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SAVENAY

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La commune de Savenay (pucenoire.gif (870 octets) Savenneg) est chef lieu de canton. Savenay dépend de l'arrondissement de Saint-Nazaire, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAVENAY

Savenay vient de l'anthroponyme latin "Sabinus" et du suffixe "acum" (propriété).

Savenay est une position stratégique qui domine l'estuaire. Elle se trouve naturellement sur l'une des voies les plus importantes, celle de Portus Namnetum (Nantes) à Dartoritum (Vannes) via Grannona (Guérande) et par une voie secondaire relie Condate (Rennes) via Blabia (Blain).

Le nom primitif de la cité est Saviniacum. Il accuse une origine romaine. Longtemps après que les Romains eurent été chassés de la Gaule, nous retrouvons Savenay désigné sous le nom de Plebes Condita Savannaco.

Savenay n'a, pour ainsi dire, pas d'histoire ancienne. Quelques lignes du Cartulaire de l'abbaye de Redon mentionnent le nom au Xème siècle, mais ce n'est qu'une mention sans importance. Nous apprenons seulement par elles qu'un certain Aganfred et son épouse Warburge vendirent au monastère de Redon une maison nommée la Fontaine Abrine avec un pré et une vigne, le tout situé dans la paroisse de Savenay, in condita Savenaco. La Roche en Savenay figure, de son côté, comme baronnie dans des actes du XIVème siècle, et elle même désignée comme vicomté dans la vente qu'en fit Gilles de Retz (ou Rais) à Hardouin de Breil, évêque d'Angers, en 1435. Antérieurement, la Roche-en-Savenay avait appartenu aux seigneurs de la Roche-Bernard, puis par alliance à la maison de Thouars et à celle de Laval qui était celle de Gilles de Rais. Après Hardouin de Breuil, elle revient aux Laval, et passe ensuite aux Rieux (Voir Cornulier - Dictionnaire des terres, p. 249).

Savenay par sa position entre Nantes et Guérande a du se ressentir des raids Vikings notamment en 843, elle a pu être saccagé par les Normands, si on admet comme vraisemblable que l'île d'Er en la commune de Donges fut le lieu où ils se retirèrent pour partager leur butin, après le pillage de Nantes.

Le territoire de Savenay a été évangélisé au Xème siècle par les disciples de saint Martin de Vertou, auquel l'église est dédiée. A l'époque féodale, la vie se concentre autour des châteaux du Matz, de L'Oisilière (ou L'Oisillière), de La Touchelais, La Férais et Coëtbic ou Coëtroz. Le Matz (dont il ne reste que des ruines) fut la seigneurie des familles Montauban, Rieux, Lopriac, Kerhoent, Coislin et de Soussay. La vie religieuse se développe autour de l'église Saint-Martin et des chapelles de La Moère, des Cordeliers et des Cordelières.

La première paroisse de Savenay regroupait le Nord de la Chapelle Launay, Savenay, Lavau et Bouée. Dans le courant du XIIème siècle nous trouvons un grand nombre d'actes contenant des donations et des ventes consenties aux moines de Blanche Couronne et de Buzay de diverses propriétés situées sur le territoire de Savenay entre autres celle de la Moëre. Au XVème siècle, Jean V, duc de Bretagne, y fonde le couvent des cordeliers et Jean de Châteaugiron crée une aumônerie. Un hospice est fondé dès 1450 par le recteur Jean de Châteaugiron. 

En septembre 1766, le sieur Théodore Van Berchem, ancien capitaine garde-côtes, est nommé à l'office de gouverneur de la ville de Savenay. Le 12 mars 1793, des insurgés au nombre de trois à quatre cents, armés de fusils, s'emparent de Savenay. Les troubles de mars 1793, s'achèvent par la victoire des troupes républicaines les 22 et 23 décembre 1793. C'est à Savenay, en 1793, qu'est arrêté le lieutenant-colonel royaliste Gaudin de la Bérillais, qui avait tenté, avec les Républicains, une conciliation impossible ("Sa bonne foi le fit acquitter par le tribunal de Nantes ; mais, traduit devant de nouveaux juges dans la même ville, il fut condamné et exécuté. Nantes ne fut pas seule au reste à jouir dans le département, d'un tribunal révolutionnaire ; deux autres furent établis : à Paimboeuf et à Savenay").   

