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SAINT-DIDIER

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La commune de Saint-Didier (pucenoire.gif (870 octets) Sant-Ider) fait partie du canton de Châteaubourg. Saint-Didier dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-DIDIER

Saint-Didier vient de saint Didier, archevêque de Vienne (en Isère) et martyrisé en 611-612. 

La paroisse de Saint-Didier, après avoir appartenu à la Collégiale de Notre-Dame de Vitré, est donnée en 1116 par l’évêque de Rennes Marbode à l'Abbaye Saint-Melaine. L'abbé de l'abbaye Saint-Melaine fut confirmé dans la possession. de ce sanctuaire par le Pape et l'archevêque de Tours. Le recteur de Saint-Didier fut longtemps présenté par l'abbé de Saint-Melaine. Ce dernier déclara en 1790 que son presbytère et ses jardin et pourpris ne valaient que 120 livres 11 sols de rente, mais il recevait, en outre, une portion congrue de l'abbaye, grande décimatrice dans la paroisse. A la même époque, la fabrique de Saint-Didier avait un revenu de 90 livres 9 sols, et la bourse des défunts 34 livres 3 sols de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 28 - Pouillé de Rennes). La paroisse de Saint-Didier dépendait autrefois de l'évêché de Rennes. 

La plus ancienne seigneurie de Saint-Didier est, semble-t-il, celle de la Motte-Mérioul qui appartient à la famille Montbourcher au XVème siècle et à la famille Neufville au XVIème siècle. Le château de Mayneuf est érigé en vicomté en 1576 ; il relevait en partie du roi et en partie du baron de Vitré. 

On rencontre les appellations suivantes : ecclesia Sancti Desiderii (en 1116), ecclesia de Sancto Desiderio (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Didier : Jean Roussel ou Joannes Rouxelli (en 1436), Olivier Guyomard (vers 1545), Guillaume Crespel, Jean Jehannin (en 1558), Guillaume Doussé ou d'Oussé (en 1572 et en 1576), Pierre Doussé ou d'Oussé (1598-1604), Jean Hervouin (1604-1619), Pierre de la Porte (1620-1642, inhumé dans le choeur de l'église Saint-Didier), Pierre Perrin (en 1642), Julien Bonestard (1642-1660), Julien Blanchard (1660-1671), Julien Jaulnet ou Jaunay (1671-1688), Jean Debon (1688-1719), Gilles Hamon (1719-1770), Jean-Jacques Coutance (1770-1785), Pierre Clément (1785-1789 et 1803-1809), N... Bouqurel (1809-1811), Jean Travers (1811-1858), Joseph Posson (1858-1871), Jean-Baptiste Huchet (à partir de 1871), ... 

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PATRIMOINE de SAINT-DIDIER

l'église Saint-Didier (XVII-XXème siècle), édifiée en 1679. Saint Didier et saint Golven, évêques, sont les patrons de cette église. Le corps de saint Golven, loin d'être conservé à Saint-Didier ou à Saint-Melaine, comme le disent Ogée et son annotateur (Dictionnaire de Bretagne, 742), était au moyen-âge l'objet d'un culte tout particulier dans la cathédrale de Rennes. Il s'y trouvait érigée une confrérie qui avait 28 livres de rente en 1790. Les prééminences appartenaient en cette église au seigneur de Mayneuf, qui possédait en 1679 le fief du Bourg ou de l'Abbé, évidemment aliéné par les moines de Saint-Melaine. Aussi à cette époque Jean du Boisgeslin, vicomte de Mayneuf, petit-fils de Thébaut et de Radegonde de Rosmadec, déclara-t-il être seigneur supérieur et fondateur de l'église de Saint-Didier, y ayant son banc et son enfeu dans le choeur et ses armoiries dans les verrières. En 1755, la grosse cloche de Saint-Didier eut pour parrain Gabriel du Boisgeslin, baron de la Rochebernard, marquis de Cucé, vicomte de Mayneuf et seigneur de Saint-Didier. Le nouveau clocher date de 1927. Le retable de la Vierge date du XVIIème siècle : on y trouve les statues de la Vierge entourée des statues de sainte Anne (enseignant à la Vierge) et de saint Joseph (accompagnant l'enfant Jésus). Le maître-autel et le retable datent de 1721-1875 : il a été restauré en 1875 et on y trouve une statue de sainte Liporympe en position allongée et quatre reliquaires dont l'un contient les reliques de saint Denis, saint Didier, saint Paul, et les autres reliquaires contiennent les reliques de sainte Liporympe (don de Mme de Sèze, en 1931), saint Crescem, saint Golven. Le maître-autel en fut bénit, le 24 février 1721, par M. Le Gaudiger, recteur de Saint-Jean-sur-Vilaine ; 

