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 REZE

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La commune de Rezé (pucenoire.gif (870 octets) Reudied) est chef lieu de canton. Rezé dépend de l'arrondissement de Nantes, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de REZE

Rezé vient du latin "ratis" (bateau). Les gaulois appelaient "ratiaria", les bateaux à fond plat. Rezé serait le "port des barges". Rezé, ville importante de l'agglomération nantaise, pourrait avoir donné son nom au Pays de Retz.

L'agglomération de Rezé s'est développée sur l'emplacement d'un site gallo-romain, nommé Ratiatum et fondé à la fin du Ier siècle avant notre ère. Ce site était doté d'un important port. Ratiatum est mentionnée au IIème siècle après Jésus-Christ par le géographe grec Ptolémé puis au VIème siècle par Grégoire de Tours. Ratiatum ou Ratiate était jadis la deuxième agglomération de la nation Pictonne dont la capital était Limonum (Poitiers). Rezé a dû être, en 511, le siège d'un évêché, car à cette date, un évêque Adelphius (ou Adelficius) de Ratiate episcopus participe au concile d'Orléans convoqué par Clovis Ier. En 851, Ratiate est détachée du pagus Pictavus (Poitiers) et annexée avec les pagus Ratiatensis (Pays de Retz) au comté nantais par le  roi de Bretagne Erispoë.

La prospérité de la ville de Ratiatum va durer tout le premier siècle de notre ère. Le déclin de Ratiatum a lieu à partir de la fin du IIIème siècle et jusqu'au Vème siècle. C'est l'époque où le christianisme s'installe dans la région. Au IVème siècle (en 340) est baptisé par saint Hilaire un de ses premiers adeptes à Ratiatum : il s'agit  d'un nommé Lupien dont parle Grégoire de Tours. Au IVème siècle, le tombeau de Lupien est déjà un lieu de culte, en raison des miracles qui s'y déroulent (un aveugle recouvre la vue, un paralytique l'usage de ses jambes, ...). Saint Lupien devient plus tard saint Lucien, et ce lieu de pèlerinage restera très fréquenté jusqu'à la Révolution.

C'est vers la fin du Xème siècle (vers 981), que la vicomté de Rezé est créée au profit d'un cadet de Hoël, comte de Nantes. Cette vicomté s'étend en Bouguenais, Rezé, Vertou, le Bignon, etc ... Elle contrôle directement ou par l'intermédiaire de ses vassaux, presque toute la rive gauche de la Sèvre depuis Portillon et une bonne partie de la rive de Loire jusqu'au Pellerin. Pour ce qui nous intéresse, notons la prééminence sur les juridictions vassales de l'Ebeaupin et de la Barbinière en Vertou, sur les lieux nobles ou villages de la Rousselière, l'Angebardière, le Rocher, le Portereau, la Noë Rocard, la moitié du Chêne dont le coteau, la Frémoire, l'Herbraye, la Bareille, la Ville-Follet, le Drouillet, la Pentière, l'Espau, etc ... pour ne parler que de ce qui se situe en Vertou ou les Sorinières (non encore détaché). Roland de Rezay est connu par des actes de 1145. En 1154, deux clans rivaux s’affrontent à Rezé lors de la guerre de succession de Bretagne. Le vicomte de Rezé est alors Roland et il combat aux côtés du comte de Nantes, Hoël. Guillaume de Rezay est connu par un don fait à l'abbaye de Villeneuve en 1250. 

Au XIIIème siècle les Templiers s'installent à Rezé. En 1285, Olive, veuve de Mathieu de l'Ile leur cède ce qu'elle possède dans les îles de Rezé : la Haute-Ile et la Basse-Ile prennent alors collectivement le nom « d'Ile des Chevaliers». En 1294, Sylvestre II de Rezé répond à la convocation de l’ost (armée) par le duc Jean II de Bretagne.

Lors de la seconde guerre de succession de Bretagne, de 1341 à 1345, le vicomte Sylvestre III de Rezé combat aux côtés de Charles de Blois (allié du roi de France), contre Jean de Montfort (allié du roi d'Angleterre). Le pays de Rezé est ravagé et pillé : le château de Rezé est totalement détruit comme d’ailleurs tous les châteaux des vassaux du seigneur de Rezé (Pelouailles, les Fromentaux, les Bretesches, la Grand-Haye, les Palletz et la Jaguère). Seuls les seigneurs de la Grand Haye, des Palletz, des Bretesches et la Trocardière (au XVème siècle) reconstruiront de simples manoirs. Les vicomtes de Rezé s'installeront ensuite dans leur fief de Briord en Port Saint Père, se contentant comme certains de leurs vassaux de gérer leur bien féodalement. En 1453, le duc de Bretagne Jean IV de Montfort vend la vicomté à Guillaume de Saint-Gilles (seigneur de Saint Fulgent et la Merlatière) qui possède déjà Beaulieu en Saint-Jean de Boiseau et d’autres terres relevant de Rezé. Allié au connétable Arthur de Richemont (futur Arthur III duc de Bretagne), Guillaume de Saint-Gilles avait combattu les anglais à côté de Jeanne d’Arc. En 1459, Marie de Saint-Gilles, fille de Guillaume épouse Jean de Trévecar. Celui-ci devient alors vicomte de Rezé.

