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NEVEZ

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La commune de Névez (pucenoire.gif (870 octets) Nevez) fait partie du canton de Pont-Aven. Névez dépend de l'arrondissement de Quimper, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de NEVEZ

Névez vient de "ploe nevez" (nouvelle paroisse).

La paroisse de Nevez, qui fait partie du canton de Pont-Aven et du doyenné de Riec, se trouve dans l’arrondissement et l’archiprêtré de Quimperlé. Elle est limitée au Nord par Nizon, à l'Est par la rivière de l'Aven qui la sépare de Riec, au Sud par l'Océan Atlantique, sur une longueur de sept kilomètres environ, à l'Ouest enfin par la paroisse de Trégunc. Du côté Midi elle compte deux îlots, Raguénez qui possède une maison, puis plus loin, en face, l'Ile Verte, inhabitée (H. Pérennès).

La paroisse de Névez est créée au XIème siècle suite à un démembrement de la paroisse de Trégunc "Plebe-Nevez in pago Treguent" (en 1078). Trégunc et Névez sont des démembrements de la paroisse primitive de Melgven. La paroisse de Névez dépendait autrefois de l'évêché de Cornouaille et englobait alors Nizon. 

Le Cartulaire de Landévennec désigne cette paroisse sous le nom de Neuued. Rapprochant ce terme du vocable « Plounevez », M. Largillière estime que Nevez a dû être primitivement Plounevez, « paroisse neuve ou nouvelle », et que le terme Plou s’est décollé du nom (Les Saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique Bretonne, pp. 31-32). Ne serait-ce pas de l’importante paroisse voisine de Trégunc que Nevez fut détaché ? (En breton Nevez se prononce Néo à Nevez même, et Neu à Tregunc).

Le territoire de Nevez a une superficie de 2.455 hectares, et contenait, en 1936, une population de 3.214 habitants, qui vit de l’agriculture et du produit de la pêche. Les marins ont à leur disposition deux petits ports : Kerdruc et Port-Manech. Kerdruc, à deux kilomètres et demi de la mer, est situé sur la rive droite de l'Aven, en face de Rosbras, en Riec, auquel il est relié par un bac. Port-Manech, « le port des Moines », se trouve à l’embouchure de l'Aven, en face de l’entrée de la rivière de Bélon. Il est moins sûr que Kerdruc, pour abrité qu’il soit par un môle de 36 mètres de long. Nevez avait jadis de nombreux tisserands dont la toile et la berlinge étaient réputées. Elles se vendaient sur le marché à Pont-Aven, ou étaient exportées par les bateaux qui fréquentaient Kerdruc et Port-Manech. C’est vers 1880 que les derniers métiers se sont tus [Note : Quand une jeune fille se mariait, note M. l’abbé Le Beux, sa dot se comptait en linge plutôt qu’en argent] (H. Pérennès).

On rencontre les appellations suivantes : Neuued (au XIème siècle), Plebs Nevez (vers 1086), Neguet (en 1368), Neguez (en 1395) et Nevez (en 1574).

Note 1 : Depuis 1240 la paroisse de Nevez constituait une prébende dont la collation appartenait au Chapitre de Quimper (Peyron, Cartulaire de l'église de Quimper, pp. 94-95). - En 1395, Yves an Avanant (Lavanant) en fut pourvu. Comme l’évêque refusait de ratifier la nomination, la cause fut déférée au Saint-Siège, et le Pape chargea les abbés de Sainte-Croix de Quimperlé, de Langonnet et de Landévennec d’enquêter sur les motifs des refus, et dans le cas où ils ne leur paraîtraient pas justifiés, de procéder à l’installation de Lavanant à Nevez (Peyron, Cartulaire de l'église de Quimper, pp. 128-129). - En 1406, Guy Kervégant était recteur de cette paroisse (Peyron, Actes du Saint-Siège, p. 147). - De 1502 à 1508 firent du ministère à Nevez : Yves Gourlouen, Jacob Guillou, Thomas Bigourt, J. Ansquer et Louis Le Gall. L’un d’eux devait être le recteur. - En 1543, il y avait onze prêtres en exercice, sans compter au moins une dizaine d’autres que les registres mentionnent comme parrains. Il est à remarquer que, de 1543 à 1574, deux parrains et une marraine figuraient au baptême d’un garçon, deux marraines et un parrain au baptême d’une fille, et que les prêtres faisaient fréquemment l’office de parrain. Certains noms, d’autre part, étaient alors d’usage courant, comme Bigourt, Philibourg, Draoullec, et surtout Scoazet et Chastal, qui ont depuis longtemps disparu. Voici maintenant quelques recteurs : - Conan Le Grall (1555-1609) fut le parrain des six premiers enfants baptisés après son installation. C’était une marque d’honneur que l’on voulait ainsi lui donner. - Jean Le Créoff (1604-1615) légua des rentes en minots de froment ou d’orge aux prêtres de Nevez, ainsi qu’aux chapelles de Saint-Nicolas, Sainte-Barbe et N.-D. de la Clarté. A l'église paroissiale il laissa comme fondation Parcou-an-Abat, qu’il avait acheté pour 90 livres. - Charles Daniélou est recteur d’office de 1615 à 1621. - Guillaume Olivier, chanoine de Quimper, fut installé comme recteur de Nevez en 1621. Il disparaît de la perspective en 1638, année de la nomination de Matthieu Guesdon (1638-1653). - Jean Le Borgne (1655-1676) était théologien de la Sorbonne et licencié in utroque jure. A son instigation fut fondée, le 13 Juillet 1659, la Confrérie du Rosaire, par le R. P. Olivier Driand, du couvent des Dominicains de Quimperlé. Il mourut le 5 Juillet 1676, âgé de 57 ans. Assistèrent à ses obsèques : Jean Le Ceyer, sieur du Ster, recteur de Trégunc, Jean Cadou, recteur de Nizan, Jean Bosser, recteur de Riec et Jean Fermal, prêtre, parent du défunt. Jean Fermal, originaire de Pont-Aven, devint recteur de Nevez en Août 1676. Le 19 Mars de l’année suivante, il fournit aveu au Roi du manoir presbytéral de Kerstang [Note : Ce manoir se trouve à un kilomètre environ au Sud du bourg]. En 1684, il fit agrandir l’église. En 1697 il acheta, pour la somme de 36 livres, le champ où l’on devait bâtir la chapelle Saint-Matthieu. C’est le 16 Mars 1702 qu’il passa de vie à trépas. Il eut comme successeur Marc Chevillard qui, en Septembre 1726, sera nommé recteur de Trégunc, mais restera en Nevez jusqu’en Janvier 1727. Vinrent ensuite Jean-Baptiste Robin (1727-1748), puis J. Goraguer (1748-1756), qui fit bâtir en 1752 la chapelle Saint-Matthieu pour la somme de 1.300 livres, et Jean-Hervé Cozien, originaire de Pleyben. Celui-ci fit faire des travaux dans l’église paroissiale par Paul le Favennec, maître maçon, entrepreneur à Pleyben, auquel le Général versa la somme de 550 livres. Messire Cozien mourut le 23 Septembre 1778 à l’âge de 53 ans et fut enterré au cimetière, sous une pierre tombale que l’on voyait encore en 1860 à la porte septentrionale de l’église. Il eut comme successeur Yves-Marie de Tréménec (1779-1786), remplacé lui-même au début de 1787 par Louis Galliot. Liste non exhaustive des CURÉS DE NEVEZ AVANT LA RÉVOLUTION : - En 1609-1630. Jacques Noblet, du village de Kerado. — En 1630-1653. Charles Danielou. — En 1653-1674. Jacob Dagorn, du village de Kercanbras. — En 1674-1682. Josias Dagorn, neveu du précédent. — En 1682-1685. Sébastien Treffeunteun. Vers 1682 il y avait à Nevez huit prêtres. — En 1685-1728. Joseph Bourc'his, du village de Kerliou. — En 1728-1732. Louis Pasco. — En 1732-1734. Le Moign. — En 1734. Louis Pasco. — En 1778-1779. Le Beux. — En 1779. Le Beux. — En 1779. François Julien, remplacé par Yves Le Goff. — En 1780-1785. Perrot. — En 1785. Jean Calvez (Archives de l'Evêché).

