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PIPRIAC

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La commune de Pipriac (pucenoire.gif (96 octets) Presperieg) est chef lieu de canton. Pipriac dépend de l'arrondissement de Redon, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).         

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PIPRIAC

Pipriac vient du gallo-romain "Prisperia". 

Pipriac est, semble-t-il, une ancienne paroisse primitive appartenant au doyenné de Lohéac. Pipriac est cité comme paroisse dès 834 et elle est mentionnée comme vicaria (Prisperiaca) dans la donation d’Anauuoreth. Pipriac englobait autrefois sa trève Saint-Ganton et le territoire de Bruc-sur-Aff. 

Le 1er mai 834, le prêtre Worcomin, fils de Riwor, mû par un motif de piété commun à cette époque, donna aux moines de l'abbaye de Redon une partie de sa terre de Teillac, « partem de tegran Taellac » située au Nord et au-delà de la rivière, traversée par un chemin public et bornée par les terres d'Urgint et de Worgint. Le donateur y ajouta une masure sise dans le village même de Teillac et fit également don aux moines de ses habitants, Weiden et ses fils. Cette donation fut faite sur la terre même en question, près de Teillac, et en présence de plusieurs personnages distingués. Le même jour, Worcomin ajouta au don précédent la huitième partie de la ferme de Péron, « VIII partem virgade Peron », située dans la paroisse d'Anast (aujourd'hui Maure-de-Bretagne), et que son parrain Jarncolin lui avait donnée lorsqu'il reçut la tonsure cléricale. Worcomin donna donc cette terre en toute propriété aux religieux de Redon le 1er mai 834 ; l'acte en fut passé à Teillac, en Pipriac, « factum est hoc in plebe Prispriac in loco nuncupante Taellac » (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 97, 99 et 168). De ces actes il faut conclure qu'au IXème siècle Pipriac était déjà une paroisse importante habitée par une population bretonne composée de nobles, de prêtres, de colons et de serfs. Les nobles étaient, en 834, Riwor, Riwohen, Hiawid, Haëlocan, Winoc, Worbri, Winnau, Wétenoc, etc. — Les prêtres se nommaient, à la même date, Worcomin, Riscun et Paschaël, et en 882 Atoère, Drewoion et Anauhoiarn. — Enfin, Weiden et ses enfants, donnés en même temps que leur demeure de Teillac, nous représentent les colons ou plutôt les serfs qui se trouvaient en 834 à Pipriac. Spirituellement, Pipriac dépendait déjà de l'évêché d'Aleth ou de Saint-Malo, puisque ses habitants reconnaissaient l'autorité d'Ermor, évêque d'Aleth ; temporellement, elle était en la même année 834 gouvernée par un mactiern ou chef de paroisse appelé Riwalt (Pouillé de Rennes). 

Vers la fin de ce IXème siècle, une contestation s'éleva entre les moines de Redon, possesseurs de la paroisse de Langon, et quelques habitants de Pipriac, au sujet des limites de ces deux paroisses. L'affaire fut portée devant Alain-le-Grand, comte de Vannes, dont l'autorité remplaçait alors celle des anciens mactierns. Ce prince vint lui-même sur les lieux, écouta les raisons données par Cadwobri, Breselvobri et Wetenic, représentant les intérêts des habitants de Pipriac, et termina le différend (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 38). A cette époque Pipriac était une très-grande paroisse, puisque, outre le territoire actuel de Saint-Ganton, sa trêve au moyen-âge, elle renfermait encore Teillac, village se trouvant aujourd'hui en Saint-Just. Le Cartulaire de Saint-Maur-sur-Loire nous dit aussi qu'en 843 la paroisse de Pipriac, « vicaria Prisperiaca » était limitrophe de celle de Maure. Pipriac s'étendait donc alors de Langon jusqu'à Maure (Maure-de-Bretagne). En 1152, saint Jean-de-la-Grille donna au Chapitre de Saint-Malo, qu'il venait d'établir, l'église de Pipriac et les chapelles en dépendant ; ce don fut confirmé en 1157 par le pape Adrien IV. Mais les chanoines de Saint-Malo perdirent d'assez bonne heure Pipriac, qu'ils ne possédaient plus en 1319, lors de leur sécularisation. Dès lors, la présentation du recteur de Pipriac appartenait à l'ordinaire, ce qui dura jusqu'à la Révolution. Au XVIIIème siècle, le vicomte de Bossac, seigneur de la paroisse, levait les deux tiers des dîmes, et le dernier tiers appartenait au recteur ; à cette époque, on estimait le revenu de ce dernier 3 300 livres, mais la fabrique de Pipriac n'avait alors que 30 livres de rente, dont 20 livres pour l'entretien de la lampe (Pouillé ms. de Saint-Malo - 1739-1767). Mentionnons ici un singulier devoir auquel était tenu le recteur de Pipriac ; il est ainsi formulé dans un aveu de 1629 « Quand la cure de Pipriac est vacante a droit le seigneur de Bossac d'avoir les clefs de tous les trésors de l'église parochiale jusqu'à ce qu'il y ait un autre recteur pourvu, et ce dernier doit prendre lesdites clefs des mains dudit seigneur ; lequel recteur doibt, en reconnoissance de ce, 25 sols monnoie, dont il doibt y avoir 5 sols en double pour estre jetés au peuple, en reconnoissance de supériorité et patronage. Doibvent oultre aucuns des sujets dudit seigneur avoir les habits et dépouilles que ledit recteur a sur lui lors de la prise de possession de ladite cure ». Ce dernier droit était exercé par les habitants de la Touraudais, à Saint-Ganton, alors trève de Pipriac. Voici comment le recteur Louis David s'en acquitta le 20 août 1787, après avoir pris possession des églises de Pipriac et de Saint-Ganton : « A l'endroit ont comparu Jean Paumier, demeurant à la Touraudais, Guill. Lurio, Jean Patys, etc., possesseurs du fief Renault-Jouran, sis en Saint-Ganton, et ont requis que ledit sieur David eût à satisfaire au droit de dépouille leur dû par les nouveaux recteurs de Pipriac, suivant les aveux. Le sieur David, pour satisfaire à ce droit, s'est sur le champ et aussitôt dépouillé suivant l'usage et a remis auxdits réclamants les accoustrements et nippes d'usage dus, c'est-à-dire son chapeau, sa soutane, même sa ceinture, de tout quoi les réclamants se sont saisis » (Archives départementales de la Loire-Inférieure - Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Saint-Malo - Pouillé de Rennes).

En 1294, le territoire dépend de la baronnie de Bossac et du bailli de Ploërmel. On voyait dans le bourg de Pipriac l'auditoire, la prison et les ceps et collier de la seigneurie de Bossac en Bruc : cette seigneurie exerçait aussi un droit de haute justice et un droit de quintaine. La paroisse de Pipriac dépendait jadis de l'ancien évêché de Saint-Malo. Une école est créée en 1719. 

On rencontre les appellations suivantes : Plebs Prispiriac (en 834), Vicaria Prisperiaca (en 843), Pipriac (au XVIème siècle).

Note 1 : pendant la guerre de la Ligue (en 1560-1598), l'amiral de Coligny, seigneur de Bossac, s'oppose à Mercoeur, le chef des ligueurs. 

Note 2 : il est question en 1719 de l'école des garçons de cette paroisse et de François Maignan, diacre du lieu, qui se préparait à la tenir (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). 

