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SAINT-JULIEN-DE-CONCELLES |
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La commune de
Saint-Julien-de-Concelles ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-JULIEN-DE-CONCELLES
Saint-Julien-de-Concelles vient du latin "Sancti Juliani de Cancellis" (Saint Julien des Ecluses).
En 615, Bertrand du Mans (553-623), archidiacre de Paris et évêque du Mans, lègue la villa dite "de Nociogilis" au clergé du Mans. En 1104, l'évêque de Nantes confirme à l'abbé de l'Abbaye Saint-Florent de Saumur (en Anjou) la possession de certaines paroisses dont celle de Sancti Juliani de Cancellis. Les moines y fondent un prieuré.
On y trouve la seigneurie du Gué-au-Voyer, puissante seigneurie, propriété de la famille Plessis-Angié au XVème siècle. Le siège féodal est d'abord au Gué-au-Voyer, puis à La Meslerie.
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PATRIMOINE de SAINT-JULIEN-DE-CONCELLES
l'église Saint-Nicolas (1836), édifiée en remplacement d'une ancienne église du XVIème siècle reconstruite suite à l'ouragan du 2 décembre 1735. L'ancienne église a été détruite durant la Révolution. Les seigneurs du Gué-au-Voyer étaient jadis fondateurs de l'église de Saint-Julien-de-Concelles ainsi que de la chapelle tréviale de Saint-Barthélemy. Ils jouissaient aussi dans le choeur de cette église d'un oratoire prohibitif et de deux pierres tombales portant leurs armoiries ; | |
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la chapelle Saint-Barthélemy (XV-XVIIème siècle). Cette chapelle a été édifiée au XVème siècle sur les fondations d'anciens thermes romains ayant, semble-t-il, appartenu au VIème siècle à saint Bertrand, évêque du Mans (nommé à l'évêché du Mans par le roi Clotaire II). Le plan d'ensemble rectangulaire comporte deux salles symétriques, avec un calorifère pour bains chauds, puis un vestiaire. Elle se prénomme encore "chapelle Sainte-Ouine" (surnom de la Vierge du Mans, sainte Eugénie) au VIIème siècle et elle est agrandie et remaniée aux XVIème et XVIIème siècles. L'édifice comporte deux nefs : l'une d'elles est éclairée par une belle fenêtre géminée, placée au-dessus de la porte d'entrée, l'autre a deux lucarnes de style gothique finement travaillées. L'édifice abrite une statue de la "Vierge à l'Enfant" datée du XVIIème siècle, ainsi qu'une statue de saint Barthélemy datée du XIVème siècle et restaurée au XIXème siècle. La petite crédence, restée sur le côté droit est de toute beauté. Le fond mural a été modifié au XVIIème siècle, et l'on a ajouté une partie en appentis, soutenue par deux contreforts. Les vitraux, qui datent du XVème siècle, renferment les écussons de la famille Plessis-Angié. La chapelle était jadis ornée de peintures fresques, puis d'une "litre d'écussons" rappelant les Plessis-Angier, la Comtesse de Maure, les Descazeaux et les Damien de La Meslerie ; | |
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la chapelle Notre-Dame-de-Léard (1834), édifiée à l'emplacement d'un édifice du XVème siècle qui a été restauré en 1778, puis brûlé pendant la Révolution. La statue de la "Vierge à l'Enfant" provient de l'ancienne chapelle ; | |
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la chapelle Sainte-Catherine (1701), édifiée à l'initiative de Catherine Simon, veuve du propriétaire du château de la Meslerie, Joseph Rousseau, seigneur de Saint-Aignan. Cette chapelle sert en 1739 et pendant plusieurs mois, d'église paroissiale pour Saint-Julien-de-Concelles. Caroline des Buttes y a épousé Léopold Charrier en 1859 ; | |
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le manoir de la Meslerie (XVIIIème siècle). Il s'agit d'un démembrement du Gué-au-Voyer. Propriété successive des familles de Mercy, Castonnet et Guille des Buttes. Charles Guille des Buttes y est décédé en 1850. Le domaine, dont dépendait le manoir, est acheté avant la Révolution par le baron Chandenier, propriétaire de la seigneurie du Gué-au-Voyer ; | |