Note 2 : LA RÉVOLUTION. Au moment où s’ouvrit la Révolution, Louis Gaillot, recteur de Nevez, avait deux vicaires, Guillaume Le Meur [Note : Né au hameau de Kergabin en Locamand (Le Forest-Fouesnant), le 5 Avril 1754, prêtre le 11 Mars 1780, à Nevez depuis le 9 Octobre], et Jean Calvez. Tous trois refusèrent le serment à la constitution civile du clergé (Peyron, Documents pour servir..., I, p. 126) et « pour se soustraire à la fureur des Tyrans », ils s’embarquèrent à Raguenez pour l'Espagne. La population de Nevez resta inébranlable dans sa foi. Elle cacha sous la pierre tombale de M. Cozien une magnifique croix en argent, qui fut, hélas ! découverte et enlevée par les révolutionnaires du fait de la dénonciation d’un scélérat. « Le dimanche était scrupuleusement observé. On se réunissait ce jour-là à l’église paroissiale aux heures ordinaires des offices pour chanter les mystères de la messe avant midi, et vêpres après-midi. François Caudan, de Kerilis, et Louis Marrec, de Kerlosquet, dirigeaient le chant, s’ils n’étaient même les seuls chantres. C’étaient eux aussi qui se rendaient à la demeure mortuaire pour faire la levée des corps, comme les prêtres le pratiquaient avant la Révolution. C’étaient eux enfin qui faisaient les enterrements et chantaient les services, en se faisant paver. Au commencement de cette période lamentable on trouvait assez facilement dans la paroisse des prêtres restés dans le pays, entre autres M. Boudin, mort recteur de Rosporden. L’un d’eux resta caché pendant six mois de suite au Cleuziou, au su de tous les habitants, qui s’y rendaient la nuit pour se confesser, baptiser leurs enfants, se marier, et entendre la messe qui se disait dans une grange pavée qu’on y voit encore. Ce même prêtre et d’autres cachés dans les environs se rendaient une fois le temps seulement au Cleuziou ou à Kerangall ou à Riel, ou Parial, à Poulguin où à la moindre alerte ils se cachaient dans une armoire creusée dans la muraille, et contre laquelle on roulait un lit. Ils donnaient avis de leur arrivée dans l’un de ces endroits au bedeau, qui était le catéchiste de la paroisse. Celui-ci prévenait les parens, qui conduisaient secrètement au prêtre ceux de leurs enfans que le bedeau avait déclarés être assez instruits pour faire leur communion [Note : Parmi ces prêtres qui ont fait du bien à Nevez il faut citer trois ecclésiastiques de Riec, MM. Le Beux, Talabardon et Gurudec, ainsi que l’abbé Derrien, natif de Saint Thurien et curé de Roudouallec. Voir Bernard, Documents et Notes sur l'histoire religieuse du Finistère sous le Directoire, pp. 65-66]. Toutefois, cela ne dura que quelque temps. Plus tard, la rigueur de la loi s’aggrava encore. Plusieurs des prêtres restés dans le pays furent contraints de chercher leur salut dans l’exil, de sorte que la présence d’un prêtre dans cette paroisse et même dans les environs devint excessivement rare. Quelquefois on restait longtemps sans en découvrir aucun ; d’autres fois on était obligé pour se marier d’aller d’ici soit à Tourc'h, soit à Bannalec, où il fallait arriver de nuit... » (Manuscrit anonyme). Les cloches de Sainte-Barbe, N.-D. de la Clarté et Saint-Matthieu furent enlevées par les révolutionnaires, venus d’ailleurs. Celle de Saint-Nicolas aurait subi le même sort si les habitants du quartier ne l’avaient cachée sous un tas de chaume. Quant à l’église paroissiale, aucun dégât n’y fut commis. En Juillet 1795, les Anglais avaient imprudemment débarqué des émigrés dans l’étroite presqu’île de Quiberon. Des milliers de chouans vinrent se joindre à eux. Ils trouvèrent devant eux l’armée de Hoche, qui leur barrait la route, ne leur laissant pas assez de place pour utiliser leurs forces. On résolut donc de transporter les chouans sur d’autres points pour opérer une diversion et tenter de prendre à revers l’armée républicaine. Le 15 Juillet s’effectua, sous la protection de l’escadre anglaise, la descente de 2.000 chouans sur la côte de Keranglas, en Nevez [Note : Savina, La descente des émigrés et des chouans à Nevez en Messidor an III, dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1929, pp. 3-21]. « Croyant que c’étaient des Anglais qui allaient tout mettre à feu et à sang, tous les habitants avaient abandonné leurs maisons et pris la fuite... Les prétendus Anglais furent très polis ; ils demandèrent seulement du lait dans les maisons, et puis se dirigèrent ensemble sur Pont-Aven. Les jours suivants arrivèrent 1.700 soldats à Keranglas ; tout l’espace qui se trouve depuis le village jusqu’à la mer fut couvert de tentes pour les loger » (Manuscrit anonyme).

Note 3 : APRÈS LA RÉVOLUTION. Quand s’instaura à nouveau le culte catholique, les prêtres cachés dans le pays furent tout naturellement les premiers à regagner leurs postes, ce qui explique pourquoi le culte public fut établi à Riec plus tôt qu’à Nevez. Jusqu’à l’arrivée de leurs prêtres, les habitants de cette dernière paroisse se rendaient en foule à Riec pour y entendre la messe. Quand eut lieu à Pont-Aven la première messe après la grande tourmente, tous les fidèles tombèrent à genoux en pleurant de joie et en s’écriant : Diguezet al lezen vad en dro : « Voici revenu le culte légitime ». Ce qui montre avec quel enthousiasme on salua le retour des prêtres fidèles. Ceux de Nevez arrivèrent d'Espagne en 1801 ou 1802. Ce fut M. Le Meur qui vint le premier. Un chasse-marée le débarqua à Port-Manech, avec une quinzaine d’autres ecclésiastiques, au nombre desquels figurait M. Kerloch, vicaire à Trégunc. Ils entrèrent au Cleuyou en passant. Leurs habits et leur mine inspiraient la pitié. Quelque temps après arriva M. Galliot. Quant à M. Calvez il était mort en exil. M. Galliot ne jouit pas longtemps de la joie qu’il dut éprouver en se retrouvant parmi ses enfants. Revenant de faire le catéchisme, le 19 Mars 1803, il tomba sur le chemin, frappé d’apoplexie. Deux jours après il décéda au presbytère, à l’âge de 73 ans. Il fut inhumé au cimetière, dans le caveau réservé au clergé. Assistèrent à son enterrement Alexandre du Laurent de la Barre, recteur de Trégunc, Jean Guével, curé de Nizon, Louis Nicolas, curé de Melgven, Alain Le Louédec, curé de Pont-Aven, et Pierre Tallabardon, prêtre de Riec. Recteur de 1804 à 1808, M. le Meur fut remplace par M. Guiomarc'h (1808-1812), qui, lui-même, laissa le poste à René Rochedreux. « Ce prêtre, note le Manuscrit anonyme, mena le peuple de Nevez avec une verge de fer, en vrai pacha... A la rentrée de Louis XVIII, il fit mettre un homme en prison pour trois mois pour avoir crié : " Vive le roi des patates ! ". A l’église, il avait placé tous les hommes d’un côté depuis le haut jusqu’au bas, les femmes de l’autre côté, et les tailleurs en cercle sous la corde de la cloche. Un jour, étant en chaire, il aperçut un tailleur qui n’était pas à sa place : Salver Doue, s’écria-t-il, petra velan-me ? Er chimener etouez an dud ! Le pauvre diable fut, dit-on, obligé de traverser la foule pour aller se mettre dans le cercle de ses camarades. Les prônes de M. Rochereux étaient si curieux qu’on venait tout exprès de Pont-Aven pour les écouter. A la fin des offices, sa nièce donnait le signal du départ ; personne ne pouvait sortir avant elle. Il allait lui-même faire la police dans les auberges avec sa canne... Il avait cependant des qualités, il était très instruit... ». M. Rochedreux quitta Nevez en 1820, et fut remplacé par Jean-Marie L'hour. Celui-ci, en arrivant, fit bâtir le presbytère actuel. Il acheta une balustrade pour l’église, fit lambrisser la chapelle de Saint-Nicolas, paver et lambrisser les chapelles de Sainte-Barbe et de N.-D. de Trémoren. En Juillet 1859, à l’âge de 70 ans, il se retira dans sa famille à Plouguerneau. Les autres recteurs de Nevez furent : Joseph-Marie Le Noret (1859-1862), Melaine Le Bourhis (1862-1884), Henry Berriet (1884-1888), Alain Ily (1888-1894), Henri Rouzot, né au Cosquinquis, en Lennon, le 15 Février 1849, prêtre le 10 Août 1873, nommé à Nevez le 12 Avril 1894. Devenu en 1900, curé-doyen du Faou, M. Rouzot eut comme successeurs à Nevez, Guillaume Théoden (1900-1904), Yves Cornic (1904-1924), Paul Cocaign, né à Plouénan en 1875, prêtre en 1899, nommé à Névez en 1924, ... Liste non exhaustive des VICAIRES DE NEVEZ APRÈS LA RÉVOLUTION : Letty (1840-1847). — Goualc'h (1847-1848). — Joseph Le Noret (1848-1859). — Alain Quiniou (1859-1870). — Henry Berriet (1870-1884). — Charles Fermont (1884-1888). — Jean Maurice (1888-1889). — Prigent Cann (1889-1896). — Jean-Yves Féroc (1896-1900). — Joseph Com (1900-1907). — Maurice Sichez (1907-1914). — Jean-François Guéguen, vicaire auxiliaire (1908-1909). — Jean Le Bot (1909-1911). — François Guillou (1911-1928). — Joseph Trévidic (1914-1918). — Floc'h, vicaire auxiliaire (1918-1919). — Jean-Godec, vicaire auxiliaire (1928-1931). — Charles Kériel (1931-1933). — Louis Cloarec (1933-1937). — Joseph Le Brun (Janvier 1937), ... (Archives de l'Evêché).

