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PLESSE

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La commune de Plessé (bzh.gif (80 octets) Plesei) fait partie du canton de Saint-Nicolas-de-Redon. Plessé dépend de l'arrondissement de Châteaubriant, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLESSE

Plessé vient de "Plebs Sei" (le peuple de Sée).

De 897 à 903, Alain le Grand, duc de Bretagne, édifie sa résidence à Plessé (au village de Rosay, semble-t-il) : il s'agit du château de Sée. Il y passe un acte, en l'an 900, concédant l'abbaye de Saint-Georges d'Angers, à l'évêque Rainon. Mais ses successeurs s'installent à Rieux. Au début du XIVème siècle, Arthur II fait édifier une aumônerie à Roset (ou Rozay). La maison seigneuriale est la Fresnay, propriétaire de Guillaume Blain, en 1236. Cette maison est érigée par Jean V en baronnie en 1408, et appartient au duc de Rohan à partir de 1487.

Le territoire de Plessé est dévasté et pillé par les Normands puis durant les guerres de Cents Ans. Dominé par la famille des Rohan de Blain (durant les guerres de Religion), Plessé devient un refuge pour les fidèles du culte protestant. En effet, vers 1567, les membres de l'Eglise Réformée de la région se réunissent souvent au "château de Plessé, de la Maison de Rohan, à Fresnaye". La haute justice de la châtellenie du Gavre en 1717 s'étendait dans les trois paroisses de Plessé, Blain et Héric et relevait du présidial de Nantes.

Note : Instruction publique à Plessé. — Il existe un procès-verbal d'assemblée des habitants de la paroisse de Plessé, daté de 1482, au bas duquel figurent 32 signatures de la plus belle main, qui font le plus grand honneur au maître G. Strabon qui, lui aussi, a signé l'acte avec son titre de régent des écoles de la paroisse. Au XVIIIème siècle, en 1783 du moins, Plessé n'avait plus de maître (Archives départementales, E 340). (L. Maître).

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PATRIMOINE de PLESSE

l'église Saint-Pierre de Plessé (1875). Cette église se compose d'une nef et de bas-côtes, d'un transept et d'un chevet à pans. On y voit une statue de saint Clair datant du XVIème ou XVIIème siècle. Le vicomte de Carheil jouissait jadis d'un droit de prééminence en l'église de Plessé et en la chapelle de Notre-Dame de Larré en Plessé : il avait dans ces deux sanctuaires des bancs et enfeus armoriés, immédiatement au-dessous de ceux du baron de Fresnay, seigneur de la paroisse ;

l'église Saint-Joseph du Dresny (1870). La succursale du Dresny est fondée le 13 mai 1863. L'église est ogivale et comporte une nef, un transept et un chevet à pans ;

l'église du Coudray (1844-1851). La succursale du Coudray est fondée le 2 avril 1851. De style ogival, l'église comporte une nef, un transept et un chevet à pans ;

la chapelle de Carheil (milieu du XIXème siècle), édifiée à l'initiative de Louis-Philippe et de sa famille. A noter que le château de Carheil, dont dépendait la chapelle, a appartenu à Mme Adélaïde, soeur de Louis-Philippe, et au prince de Joinville. Les vitraux sont posés en septembre 1847 : ils proviennent de la manufacture royale de Sèvres (1845-1847) et les cartons ont été réalisés par Ingres et Auguste Hesse. Les deux vitraux de Notre-Dame de Délivrance et de Saint-Gildas et Saint-Mathurin ont été dessinés par Hesse et sont l'œuvre du maître verrier P. Rousseau. Le décor de la chapelle est complété par dix tableaux, œuvres de peintres parisiens. La chapelle abrite les statues de Saint-Brieuc, Saint-Malo, Saint-Yves, Saint-Pol, Saint-Samson et Saint-Clair ;

la chapelle du Plessis (XVème siècle). Il semble que les barons de Fresnay soient les fondateurs de la chapellenie de Saint-Julien, sise au village du Plessis ;

les anciennes chapelles, aujourd'hui pour la plupart disparues : Saint-Clair, Saint-Mathurin, Saint-Joseph de Calan, Saint-Barnabé du Coudray et celles des propriétés de Fresnay, de l'Epinay et de Carheil ;

le calvaire à Personnages (XXème siècle), situé au Dresny ;

le manoir du Chêne-Vert (XVII-XVIIIème siècle), situé au Chêne-Vert. Cette seigneurie possédait jadis un droit de moyenne et basse justice jusqu'en 1483, date du déplacement de la juridiction sur le fief de Carheil. Propriété de Guillaume Rouaud (seigneur de Tréguel) en 1404 ;  

la fontaine Saint-Joseph (1883-1885), située au Dresny et édifiée à l'emplacement d'une guérison miraculeuse ;

l'hospice de la Rochefoucauld (1905), situé à Plessé et édifié par la famille de La Rochefoucauld. L'édifice est légué par testament en 1935 au département de Loire-Atlantique. Il est transformé en maison de retraite vers 1950 ;

le moulin (XVIIème siècle) situé à La Brosse ;