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le manoir (1622-1840), situé à la Mahonnière. Il est, semble-t-il, édifié sur les fondations d'un ancien château daté du XIIème siècle. Propriété de Claude Toussaint Roux (au XVIIème siècle) et de la famille Chardonnay (jusqu'à la Révolution). Vendu comme bien national, il devient la propriété de la famille Jamet de Longchamp qui restaure le manoir vers 1840. Le manoir passe ensuite entre les mains de la famille Pellerin et va le rester jusqu'en 1860. La chapelle privée, datée de 1630, est reconstruite après la Seconde Guerre mondiale ; | |
le manoir de Bois-Adam. Propriété successive des familles Reliquet, Collenno, Lachaup, Castonnet des Fosses, Gaspard Normand et Riom-Geffriaud. Les Reliquet de Lépertière étaient conseillers du roi, à la Chambre des Comptes, avant la Révolution. René Reliquet (1716-1783) épouse en 1744 demoiselle Gabrielle Collenno, fille du directeur de la Compagnie des Indes à Nantes. Anne Reliquet de Lépertière épouse Michel Castonnet des Fosses (1771-1836), originaire du Grand-Fougeray et riche propriétaire à Saint-Domingue ; | |
le manoir de La Verrerie, berceau de la famille Letourneux, dont est issu un Préfet devenu Ministre en 1797 ; | |
le manoir de La Jousselinière. Propriété successive des familles Gauvain et de Laly, puis Coqueret de Neuville et Binet ; | |
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le manoir (1720-1822), situé au n° 29, rue Basse-Rivière. Ce manoir est restauré en 1822 ; | |
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la maison (XVIIIème siècle), située à La Guilbaudière ; | |
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la maison du Cléray. Propriété de la famille Pichelin-Mazureau ; | |
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la fontaine Saint-Barthélemy. Son eau soigne, dit-on, les maladies de la peau ; | |
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11 moulins dont celui des Bregeonnes, de la Penneterie, de la Berthaudière, de Cahérault, de la Bourdinière, de Tue-Loup ou Tuloup (XVIème siècle, fin du XIXème siècle), ... ; |
A signaler aussi :
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le puits (XVIIIème siècle), situé à l'Enclose ; | |
la présence d'une villa de l'époque gallo-romaine dans le village de Saint-Barthélemy. En fouillant le sol, de 1880 à 1890, on découvrit des masses de minerais de fer, des débris de poteries romaines et des monnaies à l'effigie des empereurs des IIème et IIIème siècles ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-JULIEN-DE-CONCELLES
Les châtellenies
du Gué-au-Voyer et de la Séneschallière
: Les deux seigneuries du Gué-au-Voyer et de la Séneschallière, sises l'une
et l'autre dans la paroisse de Saint-Julien-de-Concelles, étaient des châtellenies
d'ancienneté unies peu de temps après 1420, en faveur de leur possesseur Jean
Anger, seigneur du Plessix-Anger.
Parlons
d'abord du Gué-au-Voyer. Dès 1320 Tiphaine Le Borgne apporta le Gué-au-Voyer
à son époux Renaud de Montrelais seigneur dudit lieu. A partir de cette époque
et jusqu'au milieu du XVIIème siècle les sires de Montrelais furent en même
temps seigneurs du Gué-au-Voyer. Rappelons seulement les noms de quelques-uns
d'entre eux : Jean de Châteaubriant, seigneur de Porteric, auquel sa femme
Marie de Montrelais apporta le Gué-au-Voyer ; Thébaud Auger, seigneur de
Plessix-Anger, qui eut le Gué-au-Voyer à la suite de son union avec Marguerite
de Châteaubriant ; leur fils Jean Auger reçut la Séneschallière du duc Jean
V en 1420. — Puis vinrent Jean de Maure, seigneur des Brieux, époux en 1491
de Marie Anger et père de Jean sire de Maure et seigneur du Gué-au-Voyer ; —
Louise comtesse de Maure femme de Gaspard de Rochechouart, marquis de Mortemart,
dont le fils Louis de Rochechouart devint à sa mort (1644) seigneur du Gué-au-Voyer.