Note 3 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Pipriac : Guillaume du Boisorhant (en 1537 ; décédé en 1557, après avoir résigné en faveur du suivant). Jacques du Boisorhant (fils de Jacques et issu des seigneurs du Boisorhant, en Sixt, fut pourvu en cour de Rome et prit possession en 1558, malgré l'opposition de François Moreau, pourvu le 29 octobre 1557 par l'évêque de Saint-Malo. Ce dernier fut débouté, et Jacques du Boisorhant ne résigna qu'en 1574 en faveur du suivant). François Druet (il prit possession le 6 février 1574 et résigna en 1585). Pierre Guillemoys (natif de Fougères, fils de Pierre, seigneur de la Bonnaye, et de Gillette Favedel, déjà chapelain de Bréhily, fut pourvu de la cure le 9 février 1585. Il devint chanoine de Dol, mais non pas grand-chantre de cette église, comme le dit Ogée, qui le fait mourir dès 1607 (Dictionnaire de Bretagne, I, 250). Député, en effet, aux Etats de Bretagne en 1614, il fut très-considéré de ses contemporains ; décédé en 1618). Guillaume Ounes (il résigna dès 1619). Julien Le Goux (licencié en droit civil et canonique, il fut pourvu le 28 mai 1619 ; décédé à Rennes et inhumé le 16 mars 1644 dans l'église Saint-Sauveur de cette ville). Charles Treton du Ruau (ancien prêtre de l'Oratoire et vicaire général de Mgr de Harlay, fut pourvu le 27 mars 1644, mais ne conserva pas longtemps sa cure). Pierre Bedel (il fut pourvu vers 1645 ; décédé le 28 avril 1670, âgé de cinquante-six ans, et inhumé dans l'église). François Allot (il succéda au précédent ; décédé le 23 novembre 1697 et inhumé dans le chanceau de l'église). Jean Gendrot (il fut pourvu le 21 mars 1698 ; décédé âgé de cinquante ans, le 11 juin 1712, et inhumé dans l'église). Gabriel Sévin (pourvu le 15 juin 1712, résigna en faveur du suivant). Gilles-Guillaume Léau (il fut pourvu le 15 novembre 1734 ; décédé âgé de trente-six ans, le 21 décembre 1742, et inhumé dans l'église). Damas-René Dousseau (pourvu le 22 décembre 1742, construisit le presbytère actuel à Bréhangon ; décédé âgé de quarante-cinq ans, le 21 septembre 1753, et inhumé dans le cimetière). Pierre Lottin (il fut pourvu le 31 janvier 1754 ; décédé âgé de quarante-cinq ans, le 30 mai 1768, et inhumé dans l'église). François-Charles Robert (il fut pourvu le 11 juin 1768 ; décédé en 1787 hors de sa paroisse). Louis David (natif de Bruc, et pourvu le 10 août 1787, prit possession le 20 des églises de Pipriac et de Saint-Ganton. Défendu par ses paroissiens, il demeura à Pipriac pendant la Révolution, montrant lui-même le plus grand courage, et fut réinstallé en 1803 ; décédé le 4 septembre 1822, âgé de soixante-neuf ans). Pierre Marheu (1822, décédé en 1831). Pierre Roux (1831-1856). André Lemoine (à partir de 1856), ......

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PATRIMOINE de PIPRIAC

l'église Saint-Nicolas (1866-1890), oeuvre des architectes Charles Langlois et Arthur Regnault. La tradition locale prétend que la chapelle Saint-Amand, dont nous parlerons plus bas, fut à l'origine l'église paroissiale de Pipriac, mais nous n'avons point de preuves de ce changement. Quoi qu'il en soit, l'église abandonnée vers 1862 était dédiée à saint Nicolas et à saint Luczot (nota : le Pouillé ms. de Saint-Malo (1739-1767) ne mentionne point ce dernier titulaire, mais un acte de 1676 nomme « saint Lusure et saint Nicolas patrons de Pipriac » ; peut-être était-ce saint Luxoire, martyr, ou saint Lusor, honoré à Bourges ; c'était un édifice insignifiant, que composait une seule nef terminée par un chevet droit et accompagnée de nombreuses mais irré­gulières chapelles seigneuriales. Cette église datait en grande partie du XVIème siècle ; l'on y voyait, en effet, les deux inscriptions suivantes : Au temps de Mre Guill. du Boisorhant Rr de Pipriac, MDXXXVI. — Ce clocher fut faict p. T. Bourde] et Q. Benoist, 1537. Ce clocher, se trouvant au milieu de l'église, fut transféré au bas de la nef en 1752. En 1629 s'éleva une contestation au sujet des droits de prééminences à Pipriac entre Françoise de Coligny, dame de Bossac, veuve de René de Talensac, Françoise Miollays, veuve de Gilles Ruellan, baron du Tiercent et seigneur du Châtel, et François de Cossé, duc de Brissac et baron de Renac. A cette occasion on fit un procès-verbal de l'état dans lequel se trou­vait l'église, et voici quelques extraits de ce document : A la maîtresse vitre du chanceau se trouvait peint « un écusson en bannière portant de gueules à neuf macles d'or, ledit écusson entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel » ; c'était le blason de Pierre de Rohan, baron de Pontchâteau et seigneur de Bossac, qui habitait la Thébaudaye en 1513. A la vitre du côté de l'évangile, dans le même chanceau, était un écusson : d'hermines au lion de sable rampant, couronné et onglé de gueules, lequel se retrouvait sculpté sur la muraille du même côté de l'évangile, « lesdits escussons dépendant de la seigneurie du Chastel ». Au-dessus du sacraire placé du côté de l'épître on voyait deux écussons en relief, l'un portant : « mi-parti des besants et de vair », c'est-à-dire probablement : de gueules à neuf besants d'or, qui est Malestroit, et de vair au lambel de gueules, qui est de la Motte ; Hervé de Malestroit, possédant le Châtel en 1513, avait épousé Etiennette de la Motte ; — l'autre : « semé d'hermines au lion de sable », comme ci-dessus. Ainsi, en 1629 les seigneurs de Bossac et du Châtel avaient leurs armoiries dans le chanceau de Pipriac, mais on n'y trouva pas trace de celles des barons de Renac. Nous ne savons pas au juste comment se termina la dispute de ces différents seigneurs, mais il est certain qu'au siècle dernier M. Huchet de la Bédoyère, vicomte de Bossac et seigneur de la Thébaudaye, était reconnu comme supérieur, fondateur et prééminencier de l'église de Pipriac ; il avait, en conséquence, son enfeu et son banc dans le chanceau de cette église, du côté de l'évangile ; vis-à-vis, du côté de l'épître, étaient les banc et enfeu des seigneurs du Châtel. On voyait au XVIIème siècle quatre chapelles prohibitives dans l'église de Pipriac ; elles appartenaient aux seigneurs du Masle (nota : le seigneur du Masle avait, en 1629, le droit de faire jouer à la soule dans le bourg de Pipriac), de Senac, du Boishulin et de Lourme. Plus tard, cette dernière devint la chapelle de la Botheleraye ; on ajouta aussi deux autres chapelles, appartenant aux seigneurs du Fresche et de la Pipelaye. Enfin, le sieur de la Perdrilaye avait un banc auprès de l'autel de Notre-Dame (Archives paroissiales). Plusieurs de ces chapelles étaient fondées de messes, telle que celle de Saint-Yves, dépendant de la Pipelaye. Les seigneurs du Châtel présentaient aussi la chapellenie du Caillet, desservie en 1573 à l'autel de la Vierge. Les confréries du Saint-Sacrement, de la Sainte-Croix et du Rosaire étaient érigées dans cette église au siècle dernier, mais celle de la Croix était seule fondée de 50 livres de rente. En 1860 on a construit une nouvelle église à Pipriac ; elle est de style ogival et renferme trois nefs (Pouillé de Rennes). Le clocher date de 1877. Le Grand Autel date de 1892. Les orgues datent de 1895. La nef date de 1858. Cette église remplace une église primitive du XVIème siècle, dédiée à Saint-Amand. La chapelle de la Pipelaye et celle du Fresche de l'église primitive étaient réunies par une voûte cintrée : la seconde renfermait l'enfeu des seigneurs de Guichen. La maîtresse-vitre portait l'écusson de Pierre de Rohan, seigneur de Bossac en Bruc de la fin du XVème siècle au début du XVIème siècle, avec le cordon de Saint-Michel, et l'écusson de la famille Ruellan, seigneurs du Chastel au XVIIème siècle. Les seigneurs du Chastel et de Bossac avaient au XVIIIème siècle des enfeus dans le choeur ; 