A signaler aussi :

la découverte de bracelets et de haches datées de l'âge de bronze ;

la voie romaine allant de Vannes à Blain et qui passe dans le bourg de Plessé ;

le menhir de Pierre-Folle (époque néolithique), encore surnommé "Gravelle de Gargantua" ou "Grain de Sable de Gargantua" ou "dent de Gargantua" ;  

l'ancien château de Fresnay (ou de Plessé). En 1225, Hervé Ier de Blain épouse Constance de Pontchâteau, la veuve de Guillaume de Clisson. Il meurt en 1236, laissant trois fils : Eudon du Pont, Hervé II et Guillaume (seigneur de Fresnay). A la mort de Guillaume, la châtellenie de Fresnay ou Fresnaye (en Plessé), revient à son frère Eudon du Pont. Le domaine appartient à Hervé de Volvire vers 1363 et à Maurice de Volvire en 1404 et 1407. En 1408, Nicolas de Volvire obtient du duc de Bretagne, Jean V, l'érection de la terre de Fresnaye en baronnie. Le domaine appartient à Joachim de Volvire en 1446 et à Marie de Belleville en 1459 et en 1468. Il passe en 1487 entre les mains de Jean II de Rohan (vicomte de Rohan et de Léon, seigneur de Blain) qui reconstruit, semble-t-il, le château (à confirmer). René de Rohan, né vers 1520, prend le titre de vicomte de Rohan et seigneur de Fresnay en 1527. Catherine de Parthenay, veuve de René II de Rohan fait de nombreux séjours à Fresnay. A cette époque, Jean Bidé était "sénéchal et juge ordinaire des terres et châtellenies de Blain, Héric et Fresnay". En 1642, il est procédé à l'union des châtellenies de Blain, Héric et Fresnay, en vue de leur érection en marquisat qui est réalisée par le roi Louis XIII le 4 janvier 1661. Fresnay fait alors partie du marquisat de Blain. En 1802 (acte daté du 25 août 1802), Fresnay fait partie des biens vendus par le duc Louis Auguste Antoine de Rohan Chabot à M. Louis Henri Janzé. M. de Janzé revend le château et les terres de Fresnay dès 1804, à M. de Martel. Le domaine devient ensuite la propriété de la famille de La Rochefoucauld qui l'habite en 1857. En effet, la fille héritière de Frenay, avait épousé en 1839 Charles de La Rochefoucauld-Bayers, parent des Hervé de Beaulieu. Le vieux château a aujourd'hui totalement disparu : il ne subsiste qu'un porche d'entrée portant les armes des Rohan, une chapelle désaffectée et un ancien puits ;

l'ancien manoir de Carheil. Propriété des Cambout de Coislin qui avaient le titre de vicomtes. En 1842, le prince de Joinville achète Carheil, et ses dépendances. Trente ans plus tard, les trois gendres de Guillet de la Brosse : Arnous-Rivière, Levesque du Rostu et La Rochefoucauld étaient fixés à Fresnay, l'Epinay et Pont-Forêt. Le château de Carheil devient la propriété des comtes de La Motte et Armand, titulaires également de Bogdelin. En effet, Carheil avait été acquis d'abord par Pauline de Guaita, épouse de Robert de Mesmy, puis ensuite par Charles Gourlez, baron de La Motte. Charles de la Motte mourut à Carheil, en 1885, laissant toute une postérité, dont Maurice, châtelain du Bogdelin ;

