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MOHON |
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La commune de Mohon ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MOHON
Mohon vient, semble-t-il, du breton "moh" (porcs).
Mohon est une ancienne paroisse primitive qui englobait autrefois les territoires de La Trinité-Porhoët, de Saint-Malo-des-Trois-Fontaines, et une partie de Guilliers. La paroisse de Mohon dépendait autrefois du diocèse de Saint-Malo.
On trouve plusieurs camps romains sur le territoire de Mohon, celui de Bodieu établi par Corsold (roi des Frisons), celui des Rouets (sur la butte de Trohanier) occupé par les rois de Bretagne puis par Eon de l'Estoile. Les Rois de Bretagne y auraient séjourné entre l'an 612 et l'an 900. Il existe une tradition qui veut que Bodieuc ait été jadis une ville qui portait le nom d'Alanczon. En effet, en 1350, Bodieuc ou Bodieu "prend le nom d'Alençon, lors de la tutelle du duc d'Alençon". Concernant Mohon, le plan cadastral ci-joint stipule : "une motte énorme, presque ronde, tronquée à son sommet, et entourée de douves profondes, supportait jadis une tour féodale : on l'appelle le Trohanier ; à l'Est se voit un camp, de forme pentagonale, entouré de larges et profondes douves : on l'appelle dans le pays le Camp des Rouets, ou plutôt des Rois, en souvenir sans doute du roi Judicaël et des autres rois de Domnonée, qui y ont séjourné" (La Borderie, Hist. I. 483)). Cette enceinte fortifiée, ruinée probablement par les Normands du Xème siècle, devient ensuite la propriété des vicomtes de Porhoët, qui finissent par le céder à l'abbaye de Saint-Jacut, pour y fonder un prieuré.
On ne connaît pas la date précise de la fondation du prieuré cure, par les moines de Saint-Jacut, à Bodieu. La chapelle du prieuré est dédiée, paraît-il, à la Sainte-Trinité, cependant on la trouve aussi mentionnée sous le nom de Saint-Clair. Il s'agit vraisemblablement de la chapelle du prieuré Saint-Clair (Clervie ou Claire, est une soeur de Jacut) cité dans une Bulle papale de 1163. Vers 1199, ce prieuré est formellement mentionné sous le nom de Bodioc (Pr. I. 783). Ce prieuré est longtemps possédé par les moines de Saint-Jacut, mais vers le XVIème siècle, il finit par tomber en mains séculières. A noter qu'en 1751, la bourgade de la Trinité (aujourd'hui La Trinité-Porhët), avec son prieuré de la Sainte-Trinité), dépendait encore de la paroisse de Mohon.
Un autre prieuré est fondé non loin du château de Bodegat vers 1221. En 1779, le duc de Rohan est toujours seigneur de Mohon. La Grée-Saint-Laurent, démembrement de la paroisse de Lanouée, était semble-t-il jadis une trève de Mohon.
La commune de Mohon garde encore le souvenir de l'hospitalité que Jacques II, roi fugitif, trouva dans le petit village de Penfra, au mois de décembre 1690, lorsque, après avoir perdu la bataille de la Boyne contre le prince d'Orange, son gendre et son compétiteur au trône d'Angleterre, il vint en Bretagne pour passer en revue les débris de l'armée que Louis XIV lui avait fournie.
Ce n'est qu'en 1846 que Saint-Malo-des-Trois-Fontaines se sépare de Mohon dont elle n'était jusque là qu'une simple chapelle.
Nota : La forêt de Lanouée était un repère de chouans, avec à leur tête Pierrot dit Saint-Régent, lieutenant de Cadoudal. Le nom de Saint-Régent est lié à l'attentat manqué du 24 décembre 1800, jour où le premier consul Bonaparte, parti pour l'Opéra, à Paris, échappe de peu à la mort.
