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SAFFRE

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La commune de Saffré (bzh.gif (80 octets) Saverieg) fait partie du canton de Nozay. Saffré dépend de l'arrondissement de Châteaubriant, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAFFRE

Saffré vient de l'anthroponyme gallo-romain "Safria", avec le suffixe "acum" (domaine).

Le nom de Saffré est attesté dès 1123 dans des chartes. Le premier seigneur de Saffré semble avoir été Hamelin de Saffré qui est inhumé à l'abbaye de Melleray (fondée en 1145) dans le courant du XIIème siècle. Ses fils Guillaume et Judicaël font à cette occasion une aumône aux religieux en présence d'Orric, prêtre de Saffré. Ce Guillaume Ier de Saffré a pour fils Alain Ier de Saffré, époux d'Auréale veuve du sire de Pannecé. Alain donne à son tour à l'abbé André de l'abbaye Notre-Dame de Melleray, en 1220, une partie des dîmes qu'il possède dans la paroisse de Saffré et un bailliage appelé le Fief-Robert.

 Ville de Saffré (Loire-Atlantique).

Le fief de Saffré (dans la paroisse de Saffré) en qualité de seigneur, est tenu chronologiquement par les familles Tournemine (par mariage, en 1416, de Jeanne de Saffré et Jean de Tournemine), Avaugour (de la branche cadette de Kergroix), Machecoul (par mariage, de René d'Avaugour et de Gabriel de Machecoul), La Chapelle (de la branche cadette de La Roche-Giffart, par mariage, en 1656, de Marguerite de Machecoul et d'Henri II de La Chapelle).

La branche aînée de la famille Saffré détenait, à l'origine, les fiefs de Saffré (paroisse de Saffré), de Houssay (paroisse de Saffré), de Sion (paroisse de Sion, par mariage, d'Anne de Sion et d'Alain Ier de Saffré), de La Jarrie (paroisse du Clion), de Bourgon (paroisse de Couëron), de Chavagnes (paroisse de Sucé), du Marais-Henri (paroisse de Chauvé), de La Tréhuère (paroisse de Ligné), de La Moricière (paroisse de Pont-Saint-Père), de La Ville-Aubert (paroisse de Frossay), de La Mauvesetière (paroisse de Saint-Herblain) et de La Gravière. 

L'église primitive, qui avait été reconstruite au XIVème siècle, est remplacée en 1857 par l'édifice actuel.

En 1812, s'installe sur le territoire de Saffré le camp de Jarriais, destiné à recevoir les prisonnier espagnols qui sont chargés de creuser le canal de Nantes à Brest (jonction entre l'Erdre et l'Isac).

Ville de Saffré (Loire-Atlantique).

Note 1 : Né en 1754, à Saint-Domingue, Jacques Edmé Léger Cottin dit l'Américain, épouse en 1783 Elisabeth Henriette O'Riordan, fille héritière du seigneur de Saffré. Il prend possession du château de Saffré en 1785.

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de Saffré : Guillaume Cochetel, Gilles Cosnier, Yves Perron, Pennec, Boussais, Jean Mocquart (à la Révolution), François Mahu (de 1805 à 1816), Marchand Barnabé (de 1817 à 1844), Bidaud, François Brunet (de 1860 à 1872), Joseph Remaud, ....

Note 3 : Instruction publique à Saffré. — Nicolas Brossaud, prêtre, est qualifié magister de Saffré, en 1531, dans deux actes de reconnaissance de rente. Bertrand Géraud, sieur du Houssay, déclare qu'il lui doit une rente de 20 sous à lui et à ses successeurs ; et les enfants de Macé de Losche, la même année, viennent s'engager à lui payer aussi, chaque année, une rente de 25 sous. Ces deux rentes avaient été léguées au maître d'école de Saffré, par le recteur Jean Cochetel, quelques années auparavant (Inventaire des titres du château de Saffré, 1780 - Cabinet de M. Bretaud-Billou). La classe se faisait an bout des jardins de la cure, dans une maison de laquelle dépendait un pré de 2 journaux. Elle fut transférée plus tard, par voie d'échange, dans une maison située dans la rue ès-Belon. On a la preuve que la paroisse avait une école ouverte, en 1654 et en 1726 (Archives de la cure de Saffré). L'évêque de Nantes, voulant assurer un traitement convenable au titulaire, accorda la réunion du bénéfice de Sainte-Marguerite, dont le temporel valait environ 350 livres ; cependant on ne trouva pas de suite un maître pressé de jouir de cette rétribution. Le prêtre qui prit alors la direction de l'école n'arriva qu'en 1752 et les filles n'avaient pas encore de maîtresse, en 1755 (Brevets des recteurs – Archives départementales, G 57). (L. Maître).