Note 1 : Savenay — et c'est là son plus triste souvenir — fut le tombeau de la grande armée vendéenne. Vaincue au Mans, impuissante à repasser la Loire dont tous les ponts étaient occupés et tous les bateaux pris, s'amoindrissant chaque jour par les combats et par des maladies plus terribles encore, réduite à une phalange, mais une phalange héroïque, elle reculait pas à pas vers la Bretagne où elle espérait trouver une autre Vendée. Le 22 décembre 1793, elle arrive sur les hauteurs de Savenay, formant un corps d'à peu près 7.000 hommes. Les Républicains la suivaient, l'épée dans les reins. Repoussés une première fois par Lyrot, dont la troupe occupait le petit bois qui couronne le coteau, ils manoeuvrent pour cerner la ville, et les Royalistes, acculés à la vallée inondée de la Loire, n'ont plus d'autre ressource que de s'enfermer dans Savenay et de s'y défendre jusqu'à la mort. Il fallut Kléber et Marceau pour les y forcer. On a dit que les Vendéens, dans cette funeste journée du 23 décembre, se battirent avec le courage du désespoir. Le fait vrai c'est que leur courage fut à Savenay ce qu'il avait été à Cholet, à Torfou, à Laval. « Je les ai bien vus, bien examinés, écrivait le général Beaupuy, le petit-fils du sceptique Montaigne, j'ai reconnu ces mêmes figures de Cholet et de Laval ; et à leur contenance, à leur mine, je te jure qu'il ne leur manquait du soldat que l'habit. Des troupes qui ont vaincu de tels Français peuvent se flatter aussi de vaincre des peuples assez lâches pour se réunir contre un seul. Cette guerre de paysans m'a toujours paru, pour la République, la grande partie, et il me semble maintenant qu'avec nos autres ennemis nous ne ferons plus que peloter ». La bataille cependant était finie. Que se passa-t-il après? « Il n'y a plus de Vendée, écrivait Westermann à la Convention ; elle est morte sous notre sabre libre avec ses femmes et ses enfants ; je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'aviez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins, pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands ; je n'ai pas un prisonnier à me reprocher ; j'ai tout exterminé... Les routes sont semées de cadavres, écrivait-il encore, il y en a tant que sur plusieurs points ils forment pyramide. On fusille sans cesse à Savenay ; car, à chaque instant, il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont plus là ; nous ne faisons plus de prisonniers. Il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n'est pas révolutionnaire ». Tels sont les souvenirs que Savenay rappelle. Un humble monument funèbre fut élevé, en 1825, aux victimes de cette grande catastrophe. On y lisait cette simple inscription : DEO. REGI. VITA. MORTE. FIDELES. ARMORICA. VENDEA. « Fidèles à leur Dieu et à leur roi, à la vie et à la mort, l'Armorique, la Vendée ». Nous voudrions pouvoir ajouter les noms des braves dont les ossements blanchis reposaient sous cette pierre de souvenir (Note : Mot emprunté à l'inscription sur lame de bronze portant les noms de ceux qui avaient eu la première pensée d'ériger ce monument funèbre. C'était d'abord M. de Frenilly, député de Savenay, puis MM. le comte de Juigne, Reveilliére et le comte Humbert de Sesmaisons, également députés, le vicomte Alban de Villeneuve-Bargemont, préfet, et M. Brochet de Verigny, ancien préfet de la Loire-Inférieure) ; mais quelques-uns à peine, Lyrot (Note : M. de Lyrot commandait, depuis l'origine de l'insurrection, la division de Saint-Sébastien et des communes voisines. Il attaqua avec Charette le poste de Saint-Jacques, lors du siège de Nantes ; cette attaque fut si vigoureuse que le maire Baco se laissa un instant tromper et dirigea sur les ponts ses forces principales. Lyrot faisait passer, en même temps, la Loire à une partie de sa division, afin d'inquiéter Richebourg. Après la bataille de Torfou, Lyrot se trouvait seul avec Bonchamp, lors du combat de la Galissonnière, dans lequel sept mille Vendéens, non-seulement tinrent tête aux quinze