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PATRIMOINE de NEVEZ

l'église Sainte-Thumette, reconstruite en 1900 par M. Canévet, père et fils, sur les plans de l'architecte Gassis. Sainte Thumette est une des compagnes de sainte Ursule. Il s'agit d'un édifice en forme de croix latine qui comprend une nef de cinq travées avec bas-côtés, un transept et un choeur. Le clocher est semi-encastré. L'église abrite les statues de saint Jean-Baptiste, saint Jacques, sainte Thumette, saint Diboan et saint Cornély ;

Nota 1 : Située à l’emplacement de la nouvelle église, l'ancienne église paroissiale de Nevez, basse et obscure, constituait un monument de style flamboyant, du XVIème siècle. Le clocher gothique était accosté, sur la droite, d’un clocheton qui s’y reliait par une galerie. On pouvait voir dans la vitre du fond de l’église divers écussons, qui ont pris place, depuis 1900, dans un vitrail de la chapelle domestique du manoir de Poulguin. Les voici à peu près telles que les a relevées M. Le Guennec : - 1° Mi parti de gueules au lion d’or et d’argent, au lion de gueules. - 2° D’azur à six macles d’or au franc canton d’argent fretté de gueules qui est Guer du Heznant, et mi parti d’or au griffon de sable. - 3° D’azur à la fleur de lys d’argent mi parti de gueules au lion d’or. - 4° De Guer, mi parti à trois fusées de gueules. - 5° De Guer plein. - 6° De gueules au lion d’or plein. - 7° De gueules au lion d’or mi parti d’argent à trois trèfles d’azur. Dans l’une des fenêtres de la salle à manger du manoir de Poulguin on a encastré deux autres écussons provenant de la même église. - 8° De gueules au lion d’or. - 9° De gueules au lion d’or mi parti d’un coupé au 1 de gueules au lion d’or, et au 2 de gueules au croissant cartonné d’argent (Archives départementales). L’église était sous le vocable de Sainte Thumette. La statue de cette sainte faisait pendant, au choeur, à celle de Sainte Ursule, dont elle fut l’une des compagnes. Le maître autel et l’autel de Saint Honoré ainsi que quelques vieilles statues émigrèrent, en 1900, vers le musée de Keriolet, en Beuzec-Conq. Le maître-autel, du XVIIème siècle, présente un beau retable à colonnes torses décorées de pampres de vigne et de grappes de raisin. De-ci de-là des angelots et des fleurs. Le tabernacle, à deux colonnettes torses, est surmonté d’un baldaquin que couronne une corbeille de fleurs. Entre ces colonnettes apparaît une statuette du Sauveur. A droite, c’est un personnage qui tient une épée et un livre, à gauche figure un autre personnage sculpté. Devant le tabernacle, au premier degré du retable, sont deux vieilles statuettes : Sainte Anne apprenant à lire à Marie, puis une femme tenant un livre, peut-être la Sainte Vierge. A la partie supérieure du retable, un beau panneau représente le Père Eternel enveloppé d’un superbe manteau rouge, tenant le globe du monde de la main gauche, et la droite étendue. Au fronton de l’autel figure une colombe sculptée. Deux beaux anges adorateurs, d’une hauteur de 0 m. 70, font la garde aux extrémités. Sur la table de l’autel on voit deux jolis petits anges en bois, pleins de vie et de mouvement. De chaque côté de l’autel, deux consoles étayées par des aigles supportent deux statues : à gauche la Vierge Mère avec Jésus sur le bras droit, à droite un personnage qui peut-être saint Jacques. A l’autel de Saint Honoré (Evêque d'Amiens au VIIème siècle, patron des boulangers), le retable est encadré de colonnes unies, ornées de fleurs. Deux superbes têtes d’anges supportent les deux colonnes centrales. Le tabernacle, dont la porte est décorée d’un calice sculpté, est surmonté d’un baldaquin. Dominant le tout, dans la hauteur, apparaît saint Honoré revêtu d’un rochet et d’une chape. Quelques statues avoisinent, au Musée de Keriolet, le maître-autel de Nevez ; elles proviennent aussi de l’ancienne église paroissiale : une vieille Sainte Anne, massive, tenant un livre ouvert, un grand Saint Jacques, coiffé d’un large chapeau. à coquille, Saint Jean l'Evangéliste, Saint Etienne, Saint Nicolas avec les trois enfants. La tour de l’église reçut deux cloches en 1648. Toutes deux furent bénites le 24 Mars de cette année par messire Le Corre, recteur de Nizon. La grande fut nommée Jeanne par son parrain, Corentin de Chou, seigneur de Kermoguer, chevalier du roi, et sa marraine, Jeanne de Kermenot, dame douairière de la Porte Neuve, Heznant et autres lieux. La petite reçut le nom de Yvonne de son parrain, messire Matthieu Guesdon, recteur de Nevez, et de sa marraine, Yvonne Debaud, dame de Lesaren (Archives paroissiales de Nevez). A la fin du siècle, au moment de la démolition de l’église, celle-ci possédait trois cloches. L’une d’elles, fondue chez Lépine à Quimper, portait cette inscription : MRE GALLIOT RTR DE NEVES CALVES CVRE . 1788. On lisait sur la seconde : CLOCHE DE NEVEZ JAI ETE BENITE PAR MR LHOVR RECTEVR DE NEVEZ JE MAPPELLE ANGELIQVE FRANCOISE... Cette cloche, qui portait la date de 1827, sortait de la fonderie de Reynal, Lorient. La troisième cloche présentait simplement ces mots : PAROISSE DE NEVEZ. GARNIER FRERES FONDEURS A ROBECOURT (VOSGES) 1887. Au mois d'Août 1892, M. Tonal, maire de Nevez, écrivait à l’évêché de Quimper : « Le lambris et la voûte de l’église sont en ruine et présentent quelque danger pour les fidèles ». Le recteur de cette époque, M. Ily, faisait remarquer que plusieurs évêques, à l’occasion de la Confirmation, avaient condamné le monument. Ce fut M. Rouzot qui, dès son arrivée dans la paroisse en Avril 1894, fut chargé de la construction d’une nouvelle église. Il prit comme architecte M. Gassis, comme entrepreneurs MM. Canévet père et fils, et, après bien des difficultés et des peines, il avait la joie de voir le monument sur pied en 1900 (Semaine religieuse de Quimper, 1900, pp. 397-398). On aperçoit, dans le chœur de la nouvelle église, les vieilles statues de Sainte Thumette et de Sainte Ursule, puis aux fonts baptismaux un vénérable Saint Jean-Baptiste. L’autel doré qui se trouve du côté de la sacristie provient de la chapelle du château de Keriolet. Le Pardon de Sainte Thumette se fait le 2ème dimanche après Pâques, La solennité au choeur a lieu le dimanche qui suit le 21 Octobre (Archives de l'Evêché).