la chapelle du Bois-Hulin (XIV-XVIIème siècle), ancienne dépendance du manoir du Boishulin situé jadis route de Saint-Séglin. Cette chapelle privée porte la date de 1604 au-dessus de l'autel. Propriété successive des seigneurs du Boishulin (à la fin du XIIIème siècle et au début du XIVème siècle), le Sage (en 1420 et en 1652), de la Bourdonnaye (à la fin du XVIIème siècle et au XVIIIème siècle) ;

la chapelle Sainte-Anne (1663). Propriété successive des familles Le Moine (en 1427), Callac (en 1513), Peschart seigneur de la Villa-Rolland (en 1663), Tanouarn (vers 1725) et Lambert ; 

l'ancienne chapelle Saint-Ganton. Il s'agit en faite d'une église tréviale devenue paroissiale en 1803. A mentionner aussi les chapelles Saint-Michel, Saint-Mathurin, Saint-Roch et de la Rochelle, toutes aujourd'hui dans la commune de Saint-Ganton ;

la croix de la Justice ;

le manoir de la Perdrilais ou Perdrilaye (XIV-XVIIIème siècle). Propriété successive des familles Baron (au XVIIème siècle), Drouet seigneurs de la Rogontaye (en 1693), de Plouays (en 1750), Baron seigneurs de la Ville-Baud. La chapelle de la Perdrilaye avoisinait ce manoir ; en 1665, Noël Rozy y épousa Anne Baron, fille du sieur de la Perdrilaye. La chapelle privative du manoir est démolie en 1840. On y montre encore la Chambre à la Reine Anne. Une tapisserie offert par la reine Anne au seigneur de la Perdrilais fut vendue, dit-on, vers 1850 ; 

le manoir de Senac (XIV-XIXème siècle). Il est accosté d'une tourelle ronde et possédait jadis une chapelle privée. La chapelle de Senac, voisine de ce manoir et mentionnée en 1633, était considérée en 1727 comme chapelle frairienne. Françoise Couriolle, dame de Senac, y épousa en 1695 Laurent Guériff, seigneur de Launay, et en 1699 Sébastien Fournier, seigneur de Pellan. Cette chapelle, fondée de messes, avait Pierre Bonnier pour chapelain en 1695 ; elle était encore desservie le dimanche à la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Senac (en 1441), Budes (en 1513), Couriolles (en 1645), Guériff seigneurs de Launay-Kerrosay. La chapelle privative du manoir, signalée en 1840, a disparu ; 

le manoir du Fresches (XVI-XIXème siècle). Propriété de la famille Guillemoys (ou Guillemois) en 1645 : Pierre Guillemois Ecuyer sieur du Fresches (1560), puis propriété successive de Thomas-Julien Guillemois Ecuyer sieur du Fresche (1603-1665) époux de Jeanne Gillot dame de Boutigny (1604), Pierre Guillemois sieur de Fresche et du Fau (1621) époux de Jeanne Guézennec dame du Kerret, René Guillemois sieur du Fresche et du Fau (1639) et François Guillemois sieur de Fontenis de la Touchepapail (1640). Puis propriété des familles Le Roy ou Leroy seigneurs de La Danaye, Trélan et Rolland (au début du XVIIIème siècle). La chapelle privée du manoir date du XVIIème siècle : en 1672, Guillaume Thorel, sieur du Boisbriant, y épousa Perrine de Trélan, et en 1750 on y fit aussi le mariage de François Rolland, seigneur de Rangervé, avec Jeanne Rolland, dame du Fresche (Pouillé de Rennes)

l'ancien manoir du Masle (XIV-XVème siècle). Il possédait jadis une chapelle privée, aujourd'hui disparue. Saint-Jean du Masle était située en 1665 à l'entrée de ce vieux manoir ; la paroisse y venait jadis en procession à la fête de saint Jean-Baptiste. Dans cette chapelle — fondée de messes et desservie en 1708 par Guillaume Durand — se marièrent en 1697 Jean Peschart, seigneur de la Ville-Rolland, et Françoise du Masle, et en 1712 Louis de Talhouët, marquis du Boisorbant, et Renée Peschart (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Masle (vers 1400), Pescharts de La Villa-Roland (en 1697), Louis de Talhouet de Bois-Orhant (en 1712), Bouexic de Guichen (en 1886) ; 

le manoir de la Boutardais ou Boutardaye (XVIIème siècle). Propriété successive des familles Berruyer (en 1441 et en 1513), Le Chauff (en 1658 et en 1769), de Lambert ; 

la maison de maître (XVIIème siècle), située au lieu-dit La Roussière. Cette maison est restaurée au XXème siècle ; 

le manoir du Châtel ou Chastel (XVI-XVIIIème siècle). Il s'agit semble-t-il du chef-lieu primitif de la châtellenie de Pipriac. Cet édifice avait été reconstruit en 1574, et en partie au milieu du XVIIIème siècle. Il possède une chapelle privée réédifiée en 1746 et une motte. La chapelle du Châtel, très-ancienne et fondée de messes, était ruinée au XVIème siècle, et l'on transféra à cause de cela sa fondation dite du Caillet en l'église paroissiale. C'est ce que déclara en 1745 Hilaire de Tanouarn, recteur de Saint-Denis à Nantes, et pourvu de ce bénéfice sur la présentation de son frère, Vincent de Tanouarn, seigneur du Châtel, en place de René de Tanouarn, décédé chefcier de la Guerche. L'année suivante fut construite au Châtel une nouvelle chapelle faisant le pendant à la fuie seigneuriale, et dont la cloche fut bénite le 4 septembre 1746. Louis Gâtinais et Jean Bénigne (1785) desservirent ensuite cette chapelle, où fut rapportée la fondation du Gaillet (Pouillé de Rennes). Sa fuie n'existe plus. Il avait jadis un droit de haute justice et relevait directement du duc, puis du roi. Propriété successive des familles Malestroit (1374), Coëtquen (jusqu'en 1540), Peschart seigneurs de Bienassis (en 1560), Coëtlogon, Le Meneust seigneurs de Bréquigny (en 1635). La famille Menagées ou Ménager de Tanouarn seigneur du Plessis-Bourdoul, le possède depuis 1707. Le porche date du XVI-XVIIème siècle. La cheminée date de 1574 : elle est armoriée de trois écussons, l'un parti de Peschart et de Castellan, l'autre parti de Peschart et de Bellouan, et le troisième parti de Peschart et de Jubier ; 

l'ancien manoir du Tertre-Lambert (XVIIème siècle). Ce manoir est agrandi au XIXème siècle. Il possède une chapelle privée. La chapelle Sainte-Anne du Tertre, dépendant du manoir de ce nom et mentionnée en 1663, était très-vénérée jadis ; la paroisse de Guipry y venait processionnellement à la fête de sainte Anne. En 1733, Jean Lambert, seigneur du Boisjan, y épousa Anne de Tanouarn, fille du seigneur du Tertre. Cette chapelle était naguère desservie tous les dimanches par les prêtres de la paroisse (Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles le Moine (en 1427), de Callac (en 1513), Peschart seigneurs de la Ville-Rolland (en 1663), de Tanouarn (en 1725), de Lambert seigneurs du Bois-Jean (vers 1733) ; 

le château de la Bothelleraye ou Botheleraye (XIXème siècle). Il s'agit d'un ancien manoir. Il possédait jadis une chapelle privée. La chapelle de la Botheleraye, bâtie non loin de ce manoir, appartenant successivement aux Peschart, de Tournemine et du Bouexic de Guichen, est mentionnée en 1646 et 1695. Propriété successive des familles Tréomer (en 1427), Peschart (en 1513), Tournemine (en 1645), Bouexic (au milieu du XVIIIème siècle), Béranger ; 

la maison (XVIII-XIXème siècle), située au lieu-dit La Cherplais ; 

la maison de maître (XVIII-XXème siècle), située au lieu-dit Le Frégon ; 

plusieurs longères (XVI-XIXème siècle) ; 

la maison de maître (1602), située au lieu-dit La Cherplais ; 

le manoir de Fontenio (XVIIème siècle). Il possédait jadis une chapelle privée, mentionnée en 1695 à propos d'une sépulture clandestine qu'on y fit. Propriété successive des familles Fontenio (en 1513), Brunet seigneurs de La Cosnelaye (en 1692), Rolland seigneurs de Rengervé. On y trouve une chapelle privative ; 

la mairie (1869-1871) ; 

le musée Jean Brito ; 

le puits situé au lieu-dit La Truchotais ; 

le puits (XIXème siècle), situé au lieu-dit Les Emailleries ; 

le four (1942), situé au lieu-dit Le Théherdias ; 

