Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue chez les Pancéens

PANCE

  Retour page d'accueil        Retour Canton de Bain-de-Bretagne  

La commune de Pancé (bzh.gif (80 octets) Pantieg) fait partie du canton de Bain-de-Bretagne. Pancé dépend de l'arrondissement de Redon, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).      

Vous possédez des informations historiques sur Pancé, vous souhaitez les mettre sur le site infobretagne, contactez-moi par mail (voir page d'accueil)

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PANCE

Pancé vient du latin "Pantia" et du suffixe "acum" (signifiant "domaine de", et d'origine gallo-romaine). 

Le roi Salomon aurait établi sa résidence au IXème siècle sur le bord du Semnon (Histoire de Bretagne, par A. de la Borderie). Le Pouillé de Rennes mentionne que l'existence de la paroisse de Pancé au IXème siècle est constatée par une charte du Cartulaire de Redon. On y voit, en effet, que le 10 juin 860 Salomon, roi de Bretagne, se trouvait à Pancé lorsqu'il donna à l'abbaye de Redon une terre nommée le Mont-Alahart, avec tous ses habitants, « Montem Alahart cum omnibus manentibus ». Cette donation, faite dans la vicairie de Pancé, « in vegaria (de) Panzeyo », au bord du Samnon (ou Semnon), « super Samanum », eut pour témoins le saint abbé de Redon Convoyon et tous les nobles accompagnant le roi de Bretagne, Bran, Herdmonoc, Worcondelu, Winhomarc, etc., ainsi que le diacre Félix (Cartulaire de l'Abbaye de Redon, 373). La présence du roi Salomon et de saint Convoyon à Pancé ne doit pas nous surprendre, car il semble bien que le Chastellier, village voisin de Pancé, quoique en Pléchâtel, était alors une des résidences des rois bretons. Toutefois, ce ne furent pas les moines de Redon, mais ceux de Saint-Melaine, qui devinrent un peu plus tard maîtres de la paroisse de Pancé. Ces derniers, confirmés plusieurs fois au XIIème siècle par le Pape, l'archevêque de Tours et les évêques de Rennes, dans la possession de l'église de Pancé, fondèrent en ce lieu un prieuré. Le recteur de Pancé, présenté par l'abbé de Saint-Melaine jusqu'en 1770, recevait de lui une portion congrue en dîmes que le Rôle diocésain ms. de 1646 estimait 500 livres. Mais en 1790 le recteur, M. Dufeu, déclara que son bénéfice avait alors un revenu brut de 1 547 livres, dont il fallait déduire les charges, telles que la pension d'un vicaire, les décimes, etc. (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 Q, 3).

A noter que sur une lande dominant le Semnon (au village de la Chapelle), se trouve un ouvrage en terre de 50 m sur 30, qui est semble-t-il un castrum romain. Salomon est assassiné par Gurwant en 871. Ce dernier possède le territoire de Pléchâtel sur l'autre rive du Semnon. 

On voyait autrefois l'auditoire de la seigneurie du Frétay au bourg de Pancé : cette seigneurie avait jadis un droit de haute justice et ses fourches patibulaires à quatre pots se dressaient sur les landes du Mont-Serein. Elle est érigée en vicomté en 1578, et en marquisat en 1619, avec la seigneurie de la Marzelière et la châtellenie de Bain sous le nom de marquisat de la Marzelière.

