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La commune de
Monnières ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MONNIERES
Monnières vient du bas-latin "molinaria" (moulin ou meunier).
Monnières était jadis une commanderie templière et un relais sur la route de Saint Jacques de Compostelle. Au XVème siècle, les seigneurs de Gobeau (ou Goheau) vivent sur le territoire de Monnières. Jean Méchinot, né vers 1420 à la Cour des Mortiers, participe à la guerre de Cent Ans en tant qu'écuyer de Pierre II, duc de Bretagne.
A la fin du Moyen Age, la maison seigneuriale de Monnières était le château de la Galissonnière (situé aujourd'hui sur la commune du Pallet). Le domaine de La Jannière est érigé en vicomté en 1644. Jacques Barrin fait unir La Jannière à La Galissonnière et obtient le marquisat en 1658. Au milieu du XVIIème siècle, cette seigneurie s'étend sur 14 paroisses. Les Barrin établirent leur haute justice avec auditoire au bourg de Monnières. En juin 1793, avant le siège de Nantes, Charette établit son quartier général au château de la Galissonnière. Le 10 mars 1793, comme les communes voisines, Monnières est entraînée dans l'insurrection générale. Au nombre de 280, des hommes vont combattre sous les ordres de Charette, Stofflet, de Bruc de Livernière.
En 1791, le territoire de la Monnières est amputé des deux tiers. Pendant 20 ans, de 1790 à 1810, Monnières resta chef-lieu de canton et Jacques Langlois fut nommé juge de paix. En 1886, les villages de La Maisdonnière, Ménaudière, Cordouère, La Justice, réclament leur annexion à Monnières, à cause de leur proximité de ce bourg.
Note 1 : l'école des filles est créée en 1888. L'école des garçons est créée vers 1834.
Note 2 : les principaux recteurs de Monnières sont : René Girard, Denis Poisson, de Ruillé, Lenfant de Louzil, Bourgeois, Le Prince (de 1769 à 1805), Jean Gancel, ....
Note 3 : les principaux maires de Monnières sont : Pierre Bouchaud, Gabriel Langlois, Jean Mellereau, Henri Bouchaud (jusqu'en 1835), Lusseau, Cassard, Savariau, Jean Caillé, Charles Gonichon, Charles du Couëdic (de 1878 à 1884), René Caillé, Léon Caillé, Gaborit, Pierre Lusseau, de Cornulier, Chéneau, .... Au cahier de doléances, le 7 avril 1789, signent Bouchaud, Bahuaud, Perthuy, Jacques Maillard, Jean Chéreau, Alexandre Huet, Pichaud, Cormerais, Renaudin, Jaille, Batard, Terrien, Langlois, Marion, Buffetrille, Rouillard, Le Bedesque (le rédacteur est Jacques Marie, procureur fiscal).
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PATRIMOINE de MONNIERES
l'église Sainte-Radegonde (XI-XII-XV-XVII-XVIII-XIXème siècle). Le marquis de la Galissonnière était seigneur supérieur et fondateur de l'église des Monnières, ainsi que de la chapelle Saint-Michel en Monnières et de la chapelle Sainte-Marguerite de la Galissonnière. Une partie de l'église (le clocher, le campanile carré et une partie du mur nord) est romane et date du XI-XIIème siècle. L'église est agrandie au XVème siècle et au XVIIème siècle. L'église est restaurée en 1911 et au XVIIIème siècle après avoir été brûlée le 22 septembre 1793. On y trouve l'enfeu des seigneurs de La Galissonnière (il s'agit d'une sorte de crypte bien voûtée de 3 X 2m25 d'où l'on a retiré récemment un cercueil, celui d'un Barrin décédé le 4 juillet 1597, entouré de lames de plomb). Les statues de Saint-Louis et de Sainte-Radegonde datent du XVII-XVIIIème siècle. Le vitrail, oeuvre de Robert Duvoucoux, date de 1943-1945. Cette église détenait jadis un bras comme relique et les seigneurs de La Jannière y possédaient des prééminences. L'ancienne église possédait jadis des dalles de Templiers. A noter que le Pont de Monnières était autrefois un relais pour les pèlerins qui s'en allaient vers Saint-Jacques de Compostelle : des moines les recueillaient, leur offraient le gîte et le couvert à la Moinerie. En 1892, a lieu la bénédiction d'une cloche, nommée Clémentine Jeanne, pesant 407 kilos : le parrain est Léon Caillé, maire, et la marraine, Mme la vicomtesse Paul de Cornulier, du Plessis-Brézot ; | |