 Ville de Saffré (Loire-Atlantique).

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PATRIMOINE de SAFFRE

 

l'église Saint-Pierre-et-Paul (1857-1874), située place Saint-Pierre. L'ancienne église, trop petite, est rasée en 1857. L'église actuelle comprend un clocher en façade. Le portail ouest est surmonté d'une statue de la Vierge. Les vitraux (vers 1880) représentent les trois curés qui ont œuvré à la réalisation de la nouvelle église : Jacques Bidaud, Joseph Revest et François Brunet ;

 Eglise de Saffré (Loire-Atlantique).

 

Eglise de Saffré (Loire-Atlantique).

la croix Richard (XVIII-XIXème siècle), située au Pont-Rouge ;  

la croix de la famille Carcouet (XVIIIème siècle), située à La Bouzenais ;  

le château primitif de Saffré (XIII-XIV-XVIème siècle). On accédait jadis au château entouré de douves, par un pont-levis, détruit vers 1840 par Hubert Le Loup de Beaulieu (maire de Saffré de 1825-1830 et qui avait acquis le château en 1824). L'aveu de 1679 précise "le chasteau de Saffré avec ses tours, cernoyé de ses douves et pontlevis, avec les bastiments en dehors de l'enceinte, fuie, estang, bois, vignes, près, etc..". La châtellenie de Saffré (qui comprenait la paroisse entière de ce nom et s'étendait dans les paroisses voisines : Puceul, Nort-sur-Erdre et Joué) avait droit de haute justice, avec dans le bourg de Saffré "l'auditoire, la prison et les cep et collier, et non loin s'élevait un gibet à quatre potences". Au XIIème siècle, Alain de Saffré et Hamelin sont les premiers seigneurs de Saffré. Les familles Tournemine (en 1440), Laval, d'Avaugour (en 1542) et de Crux (en 1690) leurs succèdent aux siècles suivants. En mars 1590 "le prince de Dombes prit le château de Saffré défendu par les troupes du duc de Mercoeur". En 1715, un fils puîné du marquis de Crux de Vieillevigne (nouveau converti au protestantisme revenu d'Angleterre lequel pris le nom de Touvois), époux de Mlle de la Rondelière, est accusé de prêcher en son château de Saffré. En 1752, la seigneurie est acquise par la famille O'Riordan (ou Oriordan), famille d'origine irlandaise (qui a construit en partie sa fortune sur le trafic d'esclaves). Le dernier seigneur du lieu est Jacques Edmé Cottin en 1785, époux d'Elisabeth-Henriette O'Riordan. Il se retire à Saffré en 1799, devient maire, et y meurt en 1823 ;  

le château de Saffré (XIXème siècle). Propriété de Hugues le Loup de Beaulieu, maire de Saffré de 1825 à 1830, puis de la famille Bretault-Billou en 1850, d'Alexis Ricordeau (avocat nantais) en 1895. Ce dernier et son fils sont maires de Saffré de 1902 à 1945. Durant la Seconde Guerre Mondiale, les Allemands installent au château le siège de la Kommandantur. Ce château devient ensuite la propriété de la commune de Saffré ;

 Château de Saffré (Loire-Atlantique).