Au Moyen Age, sont bâtis côte à côte le château des seigneurs de Rezé et celui des seigneurs des Palletz. Le premier était situé en lieu et place de l'actuel presbytère, le second dans le prolongement vers le Sud. Tout à côté se trouvaient plusieurs bâtisses appartenant aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, héritiers des Templiers, les auditoires des seigneurs des Palletz et de la Trocardière, la halle et l'église. Non loin étaient les chapelles Notre-Dame de la Blanche et Saint-Martin, vraisemblablement une fondation des moines de Vertou. Légèrement à l'Est du bourg de Rezé se trouvait le prieuré Saint Lupien relevant de l'abbaye de Geneston.

Gouverneur de Bretagne et chef du parti de la ligue (catholique) à Nantes, le duc de Mercoeur tient, en 1588, garnison à Rezé et Pont-Rousseau. En 1616, Bouguenais et Rezé sont occupées par les troupes royales et l’année suivante le roi refusera sa grâce à Thomas de Guémadeuc vicomte de Rezé et époux de Jacquemine de Beaumanoir, décapité en place de Grève. Alors que le nouveau seigneur de Rezé, Jacques Barrin de la Galissonnière, premier président de la cour des comptes, crée deux foires à Pont-Rousseau, une noble famille d’origine florentine s’installe à Rezé : les Monti. Après avoir acquis la terre et le château de la Chalonnière (1603), Pierre de Monti meurt en 1625. Son fils Yves n’aura de cesse d’agrandir le domaine. C’est ainsi qu'après la seigneurie des Pallets en 1632, il acquiert en 1652 la vicomté de Rezé alors entre les mains du marquis de Goulaine. En 1656 il adjoint à son domaine la terre et la seigneurie de la Grand'haie, l’année suivante celle des Bretesches puis celle de la Sansonnière. Conseiller du Roi, doyen de la Chambre des comptes de Bretagne, il sera maire de Nantes de 1644 à 1647. Apparenté par alliance au fameux Fouquet, surintendant des finances, il laisse à son fils Yves II qui servira le roi Louis XIV lors des campagnes d'Italie et de Flandres, une fortune importante. En 1672, Yves II de Monti qui venait d’entreprendre la construction d’un nouveau château à Rezé voit, en récompense des services rendus par sa famille au royaume, ses terres érigées en comté par Louis XIV. Cette famille de Monti, qui racheta pratiquement toutes les petites seigneuries de Rezé dont les Palletz, s'allia aux de Charette, aux Barbier de La Picauderie et aux de La Guérande. Les nouveaux seigneurs tenteront de remettre en pratique certains droits féodaux tombés en désuétude comme le droit de coutume qui leur donnait deux deniers par bête passant à Pont-Rousseau en temps normal et six les jours de foire (droit dont ils seront déboutés), le monopole de la pêche en Sèvre pour la moitié de la rivière côté Rezé, dans le Seil, etc ... , les droits de potelage ou d'avouillage qui est d'un liard par charrette déchargeant de la marchandise à Pont-Rousseau et un denier par pipe de vin qui se débite dans le fief etc .... Tout cela sera maintenu jusqu'à la Révolution où le pont sera transformé en forteresse en 1793 lors de l'attaque des insurgés vendéens sur Nantes (une travée formant pont-levis). Pour permettre le tir des canons en cas de nouvel assaut, le Général Beysser fera raser Pont-Rousseau au niveau du sol.

Pour Rezé, nous trouvons les appellations suivantes : Ratiatum (au IIème siècle), Rosiare (en 340), Ratiaca civitas (en 511), Ratiatensis vicus (au VIème siècle), Raciate sur une monnaie mérovingienne, Raciatus portus (au IXème siècle), Razais (en 1104), Raciaci portus (en 1123), Reziacum (en 1150), Rezaium et Rezeum (en 1196), Razaium (au XIIème siècle), Radesium (en 1201), Razay (en 1278), Rezayum (en 1287), Rosey (en 1362), Resay (en 1431), Rezay (du XVème au XVIIème siècle).   

Note 1 : au XVIIIème siècle, Julien Poydras (1746-1824), originaire de Rezé, s'expatrie en Amérique où il fait fortune en Louisiane. Il sera même membre du Congrès des Etats-Unis.

Note 2 : liste des familles de Rezé les plus imposées pour les vingtièmes de 1790 : De Monti de Rezé du château de Rezé (405 livres), De la Bretesches de La Maillardière en Vertou (163 livres), De Bruc-Montplaisir de La Bauche-Thirault (106 livres), De Cornulier-Lucinière des Naudières (105 livres), Ducoudray-Bourgault de La Balinière (100 livres), Mongin du Jaunais (100 livres), De la Villestreux de La Gabardière (94 livres), Bascher de Beaumarchais de Praud (88 livres), Veuve Bonamy de La Morinière (79 livres), De la Roche Saint André de La Houssais (75 livres), Schweighauser de La Morinière (62 livres), Hay d'Estade de La Brosse (52 livres), Mabille des Granges de La Classerie (49 livres), Tiger (47 livres), Maissard de La Guzoire (46 livres), Lallemand de La Bouvardière (43 livres), Dupré-Villaine, recteur, du Bourg (40 livres). A noter que le curé Dupré-Villaine possédait deux brûleries d'alcool à Trentemoult. Le vicaire Aguesse paye pour les vingtièmes de 1790, 1,15 livres. Le vicaire Leroy, dernier chapelain de Saint-Eutrope de Pont-Rousseau, paye 0,10 livres. Quelques nobles possédant des biens sur Rezé ne figurent pas sur la liste des plus imposés : il s'agit des Guillé de la Brosse, de Coësse, de Soussay, de la Boissière, Loquet de Lisle (34 livres), de Lyrot de la Patouillère (13 livres), et une dame de Monti des Perrières (6 livres).