l'ancienne chapelle rurale de La Bournère, dédiée à Saint-Nicolas et aujourd'hui disparue ; | |
la croix Giraux (XVIII-XIXème siècle) ; | |
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le château de Plessis-Brézot (XVI-XIXème siècle). Il possédait jadis une chapelle privée. Il est la propriété de René Macé en 1529. Il est vendu le 7 mai 1660 à Charles Le Coq (ou Lecoq), seigneur du Bordage. Il devient ensuite la propriété de la famille Jacquelot de Boisrouvray, puis du vicomte Charles de Couëdic de Kergoualer, famille alliée aux de La Grandière, de Lescu, Santo-Domingo et de Cornulier. Par le mariage de Nathalie du Couëdic, le domaine passe aux de Cornulier ; | |
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la maison (XVI-XXème siècle), située au lieu-dit "Le Pont" ; | |
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la moinerie (XVIIIème siècle), située rue de la Moinerie. Cet édifice aurait été occupé jadis par des moines ; | |
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la maison (XVIIème siècle), située au n° 6 rue de la Moinerie ; | |
l'ancien château de La Jannière. Propriété de la famille Gohéau. Il était le siège d'une vicomté qui avait haute justice et des fourches patibulaires à quatre piliers. Jacques Barrin fait unir La Jannière à La Galissonnière et obtient le marquisat en 1658. Le marquis de la Galissonnière avait droit de foire au bourg de Monnières, à la fête de sainte Radegonde ; | |
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l'ancien manoir de La Cormeraie, aujourd'hui disparue. Propriété de Jean de Mauges en 1421 (qui mourut sans enfant), puis de Guillaume de Mauges (frère de Jean) et des familles Mesneuf, Le Gouvello, alliés aux de La Motte-Fouquet. Le manoir était jadis entouré de douves et possédait une chapelle privée. En 1696, a lieu le baptême de Joseph, fils d'écuyer Joseph Le Gouvello de La Cormeraie et de dame Perrine Mesneuf. En 1794, Paul Le Gouvello, ancien capitaine d'infanterie et seigneur de La Cormeraie et de La Gravelle devient officier dans l'armée vendéenne, sous les ordres de Bonchamps ; | |
l'ancien manoir de La Cour du Mortier. Propriété du poète Jean Meschinot, puis des familles Burguerie, Vinet, La Jaille, alliée aux Buffetrille, Bouchaud, Brevet, Lenormand-Trébuchet ; | |
2 moulins dont le moulin de La Minière (XVIIIème siècle) et le moulin de la Justice (XVIIIème siècle) ; |
A signaler aussi :
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le four (XVIII-XIXème siècle), situé au lieu-dit "Le Pont" ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de MONNIERES
Des fiefs existaient jadis : Le Plessis-Brézot (propriété des Macé, Lecoq, Jacquelot de La Motte et du Couëdic, Cornulier), La Cormeraie (propriété des Mauges, Mesneuf, Le Gouvello en 1794), La Gravelle (propriété des Le Gouvello en 1794), La Cour du Mortier (propriété des Meschinot, Burguerie, Vinet, La Jaille). Ces fiefs relevaient du marquisat de La Galissonnière. Les seigneurs de La Galissonnière possédaient une haute justice avec auditoire au bourg de Monnières.