 

le temple protestant (XVIIème siècle), situé dans le château de Saffré. René d'Avaugour se convertit au protestantisme au XVIème siècle et rallie le camp des puissants Rohan de La Groulais, à Blain. La chapelle du château est alors transformée en lieu de culte de l'Eglise réformée ;  

le manoir de la Bottinière (XV-XVIIème siècle). Propriété, au XIXème siècle, de M. Gautier, maire de Saffré ;  

le manoir du Mont-Noël ou Montnoël (1583), situé rue du Mont-Noël et rue du Manoir. Il semble que ce manoir soit édifié à l'emplacement d'une ancienne villa gallo-romaine. L'ancien propriétaire de cette villa est peut-être Safria (à l'origine du nom de la commune de Saffré). Le pavillon central date de 1853. La tourelle de droite est la plus ancienne et date du XVIème siècle. Propriété successive des familles Lespaigneul au XVIème siècle, Four de Vaudricourt, Pineau au XVIIIème siècle et Saulnier de La Prévalaye. La famille de Lespaigneul était très liée avec les d'Avaugour (seigneurs de Saffré et de Kergrois) et était alliée aux Pactral, aux Mauvilain et aux Le Vavasseur ;

 Manoir de Saffré (Loire-Atlantique).

le presbytère (XVIIIème siècle), situé place Saint-Pierre ;  

la fontaine du presbytère (vers le XVIIIème siècle) ;

le camp des Espagnols (1812). Il s'agit d'un camp de prisonniers espagnols en charge du creusement du canal de jonction entre l'Erdre et l'Isac. Ils ont été fait prisonniers lors du soulèvement à Madrid en 1808. Le camp est fermé en 1814 et les travaux de creusement ne reprennent qu'en 1822, sans prisonnier cette fois ;  

l'oratoire du maquis de Saffré (1944). Le 6 juin 1944, la résistance décide d'établir un maquis dans la forêt de Saffré. Ce maquis compte environ 350 jeunes, le 18 juin 1944. Les Allemands décident d'attaquer le maquis le 28 juin 1944. Devant la supériorité des Allemands, les maquisards sont obligés de se replier laissant derrière eux de lourdes pertes : 13 tués sur place, 27 fusillés le 29 juin 1944 à la Bouvardière, deux sont exécutés par les miliciens le 13 juillet 1944 et 29 personnes sont arrêtées et déportées. Côté allemand, on dénombre 180 morts et environ 200 blessés ;  

3 moulins dont celui de La Praie, Grand-Moulin, de la Morterais ;

Etang du château de Saffré (Loire-Atlantique).

A signaler aussi :

 

la découverte en 1895 de fossiles (ère tertiaire) au lieu-dit " Bois-Gouet " ;  

la découverte en 1965 au village de La Jossaie de haches à talon (vers 1450-1250 ans avant Jésus-Christ) .

l'ancien manoir du Houssay. Jean Géraud, écuyer, sieur du Houssay en 1627 et décédé à Nozay en 1655, était l'époux de Jeanne du Gué, fille de Pierre du Gué, écuyer, sieur de Bohallard (à Puceul). Leurs enfants sont : - Guyonne Géraud, épouse d'Arthur Hubert, écuyer, sieur de la Saudraie. - Jacques Géraud, écuyer, sieur du Houssay, époux d'Anne Morel. Ces derniers ont quatre enfants : - le 25 juillet 1646, baptême de Charles, fils de Jacques Géraud et d'Anne Morel, sieur et dame du Houssay (parrain Charles Symon ; marraine, Jeanne Chatier, dame du Grémil) ; - le 15 octobre 1652, baptême de Marie et René Géraud. Le parrain de la dite Marie se nomme François Raguideau, écuyer, conseiller auditeur à la chambre des comptes, et la marraine est Marie Beluen. Le parrain dudit René est René la Petit, écuyer, sieur de la Guinaudière, et la marraine, Henriette de Lestourbeillon, dame de la Neufville et de la Savinaie (Savinay, en Puceul), épouse de Jean de Montmorency (décédé le 1er mai 1657 à Puceul). Marie Géraud épouse François Pigeaud, sieur de la Bellière. De cette dernière union sont issus deux enfants : François et Louise. Veuve, Marie Géraud épouse en secondes noces, Jean Pigeaud, sieur de la Bellière. De nouveau veuve, elle épouse le 22 juillet 1692 François Michiel, écuyer seigneur de la Lizardaye (en Grand-Fougeray). - le 22 mars 1654, baptême d'Anne, fille de Jacques Géraud et d'Anne Morel, sieur et dame du Houssay (parrain Charles Géraud et marraine Marie de Montmorency). Le 9 août 1662 à lieu la sépulture d'Anne Morel, épouse de Jacques Gué, écuyer, sieur du Houssay (en Saffré) et de Bohallard (en Puceul), laquelle fut inhumée dans la chapelle attenante à l'église, du côté gauche. Anne Géraud, dame de Bohallard hérita du bien paternel (Jean Géraud et Jeanne du Gué ses grands-parents) ;