A la mort de Gabriel
de Rochechouart, duc de Mortemart, arrivée en 1675, son fils Louis-Victor de
Rochechouart, également duc de Mortemart, devint propriétaire du Gué-au-Voyer
et de la Séneschallière qu'il abandonna à son propre fils Louis de
Rochechouart, duc de Mortemart ; celui-ci les céda à sa femme Arme-Marie
Colbert en remboursement de ses deniers dotaux. Mme
de Mortemart vendit, par contrat du 10 mai 1718, ces deux terres et châtellenies
du Gué-au-Voyer et de la Séneschallière à Joachim des Cazeaux, qui en fit
hommage au roi en 1723 (Archives de Loire Inférieure, B 1027). Ce
seigneur mourut à son manoir du Hallay en Saint-Fiacre en novembre 1732
(Archives de Loire Inférieure, E 3583). Françoise
des Cazeaux, vraisemblablement sa fille, hérita de ses seigneuries, et mourut
elle-même le 14 novembre 1743, veuve de Claude Emery, sieur du Boismorin. Après
sa mort le Gué-au-Voyer et la Séneschallière passèrent à René d'Arquistade
et Françoise des Cazeaux, seigneur et dame de la Maillardière en Vertou ; mais
ces terres furent saisies et vendues judiciairement pour payer des créanciers ;
elles furent achetées, le 17 novembre 1769, par Nicolas-Jean de Chandenier,
mari d'Antoinette Rouxeau des Fontenelles ; celui-ci fit en 1714 hommage au roi
pour le Gué-au-Voyer et la Séneschallière (Archives de Loire Inférieure, B
1052).
La châtellenie
du Gué-au-Voyer, relevant directement du duc de Bretagne, sous sa cour de
Nantes, s'étendait surtout en Saint-Julien-de-Concelles, mais elle avait aussi
quelques droits en Vallet, Haute et Basse-Goulaine, le Loroux-Bottereau et la
Chapelle-Basse-Mer. C'était une haute justice avec fourches patibulaires à
quatre piliers accordés par le duc Pierre II en 1456 et élevées dans le champ
de la Justice, avec aussi ceps et colliers attachés à des poteaux armoiriés
dans le bourg de Saint-Julien et près de la chapelle Saint-Barthélemy.
Quand Mme
de Mortemart visita en 1623 sa seigneurie du Gué-au-Voyer, elle s'y trouva un
lundi jour ordinaire des audiences ; aussi vint-elle à son auditoire au bourg
de Saint-Julien, et l'on l'y vit « assise
auprès de son sénéchal, dans l'exercice de son droit de rendre la justice »
(Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré).
Cette même
dame, étant seigneure et fondatrice de l'église de Saint-Julien-de-Concelles
ainsi que de la chapelle tréviale de Saint-Barthélemy, fut reçue à l'entrée
de l'église paroissiale par « les
prestres revestus d'aubes et surplis », qui la conduisirent
processionnellement « à son banc
seigneurial, chantant louanges et prières à Dieu pour elle » (Archives
d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré). Elle jouissait aussi dans le choeur de cette
église de Saint-Julien d'un oratoire prohibitif et de deux pierres tombales
portant ses armoiries.
A la
terre de la Grande-Courbe en Saint-Julien-de-Concelles était attaché l'office
de sergent féodé de la châtellenie du Gué-au-Voyer ; ce sergent devait,
entre autres choses, une paire d'éperons dorés à son seigneur (Déclaration
du Gué-au-Voyer en 1698). Certain
tenancier devait aussi présenter au sire du Gué-au-Voyer « une fouace de quatre deniers le jour où l'on vendange au clos du Gué-au-Voyer
» (Déclaration
du Gué-au-Voyer en 1414). Parmi
les mouvances de la châtellenie se trouvaient les prieurés de Saint-Julien de
Concelles, du Loroux-Bottereau et de Sainte-Radegonde, la seigneurie du
Plessix-Tristan, etc.
