prisonniers les principaux d’entre eux : ce fait d’armes parut tellement important que le sire de Chateauguy en reçut de nombreuses et chaudes félicitations, tant du sire de la Hunaudaie (Hunaudaye), que du chancelier et du grand-maître de Bretagne (Dom Morice, T. III, 541, 547, 575, 664, 701, 725, 753).

Chateauguy suppléait son père en 1488 pour tenir les monstres de Tréguier, l’année suivante il était qualifié sire de Tonquédec : c’est sous ce nom qu’il faisait avec son père et sa femme le voyage d'Angleterre en 1490, et qu’il recevait une pension sur laquelle, en 1495, on retranchait 200 livres à cause de la guerre d'Italie.

Note : Au décès de Louis de Coëtmen vers 1492, son épouse Françoise Péan (dame de la Roche-Jagu) épouse le 13 mars 1494 Guillaume d'Acigné (seigneur de la Villemario en Saint-Quay-Portrieux), fils de Jean d'Acigné (vers 1430-1497) et de Béatrice de Rostrenen (vers 1432-1501). De leur union naissent plusieurs enfants : 

Acigné (d'), Jacques seigneur de Grand-Bois
Acigné (d'), Louis abbé de Rellec
Acigné (d'), Pierre chanoine de Nantes Sexe: Masculin? chanoine et trésorier de Rennes et de Nantes
Acigné (d'), Jean 
Acigné (d'), François
Acigné (d'), Charles 
Acigné (d'), Marie
Acigné (d'), Marguerite

2. Gillette, épouse en 1487 (ou 1495), de Jean I sire d'Acigné, seigneur de Fontenay (vers 1452-1525) : elle hérita de la baronnie de Coëtmen, et des autres fiefs paternels. Née vers 1465, elle décède en 1520 en laissant plusieurs enfants : Jean d'Acigné, baron de Coëtmen ; Pierre d'Acigné, seigneur de Fontenay ; Marie d'Acigné ; et Gilette ou Julienne d'Acigné. 

3. Marguerite épouse en 1498, de Pierre de la Marzelière : en 1521 elle faisait son testament par lequel elle léguait au sieur de la Moussaye, une partie de sa vaisselle: en 1523 elle était veuve et plaidait contre Renaud de la Marzelière (Voir Blancs-Manteaux, T. XVI, 506). 

4, 5 et 6. Louise, Marie et Anne. Cette dernière épouse le 5 octobre 1505 Geoffroy de Coëtlogon (fils de Jean Coëtlogon et de Louise du Parc de Locmaria), mentionnées dans le testament de leur père, et sur lesquelles je n’ai recueilli aucun détail important.  A dater de l’entrée des biens de Coëtmen dans la famille d'Acigné, l’historien n’a plus rien à glaner : ces fiefs sont confondus avec les nombreuses propriétés de seigneurs qui ne résident plus en Bretagne, ou au moins en Goëllo.

Note : Julien de Coëtlogon, seigneur de la Plesse (fils de Geoffroy de Coëtlogon et Anne de Coëtmen) épouse le 17 octobre 1536 Anne Le Rouge, dame de Kerberio (fille de Gilles Le Rouge et de Jeanne de Romelin).

Jean II d'Acigné, fils de Jean et de Gillette de Coëtmen, mort en 1539, épousa Anne de Montejean (dame de Combourg) : il eut deux enfants, Jean III et Claudine. Le premier eut la baronnie de Coëtmen, sa soeur eut le vicomté de Tonquédec.

Note : Un compte de tutelle rendu par Anne de Montejean, nous donne le détail des immenses propriétés de Jean d’Acigné ainsi que de leur valeur. C’étaient : « la terre d’Acigné 1500 livres ; la Lande, les Uguetières et Chauvières 700 livres ; Loeat 800 liv. ; Landegonnet 800 liv. ; Lezerec 200 liv. ; Chef du Pont 120 liv. ; Plestin et les sécheries de Cornouaille 100 liv. ; Fontenay 200 liv. ; Guer 400 liv. ; la baronnie de Coëtmen 800 liv. ; Goudelin 200 liv. ; Lezguerbau 400 liv. ; la vicomté de Tonquédec 200 liv. Il faut aussi compter la châtellenie de Saint-Aubin-du-Cormier, et la forêt de Rennes et Liffré donnée par le duc à Jean I. — Celui ci eut une fille nommée Marie, qui épousa Jean de Créqui, seigneur de Canaples et eut en dot les fiefs de Boisjoly et de Cordemer, représentant une somme de 28000 livres »