Note 3 : liste des chapelles, privées ou non, situées jadis sur le territoire de Rezé : Saint-Eutrope, Notre-Dame de Bonne Vertu (réédifiée en 1640), Saint-Lupien, Notre-Dame de la Blanche, Notre-Dame de Praud (édifiée en 1646), Sainte-Anne de la Balinière (bénie en 1778), les chapelles du château de Rezé, de la Morinière, de la Chaussée, Saint-Pierre de la Classerie (bénie en 1772), de la Bauche, des Naudières, de la Trocardière, de la Houssais. Les moines de Vertou perçoivent, avec ceux de Saint-Jacques, la moitié de la dîme perçue sur la paroisse de Rezé et disposent d'autres biens de rapport (les religieux de Vertou payent 24 livres et les religieux de Pirmil payent 15 livres pour les vingtièmes de 1790). Les moines de Villeneuve possèdent les prairies des bords de Sèvre entre Pont-Rousseau et la Morinière (ils payent 1,15 livres pour les vingtièmes de 1790). La communauté de Saint-Clément est propriétaire à la Chaussée où elle a une maison et des terres (elle paye 10 livres pour les vingtièmes de 1790). Saint Lupien dépend du monastère de Geneston (les religieux de Geneston payent 2 livres pour les vingtièmes de 1790). Le titulaire du bénéfice des Naudières paye 1,15 livres pour les vingtièmes de 1790.

Note 4 : la bataille de Rezé. A l'origine de cette bataille, on trouve le décès du duc Conan III en 1148. Avant de mourir, ce dernier renia comme bâtard, son fil Hoël, destiné à lui succéder. Malgré cela et soutenu par les seigneurs de la région de Nantes et Quimper, Hoël se faisait proclamer comte de Nantes. Endon de Porhoët (soutenu par les seigneurs du pays de Rennes et du nord de la Bretagne), époux de Berthe soeur de Hoël, revendiquait lui-aussi le trône ducal pour son propre compte et celui de son fils Geoffroy. Berthe, ayant un fils nommé Conan, né d'un premier lit, s'engagea pour ce dernier. Deux à trois partis suivant les circonstances, vont alors se disputer le pouvoir en Bretagne. L'alliance de Hoël avec Berthe est à l'origine de la bataille de Rezé. Dom Lobineau écrit "On peut attribuer à ce changement la résolution que prit Eudon l'année suivante de faire une plus rude guerre qu'auparavant au comte de Nantes ..... Il assembla donc toutes ses troupes, marcha contre lui et passa la Loire le 16 décembre à Rezé, près de l'embouchure de la Sèvre, pour surprendre les Nantais qui ne l'attendaient que du côté Nord. Hoël, averti de ce mouvement, prit des vaisseaux et vint la nuit même attaquer, mais il le fit avec courage et tua un grand nombre de braves gens au comte de Nantes. On nomme entre les autres Olivier, fils de Payen, Engres et Borrigan. Les Nantais, de leur côté, n'attaquaient pas avec moins de vigueur et ils firent encore si bonne figure après leur défaite, que le compte Eudon, malgré tout son avantage, se contenta d'un accord". Le lieu-dit "La Bataillerie" à Rezé en témoigne, ainsi que quelques pièces de terres et villages voisins. La Bataillerie jouxte le village du Châtelier (centre probable de la défense d'Eudon). A l'opposé, La Mirette  (du vieux français Miroet) rappelle la présence en ce lieu d'une tour d'observation. Entre La Bataillerie et La Mirette, on trouve le Pré des Bretonnais, les Brettes, les Bertineries et le Bleurdier (du latin "bello bellor" et du vieux français "bellier" signifiant combattre). Non loin de là, se trouve le village de La Coran (du verbe "acorer" qui signifie au Moyen Age "se lamenter"). Tout à côté, une pièce de terre se nomme "Les Mortrais" (en souvenir, semble-t-il, d'une immense fosse où furent enterrées les victimes) et, à côté du Châtelier, un lieu-dit porte le nom de "La Martrerie" (c'est-à-dire "champ de martyrs"). Hoël finalement sera chassé de Nantes et les nantais iront chercher un allié chez les Plantagenêts à Angers. Ces derniers, se considérant comme comtes de Nantes, maintiendront le pays sous leur domination et celle de l'Angleterre pendant près de 40 ans. Conan deviendra ensuite duc après avoir chassé oncle et beau-père.

Note 5 : Instruction publique à Rezé. — Au XVIIème siècle, les filles et les garçons de Rezé étaient rassemblés dans la même classe pour assister aux leçons du sieur Robardeau, maître d'école. Une ordonnance de l'archidiacre Binet le contraignit de cesser et de prendre deux locaux séparés (Livre des visites du climat de Retz, Archives départementales, G 51). Madeleine Fruneau de la Simonnière, veuve Belordeau, voyant que les filles pauvres étaient laissées dans l'ignorance, leur consacra une partie de sa succession. Elle légua, en 1763, un constitut de 2.873 livres sur les chanoines de la collégiale de Notre-Dame de Nantes qui rapportait 105 livres de rente (Brevet de visite de 1763). Le général de la paroisse de Rezé s'étant réuni en 1770, pour prendre connaissance de cette fondation, l'accepta et nomma de suite une maîtresse qui prit la direction de l'école de charité (Registre de la fabrique de 1770). Un Brevet du recteur de 1781 ne mentionne pas moins de quatre écoles entretenues à celle époque dans la paroisse de Rezé. Les garçons pouvaient aller, soit à Pont-Rousseau, soit à Trentemoult, et les filles avaient le choix entre la maîtresse de Trentemoult et celle du bourg de Rezé (Brevet de visite de 1781 – Archives départementales, G 57). (L. Maître).  

