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NOTRE-DAME D'ESPÉRANCE

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L’année terrible.— Le voeu du 17 janvier 1871 et l’apparition de Pontmain.

Le fondateur de l'Archiconfrérie (l'abbé Prud'homme) était au comble de ses voeux. Il voyait son oeuvre affermie et sanctionnée par la plus haute autorité qui soit sur la terre ; il voyait les fidèles se grouper en foule sous le manteau de Notre-Dame d'Espérance et accourir à son sanctuaire : c’était plus qu’il n’avait espéré. Toutefois, avant de le laisser chanter son Nunc dimittis, Marie voulut elle-même lui apporter une preuve irrécusable de satisfaction, en même temps qu’une solennelle consécration de l'oeuvre qu’il avait entreprise pour sa gloire.

C’était à la fin de la guerre franco-allemande de 1870. Ainsi qu’il arrive toujours au moment des grandes calamités, le peuple chrétien assiégeait les églises et multipliait les prières publiques.

Écoutons l’historien officiel de Notre-Dame de Pontmain, le pieux Louis Colin :

« Saint-Brieuc aussi, Saint-Brieuc surtout, depuis longtemps déjà était en prières. Dès l’octave de l'Assomption, les fidèles s’y sont mis à genoux. Le mardi 23 août, une neuvaine y était commencée : On y chantait entre autres le Christum regem, l'Ave maris Stella, les Litanies de la sainte Vierge, le Da pacem Domine et les couplets du cantique de l'Espérance :

En ces jours de souffrance,

Sauvez-nous du danger ;

Epargnez à la France.

Le joug de l’étranger.

 

Des mères en alarmes,

Raffermissez les coeurs.

Venez sécher nos larmes,

O Mère des douleurs.

« La neuvaine finie, une autre avait recommencé, puis une troisième, sans intervalle et sans repos. Les supplications s’étaient ainsi élevées de mois en mois, grandissantes et plus éplorées. Plusieurs fois, au milieu de ces tristes cérémonies, les mobiles bretons s’étaient réfugiés au sanctuaire de l'Espérance. Tantôt ils étaient deux cents et tantôt ils étaient trois cents.

Un moment était venu où les exercices de la prière n’avaient plus discontinué. La récitation du rosaire avait lieu d'heure en heure au milieu d’une foule toujours renouvelée de priants.

Par intervalles, montait, montait toujours :

Mère de l'Espérance

Dont le nom est si doux,

Protégez notre France,

Priez, priez pour nous !

Très populaire dans tous les pays où l'Archiconfrérie avait pénétré, ce cantique était connu depuis vingt ans. Presque toutes les villes avaient retenu son refrain mélancolique et éploré s’élevant vers l’avenir, comme ces voix de l’histoire dont on dit qu’elles ont été entendues, à la veille des grands événements du monde.

Pendant la guerre, ce fut un redoublement. Devenu national, il éclata subitement un peu partout, sans que l’on pût bien savoir comment et d’où il était venu.

Quand décembre arriva, plus terrible et plus sombre, ces neuvaines particulières firent place à une neuvaine générale, celle-ci demandée, non seulement aux affiliés de Notre-Dame d'Espérance que la ville pouvait compter mais à tous les associés du dehors. Un appel fut lancé pour cela aux diocèses non envahis, appel doublé d’une lettre de recommandation de Mgr. David que les Semaines religieuses s’empressèrent de publier.

Et la prière, comme une traînée de poudre qui de point en point communique sa flamme à tous les foyers, s’éleva de la sorte en un choeur universel vers le ciel ! ».

Le premier appel adressé par M. le chanoine Prud'homme à Mgr. l’évêque de Saint-Brieuc était ainsi conçu :

« Saint-Brieuc, 15 décembre 1870. Monseigneur, Dans votre sollicitude pour l'Église et pour la France vous avez voulu qu’à différentes reprises, depuis le commencement des hostilités, des prières solennelles sous forme de neuvaines et de triduum fussent célébrées dans le sanctuaire de Notre-Dame d'Espérance, berceau et siège de l'Archiconfrérie ou union de prières pour le salut de la France.

Votre désir est que ces prières, interrompues depuis huit jours, soient reprises avec encore plus de solennité pendant l’octave de Noël, et que les six derniers jours de cette année 1870 unis aux trois premiers de 1871, voient se tourner la France entière vers le béni sanctuaire qui renferme la statue vénérée, couronnée par Pie IX. Dans votre pensée, cette neuvaine fermant et ouvrant l’année serait une expiation en même temps qu’une supplication offerte au Dieu qui donne la victoire par la Patronne de la France.

Lorsqu’en 1848 nous levâmes la bannière de Notre-Dame d'Espérance, tous les diocèses de France, et à leur tête Nosseigneurs les évêques, répondirent à notre appel : nos registres contiennent par cent mille des noms appartenant à l’épiscopat et, à toutes les classes de la société.