11 moulins dont les moulins à eau Alain, du Châtel, du Pont, et les moulins à vent de la Moissonnais, de la Bosse, Sicard, des Grées, Vieux, du Tertre, de la Grande-Lande, des Freux ; 

A signaler aussi : 

le menhir du Plessis. A noter qu'une douzaine de monuments mégalithiques situés sur la commune de Pipriac ont été détruits après la seconde guerre mondiale ; 

la découverte d'un dépôt de 600 pièces d'or et d'argent (de l'époque celtique) au village de la Ténille ; 

on a découvert des substructions gallo-romaines près du Moulin de la Costardaye et près du manoir du Masle ;

l'ancienne Chapelle de Saint-Amand de Bréhily, située dans le cimetière primitif et reconstruite au XVIème siècle. Cette chapelle, fort ancienne et sise dans le vieux cimetière, passait, avons-nous dit, pour la première église paroissiale de Pipriac ; il se tenait jadis à l'entour une foire considérable le jour de sa fête patronale ; elle appartenait aux paroissiens, était fondée de messes et eut pour chapelains : Thébaud Légier (décédé vers 1566), Nicolas Hauffray (décédé en 1584), Pierre Guillemoys (en 1584), Louis Janvier (en 1617), Olivier de France (en 1633), René Drouet (en 1633), Claude Pantin (en 1661), Joseph Huchet de la Bédoyère (décédé en 1786), François de Loynes (en 1786) et Joseph Coignard (en 1787) (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien manoir de Lourme. Propriété des seigneurs de Lourme en 1379 et en 1513, puis de la famille Peschart seigneurs de la Botheleraye au XVIIème siècle ;

le manoir du Plessis-Fabron. La chapelle du Plessix-Fabron existait au XVIIème siècle, dépendant du manoir de ce nom, possédé alors par les Fabroni ou Fabron. Ce vieux sanctuaire a été remplacé de nos jours par une chapelle bénite vers 1853 et encore entretenue. Propriété successive des familles du Plessis (en 1427 et en 1513), Fabroni (en 1690), Botherel seigneurs de Quintin (en 1727), du Guériff ;

l'ancien manoir de la Ribaudais ;

l'ancien manoir de la Ville-Rolland, situé route de Saint-Ganton. Propriété des seigneurs de la Ville-Rolland en 1427 et en 1513, puis des familles Peschart seigneurs du Tertre (au début du XVIIème siècle) et de Talhouët seigneurs de Boisorhant (vers 1712) ;

l'ancien manoir de la Bienassis, situé route de Sixt-sur-Aff. Propriété successive des familles de Malecerte (en 1441), Gascher (en 1513), Peschart (en 1583 et en 1672), le Meneust seigneurs de Bréquigny (en 1722), de Ranouarn (en 1740 et en 1758) ;

l'ancien manoir de la Marhannaye, situé route de Saint-Séglin. Propriété de la famille le Noir en 1664 et en 1789, puis de la famille le Court de Béru ;

l'ancien manoir de la Pipelaye, situé route de Saint-Séglin. Il possédait jadis une chapelle privée, dédiée à Saint-Thébaud et remplacée de nos jours par une croix. Cette chapelle était fondée de messes et avait en 1770 Thomas Cottier pour chapelain ; elle n'existe plus, mais on continue de venir en pèlerinage à une croix élevée sur son emplacement. Propriété successive des familles Guiho (en 1441), de Kervéno (en 1513), de Quillien (en 1656 et en 1689), de Visdelou seigneurs de Bonamour ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de PIPRIAC