Manoir du Bois-Allard de Saffré (Loire-Atlantique).

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ANCIENNE NOBLESSE de SAFFRE

Les Seigneurs du Pays de Saffré (châtellenie de Saffré) depuis le XVème siècle  :
- 1200 Main de Saffré, chevalier.
- 1360 Foulques de Saffré, dont le fils épousa l'héritière de Sion.
- 1394 Alain, fils d'autre Alain, chevalier.
- 1410 Jehanne de Safré, épouse de Jehan de Tournemine, seigneur de la Hunaudaye.
- 1460 Gilles de Tournemine, leur fils.
- 1477 François de Tournemine, fils du précédent qui acquit en 1493 les dépendances de la Chatellenie Bannerette de Fresnay en Saffré et Puceul, supérieure de la Chatellenie Bannerette de Saffré, et réunit celle-ci à Saffré.
- 1525 Françoise de Tournemine, épouse de Claude d'Annebault, amiral de France.
- 1527 Jehan de Laval, sire de Châteaubriant, usufruitier.
- 1542 Le même devenu propriétaire.
- 1542 Louis d'Avaugour, seigneur de Kergrois, acquéreur par échange.
- 1552 René d'Avaugour, son fils.
- 1580-1621 Charles, son fils aîné, marié à N. de la Chapelle de la Roche-Giffart.
- 1621 Samuel d'Avaugour, leur fils.
- 1642-1656 Renée d'Avaugour, mariée à Gabriel de Machecoul.
- 1656-1672 Marguerite de Machecoul, leur fille, mariée à Henri de la Chapelle, marquis de la Roche-Giffart, dont elle était séparée de biens.
- 1675-1689 Anne-Claire de la Chapelle, fille de Marguerite de Machecoul, mariée à Claude de Damas, marquis de Thiauges, donataire par le roi des revenus des biens de Marguerite de Machecoul, réfugiée pour cause de religion.
- 1690 Louise de Machecoul, épouse de M. de Crux, marquis de Corboyer, héritière de Marguerite de Machecoul, marquise de la Roche-Giffart sa soeur aînée.
- 1700 Armand-Gabriel de Crux.
- 1705 Gabriel-Antoine de Crux.
- 1730 Henri-Louis de Crux.
- 1737 Hardouin-René de Crux et demoiselle Françoise-Madeleine de Crux.
- 1752 Etienne O'Riordan, acquéreur.
- 1785 Jacques-Edme-Léger Cottin et Elisabeth-Henriette O'Riordan, acquéreurs par licitation.
- 1824 Hubert le Lou de Beaulieu, et sa femme née Le Bret.
- 1850 Joseph-Jean Bretault-Billou, acquéreur le 19 juillet 1850.
- 1882 Julien-Pierre Litoux, et sa femme née Eugénie Bretault-Billou, par héritage 1er janvier 1882.

La châtellenie de Saffré : le premier seigneur de Saffré semble avoir été Hamelin de Saffré qui fut inhumé à l'abbaye de Melleray dans le courant du XIIème siècle. Ses fils Guillaume et Judicaël firent à cette occasion une aumône aux religieux en présence d'Orric, prêtre de Saffré. Ce Guillaume Ier de Saffré eut pour fils Alain Ier de Saffré, époux d'Auréale veuve du sire de Pannecé. Alain donna à son tour à Melleray en 1220 une partie des dîmes de la paroisse de Saffré et un baillage appelé le Fief-Robert (Archives de Loire Inférieure, C561 et H58). Il est encore fait mention dans le Cartulaire de Melleray d'une Ameline, femme d'Ebon de Saffré, qui donna à ce monastère sa part des coutumes de Quiheix en Nort, mais la charte de cette donation n'est point datée. Guillaume II de Saffré succéda à Alain Ier et offrit en 1233 lui-même un autre fief en Saffré aux Chevaliers du Temple de Nantes (Archives de la Vienne, 3H541).