mille hommes du général Canclaux, mais leur enlevèrent leurs bagages et la plus grande partie de leur artillerie. Dans la campagne d'outre-Loire, Lyrot se distingua de nouveau à la tête des braves du pays Nantais, et nous l'avons vu repousser, une dernière fois, les Républicains, le 22 décembre an soir, devant Savenay. Le lendemain il fut coupé en deux par un boulet. Lyrot était chevalier de Saint-Louis ; il avait trois fils émigrés. L'énergie de ses convictions suppléait en lui l'ardeur de la jeunesse), Piron (Note : Piron, le héros de Vihiers et de Coron, était un des chefs vendéens les plus appréciés des deux armées. Son cheval blanc n'était guère moins célèbre que lui. L'un et l'autre étaient toujours aux avant-postes et les révolutionnaires ne s'acharnèrent pas moins sur l'un que sur l'autre. Ils les criblèrent de balles et les mutilèrent de coups), Désigny (Note : Désigny avait pris, lui aussi, une part glorieuse à la grande guerre. Il appartenait à la division de Lyrot et commandait sous lui les soldats de la Basse-Vendée qui avaient passé la Loire. Il fut tué, après le combat, par un maréchal-des-logis de hussards), ont trouvé place dans l'histoire ; et l'on est réduit à dire des autres ces mots inscrits à Rome sur plusieurs ossuaires de martyrs : « Mille, deux mille dont Dieu sait les noms, quorum nomina scit Deus ». Aujourd'hui même, on chercherait vainement dans le nouveau cimetière de Savenay, cimetière inauguré quelques années après 1830, l'humble monument des vaincus. On jugea, à ce qu'il parait, que la liberté du respect et du souvenir ne faisait pas partie des conquêtes de 89. Lorsqu'on quitte Savenay par la route de Guérande, on se trouve sur la ligne de retraite des malheureux débris de l'armée vendéenne, et la pensée se reporte involontairement vers de douloureux souvenirs. Marigny occupait cette route ; il avait pointé deux canons dans la direction de la ville, et lui-même, debout entre les deux pièces, protégeait avec vingt artilleurs la foule désarmée qui n'avait d'espoir que dans la fuite. Mais bientôt il est débordé. « A chaque instant, raconte Mme de La Rochejaquelein, j'entendais le bruit des chevaux, les coups de fusil et les cris : Arrêtez les brigands ! Feu ! feu ! Toute la campagne était couverte de fugitifs qu'on massacrait ». Les paysans de Prinquiau et de la Chapelle-Launay ne craignirent pas du moins de se compromettre pour sauver des malheureux ; ils leur ouvraient leurs chaumières, et, s'ils apercevaient l'ennemi, ils les cachaient dans leurs sillons. « Tous les habitants étaient royalistes et hospitaliers, dit Mme de La Rochejaquelein ; aucun n'aurait été capable de nous trahir ». Plusieurs cependant furent fusillés pour avoir donné asile aux Vendéens ; mais le dévouement des autres n'en diminua pas. « Hommes, femmes, enfants, nous citons toujours, avaient pour nous la bonté et les précautions les plus actives. Une pauvre petite fille, sourde et muette, avait compris les dangers des fugitifs, et allait sans cesse les avertir par ses gestes du péril qu'ils couraient. Les menaces de mort, l'argent, rien n'ébranlait la discrétion des plus jeunes enfants ». Ce fut dans l'une de ces chaumières ignorées que mourut le chef d'escadre des Touches, l'heureux adversaire de lord Arbuthnot, au combat de Newport. Malgré ses soixante seize ans ce vieux cordon rouge n'avait pas voulu se séparer de l'armée vendéenne, et, après avoir glorieusement combattu pour la liberté de l'Amérique, il tint à combattre pour la liberté de sa patrie jusqu'à la fin. « Auprès de La Rochejaquelein, c'est-à-dire au plus fort de la mêlée, dit N. Crétineau-Joly, en racontant la campagne d'outre-Loire, on apercevait sans cesse, sur un petit cheval angevin, un chef d'escadre avec son cordon rouge de Saint-Louis sur la poitrine. C'était le contre-amiral des Touches qui s'honorait de n'être que volontaire dans cette armée, et qui combattait ou donnait des conseils avec toute la vigueur de l'âge mûr » (Eugène de la Gournerie).