la chapelle Saint-Nicolas (XVIème siècle), située à Port-Manech et restaurée en 1954. Il s'agit d'un édifice rectangulaire avec une aile au sud. Le vitrail moderne qui représente la pêche miraculeuse est l'oeuvre de Rault. La chapelle abrite les statues de saint Nicolas, saint Barthélemy, saint Avit, saint Maurice de Carnoet et un ancien Crucifix ;  

Nota 2 : La chapelle Saint-Nicolas borde l’anse de même nom, à l’embouchure de l'Aven, tout près de Port-Manech. Elle est au Sud-Ouest, à quatre kilomètres du bourg. On sait que saint Nicolas de Myre est le patron des marins. C’est un édifice de 12 mètres de longueur sur 5 de largeur, à clocheton minuscule, qui date au moins du XVIème siècle. On y voit deux autels, et les statues de saint Nicolas, saint Paul apôtre, saint Maurice et saint Avit. — Dans le fond de la chapelle, un vieux Christ en croix. En Août 1935, de nouveaux vitraux ont été placés à Saint-Nicolas : le riche vitrail du maître-autel a pour motifs l'Eucharistie ; un autre représente la Pêche miraculeuse. Ils sortent des ateliers de M. Rault, de Rennes. Quant aux écussons en mauvais état qui subsistaient dans les anciennes verrières, ils ont été enlevés pour être restaurés, en vue de leur emploi éventuel ultérieur dans une des fenêtres de l’église paroissiale. Les voici, tels que M. le chanoine Abgrall les a relevés : de gueules au lion rampant d’ord’argent à la molette d’azurd’argent à 3 pommes de pin d’azurd’or au lion de gueules. (Archives de l'Evêché).

la chapelle Sainte-Barbe avec son clocher du XVème siècle. Il s'agit d'un édifice en forme de tau de la fin du XVème siècle. Le retable date du XVIIème siècle. Le vitrail représente l'Annonciation. La chapelle abrite les statues de sainte Barbe, saint Cornély, saint Herbot, sainte Anne et la Vierge, sainte Marguerite, saint Fiacre, sainte Cartherine et deux anges adorateurs ;

Nota 3 : La chapelle Sainte-Barbe, située au bourg, est en forme de croix et mesure 22 à 23 mètres de longueur sur 6 mètres de large à la nef et 20 mètres au transept. Elle est toute entière en pierres de taille. Son pignon Ouest est surmonté d’un joli clocheton gothique, dont les quatre montants sont formés par des colonnettes rondes à pointe de diamants, coupées d’une bague avec laquelle fait corps le tirant qui soutient les cloches. La flèche, largement ajourée à la base, est accostée de quatre pinacles gothiques. Sur la porte du tabernacle est sculpté un petit personnage agenouillé. A gauche de l’autel on voit une grande Sainte Barbe avec sa tour ; à droite, Sainte Anne tenant la Sainte Vierge. Au transept Nord apparaissent les statues de Saint François d'Assise, de Saint Ambroise et de Sainte Catherine d'Alexandrie foulant un personnage qui symbolise les philosophes dont elle avait triomphé. Cette dernière statue aurait été, dit-on, trouvée en mer, détachée de la proue d'un bateau naufragé. Le vitrail du transept Nord porte au tympan, trois fusées qui se retrouvent à la clef de voûte du transept et de la nef. C’est l’écusson de N. de Cornouaille, seigneur du Heznant, qualifié d’homme d’armes, dans la montre de Cornouaille tenue à Quimper le 3 Mai 1483 et qui blasonnait : d’or à 3 fusées de gueules en fasce. La chapelle remonte donc à la seconde moitié du XVème siècle. Le coté Midi du transept Nord est percé d’une porte donnant accès à un local qui dut servir de sacristie. Au transept Sud figurent Sainte Marguerite, foulant un monstrueux dragon, Saint Cornély qui vient de l’ancienne église paroissiale, et Saint Herbot [Note : Une messe avait lieu, jadis, dans la chapelle, la veille du dimanche de la Trinité, et Saint Herbot recevait, ce jour-là, des offrandes de beurre]. Sur l’une des poutres apparaît un vieux Christ et l’on aperçoit au fond de la chapelle une tribune ancienne. Le Pardon de Sainte-Barbe se fait à l’église paroissiale le 2ème dimanche d’Août. La chapelle est avoisinée d’une maison gothique à pierres de taille, à tournure de manoir, avec un pan coupé muni d’une fenêtre, comme on en trouve au Conquet et à Saint-Renan. La tradition veut que des prêtres l’aient autrefois habitée (Archives de l'Evêché).

la chapelle Notre-Dame-de-la-Clarté ou chapelle des Trois-Marie (XVIème siècle), située au village de Trémorvezen. Elle se nomme encore chapelle des Trois Vierges, à cause des trois statues de Notre-Dame qu'elle renferme : Notre-Dame de Grâce (en granit), Notre-Dame de la Clarté (en bois) et Notre-Dame des Sept Douleurs (en granit). Il s'agit d'un édifice en forme de croix. On y trouve un bateau ex-voto. La chapelle abrite également les statues de deux Vierges, d'un saint abbé, une Pietà et un ancien Crucifix. Au carré du transept, se trouve une clef pendante en bois avec une statue de la Vierge ;

Nota 4 : A deux kilomètres environ au Sud du bourg, au village de Trémoren [Note : Loth signale en Cornwall la paroisse de Lann-Moren (Les Noms des Saints Bretons, p. 95)], sur un placître planté de hêtres et d’autres arbres, s’élève la chapelle de Notre-Dame de Trémoren. C’est l’appellation usuelle de ce sanctuaire. On dit aussi chapel an teir Vari et l’on entend par là N.-D. de la Clarté, N.-D. de Grâces et N.-D. de Pitié. Les anciens documents écrits donnent au sanctuaire le nom de Notre-Dame de la Clarté. Le clocher gothique, dont les quatre montants sont formés de colonnettes rondes, ressemble, de ce chef, à celui de Sainte-Barbe. L’édifice, qui a un arc diaphragme, est en forme de croix et mesure de 23 à 24 mètres de longueur, sur une largeur de 5 mètres à la nef et 16 mètres au transept. Il est éclairé par la fenêtre du chevet et les quatre fenêtres du transept. La nef ne comporte, avec la porte d’entrée, qu’un oeil-de-boeuf à la façade Sud. Au fond du sanctuaire est une vieille tribune. A la clef de voûte du transept, une curieuse Vierge couronnée porte sur les genoux l'Enfant Jésus. A la partie inférieure de ce groupe, figurent les trois fusées de N. seigneur de Cornouaille. Notre chapelle est donc contemporaine de celle de Sainte-Barbe. Et cette indication est confirmée par une donation que fit Jacquette de Cornouaille à M. D. de Trémoren (Général Demimuid, Notice sur le château du Henan). A l'intérieur du monument il y a trois autels. A droite du maître autel on voit une Pièta en bois, appelée Intron Varia a draez, « N.-D. de Pitié » ; détail touchant, un petit ange soutient l’un des bras de Jésus. A gauche c’est une Vierge-Mère que l’on nomme : Intron Varia a c'hrass, « N.-D. de Grâces » : la Vierge tient de la main droite une pomme que touche son enfant. Un vieux Christ est appendu à la fenêtre du chevet. L’autel qui se trouve au transept Nord est encadré d’une statue de saint Michel, en chevalier, et de N.-D. de la Clarté qui porte Jésus sur son épaule gauche. A l’autel du transept Sud on aperçoit un abbé vêtu d’un rochet et une chasuble ornée d’une longue croix rouge. Tout près de la chapelle, du côté Est, se dresse un vieux calvaire très simple et à fût fort élevé. A environ 400 mètres à l'Est, au fond d’un petit-vallon, se trouve la fontaine de dévotion. Elle est maçonnée. On s’y rend en procession aux jours de Pardon ; le grand Pardon a lieu le deuxième dimanche de Septembre, le petit Pardon le 8 Décembre. Plusieurs pèlerins s’y lavent les yeux, en priant N.-D. de la Clarté. Une autre fontaine, elle aussi maçonnée, est située à trois ou quatre cents mètres, au Sud (Archives de l'Evêché).

