Mésanger : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune du canton d'Ancenis)

Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue chez les Mésangéens

MESANGER

  Retour page d'accueil          Retour Canton d'Ancenis  

La commune de Mésanger (bzh.gif (80 octets) Mezansker) fait partie du canton d'Ancenis. Mésanger dépend de l'arrondissement d'Ancenis, du département de Loire-Atlantique. 

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MESANGER

Mésanger vient de l'ancien français "mesean" (lépreux).

Un certain Gestin de Mésanger (ou Mésangé) est attesté à la fin du XIème siècle et était vassal du signeur d'Ancenis. Cette famille Mésangé est citée dans les familles de chevalerie dès le XIème siècle. Une chronique de l'époque stipulant que Maurice, fils de Guihenoc Ier, seigneur d'Ancenis, confirma la donation faite par son père à l'abbaye de Marmoutier, cite Gestin de Mésangé : " Qu'on apprenne que Maurice d'Ancenis a fait remise au Bienheureux saint Martin de la taxe sur toutes choses nous appartenant et passant par son chasteau d'Ancenis, tant par eau que par terre. Cela a été fait dans notre Chapitre, où aussi, à la même heure, Hervé d'Oudon nous a exempté à perpétuité de la taxe sur toutes choss nous appartenant, dans quelque endroit qu'elles passent sur son territoire. Et tous deux ont reçu de Guillaume, abbé de notre monastère, la promesse d'une part dans les prières de ce monastère. A cela assistait Gestin de Mésangé qui était avec eux ... " (Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, T. I). Ce Gestin de Mésangé est également témoin d'une donation (forêt de Carquefou) faite en 1105, par le comte Alain Fergent et son épouse Ermengarde à l'abbaye de Marmoutier.

Vue générale de Mésanger.

Cette seigneurie de Mésanger, qualifiée parfois de châtellenie et relevant d'Ancenis, appartient très longtemps à la famille de Châteaugiron dite de Malestroit et elle est transmise à la famille de Coëtquen par le mariage vers 1520 de Françoise de Malestroit avec François sire de Coëtquen. Gillonne de Coëtquen, unie en 1576 à Etienne du Halley, possède Mésanger jusqu'à sa mort arrivée en 1626. C'est après le décès de cette dame que Jacques Raoul, seigneur de la Guibourgère, achète Mésanger qu'il possède en 1631. C'est alors une belle seigneurie avec haute justice et des fiefs rapportant 571 boisseaux d'avoine, 105 livres d'argent, 42 trousseaux de foin, des chapons, poules, oies, etc. Le seigneur de Mésanger jouissait en outre : des droits de coutumes au bourg de Mésanger et aux assemblées de la Magdeleine, Saint-Sébastien et Saint-Etienne, — d'un droit de ban et étanche au dit bourg, depuis la vigile de Saint-Barnabé (10 juin) jusqu'à la vigile de la Magdeleine (21 juillet), — des droits de fondation et patronage de l'église de Mésanger, — enfin du droit d'exiger des derniers mariés de cette paroisse une soule pour être jetée le jour de Saint-Etienne après Noël, à l'issue de la grand'messe. Quant au domaine proche, c'était : l'emplacement du vieil chasteau de Mésanger encore circuit de douves remplies d'eau près du bourg (en 1665), — la dîme des grains et vins dans huit traits de la paroisse, — un bois et deux grandes prairies, — les métairies de la Beussière, du Boullay et de la Provostière — quatre moulins, etc. (Archives de Loire-Inférieure, E. 257).

L'abbaye ou le prieuré d'Indre (réédifié en 1004) évangélise le territoire de Mésanger à partir du prieuré de Saint-Géréon. Une communauté de moines crée sur le territoire de Mésanger le prieuré de Saint-Gervais (disparu au début du XVème siècle) et un centre religieux à Tâcon (ou Tascon). A signaler qu'en 1432 le recteur de Mésanger, Ollivier Poullet, est obligé d'assurer la desserte de la chapelle de Tascon, jusqu'alors desservie par les religieux de Saint-Gervais. Après la disparition du prieuré Saint-Gervais, les biens de ce prieuré reviennent au prieuré de Saint-Géréon, dont dépendait, semble-t-il, le prieuré de Saint-Gervais. Un aveu mentionné lors de Réformation de 1679, nous cite les rentes dues dans la paroisse de Mésanger au prieuré de Saint-Géréon : «  Rentes dues au dict Prieuré, au terme de mi-aoust en la paroisse de Mésangé : — par René Guyonnatz, Mathurin Fresnais, Renavice Dupont, Macée Jounaux, Jan Housset, René Dusson, Guillaume Lefeuvre, sur leurs terres et la Cauvinière : seize sols de rente ; — Guillaume Lefeuvre, par sa femme Marguerite Rouanet et Guillaume Rouanet, sur leurs terres d'Oudon et de Mésangé ; — Pierre Robert et sa femme Yvonne de la Noë (Delanoue), Jamin Davodeau, Pierre Davodeau, Jamin Huet, sur leurs terres de la Hulnière ; — Simon Juston, Jan Huet et leurs consorts, sur les terres qu'ils tiennent à la Hulnière ; — Jan Poitevin, mari et veuf de Guillaume Guischard, Jamin Blanchet et sa soeur sur leurs héritages en la paroisse de Mésangé : dix sols ; — Jan Brecheu et Jan Le Cauvéour, sur ce qu'ils tiennent au Boys aux Moines en Mésangé : sept sols et six deniers ; — Jan Phelippeau, Pierre Levesque, leurs consorts, sur ce qu'ils tiennent à la Monie (Moinye), paroisse de Mésangé ; — Mathurin Papin, André Chamolin : douze sols et demi ; — Julien Cottineau, sa femme Janne Papin sur ce qu'ils possèdent au Boys aux Moines : deux sols quatre deniers ; — René Laurent et sa femme Jan Michel sur leurs terres de saint Gervais : dix huit deniers ; — Le sieur du Pas Nantais sur la vigne de Saint Servuaire : deux sols six deniers ; — Mathurin Landron et sa femme Juston, Jan Moulnier et François Juston sur la Moynie, paroisse de Mésangé ; — Le sieur des Salles sur le Clos et les Vignes Ouchiées et sur la Maison de Saint-Symon : dix sols ; — Abraham Forestier, Pierre Macé, Jacques Pingret, les héritiers de feu Michel Duparc sur leurs terres de la Roche ; René Laurent sur leurs terres de la Moynie, pour la Guillaudière et la Gaubretière : huit boisseaux de seigle, mesure d'Ancenis, rente due au terme d'Angevine (8 septembre) ; — Le sieur et dame des Salles, à cause de la Mostais et de l'Auvinière : deux boisseaux de seigle ; — Jan Lesoler et leurs enfants, Jan Rocquiau et leurs enfants, Jan Martin, Guillaume Chenau la veufve ou enfants, Estienne Jué, René Busson caufayant et 0llivier Huet et Janne Barré sa femme à cause de leurs terres qui se tiennent à la Hulnière : six boisseaux de seigle ; — Jan Huet, Janne Henau, la veufve de Denis Cassecin, Macé Amiène et sa femme à cause de leurs terres qui se tiennent à la Hulnière : six boisseaux de seigle ; — Perrot Théon, Hervé et sa femme Jourdon et la femme de Guillaume Lohier et la femme à Jan Pichon, Pierre Davodeau et leurs consorts : six boisseaux de seigle ; — Mathurin Papin, Jan Bonnier et sa femme, Phélix Hué, Guillaume Viaud, Guillaume Trotreau, Simon Bricaud, Janne Henau sur leurs terres de la Moynie, auxquelles et compris le fief nouveau : huit boisseaux d'avoine grosse ; — Le sieur de Mésange : quinze boisseaux » (Archives de Loire-Atlantique). D'après la tradition, il semblerait que le siège de la paroisse primitive aurait été jadis à Tâcon.  