On rencontre les appellations suivantes : Panzeyum (en 860), Panceium (en 858), Panceyum (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Pancé : Julien Guillard (décédé vers 1532). Julien de la Rue (présenté par l'abbé de Saint-Melaine en 1532, fut aussi recteur de Chanteloup ; décédé assassiné au Loroux, en Anjou, revenant de Saumur, et inhumé le 20 juin 1569 dans l'église de Pancé, au choeur, du côté de l'évangile). Jean Filloche (issu des seigneurs de la Fillochaye, au Sel, succéda au précédent et résigna en 1596 en faveur du suivant). François Patheu (il fut présenté par l'abbé de Saint-Melaine le 31 mai 1596 et pourvu aussitôt ; mais sa nomination fut contestée par le suivant, auquel il dut céder la place). Thomas Langouet (pourvu en 1597, résigna en 1627 en faveur du suivant). Pierre Jameaulx (il fut pourvu en 1627 ; décédé en novembre 1649). Laurent Rondel (il fut présenté en 1649 par l'abbé de Saint-Melaine, Thomas Isnard ; mais les moines de cette abbaye, prétextant le séjour de leur abbé à l'étranger, nommèrent de leur côté Thomas Perret, recteur de Derval. De là un procès, terminé par la résignation de M. Perret moyennant une pension de 200 livres. Ce dernier devint plus tard recteur de Pacé. Laurent Rondel, décédé le 6 juillet 1687, fut inhumé le lendemain dans l'église). Pierre Clouard (A la mort de M. Rondel, l'abbé de Saint-Melaine Jean d'Estrades n'ayant point encore reçu ses bulles, les moines présentèrent Pierre Clouard, prêtre d'Avranches ; mais l'abbé n'en nomma pas moins François Chevrel. L'évêque refusa l'un et l'autre en juillet 1687, et, sous prétexte que le siège abbatial se trouvait vacant, il nomma lui-même Julien Thomas. Ce fut un nouveau procès, terminé cette fois en faveur des moines et de leur protégé, M. Clouard. Ce dernier reconstruisit le presbytère et permuta avec le suivant). Gilles Lespingueux (précédemment recteur de Mellé, fut pourvu en 1695 ; décédé à Rennes le 8 février 1711). Mathurin Chéreil (pourvu le 2 février 1711, il prit possession le 11 mars ; décédé le 6 avril 1744 et inhumé dans son église, au pied de la statue de saint Marc). Jean-Marie Gerbier (il fut pourvu le 7 avril 1744 ; décédé le 16 mai 1773, âgé de soixante-huit ans, et inhumé dans le cimetière). Gilles Ory (prêtre du diocèse, il prit possession le 13 juillet 1773 et se démit l'année suivante). Henri-Marie-François Dufeu (pourvu le 2 mai 1774, fut enfermé à Saint-Melaine en 1792 et exilé en Angleterre en 1793 ; réinstallé en 1803, décédé en décembre 1809). Léonard Neveu (1810, décédé en 1843). Pierre Depoix (1843, décédé en 1850). Jean Mahé (1850-1859). Pierre Richard (à partir de 1859), ......