les vestiges de la chapelle Saint-Mathieu (1753). Il s'agit d'un ancien édifice rectangulaire surmonté d'un clocheton à dôme et portant la date de 1753. Le chevet était à pans coupés. La chapelle possédait un retable de 1775 avec une peinture sur bois de la Vocation de saint Mathieu. La chapelle abritait jadis les statues de saint Mathieu, saint Eloi et saint Cornély ;

Nota 5 : Ce sanctuaire avoisine le village de Kerancras, à deux kilomètres Nord-Est du bourg. Il s’élève au milieu d’un terrain vague, planté de vieux chênes et parsemé de gros rochers, sur l’un desquels, à une quarantaine de mètres de la chapelle, se dresse une croix de granit. Tout entier en pierres de taille, il mesure 17 mètres de long et 6 m. 50 de large, et est surmonté d’un petit clocheton à dôme. Au fronton du portail est gravée la date de 1753. Le retable de l’autel est orné d’un tableau représentant la vocation de saint Matthieu. On lit au rebord de la table les mots : sequere me. Le tympan du retable porte la date de 1775. A gauche de l’autel est une grande statue de l’apôtre saint Matthieu, qui tient en main la Bible où l’on lit ces mots qui rappellent un texte de psaume : Qui me invocaverit ego exaudiam eum. A droite apparaît une belle statue de saint Cornély avec une tête de vache, à ses pieds. A environ 200 mètres, au Sud du sanctuaire, se trouve la fontaine de dévotion. Trois Pardons, ont lieu à la chapelle. C’est d’abord le Pardon de saint Cornély, caractérisé par l’offrande de cordes, que le bedeau met aux enchères ; puis celui de saint Eloi, le pardon des chevaux, le dimanche après le 24 Juin : la statue du saint, qui se trouve à l’église paroissiale, est portée ce jour-là processionnellement à la chapelle ; enfin le Pardon de saint Matthieu, qui se célèbre le 3ème dimanche de Septembre (Archives de l'Evêché).

la chapelle du château du Hénan (XVIème siècle), encore surnommée la chapelle Sainte Marguerite. Il s'agit d'une chapelle privée de plan rectangulaire ;

le château de Hénan ou Hénant ou Heznant (1426-1464), restauré au XVIème siècle par Joseph Bigot. Plusieurs bâtiments d'origine (deux tours, courtine et chapelle) subsistent. Il défendait autrefois l'accès de l'Aven. Le portail extérieur, avec sa porte en ogive accostée d'une entrée secondaire en anse de panier est protégé par une galerie à mâchicoulis et par des meurtrières. A l'angle gauche s'élève une tour hexagonale. Le corps du logis a été remanié au XVIème siècle. « Le château du Hénan est remarquable surtout par une tour plate et bien travaillée établie sur un roc à vingt-cinq pieds au-dessus du rivage » (Cambry, Voyage dans le Finistère). L'escalier et la tour du Hénan sont une merveille du XIVème siècle. « Ce château, dit Ogée dans son dictionnaire, a dû être construit au XIVème siècle, son portail extérieur a grande et petite porte, à gauche une cour hexagone, à droite une chapelle. Ce château a appartenu à la famille de Guer, l'une des plus anciennes de Cornouailles ». Il fut vendu à M. de la Pierre et de là passa par hérédité à M. de Kersalaün, conseiller au Parlement de Bretagne « mari et procureur de droit de Dame Catherine de la Pierre, Dame du Hénan … » (Titre d'aveu du 27 octobre 1759). Ce château appartient au début du XXème siècle, après plusieurs ventes et héritages, à M. Demimuid Treuïlle de Beaulieu (Pierre Hersart de la Villemarqué) ;

Nota 6 : Le château du Heznant se dresse sur une colline boisée au bord de l'Aven, à quelque trois kilomètres à l'Est du bourg de Nevez. Voici comment le décrit Fréminville, vers 1830 : « Son portail extérieur a grande et petite porte ; il est surmonté d’une galerie à mâchicoulis et accompagné d’une tour hexagone. On y voit aussi, de droite et de gauche, des meurtrières pour placer des fauconneaux. La chapelle est à droite, à l’angle opposé à la tour [Note : Au chevet de la chapelle on lit en caractères gothiques : Tout est à Dieu]. Le corps de logis intérieur est flanqué par le donjon, tour hexagone fort élevée, ayant une galerie supérieure dont la saillie est garnie de mâchicoulis. Le parapet de cette galerie est une charmante balustrade gothique travaillée à jour, de l’effet le plus élégant. Une tourelle pareillement à pans coupés est adossée à ce donjon, dont elle renferme l’escalier. Ces bâtiments, solidement construits en belles pierres de taille, sont surmontés de flèches avec leurs girouettes. La position écartée du château du Heznant, à l’extrémité du département, et loin de tout centre d’action des révolutionnaires, l’a préservé de leurs ravages ». Déjà remaniée avant la Révolution, la façade du logis principal a été refaite dans un style néo-gothique et pourvue d’une tour carrée postiche qui contraste déplorablement avec la svelte et robuste masse du vieux donjon si bien couronné par les fines découpures de son balcon de granit. Tout aussi banale dans sa modernité est l’aile gauche du château. Quant à !’aile droite, elle n’a jamais existé, et, en son ancien état, Le Heznant donnait l’impression d’un édifice inachevé (H. Pérennès).

le calvaire de Keroren (Kerhoren) ou Kervaillet (XVI-XVIIème siècle) ;

la croix située place de l'église (XVI-XVIIème siècle) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix de Celan (Moyen Age), la croix Croas-Kerrun (XVIème siècle), la croix de Kerambail (Moyen Age), la croix de Keranguennou (XVIème, XIXème siècle), la croix de Kerstang (Moyen Age), la croix du cimetière de Névez (vers 1870), la croix de Trémorvézen (Moyen Age). A signaler également les croix de Kergroes et de Poulquin, aujourd'hui disparues ;   

le lavoir (XIXème siècle) ; 

le four à pain de Kerliou (XVIIIème siècle) ;

le four à pain de Kermeun (XVIIIème siècle) ;

le four à pain de Kercouliou (XVIIIème siècle) ;

le puits de Kerilis (1868) ;

la fontaine Notre-Dame-de-la-Clarté (XVIème siècle) ;

la chaumière de Kerochet, de Kerascoet, de Kercanic (XVII-XVIIIème siècle) ;

le presbytère (1513), situé à Kerstang ;

le presbytère (1820) ;

le phare (1866-1867) ;

le puits du château du Hénan (XVIème siècle) ;

le fortin (XV-XVIème siècle), situé au port de Raguenez ;

le fortin (XVIème siècle), situé à la pointe de Beg-ar-Véc'hen ;

la clôture de la venelle des Mein-Zao (XVII-XVIIIème siècle) ;

la maison (1520), située place de l'église ;

les trois fontaines de Hénan ;

le moulin à marée (1426) de Le Hénan ;