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de Savenay, sous l'Ancien Régime : de Châteaugiron, Julien Pageot, Garnier, André Leroux, Louis Douaud du Pouet (de 1770 à 1813, avec pour vicaire Jean Lemaistre). Le curé constitutionnel est Moulien (il est massacré, ainsi que l'administrateur du district, Chaudet, en mars 1793 par des insurgés).

Note 3 : En 1790, la commune de Savenay devient chef-lieu de district avec 18 communes et devient Sous-Préfecture de 1800 jusqu'en 1868. Les principaux sous-préfets sont : Magouët de La Trémelotrie, de Kermellec (en 1815), Rolland de Ravel (en 1819), le baron de Beaumont (en 1824), puis Darthey, Auguste Aiguillé, Edouard Lorois (sous Louis-Philippe), Méresse Coiquaud (en 1848), Chatellux,.... Liste non exhaustive des maires de la commune de Savenay : Benoiston, Henri Lemercier, Blaise Delfaut (en 1811), Lescardé (en 1815), Delfaut (en 1818), Pierre Poumier (en 1828), Théodore Mérot (en 1830), François Ledoux (en 1852), Victor Julien (en 1860), Victor Gérard (en 1881), Lucas de Pélouan (en 1882), Rodrigue Victor (en 1887), Julien Lanoë (en 1899), Texier François (en 1904), Guellec, Arthur Desmas, Pineau, Gérard Lelièvre. Les juges de paix sont : Joseph Landais, Denancé, Jollan de Clerville et Laignel.