Nous n’avons pu, Monseigneur, informer nos innombrables associés des prières extraordinaires faites ces temps derniers pour la France et l’armée, l'Église et Pie IX, au centre de l'Archiconfrérie. Pour que la France entière pendant cette dernière semaine prie avec nous Notre-Dame d'Espérance, une invitation de votre part suffirait pour généraliser ce mouvement et l’étendre à tous les fidèles. Ce concert unanime de louanges et de supplications vers Celle que nous nommons si justement notre vie, notre douceur, notre espérance, lutterait peut-être le moment de la délivrance et du salut.

Et comme notre bien-aimée patrie aura toujours besoin d’un secours d’en haut, plusieurs sans doute continueront d’invoquer journellement Notre-Dame d'Espérance, ajoutant leur nom au nom auguste de Pie IX, à ceux des membres du Sacré Collège, d’un grand nombre de Nosseigneurs les évêques ».

Mgr David joignit à ce chaleureux appel la lettre suivante et adressa l’une et l’autre à tous les évêques des diocèses non envahis :

« Monseigneur, Notre héroïque Bretagne ne donne pas seulement son sang à la défense du pays ; elle est agenouillée depuis quatre mois dans ses sanctuaires les plus vénérés, priant avec sa foi héréditaire la Reine du ciel, et sa glorieuse mère sainte Anne.

La chapelle de Notre-Dame d'Espérance, bâtie à Saint-Brieuc par la piété des fidèles du monde catholique et le dévouement d’un pieux chanoine dont j’envoie la lettre à Votre Grandeur, est assiégée chaque jour par de nombreux pèlerins.

Notre ambition serait de nous sentir unis à vos prières, Monseigneur, et à celles de vos diocésains pendant les six derniers jours de la présente année et les trois premiers de l’année nouvelle. Cette union avec tant de nobles âmes nous serait douce et précieuse ; il nous semble qu’elle obtiendrait du Coeur de Dieu ce que nos supplications isolées n’ont jusqu’ici pu obtenir. Chaque jour on réciterait l'Ave maris Stella suivi de l’invocation : Notre-Dame d'Espérance, sauvez la France et priez pour nous ! Dans le cours de la neuvaine on ferait une communion et une légère aumône pour nos pauvres soldats français prisonniers ou blessés.

La pensée des douleurs du Souverain Pontife ne se séparerait pas dans nos prières de celle de la France.

Nous nous contenterions d’une insertion dans votre Semaine religieuse.

Que Votre Grandeur pardonne à nos associés bretons et à leur évêque ce désir, indiscret peut-être, mais sûrement inspiré par leur confiance dans le mérite de vos prières et par leur amour pour l'Église et la patrie.

Agréez, Monseigneur, mes plus respectueux dévouements.

L’évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, t AUGUSTIN. Saint-Brieuc, le 16 décembre 1870 ».

 

« Ainsi se tournaient, à l’heure des suprêmes angoisses, les regards des chrétiens vers Celle dont il avait été dit par Mgr. le Mée, dès 1848, qu’elle sauverait encore UNE FOIS la France ; ainsi montait de toutes parts le cri de la détresse commune : Mater sanctœ spei, salva Galliam ! Salus Galliœ ora pro nobis.

La situation devenant de plus en plus grave, après la neuvaine finie, la pensée d’un voeu naquit. On eût pu songer tout d’abord à l’adresser au Coeur sacré de Jésus dont la bannière abritait les séminaristes, les zouaves et les soldats. Mais, sur l’ordre de l'évêque, le voeu en cours fut adressé à Notre-Dame d'Espérance. Le 17 janvier, vers cinq heures du soir, la formule en fut présentée au Prélat, qui la souscrivit de sa signature, en l’apostillant d’une chaleureuse recommandation.

A six heures, heure à jamais mémorable, qu’il faut retenir, humblement prosternés aux pieds de la glorieuse Madone, les associés de l'Archiconfrérie font le voeu, qui sera envoyé à tous les membres de l'oeuvre et dans tous les diocèses, de lui offrir un étendard qui fera flotter dans les airs l’image de la Madone. Afin, disent-ils, d’obtenir l’intervention de Notre-Dame d'Espérance, et le secours de sa protection contre les fléaux qui nous menacent, nous promettons, lorsque ces grâces auront été accordées, de contribuer, selon nos moyens, au don d’une bannière offerte comme ex-voto.

La bannière des nouveaux croisés de la prière était levée à Saint-Brieuc et Marie répondait au moment même à leur attente en apparaissant à Pontmain sur la lisière de la Bretagne. Sous ses pieds se lisait le consolant message : " Mais priez, mes Enfants : Dieu vous exaucera en peu de temps, mon Fils se laisse toucher ", quand le curé de Pontmain s’écria : " Encore un cantique à la sainte Vierge !

Et soeur Marie-Édouard entonna celui-ci :

Mère de l'Espérance

Dont le nom est si doux,

Protégez notre France

Priez, priez pour nous !