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PATRIMOINE de REZE

l'église Saint-Paul (1842), édifiée durant la première moitié du XIXème siècle. Le clocher est édifié à la fin du XIXème siècle. L'église primitive, aujourd'hui disparue, devait remonter au XIIIème siècle. En la vieille église de Rezé, les comtes de Rezé avaient le droit de "litre" ou ceinture armoriée, avec banc clos et tombeau dans le sanctuaire ;

l'église Saint-Pierre (1867), œuvre de l'architecte Chenantais. Cette église remplace un ancien sanctuaire du XVème siècle ;

l'église Notre-Dame du Rosaire (1960), œuvre de l'architecte Jean Rouquet (disciple du Corbusier) ;

la chapelle et le Prieuré Saint-Lupien (époque gallo-romaine-XVème siècle), situés rue Saint-Lupien. Le prieuré est édifié à l'emplacement d'un sanctuaire mérovingien et d'une ancienne chapelle édifiée après les invasions normandes. En effet, des fouilles pratiquées en 1876 permirent "de retrouver sous la chapelle actuelle un sanctuaire plus petit, daté du Xème siècle, construit directement sur une triple épaisseur de sarcophages mérovingiens restés en place, et sous ces sarcophages les murs d'une belle construction gallo-romaine. La tombe du saint était vide, car ses restes avaient été transportés en Auvergne lors des invasions normandes, mais le lieu de culte est resté". La chapelle est acquise et restaurée par la ville de Rezé en 1983, après avoir servi de bâtiment de ferme ;

la chapelle (vers 1850) du manoir de Praud. Cette chapelle remplace une ancienne chapelle aujourd'hui disparue, située jadis au lieu-dit Perreau (terre appartenant à cette époque au seigneur de la Tribouille) et qui avait été bénie en 1646 sous l'invocation de Notre-Dame ;

la chapelle de la Chaussée (1699), située rue des Carterons et fondée par les moines de Saint-Clément. Propriété successive des familles Ducoudret (avant la Révolution), Devenish (au XIXème siècle), Mauloin et Thulièvre (au milieu du XXème siècle) ;

l'oratoire Notre-Dame-des-Chapelles (1863), situé rue des Ajoncs ;

la croix de la chapelle de la Blanche (1642). Il s'agit du dernier vestige de l'ancienne chapelle mentionnée dès 1411 et détruite en 1915. Cette chapelle s'élevait jadis sur des fondations gallo-romaines ou des ruines du IIIème siècle. Les seigneurs de Rezé y avaient un banc au XVIIIème siècle ;

l'ancien château de la Trocardière (XVème siècle). Propriété successive de Jacques Million (en 1498), Jehan ou Jean Hux (vers 1544), Claude Brossard (vers 1580) et Yves II de Monti (en 1674) ;

le château de la Classerie (XVIIIème siècle), situé au n° 116 rue de la Classerie. Ce château appartient à la famille Mabille des Granges avant la Révolution. Il est incendié durant la Révolution, puis restauré. Il s'agit de l'ancienne demeure des seigneurs Le Meneust, puis Darquistade dont le blason orne le centre du triangle de la façade Louis XV du côté du parc. La façade du côté route comprend un corps de logis avec deux pavillons plus une chapelle. Cette demeure passe par héritage dans les mains des familles Leroulx des Ridelières, Prudhomme de Fontenay et Turquety. La Classerie, aux Turquety et Le Meignen, appartient actuellement à l'ordre religieux des pères de la Passion ;

le château de la Balinière (XVIIIème siècle), édifié par la famille Ducoudray-Bourgaud. Il appartient à la famille Sarrebourse d'Audeville au début du XIXème siècle et de Tollenare (alliée aux Portier de Lantimo, Maublanc et Budan), puis devient la propriété des familles Jamin et Leglas-Maurice. L'édifice accueille aujourd'hui le centre musical de Rezé. Le manoir primitif appartenait jadis aux seigneurs Guilbaud, puis aux Hanapier et Haureix. Une chapelle privée, dédiée à Sainte-Anne, est construite en 1778 par la famille Bourgault-Ducoudray. Le manoir est au XXème siècle la propriété de la famille Bénard ;

la maison de la Bauche-Thiraud (XVI-XVIIème siècle), située au n° 61 rue de la Bauche-Thiraud. La terre de La Bauche-Talbot (puis La Bauche-Thiraud) dépend au XVIème siècle de la seigneurie de Touffou, qui passe des ducs de Bretagne aux princes d'Orange avant d'être démantelée en 1614. Elle est au XVIIIème siècle, la propriété du marquis de Bruc-Montplaisir, avant de devenir au XIXème siècle, celle d'Ernest de Cornulier ;

le manoir de la Brosse (XVIIème siècle), située au n° 123, rue de la Brosse. Propriété de Louis Hay de Slade (ou Louis Hay d'Estade), fils de Guillaume d'Estade et Sophie Butler de Galway (avant la Révolution) et de la famille Digeon d'Asnières (sous la Restauration). L'ancien manoir de La Brosse est acheté comme bien national par la famille Rousseau (de La Brosse) au moment de la Révolution. Cette dernière famille protégea Elisa Mercoeur ;

la maison du Genêtais (XVIIIème siècle), située au n° 157 rue des Genêtais et propriété de Félix Ollivier Des Brûlais. Elle est édifiée sur une ancienne propriété ayant appartenu jadis à la famille Tollenare ;