Le marquisat
de La Galissonnière
: La Galissonnière, en la paroisse de Monnières, était une seigneurie moderne
dont voici l'origine. Vers la fin du XVIème siècle, Jacques Barrin Ier reçu
conseiller au Parlement de Bretagne en 1565 et président à mortier en 1577,
acheta la terre de la Galissonnière en Saint-Jean de Béré, près de Châteaubriant
(nota : cette terre noble appartenant en 1427 à Jean de Chevigné, en 1478 à
Jacques de Chevigné et en 1560 à Bertrand Le Voyer, ne fit jamais partie du
marquisat de la Galissonnière ; les Barrin ne la conservèrent pas bien
longtemps, car en 1680 elle était la propriété de Thomas Dreux conseiller au
Parlement de Paris). De son union contactée en 1573 avec Jeanne Rhuys il eut
plusieurs enfants dont un puîné nommé Jacques comme son père. Ce Jacques
Barrin II prit le titre de seigneur de la Galissonnière, épousa en 1604
Vincente Ruellan, fille du seigneur du Tiercent, et devint en 1616 premier président
de la Chambre des comptes de Bretagne. Il fit de belles acquisitions dans le
Comté nantais, acheta en 1608 la terre seigneuriale de la Jannière en Monnières
appartenant depuis plusieurs siècles à la famille Baye, — puis en 1615 les
terre et châtellenie des Montils-de-Bazoges en Vallet, que lui vendit Georges
de Vauldrey, marquis de Saint-Phalle, — enfin vers la même époque la terre
avec haute justice de la Coignardière en Monnières (Archives de Loire-Inférieure
E 037. - Dictionnaire des terres nobles du Comté nantais). Jacques Barren III
seigneur de la Galissonnière, fils du précédent, fut maître des requêtes de
l'hôtel du roi en 1639, intendant de la province du Berry en 1647, conseiller
d'état honoraire, etc. (nota : les lettres d'érections de la Jannière en 1644
le disent encore « ci-devant conseiller au Parlement de Bretagne et premier
président à la Chambre des comptes de Bretagne » (Voy. Dugast-Matifeux,
Nantes ancien, 305). Il épousa : -1° en 1635 Elisabeth Le Boulanger, -2°
Marie-Armande Le Seneschal ; il mourut en 1684. Ce seigneur obtint du roi deux
érections successives de ses terres en dignités : Par lettres de 1644, Louis
XIV unit d'abord les deux seigneuries de la Jannière et de la Coignardière et
érigea le tout en vicomté de la Jannière. Plus tard, en 1658, le même roi
unit à cette vicomté de la Jannière plusieurs terres et seigneuries que
venait d'acheter Jacques Barrin et fit du tout un marquisat. A la demande du
nouveau marquis, le roi donna à ce marquisat le nom de la Galissonnière que
portait Jacques Barrin, quoique cette dernière terre ce fut point unie aux
domaines et fiefs formant le marquisat. Jacques
Barrin IV, fils du précédent et d'Elisabeth Le Boulanger, marquis de la
Galissonnière après la mort de son père, avait épousé Eléonore Bidé
(Archives de Loire Inférieure, E 3185). Son successeur fut son fils Jacques
Barrin V, marquis de la Galissonnière, président au Parlement de Bretagne, qui
épousa à Rennes en 1692 Toussainte Chevreuil de Meaux. Vint ensuite Rolland
Barrin qualifié en 1697 marquis de la Galissonnière et chef d'escadre des armées
navales (Archives de Loire Inférieure, E 3188), frère du précédent. En 1700
ce seigneur obtint du roi de nouvelles lettres d'érection du marquisat de la
Galissonnière en sa faveur. Rolland Barrin, marquis de la Galissonnière, épousa
d'abord Catherine Begon, puis Marie Guiraud (Archives de Loire Inférieure, E
3190) ; il mourut lieutenant-général des armées navales et âgé de 90 ans,
et fut inhumé à. Poitiers le 9 mars 1737 (Archives de Loire Inférieure, E
3191). Rolland-Michel Barrin, fils
de Rolland et de Catherine Begon, marquis de la Galissonnière, s'illustra comme
lieutenant général des armées navales ; gouverneur du Canada en 1748,
commandeur de l'Ordre de Saint-Louis et vainqueur des Anglais à Port-Mahon, il
mourut sans postérité à Nemours, le 26 octobre 1756, laissant veuve
Marie-Catherine de Lauzou (Archives de Loire Inférieure, E 455). La succession
de Rolland-Michel Barrin fut recueillie par sa soeur Marie-Magdeleine Barrin,
femme séparée de biens de son cousin Vincent Barrin, seigneur des Ruilliers
(Archives de Loire Inférieure, E 697). Des lettres royales d'une troisième érection
de la Galissonnière en marquisat furent données par Louis XV en 1760, en
faveur des nouveaux possesseurs de cette terre. Ceux-ci vinrent habiter la
Galissonnière et la marquise y mourut le 18 mars 1780. Le marquis et la
marquise de la Galissonnière laissèrent plusieurs enfants, entre autres
Antoine-Michel Barrin qualifié, après leur mort, en 1783, de marquis de la
Galissonnière, décédé probablement sans postérité — et Athanase-Scipion
Barrin, marquis de la Galissonnière en 1788. Ce dernier alors capitaine des
vaisseaux du roi et chevalier de Saint-Louis, était marié à Bonne-Laurence de
Manger ; il émigra en Angleterre et mourut en 1805 (Archives de Loire Inférieure,
E 637). Pour faire connaître ce qui composait le marquisat de la Galissonnière,
il faut d'abord commencer par parler de la Jannière.