La présence d'un recteur à Mésanger est signalé en 1321 lors d'un différend avec l'évêque de Nantes (Vigier de Guéméné) et le prieur de Saint-Géréon. Une laïque, la dame de la Tour, et la soeur Morière donnaient des leçons aux enfants, en 1683 (Visites de la Chrétienté).

Vue générale de Mésanger.

Note 1 : Liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Mésanger : Ollivier Poullet (en 1432), Louys Le Gascouyn (en 1477), Jehan Dano (en 1507), Jehan Papin (en 1520), Michel Aubry (en 1540), Mathurin Aubry (1572), Jehan Bouillau (1597), Jehan Fresnais (1618-1620), Patrice-Gabriel Martin (1620-1644), Marin Simon (1644-1650), Mathurin Blouyn (à partir de 1651), Claude Aubry (en 1657), Pierre François de Bauveau (en 1663), Duvivau (en 1664), Louis Petit (1664-1678), René Alexandre Rogon (en 1679), Beaubois (en 1679), Roland Mabylais (1679-1684), Mathurin Blanchard (en 1684), Balthazar Priou (1684-1731), Pierre L'Hériau (1731-1758), Jean Perrier (1759-1790), François Rouxeau, curé constitutionnel (en 1791-1809), Julien Donatien Tiret (en 1803), Jean-Pierre Boheau (1803-1804), Jacques Mangeard (1804-1816), Jean Geffroy (1816-1829), Jean Gouy (1829-1859), Julien Chailleux (1859-1875), René Auneau (1875-1879), Jules Sauvage (1879-1882), Julien Hargand (1882-1904), Edouard Beillervaire (1904-1935), Léon Raimbaud (1935-1958), Louis Hauraix (1958-1975), Robert Brosseau (1975-1980), Joseph Dugast (à partir de 1980), etc ... A cette liste des recteurs, il faudrait ajouter les prêtres et vicaires ayant exercés dans la paroisse de Mésanger.

Note 2 : Liste non exhaustive des maires de la commune de Mésanger : Pierre Lhériau, abbé (25 janvier 1790-1792) [Nota : Mathurin Drouet est nommé procureur, Alexis Beauchêne est nommé secrétaire-greffier, et Julien-François Le Bouvier, agent national), Mathurin Dubois (en 1792), ... Yves Auneau, puis René Auneau (1800-1801/1803), Mathurin Briand (en l'an XII, 1803, et jusqu'en 1826), Mathurin Briand, fils (1826-1839), René Auneau (1839-1845), Mortier (1845-1846), Gustave Bongérard de Grandmaison (1846-1852), Jean Verger (1852-1855), Mathurin Delanoue (1855-1856), Pierre Delay (1856-1870), Théodule Vasseur (1870-1871), François Rousseau (en mai 1871), Pierre Delay (1871-1874), Pierre Chauveau (1874-1879), François Gandon (1880-1884), Louis Guitard (1884-1899), Louis Guitard, fils (1899-1903), Pierre Juton (1903-1908), Emile Collineau (1908-1945), Auguste Suteau (1945-1959), Eugène Tierrie (1959-1965), Joseph Serbé Chauveau (1965-1971), Gilbert Chéron (1971-1995), Jacques Jamois (1995-2008), Jean-Yves Clouet (2008-2014), Jean-Bernard Garreau (à partir de 2014), etc ...

 

Vue générale de Mésanger.