Note 4 : Instruction publique à Savenay. — On a la certitude que l'enseignement élémentaire existait à Savenay au milieu du XVème siècle. Cette conviction s'appuie sur l'acte de fondation de l'aumônerie de Saint-Armel de Savenay, qui est de l'année 1450, et dans lequel Jean de Château-Giron, le fondateur, règle les obligations de l'administrateur de la maison (L'assistance publique dans la Loire-Inférieure, par Léon Maître, Vol. 1, in-8°, p. 215). Ce bienfaiteur, après avoir demandé une messe annuelle dans la chapelle de Saint-Armel, exprime le désir que cette cérémonie soit relevée par la présence du maître d'école et de ses écoliers. Les enfants, dit-il, se rendront de l'école à l'église, deux par deux, et chanteront en allant et en revenant, des cantiques, comme les jours de procession solennelle. Ils assisteront à la messe et chanteront l'office ; les plus habiles recevront 6 deniers et les autres auront seulement 2 deniers. Jean de Château-Giron, recteur de Savenay, était bien informé ; il n'est donc pas admissible qu'il ait établi ces prescriptions avant que sa paroisse ait été pourvue d'une école. Ne peut-on pas fonder les mêmes inductions sur l'existence du collège qui fut créé, en 1601, par le chanoine Julien Pageot, recteur de Savenay. On se demande comment ce prêtre, si dévoué aux progrès intellectuels de ses paroissiens, a pu penser à leur procurer l'instruction supérieure, si les leçons élémentaires leur manquaient. Son projet de créer un collège implique que les enfants étaient formés par un maître d'école, à la lecture et à l'écriture. On ne donne pas le superflu à ceux qui manquent du nécessaire. Pour l'école des filles, nous avons des documents positifs et irrécusables. René de Lopriac, marquis de Coëtmadeuc, baron de La Roche en Savenay et vicomte de Donges, en augmentant la dotation de l'aumônerie de Saint-Armel, eut soin de stipuler qu'il réservait une rente de 150 livres en faveur d'une fille hospitalière, à la condition qu'elle consacrerait une partie de son temps à l'instruction des filles. Sa donation est du 2 avril 1699. Mlle. de Linne fut la première gouvernante chargée de l'exécution de ses volontés et elle s'acquitta si bien de sa mission, qu'en 1705 elle mérita une augmentation d'honoraires. Nous ignorons les services que rendirent les personnes qui lui succédèrent ; Mlle. Génaudau, qui vivait en 1758, s'est surtout distinguée par son esprit d'indépendance (L'assistance publique dans la Loire-Inférieure, par Léon Maître, Vol. 1, in-8°, p. 201-202). En 1778, trois filles se présentèrent pour remplir les fonctions d'hospitalières sans réclamer d'autre pension que la rente de 150 livres léguée par R. de Lopriac, promettant de travailler pour vivre si le logement leur était fourni. Quand leurs propositions furent acceptées, l'une d'elles remplit les fonctions de maîtresse d'école. Le goût de l'enseignement n'était pas rare à Savenay ; plusieurs personnes se mêlaient de faire la classe aux enfants sans s'être munies d'une autorisation de l'Evêché. C'est le curé lui-même qui le déclare dans son brevet de 1783. Le Collège de Savenay. — Le collège de Savenay est une institution qui, comme l'aumônerie de Saint-Armel, doit sa naissance à un prêtre ; l'abbé Julien Pageot, recteur de Savenay, qui vivait à la fin du XVIème siècle, en est le fondateur. Par son testament du 18 avril 1601, il légua aux paroissiens de Savenay le pré Mabile, voisin de la ville, et le pré Lesné, près de Mareil, en la paroisse de Donges, contenant ensemble deux hommées et valant 140 livres de fermage. Les conditions stipulées dans cet acte de donation sont curieuses au point de vue des habitudes qui dominaient alors dans les collèges ; les voici résumées : 1°- Il y aura une procession et une grand'messe le jour de la Saint-Nicolas, et le prêtre qui sera le célébrant aura pour ses honoraires un demi écu. 2°- Le gardien des Cordeliers de Savenay prêchera le même jour, il exhortera les auditeurs à augmenter le fonds de dotation du collège et excitera les écoliers à l'amour de l'étude. Il aura pour ses honoraires un écu. 3°- L'écolier qui sera le roi recevra un demi écu. 4°- Le surplus de la rente des deux prés servira à l'entretien d'un régent ou d'un maître d'école qui sera prêtre, autant que possible, et qui aura la liberté de prélever sur ses élèves la cotisation accoutumée (Testament de Julien Pageot – Archives départementales, D). Bien que le testament n'eût pas exprimé de réserves sur le droit de présentation, les paroissiens de Savenay se firent un devoir de requérir l'agrément du plus proche parent du fondateur, toutes les fois qu'ils furent dans l'obligation de présenter un sujet à l'Evêque. Voici la liste des maîtres qui occupèrent la place de régent à Savenay, pendant le XVIIème siècle : En 1632, Alexandre de la Haie, maître ès-arts de l'Université. En 1636, Jean Fouré, prêtre. En 1642, Bonaventure Julliot, de Donges, théologien. En 1646, René Glotin, prêtre. En 1652, Bonaventure Julliot. En 1674, Pierre Marie, professeur ès-lettres et Julien Blandin. En 1682, Louis Cornel, prêtre (Procédure de 1722 – Archives départementales, D). Cette liste prouve bien que le voeu de Julien Pageot fut exaucé et que sa création s'éleva au-dessus du niveau des petites écoles. Ce personnel enseignant ne pouvait convenir qu'à un collège. La bonne harmonie qui régnait entre les habitants de Savenay et les héritiers du fondateur fut troublée en 1674, à propos de la nomination d'un régent. Julien Pageot, neveu du fondateur, voulut, comme ses prédécesseurs, exercer son droit de patronage, mais il ne rencontra pas la même condescendance dans l'assemblée paroissiale. Il fut obligé d'assigner les paroissiens devant le Présidial de Nantes, qui les condamna. En 1705 et en 1714, il usa de ses prérogatives au grand avantage du collège dont il confiait toujours la régence à des personnes d'une moralité éprouvée. Fort de la sentence judiciaire qui le maintenait en possession, il se croyait sûr de l'avenir, quand il apprit, en 1722, que les habitants avaient autorisé de leur chef le sieur Jacques Allaiseau à s'intituler régent des écoles de Savenay et à jouir des revenus de celle charge. Immédiatement, Julien Pageot porta plainte au Présidial le 9 septembre 1722, en demandant que ledit Allaiseau, cabaretier, fut appelé à la barre de la Cour pour s'entendre destituer. La sentence fut conforme à la requête et les habitants furent contraints de procéder à une autre nomination. « Allaiseau, disait le requérant, loin de donner de sages leçons à la jeunesse, n'est capable que de la corrompre ».  Quels sont ceux qui lui succédèrent, je l'ignore, je n'ai pu découvrir dans le cours du XVIIIème siècle que deux noms : celui de l'abbé Julien Menoreau, qui vivait en 1744, et celui du clerc minoré Guitton, qui portait le titre de régent de Savenay, en 1790 [Note : Histoire de Savenay, par F. Ledoux. 1er vol. in-8°, p. 32. Guitton était déjà régent en 1785, comme on le voit par un bail – Archives départementales, G. Paroisse de Savenay]. Dans sa déclaration de temporel, ce dernier accuse que son bénéfice lui vaut 546 livres de revenus [Note : Il fallait déduire sur ce chiffre 53 livres de charge pour messes fondées. - Carton instruction, série L, Archives départementales]. Il comprenait dans cette estimation le produit des chapellenies des Gouins, des Garniers et du Cul-de-Geline, qui avaient été réunies au collège dans le cours du XVIIIème siècle, sans doute sous l'épiscopat de M. Mauclerc de la Muzanchère. Les élèves de Savenay payaient 3 livres par mois, les autres 6 livres et les pensionnaires 300 livres par an. Le rapport, qui nous a conservé ces détails intéressants, ajoute qu'il existait une place pour un boursier, sans nous faire connaître le nom du fondateur (Carton instruction, série L, Archives départementales). (L. Maître).