la chapelle Notre-Dame-de-la-Peinière (fin XIXème siècle). En 1602, Jean de la Porte, seigneur du Val, fonda la chapellenie de Saint-André de la Peinière, pour être desservie dans la chapelle de son manoir du Val. Cette fondation consistait dans la terre de la Peinière, concédée au chapelain du Val ; mais il n'y avait point alors de chapelle à la Peinière. René Marquer en 1661, et Charles Paillé en 1782, furent pourvus de ce petit bénéfice. Au commencement du XIXème siècle, un petit sanctuaire s'élevait près de la ferme de la Peinière ; était-il ancien ? c'est probable, mais ce n'était qu'un simple oratoire où l'on ne pouvait dire la messe. On y honorait une statue de la Sainte Vierge grossièrement taillée en bois et au pied de laquelle s'opérèrent plusieurs guérisons merveilleuses. Le recteur de Saint-Didier, ayant constaté les faveurs obtenues du ciel en ce lieu par les pèlerins qui devenaient de plus en plus nombreux, fit construire en 1840 une vraie chapelle ; c'est celle qui existe encore à la fin du XIXème siècle. Elle est précédée d'un porche avec escalier, au pied duquel coule une limpide fontaine. L'intérieur de l'édifice est bien décoré et rempli d'ex-voto ; on y voit au-dessus de l'autel l'inscription suivante : Cette chapelle a été bâtie par la piété des fidèles en 1840. La statuette miraculeuse, dont la légende est semblable à toutes celles des statues vénérées en Bretagne, est renfermée dans une sorte de reliquaire, et une autre statue a été solennellement bénite à côté le 21 mai 1877 (Voir Semaine Religieuse de Rennes, XIII, 497). Ce pèlerinage de Notre-Dame de la Peinière a pris à la fin du XIXème siècle une très grande extension, et il est alors question d'y remplacer la modeste chapelle par une belle église plus en rapport avec les besoins du culte et la grande dévotion populaire (Pouillé de Rennes). La construction de l’actuelle chapelle dure de 1895 à 1900 : elle est l'oeuvre de l'architecte Henri Mellet ; 

l'ancien manoir ou château de Mayneuf ou Mesneuf (XVIème siècle). On y trouvait autrefois des douves, un pont-levis, une chapelle privative, un colombier et une prison. Mayneuf est érigé en vicomté en 1576. La chapelle de Mayneuf était en 1724 bâtie dans l'enceinte du château de ce nom : elle n'était point alors fondée de messes. Propriété successive des familles Mayneuf (en 1199), la Cigogne (en 1399), du Hallay (en 1467), Rosmadec (vers 1538), Boisgeslin (en 1608 et 1789) ; 

le manoir du Val (XVIème siècle). Il possédait un droit de haute justice et une chapelle fondée en 1602. La chapelle du Val se trouvait dans la cour de ce manoir. En 1628, Robert des Déserts, seigneur de la Brunelière, y épousa Jeanne de la Vigne. Elle était fondée de deux messes par semaine et dotée de 65 livres de rente en 1713. Mais en 1790 son chapelain jouissait d'une maison et de 7 journaux de terre, valant ensemble 220 livres de rente ; il est probable que dans ce total était comprise la fondation de la Peinière, qui était desservie dans la chapelle du Val, comme nous l'avons dit (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Argentré (en 1369), Léziart (en 1427), Espinay (en 1440), Busson, seigneurs de Gazon (au milieu du XVème siècle), Beaumanoir (vers 1529), la Porte (au XVIème siècle), Marion, seigneurs des Hayes (en 1671), Boispéan (vers 1744), Gascher, Léziart du Dézerseul, Vincendon ; 