Jean III (vers 1525-1573), épousa en 1560 Jeanne Du Plessis (fille de Jean du Plessis, seigneur de Saint Mesmin, et de Renée de Coësmes, vicomtesse de Saint-Nazaire) : il mourut en 1573, ne laissant qu’une fille nommée Judith, qui porta ses biens dans la maison de Cossé-Brissac. 

Voici la liste des barons de Coëtmen depuis la mort de Jean III :

Judith d'Acigné (héritière de Malestroit et de Châteaugiron) épouse le 12 septembre 1579 Charles II de Cossé (1550-1621), duc de Brissac.

François de Cossé-Brissac (1585-1651), duc de Brissac et baron de Malestroit et de Châteaugiron, marié le 17 février 1621 à Guyonne Ruellan (1610-1672).

Louis de Cossé-Brissac (1625-1661), duc de Brissac et baron de Malestroit et de Châteaugiron, marié le 3 mai 1644 à Marguerite de Gondi (1615-1670). Louis de Cossé-Brissac et Marguerite de Gondi (ou Gondy) vendent le 30 juillet 1657 le marquisat d'Acigné à René, fils de Jean Lambert (seigneur de Lesmon).

Henri-Albert de Cossé-Brissac, fils de Louis de Cossé-Brissac et Marguerite de Gondi.

Le 28 mars 1662, Marie-Marguerite de Cossé-Brissac (1648-1708), fille de Louis de Cossé-Brissac et Marguerite de Gondi, épouse de François de Neufville, duc de Villeroy.

Louis-Nicolas de Neufville (1663-1734), duc de Villeroy. Il épouse le 23 avril 1694 Marguerite Le Tellier de Louvois (décédée en 1711).

Louis François Anne de Neufville (1694-1766), fils de Louis-Nicolas de Neufville et de Marguerite Le Tellier. Il est dit duc de Retz et de Villeroy.

Le sieur de Talhouët de la Pierre, maître des requêtes, par acquisition.

En 1737, la baronnie de Coëtmen, fut rachetée par le descendant d’une branche cadette de l'antique maison de ce nom : c’était Alexis René de Coëtmen (1678-1751, fils de Jean-Baptiste de Coëtmen et de Madeleine Chrestien de Tréveneuc), brigadier dans les armées du roi et commandant dans les quatre évêchés de Bretagne, ainsi que de la ville et château de Brest. Note : Alexis de Coëtmen descendait d’une branche dite de Boisguezennec ou Bois-Guézennec (Geoffroy de Coëtmen, seigneur du Bois-Guézennec, vers le milieu du XIVème siècle), issue, croit-on de Rolland II. Le nouveau baron réclama son rang aux Etats, car depuis longtemps l’éloignement des titulaires l’avait fait oublier : remarquons en outre que le sieur de Talhouët qui venait de vendre la terre, n’était pas d’une naissance assez élevée pour avoir pu posséder Coëtmen à titre de baronnie. La requête accueillie favorablement par le bureau en 1738, et reconnue valable par le roi l’année suivante, était contestée par les Etats en 1742 (Voir Blancs-Manteaux, T. LXXXVI, vol. 2, p. 88 et seq.).

Alexis René, dit le marquis de Coëtmen, eut de son mariage avec Julie de Gouyon, deux filles : Julie qui porta Coëtmen dans la maison de Rougé, qui en est encore aujourd’hui propriétaire en grande partie, par son mariage, en 1748, avec Pierre François, marquis de Rougé ; une autre fille, Marie, dame de Kergadiou (1734-1773), qui épousa en 1759, un fils de La Chalotais (Raoul de Caradeuc, 1728-1794), procureur-général au Parlement de Bretagne. 

(extraits tirés d'A. de Barthélemy)

 © Copyright - Tous droits réservés.