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PATRIMOINE de SAVENAY

l'église Saint-Martin (1840), œuvre de l'architecte Nau et édifiée à la place d'une ancienne église. Le seigneur de la Haye avait jadis droit de lisière, banc, enfeu et armoiries. Le clocher date de 1850. La peinture intitulée "Ecce Agnus Dei", œuvre du peintre Rubens, date du XIXème siècle : elle fait partie des dons faits par Napoléon III ;

la croix de mission de l'abreuvoir (début du XIXème siècle), située rue de Guérande ;

la croix Guerrier (début du XIXème siècle), située route de La Graindorgeais ;

la croix des Vendéens (1881), située rue du Pontreau. Cette croix commémore la terrible bataille qui a opposé Vendéens et Républicains les 22 et 23 décembre 1793 ;

le couvent des Cordeliers (1419), fondé en mai 1419 par Jean V, duc de Bretagne. Devenu bien national, durant la Révolution, l'édifice va servir de siège du district en 1790, puis de tribunal. Il abrite l'école normale d'instituteurs de 1872 à 1912, un hôpital durant la Première Guerre mondiale et la Poste en 1921. Le célèbre historien janséniste Travers y fut enfermé quelques mois, en janvier-juin 1748. Le tombeau et la statue de Guy de Rieux (vicomte de Donges et baron de Savenay), décédé au Matz en 1637, étaient autrefois l'un des principaux ornements de l'église des Cordeliers de Savenay. A noter aussi, que Savenay possédait jadis un couvent de Cordelières, dont la supérieure, en 1789, était Mme du Buron ;

le manoir de l'Oisillière (XVI-XVIIIème siècle), situé route du Lac. Propriété jadis de la famille Chevigné. Cette famille possédait aussi La Touchelais et Coëtroz. Elle était alliée aux Le Houx, d'Ormesson, Luzeau de Touchelais et Gaudin de La Bérillais. Les terres sont achetées en 1858 par la famille Guepin en copropriété avec la famille Dugast-Matifeux. En 1867, le docteur Guépin rachète la part de son ami Dugast-Matifeux. Les héritiers sont les Lucas de Peslouan et par la suite Madame Vezin Georges, née Lucas, vend en 1950 le domaine à la famille Lemonnier. A noter qu'un acte de mariage de 1610 (Riou x Labbé) mentionne comme témoin le "noble homme Fortunat Bonnet, sr de l'Oysilliere" ;

l'ancien presbytère (XVIIème siècle), situé rue des Mésanges. Le clergé le quitte en 1915 ;

le presbytère (XVIIIème siècle), situé place Saint-Martin ;

la Moëre (XIXème siècle), située résidence des Tilleuls. Il s'agit d'un logis acheté en 1877 par l'abbé Tendron afin d'y installer des soeurs de la communauté de Bethléem. La chapelle date de 1878. En 1914 et 1917, les bâtiments sont réquisitionnés par les armées française et américaine. L'édifice est restauré en 1923 et les sœurs de Bethléem s'y installent pour accueillir entre autre de jeunes orphelins ;  

l'ancien domaine de La Féraie. Propriété successive des familles Mispreuve d'Aigrefeuille, Julien Lanoë, du Boisguéhénneuc, Demangeat, Edmond Choblet et de la famille Postic de Kerbriant (au XXème siècle) ;

l'ancien domaine de l'Agaissière. Propriété de la famille Bretonnière (au XXème siècle). Les terres (64 hectares) sont allées à l'Hospice suivant la volonté d'Arthur Agaisse décédé en 1952 ;

l'ancien domaine de La Touchelais. Propriété successive des familles de Cybouault, Bonamy, Luzeau, de Chévigné (par alliance), Delfaut, Cézard, Besnard (en 1902). Le domaine est ensuite vendu à la Société des Courses de Savenay, d'où le nom d'Hippodrome de La Touchelais ;

l'hôpital de Savenay (XV-XIX-XXème siècle), situé rue de l'Hôpital et fondé en 1450 par Jean de Châteaugiron, chanoine de Nantes et curé de Savenay (par testament érigé le 12 mars et signé le 14 mars 1450). Il s'agit à l'origine d'une aumônerie sous le vocable de saint Armel : "J'établis un hôpital dans la chapelle Saint-Armel édifiée autrefois par moi .... (Jean de Châteaugiron)". Par un décret de Louis XIV en 1696, l'établissement hospitalier de Saint-Lazare avec ses revenus, est réuni à celui de Saint-Armel. En 1835, un contrat est passé avec le Couvent de Saint-Gildas-des-Bois pour avoir trois religieuses. Devenu trop petit et trop vieux, l'hôpital est réédifié. Le bâtiment central actuel date de 1852. En 1898, on songe à agrandir l'hospice. Les travaux débutent en 1910 sous la direction de M. Hamon. Les autres pavillons, de part et d'autre, datent de 1912 (pavillon pour les hommes), de 1919 (pavillon pour les isolés), de 1926 (pavillon pour les femmes), de 1936 (la maternité). De nouveaux locaux sont construits en 1959. Par décret du 6 juillet 1960, l'hôpital-hospice de Savenay devient un hôpital rural ;

la halle, située place des Halles et acquise en 1810 par la commune ;