Note : La guerre qui vient de se terminer a causé des ruines innombrables sur le sol de notre Département et, ici-même, dans notre ville, la vue ne peut s'accoutumer devant tant de destructions. Mais si nos cités urbaines ont souffert de la cruauté des hommes, nos campagnes ont aussi payé un lourd tribut aux combats qui se sont déroulés pour la libération de notre patrie. Nous sommes au mois d'août 1944, l'Allemand ne veut pas abandonner le sol qu'il occupe depuis quatre longues années, et espérant toujours un retour en masse de ses forces, il s'accroche à notre zone côtière. Au cours de l'automne et de l'hiver, le front se stabilise à quelques vingtaines de kilomètres de Nantes et le château de Carheil se trouve placé entre les avant-postes français et allemands, dans cette zone de terrain qui n'est à personne. Les patrouilles des deux partis le visitent et le pillent ; on raconte même, que faisant trêve devant le Dieu Bacchus, les adversaires vont à tour de rôle s'emparer des bonnes bouteilles enfermées dans les caves du château. Le fait certain est que le vin fut pris aussi bien par les Français que par les Allemands. Mais au début de janvier 1945, le 9, si nos renseignements sont exacts, le feu fut mis au château, anéantissant une bibliothèque magnifique, des meubles de grande valeur, des tapisseries de Haute Lice, des tableaux de Maîtres et un buste du célèbre sculpteur Houdon. Cette perte est irréparable, la rampe d'escalier, dite de Coislin, les boiseries, tout a été détruit par le feu. Les caves renfermaient des vins de Bordeaux, de Bourgogne et tous les crus français et étrangers. Maintenant à l'endroit où s'élevait ce beau château on ne voit plus que des ruines chancelantes fréquentées par les corneilles et les renards. Pendant plusieurs mois les escarmouches devaient se poursuivre autour de Carheil. Près de la ligne de Plessé fut tué le lieutenant Charbonneau, des F.F.I. de la Loire-Inférieure. 