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PATRIMOINE de MOHON
l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (1881), édifiée en remplacement d'une ancienne église du XVIème siècle. L'ancienne église était de forme rectangulaire et avait une nef de six travées avec bas-côtés. Elle a été démolie vers 1870 et remplacée en 1881 par un édifice gothique. Deux tableaux, donnés par la célèbre marquise de Sévigné (qui possédait le château de Bodégat, en Mohon), tapissaient autrefois les deux côtés de la grande vitre : l'un représentait la Flagellation, l'autre une Descente de Croix. En dessous de ces tableaux se trouvaient deux caveaux pratiqués dans l'épaisseur du mur : l'un se nommait "tombeau des Ducs" et l'autre "tombeau de Bodegat". Au centre du choeur, se trouve un autel surmonté d'un tabernacle, avec de part et d'autre deux anges en prière. De stalles s'adossent aux murs du choeur ; | |
la chapelle du manoir de Garnouée (1685), édifiée par Nicolas ; | |
la chapelle Saint-Marc (XVIIème siècle), située au Nord du bourg de Mohon et édifiée par les seigneurs de Bodégat au début du XVIIème siècle. Propriété, en 1640, de Regnaud de Sévigné, oncle de la marquise de Sévigné. La chapelle abrite une statue de saint Marc, figuré assis et accompagné d'un lion ; | |
la chapelle Sainte-Anne (1610), située à La Ville-Martel. Elle abrite le tombeau du seigneur Louis Larcher, décédé le 13 février 1630 ; | |
la chapelle Saint-Joseph (1624-1626). Il s'agit d'un petit édifice rectangulaire du XVIIème siècle située à la Ville-Jaudouin ; | |
la croix de la chapelle Saint-Marc, située devant une fontaine ; | |
la croix de l'Iff (moyen âge) ; | |
l'ancien prieuré de la Sainte-Trinité ou de Saint-Clair, situé à Bodieu (ou Bodieuc), dépendant de l'abbaye de Saint-Jacut et aujourd'hui disparu. Lors des aliénations, vers 1570, le prieuré de Saint-Clair perd un rôle de rentes féodales, trois journaux de pré, onze journaux de terre aux Croix et le moulin. Le 21 décembre 1577, Jean de Launay, prieur commendataire de Bodieuc (en Mohon), mentionne, dans son aveu, la chapelle de Saint-Clair, la maison prieurale, la métairie avec ses terres, quelques rentes foncières et quelques traits de dîmes ; il reconnaît devoir 4 messes par semaine, avec hommage et prière pour le roi. Le 14 mai 1605, le prieur Georges de Kerguézec reproduit le même aveu. Jean de Kerguézec, son successeur, rend un aveu pareil le 5 avril 1619, mais bientôt il réussit à racheter le rôle rentier du fief, le moulin à eau du prieuré et les trois journaux de pré. Son successeur, Jacques Dreux, chanoine théologal et vicaire général de Rennes, faisant son aveu, le 31 octobre 1643, rappelle tous ces rachats, et manifeste l'intention de reprendre les onze journaux des Croix (Nantes - B. 821). En 1789, le prieuré coûte à Yves Courtel, fermier, 1 300 livres par an. La Révolution confisque le tout. La chapelle, la maison, les terres et le moulin sont vendus, le 12 février 1791, à M. Perret, pour 13 100 livres (J. M. Le Mené) ; | |
le manoir de Guesniac (1723), situé à La Ville-Guesniac. On trouve la trace d'un manoir primitif dès 1428. Propriété de la famille Langourla au XVIIIème siècle. On le surnomme encore le château de la Ville-Guesniac. Il possédait autrefois une chapelle privée. Il est, au XIXème siècle, la propriété de la famille Gaudin (laquelle exerce depuis 1646 des charges de justice à la seigneurie de Bodégat). On y trouve un souterrain, un porche percé de deux portes et des meurtrières (souvenir du manoir primitif). La porte d'entrée est encadrée de deux pilastres et coiffée d'un fronton qui porte les dates de construction de l'édifice ; | |
le manoir de Ville-Martel. La seigneurie a appartenu jadis à la famille Larcher, puis à la famille Pluvié. Le manoir possède une chapelle privée, dédiée à Sainte-Anne et qui, semble-t-il, existe toujours ; | |
le manoir de Lécadeuc (époque féodale), situé à La Ville-Rouxel et propriété de Jean-Rouxel (en 1380). On mentionne Regnaud Rouxel et Thomas Rouxel en 1480. Cette seigneurie avait droit d'enfeu dans l'église de Guilliers, droit d'escabeau coudier, droit de basse justice et droit de recette (5 sous sur chaque héritier). On y voit une tour. Le domaine comprenait jadis plusieurs métairies, un moulin et un four ; | |