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de MESANGER

l'église Saint-Pierre (1868), édifiée sur les plans de l'architecte nantais M. Faucheur (projet daté de 1862) et par l'entrepreneur M. Blandin, de Nort-sur-Erdre. L'adjudication des travaux de construction remonte au 30 mai 1864. La première pierre est bénite le 18 octobre 1864 et l'édifice partiellement achevé (entre autre le choeur) est livré en 1866 (l'édifice sera livré terminé uniquement le 22 octobre 1876). Le dallage date de 1883. L'intérieur de l'église a été entièrement restauré en 1936-1937 par l'abbé Raimbaud et consacrée le 6 juin 1937. Cette église remplace une ancienne église datée de 1555, détruite en 1864, et fondée par les seigneurs de Mésanger. L'église du XVIème siècle aurait remplacé une église primitive datée du XIIème siècle, et située à proximité d'une chapelle dédiée à Sainte-Marguerite et datée du XIIIème siècle. Un procès-verbal daté de 1684 nous donne quelques informations : « Les murailles sont anciennes mais passablement bonnes, à l'exception qu'au haut du pignon de la grande chapelle de Notre Dame [Note : A la gauche de l'église de forme rectangulaire, se trouvaient la sacristie et une chapelle dédiée à la Vierge (Notre-Dame) abritant un autel dédié à saint Michel et l'enfeu de la maison seigneuriale des Rigaudières], il y a une lézarde et une autre à un pan de la maçonne qui soutient le clocher qui aurait besoin d'être réparé et garni de chaux. La charpente est fort vieille mais paraît passablement bonne, les lattes sont pour la plupart pourries et enfoncées en plusieurs endroits et l'ardoise est si vieille qu'elle est toute moussue en sorte qu'il serait nécessaire de relever toutes les lattes à neuf pour éviter la ruine dont elle menace s'il n'y est remédié. L'église est carrelée de vieux carreaux de grès. Aucun des six autels n'a été consacré. Le grand autel est fort antique et malpropre, garni de trois vieilles images en bosse de saint Pierre, Etienne et Clair, laquelle dernière avons été obligés de faire ôter à cause de son indécence risible. De chaque côté du dit autel sont encore deux vieux autels, l'un dédié à saint Sébastien, l'autre à saint Jan, tous deux fort malpropres sans autre parure que quelques images de saints fort indécentes dont nous avons été obligés de faire enterrer en notre présence les plus vilaines et de ne laisser que celles de saint Sébastien et Jan Baptiste, avec injonction au Recteur et aux Fabriqueurs de les faire raccommoder et repeindre dans les six mois ou les ôter comme le balustre qui est au dessus de ces trois autels et qui en est si proche qu'il est difficile de placer entre celui-ci et les autels les diacre et sous-diacre. Mais la situation de l'église ne permet pas de reculer le balustre, alors que c'est une nécessité absolue. La solution serait de ne faire qu'un autel des trois existants et de le porter plus loin en arrière où est le grand vitrail. Le Recteur et les Fabriqueurs ont déclaré qu'il serait tenu chapitre dans le délai d'un mois après les présentes ordonnances publiées pour y aviser des moyens de trouver les fonds nécessaires pour exécuter ce travail » (Archives départementales, Rapport de l'abbé de Melleray, Antoine Binet). Quelques améliorations ont également étaient apportées à cette ancienne église en l'an 1732 : « Dans ladite année 1732 a été faite au choeur de l'église, le grand pulpitre, l'accoudoir et marchepieds ou gradins. Auparavant le grand coffre de la Fabrice servait d'accoudoir et de pulpitre pour les lieux du choeur et il n'y avait point de marchepieds ou gradins comme il est aujourd'hui » (Archives municipales). Plusieurs notables (Jan du Chasni, Pierre Barbard, René Borré, René Cosson, Jan Chappel, ...) et maisons seigneuriales de Mésanger avaient leur enfeu dans l'église (les Malestroit et leurs descendant au milieu du choeur, les seigneurs de la Quétraye, les seigneurs des Salles, de la Varenne, du Pas-Nantais). On mentionne dans les archives deux cloches bénies le 8 avril 1730 : l'une en l'honneur de Notre-Dame dont les parrain et marraine sont Louis des Raoul, sieur de la Moysandière, et Louise Martineau, épouse de Pierre des Raoul, sieur de la Ferrière, et l'autre en l'honneur de saint Pierre, dont les parrain et marraine sont Hyppolite Michel, seigneur de la Hardière, et Marie-Anne Potier. A ces deux cloches se rajoutent le 9 novembre 1774 deux nouvelles cloches : l'une nommée Jeanne-Elisabeth (parrain, Jean Perier ; marraine Elisabeth de Dieusie) et l'autre nommée Jeanne (parrain René Victor Palierne ; marraine Jeanne Morin, épouse de Pierre des Raoul). Une partie de ces cloches furent saisies et fondues durant la Révolution. A signaler que dès 1813, on demandait la reconstruction du clocher et de l'aile gauche de l'église, qui menaçaient ruine. Un nouveau clocher fut reconstruit vers les années 1820. Il existait jadis à Mésanger une confrérie de Saint-Sébastien à laquelle fut accordée une indulgence plènière le 22 septembre 1699 dans l'église saint Pierre de Mésanger par le Pape Innocent XII. Le grand autel actuel, en marbre noir et entouré des saints apôtres Pierre et Paul (oeuvre du sculpteur Barrême d'Ancenis), date de 1740 (rectorat de missire Pierre l'Hériau). Les autels latéraux, dédiés, l'un à la sainte Vierge (orné des statues de saint Maurice et de saint Jean), l'autre à saint Sébastien (orné des statues de sainte Marie-Magdeleine et de sainte Marguerite de Pisidie), sont une donation de la famille Lavallée de la Quétraye (vers le milieu du XIXème siècle) et ont été restaurés en 1936. Un autel, dédié à sainte Thérèse, a été mis en place au fond de l'église en 1941. La chaire, aujourd'hui désaffectée, donation de la famille Delanoue-Gandon, date de 1879. La statue représentant saint Paul, œuvre de Barrême d'Ancenis, date de 1836. Le Christ en croix (1836), qui provient de l'ancienne église, est restauré par Pierre Dautel. Les fonts baptismaux, œuvre de l'architecte Joseph Bougroin, datent de 1935-1936 ;

Vue de l'église de Mésanger.