A signaler aussi :

le dolmen de Brucou (époque néolithique) ;

le cairn de l'île de Raguenez ;

la stèle située place de l'église (époque gauloise) ; 

l'ancien château de Poulguen ou Poulguin. Plus bas que Le Heznant, sur la rive droite de l'Aven, se dresse le manoir du Poulgin (on prononce en breton Poulgin avec le g dur), entouré de débris de ses anciens remparts. Il est flanqué à l'Est de sa chapelle, possède une vasque circulaire au centre de la cour, et, à environ trente mètres au Sud-Est, un colombier féodal à ciel ouvert. — Dans une salle voisine de la cuisine on voit une auge de granit de sept pieds de long sur cinq de large et trois de profondeur. A l’intérieur du manoir est une grande salle dallée de douze mètres de longueur, partagée en deux pièces, depuis 1888. On monte aux étages supérieurs par un escalier de granit en spirale, de deux mètres de largeur, contenu dans une tour en pierres de taille cimentées, et aboutissant à une tourelle par un escalier très étroit. Le Poulguin date vraisemblablement du début du XVIème siècle (H. Pérennès) ;

Nota 7 : Elle est peut-être intéressante l'histoire de ce vieux manoir qui compte plus de cinq siècles d'existence, encore assis bien solidement sur son rocher que la mer baigne marée haute, flanqué de sa petite chapelle à l'est, à laquelle on accède par un vieil escalier en pierres, entouré de ses remparts dont les débris laissent voir encore les meurtrières à travers le lierre qui les drape, avec sa cour fermée à haute et basse porte, avec son colombier féodal garni de douze cents nids et à ciel ouvert, avec son ancienne vasque circulaire au centre de la cour, où coule une eau de source pure qui ne tarit jamais. Si nous entrons, nous sommes dans une grande salle, dallée comme une église, de douze mètres de longueur, éclairée par deux hautes fenêtres, aujourd'hui séparée en deux pièces et formant salon et vestibule. Au fond une cheminée monumentale, tout en pierre de taille ; en haut d'énormes poutres en chêne, des petits bancs près des fenêtres... Qui donc depuis des siècles a vécu dans ces vieux murs ? Avant de répondre à cette question, jetons un coup d'œil d'ensemble sur la commune de Névez où se trouve notre manoir. Cette paroisse possède quatre chapelles de pardon, la chapelle de Trémorvezen, celles de Saint-Nicolas, Sainte-Barbe et Saint-Mathieu. L'ancienne église paroissiale de Névez qui attirait l'attention des artistes, a été démolie et remplacée par une église neuve achevée en 1900. Les armoiries qui se trouvaient dans cette vieille église ont été détériorées. Il en reste encore cependant quelques écussons qui ont été conservés au manoir du Poulguin. Deux de ces écussons représentent les armes des de Guer Poncallek (d'azur à 7 macles d'or au franc canton d'argent fretté de 8 pièces de gueules), et des Morillon : d'or au griffon de gueules armé de sable (manuscrit Gaignères. V. Courcy). L'écusson de l’ancienne église de Névez porte d'or au griffon de sable, c'est sans doute lui qui a raison. Le maître-autel de l'ancienne église se trouve actuellement au musée de Keriolet qui en a fait l'acquisition ainsi que de plusieurs statues. D'autres statues et sculptures ont passé dans d'autres châteaux du pays. Il n'existe d'ailleurs que deux châteaux ou manoirs dans la commune de Névez, le Hénan et le Poulguin. Revenons au manoir du Poulguin. Voici ce qu'en dit Cambry : « On voit sur le rivage de Névez, à près d'un quart de lieue de l'embouchure de l'Aven (plus exactement une demi-lieue), les restes du donjon du très ancien château du Poulguen dont les murs sont de fortes pierres de taille. On y voit une auge de granit de sept pieds de long sur cinq de large et de trois pieds de profondeur. Le château du Poulguen était au bord de l'eau, placé sur un rocher entouré de bosquets et de taillis. Il avait droit de tirer à boulets sur les bateaux qui passaient sans payer le droit d'entrée dans la rivière, il choisissait les poissons les plus beaux, les oreilles et les pieds de cochon qu'on portait à la ville ; il dîmait en nature sur tous les objets de cargaison qu'on allait vendre à Pont-Aven ». A l'époque où Cambry écrivait ces lignes (1794), il était chef de district à Quimperlé. Comment a-t-il pu écrire Poulguen, puisque les paysans disaient et disent encore maner Poulguin ? manoir du trou du vin, où s'exerçait la dîme sur le vin. Il y a sur la propriété du Poulguin, à 500 mètres environ à l'ouest du manoir, sur un coteau appelé dans le pays parc-ar-c'hastel, un dolmen fort remarquable qui fut jadis transformé en forge. C'est peut-être à cette particularité qu'il doit sa conservation. « Sa surface, dit Ogée, présente une foule de cavités ou de bassins plus ou moins profonds de formes bizarres et variées, mais offrant cependant une certaine régularité, et disposés de manière à se décharger les uns dans les autres et à verser enfin comme une pluie sur tous les côtés du monument le sang des nombreuses victimes qu'on pouvait y immoler à la fois » (Ogée, tome II, au mot Névez). La « Bretagne contemporaine » volume du Finistère, p. 33, fait mention de ce dolmen qu'elle qualifie de fort remarquable, mais il paraît absolument certain que si c'est un dolmen, c'est un dolmen naturel. A cent mètres environ de ce dolmen, vers l'ouest, se trouve une ancienne fontaine perdue dans les broussailles. Bien qu'on ne connaisse pas exactement l'époque de la construction du Poulguin, on peut dire que ce manoir présente le caractère des constructions du XVème siècle. Les anciens registres de Névez ne donnent presque aucun renseignement sur les anciens propriétaires du Poulguin, ni actes de naissance ni actes de décès permettant de suivre leur filiation, ce qui permet de croire que le Poulguin ne fut pas dès son origine habité par ses propriétaires, mais qu'ils y entretenaient seulement un capitaine chargé de recevoir les redevances auxquelles ils avaient droit. Nous allons dire ce que nous savons de source autorisée. Le Poulguin appartient en 1525 à la famille du Rinquier et Marie du Rinquier épouse en 1525 Guillaume du Plessix (Nizon) ; on pourrait consulter à ce sujet la généalogie des du Plessix-Nizon. Nous trouvons en 1418, un Alain de Renquier. Alain de Renquier, ecuïer lequel Monseigneur le Dauphin par lettres données au chatel de Loches le 16 novembre a retenu au nombre de CC hommes d'armes lui et dix-neuf autres ch. receus à Chinon le 3 novembre 1418 (Dom Morice. Mémoires pour servir de preuves à l'Histoire de Bretagne, Col. 