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de PANCE

l'église Saint-Martin (1860-1865), oeuvre de l'architecte Edouard Brossay-Saint-Marc. Parlons d'abord de l'église qui a disparu. L'ancienne église de Pancé, d'origine romane, qui date du XIIème ou XIIIème siècle, est réaménagée au XVIème siècle. Saint Martin de Tours est le patron de Pancé. Cette ancienne église présentait quelques vestiges d'architecture romane, notamment dans la tour, percée d'étroites meurtrières, et dans le mur septentrional de la nef, l'on voyait murée une baie cintrée avec archivolte en briques rap­pelant le XIème siècle. Quant au chevet droit du choeur, sa fenêtre ogivale à meneaux, également bouchée, indiquait une construction du XVIème siècle. Les autres parties de l'église étaient encore plus modernes : les bras de croix ou chapelles de Saint-Sébastien et de Saint-Yves ne dataient que du XVIIème siècle. On y voyait aussi les autels de Notre-Dame, de la Trinité et de Saint-Michel. A l'autel de Saint-Sébastien était desservie la chapellenie de Saint-Etienne, fondée, le 6 octobre 1648, d'une messe tous les lundis par Jeanne Godard, dame du Plessix, de Bonabry et de la Marpaudaye, veuve de Gilles Martin. En 1740, Julien Martin, seigneur du Plessix-Godard, présenta son fils, Jacques Martin, sieur de Bonabry, pour desservir cette fondation. A ce même autel était aussi érigée la confrérie de Saint-Sébastien, fondée le 2 juin 1670 et enrichie d'indulgences par le pape Innocent X. La chapelle de Saint-Yves devint en 1694 la chapelle du Rosaire, lorsqu'on y établit la confrérie de ce nom. Mais cette pieuse association était alors déjà ancienne à Pancé, puisqu'il est fait mention dès 1635 de l'autel et du trésorier du Rosaire. Cet autel fut refait en 1738 et la première pierre en fut posée par le seigneur du Plessix-Godard. Le vicomte du Fretay était seigneur supérieur, fondateur et prééminencier dans l'église de Pancé. Le seigneur du Plessix-Godard lui devait chaque année, à la Chandeleur, rendus à son banc seigneurial au chanceau de cette église, « deux cierges de cire blanche et deux cierges de cire jaune », sous peine d'amende (Déclaration du Fretay en 1681). Le seigneur du Plessix-Godard et celui du Bois-Glaume, en Poligné, avaient aussi des bancs dans l'église de Pancé, et le premier y possédait un enfeu. Les prêtres de la paroisse avaient coutume de se faire inhumer devant l'autel de la Sainte-Trinité (Pouillé de Rennes). Le chevet droit datait du XVIème siècle. Le transept datait du XVIIème siècle. Les seigneurs du Fretays et du Plessis-Godard avaient jadis des enfeus dans l'église. Les vitres renfermaient les armes des seigneurs du Fretays. L'ancienne église était entourée d'une litre intérieure aux armes des du Frétays : leurs ceps et collier se trouvaient jadis dans le cimetière. La nouvelle église de Pancé a été bâtie sous la direction architecturale de M. Edouard Brossay-Saint-Marc. C'est une simple croix de style ogival. Elle a été bénite en juin 1865 par Mgr Saint-Marc. L'église est restaurée en 1912-1913 et en 1964. L'église conserve un coffret émaillé du XIIIème siècle ; 

la chapelle du Ménillet, encore surnommée "chapelle La Chenette-Tirel" ; 

la chapelle Solleux (1884), située route de Chalonge et édifiée par la famille Solleux. Elle abrite plusieurs statues dont celles de sainte Anne, saint Joseph et sainte Apolline ; 

la chapelle Notre-Dame-des-Armées (1890-1891). Cette chapelle est située à proximité d'un ancien couvent bénédictin. Ruinée au XVIIème siècle, elle est reconstruite en 1760 et bénite en 1769 en l'honneur de la Sainte Vierge, saint Joseph et saint Fiacre. Depuis lors, elle fut considérée comme frairienne, et l'on y allait encore naguère aux processions des Rogations. Bien que dédiée à la Vierge cette chapelle était autrefois appelée Saint-Melaine. En ruine fin XIXème siècle, elle est démolie pour être totalement reconstruite. Elle abrite une statue de Notre-Dame des Armées (1871), une statue de saint Isidore (XIXème siècle) et une statue de sainte Germaine (XIXème siècle) ; 