la chapelle de Tâcon ou Tascon (XVIIème siècle - 1905), restaurée par Donatien Voleau et dédiée à sainte Luce. A l'origine (avant 1432), la chapelle primitive aurait été desservie par les religieux du prieuré de Saint-Gervais. Cette chapelle est mentionnée dans un procès-verbal de la visite canonique du 17 juillet 1686. Cette chapelle, qui était jadis entourée d'un cimetière, est reconstruite en 1905 sur les anciennes fondations du XVIIème siècle et bénite le 29 avril 1913. La majorité des statues proviennent de la Chappe Rigaud. Les statues de Saint Pierre et Saint Sébastien, ainsi que l'autel, dédiée jadis à la Sainte Vierge, proviennent de l'ancienne église paroissiale. Un procès-verbal de la visite canonique du 17 juillet 1686 nous donne la description suivante : « La chapelle de sainte Luce située au village de Tascon en laquelle a esté fondée la chapellanie des saincts Gervais et Protais, unie au Prieuré de Saint Géréon consistant en le tiers des grosses dixmes et la moitié des menues des cantons du dict Tascon, du Pas Nantays et du Deffays, du village de la Hulnière et de la Grohondière, le surplus appartenant au Recteur du dict Mésange, plus en d'aultres dixmes en Teillé, affermées quinze livres le tout, chargée de deux messes par sepmaine en laditte chappelle par tradition connue de tous les paroissiens, l'une le mercredy, l'aultre à jour non limité dont il n'y a qu'une qui soit servye par le sieur L'Hériau et encore à jour non limité. A l'endroit le dit L'Hériau a dict n'avoir eu ordre du dict Prieur de n'en servir qu'une, ce qu'il faict. A l'endroit les Fabriqueurs se sont plaints de ce que le dict sieur L'Hériau portait les ornements de la paroisse en laditte chapelle pour acquitter la ditte messe et ont requis que nous lui eussions faict défense de s'en servir à l'avenir, sauf au Prieur de lui en fournir. Visitte de la chapelle... laquelle syse à demie-lieue du bourg sur le chemin de Couffé ayant esté visittée nous l'avons vu estre consacrée et avoir envyron quarante pieds de long et vingt cinq de large, dont il ne reste plus que des ruines, sans charpente, ni fenestre, ni portes. Dans cette masure nous avons vu qu'il a esté faict bastir une petite chapelle d'envyron quinze ou seize pieds en carré qui n'a esté ni blanchie, ni carrelée de thuiles sur lequel nous avons vu un autel portatif sans gradins, ni crucifix et sans aucune parure qu'une ancienne et fort vilaine image en bosse de sainte Luce, deux nappes de grosse toile et un vieil devant d'autel de futaine rouge blanche, le reste sans aucun aultre ornement ainsi qu'a déclaré le sieur L'Hériau, prestre servant la chappelle, lequel nous en avait ouvert les portes. » ;

plusieurs anciennes chapelles aujourd'hui disparues : la chapelle Sainte-Marguerite (jadis " contiguë et adjacente à l'église parochiale de Mésangé ", érigée au XII-XIIIème siècle par les seigneurs de la Quétraye, les frères Jan Les Quettiers, certainement d'anciens chevaliers templiers. La chapelle, alors propriété de Mme Dupuy, dame de la Quétraye, fut détruite vers le milieu du XIXème siècle pour agrandir l'église paroissiale), la chapelle Rigaud dédiée primitivement à sainte Madeleine (édifiée certainement au XIVème siècle par un seigneur Rigaud de la Maison de la Hardière, en ruine en 1686 et reconstruite semble-t-il en 1752. Elle est en ruine à partir de 1915), la chapelle Saint-Michel (située jadis au bourg de Mésanger et déjà ruinée avant la Révolution. Elle aurait été détruite, dit-on, par un incendie au XVIIème siècle), la chapelle des Champs (" d'envyron seize pieds de long et dix de large, sans vitre, ni porte ... " mentionnée comme étant en ruine et abandonnée lors de la visite canonique de 1686), la chapelle de la Hardière (mentionnée lors de la visite canonique du 17 juillet 1686), la chapelle des Rigaudières (édifiée en 1608 et mentionnée en bon état lors de la visite canonique de 1686. Elle aurait abrité, du temps des familles Guitard et Lelièvre, un pressoir au XIXème siècle) ;