le manoir de la Roche-Guyard (XVIIème siècle) ou la Vieille Roche. On y trouve un puits du XVIIème siècle et une chapelle reconstruite en 1755. La chapelle Notre-Dame de la Roche tombait en ruine au XVIIIème siècle. Vers 1753 Jacques Gault, sieur de la Galmandière, avocat au Parlement et propriétaire de la Roche, entreprit de la réédifier et d'y assurer le service divin. Pour atteindre ce dernier but, il demanda à l'ordinaire et obtint la translation à la Roche d'une fondation de messes faite, le 21 juin 1534, par dom Guillaume Bouthemy, prêtre, et desservie jusqu'alors dans l'église paroissiale ; cette translation fut accordée le 22 décembre 1753. Peu de temps après, la chapelle de la Roche, complètement rebâtie, fut bénite le 15 octobre 1755 par le recteur Gilles Hamon et placée sous le patronage de saint Jacques. En 1760, René Roussel fut présenté pour la desservir. De nos jours, par un indult daté du 17 août 1861, Pie IX daigna accorder d'importants privilèges à la chapelle de la Roche, et la plaça sous le vocable de l'Immaculée-Conception. Cette faveur fut accordée à la famille du Bourg, propriétaire de la Roche, en reconnaissance des services rendus par elle au Saint-Siège. Ce sanctuaire fut, par suite, restauré de nouveau et bénit solennellement le 5 novembre 1874 par le recteur, M. Huchet (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles la Roche (en 1416), Champaigné (en 1427), Sévigné (en 1550), Gault, sieurs de la Galmondière (en 1755 et 1765), Du Bourg, Sèze (au XIXème siècle) ; 

le château de la Roche (XIXème siècle), édifié par la famille Sèze à la fin du XIXème siècle ; 

l’oratoire de Saint-Golven (fin du XIXème siècle) ; 

A signaler aussi : 

la croix du cimetière (XVIIème siècle) ; 

l'ancien chapelle Saint-Gervais, aujourd'hui disparue. Saint-Gervais était une chapelle frairienne sise à une demi-lieue du bourg et fondée de deux messes par semaine, les mardi et vendredi. Joachim Perrel en était chapelain en 1622. Cette fondation consistait en 1790 en une maison avec jardin et en 2 journaux 60 cordes de terre, le tout affermé 60 livres. Détruite actuellement, la chapelle de Saint-Gervais a été remplacée par un petit oratoire, encore visible au début du XXème siècle (Pouillé de Rennes) ; 

l'ancienne chapelle de Brétignolles ou Brétigneul, aujourd'hui disparue. Elle dépendait du prieuré de Brétignolles ou Brétigneul, qui fut uni à la mense de l'Abbaye Saint-Melaine de Rennes en 1411. Le prieuré de Brétigneul, en la paroisse de Saint-Didier, « prioratus de Bretegneulles in parochia Sancti Desiderii » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 21), n'a guère laissé de traces dans l'histoire. Il existe bien un moulin du nom de Brétigneul établi sur la Vilaine, et non loin de là un village appelé le Prieuré, mais ces deux localités sont présentement en Saint-Jean-sur-Vilaine et à côté est le village même de Brétigneul, situé en Saint-Aubin-des-Landes. Comme ces lieux sont limitrophes de Saint-Didier, il n'est pas douteux que le prieuré dont nous nous occupons s'y trouvait établi. D'ailleurs, la paroisse de Saint-Aubin-des-Landes n'existait pas au XIIème siècle, ce qui nous fait croire que le prieuré de Brétigneul était plutôt au village de ce nom, probablement alors en Saint-Didier, qu'au village du Prieuré, situé en Saint-Jean et au-delà de la Vilaine. Le prieuré de Brétigneul s'étendait donc en la paroisse de Saint-Didier, et les moines de Saint-Melaine possédaient dès le XIIème siècle l'église de ce nom et la chapelle de Saint-Aubin-des-Landes. En 1116, en effet, Marbode, évêque de Rennes, retira aux chanoines de Notre-Dame de Vitré l'église de Saint-Didier, « ecclesiam Sancti Desiderii », et la donna aux religieux de Saint-Melaine ; ceux-ci durent recevoir vers le même temps la chapelle de Saint-Aubin-des-Landes, « capellam Sancti Albini » ; ils furent confirmés dans la possession de ces deux bénéfices par Josse, archevêque de Tours, en 1158, par Etienne, évêque de Rennes, en 1170, et par le pape Luce III en 1185 (Cartulaire de l'abbaye Saint-Melaine - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 531). La chapelle priorale qui a dû exister à Brétigneul a disparu comme le prieuré lui-même depuis bien des siècles. Seulement, en souvenir de cet antique établissement, les moines de Saint-Melaine jouissaient encore, en 1679, de la présentation de la cure de Saint-Didier, d'une grange avec sa cour et des dîmes grosses et menues de cette paroisse (abbé Guillotin de Corson) ; 