La baronnie de Bossac : Du château de Bossac construit en la paroisse de Bruc, mais sur les limites de Pipriac, au bord du ruisseau de Canut, il ne demeure qu'un vague souvenir, des moulins et un étang portant encore le nom de la vieille forteresse. Dès le XVème siècle, d'ailleurs, ce château était complètement ruiné et en 1478 on n'en voyait plus que « la situation consistant tant en douves qu'en emplacement d'iceluy chasteau, et contenant un journal de terre » (Archives de Loire-Inférieure). Mais à quelque distance de là, dans la paroisse même de Pipriac, s'élevait en la trêve de Saint-Ganton un manoir d'une certaine importance, nommé la Thébaudaye : cette maison était dès 1440 la demeure des sires de Bossac et les deux seigneuries de Bossac et de la Thébaudaye ne formèrent dès lors qu'une seule châtellenie ou baronnie. La famille de la Motte portant « de vair au lambel de gueules » — ce qui semble indiquer un ramage de Lohéac (nota : les barons de Lohéac portaient : de vair plein). — paraît la première en possession de la seigneurie de Bossac. Robert de la Motte, sire de Bossac, jura en 1379 l'association pour empêcher l'invasion étrangère en Bretagne ; il épousa Mahaud de Rieux, fille de Jean, sire de Rieux. Leur fils, Louis de la Motte, s'unit en 1416 à Marguerite Anger, fille du seigneur du Plessix-Anger en Lieuron ; cette dame mourut veuve, le 17 juin 1436 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 214 et 1298). Ysabeau de la Motte, fille des précédents, apporta Bossac à Geffroy du Perrier, seigneur de la Roche d'Iré, qu'elle épousa avant 1412 ; c'était le fils de Jean du Perrier, sire de Quintin. Les deux époux rendirent aveu au duc de Bretagne pour la seigneurie de Bossac le 25 mai 1440, et Ysabeau de la Motte décéda le 16 juin 1474. Tristan du Perrier, leur fils, comte de Quintin et seigneur de Bossac, fut l'un des plus distingués chevaliers de son temps : il mourut le 24 décembre 1482, ne laissant de son union avec Ysabeau de Montauban qu'une fille nommée Jeanne (Archives de Loire-Inférieure). Cette Jeanne du Perrier, dame de Quintin et de Bossac, épousa : - 1er en 1472, Jean de Laval, baron de la Roche-Bernard, dont elle eut Guy XVI, comte de Laval ; - 2° Pierre de Rohan, baron de Pontchâteau, dont naquit Christophe de Rohan, mort sans postérité. Pierre de Rohan semble avoir aimé à résider à la Thébaudaye pour laquelle il rendit aveu en 1500 et où il demeurait en 1513 ; il mourut le 23 juin 1518. La baronnie de Bossac passa dès lors à Guy XVI, comte de Laval, qui épousa Antoinette de Daillon. Cette dame réclama en 1533, après la mort de son mari, pour Charlotte de Laval, sa fille, dame de Bossac, dont elle était tutrice, l'honneur réservé depuis plusieurs siècles aux seigneurs de Bossac de porter l'un des bâtons du dais ducal lorsqu'avait lieu le couronnement des ducs de Bretagne. Sa requête fut favorablement accueillie, et René de Tournemine, procureur de la dame de Bossac, tint ce bâton à la cérémonie du couronnement de François III à Rennes. Charlotte de Laval, dame de Bossac, épousa en 1547 le célèbre amiral de France Gaspard de Coligny ; elle mourut en 1568 et son mari fut massacré, comme l'on sait, à la Saint-Barthélemy, en 1572. Ils laissaient, entre autres enfants, Louise de Coligny, femme de Charles de Téligny, qui semble avoir possédé quelques années la terre de Bossac, car en 1578 elle présenta le prieuré de la Lande en Pipriac, en sa qualité de dame de Bossac ; mais, soit qu'elle est décédé sans enfants, soit par suite d'un arrangement de famille, la seigneurie de Bossac ne tarda pas à passer au frère aîné de cette dame, François de Coligny, marié en 1581 à Marguerite d'Ailly (Moreri, Dictionnaire historique). La fille de ces derniers, Françoise de Coligny, reçut en partage la châtellenie de Bossac, épousa en 1602 René de Talensac, seigneur des Loudrières, et devenue veuve disputa avec avantage au seigneur de Renac les droits honorifiques dans l'église de Pipriac. Elle appartenait néanmoins à une famille longtemps à la tête du protestantisme en France ; elle mourut en 1637, après avoir vendu ses terres et seigneuries de Bossac et de la Thébaudaye. Ce fut le morcellement de la baronnie de Bossac ; déjà en 1599 Marguerite d'Ailly en avait distrait les fiefs de Saint-Malo-de-Phily pour le seigneur de la Driennaye ; l'acte de vente de Mme de Talensac fut passé le 18 juin 1630 en faveur de François Peschart, seigneur de Bienassis en Pipriac, et de Jean Becdelièvre, seigneur du Bouexic en Guipry. Ces deux acquéreurs se partagèrent, le 29 novembre suivant, la baronnie. François Peschart conserva les domaines proches de Bossac et de la Thébaudaye, ainsi que les fiefs en Bruc et Pipriac ; Jean Becdelièvre eut en partage tous les fiefs en Guipry. François Peschart, devenu ainsi baron de Bossac, était fils de Louis Peschart et d'Anne de Castellan, seigneur et dame de Bienassis. Il avait épousé d'abord Renée de Vaucouleurs, dont il eut Jean Peschart, baron de Beaumanoir, décédé sans postérité à Rennes et inhumé dans l'église de Pipriac le 4 août 1634 (nota : Le baron de Beaumanoir, conseiller au Parlement de Rennes, avait fait, avant de mourir, au couvent de Bonne Nouvelle de Rennes, une fondation qu'exécuta son père après son décès). Il se remaria avec Georgine Tillon et vint avec elle habiter le manoir de la Thébaudaye. Ils y eurent un fils nommé Jean, baptisé en 1636 dans l'église tréviale de Saint-Ganton, et en 1642 ils fondèrent deux messes hebdomadaires en la chapelle de leur manoir. Tous deux moururent à la Thébaudaye et furent inhumés dans le chanceau de l'église de Saint-Ganton, de chaque côté du maître-autel : Georgine Tillon le 16 décembre 1648, et François Peschart, le 6 avril 1649. Leur fils cadet Gabriel devint alors seigneur de Bossac et épousa à Nantes, le 30 avril 1661, Renée Dollier de Casson, fille du seigneur de la Dévoriaye en Fougeray ; de cette union sortirent au moins sept enfants, deux garçons et cinq filles, baptisés tous à Saint-Etienne de Rennes. Chevalier du Montcarmel et de Saint-Lazare, Gabriel Peschart habita tantôt Rennes, tantôt la Thébaudaye ; mais il eut des différents très graves avec Louis du Bouexic, seigneur de Pinieux ; chassé de son manoir où sa femme était retenue prisonnière, il voulut y rentrer et fut assassiné dans la cour même de la Thébaudaye, le 1er septembre 1692, par deux gentilshommes du pays. Une de ses filles, Marie-Louise Peschart, qui mourut à Versailles en 1701, essaya, mais en vain, de conserver le manoir paternel. Dès 1696 la baronnie de Bossac et la terre de la Thébaudaye furent saisies par les créanciers de Gabriel Peschart ; le tout fut vendu judiciairement et acheté par Noël Danycan et Marguerite Chantoyseau, sa femme, très riches armateurs de Saint-Malo. La fille de ces derniers, Guyonne-Marie Danycan, en épousant, le 17 juin 1704, Charles Huchet, seigneur de la Bédoyère, lui apporta la baronnie de Bossac ; procureur général au Parlement de Bretagne, celui-ci mourut en 1759, laissant Bossac à son fils Hugues-Charles Huchet, comte de la Bédoyère, mari d'Agathe Sticotti. Ces derniers moururent à Rennes, M. de la Bédoyère en 1786 et sa veuve l'année suivante. Leur fils aîné Corentin-Charles Huchet, marquis de la Bédoyère, avait épousé dans l'église de Saint-Ganton, le 17 mars 1779, Reine-Perrine Rado de Cournon. Il donna vraisemblablement en partage la baronnie de Bossac à l'un de ses frères cadets Antoine-Pierre Huchet de la Bédoyère qui fut, en tout cas, le dernier seigneur de Bossac et la Thébaudaye. Celui-ci ayant émigré, ses biens furent vendus nationalement le 8 thermidor, an IV, et la Thébaudaye fut rachetée par son frère M. Huchet de la Besneraye. 