Au
seigneur du Gué-au-Voyer appartenaient les coutumes des foires de Saint-Julien
d'hiver (27 janvier) au bourg de Saint-Julien de Concelles, et de Saint-Barthélemy
(24 août) près la chapelle de ce nom ; « le droit d'avoir basteau et chalan sur la Loire pour porter à la
ville de Nantes ses denrées et celles de ses vassaux » ; — «
le droit de pasturage pour 104 moutons dans les vallées de Saint-Julien et de
Haute et Basse-Goulaine depuis l'Annonciation de N.-D. jusqu'à la Magdeleine »
; — un droit de « prévosté à Nantes (valant en 1697 environ 75 livres) sur tous les
navires apportant des marchandises en ladite ville » (Déclarations du Gué-au-Voyer
en 1697 et 1698), — le droit de faire courir quintaine par les nouveaux mariés
de basse conditions (Déclaration
du Gué-au-Voyer en 1414) — enfin « le
droit de faire édifier château et forteresse avec pont-levis au Gué-au-Voyer
et d'obliger les vassaux à y faire la guet » (Déclarations
du Gué-au-Voyer en 1476 et 1695).
Le
domaine du Gué-en-Voyer comprenait « le
chasteau et manoir du Gué-au-Voyer, en Saint-Julien de Concelles, grand
bastiment avec cour, colombier, jardins, bois, garennes, etc.» —les
prairies et vignes dudit lieu ; — les métairies du Boullet, du Bois-chef et
de la Roussetière ; — le moulin à. vent de Cahereau et le moulin à eau de
Bellerivière sur la Loire ; — l'auditoire du bourg de Saint-Julien, etc. (Déclaration
du Gué-au-Voyer en 1697).
Dès
l'origine la Séneschallière releva de la châtellenie de l'Epine-Gaudin ; elle
appartenait en 1308 à Geoffroy Sebran (Archives de Loire Inférieure, B 63).
Mais elle se trouva comprise dans la confiscation de l'Epine-Gaudin opérée en
1420 par le duc Jean V. Ce prince donna alors la Séneschalière à son
chambellan Jean Anger et celui-ci l'unit à sa seigneurie du Gué-au-Voyer. Le
duc se réserva seulement le droit d'exiger du seigneur un épervier comme
rachat (Archives de Loire Inférieure, B 130).
A partir
de cette époque ces deux terres demeurèrent en mêmes mains. Plus tard, en 1694,
un arrêt du Parlement de Paris maintint à la seigneurie de l'Epine-Gaudin la
mouvance des terres et fiefs de la Séneschalière ; néanmoins en 1699, Mme de
Mortemart rendit directement aveu au roi pour sa « chastellenie de la Séneschallière ». La haute juridiction de
la Séneschalière s'étendait dans les trois paroisses de
Saint-Julien-de-Concelles, la Chapelle-Basse-Mer et le Loroux-Bottereau. Parmi
les rentes de la seigneurie notons-en huit « appelées menées accomptées
» ; chacune d'elle consistait en «
un mouton gras et blanc de l'année, une poule grasse, cinq gousses d'ail, 30
grains de poivre, 8 boiseaux de froment et autant d'avoine ». D'autres
tenanciers devaient « deux pipes de vin
rouge du cru » ; enfin les
derniers mariés de la châtellenie étaient tenus au devoir de quintaine
(Déclaration de la Séneschallière en 1699).
Quant au
domaine de la Séneschallière, il consistait dans le manoir de ce nom en
Saint-Julien de Concelles avec sa retenue — les métairies de Fortescu, la Fésantière,
le Recoing, la Sanglière et la Séguinière, — un four banal, un moulin et un
colombier, etc. (Déclaration de la Séneschallière en 1699).
Les châteaux
du Gué-au-Voyer et de la Séneschallière furent ruinés par la guerre que
firent en Bretagne les Français en 1488 ; nous voyons, en effet, à cette époque
le duc François II ordonnant de payer, pour indemnité de cette ruine, 11 735
livres à la veuve du capitaine de ses gardes, François Anger, seigneur du Gué-au-Voyer
(Archives de Loire Inférieure, B 11).
Reconstruits par leur propriétaire, le Gué-au-Voyer et la Séneschallière furent de nouveau détruits pendant la Révolution et n'offrent plus que des ruines ; celles du Gué-au-Voyer consistent en une motte rectangulaire sous laquelle subsistent un couloir et des caves voûtées (Orieux, Histoire et Géographie de la Loire Inférieure, II, 45) (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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