985, tome II). En 1557, on baptisa un enfant de messire Le Gall, seigneur de Kerlan. Furent parrains, Riquer (lisez Rinquier), seigneur du Poulguin, et le seigneur du Quinquis (en breton Plessix [Note : Le Plessix appartient à M. le Comte Hersart de la Villemarqué de Cornouailles ; il est situé en Nizon, commune limitrophe de Névez] (Registres de la paroisse de Névez). Le Poulguin passa ensuite dans la famille Sauvaget des Clos dont les armes étaient de gueules à la croix pattée d'argent et la devise : Dieu ayde qui s'ayde (V. Alfred de Courcy, Nobiliaire de Bretagne). Dans la montre de 1562 (15 et 16 may) figure Maître François du Poulguin, lieutenant de Concq, lequel doit être un Rinquier, seigneur du Poulguin. Dans un recueil de déclaration de 1621, nous trouvons que le Poulguin appartient à noble et puissant Messire Sauvaget, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de la Chambre, seigneur des Clos [Note : Les Clos, en Plénée-Jugon (Côtes-d’Armor). Haute Justice à Madame de Froulay (Dictionnaire de Bretagne, Ogée, p. 289, tome II)] baron du Poulguin, seigneur de la Villeneuve, La Marre et autres lieux. Ce recueil de déclaration contient 28 tenues. Elles sont au rapport de Maître Morvan, notaire royal. En 1673, c'était encore Messire Charles de Sauvaget, chevalier seigneur Baron des Clos, du Poulguin, châtelain du Cargouët, La Villeneuve, Lamarre, etc....(Déclaration de Kermeün, terre dépendant du Poulguin). En 1695, c'est un bail à domaine congéable, daté du 1er juillet, par procuration de haut et puissant Messire Jean-Baptiste de Sauvaget, chevalier, marquis des Clos, seigneur du Poulguin. Ce Jean-Baptiste Sauvaget descendait d'Olive de Bréhant et de Guillaume Sauvaget. Il nous paraît, intéressant de donner ici cette descendance d'après la généalogie de Bréhant, que M. le Comte de Brémond d'Ars a bien voulu nous faire connaître. Descendance d'Olive de Bréhant et de Guillaume Sauvaget : Guillaume Sauvaget, seigneur des Clos, employé dans la Réformation de 1427, paroisse de Plénée-Jugon, épouse Olive de Bréhant, fille d'0llivier, fils puiné de Pierre de Bréhant III, dont : Guillaume Sauvaget IIème du nom, seigneur des Clos, vivant en 1471. Il épouse Annette Le Jeune, dont : François Sauvaget, seigneur des Clos, qui épousa Marguerite de Couespelle, dont : Jacques Sauvaget, seigneur des Clos, qui épousa en 1500 Jacquemine Le Fesle de Guébriant, dont : Christophe Sauvaget, seigneur des Clos, qui épousa N., dont : 1° Thomas qui suit ; 2° Isabeau Sauvaget ; 3° Catherine Sauvaget (1535). Thomas Sauvaget, seigneur des Clos, guidon des gendarmes de la Reine. Il eut d'Olive Bertho, dame de Cargouët, qu'il épousa en 1627 : 1° Charles qui suit ; 2° René Sauvaget, seigneur de la chapelle Guillaume, qui épousa Catherine Ferron ; 3° François Sauvaget, seigneur de la Hauteville. Charles Sauvaget, dit le Baron des Clos. Il épousa en 1654 Marie Libault de Pinieux, dont : Jean-Baptiste Sauvaget, dit le Marquis des Clos, brigadier de cavalerie, mestre de camp d'un régiment de son nom, tué à la levée du siège de Turin en 1706... J.-B. de Sauvaget épousa .. de Visdelou Bien-Assis dont : Marie-Anne-Jeanne-Françoise Sauvaget, dame des Clos, du Cargouet etc., héritière de sa maison. Elle épousa Charles-François de Froulay, comte de Froulay et de Montflaux, ambassadeur de France auprès de la République de Venise en 1732, lieutenant général des armées du roi en 1738, etc. Il mourut le 27 février 1744, laissant de son mariage avec Marie-Anne Sauvaget entre autres enfants Renée-Charlotte de Froulay, mariée le 18 mars 1717 avec Louis-Marie de Créquy, marquis de Créquy... Par arrêt de 1868 de la Chambre établie pour la réformation de la noblesse de Bretagne, les Sauvaget ont été déclarés nobles d'ancienne extraction. Eonnet Sauvaget et Guillaume Sauvaget figurent dans un serment des nobles de Jugon en 1437 (Dom Morice, Col. 1305). La marquise de Créquy était donc propriétaire du Poulguin, qu'elle tenait de sa mère Marie-Anne Sauvaget. On a de la Marquise de Créquy les Lettres inédites de la Marquise de Créqui à Senac de Meilhan, 1782-1789, mises en ordre et annotées par E. Fournier, précédées d'une introduction par Sainte-Beuve... qu'il ne faut pas confondre avec les Souvenirs de la Marquise de Créqui, qui ne sont pas d'elle. Nous possédons une déclaration de tenue du 15 octobre 1749 « dessous haute et puissante dame Marie-Anne-Jeanne-Françoise de Sauvaget, dame comtesse douairière de Frouslay (sic) Carcouët, la Villeneuve, Plenné (sic), le Poulguin et autres lieux ». Voici encore : Un Bail du 24 messidor an VIII par la Marquise de Créquy, de la grande métairie du Poulguin (M. Descourbes) : « Gabriel-Henri Neuville (Cf. Lettres inédites de la Marquise de Créqui à Senac de Meilhan) faisant et garantissant pour la citoyenne veuve Créqui, propriétaire de la tenue du Poulguin et dépendances. Demeurant le dit citoyen Neuville ordinairement en la commune de Pont-Devian, chef-lieu du département des Côtes-du-Nord, et résidant actuellement par suite des affaires de la dite citoyenne Créqui au manoir du Poulguin, en la commune de Névez ». C'est en 1819 qu'on a commencé à écrire Poulguen et non Poulguin dans les baux et actes publics. Nous avons dit plus haut que le véritable nom et le plus conforme à la tradition est Poulguin. En 1819, la terre du Poulguin est échue en partage à Madame Olympe-Marie de Rosnivinen de Piré, veuve de Messire Hercule-François-Paul Hay de Bouteville, de la succession de Madame la Marquise de Créquy, née de Froullay, suivant acte de liquidation du 25 messidor, an XII, passé devant Guillaume et son confrère, notaires à Paris y enregistré (Bail du 23 septembre 1819). En 1826 le Poulguin appartenait à Madame Emilie-Olympe Hay de Bouteville, veuve de M. le Marquis Hay des Nétumières, décédée à Caen le 16 novembre 1842, qui a laissé pour héritier pour partie son petit-fils Camille-Marie de Lauzanne. Ce dernier, célibataire, a laissé entre autres héritiers ses cousins de Kergariou : M. le Marquis de Kergariou, propriétaire du château de Coetillou près de Lannion, et M. le comte Joseph de Kergariou, propriétaire du château de Lannuguy, près de Morlaix. Ce dernier est décédé en 1883, et c'est sa fille Alix de Kergariou qui a hérité du manoir du Poulguin. Elle est décédée en 1904, laissant plusieurs enfants de son mariage avec M. Pierre Hersart de la Villemarqué, fils de M. le vicomte Th. Hersart de la Villemarqué, l'auteur du Barzaz-Breiz (Pierre Hersart de la Villemarqué).