Selon M. de Courcy, Bossac fut « érigé en vicomté en 1637 pour Jean Peschart, baron de Beaumanoir » (Nobiliaire de Bretagne, I, 124, et II, 439). Nous ne croyons pas la chose certaine : d'abord Jean Peschart, baron de Beaumanoir, mourut en 1634, et en 1637 Bossac appartenait à François Peschart ; puis tous les anciens titres de Bossac font de cette terre une châtellenie ou une baronnie d'ancienneté, aucun ne la qualifie de vicomté. Il est probable que M. de Courcy a confondu entre elles les deux sections de la seigneurie de Bossac divisée, comme nous l'avons dit, en 1630 ; l'une d'elles fut bien érigée en vicomté en 1637 en faveur de Jean Becdelièvre, mais ce fut pour former avec d'autres fiefs la vicomté du Bouexic ; l'autre conserva avec le domaine proche de Bossac son titre d'ancienne baronnie. Ce domaine proche de Bossac se composait dès 1478 comme en 1619 de ce qui suit : « les murailles, mazières, lieu et emplatz du chasteau ancien de Boczac, cours, douves et clostures d'iceluy situé en la paroisse de Bruc » ; « les manoir et mestairie de Bossac adjacents ledit emplacement du chasteau » ; — « le chasteau et manoir de la Thébaudaye consistant en un grand corps de logis basti de neuf (en 1619) avec ses cours devant et à costé, chapelle, écuries, pavillons, colombiers, jardins, etc. » ; — la métairie de la Rochelle (nota : les sires de Bossac avaient donné aux religieuses du prieuré de Saint-Germain-des-Prés près de Lohéac une rente de se boisseaux de seigle pris sur cette terre ; c'est ce qu'on appelait la chapellenie de la Rochelle, dont jouissait en 1789 l'abbaye de Saint-Sulpice près de Rennes) ; — les grand et petit parcs de la Thébaudaye « en partie cernés de murs » contenant l'un 80, l'autre 20 journaux ; — les bois futaies de Bossac (48 journaux) et de la Thébaudaye ; celui-ci partie en taillis, mais contenant 100 journaux ; les anciens moulins à eau de Bossac, sur l'étang de ce nom, de Saint-Séglin sur l'Aff, et du Moulin-Allain ; — les moulins à vent de la Rochelle, de la Boce et de la Touche-Raoul ; — divers traits de dîmes à la dixième gerbe en Pipriac, Saint-Ganton et Bruc. La baronnie de Bossac, relevant prochement du duc de Bretagne, puis du roi de France, se composait d'une demi-douzaine de grands bailliages subdivisés en de nombreux fiefs. Le tout s'étendant en Pipriac et Saint-Ganton sa trêve, Bruc, Guipry et Saint-Malo-de­Phily ; ces fiefs rapportaient en 1787 : par argent, 556 livres 12 sols, plus 2 000 boisseaux d'avoine, 250 boisseaux de seigle et 43 boisseaux de froment. Plusieurs droits féodaux assez originaux y appartenaient, en outre, au baron de Bossac de qui relevaient un bon nombre de terres nobles et sept seigneuries inférieures : au bailliage de Bruc, le seigneur de Fesgon devait « au terme d'aoust un espervier garny de sonnettes et un gand à porter oiseau, à peine d'un escu d'or » ; les détenteurs d'un jardin au bourg de Bruc devaient au même terme « une douzaine d'aiguillettes de soye, la moitié rouge ferrée de noir et l'autre moitié noire ferrée de jaune et orangé ». — Au bailliage de Senac en Pipriac, le seigneur de la Pipelaye devait « 20 sols de cire à la Saint-Michel Mont-Gargan et une paire de gants blancs le premier jour de l'an ». — Au bailliage de Bréhilly, aussi en Pipriac, les détenteurs du fief de la Costardaye et ceux de la maison de la Bouverie devaient également donner « une paire de gants blancs » (Aveu de 1619). Mais voici un droit bien plus singulier sur la fabrique et le recteur de Pipriac. Au bailliage de la Prévostière en Pipriac le baron de Bossac avait droit de fondation et patronage des églises de Pipriac et de Saint-Ganton, et des chapelles de Saint-Amand au bourg de Pipriac et de Saint-Michel au bourg de Saint-Ganton, ainsi que de l'église de Bruc et de la chapelle priorale de la Lande. « Mesme a droit le dit seigneur, quand arrive à Pipriac vacation de recteur, d'avoir par les mains des fabriqueurs et trésoriers les clefs d'icelle église, lesquelles clefs iceux sont tenus porter au dit seigneur à son manoir de la Thébaudaye, pour le dit seigneur bailler les dites clefs à personne idoine pour l'administration des sacrements en icelle église jusqu'à ce que la dite église soit fournie de recteur ; lequel recteur, lorsqu'il est duement pourvu est tenu venir vers le dit seigneur pour avoir les dites clefs, et en recognoissance de ce le prochain dimanche après sa possession prise, icelui recteur doit au dit seigneur 25 sols monnaye èsquels y a 5 sols en double deniers qui sont jetés à l'issue de la grand'messe dudit jour au cimetère de Pipriac par le dit seigneur aux paroissiens et peuple y congrégés. Et aussi au dit jour de la possession prise de son bénéfice, doit et est tenu le dit recteur bailler et délivrer aux tenanciers du village de la Touraudaye en la dite paroisse, qui sont hommes de la seigneurie de Bossac, tous et chacun ses habits et accoustrements qu'il a sur lui au temps de la dite prise de possession, réservé chausse, pourpoint, chemise et souliers, pour reconnaissance de ce que iceux tenanciers paient audit recteur la dime du consentement des prédécesseurs du dit seigneur auxquels jadis elle appartenoit » (Aveux de 1619 et 1677. — Le dernier recteur de Pipriac avant la Révolution, M. David, acquitta ce singulier devoir en 1787, en laissant « ses nippes d'usage, c'est-à-dire son chapeau, sa soutane et mène sa ceinture »). Le seigneur de Bossac avait droit de faire courir quintaine « de sept ans en sept ans les hommes mariés en Pipriac (depuis ces sept ans) au lieu accoustumé au bourg de ce nom », et chaque coureur après avoir rompu sa lance, devait cinq boisseaux d'avoine au baron ; le seigneur du Boishulin en Pipriac était tenu ce jour-là de fournir aux quintainiens « le rocquet et l'écu nécessaires », mais le sire de Bossac fournissait les chevaux. Au bourg de Pipriac se trouvaient l'auditoire où s'exerçait la haute juridiction de Bossac, la prison et les ceps et colliers ; les propriétaires des trois maisons de la Bouverie, du Collier et de la Bassecour devaient, en outre, garder au besoin, chacun pendant vingt-quatre heures, les prisonniers ou malfaiteurs saisis par la justice seigneuriale. Le lundi de Pâques tous les « nouveaux mariés depuis l'an » de la paroisse de Bruc étaient tenus de chanter une chanson et d'offrir aux officiers de leur seigneur « une fouace et un pot de vin breton » (Aveux de 1619 et 1677). Enfin au seigneur de Bossac appartenait le droit de tenir un marché à Pipriac tous les mardis, et deux foires, l'une le jour Saint-Amand au bourg de Pipriac, l'autre à la Saint-Eutrope au bourg de Saint-Ganton. Actuellement du château de Bossac il ne subsiste rien, avons-nous dit ; du manoir de la Thébaudaye il demeure quelques ruines insignifiantes. Il fut brûlé par la malveillance en 1790 et l'on aperçoit ses derniers débris au centre d'un grand carré de murailles flanquées de six tourelles et de quatre pavillons. Sans être une forteresse, la Thébaudaye était donc assez bien défendue pour résister à un coup de main armée, mais elle fut victime des torches incendiaires qu'alluma la Révolution (abbé Guillotin de Corson). 

 