Par ses
lettres datées de janvier 1644 et enregistrées l'année, suivante à la
Chambre des comptes de Nantes, Louis XIV considérant les services que Jacques
Barrin, seigneur de la Galissonnière et son conseiller d'état, «
lui a rendus depuis quarante-cinq ans comme conseiller au parlement de Bretagne,
maistre des requestes de l'hostel et premier président à la Chambre des
comptes de Nantes », unit en sa faveur : « La terre et seigneurie de la Jannière décorée d'un chastenu et
belle maison avec colombier, métairies de la Petite Jannière, de Launay et de
la Lussonnière, droit de pesche en la Sèvre, etc. ».
— Les fiefs de Monnières ou du
Petit-Pallet et de la Lussonnière en les paroisses de Monnières, la Haye et la
Chapelle-Heulin, etc. ». — et « la maison et seigneurie de la Coignardière et ses fiefs en les
paroisses de Monnières et la Haye ; lesdits fiefs de Monnières et de la
Coignardière ayant chacun haute justice et relevant du roi sous son domaine de
Nantes ». Le roi unit donc « les fiefs de Monnières, la Lussonnière
et la Coignardière » en une seule juridiction qu'il érige en vicomté
(Archives de Loire Inférieure B 78).
Voici
maintenant quelques autres détails sur la vicomté do la Jannière, tirés d'un
aveu de 1681.
Cette
vicomté s'étendait dans les quatre paroisses de Monnières, la Chapelle-Heulin,
Mouzillon et la Haye-Fouassière ; elle avait une haute juridiction et des
fourches patibulaires à quatre piliers. Le
vicomte de la Jannière jouissait d'un droit de quintaine sur les nouveaux mariés
de la paroisse de Monnières ; il levait les deux tiers des coutumes et trépas
du bourg de la Chapelle-Heulin ; il avait les prééminences dans l'église de
Monnières. Son domaine proche se composait de la maison seigneuriale de la
Jannière, des anciens manoirs de la Coignardière et de la Lussonnière et des
métairies de la Petite-Jannière et de Launay (Archives de Loire Inférieure,
B, Nantes, 19e vol.). Plus tard Jacques Barrin, seigneur de Gallissonnière,
ayant acquis d'autres seigneuries, le roi voulut bien les unir par lettres
patentes datées de septembre 1658. Ces
acquisitions étaient : le Boisrouaud, en Mouzillon, acheté le 18 janvier 1611
d'avec le sieur de la Gardaye, les Montils-de-Bazoges en Vallet, le Bas-Briacé
en. Le Loroux-Bottereau et la Fessardière, achetés le 10 août 1615 d'avec le
seigneur de Saint-Phalle, — la Brouardière achetée en 1648 d'avec le marquis
de Goulaine, — l'Audigère en Vallet, achetée le 9 août 1652,
enfin Fromenteau en Vallet, acheté le 3 janvier 1654 d'avec Gabriel du
Puy-du-Fou (Archives de Loire Inférieure, B 327). Le
roi unit ces seigneuries à la vicomté de la Jannière et forma du tout un
marquisat qui reçut, comme nous l'avons dit, le nom de marquisat de la
Galissonnière. Mais Jacques Barrin continua d'agrandir ses domaines. Le 6
novembre 1658, Guy de Lesrat, qui s'était opposé en vain à l'érection de la
vicomté de la Jannière, consentit à lui vendre les seigneuries sur lesquelles
reposait son opposition. C'était : le Plessix-Guerry en Vallet, la Grande-Noë
en Vertou, Prémion, Châteauthébaud et Branchereau (Archives de Loire Inférieure,
E 327). Par de
nouvelles lettres patentes données en juin 1659, le roi unit encore toutes ces
terres et seigneuries au marquisat de la Galissonnière, qui valut bien alors 28
000 livres de rente d'après M. Barrin. Ces lettres royales furent enregistrées
au parlement de Bretagne le 4 janvier 1662 (Archives du Parlement de Bretagne,
22e reg. 185). Enfin au marquisat de la Galissonnière fut encore unie la châtellenie
du Pallet. Voici ce que nous apprend à ce sujet M. de Cornulier, dans son
dictionnaire des terres nobles du comté nanté. En
1635 Gabriel, marquis de Goulaine, vendit à Jacques Barrin la portion de sa châtellenie
du Pallet sise en Monnières et appelée le Petit-Pallet ; cette portion, sous
le nom de fief de Monnières fut unie à la vicomté de la Jannière en 1644. Le
marquis de Goulaine en 1652 vendit au même Jacques Barrin le reste (sauf un
fief) de la châtellenie du Pallet. Jacques Barrin fit unir cette nouvelle
acquisition au marquisat de la Galissonnière qu'il obtint en 1658. A
la fin du XVIIème siècle, le marquisat de la Galissonnière fut disloqué ; on
en sépara notamment la seigneurie de Fromenteau et la châtellenie du Pallet.