7 moulins dont le moulin à vent (1545 - 1900) de La Palais ;  

A signaler aussi :

l'ancien château du Matz (XIII-XIVème siècle), aujourd'hui disparu. La terre du Matz appartient en 1320 à Amice du Breil, dame du Bois-de-La-Roche, qui épouse Renaud de Montauban. Guillaume de Montauban s'illustre au fameux Combat des Trente. Un Jean de Montauban succède à Renaud et Guillaume, en 1400, puis, en 1449, son fils Jean. Le Matz passe ensuite à Olivier de Lanvault, puis, au XVIIème siècle, au vicomte de Donges (baron de La Roche-en-Savenay). Guy II, sire de Rieux, baron de Savenay, décède au Matz, le 9 décembre 1637. Des Rieux, le domaine du Matz passe aux de Lopriac-Kerhoent. Sous la Restauration, le château appartient à Adélaïde Cambout de Coislin, épouse de César de Soussay. En 1850, le vicomte Arthur de Soussay est l'héritier des précités. En 1902, le propriétaire est Edouard de Soussay qui vend le domaine à la famille Bonnet ;

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ANCIENNE NOBLESSE de SAVENAY

La Roche-en-Savenay. — Dans la paroisse de Savenay et en quelques paroisses voisines les barons de la Roche-Bernard avaient plusieurs fiefs formant une seigneurie appelée la Roche du nom de ses possesseurs. Ces fiefs furent donnés en dot à Catherine de la Roche-Bernard — fille du baron Eudon II et de Béatrice de Craon — lorsqu'elle épousa vers 1370 Renaud de Thouars, seigneur de Pouzauges (De Cornulier – Dictionnaire des terres nobles du comté nantais, 249). Plus, tard, Catherine de Thouars — fille de Miles de Thouars et de Béatrice de Montejean et petite-fille de Catherine de la Roche-Bernard apporta à son tour, en 1420, la baronnie de la Roche-en-Savenay à son mari le fameux Gilles de Rays, mais celui-ci la vendit vers 1435 à Guillemette, veuve de Guillaume Le Ferron. Devenue veuve elle-même en 1440, Catherine de Thouars se remaria avec Jean de Vendôme, vidame de Chartres, et essaya vainement de rentrer en possession de la Roche-en-Savenay. Elle mourut en 1462 sans avoir vu la fin des procès qu'avaient fait naître la vie désordonnée et la fin tragique de son premier époux. En 1467 Jean de Laval, baron de la Roche-Bernard, était en possession de la Roche-en-Savenay, peut-être par achat d'avec Geffroy Le Ferron, fils de Guillaume. Jean de Laval eut pour fils Guy XVI, comte de Laval, mort en 1531, et pour petit-fils, Guy XVII, aussi comte de Laval, qui rendit aveu au roi en 1544 pour sa baronnie de la Roche-en-Savenay. Ce dernier seigneur mourut sans postérité en 1547 ; la Roche-en-Savenay devint alors la propriété dés enfants de sa soeur Catherine de Laval, femme de Claude Ier sire de Rieux et vicomte de Donges. Cette dame était, en effet, morte alors et ce fut Suzanne de Bourbon, seconde femme et déjà veuve de Claude Ier de Rieux, qui fit hommage au roi, en 1548, au nom des enfants de son mari, pour leur seigneurie de la Roche-en-Savenay (Inventaire des titres du château de Nantes). De ces enfants ce fut Claudine de Rieux, mariée en 1547 à François de Coligny, seigneur d'Andelot, qui eut en partage la Roche-en-Savenay. Comme cette dame possédait déjà la Roche-Bernard, à cette baronnie fut pour la troisième fois réunie la seigneurie de la Roche-en-Savenay. En 1557 François de Coligny et Claudine de Rieux firent hommage au roi pour leur baronnie de la Roche-en-Savenay (Inventaire des titres du château de Nantes). Nous avons dit qu'ils moururent l'un en 1570, l'autre dès 1561. Quelques années plus tard, en 1576, la Roche-en-Savenay se trouvait aux mains d'un cousin de Claudine de Rieux : c'était Guy Ier de Rieux, sire de Châteauneuf et vicomte de Donges (Archives de Loire Inférieure, E443). A partir de ce moment et jusqu'en 1789, la Roche-en-Savenay demeura unie de fait à la vicomté de Donges dont