La seigneurie du Châtel : Vers 1896 on présenta à la Société Archéologique d'Ille-et-Vilaine le dessin d'un manteau de cheminée existant au manoir du Châtel en la commune de Pipriac. Au milieu d'une assez riche décoration dans le style de la fin du XVIème siècle, l'artiste qui sculpta dans la pierre cette cheminée monumentale grava une date, deus noms et trois écussons : la date de 1574, les noms d'Escuyer Loys Peschart et de Jeanne de Castellan et les trois écussons qui suivent : - 1° Au centre : Mi-parti : au 1er de gueules à la bande d'or, chargée de trois roses d'azur et accostée de quatre chouettes d'argent, posées, 2, 2, qui est Peschart ; au 2ème d'argent à trois sangliers de sable, qui est de Castellan ; - 2° A droite de cet écusson un autre blason : Mi-parti : au 1er de gueules à la bande d'or, chargée de trois roses d'azur et accostée de quatre chouettes d'argent, posées 2, 2, qui est Peschart ; au 2ème de sable à l'aigle éployée d'argent, qui est de Bellouan ; - 3° A gauche du même écu central un dernier écusson : Mi-parti : au 1er de gueules à la bande d'or, chargée de trois roses d'azur et accostée de quatre chouettes d'argent, posées 2, 2, qui est Peschart ; au 2ème de sable à trois fleurs de lys d'argent, qui est Jubier. A l'occasion de cette exhibition héraldique, il a paru intéressant de rechercher ce que fut jadis la terre du Châtel, quels seigneurs la possédèrent avant la Révolution et parmi eux quel fut celui dont les armoiries s'y retrouvent encore. Au IXème siècle le territoire de Pipriac « Prispiriac plebs » formait une paroisse bretonne — un plou, comme on disait alors — gouvernée en 834 par un mactiern appelé Riwalt (Cartulaire de l'Abbaye de Redon, 98). Au siècle suivant le régime féodal s'établissant en Bretagne, ce plou donna naissance à une seigneurie possédée par les comtes de Rennes. L'un d'entre eux, Juhel Bérenger mort vers 910, gratifia son second fils nommé Martin de Rennes de la « chastellenie de Prispriac » (Le Baud, Les Chroniques de Vitré). Il est vraisemblable que cette seigneurie eut pour chef-lieu un château construit près du bourg de Pipriac, connu d'abord sous le nom de Château de Pipriac et plus tard sous la simple dénomination du Châtel. Mais les guerres des XIème et XIIème siècles et surtout l'établissement au XIIIème des châtellenies de Renac et de Bossac modifièrent singulièrement l'état féodal de Pipriac. Cette paroisse se trouva dès lors divisée en un grand nombre de petites seigneuries relevant pour la plupart des deux nouvelles châtellenies ; le Châtel ne fut plus qu'une simple seigneurie conservant toutefois sa motte féodale et sa haute juridiction, continuant de relever directement du duc de Bretagne et plus tard du roi de France. La puissante maison de Malestroit possédait le Châtel au XVème siècle. Hervé de Malestroit, fils de Jean sire de Malestroit, décédé en 1374, et de Jeanne de Dol, fut « seigneur d'Uzel et du Chastel ». Ce chevalier épousa d'abord Etiennette de la Motte, puis Perronnelle de l'Argentaye, dame dudit lieu. De cette seconde union naquit un fils nommé Jean qui continua la postérité (Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 527 et 832). C'est probablement ce Jean de Malestroit qui figure dans les cahiers de la Réformation de 1427 sous la dénomination du « seigneur du Chastel à son manoir du Chastel ». L'un de ses descendants fut Hervé de Malestroit, seigneur du Châtel, dont la Réformation de 1513 dit : « Hervé de Malestroit, usant de noblesse en la paroisse de Pipriac à cause de sa seigneurie du Chastel, y a un métayer et un sergent franc en ladite paroisse et n'y demeure pas » (Des Salles, Réformations de l'évêché de Saint-Malo, 107 et 228). Ce seigneur venait néanmoins quelquefois au Chastel, car une charte du Ms. de la Muce est ainsi datée par lui-même : « Fait au manoir du Chastel le 14e jour de janvier, 1508 » (Archives d'Ille-et-Vilaine). Hervé de Malestroit mourut le 29 novembre 1528. De son union avec Marguerite de Beaumanoir, il laissait plusieurs enfants, entre autres, François, Jacques et Françoise. Ce fut d'abord Jacques de Malestroit, seigneur d'Uzel, qui, héritant du Châtel, rendit aveu au roi pour cette seigneurie le 10 avril 1529. Mais quelques années plus tard, François de Malestroit, aîné de la famille, donna en partage cette même terre du Châtel à sa soeur Françoise. Celle-ci, femme de François sire de Coëtquen et vicomte de Rougé, fit au Roi un nouvel aveu du Châtel le 5 octobre 1540 (Archives de Loire-Inférieure). Cette dame et son mari possédaient encore le Châtel en 1547 ; mais le sire de Coëtquen mourut en 1557 laissant six enfants (De la Motte-Rouge, Les Dinan et leurs juveigneurs, 213). Ceux-ci vendirent probablement cette seigneurie appartenant en 1560 à Louis Peschart, seigneur de Bienassis en Pipriac, second fils de Jean Peschart et de Jacquette Jubier, seigneur et dame de la Botheleraye (Archives de Loire-Inférieure, B, 533). Le nouveau seigneur du Châtel, Louis Peschart, épousa : - 1° le 25 août 1561. Jeanne de Castellan et - 2° par contrat du 20 juin 1597, Gillette de Vaucouleurs. Il n'eut pas d'enfant de cette seconde alliance, mais de sa première femme naquirent un fils nommé François et plusieurs filles (De l'Estourbeillon, La noblesse de Bretagne, II, 279). En 1574 Louis Peschart et Jeanne de Castellan firent reconstruire, en partie du moins, leur manoir du Châtel, comme le prouve la belle cheminée que nous avons signalée en commençant cette notice. Ils y firent sculpter leurs noms et leurs armoiries et les accompagnèrent de deux autres écussons aux armes des Peschart avec leurs alliances : l'un fut celui des père et mère de Louis, c'est-à-dire Jean Peschart et Jacquette Jubier ; l'autre fut l'écu du grand-père du même Louis, c'est-à-dire François Peschart et de Guillemette de Bellouan, sa seconde femme, seigneur et dame de la Botheleraye. Après la mort de Louis Peschart, ses héritiers durent vendre le Châtel au fameux fermier général Gilles Ruellan, seigneur du Rocher-Portail, dont Tallemant des Réaux nous a conté la prodigieuse fortune (Historiettes, II, 34). Ce seigneur fit hommage au roi, le 15 février 1618, pour sa terre du Châtel en Pipriac (Archives de Loire-Inférieure, B, 1016). Il mourut à Paris en 1627 et sa veuve Françoise Miollays soutint, deux ans plus tard, les droits de sa seigneurie du Châtel, relativement aux prééminences de l'église de Pipriac. Gillette - Jeanne Ruellan, fille de ces seigneur et dame du Rocher-Portail, avait épousé dès le 9 octobre 1606 René de Coëtlogon ; elle décéda en 1622 et fut inhumée en l'église des Grands-Carmes de Rennes. Philippette de Coëtlogon, sa fille, s'unit à son cousin René marquis de Coëtlogon et fut enterrée près de sa mère à Rennes en 1677. Ces deux dames avaient possédé la seigneurie du Châtel qui demeura à la fille de la dernière, Suzanne de Coëtlogon, mariée en 1635 à Guy Le Meneust, seigneur de Bréquigny. Nous voyons dès 1638 la terre et la juridiction du Châtel aux mains de « Monsieur de Bréquigny à cause de sa femme, fille de la maison de Coëtlogon » (Archives de Loire-Inférieure, fonds du Plessix-Tizon). Guy Le Meneust mourut en 1677 et eut pour successeur son fils Charles Le Meneust, seigneur de Bréquigny et du Châtel, qui fit pour cette dernière terre hommage au Roi le 10 janvier 1679 (Archives de Loire-Inférieure, B, 989). Mais ce fut la mère de ce seigneur, Suzanne de Coëtlogon, douairière de Bréquigny, qui rendit aveu au Roi pour le Châtel, le 30 juillet 1680 ; cette dame ne mourut qu'en 1693 (Archives de Loire-Inférieure, B, 989). Elle avait vu décéder avant elle dès 1682 sa fille Marie-Suzanne Le Meneust mariée en 1676 avec René de Tanouarn, seigneur du Plessix-Bardoul et veuf de Jeanne Peschart. De cette seconde union sortirent cinq enfants qui rendirent aveu au Roi, le 29 octobre 1707, pour leur seigneurie du Châtel qu'ils déclaraient posséder par représentation de leur mère et de leur aïeule (Archives de Loire-Inférieure, B, 989). L'aîné de ces enfants Charles-René de Tanouarn, seigneur du Plessix-Bardoul et du Châtel, épousa le 7 avril 1701 Lucrèce Peschart dont il eut des enfants décédés avant lui. Il habitait le Châtel en 1707 et mourut le 21 février 1743 (abbé Pâris-Jallobert, Registres paroissiaux de Pléchâtel, 29). Mais de son vivant la troisième femme de son père, Renée Girault, devenue veuve en 1709, vint elle-même demeurer au Châtel et y fonda en 1714 une lampe du Saint-Sacrement dans l'église de Pipriac. Ce fut aussi au Châtel que se maria une fille de cette dame, Marie de Tanouarn unie, le 11 février 1713, à Jean-Victor de Marnières, seigneur de la Choannière. Ce jeune ménage s'installa également au Châtel où lui naquirent plusieurs enfants (Registres paroissiaux de Pipriac). A la mort de Charles-René de Tanouarn, en 1743, les seigneurie et terre du Châtel furent séparées. La seigneurie, c'est-à-dire les fiefs et la juridiction, échut à la fille unique de Christophe de Tanouarn, seigneur du Tertre, demi-frère du défunt (étant fils aîné de René de Tanouarn et de Renée Girault) ; elle se nommait Anne de Tanouarn et avait épousé en 1733 Jean Lambert, seigneur du Boisjan. — La terre et le manoir du Châtel furent le partage de Vincent de Tanouarn également fils de René de Tanouarn et de Renée Girault (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 58). Vincent de Tanouarn, dit seigneur du Châtel quoiqu'il ne possédât que ce manoir et sa terre, épousa, par contrat du 23 novembre 1724, Marie-Gabrielle Proust, fille aînée d'un maire de Nantes, dont il eut huit enfants. Par contrat du 16 août 1736, il acquit les terre et seigneurie de Bienassis qu'avait possédées jadis Louis Peschart, seigneur du Châtel. Il mourut le 22 décembre 1754 et fut inhumé le lendemain au chanceau de l'église de Pipriac, sous le banc seigneurial du Châtel (Registres paroissiaux de Pipriac). Charles-Vincent de Tanouarn, fils du précédent, seigneur de Bienassis et propriétaire de la terre du Châtel, épousa, par contrat du 29 octobre 1757, Magdeleine de Talhouët, fille du comte de Brignac. Ils habitèrent le Châtel où leur naquirent plusieurs enfants, mais Magdeleine de Talhouët s'y trouvait veuve en 1769 lorsqu'elle mit au monde un fils posthume nommé René et baptisé le 4 août à Pipriac. Elle avait déjà trois garçons Charles, Louis et Joseph. Charles de Tanouarn, l'aîné de ces enfants, fut le dernier seigneur du Châtel et de Bienassis, ayant recouvré d'avec son parent M. de Lambert, seigneur du Boisjan, les fiefs et juridiction du Châtel. Il émigra, puis épousa en 1801 Marie-Geneviève Dondel. — Louis de Tanouarn accompagna son frère aîné en exil. — Joseph de Tanouarn épousa en 1786 Marie-Jeanne Fournier d'Allérac et fut tué en combattant près de Vern en 1794. Sa veuve racheta en 1797 la terre du Châtel confisquée comme bien d'émigrés et vendue nationalement, mais elle la céda plus tard à sa belle-soeur Marie-Geneviève Dondel, dame de Tanouarn (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9 P, 39). La terre seigneuriale du Châtel en Pipriac était « tenue prochement, ligement et noblement du Roi sous son domaine de Ploermel ; de laquelle terre (il y avait) partie tenue en juveignerie de la juridiction et seigneurie de Renac, partie aussi tenue en juveignerie de la seigneurie de Bossac et partie enfin tenue purement du Roi » (Déclaration de la seigneurie du Châtel en 1680 – Archives de Loire-Inférieure). Le seigneur du Châtel devait chaque année à celui de Bossac « 38 sols, 6 deniers monnoie de rente, la disme au dixiesme boisseau, foy, hommage, rachapt et chambellenage » (Déclaration de la seigneurie de Bossac en 1677). La seigneurie du Châtel se composait d'un certain nombre de fiefs s'étendant surtout dans les trois paroisses de Pipriac, Bruc et Sixt ; au commencement du XVIème  siècle elle avait même quelques fiefs en Guignen relevant de la seigneurie de la Muce en Baulon. Le seigneur du Châtel jouissait d'une « haute, moyenne et basse justice, avec tout ferme droit de faire eslever fourches patibulaires où bon luy semblera sur icelle juridiction qui s'exerce en la ville de Pipriac par sénéchal, alloué, procureur et greffier et tous autres officiers d'icelle, avec droit d'espaves, gallois, deshérences, successions de bastards et généralement comme tout haut justicier est en droit par la coustume » (Déclaration de la seigneurie du Châtel en 1680). L'antiquité de cette juridiction du Châtel était attestée par l'existence d'une motte féodale s'élevant près du manoir et subsistant encore. Nous avons dit qu'au XVIIIème siècle la haute-justice du Châtel fut distraite du domaine en faveur du seigneur du Boisjan et du Tertre, mais elle fut de nouveau unie à la terre du Châtel quelque temps avant la Révolution (De Bréhier, Généalogie de la maison de Lambert, 119). D'après les Aveux rendus en 1529 et 1680, la seigneurie du Châtel levait un droit de bouteillage dans quelques-uns de ses fiefs ; elle cueillait aussi quelques dîmes sur le territoire de Pipriac. Enfin elle possédait dans « l'église parochiale dudit Pipriac des prééminences et droits honorifiques, banc et enfeu prohibitifs contre le chancel du grand autel, du costé de l'évangile, avec les escussons et armoiries du Chastel qui sont dans la principale vitre, dans la grande vitre du costé de l'épître et mesme en bosse et relief clans les murailles d'icelle église » (Déclaration de la seigneurie du Châtel en 1680). A l'appui de ce droit de prééminences signalons le procès-verbal de l'état de l'église de Pipriac dressé en 1629 à propos d'une discussion élevée entre les seigneurs de Bossac, de Renac et du Châtel relativement aux droits honorifiques dans cette église. Françoise Miollays, dame du Châtel et veuve de Gilles Ruellan décédé baron du Tiercent, y fit constater l'existence dans « la vitre du chanceau au costé de l'évangile » d'un écusson : D'argent au lion de sable, armé, lampassé et couronné d'or, qui est Ruellan ; « lequel escusson dépendant de la seigneurie du Chastel » se retrouvait « sculpté en plastre sur la muraille du mesme costé de l'évangile ». Au-dessus du sacraire placé du côté de l'évangile se voyait également en 1629 un écusson en relief portant « Mi-parti des besants et de vair », c'est-à-dire vraisemblablement : De gueules à neuf besants d'or, qui est de Malestroit, et : De vair au lambel de gueules, qui est de la Motte. Hervé de Malestroit, seigneur du Châtel, avait épousé, comme nous l'avons dit, Etiennette de la Motte. Ce même blason de Malestroit et de la Motte se retrouvait gravé au-dessus de l'autel de Notre-Dame. C'était d'ailleurs près de cet autel qu'était placé en 1629 le banc seigneurial du Châtel ; il ne fut posé dans le chanceau qu'au milieu du XVIIème siècle (Archives paroissiales de Pipriac). Enfin à ce même autel de la Sainte-Vierge se desservait en 1573 et en 1745 une fondation de messes dite chapellenie du Caillet, dont la présentation appartenait au seigneur du Châtel ; le service de ces messes se faisait à l'origine dans la chapelle du manoir du Châtel (Registres des insinuations de l'évêché de Saint-Malo). 