Le château de Carheil consistait en un grand château de style Louis XIII, composé d'un grand corps de logis, flanqué de deux pavillons doubles. Il fut construit de 1659 à 1668, par Pierre Poirier, entrepreneur à Redon, sur les plans de l'architecte Corbineau. Le château fut remanié en 1840 par le prince de Joinville et enduit d'un crépissage imitant des rangées de briques. Ce fut lui aussi qui construisit la chapelle actuelle, échappée par miracle à l'incendie, mais portant cependant les traces des balles. Les vitraux, dessinés par Ingres, représentent les membres de la famille d'Orléans. L'ancienne chapelle se trouvait à l'extrémité du jardin potager, et a été convertie en orangerie. Carheil a donné son nom à une antique famille féodale, encore représentée de nos jours. Tandis que le Duc de Bretagne, Alain-le-Grand, tenait sa cour à Plessé, au castellum Sei, ses guerriers fondèrent des petites places fortes qui s'appelèrent Carheil, Larivière, l'Epinay. En 919, 920 et 921, les invasions normandes ruinèrent le territoiae du castellum Sei, et ensuite la guerre de Cent Ans vint y apporter de nouveaux ravages. Ce n'est qu'au début du XVème siècle que nous trouvons pour la première fois mention de Carheil : Jeanne de Carheil, fille du seigneur du lieu, épouse en 1407, le chevalier Guillaume Giffart, d'une maison chevaleresque de Bretagne. Le seigneur de Carheil avait droit de juridiction, Haute, moyenne et basse justice, gibet patibulaire à trois piliers, bancs et accoudoirs dans le choeur de l'église de Plessé, prééminence, chapelle, litre seigneuriale et pierre tombale. Il était le premier seigneur prééminencier après celui de Fresnay. Il avait droit aussi de soule et de quintaine. Par lettres enregistrées au Parlement de Bretagne, en date du 14 juillet 1659, le roi de France érigea la terre de Carheil en « Vicomté » sous le nom de Carheil, en faveur de Pierre du Cambout de Coislin. La haute justice de Carheil s'exerçait au bourg de Guenrouet et comprenait en presque totalité cette paroisse, elle s'étendait aussi sur Plessé, Bouvron et Quilly. Le roi donna au seigneur de Carheil le droit de tenir deux foires, l'une le jour de Saint Justin à Guenrouet, l'autre le Lundi de la Pentecôte au village de Larré. Les seigneurs du lieu étaient aussi patrons et fondateurs de la chapelle de Larré, où ils aimaient à se faire enterrer. Le 12 mai 1619, Michel de Carheil fonde deux messes par semaine, l'une le mardi, en la chapelle de Carheil, l'autre le vendredi, en celle de Larré, sous l'invocation de Saint Roch et Saint Justin. Les premiers seigneurs de Carheil appartiennent à la maison du même nom et cinq générations s'y succèdent. Michel de Carheil, marié à Jacquette de Kerveno eut une fille unique qui épousa le 3 juillet 1619 Jérôme du Cambout de Coislin, chevalier de l'ordre du roi, gouverneur des châteaux de Rhuys et de Suscinio, fils de Louis, chevalier des ordres du roi, gouverneur des Iles d'Oléron et de Gilette du Puy du Fou. Jérôme de Cambout de Coislin, appartenait à une branche cadette de cette maison de Coislin, titre marquis et duc de Coislin, qui s'éteignit en 1733 en la personne de Henri-Charles, duc de Coislin, évêque de Metz, membre de l'Académie Française. Héritier de la bibliothèque du chancelier Séguier, il la légua à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. L'hôtel de Coislin, situé à Paris place de la Concorde, abrite en 1946 le ministère des Affaires Etrangères. Ce fut en faveur de son fils René que la terre de Carheil fut érigée en vicomté. Celui-ci épousa à Vigneux, le 29 juin 1649. Jeanne Raoul de la Guiborgère, fille de Jacques, maire de Nantes, puis évêque de La Rochelle, après la mort de sa femme Jeanne Charette de Montbert. Ce fut le père de la mariée qui célébra lui-même le mariage. Leur fils Jacques du Cambout de Coislin, vicomte de Carheil, marquis du Cambout, colonel du Régiment de Dragons de Bretagne, brigadier de dragons en 1693, suivit Catinat en Savoie et en Piémont et fut tué à la bataille de Carpi le 10 juillet 1701. Son coeur, enfermé dans une boîte de plomb, fut apporté dans l'église de Guenrouet et placé dans un tombeau de forme pyramidale, démoli au début de la Révolution, en 1790. Charles-Georges-René, marquis du Cambout de Coislin, colonel des grenadiers de France en 1751, fut maréchal des camps et armées du roi. Il épousa Marie-Adélaïde de Mailly Rubempé, et fit exécuter la rampe en fer forgé du grand escalier de Carheil, à ses armes et à celles de sa femme, avec les attributs de ses insignes de maréchal de camp. Ce chef-d'oeuvre de ferronnerie a disparu lors de l'incendie du château de Carheil en janvier 1945. Pierre-François du Cambout de Coislin, comte de Carheil, marquis de Coislin, baron de Keraveon, fut député de la noblesse de Bretagne aux Etats Généraux en 1788. Il émigra en 1791 et mourut au château de Carheil le 22 avril 1817. Il