l'ancien prieuré de Pancé, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye de Saint-Melaine. Alain et Etienne, évêques de Rennes, en 1152 et 1170, Josse, archevêque de Tours, en 1158, et le pape Luce III en 1185, confirmèrent les religieux de Saint-Melaine dans la possession de l'église de Pancé, « ecclesiam de Panceio ». Ces moines affermèrent, en 1315, le prieuré de Pancé, « prioratum de Panceio », à Jean de Montdomer, chanoine du Mans, pour la somme de 15 livres 7 sols, payables chaque année comme suit : à Pâques, 7 livres ; à la Toussaint, 7 livres, plus 10 sols pour la pitance du carême dans le monastère, 5 sols au sacriste, 5 sols à l'hôtellier, 5 sols à l'armoirier et 2 sols au chantre. Trois ans plus tard, les religieux de Saint-Melaine affermèrent le même prieuré aux mêmes conditions au clerc Jean Godelin. L'abbé de Saint-Melaine nommait le recteur de Pancé et recueillait toutes les dîmes de la paroisse, dont il laissait une moitié au recteur pour sa portion congrue. En 1769, le recteur Jean Gerbier prit à ferme la partie des dîmes revenant à l'abbaye pour 400 livres, s'engageant, en outre, à desservir la messe que les religieux devaient chaque semaine dans l'église de Pancé. Primitivement, cette messe se disait dans la chapelle de Notre-Dame, dite vulgairement de Saint-Melaine, dépendant de l'abbaye et existant encore à une petite distance du bourg de Pancé. Les Bénédictins laissant tomber en ruines cet édifice, François Drouet la fit restaurer, et Mre Gendrot, vicaire à Pancé, la bénit le 19 juillet 1760. Cette chapelle n'offre aucun intérêt archéologique ; on y lit, au-dessus de la porte  principale, l'inscription suivante : LA PRESENTE CHAPELLE A ETE RETABLIE L'AN 1760 AVE MARIA (abbé Guillotin de Corson) ;

la croix du Fretay (1958), édifiée par la famille de Raguenel ; 

la croix en bois Marguerite (1950), située au lieu-dit La Poinçonnière ; 

la forteresse de Fretay ou Frétay (XVème siècle), édifiée à partir de 1442 (citée dès 1387, quelques fortifications datent, semble-t-il, de 1417 environ). Trois des six tours subsistent encore : l'une d'elles renfermait une chambre appelée la Chambre au Duc. Le château comprenait en 1619 trois corps de logis. La Frétay possédait une fuie. La cour, entourée de douves remplies d'eau, était précédée d'un pont-levis. La seigneurie du Fretay appartient en 1387 à Jehan de La Marzelière. Elle passe, en 1462, entre les mains de la famille Giffart, seigneurs du Plessis-Giffart qui prennent le nom de la Marzelière. La seigneurie de Fretay est érigée en vicomté en 1578 et en marquisat en 1619. Elle devient ensuite la propriété de la famille Coëtquen (XVIIIème siècle). La forteresse est, de nos jours, la propriété de la famille de Raguenel. La Fretay est pris par les Ligueurs en 1592 et repris la même année par son possesseur Renaud III : elle sera démantelée par ordre du roi Henri IV. Les seigneurs du Fretay ayant bâti une chapelle dédiée à Sainte-Catherine près de leur manoir, l'un d'eux, Jehan de la Marzelière, fonda en 1381 trois messes par semaine, dont deux devaient se dire à la chapelle du Fretay lorsque le seigneur résidait en cette maison, et l'autre à la chapelle de la Marzelière ; réciproquement, quand le seigneur habitait la Marzelière, en Bain (Bain-de-Bretagne), le chapelain y disait deux messes et seulement une au Fretay (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne). A noter qu'en 1556, le roi Henri II accorda à Pierre de la Marzelière, seigneur du Fretay, le droit de tenir une foire au Fretay le 25 novembre, fête de sainte Catherine, martyre, patronne de cette chapelle. Il est probable que ce sanctuaire fut détruit pendant les sièges que soutint le Fretay à l'époque de la Ligue ; ce château ayant été démantelé en 1598, ne devint lui-même qu'une ruine peu après (Pouillé de Rennes)

le manoir de Bonabry (XV-XVIIème siècle). En 1418 et 1513, la seigneurie de Bonabry, qui relève du Fretay, appartient à la famille Bonabry. Puis elle passe successivement entre les mains des familles Godard, seigneurs des Loges (en 1576), Martin, seigneurs de La Marpaudais et du Plessis-Godard (en 1641), Drouet du Bois-Glaume (de 1760 à la Révolution), Hamon (vers 1910), Martin (en 1965) ; 