le manoir de Praud (1845), œuvre de l'architecte Chenantais. Propriété de Philémon Chenantais, conseiller général sous le Second Empire et maire de Rezé de 1848 à 1864, puis de la famille Biette à la fin du XIXème siècle. L'ancien château, situé sur une butte tout près de La Houssais et du Chêne Creux, était entouré de douves qui subsistent et possédait son sous-bois et son moulin à vent tout à côté, ainsi que chapelle, avenues et grands porches. Après avoir appartenu à la famille La Tribouille et de Gorges, il passe à la famille des Bascher (les Bascher se fixèrent par la suite à La Grêlerie en Saint-Herblon), puis à la famille Chenantais ;

la maison de Vigneron (XVIIème siècle), située au n° 19 rue Alexandre-Huchon ;

la maison de pêcheur (XVIIème siècle), située au n° 27 Grand-Rue Trentemoult ;

la maison (XVIIème siècle), située place Saint-Pierre ;

27 moulins dont un moulin à huile (1830) et les moulins du Bourg, du Grand-Clos, Blanc, du Chêne, de Clos-Bonet, des Mahodières, du Petit-Quartier, de la Bauche, des Barres, des Trois-Moulins (XVIIIème siècle),… ;

A signaler aussi :

le menhir de Piona (époque néolithique), situé au lieu-dit Haut-Landreau .

la pierre droite, menhir de l'époque néolithique situé au lieu dit la Morinière ;

la pierre couchée, menhir de l'époque néolithique situé au lieu-dit Champ-Saint-Martin ;

le site Saint-Lupien (époque gallo-romaine) ;

le puits (XVIIIème siècle), situé rue des Chapelles ;

la découverte dans Rezé-bourg de nombreux puits funéraires (mode d'inhumation utilisé par les gallo-romains) ;

la découverte près de la chapelle Saint-Lupien (ou Saint-Lucien) d'anciennes monnaies de 570 portant en légende "Ratiate et Théodoricum" ;

l'ancien château de Rezé. Le château de Rezé était jadis le siège de la vicomté de Rezé (ou Rezay) et du comté des Monti. D'après l'abbé Guillotin de Corson, le château de Rezé (ou château de La Chalonnière) était composé en 1679 et en 1749 "d'un dôme avec deux corps de logis aux côtés, accompagnés de deux pavillons et suivis de deux ailes finies aussi par deux autres pavillons joints ensemble par une balustrade qui ferme la première cour, et qui mène dans l'avant-cour close de murailles et terminée par deux tours dont l'une sert de fuie, et l'autre de porterie ; au milieu un grand portail avec en face une avenue. La chapelle est fondée de messes ....". La haute-justice du comté de Rezé s'étendait sur douze paroisses environnantes. La prison était à Pont-Rousseau et les fourches patibulaires s'élevaient près de Saint-Eutrope. Le château a été détruit afin d'y établir le coeur du nouveau Rezé ;

l'ancien manoir de La Houssaye ou Houssais, aujourd'hui Ecole publique. Propriété jadis de la famille Guillet. Au XVIIIème siècle, la famille La Roche Saint André avait hérité de la demeure des Charettes de la Dresnerie ;

l'ancien manoir de la Gaudinière. Propriété des familles Rochefort et de Andouard ;

l'ancien manoir des Naudières. Il s'agit d'un logis ayant appartenu à la famille Cornulier, dont il reste une tourelle. C'est sur ce plateau que se livrèrent entre Bleus et Blancs, les plus vifs combats. Aujourd'hui s'y trouve le séminaire des missions africaines ;