l'ancien manoir de la Motte-Mérioul. Propriété successive des familles Montbourcher (en 1440), du Pé (vers 1445), Neufville (en 1521), Godard, seigneurs de la Loignonnière (en 1553), Busnel, seigneurs de la Touche (en 1789) ; 

l'ancien manoir de la Barre. Propriété successive des familles Déelin (en 1513), Hallay, Rosmadec (en 1564), Boisgeslin, vicomtes de Mayneuf (en 1660 et 1681) ; 

l'ancien manoir de la Baudière. Il possédait au XVIIIème siècle des douves, un pont-levis, des tours, une fuie, et un droit de haute justice. Propriété successive des familles Charon, seigneurs de la Charonnière (en 1463), Sévigné (en 1510), Boisgeslin, vicomtes de Mayneuf (en 1671) ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-DIDIER

La vicomté de Mayneuf : Il existait aux environs de Rennes deux belles seigneuries du nom de Mayneuf ou Mesneuf, l'une en la paroisse de Saint-Didier, l'autre en celle de Bourgbarré ; nous ne nous occuperons ici que de la première, car quoique Mayneuf en Bourgbarré soit au XVIIIème siècle qualifié de châtellenie, nous n'avons trouvé aucune preuve de son érection en cette dignité ; c'était néanmoins une vieille seigneurie relevant de la châtellenie de Bourgbarré et ayant appartenu en 1453 à Jean du Pan, puis à Jean du Boays, mort avant 1507 et mari de Jeanne du Pan. Les du Boays conservèrent Mayneuf pendant près de trois siècles et le dernier d'entre eux Henri-Gédéon du Boays, qualifié comte de Mayneuf, mourut sans postérité en 1754. Son héritier fut Henry Le Maistre, comte de la Garlaye, qui vendit Mayneuf à Julien de la Motte, seigneur de Beaumanoir (décédé en 1787), dont la succession, Mayneut compris fut confisquée par la Révolution. Rien ne prouve que Mayneuf en Saint-Didier ait appartenu à la famille d'Andigné quoiqu'en ait écrit Potier de Courcy dans son Nobiliaire de Bretagne. Le plus ancien possesseur connu de cette terre de Saint-Didier est à la fin du XIVème siècle Bernard de la Cigogne, qui rendit aveu au duc de Bretagne en 1399 pour la partie de Mayneuf relevant de ce prince. Ce seigneur vivait encore en 1417 et il eut pour successeur Jacques de la Cigogne qui épousa Jeanne du Houx et la laissa veuve en 1467. Marguerite de la Cigogne issue de cette dernière union hérita de la seigneurie de Mayneuf et l'apporta à son mari Jean du Hallay, sire du dit lieu ; cette dame était morte en 1471, car à cette époque Jean du Hallay fournit le 12 août au duc le minu de Mayneuf, au nom de son fils mineur Gilles du Hallay, héritier de sa défunte femme (Archives de Loire-Inférieure, voir Saint-Didier). Gilles du Hallay, seigneur dudit lieu et de Mayneuf, épousa : - 1° Jeanne d'Ust, - 2° Catherine de la Charonnière qui lui survécut ; il rendit aveu pour Mayneuf en 1494 et mourut le 8 novembre 1505 ; l'année suivante Olivier Le Vayer, oncle et tuteur de son fils François du Hallay, fournit le minu de Mayneuf au roi. Ce François du Hallay devenu majeur rendit lui-même aveu pour Mayneuf en 1511 tant au roi qu'au baron de Vitré (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, fonds de Vitré) ; il épousa Louise Rabaud et décéda en mars 1528. Geneviève du Hallay, vraisemblablement fille du précédent, s'unit à Etienne de Rosmadec, reçu conseiller au Parlement de Bretagne en 1554, et lui apporta la terre seigneuriale de Mayneuf ; elle en était veuve dix ans plus tard et rendit aveu au baron de Vitré le 5 août 1564 au nom de ses enfants mineurs (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, fonds de Vitré). L'aîné de ceux ci Guillaume