le château du Plessis-Godard (XVIème siècle). Ce château relève à l'origine de la seigneurie du Fretay. Il possède une tourelle polygonale du XVIème siècle. Il possédait jadis un colombier. Propriété successive des familles Godard (en 1576), Martin (en 1648), Saint-Pern, Pinczon du Sel-des-Monts (XIXème siècle), Brunet de La Renaudière, Bizemont, Branbuan (propriétaire du château de La Créole) ; 

le manoir de la Cour-Lunel (XVI-XIXème siècle). Propriété de la famille Perrin puis de la famille Le Blanche (XVII-XVIIIème siècle) ; 

le manoir de la Roche (XVIIème siècle). Propriété de la famille Thomas en 1659 ; 

le château de La Créole (XVII-XIXème siècle), encore surnommé "maison des Criolles". Ce château est successivement la propriété d'Anne Guerin, veuve de Jean Poussin, sieur des Sauldrays, de Jan Martin, sieur de Bonabry (en 1677), de Pierre Thomas de La Couannelais, seigneur de La Chevallerais (avant 1737), de Desnos de La Grée (en 1737). Il est aujourd'hui la propriété de la baronne Lorin de Branbuan ; 

la longère (XV-XVII), située au lieu-dit La Poinçonnière ; 

le moulin à vent de Pancé et le moulin à eau de Rochereul ; 

A signaler aussi : 

une ancienne ferme fortifiée du XIIIème siècle ; 

un castrum romain, situé au village de la Chapelle ;

l'ancien manoir de la Poinçonnière. Propriété de la famille Fabry en 1513, puis de la famille Gouëzel en 1601 ;

l'ancien manoir du Plessis-Léger. Propriété de la famille Aulnette en 1441, puis de la famille de Bonabry en 1513 ;

l'ancien manoir de la Besneraye ou Bennerais, situé route de la Bosse-de-Bretagne. Propriété des seigneurs de la Marzelière en 1427 ; 

l'ancien manoir de la Marponnais, situé route de la Bosse-de-Bretagne. Propriété de la famille le Febvre en 1513, puis de la famille Gouëzel en 1602 ;

l'ancien château de Beaumanoir, situé route de Poligné. Propriété de la famille Hamon ;