le manoir de Garnouée (XVIème siècle), propriété en 1468 de la famille Guéhenneuc, sieur des Croix en La Trinité (Charles Guéheneuc en 1480), puis de la famille Guyon jusqu'au XIXème siècle ; | |
le manoir de Bodieu. Siège d'une ancienne seigneurie (Bodieu, Bodéoc, Bodioc, Bodieuc, Bodice) ayant appartenu au comte de Porhoët au XIIème siècle, puis à la famille Rohan. L'ensemble est cédé en 1199 par Alain IV de Rohan à Jean de la Touche. Le manoir passe entre les mains de Raoul de Fougères en 1241, avant d'être détruit par les Anglais en 1342. Il subsiste l'enceinte de cette motte féodale ; | |
le château de Bodégat. Siège d'une ancienne seigneurie qui possédait autrefois un droit de moyenne et basse justice. Ce château a donné son nom à une famille qui a produit Eudes, croisé en 1248, puis Caro, l'un des chevaliers du combat des Trente (en 1351), et Alain (en 1420). Propriété de la famille Bertrand de Tréal, puis de la famille Sévigné (vers 1500 et jusqu'à 1713). Juste avant la Révolution, Bodégat appartenait à la famille du Plessis de Grénédan. Il ne reste aujourd'hui pratiquement plus aucune trace du château qui a été rasé en 1753, si ce n'est quelques portions de fossés ; | |
la fontaine de la chapelle Saint-Marc ; | |
la maison (XVIIème siècle), située à la Ville-Jaudouin. L'édifice est construit avec les pierres du château de Bodégat. Ancienne propriété de Pierre Gaudin, chef de bataillon de la chouannerie ; | |
la maison du Sénéchal (1653), édifiée par Julien Gaudin, notaire de Mme de Sévigné. On y trouve une imposante cheminée provenant du château de Bodégat ; | |
la maison de Miriac (1664). La façade laisse apparaître la date de sa construction ; | |
le presbytère (XIXème siècle) ; | |
le four du manoir de Lécadeuc ; | |
le moulin à eau appartenant à la seigneurie de Bodieu et situé sur le Ninian ; |
A signaler aussi :
le camps des Rouets (vers 600 à 872), situé à Bodieu. De Judicaël à Salomon, plusieurs rois de Bretagne auraient séjournés dans ce camp établi sur le tracé des voies Nantes-Coz-Yaudet. Ce lieu est occupé par Eon de l'Estoile (le célèbre hérétique) au XIIème siècle ; | |
le camp de Bodieu, établi par Corsold, le roi des Frissons ; | |
la motte castrale (vers 600 à 872) de Bodieu ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de MOHON
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464 et du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence d'aucun noble de Mohon.
Dans le dictionnaire des feudataires des évêchés de Dol et Saint-Malo en 1480, on comptabilise la présence de 17 nobles de Mohon :
Olivier AVALEUC le jeune (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Maître Alain AVALEUC de la Grée (300 livres de revenu) : comparaît en homme d'armes ; | |
Jehan BERTHIER de Ville-Guescal (10 livres de revenu), remplacé par son fils Guillaume : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
Guillaume BLANCART (10 livres de revenu), remplacé par son fils Jehan : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Thomas DEBOGAT (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Jehan DE TREAL de Treal (1000 livres de revenu) : excusé, appartenant à la maison du duc ; | |
DE TREFFOUILLE de Trefouille (10 livres de revenu) : défaillant ; | |
Jehan DENETZ (5 livres de revenu), remplacé par son fils Olivier : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
Charles GUEHENEUC (80 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
Henry KERAUTEN (40 livres de revenu) : excusé, appartenant à une compagnie d'ordonnance ; | |
Eonnet KERBOUDEL (25 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Robert LE SAGE (70 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
la veuve d'Alain LE SAGE (30 livres de revenu) : défaillante ; | |
Gilles LE SAGE (5 livres de revenu) : porteur d'un paltoc, comparaît armé d'une jusarme ; | |
Thomas ROUXEL de Folleville (15 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Regnaud ROUXEL (5 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît vêtu en archer ; | |
Jehan TREVELO (15 livres de revenu), remplacé par son fils Charles : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; |
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