 

Au chemin de la gloire,

Conduisez nos soldats ;

Donnez-leur la victoire

Aux jours des saints combats.

 

Et si pour la patrie,

Bravant les coups du sort,

Ils vont donner leur vie,

Oh ! couronnez leur mort.

 

Apaisez les tourmentes

Qui grondent dans les coeurs ;

Des passions violentes

Éteignez les ardeurs.

 

Pendant que ces strophes si touchantes et si éloquentes remplissaient la nuit étoilée, l'Immaculée Vierge, pour témoigner son bonheur d’être saluée Notre-Dame d'Espérance éleva doucement à la hauteur des épaules les mains qu’elle avait tenues abaissées jusque-là. Puis lentement et par un mouvement de grâce inouï agitant les doigts avec cadence sur un clavier, dont l’écho, sans doute au ciel des cieux, se perdait à travers les régions infinies, elle regardait les enfants avec un sourire plus lumineux et plus ouvert que jamais. " Voilà qu’elle rit ! voilà qu’elle rit ! " s’écriaient-ils avec véhémence. Et les pauvres petits sautaient et battaient des mains, répétant avec une expression qu’aucune langue ne saurait rendre ici-bas : " Oh ! qu’elle est belle ! Oh ! qu’elle est belle ! A Li, à Li ; si j’avais des ailes, j’irais à Li (à elle)... ". Spectacle d’un autre monde que l'oeil des justes contemplera un jour dans la gloire. L’assistance entière priait et riait aux larmes. Ce fut un moment unique dans ce drame divin.

Vers la fin du cantique, qui compte huit couplets, l’inscription tout entière pâlit et s’effaça. Un rouleau, couleur du temps, parut courir avec rapidité sur les lettres que les enfants n’aperçurent plus. La banderole blanche s’était repliée sous le rouleau mystérieux, et quand arriva la dernière strophe :

Au chemin de la gloire

Conduisez nos soldats,

Donnez-leur la victoire,

aucune lettre n’était déjà plus visible : le ciel était uni, profond et bleu dans l’immensité ».

Dès le lendemain, les Prussiens campés sur les hauteurs voisines de Laval, se repliaient sur le Mans et dix jours plus tard, le 28 janvier, l’armistice était signé. Notre-Dame d'Espérance avait été le salut de la France.

Dans les papiers de notre vénéré fondateur, nous avons trouvé une lettre qu’il adressait le 14 mars 1871 à une religieuse de Saint-Thomas de Villeneuve qui lui avait confié la, direction de son âme : « Avez-vous entendu parler du Voeu que nous avons fait à Notre-Dame d'Espérance le 17 janvier ? Ce jour-là même, peu après l’approbation et la souscription de Monseigneur, la sainte Vierge est apparue dans le diocèse de Laval et elle a souri. Elle a élevé les mains en signe de prières et de protection pendant qu’on chantait devant Elle Mère de l'Espérance, le cantique que j’ai composé en 1848, en fondant notre Union de prières, et qu’on chante maintenant partout. N’est-ce pas un motif de l’aimer de plus en plus et de nous dévouer à son culte et à son oeuvre ? Priez-la pour votre bien dévoué serviteur et père en Notre-Seigneur. P. PRUD'HOMME, ch. ».

Presque à la même date, exactement le 17 mars 1871, l’une des promotrices du Voeu, Mme Jeanne du Cleuziou, écrivait à sa belle-soeur, religieuse de la Retraite : « Nous devons une bien grande reconnaissance à Notre-Dame d'Espérance, car c’est Elle évidemment qui nous a préservés des Prussiens. Une chose remarquable et qui prouve combien la sainte Vierge aime à être invoquée sous le titre de Notre-Dame d'Espérance, c’est son apparition à Pontmain, le jour même et quelques instants après que Monseigneur eût signé et approuvé le Voeu. C’est le 17 janvier, vers 5 heures 1/4, que trois dames et moi, nous étions à l'évêché, et à 6 heures la sainte Vierge apparaissait et témoignait de la joie qu’on lui chantât le cantique propre à l'Archiconfrérie. L’évêque, ainsi que nous tous, avons été frappés de la coïncidence on peut dire miraculeuse... ».

Au récit de cet événement merveilleux, l'abbé Prud'homme ne put retenir ses larmes. Dans le sourire qui avait accompagné le chant de son cantique, il voyait la réponse de Marie aux innombrables prières que lui adressaient depuis vingt-trois ans les associés de l'Archiconfrérie. Dès le mois d’octobre qui suivit il se rendit en pèlerinage à Pontmain, interrogea tout à loisir les voyants, le curé, les religieuses qui lui confirmèrent les merveilleuses coïncidences que nous avons racontées plus haut, et eut la joie d’avoir pour servants de messe Eugène et Joseph Barbedette. Jusqu’à sa mort, il vécut de ce souvenir, et ce n’était jamais sans une vive émotion qu’il parlait de ce fait. (J. Cadiou).

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