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

ANCIENNE NOBLESSE de PANCE

La vicomté du Fretay : Sur un plateau dominant le cours du Samnon, mais à quelque distance de cette rivière, apparaissent dans la paroisse de Pancé les ruines assez importantes du château du Fretay. C'est un grand corps de logis flanqué à l'origine de cinq tours (nota : de ces cinq tours il ne reste debout que les trois de la courtine septentrionale et la tour de l'angle sud-ouest ; celle de l'aigle sud-est a complètement disparu et on ne voit plus que la base d'une tourelle octogonale sur la façade renfermant l'escalier d'honneur) se dressant fièrement dans la verdure de quelques vieux chênes. La cour qui s'étend au devant est entourée de douves profondes dont les eaux baignent encore les trois tours septentrionales de la forteresse. A l'entrée de cette cour, se trouvait le pont-levis donnant accès au château ; par ailleurs, la cour ne semble pas avoir été cernée de murailles fortifiées, mais seulement d'un double retranchement eu terre. Dans les anciens bâtiments de service, devenus l'habitation du fermier, l'on retrouve l'entrée d'un souterrain qui donne matière à une foule de légendes populaires. Mal bâtis et de médiocre épaisseur, les murs du Fretay témoignent d'une construction relativement peu ancienne et d'une fortification plus apparente que réelle ; il est vrai que ce château a perdu toutes les embrasures de ses portes et fenêtres stupidement arrachées, ce qui enlève à ses murailles une bonne partie de leur physionomie primitive et de leur intérêt archéologique. Néanmoins, telles qu'elles sont encore, les ruines du Fretay méritent d'être visitées. Le Fretay était originairement un simple manoir appartenant au seigneur de la Marzelière en Bain. La première fois qu'il en est fait mention, c'est en 1387, à propos d'une fondation de messes faites par Jean, sire de la Marzelière, qu'il voulut être desservie alternativement dans les chapelles de ses deux manoirs de la Marzelière et du Fretay (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Laillé). Guillaume, sire de la Marzelière, fils du précédent, rendit aveu pour ses manoir et seigneurie du Fretay le 20 juin 1397. Il eut pour successeur Pierre Ier de la Marzelière, chambellan du duc Jean V et époux d'Amette du Boishamon. Par lettres du 22 juillet 1417, Jean V, pour récompenser les nombreux services que lui avaient rendus, tant à la guerre qu'en temps de paix, Pierre de la Marzelière, l'autorisa à faire « fortifier son hostel du Fretay ». Ces lettres furent renouvelées en 1442 par le duc François Ier, successeur de Jean V (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Laillé) ; mais ce dernier prince avait surtout pour but de confirmer l'exemption du paiement des fouages accordés par Jean V aux vassaux du Fretay et de la Marzelière en échange du devoir de guet auquel ils se trouvaient assujettis par la construction d'une forteresse au Fretay ; ses lettres semblent même indiquer que ce château était déjà construit. C'est donc probablement au premier quart, ou tout au moins à la première moitié du XVème siècle que remontent les fortifications du Fretay dont subsistent encore les ruines. Pierre Ier, sire de la Marzelière et du Fretay, mourut le 13 août 1462, laissant ses seigneuries à sa fille unique Plésou de la Marzelière, femme d'Olivier Giffart, seigneur du Plessix-Giffart en Irodouër. Le fils de ces derniers, Arthur Giffart, prit le nom et les armes de la Marzelière que conserva sa postérité ; il perdit sa mère le 24 janvier 1474 (Vieux style, c'est-à-dire 1475) et son père sept jours plus tard, le 31 du même mois. En décembre suivant, il rendit aveu pour sa seigneurie du Fretay. Cet Arthur de la Marzelière épousa Marie de Bernéen et fut tué à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier en juillet 1488. Les deux fils du précédent, Pierre II et Renaud Ier, sires de la Marzelière, furent aussi successivement seigneurs du Fretay. L'aîné, Pierre II, fournit aveu au duc de Bretagne pour sa seigneurie du Fretay, le 7 novembre 1492 ; il épousa Marguerite de Coëtmen, mais décéda sans enfants, le 1er avril 1519. — Renaud Ier s'unit : 1° à Jeanne de Brambréat, 2° à Gillette du Pontrouaud ; il mourut le 23 juin 1527, laissant sous la tutelle de Charles de Beaumanoir son fils Pierre, issu de son premier mariage (Archives de Loire-Inférieure, voir Pancé). Pierre III, sire de la Marzelière et du Fretay, élevé à la cour de François Ier, fut le favori d'Henri II, qui le gratifia de plusieurs récompenses : fait chevalier, il reçut l'accolade d'Henri II lui-même au siège de Renty (1554). Ce même prince l'autorisa à établir une foire au Fretay à la fête de sainte Catherine. Pierre de la Marzelière épousa Françoise de Porcon, dame de Bonnefontaine en Antrain, et fut créé chevalier de l'ordre du Roi par Charles IX. Renaud II, fils du précédent et son successeur en ses seigneuries, s'unit, comme son père, à une riche héritière, Marie du Gué, dame du Gué de Servon. Il servit avec éclat les rois Charles IX et Henri III, et celui-ci, pour lui témoigner sa reconnaissance, érigea en vicomté la seigneurie du Fretay par lettres patentes enregistrées au Parlement de Bretagne le 30 octobre 1578 (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 687). Il mourut, dix ans plus tard, en novembre 1588, et sa veuve quatre ans après, le 27 juin 1592 ; cette dame fut inhumée au couvent de Bonne-Nouvelle à Rennes. Les deux fils de Renaud II furent successivement seigneurs de la Marzelière et vicomtes du Fretay. L'aîné, Renaud III marié à Anne du Guémadeuc, embrassa, à l'exemple de son père, le parti du roi contre la Ligue. Comme il séjournait ordinairement à Bonnefontaine, les ligueurs s'emparèrent du Fretay, mais il vint lui-même faire le siège de son propre château et y rentra victorieux (1592). Renaud III de la Marzelière fut tué en duel par le comte de Montgommery ; il ne laissait point d'enfants et ses biens passèrent à son frère François. François, sire de la Marzelière et vicomte du Fretay, acheta la châtellenie de Bain, y fit annexer sa seigneurie de la Marzelière et sa vicomté du Fretay, et obtint l'érection du tout en marquisat sous le titre de marquisat de la Marzelière (1619). A partir de cette époque le Fretay n'eut plus d'existence propre ; aussi ne nommerons-nous point ici ses seigneurs que nous retrouverons lorsque nous parlerons des marquis de la Marzelière. Disons seulement que quand arriva la Révolution, Charles-Sévère-Louis de la Bourdonnaye, seigneur de Montluc, se trouvait être marquis de la Marzelière et par suite dernier vicomte du Fretay (nota : la terre du Fretay a été léguée au XIXème siècle à M. de Talhouët par Mlle de la Bourdonnaye de Montluc). 