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ANCIENNE NOBLESSE de REZE

Le comté de Rezé : Rezé situé en face de Nantes, au confluent de la Loire et de la Sèvre, recouvre les ruines d'une importante ville gallo-romaine appelée Ratiatum. Cette cité donna son nom, comme nous l'avons déjà dit, au pays de Retz et, faisant partie du Poitou, ne fut annexée à la Bretagne qu'au milieu du IXème siècle. Nous n'avons point à nous occuper de ces origines de Rezé, mais seulement de la seigneurie de ce nom, créée après les invasions normandes du Xème siècle. Vicomté d'ancienneté, la seigneurie de Rezé fut, d'après ses lettres d'érection en comté, un démembrement du comté de Nantes, donné en apanage à un fils cadet du comte Hoël mort en 981, mais on ignore le nom de ce chevalier. Rolland de Rezay (ou Rezé) est le premier seigneur connu de Rezé ; il accompagnait le duc de Bretagne en 1145 et 1149, quand ce prince fit des donations à l'abbaye de Saint-Florent et au prieuré des Coëts (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 597 et 603). Viennent ensuite en 1197 et 1201 Juhel de Rezay (Archives de Loire Inférieure H57), et en 1205 Guillaume de Rezay. Celui-ci fut un bienfaiteur zélé de l'abbaye de Villeneuve et dut mourir vers 1256, dans un âge fort avancé. Sylvestre Ier de Rezay, son fils, lui succéda. Caution dès 1241 du duc Jean Ier, il fit beaucoup de bien à l'abbaye du Buzay (Archives de Loire Inférieure, H 40 et 47), mourut avant 1273 et dut être inhumé à l'abbaye de Géneston. Son sceau, attaché à un acte de 1250, porte les armoiries de cette antique famille de Rezay : Losangé de gueules et d'un burelé d'argent et d'azur (Archives de Loire Inférieure, H 47). Il laissait un fils nommé Olivier de Rezay qui ne dut pas lui survivre de longues années, car en 1286 apparaît Sylvestre II de Rezay mort en 1298 ; l'un et l'autre ont leurs décès mentionnés dans le Nécrologe de l'abbaye de Géneston, dont ils furent les bienfaiteurs. Des chartes nous font ensuite connaître Sylvestre III de Rezay, encore jeune en 1322, qui obtint en 1334 un sauf-conduit pour aller en Angleterre visiter Charles de Blois pendant sa captivité (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I1496). Sylvestre IV de Rezay, vraisemblablement fils du précédent, épousa vers 1380 Catherine Cathus, veuve de Guy de Vivonne et riche héritière en Poitou ; il en eut plusieurs enfants dont l'aîné Martin Ier de Rezay lui succéda à Rezé. Ce dernier figure à ce titre en 1412 ; il s'unit à Jeanne de Vernou dont il eut Martin II de Rezay qui fut le dernier de sa famille à posséder Rezé. Il vendit, en effet, cette terre seigneuriale, vers 1430, pour aller s'établir en Poitou où il possédait de grands biens. L'acquéreur de la vicomté de Rezé fut Guillaume de Saint-Gilles, seigneur de Beaulieu en Guérande. Nous avons des aveux rendus ou reçus par lui en qualité de sire de Rezé dès 1430 et 1436 (Archives de Loire Inférieure, E suppl.). Il était, mort en 1458 et la terre de Rezé appartenait l'année suivante à sa fille Marie de Saint-Gilles, femme de Jean de Trévecar, seigneur dudit lieu (Archives de Loire Inférieure, E524). Françoise de Trévecar, issue de ce dernier mariage, épousa vers 1490 Jacques Madeuc, seigneur du Guémadeuc, et mourut le 22 novembre 1524 (Archives de Loire Inférieure, v. Rezé). Elle laissait la vicomté de Rezé à son petit-fils François du Guémadeuc, sire dudit lieu, qui en fit hommage au roi en 1549 (Archives de Loire Inférieure, B1008). Ce seigneur du Guémadeuc épousa d'abord Marguerite de Québriac, puis Hélène de la Chapelle et décéda en 1568. Avant de mourir François du Guémadeuc avait vendu, le 8 octobre 1565, la vicomté de Rezé à Pierre de Cornulier, seigneur de la Touche en Nozay ; mais après sa mort son fils Thomas du Guémadeuc retira par droit de premesse cette seigneurie de Rezé (Laisné, Généalogie de la maison de Cornulier, 87). Thomas du Guémadeuc, seigneur dudit lieu et de Rezé, épousa Jacquemine de Beaumanoir et mourut en 1591. Il laissait deux fils qui lui succédèrent l'un après l'autre à Rezé : Toussaint du Guémadeuc, tué en duel à vingt-quatre ans, en 1606, ne laissant pas d'enfant de son union avec Marie de Botloy ; — et Thomas du Guémadeuc, décapité en place de grève à Paris en 1617. Après le décès de cet infortuné seigneur, la vicomté de Rézé fut vendue et achetée par Jacques Barrin, seigneur de la Galissonnière, qui la possédait en 1623 (Archives de Loire Inférieure, E525). Il avait épousé en 1604 Vincente Ruellan, soeur de Jeanne Ruellan femme de Thomas du Guémadeuc. De son mariage il eut un fils, nommé aussi Jacques Barrin, en faveur duquel Vincente Ruellan, devenu veuve, se démit vers 1646 de la seigneurie de Rezé (Archives de Loire Inférieure, E525). Mais par suite d'arrangements de famille, Gabriel marquis de Goulaine, époux de Barbe Ruellan — soeur de mesdames du Guémadeuc et Barrin — devint possesseur de Rezé. Ce fut ce marquis de Goulaine qui vendit, le 11 août 1652, la vicomté de Rezé à Yves de Monti, seigneur de la Chalonnière, dont les descendants possèdent encore cette terre à la fin du XIXème siècle. Yves Ier de Monti, premier comte de Rezé, conseiller-maître à la Chambre des comptes de Bretagne en 1624 et maire de Nantes en 1644, appartenait à une illustre famille italienne venue en France à la suite de la reine Marie de Médicis. Son grand-père Bernard de Monti, reçu maître à la Chambre des comptes de Nantes en 1572, avait eu de Renée Verge, fille du seigneur du Rosseau, Pierre de Monti qui le remplaça aux Comptes en 1600 et acheta en 1604 la seigneurie de la Chalonnière en Rezé. Ce Pierre de Monti était mort en 1629 lorsque sa veuve Marie Fiot de la Rivière, maria leur fils Yves Ier de Monti, par contrat du 10 juillet, avec Anne Bourriau, fille du seigneur des Champsneufs. De cette union sortit Yves II de Monti, qui épousa, en 1662, Claude Chevalier, fille du seigneur du Bois-Chevalier. A la mort de son père décédé, à quatre-vingt-deux ans, le 9 avril 1683 (Livre doré de la ville de Nantes, I 265), il devint comte de Rezé ; lui-même mourut le 26 avril 1687 (Archives de Loire Inférieure, B, v. Rezé). Son fils aîné, Yves-Joseph de Monti, lui succéda et s'empressa de rendre aveu au roi pour le comté de Rezé (Archives de Loire Inférieure, B, v. Rezé). Il épousa, en 1701, Françoise de Charette, fille du seigneur de la Colinière. Il décéda le 2 novembre 1745 et sa veuve lui survécut jusqu'en 1760 ; ils étaient l'un et l'autre âgés de quatre-vingt-deux ans (De Granges de Surgères – 2500 actes de l'état civil). Joseph-Claude de Monti, fils des précédents, comte de Rezé, avait épousé le 8 août 1728 Madeleine Jouault, fille du seigneur du Mesnil ; il la perdit à Nantes en 1778 et mourut également en cette ville le 3 septembre 1793, âgé de quatre-vingt-douze ans.  