Le reste des terres et fiefs échut à Rolland Barrin qui sollicita et obtint du
roi de nouvelles lettres patentes datées du mois de juin 1700. Par
ces lettres Louis XIV unit de nouveau les terres et seigneuries de la Jannière,
la Coignardière, la Lussonnière, le Petit-Pallet et le Plessis-Guerry, et
forma du tout un nouveau marquisat de la Galissonnière (Archives de Loire Inférieure,
B 103). Enfin en 1760
le roi donna encore en avril des lettres patentes enregistrées à la Chambre
des comptes de Nantes le 24 janvier 1761, en faveur de Marie-Magdeleine Barrin,
héritière du dernier marquis de la Galissonnière décédé sans postérité.
Par ces lettres Louis XV renouvela et confirma l'érection du marquisat de la
Galissonnière tel qu'il avait été créé en 1700 (Archives de Loire Inférieure,
B 183 – Archives du Parlement de Bretagne, 41e reg. 190).
Comme
nous connaissons déjà les seigneuries de la Jannière, de Fromenteau et du
Pallet, c'est donc le marquisat de la Galissonnière tel qu'il était en dehors
de ces trois seigneuries, que nous allons faire connaître en détail.
Pour cela,
servons-nous de la déclaration de ce marquisat fait au roi en 1681 (Archives de
Loire Inférieure, B, Nantes, 19e vol. ). Le
marquisat de la Galissonnière comprenait alors : 1° la vicomté de la Jannière
; — 2° la seigneurie de Fromenteau ; — 3° la châtellenie du Pallet ; —
4° la seigneurie de l'Audigère, haute justice, en Vallet ; — 5° la
seigneurie du Boisrouand eu Mouzillon ; — 6° la seigneurie des
Montils-de-Bazoges, haute justice, en Vallet ; — 7° la seigneurie du
Bas-Briacé, haute justice, en Le Loroux-Bottereau ; — 8° la seigneurie du
Plessix Guérry en Monnières ; — 9° la seigneurie de Châteauthébaud et
Permion (démembrement de la châtellenie de Châteauthébaud dont nous avons précédemment
parlé) en Châteauthébaud et environs ; — 10° la seigneurie de la Grande-Noë,
haute justice, en Vertou ; — enfin 11° les seigneuries de la Brouardière et
de Branchereau en Gorges. Ainsi
constitué le marquisat de la Galissonnière s'étendait en quatorze paroisses :
Le Pallet, Vallet, Mouzillon, Gorges, Le Loroux-Bottereau, La Chapelle-Heulin,
Vertou, La Haye-Fouassière , Monnières , Maisdon , Châteauthébaud,
Saint-Fiacre, Saint-Hilaire-du-Coing et Saint-Lumine-de-Clisson. Sauf les fiefs
de la Brouardière et de Branchereau qui relevaient des sires de Clisson et de
la Boissière, toutes les seigneuries composant le marquisat de la Galissonnière
étaient tenues directement du roi en sa cour de Nantes. Le
marquis de la Galissonnière était seigneur supérieur et fondateur des églises
du Pallet, Vallet, Monnières et Mouzillon, de la chapelle Saint-Michel en Monnières
et de la chapelle Sainte-Marguerite de la Galissonnière. Il avait le droit de
faire les nouveaux mariés courir la quintaine dans cinq de ses seigneuries : au
Pallet, à la Jannière, aux Montils-de-Bazoges, au Bas Briacé et à Fromenteau
; — le droit de plantation de mai à Vallet, comme seigneur du Pallet, — les
coutumes des marchés et foires de Monnières, du Pallet, de la Regrippière et
de Châteauthébaud ; cette dernière foire se tenait le dimanche avant «
Pasques fleuries » et s'appelait «
la foire-aux-boucs ». etc.