Vint ensuite Foulques de Saffré, vivant en l'an 1300, dont le fils Alain II de Saffré épousa Annie de Sion, dame dudit lieu. En 1394 Alain III de Saffré, fils des précédents, fonda la chapellenie de Sainte-Marguerite en l'église de Saffré, pour le repos de l'âme de son défunt père Alain II (Archives de Loire Inférieure, G566). Seigneur de Saffré et de Sion, Alain III de Saffré épousa d'abord Philippette de Laval pour l'âme de laquelle il fonda une messe de Requiem en l'église abbatiale de Buzay en 1403 (Archives de Loire Inférieure, G566) ; il se remaria à Olive de Bourgon qu'il laissa veuve le 1er septembre 1407 (Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 230). Dom Morice nous a conservé le sceau de ce seigneur en 1395 : il porte les armoiries de la maison de Saffré : D'azur à trois croisettes fleurdelysées d'or et pour légende : SCEL ALAIN DE SAFFRE. Alain III de Saffré avait eu un fils nommé Alain comme lui, — mais qu'il eut la douleur de voir mourir — et une fille Jeanne de Saffré qui épousa Jean Tournemine, seigneur de la Hunaudaye, et lui apporta les châtellenies de Saffré et de Sion ; ce dernier en jouissait en 1410. Jeanne de Saffré fonda en 1452 les chapellenies de Notre-Dame et de Sainte-Catherine pour être desservies dans la chapelle qu'elle se proposait d'édifier près de son manoir de Saffré. Cette dame mourut le 28 octobre 1459, laissant ses terres à son fils Gilles Tournemine seigneur de la Hunaudaye (De l'Estourbeillon - Archives du château de Saffré, 21). Celui-ci eut de Marie de Villiers sa femme deux garçons qui possédèrent, l'un après l'autre, la châtellenie de Saffré ; François Tournemine, décédé le 3 février 1500, sans postérité, quoique marié deux fois avec Marguerite du Pont et Jacquette de Tréal — et Georges Tournemine qui contestait en 1501 la légitimité de cette dernière union, ne voulant pas donner de douaire à la veuve, mais rendait aveu cette même année pour la seigneurie de Saffré (Archives de Loire Inférieure, B, v. Saffré et E1260). Georges Tournemine, sire de la Hunaudaye et de Saffré, épousa : -1° Renée de Villeblanche, -2° Anne de Montejean ; il mourut le 14 mai 1524, ne laissant qu'une fille nommée Françoise, issue de son premier mariage (Archives du château de Saffré, 46). Françoise Tournemine épousa : -1° Pierre de Laval, seigneur de Montafilan, -2° Jacques sire de Montejean, -3° Claude d'Annebault, seigneur de Saint-Pierre et amiral de France. Celui-ci devenu par son mariage seigneur de Saffré vendit cette terre. En 1527 Jean de Laval, baron de Châteaubriant, se trouvait déjà usufruitier de Saffré, en attendant d'en être le propriétaire foncier ; ceci ne tarda pas, car en 1542 Jean de Laval céda, le 5 juin, la châtellenie de Saffré à Louis d'Avaugour, seigneur de Kergrois, qui s'empressa d'en faire, la même année, hommage au roi (Archives de Loire Inférieure, B1008 et E586). René d'Avaugour, fils de ce dernier seigneur et de Jeanne du Cellier sa femme, épousa en 1553 Renée de Plouër et rendit aveu au roi, l'année suivante, pour la châtellenie de Saffré que venaient de lui laisser ses parents défunts (Archives du château de Saffré, 70 et 71). Il embrassa le protestantisme et réunit à Saffré les huguenots du pays. A sa mort arrivée le 14 mars 1583, il fut néanmoins inhumé dans l'église paroissiale de Saffré. Charles d'Avaugour, fils du précédent et comme lui seigneur de Kergrois et de Serré, rendit aveu au roi pour cette châtellenie en 1585 (Archives du château de Saffré, 105). Il épousa Renée de la Chapelle fille du seigneur de la Roche-Giffart. Cette dame, zélée protestante comme son mari, étant décédée, fut inhumée, le 1er janvier 1606, dans l'église de Saffré qui fut considérée cette fois comme polluée par l'autorité ecclésiastique (Archives de Loire Inférieure, E2555). Son époux, Charles d'Avaugour, mourut lui-même au mois d'août 1613 et Marguerite Tillon, douairière de la Roche-Giffart, fit en 1617 hommage au roi pour la terre de Saffré au nom de son petit-fils, Samuel d'Avaugour, orphelin dont elle se trouvait tutrice (Archives de Loire Inférieure, B1009). Samuel d'Avaugour, sire de Kergois et de Saffré fut un érudit ; il décéda en 1633, sans postérité, laissant sa fortune à sa soeur Renée d'Avaugour, femme de Gabriel de Machecoul, seigneur de Vieillevigne ; ces deux époux firent, le 23 juin 1635, hommage au roi pour leur châtellenie de Saffré (Archives de Loire Inférieure, B1009). La fille de ces derniers, Marguerite de Machecoul, hérita d'eux en 1673 et devint ainsi dame de Saffré. Epouse, séparée quant aux biens, d'Henri de la Chapelle, sire de la Roche-Giffart et marquis de Fougeray, réfugiée à l'étranger comme lui, à cause de son attachement au protestantisme, elle vit ses biens confisqués et donnés par le roi à sa fille Anne-Claire de la Chapelle, femme de Claude de Damas, marquis de Thianges. Cette dernière dame mourut le 7 juillet 1686, sans postérité, et sa succession fut recueillie par sa tante Louise de Machecoul, veuve de Jacques de Crux, marquis de Corboyer. Celle-ci ne tarda pas à se démettre de la châtellenie de Saffré  en faveur de son fils Gabriel-Antoine marquis de Crux, qui rendit aveu pour cette terre au roi en 1694 (Archives de Loire Inférieure, B, v. Saffré et E529). Le marquis de Crux mourut en 1713, laissant veuve Françoise de Saint-Martin. L'aîné de leurs enfants était Armand-Gabriel, marquis de Crux, qui prit aussi le titre de sire de Saffré ; mais il paraît bien que cette châtellenie échut en partage à un frère puîné de ce marquis, Jean-Antoine de Crux, seigneur de Touvois. Voici, en effet, ce qu'en dit Vaurigaud : « En 1715 le seigneur de Touvois, fils puîné du marquis de Crux, était seigneur de Saffré ; il avait épousé Mlle de la Rondelière et, étant revenu d'Angleterre, il habitait parfois le château de Saffré ; quoiqu'ils fussent l'un et l'autre catholiques, on les accusait à Saffré de professer en secret la religion protestante ». Ce seigneur de Saffré, qualifié comte de Crux, décéda en 1736, laissant deux enfants mineurs Hardouin et Françoise de Crux ; ce fut le curateur de cette dernière qui fournit en son nom, en 1739, au roi le minu de la terre de Saffré. Quelque temps après la châtellenie de Saffré fut mise en vente et achetée par Etienne O'riordan de Derryzoe, originaire d'Irlande, qui épousa ensuite à Nantes, le 30 avril 1753, Elisabeth Nagle de Montragle (Archives communales de Nantes, C. C., 104). Ce nouveau seigneur de Saffré mourut, âgé de quatre-vingts ans, en septembre 1780 (Archives de Loire Inférieure, E2569). Il laissait plusieurs enfants, parmi lesquels une fille, Henriette O'riordan, qui épousa Edme Cottin et lui apporta la terre de Saffré ; ce fut le dernier seigneur du lieu.