Nota 1 : Un document des archives de la Quétraye donne une description d'une plaque de cuivre relative à la fondation de deux messes par semaine en la chapelle Sainte-Marguerite. Cette plaque porte gravée sur ses deux faces, en caractères d'époques différentes, l'inscription suivante : « A cet autel et chapelle sont duebs deux messe par sepmaine, que jadis fondèrent Jô et Jô Les Quettiers, chevaliers jadis seigneurs de la Quétraye qui donnerèt les dismes de leurs terres en Mésangé pour dotter laditte chapelle avec plusieurs terres et héritaiges situez près la Pierre en laditte paroisse : ycellle fondée dans les fiefs et seigneurie du dit lieu noble de la Quettraye avec la tour du clochier et sonnerye. Par cause d'ycelle chapelle sont fodebs à auvir tous droits et préminences en l'église comme bac à queue clos avec escabeaux en ycelle, armes et tous aultres titres de noblesse. Donât de l'autel Notre Dame côme paroissiens et yceluis prohibitif côme en laditte chapelle susdite. Faict le neufie may mil trois cent trente et cinq ». Un aveu daté du 15 août 1502 nous renseigne sur l'importance des terres et revenus de cette chapelle Sainte-Marguerite : « Sachant tous, que par nostre Cour d'Ancenis, en droit devant nous s'est comparu et représenté vénérable et discret Maistre Regné Doussin, Recteur de Pontchâteau et chappellain d'une chappellanie fondée de sainte Marguerite, près et adjacente l'église parochiale de Mésangé, se submettant et de ce fait s'est submis et submet, il et tous ses biens et par son serment au pouvoir des trois juridiction, seigneurie et obéissance de nostre dite Cour quant à ce qui ensuit. Lequel a esté cognaissant et confessant et par ces présentes confesse estre et de ce fait qu'il est homme et subjet par raison de laditte chappellanie de Noble et Puissant Jehan de Malestroit, seigneur d'Uzel, de Mésangé et de Vairé, et de luy tenir prochement en laditte terre et seigneurie de Mésangé à foy, hommage et rachapt abonny à une messe sepmenale durant l'an dudit rachapt et fois qui y adviendra, les héritaiges et chousses héritelles qui ensuivent, sçavoir : — Une pièce de terre labourable syse es champ du moulin à masse devers midy contenant vingt cinq bouexellées de terre ou envyron, joignant terres de la mestairye de l'Auvynière et es héritiers de feu Hervé Hachon et abotte au chemin qui conduist du bourg de Mésangé au village de la Rouxellière ; — Item, une autre pièce de terre labourable syse sur la fontaine de la Branchère, le chemin entre deux contenant seize bouexellées ou envyron, joignant terres de la mestairye de la Pierre et les terres des héritiers de deffunct Guillaume Jué et ses consorts et abotte au chemin qui conduist du bourg de Mésangé au villaige de la Pierre ; — Item, six bouexellées de terre labourable syse près la mestayrie de la Pierre joignant au chemin qui conduist de la mestayrie de l'Auvynière à la Branchère, terre et héritiers Guillaume Lorans et ses consorts ; — Item, une bouexellée et demie de terre labourable appelée le Cloteau de la Branchère près l'Auvynière joignant terre es héritiers dom Guillaume Jué et consorts, le chemin qui conduist du bourg de Mésangé à la Rouxellière, abotte sur la Noue de la Branchère ; — Item, une pièce de terre labourable syse es champ du Rochis contenant vingt bouexellées joignant terres de deffunct dom Guillaume Jué, le chemin qui conduist du bourg de Mésangé à la Rouxellière et abotte au chemin qui conduist de la Branchère à la Bellinière ; — Item, une pièce de terre tant labourable que prez appelée la Branchère contenant dix bouexellées joignant herbrégement Guillaume Lorans et terre de deffunct dom Guillaume Jué et abotte au chemin qui conduist de la Branchère à la Bellinière ; — Item, une pièce de terre nommée les Raineries, contenant une bouexellée, joignant terre et prez de Jehan Brecheu et sa femme et prez Colas Perrier et sa mère d'un cousté et d'aultre ; — Item, un tiers de bouexellée en prez et hardatz sys auprès de l'estang Bouisneau joignant audit estang d'un costé et terrre de Gatien Blanchet et abotte au doux de vigne de l'estang Bouisneau ; — Item, neuf ondains de prez, près le bourg de Mésangé et la maison de feu Marc Raincé [Note : ces derniers biens avaient été donnés à la chapellanie par Jehanne de la Quétraye - enquête de 1496 au sujet de sainte Marguerite] ; — Item, six sous six deniers de rente que dict et affirme lui debvoir par chacun an au terme de Pasques, Jehan et Estienne les Cornouailles et leurs consorts ; — Item, trois petits boisseaux de seigle de rente que dict et affirme lui debvoir par chacun an au terme d'Angevine, Jehan Bouillau de la Pinzonnière, Jehan Bouillau de la Coindière, Jehan Hamon, Pierre Bidier de la Transonnelière à cause de sa femme, Symon et Gustin les Dallets, la veufve Jehan Hamon et leurs consorts ; — Item, deux sous de rente que dict et affirme luy debvoir au terme de Nouel, Jehan Moreau du villaige du Boulay, plus douze deniers par ledit au terme d'Angevine ; — Item, douze deniers de rente que dict et affirme luy debvoir par chacun an au terme d'Angevine, Jehan Brecheu et sa femme, Jehan Delaunays et sa femme, la veufve Jehan Myché et consorts ; — Item, deux sous de rente que par chacun an, Perrot Le Febvre et consorts ainsy que trois deniers de rente que dict et affirme Jehan Stancier... ; — Item, tout et tel droit de dixmes qu'il a et qu'il peut avoir comme chapelain de laditte chappellanie de sainte Marguerite en la paroisse de Mézangé, tant par bleds, lins, chanvres, pourceaux, aigneaux et aultres espèces... ; — Item, cinq boisseaux de froment dus par chacun an par la terre et seigneurie des Houmeaux, paroisse de Mouzeil sur le domaine de la Sionnière ». Nous retrouvons cités dans de vieux écrits quelques chapelains de cette chapelle Sainte-Marguerite : Nicolas Berengier (en 1417), Guillaume Recoursault (en 1476, ancien chanoine de Nantes), René Doussin (en 1494-1496, ancien recteur de Pontchâteau), Mathurin Baudouart (jusqu'en 1522), François d'Yrodouez (jusqu'en 1543), Raoul d'Yrodouez (en 1543), Jehan Gicqueau (en 1570), Guillaume Papin (en 1574), François d'Yrodouez (en 1580 et jusqu'en 1593), François Davodeau (en 1594 jusqu'en 1627), Jan Davy (1627-1657), Claude d'Yrodouez (1657-1667), Pierre Taillandier (1668-1672), Raoul Chartier (à partir de 1672), René d'Yrodouez (avant 1681), Charles Levraud (à partir de 1681), René Sébilleau (avant 1738), Louis Gourdon (en 1738), Pierre Brindeau puis Jacques Brindeau (de 1760 à 1766), Jean-Baptiste Le Faou (à partir de 1766 et jusqu'en 1770) et Charles-Arnault Barbaux (à partir de 1770) qui fut le dernier chapelain de la chapelle Sainte-Marguerite. Ce dernier chapelain était prieur commandataire de l'abbaye du Réclusage, en Poitou, et avocat au Parlement de Paris.

Nota 2 : Lors de la visite canonique du 17 juillet 1686, la chapelle Rigaud (ou Sainte-Madeleine) est décrite en ces termes : « .... celle de saincte Marie Magdeleine autrement appelée "Rigaud", bastye par un Rigaud de la Maison de la Hardière, non fondée et sans ornements, en laquelle le dit recteur a dict estre faict plusieurs dévotions entre aultres les festes de la Magdeleine et des saints Elesphort et Télesphort et des saintes Barbe et Geneviefve et avoir coutume d'y faire chanter par dévotion, premières et secondes vespres et la grand'messe et d'y mener la procession le jour de la Magdeleine et d'y mener encore la procession le jour et feste de saint Marc. Laquelle estant allés visitter, nous l'avons trouvée non consacrée, battie d'anciennes murailles, lézardée à l'endroit du pignon où est l'autel et aurions vu que l'aultre pignon où est la grande porte d'icelle commence à se dégramatyser par le hault, que la charpente et couverture sont passables et qu'il n'y a pas de vitres mais seulement un treillis de bois à la fenestre vis à vis le grand autel, que la grande porte est passable mais que la petite quoy qu'usée ferme à clef, que la place est carrelée de pierres, que le principal autel est en masse sur lequel est une pierre portative consacrée et un petit gradin et trois images en bosse de saincte Geneviefve, de saincte Barbe et de la Magdelaine, que le second autel est sans autre ornement que deux vieilles images en bosse des saints Elesphort et Télesphort que nous avons faict oster pour leur indécence et estre mutilées » (Archives départementales).