En tête
du domaine se trouvait le château de la Galissonnière, anciennement de la
Jannière, restauré et reconstruit en partie par Jacques Barrin. C'était une
vaste demeure avec tours, galeries, douves et pont-levis, chapelle et colombier,
bois, rabines, vignes, etc. Un superbe parc rempli d'arbres exotiques apportés
de leurs voyages par les célèbres amiraux de la Galissonnière entourait au siècle
dernier ce beau château brûlé pendant les guerres de la Vendée : «
il n'en reste plus qu'une tour et près d'elle quelques fragments pittoresques
de l'enceinte et des fossés » (Bretagne contemporaine, I 49). Venaient
ensuite les domaines de la Jannière, de Fromenteau et du Pallet ; — puis les
anciens manoirs de l'Audigère, du Plessix-Guerry, du Boisrouaud, des
Montils-de-Bazoges et du Boisbrûlé (ce dernier relevait de Clisson) ; — les
métairies de Langerie, l'Espardière, la Bodinière, la Goupillère, la
Goulbaudière, la Torandière, les Haut et Bas Branchereaux, la Dorissière et
Bonneveau ; — les moulins d'Angrevier sur la Sèvre, de l'Eguillette, du
Plessix-Guerry, etc.
Le marquisat de la Galissonnière constitué en 1700 et 1760, bien moins important que le précédent dont on avait distrait Fromenteau et le Pallet, ne s'étendit plus qu'en neuf paroisses : Monnières, Vallet, Mouzillon, La Chapelle-Heulin, Maisdon, Saint-Fiacre, Châteauthébaud, Vertou et Saint-Lumine de Clisson (Archives de Loire Inférieure, B 1027). Le marquis de la Galissonnière n'eut plus alors de prééminences et fondations qu'en l'église de Monnières et dans la chapelle Saint-Michel. Il avait un droit de « pesche prohibitive dans la rivière de Sèvre depuis la Pierre au Coulon, vis-à-vis le bourg de Saint-Fiacre, jusqu'à un jet de marteau du poids de deux livres au-dessus des moulins d'Angrevier en la paroisse de Gorges » (Déclaration de la Galissonnière en 1757). Il lui appartenait d'avoir deux foires chaque année, l'une le jour de Saint-Michel près la chapelle de ce nom et l'autre à la fête de Sainte-Radegonde au bourg de Monnières ; — enfin sa haute justice s'exerçait à Monnières et il jouissait des droits de «quintaine, billards et esteufs » (Déclaration de la Galissonnière en 1757). Son domaine consistait en ce qui suit : les château et parc de la Galissonnière ; — les métairies de la Jannière, Launay, le Plessix-Guerry, la Coignardière, la Lussonnière, les Granges et la Braudière ; — les moulins de la Jannière et du Plessix-Guerry — un grand nombre de clos de vignes, etc. (Déclaration de la Galissonnière en 1757). Les ruines du château de la Galissonnière et le parc qui les entoure ont été vendus comme bien national. Quant au manoir du Plessis-Guerry, déjà abandonné au XVIIIème siècle, il fut aussi brûlé pendant les guerres de la Vendée, mais ne trouva pas d'acquéreur. Reconstruit en 1844, il appartient à M. de Berthou qui le tient de son aïeule paternelle, Clotilde Barrin, fille unique d'Athanase-Scipion Barrin, dernier marquis de la Galissonnière, née à Londres pendant l'émigration, en 1799, et décédée en 1854. Les autres terres du marquisat furent vendues et passèrent en d'autres mains (abbé Guillotin de Corson).
(à compléter)
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