Saffré, châtellenie d'ancienneté, relevait à l'origine de la baronnie de Fresnay, dont nous avons parlé à propos du marquisat de Blain comprenant la terre de Fresnay. Mais le sire de Saffré ayant en 1493 acquis tout ce que le seigneur de Fresnay possédait en Saffré et Puceul, réunit ces biens à sa terre de Saffré et  rendit dès lors aveu du tout, directement au roi. Les seigneurs de Saffré achetèrent aussi successivement et unirent à leur châtellenie diverses terres seigneuriales en Saffré, Puceul et environs, telles que la Morteraye, le Vaucouronné, les Fosses, le Vauguillaume, la Grossaye, Villeneuve, etc. (Archives du château de Saffré, 5-9). Mais toutes ces terres ne figurent pas dans les aveux de Saffré rendus au roi, probablement parce que plusieurs d'entre elles relevaient de quelque autre seigneur. La châtellenie de Saffré comprenait la paroisse entière de ce nom et s'étendait dans les paroisses voisines : Puceul, Nort et Joué. Sa haute justice s'exerçait au bourg de Saffré où se trouvaient l'auditoire, la prison et les cep et collier ; non loin s'élevait le gibet à quatre poteaux. Par lettres patentes d'Henri II, datées de 1556, le seigneur de Saffré avait droit de tenir une foire au bourg de Saffré la fête de saint Pierre (29 juin). Il jouissait de toutes les prééminences, droits de fondation et de supériorité, dans l'église paroissiale de Saffré et y présentait la chapellenie de Sainte-Marguerite. Quinze sols de rente lui étaient dus par « chacune fournée de chaux faite au fourneau de Saffré ». Enfin il partageait, en 1501, avec le recteur de Saffré, les dîmes de cette paroisse (Déclarations de Saffré en 1501, 1679 et 1694).