épousa à Nantes en 1766 Charlotte Charette de Briord, fille de Joseph et de Anne-Louise Portier de Lantimo, dont sont nés : Pierre-Louis du Cambout, marquis de Coislin, comte de Carheil, émigré en 1791, qui fit la campagne à l'armée des Princes, et sous la restauration fut député de la Loire-Inférieure, maréchal de camp et pair de France. Il prit une part active aux soulèvements de 1815 et de 1832. Il possédait une meute réputée en Bretagne, avec son beau-frère le comte du Botdéru. On raconte qu'un loup levé en forêt du Gavre, fut pris près de Versailles ; lorsque la nuit survenait, chasseurs et animal de chasse se reposaient pour recommencer le lendemain. Sophie du Cambout de Coislin épousa le comte du Botdéru, maréchal de France et pair de France, elle habitait le château de Keraveon et on la surnommait « l'Amazone Morbihannaise » ; elle prit une part importante eux événements de 1815 et de 1832. Agathe du Cambout de Coislin épousa le 26 septembre 1801 César de Soussay de la Guichardière. Celui-ci fit la campagne d'Espagne en 1823 et commanda l'attaque du Trocadéro, dont le palais de Chaillot actuel rappelle le souvenir. Il fut créé vicomte de Soussay par lettres du roi en date du 6 septembre 1828, avec érection de la terre de la Guichardière en majorat. Pierre-Adolphe du Cambout, marquis de Coislin, comte de Carheil, né le 24 janvier 1805, fut le dernier de sa famille. Il coopéra au soulèvement de la Duchesse de Berry en 1832 et le château de Carheil abrita l'état-major clandestin des légitimistes Bretons. Condamné à mort en 1832, il profita de l'amnistie qui survint quelques années plus tard, et s'engagea, bien qu'âgé de 65 ans, en 1870, dans la Légion des Volontaires de l'Ouest. Il combattit à Loigny et au Mans et fut décoré de la médaille militaire et chevalier de la Légion d'Honneur, pour faits de guerre. De son mariage avec Elisabeth Savary de Lancosme, qu'il avait épousée en 1828, il eut deux filles, la comtesse de Valon d'Ambrugeac et la marquise de Nieul, dont la petite-fille était Madame la comtesse de La Ruelle. Complètement ruiné à la suite des événements de 1832, le château de Carheil fut vendu au Prince de Joinville, fils de Louis-Philippe Ier, roi des Français, tandis que la marquise de Coislin, comtesse de Carheil, se retirait dans le manoir voisin de Buhel. Louis-Philippe avait délégué son fils le Prince de Joinville afin de répandre en Bretagne les idées de la branche d'Orléans et contrebattre les tenants légitimistes de la monarchie des Bourbons. En même temps que Carheil, le prince de Joinville achetait la forêt de Paimpont. Il créa une meute et un équipage de chasse et essaya en vain de rallier à la cause des d'Orléans, la noblesse de cette contrée de la Bretagne, toute dévouée à Henri V. Le ralliement ne devait s'opérer qu'après la mort du comte de Chambord. On doit au prince de Joinville le rajeunissement de la façade du château, qu'il fit enduire d'un revêtement imitant les briques, des améliorations intérieures et la construction de la chapelle, dont les vitraux, tirés des cartons d'Ingres, représentent les membres de la famille d'Orléans. Mais la révolution de 1848 vint chasser Louis-Philippe et sa famille, hors de France, et le château de Carheil fut vendu au comte Gourlez de la Motte. La famille de la Motte fit d'importantes réparations intérieures au château de Carheil et surtout procéda au défrichement des bois et des terres incultes. On lui doit la construction d'un grand nombre de métairies ; le château de Bogdelin, en Guenrouet, fut bâti par le comte de la Motte et devint un partage de Carheil. En, 1923, Mme la comtesse de la Motte, née Anne de Montaigu, vendit la terre de Carheil à des marchands de biens et le château fut acheté par le comte Jacques Armand et sa femme, née Levesque du Rostu. Le comte Jacques Armand exécuta des transformations importantes à Carheil, à l'intérieur du château et à l'extérieur. Il créa un château d'eau, éolienne en ciment et en fer, que les Allemands firent sauter en 1945. Il agrémenta le parc avec des statues, provenant de Maubreuil, en Carquefou, et surtout meubla le château avec un mobilier d'une très grande valeur. Mais la guerre survenue et devant l'incertitude de notre époque, le comte Jacques Armand revendit Carheil en 1943 à M. Lefièvre-Binet, mais garda la jouissance du château jusqu'à la fin des hostilités. Cependant la cruauté des hommes devait faire disparaître cette belle demeure. Le château renfermant tant de richesses exaspérait-il les idées égalitaires de notre époque ? Toujours est-il qu'au début de janvier 1945 il fut complètement anéanti par le feu, au cours des événements de guerre. En relevant l'histoire de cette demeure, nous sommes frappés devant la fatalité qui semble y être attachée, ruine des Coislin, exil du prince de Joinville et pour terminer, l'incendie du château (Le Marquis De Goué - 1946).