les deux petits ports de Névez : Kerdruc et Port-Manech ;

Nota : MONUMENTS MÉGALITHIQUES : Il y a tout d’abord le peulven, en forme de tronc de cône, qui avoisine l’église paroissiale. De forme octogonale, il mesure 1 m. 50 de hauteur. Citons ensuite le menhir qui se trouve sur la route de Nevez à Pont-Aven, à la limite de la paroisse, puis le dolmen de Kergouric et celui que l’on voit à 500 mètres environ à l'Ouest du manoir de Poulguin. La table de ce dernier consiste en un bloc énorme ayant 15 mètres de longueur, 9 de largeur et 2 m. 80 d’épaisseur. Sa surface présente une foule de cavités ou de bassins plus ou moins profonds, de formes bizarres et variées. « La chambre du dolmen, lisons-nous dans Ogée (Annotations), a été convertie en une forge... On a clos, d’une manière à peu près complète, l’enceinte de cette forge au moyen de quelques pans de maçonnerie élevés entre les rochers qui forment les faces latérales du dolmen, et qui en supportent la table ». Par ailleurs, dans les champs et les landes de Nevez, se dressent de grands rochers, blocs erratiques, parfois d’un volume considérable. On en rencontre surtout aux environs du bourg, à Kergouric, à Kermen, Kerlan, etc. C’est de ces rochers qu’on tire dans le pays la pierre de taille en vue des constructions. Savez-vous pourquoi ces masses rocheuses, souvent d’un profil bizarre, ont une forme plus ou moins arrondie ? La légende l’explique en disant qu’elles vont, la nuit de Noël, pendant que la vieille horloge de l’église sonne les douze coups de minuit, boire de l’eau à la mer. C’est alors le moment, pour les chercheurs de trésor, de faire fortune, car sous la plupart de ces rochers se trouve de l’or caché. Voici, à ce propos, la mésaventure d’un gars de Nevez [Note : On dit, à Nevez, que le héros de l’histoire était de Trégunc] : Un jeune homme, garçon de ferme, avait entendu dire que les boeufs parlent la nuit de Noël et qu’ils disent des choses merveilleuses. Il voulut en avoir le cœur net. Une nuit de Noël, étant de garde, il resta veiller près de l’étable, après avoir donné à manger aux boeufs. Et voilà qu’il entend un des boeufs dire à son voisin : Cette nuit les rochers vont boire de l’eau à la mer. Oui, c’est vrai, répond son compagnon, il y a cent ans qu’ils n’y ont pas été. Si notre maître savait cela, il pourrait faire fortune, car sous le rocher qui est là à côté de la ferme, il y a de l’or caché. Oui, répond l’autre, c’est encore vrai ; mais il faudrait qu’il se presse de ramasser l’or, car le rocher ne mettra à faire sa tournée à la mer, que le temps pour l’horloge de l’église de sonner les douze coups de minuit. Voici que brusquement se fait entendre le premier coup de minuit. Le jeune homme bien vite prend le sac sur lequel il est assis, et se précipite vers le rocher qui avoisine l’étable. Le rocher est déjà parti, et, à sa place, sous les reflets de la lune, brille quelque chose. N’osant toucher de la main ce corps brillant, le jeune campagnard y met un bâton qu’il agite. Aussitôt retentit un son métallique comme celui de l’or qu’on remue. Notre homme se met alors à remplir son sac. Hélas ! le douzième coup résonne à la vieille horloge, et aussitôt le rocher vient reprendre sa place. Le jeune homme avait trop tardé. Il fut pris sous le rocher ; il y est resté [Note : C’est M. l’abbé Le Beux qui a recueilli cette gracieuse légende] (H. Pérennès).

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ANCIENNE NOBLESSE de NEVEZ

La terre du Heznant appartenait en 1427 à Jean Morillon, seigneur de la Porte Neuve en Riec. Ayant hérité de Jean, son père, Catherine Morillon épousa, vers 1440, Guillaume de Guer, seigneur du Parc, dans la paroisse de Rédéné, et lui apporta ses biens. Peu de temps après, Le Heznant passa à la famille de Cornouaille. Jehan de Cornouaille étant décédé le 2 Février 1464, ses héritages, parmi lesquels le manoir du Heznant est indiqué en première ligne, échurent à son fils aîné, Loys. Comme la réformation de la paroisse de Nevez en 1426 fait seulement mention du « domaine noble » du Heznant, sans aucune allusion au manoir, on dut conclure que ce manoir a été bâti entre 1426 et 1464. Jacquette de Cornouaille est qualifiée de dame du Heznant. Louise de Cornouaille, dame du Heznant, épousa vers la fin du XVème siècle, Raoul de Kervégant, seigneur de Kervichart, dont le nom et les qualifications sont rappelés par une inscription qui subsiste encore sur la porte d’entrée du manoir : « Raoul de Kervégant Seigneur du Heznant et de Riec ». La fille de Raoul de Kervégant, Françoise, épousa vers 1520, en secondes noces, Charles de Guer, seigneur de la Porte Neuve et du Treff ; elle apporta dans la famille de Guer les seigneuries de Kervichart et du Heznant. Les armes de cette famille, qui avait déjà une place importante dans le pays, étaient : d'azur à six macles d’or posées 3, 2 et 1 ; au franc quartier d’argent fretté de gueules. Devise : Sine maculis (Sans taches). Après Charles de Guer, Le Heznant passa à son frère François, cité dans la réformation de 1536. Celui-ci, marié en 1547 à Marie de Kosmadec, étant mort sans postérité, son frère Charles hérita de ses biens. Dans un aveu qu’il signa le 7 Septembre 1572, est mentionné le manoir du Heznant, « avec les maisons, courtillz, jardin, moulins à mer, etc., le tout valant de rente 16 livres, et 20 fermes ou métairies... ». En Avril 1573, les biens de Charles passèrent à son frère Yves, qui avait épousé le 1er Février 1570 Catherine de Quélen. Deux ans plus tard, par suite du décès d'Yves, Le Heznant échoit à son frère Charles, époux de Marie Papin, fille de Jean Papin, seigneur de Pont-Gallec (paroisse de Berné, canton du Faouet). Charles de Guer, seigneur de la Porte Neuve, Kergunus, Rustéphan, Kervichart, Heznant, Baron de Pont-Gallec, est désigné sous le titre de Chevalier de l’Ordre du Roi dans un acte du 25 Janvier 1625, postérieur à sa mort. Olivier, le second de ses enfants, hérita de ses biens. Celui-ci avait épousé en 1626 Jeanne de Kermeno, fille de Alain, seigneur du Garo et de Louise de Rosmadec. Après la mort d’Olivier, décédé en 1650, sa veuve établit sa résidence. ordinaire au château du Heznant. Leur fils aîné, Alain, fut le membre le plus marquant de la famille. Il est qualifié : « Haut et puissant messir Alain, chef de nom et armes de Guer, chevalier, seigneur marquis de Pont-Gallec, comte de la Porte Neuve, Baron des baronnies de Riec et de Hesnant, seigneur de Kergunus, Rustéphan et autres lieux ». Il épousa en 1649 Renée-Françoise de Lannion. Devenu veuf, Alain de Guer éleva les sept enfants que Dieu lui avait donnés, puis se consacra à Dieu. Dans une inscription de 1678, il est désigné comme prêtre et recteur des paroisses de Riec et Moëlan et chanoine de Saint-Pierre de Vannes. Il mourut au château de la Porte Neuve, dont il avait fait sa résidence habituelle, et fut inhumé dans l’église de Riec, au tombeau de ses ancêtres. De la famille de Guer, Le Heznant passa, vers 1680, à la famille de la Pierre, puis en 1758 à la famille Euzenou de Kersalaün. Au cours de la Révolution, la propriété fut confisquée et vendue nationalement à Remi Lauchon, négociant à Lorient. La maison de commerce Lauchon et frères la vendit en 1807 à Mme Marie Le Veyer, épouse de M. Alain de Bruillac, capitaine de vaisseau. Le Heznant passa ensuite par vente à M. Bureau de Lecotay, puis à M. de Solminihac, enfin en 1888 à M. Le Bouteiller. Mlle Marguerite Le Bouteiller ayant épousé M. Georges Demimuid Treüille de Beaulieu, le vieux manoir est vers 1936 la propriété de la famille Demimuid.

 

La terre du Poulguin appartient en 1525 à la famille du Rinquier, et Marie du Rinquier épouse, en cette même année, Guillaume du Plessis (Nizon). Vers le début du XVIIème siècle, le manoir passe dans la famille Sauvaget des Clos. Au moment de la Révolution, il est possédé par Marie-Anne de Sauvaget, marquise de Créquy. En 1819, la terre de Poulguin échoit à la famille de Bouteville, et passe par héritage aux de Kergariou. Elle appartient, à partir de 1883, à Alice de Kergariou, qui épouse M. Pierre Hersart de la Villemarqué, fils de l’auteur du Barzaz-Breiz. C'est vers 1936, M. Arthur Krebs, époux de Marie-Madeleine-Valéry Hersart de la Villemarqué qui est le propriétaire du vieux manoir (Archives du diocèse de Quimper et de Léon). 

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivant de Nevez étaient présents :

Guill. le Gall, archer en brigandine ;

Guillaume Binquir, archer en brigandine.

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Nevez apparaissent :

Maître François de Poulguen, lieutenant de Concq, lequel prétend exemtion à cause de son office, et néanmoins dict avoir baillé sa déclaration d'arquebusier à cheval ;

Bizien le Gall, présent ;

le sieur de Keraulan dict qu'il est sous l'esdict et avoir baillé sa déclaration.

(à compléter)

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