Parmi les mouvances nobles de Saffré figuraient les manoirs de la Bothinière, du Houssay et du Bohallart, le presbytère de Saffré et la maison de la Garde de Dieu où se tenait en 1561 et 1570 l'école paroissiale (Archives du château de Saffré, 98). Dès 1544 le sire de Saffré jouissait du droit de quintaine sur les nouveaux mariés de sa châtellenie (Archives de Loire Inférieure, E528). Vers le milieu du XVIème siècle René d'Avaugour, seigneur de Saffré, se plut à afféager plusieurs pièces de terre ou maisons, moyennant certaines redevances telles que celles-ci : « une paire d'esperons de fer blanchi et garnis de velours noir, bons, valables et compétens et rendus au chasteau de Saffré »« une paire de gants doublés neufs »  « un espieu bon et tranchant garni de sa hampe »« un espieu pointu et un tranchant, avec bonnes hampes »« une trompe de cuivre accoustrée de cuir, rendue au chasteau de Saffré  » « une douzaine d'estriers blancs » (Archives du château de Saffré, 91, 93, 94 et 98). Le domaine proche de la châtellenie de Saffré comprenait en 1460 : le manoir de Saffré, près du bourg de ce nom, avec ses dépendances contenant 300 journaux de terre — la forêt de Saffré renfermant 2 000 journaux — les bois de la Bothinière (200 journaux), du Gros-Breil (100 journaux) et des Jarries (400 journaux) — le moulin de Saffré (Archives du château de Saffré, 24).

L'Aveu de 1679 est plus explicite : « le chasteau de Saffré avec ses tours, cernoyé de ses douves et pontlevis, avec les bastiments en dehors (de l'enceinte), fuie, estang, bois, vignes, prés, etc. » — Les métairies de la Morteraye, la Grassaye et la Chastenaye — le moulin à vent de Saffré, les moulins de la Morteraye et de la Praye, et le moulin Neuf on Puceul — La forêt de Saffré, etc. (Archives de Loire Inférieure, B, Nantes, 11e vol. 207). Ces tours, douves et pont-levis du château de Saffré prouvent que c'était une maison fortifiée. Ogée dit d'ailleurs qu'en 1590 « le prince de Dombes prit le château de Saffré défendu par les troupes du duc de Mercœur ». M. Orieux ajoute que cette prise de Saffré eut lieu au mois de mars 1590, mais que la même année vit les Ligueurs rentrer dans ce château. Subsistant encore en 1694, le château-fort de Saffré fut démoli au XVIIIème siècle et remplacé à cette époque par un manoir sans caractère architectural (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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