de Rosmadec devint seigneur de Buhen et de Mayneuf, fut chevalier de l'Ordre du roi, grand veneur et grand maître des eaux et forêts de Bretagne. Il mourut en 1608 et fut inhumé dans l'église collégiale de Notre-Dame de la Cour qu'il avait fondée en la paroisse de Lantic, au pays de St-Brieuc, berceau de sa famille. On y voit encore au milieu du XIXème siècle son beau sarcophage surmonté de sa statue au devant du choeur ; il est représenté vêtu de son armure de chevalier et sur le pommeau de sa longue épée est son écusson d'or à trois jumelles de gueules. Autour du tombeau est gravé ce qui suit : CI GIST LE CORPS DE DEFFUNCT MESSIRE GUILLAUME DE ROSMADEC, CHEVALIER DE L'ORDRE DU ROY, VICOMTE DE MAYNEUF, SAINT-DIDIER, CHASTELAIN DE BUHEN, GOUVERNEUR DE VITRÉ SEIGNEUR SUPÉRIEUR ET FONDATEUR DE CESTE ÉGLISE, DÉCÉDÉ LE V AVRIL MDCVIII. Radegonde de Rosmadec, fille ou soeur de ce grand seigneur, épousa Thébaud de Boisgeslin et lui apporta la vicomté de Mayneuf ; elle mourut vers 1613 car le 28 avril 1618, leur fils Jean de Boisgeslin fit hommage au roi pour Mayneuf qu'il possédait du chef de sa mère morte depuis cinq ans (Archives de Loire-Inférieure, B. 1017). Ce Jean Ier de Boisgeslin épousa Gilonne Martin, fille d'un alloué de Rennes, qui se trouvait veuve de lui en 1629. Jean II de Boisgeslin, fils des précédents, seigneur de Mayneuf, fut d'abord conseiller au Parlement de Bretagne en 1644, puis reçu en 1653 président à mortier en la même cour. Le 4 octobre 1647 il épousa René Pépin, fille du seigneur de Fretay ; devenu veuf il se remaria, le 27 avril 1664, avec Marguerite d'Espinoze veuve de Jean de Rosnyvinen, seigneur de Piré. Il vivait encore en 1680 et eut pour successeur son fils aîné, issu de sa première union, Gabriel de Boisgeslin qui avait épousé, le 29 juillet 1672, Anne de la Bourdonnaye. Ce nouveau vicomte de Mayneuf avait acheté dès 1679 le marquisat de Cucé ; devenu en 1687 président à mortier au Parlement de Bretagne il mourut à Rennes le 27 février 1730. Son fils Regnaud-Gabriel de Boisgeslin, vicomte de Mayneuf et marquis de Cucé, président à mortier au Parlement de Bretagne, épousa : - 1° en 1723 Jeanne du Roscoat et - 2° en 1745 Thérèse Le Prestre de Châteaugiron ; il mourut le 19 septembre 1774. Il laissa sa vicomté de Mayneuf à son fils Jean-de-Dieu-Raymond de Boisgeslin, archevêque d'Aix, qui rendit aveu au roi en 1775 et fut le dernier seigneur de Mayneuf, n'étant mort qu'en 1802 cardinal et archevêque de Tours. La seigneurie de Mayneuf relevait partie du roi sous son domaine de Rennes, partie du baron de Vitré. Elle fut érigée en vicomté par Henri III, le 15 décembre 1576, en faveur de Guillaume de Rosmadec, et non pas en 1478 comme l'a écrit Potier de Courcy. Cette date exacte se trouve relatée dans les lettres patentes de Louis XIV données en août 1680 à Jean de Boisgeslin et unissant la seigneurie de la Baudière à la vicomté de Mayneuf ; ces dernières lettres furent enregistrées au Parlement de Bretagne le 9 mai 1684 (Archives du Parlement de Bretagne, 25e reg. 87). La terre seigneuriale de la Baudière en Saint-Didier, relevant aussi partie du roi et partie du bacon de Vitré, — venue aux mains des seigneurs de Sévigné par le mariage en 1510 de François de Sévigné avec Catherine de la Charonnière dame de la Baudière — fut vendue, le 18 avril 1671, par Marie de Rabutin la célèbre marquise de Sévigné à Jean de Boigeslin vicomte de Mayneuf, qui l'incorpora à sa vicomté (Lettre de Mme de Sévigné, édition des Grands Ecrivains IV, 251). 