l'ancien manoir de l'Epinay. C'était à l'origine une forteresse entourée de douves alimentées par le ruisseau de la Forêt du Gavre. Elle était gardée par des tours et l'on pénétrait par un pont-levis. Il reste les ruines d'un bâtiment d'habitation, et une chapelle transformée en grange. Un château moderne a été construit plus haut sur le coteau. Il s'agit de la demeure de la famille Arnous-Rivière ;

le logis du Rozay. Il s'agit du siège d'un hôpital, d'une maladrerie. Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, se rendant au château de Rieux, s'arrêtait au Rozay pour y soigner et consoler les hospitalisés. Veuve du duc de Bretagne Pierre II, elle se fit carmélite, et fonda le couvent des Couëts, en Bouguenais ;

le logis de Malaguet, situé à la sortie du bourg. Il s'agit d'une Huguenoterie ; 

le logis de Saint des Bois. Propriété de la famille Le Gouvello ;

les logis de Coët-Dam et Pont-Forêt. Propriété des familles Marion de Procé et Levesque du Rostu ;

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ANCIENNE NOBLESSE de PLESSE

La baronnie de Fresnay — Fresnay, ancienne châtellenie dans la paroisse de Plessé était une importante seigneurie, démembrement de Pontchâteau, semble-t-il, et propriété en 1236 de Guillaume de Blain, dit de Fresnay, fils, comme, nous l'avons dit, du sire de Blain et de Constance de Pontchâteau. Vers 1250 Anastasie de Blain, dite de Pontchâteau, fille ou soeur de Guillaume de Blain sire de Fresnay, épousa Hervé de Volvire et lui apporta la châtellenie de Fresnay que conservèrent longtemps leurs descendants. L'un d'entre eux, Nicolas de Volvire, chambellan du duc Jean V, obtint de ce prince en 1440 l'érection de Fresnay en baronnie. Jean de Volvire, sire de Fresnay en 1485 fut le dernier de sa race à posséder cette baronnie qui appartenait deux ans plus tard à Jean II vicomte de Rohan et seigneur de Blain. Le fils de celui-ci, Jacques vicomte de Rohan donna, en 1502, la seigneurie de Fresnay à Pierre de Rohan sire de Gié et à Anne de Rohan sa femme, dont le fils René Ier vicomte de Rohan fut tout à la fois seigneur de Blain et de Fresnay (Archives de Loire Inférieure, E304 et 1305). Depuis lors ces deux terres ne furent plus séparées. Le château de Fresnay était en ruines dès 1459 et l'on n'en voyait alors que l'emplacement « ô ses douves et fossez ». Mais quand le vicomte Jean II de Rohan devint, probablement par acquêt, possesseur de la baronnie de Fresnay, il reconstruisit ce château tout en briques avec cette singularité qu'il en ornementa la façade de losanges héraldiques représentant les macles d'or que porte en son blason la famille de Rohan. C'est en ce château que vint demeurer quelque temps la fameuse Catherine de Parthenay, lorsqu'à son retour du Poitou en 1599, elle trouva son château de Blain brûlé et saccagé. En 1679 le château de Fresnay consistait en « un grand bastiment décoré de quatre grosses tours, avec deux galeries haulte et basse ». A côté se trouvaient deux étangs, un parc de 140 journaux et la forêt du Pont ou de Fresnay contenant 600 journaux. D'autres bois et un autre grand étang avec moulin « au bas du bourg de Plessé » et le four banal de Plessé dépendaient aussi du château. Le sire de Fresnay était fondateur et patron de l'église de Plessé et présentateur de la chapellenie Saint-Julien qu'on y desservait ; il était encore fondateur et prééminencier des chapelles Notre-Dame de Larré et Notre-Dame du bourg de Plessé ainsi que de la chapelle du château de Fresnay. La haute justice de Fresnay s'exerçait tous les samedis au bourg de Plessé ; relevaient de la baronnie la châtellenie de Saffré et la vicomté de Carheil, les seigneuries de l'Evrisar en Guenrouët, de la Châteigneraye et du Pordo en Avessac et plusieurs autres terres nobles (Déclaration de Fresnay en 1679). Le baron de Fresnay avait droit de tenir au bourg de Plessé un marché tous les mardis et trois foires par an, aux Fêtes de saint Jacques (1er mai), sainte Marguerite et saint Martin. Il levait aussi, à l'origine du moins, les coutumes de Guenrouët, de Rozet et de Grande-Seuve en Plessé et plusieurs dîmes en Plessé et Avessac (Aveu de Fresnay en 1428). Enfin il était dû au même seigneur, le lendemain de Noël, par le dernier marié de la paroisse de Plessé une soule, un pot de vin et pour deux sous de pain (Aveu de Fresnay en 1679). 

 