Nota 3 : Un aveu de 1540 nous donne des renseignements sur l'étendue du fief de la Chapelle-Rigaud : « Terres de la Chapelle-Rigaud. - Débornements de terres tenant prochement de la Juridiction de la Quettraye et y payant certaines rentes : 1° - Deux clos de terre appelés les Clos du Rotis Drappeau, contenant quarante boisselées se joignant dont l'un aboute devers midi au grand chemin qui conduit de la Chapelle Rigaud au bourg de la Bourdinière et joignant vers aval au chemin des Deffas et aboute l'un d'iceux vers galerne au pré aux Moines et vers amont au Clos au Métayer et au Clos des Ouches ; 2° - Les Ouches, trois pièces de terre se joignant et contenant vingt cinq boisselées, jouxtant le Clos Drappeau ; 3° - Le Clos, sur le grand chemin contenant vingt sept boisselées, joignant le grand chemin de la Bourdinière à la Chapelle Rigaud, vers aval les pièces des Ouches précitées, vers amont la lande proche ladite Chapelle Rigaud et le chemin qui conduit d'icelle Chapelle Rigaud au Bois Rondeau ; 4° - Le Clos au Métayer, joignant les précédents et contenant trente boisselées ; 5° - Le Pré aux Moines, en trois parcelles d'une contenance de quarante boisselées. ». Ce fief était encore, dit cet aveu, « cernoyé de trois chemins, ci-devant sçavoir : vers midy le grand chemin de la Bourdinière à la Chapelle Rigaud, vers aval et galerne dudit chemin des Deffas, vers amont de ladite lande de la Chapelle Rigaud et le chemin allant d'icelle Chapelle Rigaud au Boys Rondeau. Et par ainsy ledit fief est séparé en cet endroit de toutes autres terres et fiefs d'autres seigneuries au moyen des dits chemins. » (Archives départementales).

le calvaire du Haut-Bourg (1926), édifié par la famille Aubry ;

la croix des Rideux ou croix des Lépreux (Moyen Age) ;

Nota 4 : D'autres croix plus récentes sont également mentionnées dans les archives : la croix Mathurine, la croix Gruez, la croix Auneau (1913), la croix de Tacon (1917), la croix des Haies (1932), la croix de Bel-Air (1930), la croix de la Roche (1893), la croix Rivière (1895), la croix Brûlée détruite durant la Révolution, la croix de la Mondaire (1869), la croix des Réaux, la croix d'Aillet (vers 1880), la croix Huet, la croix de la Rousselière (1882), la croix de la Ferlauderie (1874), ...

le château du Pas-Nantais (XVI-XIXème siècle). L'aile gauche date de 1638. L'aile droite date de 1864. Cette ancienne seigneurie est attestée en 1426, propriété alors d'Olivier du Pas Nantoys, époux de Jehanne Rigaud. Lors de cette enquête de 1426 " Guillemine veufve de feu Martin du Pas Nantoys, et Perrine du Pas Nantoys, veufve de feu messire Jehan Oubreau " sont également citées. Propriété successive des familles du Pas-Nantais (Olivier du Pas Nantoys en 1426 ; Olivier, fils d'Olivier, en 1453 ; Jehan et Marc en 1496 ; Jacques en 1516 ; René du Pas Nantais en 1532), La Poëze (à partir du XVIème siècle, suite au mariage de Claudine du Pas Nantais avec Jehan de la Poëze), de Vay (vers 1622, suite au mariage d'Anne de la Poëze, dame de la Rigaudière et née en 1602, avec Jacques de Vay, seigneur de Ligné), Barnabé Jhan (au XVIIIème siècle), Lefebvre d'Ancenis (achat en 1810 par Jean-Baptiste Lefebvre d'Ancenis), Palierne de la Houdussais (suite au mariage de Jeanne-Marie-Anne Palierne de la Haudussais avec Jean-Baptiste Lefebvre), Collineau ou Collineau de Meeezemaker (depuis le XIXème siècle, suite au mariage d'Emile Collineau d'Ancenis avec Esther Lefebvre, petite fille de Palierne de la Haudussais). Ce château possédait jadis une chapelle privée dédiée à sainte Catherine et mentionnée lors de la visite canonique du 17 juillet 1686 : " la chapelle du Pas Nantais, à une lieue du bourg, qui est petite et adossée à une grange et en passable état à l'exception qu'elle n'est point carrelée et est sans aucun ornement ni fondation. A l'endroit, a été dit qu'on avait coutume d'y dire la messe le mardy des Rogations " ;

Vue du château du Pas-Nantais à Mésanger.