Voici un procès-verbal de l'état du château du Fretay en 1619 « Arrivés au chasteau du Fretay l'avons veu environné de fossés à fond de cuve, fermant de pont-levis, avec double fossé par le devant.... Consistant iceluy chasteau en trois corps de logix, le grand desquels est composé par embas d'une grande salle de quarante pieds de long et vingt-quatre de large, ayant cuisine à l'une des costières de ladite salle vers le couchant et à l'autre une petite chapelle au-dedans de l'une des tours, sans armes ny escussons ; et à l'autre bout de la dicte salle, tirant vers le soleil levant, est une grande chambre et office ayant cave au-dessous, et trois grandes chambres et grenier au-dessus avec un grand et petit degrez à vis faicts de grison par où on monte esdites chambres, et cinq grosses tours flanquées ès environs dudit corps de logix, ayant galleries par lesquelles on va des unes aux autres, dans trois desquelles sont chambres et garde-robes, l'une desquelles chambre est appelé la Chambre au-Duc » (nota : Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Laillé. — Les deux autres corps de logis moins importants se trouvaient dans la même cour, l'un à l'est où demeurait le métayer, l'autre à l'ouest « ayant chambres haultes »). Ainsi à cette date de 1619 le château du Fretay n'était nullement en ruine. Quatre-vingts ans plus tard il en était autrement ; un aveu de 1694 mentionne, en effet, « les ruisnes du chasteau du Fretay ». En 1769 le représentant de M. de la Bourdonnaye, nouvel acquéreur du marquisat de la Marzelière, prenait possession, en son nom, de la vicomté du Fretay en allant « au chasteau, chapelle, tours, forteresse, pont-levis et douves du chasteau du Fretay, tout quoy est en ruisnes sans couverture, ni charpente et lesdites douves et pont-levis presque comblée » (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Laillé). Quelle fut la cause de cette ruine du Fretay ? Ce château fut-il compris parmi ceux que le cardinal de Richelieu fit démanteler en Bretagne ? Peut-être. Mais il se peut aussi qu'il ait été simplement victime de l'état d'abandon dans lequel le laissèrent ses propriétaires aux derniers siècles. Le procès-verbal de 1619 mentionne de curieuses grilles armoriées garnissant les fenêtres du Fretay ; elles présentaient les écussons en bannière de la famille de la Marzelière portant de sable à trois fleurs de lys d'argent, et quelques autres blasons appartenant aux maisons qui lui étaient alliées. 