La vicomté de Carheil : La noble famille de Carheil, subsistant encore en Bretagne, tire son origine et son nom du manoir seigneurial de Carheil en la paroisse de Plessé. Dès l'an 1407 cette terre appartenait à Jeanne de Carheil, femme de Guillaume Giffart ; mais, en 1443, Macé de Carheil rendit aveu au baron de Fresnay pour sa seigneurie de Carheil ; il épousa Valence de la Serpaudaye et mourut le 9 mars 1485. Son fils Guillaume de Carheil, seigneur dudit lieu, époux de Marie de Loveday, dame de l'Evrisar en Guenrouët, fit son testament en 1487, choisissant pour lieu de sépulture la chapelle Notre-Dame de Larré, mais il vivait encore en 1502 (Archives de Loire Inférieure, E 305 et G 541). Guillaume de Carheil, fils et successeur du précédent, épousa en décembre 1521 Jeanne Spadine ; il eut deux fils qui lui succédèrent l'un après l'autre : Jean de Carheil rendant aveu pour cette terre en 1539 et 1553, — et François de Carheil, seigneur dudit lieu en 1555, mari d'Olive Le Bourg, dame de Villeneuve. De cette dernière union sortirent quatre garçons, dont l'aîné Michel de Carheil, époux de Jacquette de Kermeno, n'eut qu'une fille, tandis que les puînés continuèrent ailleurs la filiation des mâles (Réformation mss. de la noblesse de Bretagne en 1668). Cette fille unique, Marie de Carheil, épousa en juillet 1619 Jérôme du Cambout et lui apporta la seigneurie de Carheil. Jérôme du Cambout, petit-fils du seigneur de Coislin et de Louise du Plessix-Richelieu, devint chevalier de l'Ordre du roi et gouverneur de Sucinio. Il eut de Marie de Carheil quatre fils dont les trois premiers Charles, Sébastien et François ne contractèrent pas d'alliances ; le quatrième René du Cambout, premier vicomte de Carheil, épousa : -1° à Vigneux, le 22 juin 1649, Jeanne Raoul, fille du seigneur de la Guibourgère qui, devenu évêque de la Rochelle, célébra le mariage, -2° en avril 1688 Louise de Laurière (Chérin – Généalogie de la maison du Cambout). Jacques, marquis du Cambout et vicomte de Carheil, né à Carheil en 1650 du premier mariage de René, s'unit, le 12 janvier 1679, à Renée Le Marchand, fille d'un riche bourgeois de Rennes. Il se distingua à la guerre, suivit Catinat en Piémont et fut tué à la bataille de Carpi, le 10 juillet 1701 ; son coeur fut apporté en l'église de Guenrouët. Son fils Pierre-Louis, marquis du Cambout et vicomte de Carheil, épousa le 4 mai 1704 Madeleine Le Brun de Troadio ; il en eut Pierre-Armand du Cambout, marquis de Coislin et vicomte de Carheil, qui s'unit le 4 juillet 1727 à Renée de Talhouët de Keravéon. Ce seigneur mourut en 1738 laissant deux fils qui furent l'un après l'autre vicomte de Carheil : Charles-René du Cambout, marquis de Coislin, marié le 8 avril 1750 à Marie-Anne de Mailly-Rubempré, décédé à Carheil, sans enfants, le 20 janvier 1771, et inhumé dans le choeur de l'église de Guenrouët, — et Pierre, d'abord marquis du Cambout, puis marquis de Coislin, marié en novembre 1766 à Louise Charette de Briord ; ce dernier vicomte de Carheil émigra en 1791 et mourut le 29 avril 1817. La seigneurie de Carheil relevait à l'origine de la baronnie de Fresnay et de la juridiction de Trémar, l'une et l'autre en Plessé et unies en 1660 au marquisat de Blain. Ce fut en juin 1658 que Louis XIV érigea, en faveur de René du Cambout, Carheil en vicomté « pour récompenser les services rendus aux rois ses prédécesseurs et à lui-même par François du Cambout, capitaine de Nantes, Louis du Cambout, son fils, capitaine d'Oléron, enfin Jérôme du Cambout et René du Cambout, l'un après l'autre capitaine de Sucinio ». Le roi unit à la seigneurie de Carheil celles de la Grée en Plessé, et celles de l'Evrisar, Longle, la Motte-Isar et Treillières en Guenrouët ; il forma du tout une haute justice sous le nom de vicomté de Carheil. Les lettres royales de cette érection relatent que la nouvelle vicomté valait bien alors 12 000 livres de rente : ces lettres furent enregistrées au Parlement de Bretagne le 14 juillet 1659 (Archives du Parlement de Bretagne, 22e reg. 48). La haute justice de Carheil s'exerçant au bourg de Guenrouët, comprenait à peu près la totalité de cette paroisse et s'étendait en celles de Plessé, Bouvron et le Quilly.

Le vicomte de Carheil jouissait d'un droit de prééminence en l'église de Plessé et en la chapelle de Notre-Dame de Larré en Plessé : il avait dans ces deux sanctuaires des bancs et enfeus armoriés, immédiatement au-dessous de ceux du baron de Fresnay, seigneur de la paroisse. M. de Carheil était, en outre, seigneur fondateur et prééminencier de l'église de Guenrouët et de la chapelle de Notre-Dame de Grâce, sise en Guenrouët ; là aussi étaient aux chanceaux ses armoiries, bancs à queue et pierres tombales. Le dimanche « le plus prochain de la feste des Rois », le dernier marié de la paroisse de Guenrouët devait, sous peine de 60 sous d'amende, présenter au seigneur de Carheil « audit bourg de Guenrouët, à la passée accoustumée pour faire les proclamations de justice et à l'issue de la grande messe »  une soule pour divertir la jeunesse.