le château de la Varenne ou Varanne (XVII-XVIIIème siècle). On trouve aussi, dans les anciennes archives, l'appelation " La Varanne-Saint-Père ". A noter que primitivement le seigneur du lieu se nommait Harscoët de Saint-Père. En 1320 est cité Geoffroy de la Varanne (sénéchal du prieuré de Saint-Géréon), puis, de 1420 à 1453, Pierre de Lavallaye. Propriété de Bertrand de Tréal en 1494/1520, puis de Briend de Tréal, fils de Bertrand (en 1540) avant d'être vendu à Guillaume Hachon, notaire royal de Mésanger. La Varanne-Saint-Père reviendra ensuite à la famille Gervier, suite au mariage le 26 novembre 1579 de Marie Hachon, fille de Guillaume, avec Denys-Pierre Gervier, avocat de Nantes. Au début du XVIIIème siècle, il est aussi la propriété de la famille Dieuzie (ou Dieusie) en la personne de Guy de Dieusie [Note : Le fils de Guy de Dieusie, appelé également Guy, épousa Louise Lenfans de Souzil. Cette dernière donne naissance à Louis-Christophe de Dieusie qui épouse en 1739 à Saint-Géréon, Jeanne Bedeau de l'Ecochère. Cette dernière, veuve de Louis-Christophe, habite Varanne jusqu'en 1784]. Le château est reconstruit au début du XVIIIème siècle. Ce château possédait jadis une chapelle privée du XVIème siècle. Le procès-verbal de la visite canonique du 17 juillet 1686 nous précise que " la chapelle de la Maison de la Varanne, distante d'un quart de lieue du bourg, qui est grande et en bon état, à l'exception qu'il soit nécessaire de faire enduire les murailles de chaux et de la carreler entièrement et de faire mettre des vitres à la fenêtre qui est du côté de l'épître. L'autel est en masse, sur lequel est un autel portatif et a de vieilles images en bosses de la sainte Vierge, saint Julien et saint Denys, garni d'ornements. Cette chapelle n'est point fondée. A l'endroit, le Recteur a déclaré que depuis que la permission d'y dire la messe était finie, on en avait plus dit ... ". Le dernier seigneur de la Varenne s'appelait Gabriel Blondin d'Esigny : il fut avec son fils à la tête de l'armée vendéenne (il est arrêté à la Varenne le 15 janvier 1794 et condamné à mort). Les héritiers sont les Duquesny et de la Vieuxville. Le château passe ensuite, durant la Révolution, dans les mains de la famille de Larlan (marquise de Larlan parente des Becdelièvre de la Seilleraye), puis de la famille de Solages. A noter que la seigneurie de la Varenne-Saint-Père, " .... outre les métairies qui lui été rattachées (la Varanne, les Coureaux, les Landes et l'Aufresne), possédait aussi rentes par deniers, oies, poules, avoines et autres devoirs, tant en les paroisses d'Ancenis, Mésangé, Teillé, Pannecé et Mouzeil .. " (tiré de l'aveu du 15 juillet 1540 de Briend de Tréal) ;  

le château de la Hardière (XVIIIème siècle). Ce lieu aurait été primitivement une léproserie. Propriété de la famille Rigaud (ou Rigault) au XIVème siècle. A signaler qu'un Berthelot Rigaud est mentionné à Mésangé en 1196 (voir le testament d'André, seigneur de Varades). Pierre Rigaud est seigneur de la Hardière (vers 1441/1453), puis Mathurin Rigaud (vers 1494), Jehan Rigaud (vers 1532/1540), Pierre Rigaud (vers 1595). A noter que la métairie de la Rigaudière, était jadis aussi la propriété des Rigaud, avant de passer entre les mains des seigneurs du Pas Nantais vers 1453, suite au mariage de Jehanne Rigaud avec Olivier du Pas Nantais. Cette famille Rigaud de la Hardière avait édifié l'ancienne chapelle Rigaud, aujourd'hui disparue et dédiée à sainte Madeleine. Les Michel vont succéder au début du XVIIème siècle aux Rigaud [Note : En 1563, Louys Michel avait épousé Catherine Rigaud]. Sont cités comme seigneurs de la Hardière : René Michel en 1611, Louys Michel en 1630. Les Michel, seigneurs de la Hardière, sont mentionnés comme bienfaiteurs de l'hôpital d'Ancenis en 1681 et 1718. Le château devient au XIXème siècle la propriété de la famille Charrette de Bois-Foucault, qui l'acheta de M. Guilbaud en 1876. Dans la tour de contrôle du Pont-Levis se trouve la chapelle privée de La Hardière (XVIème siècle). Le procès verbal de la visite canonique du 14 juillet 1686 précise que " ... la chapelle de la Maison de la Hardière, en passable état mais sans ornement, à une demie lieue du bourg, qui est fort petite, non fondée et sans permission d'y dire la messe. A l'endroit le recteur a déclaré qu'on en disait point ... " ;  

le manoir des Salles (XVIIème siècle). Siège de la seigneurie de Salles, qui avait comme suzerains immédiats les seigneurs de Saint-Mars-la-Jaille (les Ferron de la Ferronays, en 1745). Propriété successive des familles d'Eonnet des Salles (Eonnet II ou Raymond des Salles en 1460 ; Marie des Salles, fille d'Eonnet II, en 1485), Pantin de La Hamelière ou Hamelinière (suite au mariage de Marie des Salles avec Jacques Pantin, seigneur de la Hamelinière, paroisse de Landemont) [Note : Jacques Pantin était seigneur de Boisrouault, de la Hamelinière, de Landemont, de la Chaussaire, de Grasmouton, de la Frémondière et autres lieux], Bouillau  (suite au mariage de Perrine, soeur de Marie, avec un Bouillau) et de Bruc (à partir de 1569, suite au mariage de Magdelaine Bouillau avec François de Bruc). De 1679 à la Révolution, le manoir est la propriété des seigneurs de Galisson (Symon de Gallisson). Ce manoir est vendu comme bien national en 1794 [Note : la maison principale des Salles est vendue le 10 février 1798 à Bréjeon pour la somme de 155 livres, et la métairie des Salles est vendue le 5 août 1795 pour la somme de 21.897 livres à Charrié]. Ce manoir possédait jadis deux moulins (le moulin de Bouilleau, et le moulin des Salles) et une chapelle privée mentionnée dans le procès-verbal de la visite canonique de 1686 : " .... la chapelle des Salles, non fondée, mais propre et garnye de tous ornements nécessaires. A l'endroit, le recteur a déclaré avoir ouï dire que le propriétaire d'icelle avait obtenu permission d'y faire dire la sainte messe, à condition de la fonder dans l'an et qu'il n'avait exécuté n'y faict voir la ditte permission " ;  

l'ancien château de la Roche (XVème siècle), situées à La Roche. La seigneurie de La Roche appartient au Moyen Age à la famille de Saint-Gilles. En 1445, à Marguerite de Saint-Gilles, épouse de Jehan, sire de Goulaine, puis à partir de 1475 aux de Carné, suite au mariage d'Anne de Goulaine avec Pierre de Carné. La famille de Beauveau devient par la suite propriétaire de cette seigneurie. Alors que la seigneurie est réunie à la seigneurie de la Varanne-Saint-Père, le domaine passe lui au début du XVIIème siècle aux du Chesnel, suite au mariage de Renée de Beauveau avec Anselme du Chesnel. Leur blason était " d'azur semé de fleurs de lys d'argent " (sceau de 1367). La Roche possédait jadis un moulin à vent (le moulin de la Roche) et un moulin à eau sur le ruisseau de Jouanne. Seules subsistent de ce château quelques dépendances ;  