Le domaine proche du Châtel se composait en 1680 du manoir de ce nom « avec autres logements et une mestairie en la cour d'iceluy, jardins au joignant, déports et herbregements où il y a de vieilles mazières et emplacement du colombier avec garennes et faulces à connils ». Ce manoir rebâti une première fois en 1574 fut encore en partie reconstruit vers 1745 par Vincent de Tanouarn qui releva aussi la chapelle détruite au XVIème siècle. Il la construisit faisant pendant à la fuie seigneuriale et l'on en bénit la cloche le 4 septembre 1746. On y rétablit même la fondation du Caillet dont fut pourvu Hilaire de Tanouarn, recteur de Saint-Denis de Nantes, frère du seigneur du Châtel. A côté du manoir se dressait l'antique motte féodale des premiers seigneurs du lieu et s'étendait l'étang du Châtel avec son moulin ; ailleurs s'élevait le moulin à vent de la Grande-Lande. Enfin, outre la métairie de la Porte et la retenue du Châtel, la terre de ce nom comprenait en 1789 les métairies de la Pourchassaye, de la Chesnaye et du Bois-Houtel (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1 Q, 88).A la fin du XIXème siècle le château et la terre de Châtel continuent d'appartenir à la famille de Tanouarn (abbé Guillotin de Corson).

 

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 9 nobles de Pipriac :

Jehan DE CARVALLO (200 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Yvon DE FONTENO de Fonteno (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Robert DE LA BOUERE (160 livres de revenu), remplacé par son fils Arthur : comparaît comme homme d'armes ;

Jehan DE LA VILLEROLAND de Ville-Roland : défaillant ;

Pierre DU MASLE du Masle (200 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ;

Robert LE FEBVRE (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Louis DE LOURME de l'Ourme (50 livres de revenu), remplacé par Tristan : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Robert DE SENAC (80 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

les héritiers Jehan DE TREOMER de Bothéleray (5 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

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