Considérée comme vicomté d'ancienneté, la seigneurie de Rezé fut érigée en comté par lettres patentes données à Saint-Germain en Laye, avril 1672, par Louis XIV, en faveur d'Yves de Monti. Ces lettres furent enregistrées au Parlement de Bretagne le 1er juillet 1681, puis à la Chambre des Comptes de Nantes, le 9 février 1688 (Archives du Parlement de Bretagne, 24e reg. 186 - Archives de Loire Inférieure, B88). Les considérants des lettres royales sont très flatteurs pour Yves de Monti : Louis XIV veut récompenser « l'ancienne noblesse de la maison de Monti, originaire de Florence et alliée aux plus illustres familles d'Italie, laquelle a eu l'honneur de donner un pape et deux cardinaux à l'Eglise et six gonfaloniers ou doges à Florence ». Le roi ajoute que « depuis les six-vingt ans que les Monti ont quitté leur patrie, ils se sont noblement distingués au service des rois de France » (Archives du Parlement de Bretagne, 24e reg. 186 - Archives de Loire Inférieure, B88). Pour former le nouveau comté de Rezé Louis XIV unit plusieurs seigneuries acquises par la famille de Monti : la  Chalonnière achetée le 16 juin 1604 — les Pallets achetés vers 1622 — la vicomté de Rezé achetée le 11 août 1652 — la Grande-Haye achetée le 12 janvier 1656 — la Bretesche achetée le 9 juillet 1657 — et la Samsonnière achetée le 16 mai 1658 (à ces terres seigneuriales furent encore jointes plus tard celles de la Trocardière et de Fromenteau, en Rezé, acquises en 1673 par Yves de Monti – Déclaration du comté de Rezé en 1749). Toutes ces terres situées dans la paroisse de Rezé, aussi bien que leurs juridictions, furent unies en une seule seigneurie sous le nom de comté de Rezé, ayant pour chef-lieu le manoir de la Chalonnière, parce que « le vieux chasteau de la ville et vicomté de Rezay a esté ruisné et demoly pendant les guerres de Charles de Blois et Jean de Montfort » (Archives de Loire Inférieure B88). 