nous avons fait connaître les possesseurs. Cette union pendant près de trois siècles de la Roche-en-Savenay à la seigneurie de Donge a fait souvent regarder la première de ces terres comme un démembrement de la seconde, mais nous venons de voir qu'elle avait été, au contraire, très certainement détachée de la Roche-Bernard. Par suite de son origine, la Roche-en-Savenay était considérée comme baronnie d'ancienneté ; moins importante que la Roche-en-Nort, elle n'étendait sa haute juridiction que dans cinq paroisses : Savenay, Prinquiau, Bouée, Malville et Cordemais. Le seigneur de la Roche-en-Savenay levait des rentes dans toutes ces paroisses et y jouissait dans les quatre églises de Savenay, Malville, Bouée et Cordemais « de prééminences, bancs et enfeus probitifs  » ; il avait les mêmes privilèges dans l'église abbatiale de Blanche-Couronne et dans la chapelle conventuelle des Cordeliers de Savenay (Déclaration de la Roche en Savenay, en 1650). Le même baron avait les « coustumes et trépas » de sa ville de Savenay, plus un « droit d'ancrage et coustume » sur tous les bateaux s'arrêtant et déchargeant des marchandises « dans l'estier de la Vallée-Coqueraye » en Bouée et dans celui de la Giraudaye en Cordemais (Déclaration de la Roche en Savenay, en 1650). Une quantité d'hommages, « mangiers et rachapts » étaient dus au baron de la Roche-en-Savenay : par le vicomte de Donges, les seigneurs de la Haye de Lavau, la Haie-Mahéas, la Cour de Bouée, la Haye de Besné, etc.., l'abbé de Blanche-Couronne, les prieurs de Her, du Tertre et de Rohart, les recteurs de Savenay, Prinquiau, Cordemais et Malville, le chapelain du Chastellier, etc. (Déclarations de la Roche en Savenay, en 1544, 1650 et 1683). Le droit de tenir foires et marchés en, la ville de Savenay appartenait aussi au baron de la Roche-en-Savenay, savoir : un marché tout les mercredis et cinq foires par an, le jour Saint-Vincent (dite foire du Petit-Noël), à la translation de Saint-Martin (4 juillet, foire dite de Saint-Jean), aux fêtes de Saint-Armel, Sainte-Croix de septembre et Saint-Thomas ; à tous ces marchés et foires il prélevait les « droits d'estalage, coustume, mesurage, estalonnage et police » (Déclaration de la Roche en Savenay, en 1650). Le sire de la Roche-en-Savenay jouissait aussi de « dismes de vins et bleds » dans les quatre paroisses de Savenay, Cordemais, Bouée et Malville. A l'origine le domaine proche de la Roche-en-Savenay n'était pas considérable ; il consistait en 1544 en ce qui suit : l'auditoire et la geôle de Savenay, le four à ban de Maure également à Savenay — les moulins à. vent du Breil et de la Roche en Savenay et celui du Haut-Chemin en Bouée — les prairies du Goust en Cordemais, de la Farouère en Malville et les prés de Bouée — les bois de la Roche en Savenay et de Vallion en Malville (Déclaration de la Roche en Savenay, en 1544). Mais vers le commencement du XVIIème siècle les barons de la Roche-en-Savenay acquirent le manoir et la seigneurie du Matz en Savenay. Cette terre comprenait un beau pourpris, un moulin à vent et plusieurs métairies, tant en Savenay qu'en la Chapelle-Launay : dès lors le Matz devint naturellement le chef-lieu de la baronnie de la Roche-en-Savenay, dont il dépendait à l'origine ; certains vicomtes de Donges y fixèrent même leur résidence et c'est en ce manoir que décéda, le 9 décembre 1637, Guy II de Rieux, sire de Châteauneuf, vicomte de Donges et baron de la Roche-en-Savenay ; son corps fut solennellement déposé dans l'église des Cordeliers de Savenay, sous un magnifique mausolée composé d'un sarcophage de marbre noir supportant sa statue en marbre blanc, agenouillée sur un prie-Dieu (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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