Au sire de Carheil appartenait de toute antiquité le droit de tenir trois foires avec coutumes et bouteillage sur le pâtis de la chapelle de Notre-Dame de Grâce, le mardi de la Pentecôte, le jour Saint-Jean-Baptiste et à la fêle patronale du lieu « Nostre-Dame de septembre ». Une quatrième foire lui appartenait aussi anciennement, le 21 septembre, près la chapelle de Rozet en Plessé. Enfin le roi lui concéda, en 1658 deux autres foires : l'une près la chapelle Notre-Dame de Larré, le lundi de la Pentecôte, et l'autre au bourg de Guenrouët à la fête de saint Justin (17 septembre). Le vicomte de Carheil avait un droit de trépas ou transit au passage de Saint-Clair. Ce passage de la rivière d'Isac tirait son nom d'une chapelle construite sur les ruines de Château-Sée, vieille forteresse, qui a donné son nom à Plessé et qu'habitait, vers l'an 900, le duc de Bretagne, Alain-le-Grand. Il jouissait aussi d'un droit prohibitif de pêche eu cette rivière d'Isac, et les pécheurs qu'il autorisait à y pêcher devaient, avant de vendre leurs poissons, les présenter au château de Carheil. Enfin il avait en ses fiefs droit de « chasse à grosses bestes fauves et noires, à cri et à cor » (Déclaration de Carheil en 1671). La terre de Carheil, proprement dite, ne comprenait pas moins de 500 journaux en bois, prés et labour, sans compter d'immenses communs en landes et pâtures. Les vassaux de Carheil pouvaient faire paître leurs bestiaux dans ces communs, pourvu que chaque chef de famille payât deux chapons et douze deniers chaque année ; quant aux saulniers traversant ces landes et y séjournant parfois, ils devaient chacun, par an « un quart de sel pour la pasture de leurs mules ».

Le domaine proche de Carheil comprenait, en outre, le château de Carheil avec sa chapelle et sa fuie, — les anciens manoirs de Longle (avec chapelle et colombier), de la Motte-Isar et de l'Evrisar ; — les métairies de Carheil, la Grée, le Guignon, Longle, A-haut, la Motte-Isar, l'Evrisar, Beizic et le Breil ; — les quatre étangs du Château, du Gué, d'Ecoule-s'il-pleut et de la Bertaudaye ; — trois moulins à vent et deux moulins à eau sur l'Isac ; — une vigne plantée de 10 journaux ; — le bois de décoration de Carheil contenant 120 journaux, etc. (Déclaration de Carheil en 1671). Le château de Carheil fut reconstruit à grands frais, de 1659 à 1660, par les soins de René du Cambout, sur les plans de l'architecte Corbineau (Mss. de la bibliothèque de Nantes, n° 1683). Propriété naguères du prince de Joinville et appartenant à la fin du XIXème siècle à M. le baron de La Motte, Carheil est un des plus beaux châteaux modernes du pays. « Du milieu des vastes landes qu'on traverse en venant de Savenay, les bois de Carheil apparaissent comme une sorte d'oasis dans le désert. Quand en s'approche du domaine, les sites sont moins frappants, mais ils semblent plus variés et comme animés par un grand mouvement de terrains. Les arbres, disposés en allées ou plantés en futaies, sont d'une venue magnifique » (Guéraud, Géographie de la Loire Inférieure). C'est le digne entourage de la grandiose habitation des anciens vicomtes de Carheil (abbé Guillotin de Corson). 

Nota : Carheil (de), sr. dudit lieu, en Plessé, — de Kermoreau, en Pénestin, — de Launay, en Sucé, — de la Tronchaye, — de la Guichardaye, — des Portes, en Doulon, — de Redumel, en Assérac. Ancienne extraction. — Sept générations en 1668. — Montres de 1544, en Plessé, évêché de Nantes. Blason : D'argent, à 2 corneilles essorées, affrontées de sable, membrées d'or, et une molette de sable, en pointe. Devise : Potius mori quant foedari. Marie de Carheil épouse, vers 1443, Valence de la Serpaudaye. — Un page du Roi, en 1780. Branche aînée fondue dans du Cambout.

(à compléter)

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