Le domaine proche de la vicomté du Fretay se composait d'un pourpris dépendant du château, avec jardins, vignes, bois futaie, bois de décoration et taillis, le tout d'une contenance d'environ quatre-vingts journaux de terre entourant la forteresse ; de la métairie noble de la Besneraye, du bois de la Chalopinaye renfermant quatre-vingt-cinq journaux ; des moulins et étang de la Chalopinaye, autrement dit Moulin-Marie et du moulin de Rochereul sur le Samnon (Aveu du Fretay, rendu en 1639). Trois bailliages dépendaient du Fretay : le premier et le plus considérable, appelé bailliage de Pancé, renfermait quinze fiefs ou masures et 153 tenanciers ; il rapportait de rente au seigneur en 1682, par argent : 38 livres 6 sols 6 deniers, et par avoine 165 boisseaux, plus 8 oies. Le bailliage de la Basse-Bosse ne comprenait que 72 tenanciers qui devaient au vicomte du Fretay 9 livres 12 sols 14 deniers et 14 boisseaux et une écuellée d'avoine. Enfin le bailliage du Fresnay, en la paroisse de Tresbœuf, valait de revenu : 18 livres 18 sols, plus 32 pots d'avoine menue et 3 poules (Aveu du Fretay, rendu en 1682). Le vicomte du Fretay prétendait en 1639 que tout ce que possédait en Pancé le duc de Brissac, en qualité de seigneur de Poligné « fiefs, rentes et revenus », relevait de lui ; mais il fut débouté de cette mouvance en 1682. En revanche, il fut maintenu en ses droits de suzeraineté sur les terres nobles du Plessix-Godard et de Bonabry et sur le fief de la Touche : le tout appartenait en 1639 à Gilles Godard, seigneur du Plessix, qui tenait ces héritages du vicomte du Fretay « à debvoir de foy, hommage, rachapt et chambellenage ». De plus, le même seigneur, à cause de sa terre de Bonabry, devait fournir « quatre pilets de cire, sçavoir deux de blanche et deux de jaune, payables chacun an ès festes de la Chandeleur, au commencement du service divin et au banc dudit vicomte du Fretay, en l'église de Pancé ; et faute audit sieur de Bonabry de fournir lesdicts pilets, il doibt poyer l'amende » (Aveux du Fretay, rendus en 1639 et 1682). Les autres droits féodaux du vicomte du Fretay consistaient en ce qui suit : une haute, moyenne et basse justice exercée en son auditoire au bourg de Pancé, — le droit d'avoir ceps et collier posés au cimetière du même bourg et des fourches patibulaires à quatre paux élevées sur la lande de Montserain, — le droit d'avoir une foire au Fretay le jour Sainte-Catherine (25 novembre), et de tenir ses plaids généraux au bourg de Pancé, le lendemain de la fête Saint-Marc (25 avril), avec droit de bouteillage lesdits jours, consistant en un pot seulement par chaque barrique de toutes espèces de boissons tenues en vente, — le droit d'avoir colombier et garenne au Fretay et pêche prohibitive en la rivière du Samnon, — enfin, les prééminences, supériorité et droit de fondation de l'église de Pancé et de la chapelle Notre-Dame de Pancé (chapelle d'un ancien prieuré dépendant de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes), avec écussons, banc à queue et enfeu en ladite église paroissiale (Aveux du Fretay, rendus en 1639 et 1682) (abbé Guillotin de Corson).

 

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Alain Le Jambu et Jamet Baude, un noble est mentionné à Pancé (81 contribuants) :

Pierre de la Marzelière et de la Bennerais.

(à compléter)

© Copyright - Tous droits réservés.