Où se trouvait ce premier château de Rezé ? « Vraisemblablement — répond M. de la Nicollière — à Rezé même, gros bourg qui occupe l'emplacement de la ville de Rastiate, et dans lequel les ruines et les débris gallo-romains abondent pour ainsi dire à fleur du sol » (Bulletin de la Société Archéologique de Nantes, XXXII, 87). Mais M. Maître nomme la Trocardière comme ayant été « le premier siège féodal de Rezé » (Rezé – Annales de Bretagne, XI 56). Après la destruction du château de Rezé au XIVème siècle, la Roche-Ballue, en Bouguenais, devint, d'après M. de Cornulier, « le château seigneurial de la vicomté de Rezé » (Dictionnaire des terres du comté nantais, 247 : — La Roche-Ballue était une terre seigneuriale appartenant durant les XVème et XVIème siècles aux de Saint-Gilles, de Trévecar et du Guémadeuc successivement vicomtes de Rezé ; mais elle fut vendue par les derniers des Guémadeuc et était en 1618 la propriété de Jean de l'Espinay ; aussi ne fit-elle point partie du comté de Rezé). Toutefois Yves de Monti, étant possesseur du manoir de la Chalonnière, quand il acquit la vicomté de Rezé, continua d'y résider et fit de cette demeure le chef-lieu de sa seigneurie, ce que confirma le roi, comme nous venons de le voir, dans ses lettres d'érection du comté de Rezé. Voici ce qu'était le château de Rezé en 1679 et 1749 : « Le manoir noble ou chasteau de Rezé, cy-devant appelé la Chalonnière, composé d'un dosme avec deux corps de logis aux costés, accompagnés de deux pavillons et suivis de deux ailes finies aussy par deux pavillons qui sont joints ensemble par une balustrade qui ferme la première cour et qui mène dans l'avant-cour fermée de murailles et terminée par deux tours, l'une desquelles sert de fuie et l'autre de porterie ; et au milieu un grand portail devant lequel est une grande place ovale avec une avenue qui perce jusqu'à la lande du Landreau ; …. deux autres basses cours, jardins et allée d'arbres au bout de laquelle est la chapelle fondée (de messes), et au-delà, autre avenue d'arbres allant au chemin de Nantes orangerie et mail avec plusieurs allées plantées d'arbres, charmilles et labyrinthe ; le tout contenant environ vingt-cinq journaux de terre » (Déclarations du comté de Rezé en 1679 et 1749 – Archives de Loire Inférieure, B, 10e vol. 352). On voit par ce qui précède que dès cette époque le château de la Chalonnière ou de Rezé était une belle, vaste et agréable résidence ; il conserve à la fin du XIXème siècle le même grand air seigneurial et est encore à cette époque la propriété de M. Henri de Monti, comte de Rezé, chef de nom et d'armes de la famille de Monti et fils du fidèle compagnon d'exil du comte de Chambord, Edouard de Monti comte de Rezé, décédé en 1877. Dès l'origine la seigneurie de Rezé fut assez considérable pour que son possesseur déclarât en 1294 devoir au duc de Bretagne « un chevalier d'os pour son fief de Rezay » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 1112). Nous avons nommé, les principales terres nobles constituant le comté de Rezé. Ajoutons que la haute-justice, dont il jouissait, s'étendait dans une demi-douzaine de paroisses : Rezé, Vertou, Saint-Jean et Saint-Pierre de Bouguenais, le Pellerin et le Bignon (Déclarations du comté de Rezé en 1679 et 1749). Le bourg de Pontrousseau faisait partie de la seigneurie ; il s'y tenait deux foires, l'une le jour Saint Eutrope (30 avril), l'autre le jour Saint-Jacques et Saint-Christophe (25 juillet) et tous les droits de coutumes y appartenaient au sire de Rezé (Déclarations du comté de Rezé en 1679 et 1749). De nombreuses prééminences d'église étaient la propriété du même seigneur : il avait, à cause du fief de Rezé en l'église paroissiale Saint-Pierre de Rezé « litre d'armoiries tant en dedans que dehors (aussi y voyait-on le blason de la maison de Monti : d'azur à la bande d'or accompagnée de deux monts de six copeaux de même), enfeu et tombeau enlevé avec balustre et orné de figures, épitaphes et armoiries, au plus haut de ladite église du costé de l'évangile, banc et accoudoir audit costé et joignant le balustre  » ; également « lisières et armoiries en l'église Saint-Eutrope sise au bourg de Pontrousseau » ; — à cause du fief des Pallets « aultres banc et accoudoir en ladite église de Rezé, au chanceau d'icelle, du costé de l'épître, un peu au-dessus de l'autel Sainte-Marguerite et Saint-Guillaume » ; — à cause des fiefs de la Trocardière et de Fromenteau, « aultres banc et accoudoir en ladite église de Rezé, au costé de l'évangile au-dessous du banc de Rezé » ; plus encore un autre banc seigneurial « en la chapelle Notre-Dame la Blanche, au costé de l'évangile » (Déclarations du comté de Rezé en 1679 et 1749). Le comte de Rezé avait le droit de faire courir chaque année trois fois la quintaine aux nouveaux mariés ses vassaux, à cause de ses trois seigneuries de Rezé, les Pallets et la Trocardière ; il avait également double droit de ban et étanche, pendant quinze jours chaque fois, au bourg de Rezé, sur tous les « vendants vin en détail » tant à Rezé même qu'à Pontrousseau, l'Ardoire et Puits-Baron, et « à raison de ses fiefs de Rezé et de Fromenteau ». Il jouissait encore des droits de chasse et de la « pesche prohibitive » dans les rivières de la Sèvre et du Seil (Déclarations du comté de Rezé en 1679 et 1749). La haute-justice de Rezé s'exerçait à Pontrousseau dont les habitants avaient « la garde des prisonniers » ; là s'élevaient « les fourches patibulaires à quatre piliers et des ceps et collier à vis et proche l'église Saint-Eutrope dudit Pontrousseau ». Un gibet semblable « à quatre posts » dépendait aussi de la seigneurie des Pallets (Déclarations du comté de Rezé en 1679 et 1749). Le seigneur de Rezé prétendait encore avoir un droit d'usage en la forêt ducale de Touffou et un droit « de course et prise de bestes » dans les îles de Trentemoult et des Chevaliers en la rivière de Loire ; mais il fut en 1668 débouté de ces prétentions par les commissaires de la réformation du Domaine (De l'Estourbeillon, Archives de la Maillardière, 92).

Voici, en terminant, quel était le domaine proche du comté de Rezé : le château de Rezé ou de la. Chalonnière et ses dépendances — les manoirs de la Grande-Haye, des Pallets, de la Trocardière et de la Samsonnière — la maison noble de Port-au-Blé — l'auditoire et la prison de Rezé à Pontrousseau — l'auditoire des Pallets au bourg de Rezé — les halles de Rezé — le four à ban de Rezé à Pontrousseau — les moulins de Rezé, de la Grande-Haye et des Pallets — les fuies et garennes de la Chalonnière, des Pallets et de la Trocardière — plusieurs métairies nobles dépendant desdits manoirs et bon nombre de clos de vigne, etc. (Déclarations du comté de Rezé en 1679 et 1749) (abbé Guillotin de Corson). 

 

La seigneurie des Pallets ou Palletz s'étendait surtout en Rezé et Vertou. C'est d'elle que dépendait la moitié du village du Chêne dont le coteau. Le territoire de la paroisse de Rezé était morcelé en diverses seigneuries s'étendant sur les paroisses voisines. La seigneurie de La Grand Haye avait son siège dans une forteresse située à 200 mètres au Sud de l'actuelle église Saint Paul. Les Fromentaux étaient à côté de l'Aufrère (en bordure du chemin de la Maillardière), les Bretesches sur les Buttes de Praud, la Jaguère et la Trocardière à deux pas de la paroisse de Bouguenais et Pelouailles bordait la Sèvre. Au Sud de la commune de Rezé, le manoir de la Bauche-Thiraud anciennement Bauche-Talbot dépendait de la seigneurie de Touffou et relevait donc du duc et du roi. La plupart des seigneuries de Rezé avaient droit de haute, moyenne et basse justice à l'exception de Pelouailles, les Fromentaux et les Bretesches qui ne disposaient pas de la haute juridiction. Trentemoult relevait de la seigneurie du Pont en Vertais, et non de la vicomté de Rezé.

(à compléter)

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