Voici donc de quoi se composait au siècle dernier la vicomté de Mayneuf : Le château de Mayneuf « beau chasteau seigneurial fermé de fossés à fonds de cuve avec pont levis », première et seconde cours, chapelle dédiée à saint Sauveur avec clocher en dôme et horloge, colombier et vis-à-vis prison aux coins de la basse-cour ; — les métairies des Maisons-Neuves et de la Barre (ancien manoir); — l'étang et le moulin de Mayneuf appelés jadis Montgazon ; — le bois de Mayneuf ; — les fiefs de Saint-Didier, du Bourg, de la Roche-Guyart, de Tesnières, etc. etc. s'étendant en Saint-Didier, Cornillé, Piré et Louvigné-de-Bais ; — le manoir de la Baudière avec ses tours, pavillons, douves et pont-levis, deux cours closes de murs, bois et colombier ; — les métairies de la Baudière ; — les moulins dits Moulins Neufs sur la Vilaine — les fiefs de la Haute Baudière et de la Touche, en Saint-Didier, etc. Tout ce qui précède relevait de la baronnie de Vitré. A quoi il faut ajouter ce que tenait du roi le vicomte de Mayneuf : les métairies nobles de Beauvais et de Launay — le moulin de la Roche-Guyart sur la Vilaine avec ses pêcheries — les fiefs de Fief­en-chef, de la Fonchaye et de Barguigné s'étendant en Saint-Didier, Domagné, Chancé et Châteaubourg (Déclarations de Mayneuf et de la Baudière, en 1572, 1606 et 1775). La vicomté de Mayneuf s'étendait donc en sept paroisses et ressortissait partie du présidial de Rennes, partie de la cour de Vitré. Sa haute justice, exercée au bourg de Saint-Didier, avait quatre piliers qui se dressaient sur la route de Vitré à Rennes au pâtis de la Garde, un pilori avec ceps et collier dans le cimetière de Saint-Didier et au même lieu « une demi-colonne de pierre fichée en terre où se paient les rentes ». Ses principales mouvances nobles étaient le Val, la Roche-Guyart, le Mesnil-Rabaud, le Fail, etc. (Déclarations de Mayneuf et de la Baudière, en 1572, 1606 et 1775). Le vicomte de Mayneuf était seigneur supérieur et fondateur de l'église de Saint-Didier ; il y jouissait de toutes les prééminences « avec enfeu dans le choeur couvert de grands tombeaux armoriés : de gueules à une bande échiquetée d'or et de gueules brochant sur un semis de fleurs de lys d'or (nota : Ce blason, qui n'est ni celui des du Hallay, ni celui des de Rosmadec, pourrait bien constituer les armoiries des de la Cigogne inconnues jusqu'à présent), deux bancs à queue armoriés de même, l'un au chanceau du côté de l'évangile, l'autre en la nef devant l'autel de Notre-Dame, et lisière et écussons tant en dedans qu'en dehors de l'église » (Déclaration de Mayneuf en 1606). Il existait à Saint-Didier un assez singulier usage le Vendredi Saint : ce jour-là tous les boulangers vendant du pain dans le bourg « doivent livrer au sergent de Fief-en-chef (dépendant de Mayneuf) un couple de pains blancs, lesquels sont rompus par morceaux et jetés à la commune, (c'est-à-dire au peuple) de la paroisse après le service divin fait, (le dit sergent étant sur la haulte marche de la croix du cimetière et disant ces mots : En observant et entretenant les bonnes et anciennes coutumes et en vous remémorant que le seigneur de Maineuff est votre seigneur supérieur et premier fondateur de cette église, voilà des enseignes pour la reconnaissance que ledit sire est seigneur supérieur et fondateur de ladicte église et paroisse de Saint-Didier » [nota : Déclaration de Mayneuf en 1572. — Cet aveu richement enluminé sur vélin porte en pleine première page l'écusson de Rosmadec : d'or à trois jumelles de gueules, entouré du collier de Saint-Michel. (Archives de la Loire-inférieure)]. Au vicomte de Mayneuf appartenait le droit de tenir deux foires au bourg de Saint-Didier le 11 février et le 23 mai. A l'origine, les nouveaux mariés de la paroisse devaient courir quintaine à « la dernière férie de Pasques », mais cette course fut supprimée « par cause d'accidents causés auxdits mariés par les chevaux ». Ce droit de quintaine fut « converti en un pot de vin et un pain blanc que doibvent (en 1606) lesdits mariés aux officiers de la vicomté à l'issue des vespres de ladite férie ; de plus lesdits nouveaux mariés doibvent entretenir les buttes (assises près le bourg en un champ où se courait ladite quintaine avant qu'elle fut supprimée et où se trouve la croix de Saint-Sauveur) pour qu'on puisse, la deuxiesme férie de la Pentecoste, y tirer de l'arc et exercer la jeunesse, et doibvent aussi y fournir un joyau » (Déclaration de Maineuf en 1606). Au milieu du XIXème siècle le château de Mayneuf complètement rasé est remplacé par une maison de ferme insignifiante ; à peine y découvre-t-on quelques traces des anciennes douves et la chapelle dégradée et convertie en pressoir (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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