le manoir de la Quétraye ou Quétraie (XV-XVIème siècle), situé à la Quétraye. Attesté au XIIème siècle, le manoir est agrandi vers 1580-1584 par René d'Yrodouez (ou d'Irodouer), seigneur de l'époque. Propriété, à l'origine, des Frères Jo les Quettiers (chevaliers templiers de Saint-Jean de Jérusalem, comme l'atteste une plaque de cuivre gravée datée du 9 mai 1335), puis des familles Irodouez (ou Yrodouez) et de Boussineau. A noter qu'en 1412, Martin Rouxel de la Thébaudière rend hommage au seigneur de Mésanger, Jehan de Malestroit, pour sa terre de la Quétraye. Jehanne de la Thébaudière, épouse le 8 juin 1446, Jehan de Breilerond (de la paroisse d'Irodouer). Ce domaine passe à la famille d'Yrodouez en 1513, par échange de terre le 23 mai 1513 et suite au mariage de Jehanne de Breilerond avec Jehan d'Yrodouez (tous deux de la paroisse d'Irodouer, diocèse de Saint-Malo). Pierre d'Yrodouez (décédé en 1539 et inhumé dans la chapelle Sainte-Marguerite) épouse Madeleine le Vicomte, qui décède en 1524 (elle est également inhumée dans l'enfeu familial de la chapelle Sainte Marguerite). [Note : Les enfants de Pierre d'Yrodouez sont : Artur, l'aîné, époux de Renée Coline (fille de Pierre Coline et de Gilette Chomart, seigneur et dame des Houmeaux, en la paroisse de Mouzeil) et seigneur de la Quétraye ; François, chapelain de Sainte-Marguerite ; Jehan, retiré en la paroisse d'Yrodouez ; Raoul, prêtre puis chapelain de Sainte-Marguerite ; Françoise, épouse de Jehan de Lys ; Katherine, épouse de Jehan de la Trimollerie, en Saint-Herblon ; Jehanne, épouse de Jehan Girault, seigneur du Bois-Benoît, en Saint-Léger ; Henriette, épouse de Jehan Fleury, seigneur de Carné, en Port-Saint-Père]. Leur fils héritier Artur d'Yrodouez [Note : Artur et Renée Coline eurent trois enfants : 1° René, l'aîné né en 1541 et qui épousa en 1561 en premières noces Renée de Mauhugeon, décédé en 1583, puis en secondes noces, Françoise Chalumeau dont il eut un fils, Gilles ; 2° Françoise née en 1544 et qui épousa en 1565 Hardouyn Urvoy (fils de Jacques Urvoy et de Madelaine Gourdeau, seigneur et dame de Pouillé) ; et 3° Pierre, en 1545] décède en 1560 (inhumé dans l'enfeu de la chapelle Sainte-Marguerite), laissant le domaine à son fils aîné René d'Yrodouez (décédé en 1615) [Note : Un aveu daté du 16 juin 1602 de René d'Yrodouez à Jehan de Coëtquen, seigneur de Mésanger, reconnaît à son vassal d'Yrodouez, le droit d'avoir en l'église de Mésanger bancs et armoiries], puis à François (seigneur de la Blanchère et du Pas Aumé, en la paroisse de Saint-Herblon, fils de René d'Yrodouez et ancien chapelain de Sainte-Marguerite) marié en l'église Saint-Vincent de Nantes le 11 mai 1593 à Louise de Tenouel, dame de la Clairie, en la paroisse de La Chapelle Basse-Mer [Note : François et Louise d'Yrodouez auront plusieurs enfants dont Etienne, futur seigneur de la Quétraye, et Claudine (ou Claude) mariée en la chapelle Saint-Mathurin de Saint-Martin-sur-Oust à Bernard Brindeau de Rennes en 1634. Claudine et Bernard Brindeau auront deux enfants : Pierre né le 18 novembre 1634 et Guillaume, né le 3 août 1638]. François d'Yrodouez, décédé en 1629 et inhumé le "dix septiesme jour de feubvrier dans la chapelle sainte Marguerite", laisse le domaine à son fils Etienne d'Yrodouez (né en 1601, marié le 22 mai 1622 à Renée Michel, fille de René Michel et de Marie Forestier de la maison noble de la Hardière, et décédé en 1650) qui lui même cède le domaine à son fils René d'Yrodouez, marié à Françoise Levraud (fille de René Levraud, seigneur du Quarteron, en la paroisse de La Poitevinière) en 1656. Ces derniers eurent plusieurs enfants dont : 1° Guillaume-Louis, né en 1657 et décédé en 1680, 2° Françoise, qui épouse en 1676 Pierre d'Andigné, seigneur de la Fauvelière, 3° Pierre-François né en 1658, dernier des Yrodouez seigneur de la Quétraye.  Pierre-François d'Yrodouez, épouse en 1685 Suzanne Gouyon de la Rimbaudière, originaire de la Paroisse du May-sur-Erdre, en Anjou et décède, semble-t-il, en 1733 sans héritier, en la paroisse du May-sur-Evre. Pierre Brindeau, [Note : Pierre Brindeau, issu de la branche familiale créée par le mariage en 1634 de Claudine d'Yrodouez (fille d'Artur) et de Bernard Brindeau (fils de Simon Brindeau et de Jeanne Quérard)] s'était marié deux fois : en premières noces, il épousa Hardouine Robin, en 1655, et en secondes noces Anne Richard (fille de Jan Richard, seigneur de la Rougelière) en 1662. De cette dernière union, naquit Catherine Brindeau, qui épousa François Joubert en 1693, et Jacques Brindeau, né le 10 décembre 1665, qui épousa en 1693 Renée Mocet (fille de François Mocet, sieur de la Jaudière, en la paroisse de Varades). De cette dernière union (Jacques et Renée Brindeau, née Mocet), allait naître le 4 avril 1703, Pierre Brindeau, qui prendra possession du domaine de la Quétraye le 26 octobre 1737 et décédera en 1758 en laissant le domaine de la Quétraye à son épouse née Marie-Rose Le Bouhellec (fille de Jean Le Bouhellec, négociant à Guingamp) et à ses quatre enfants : 1° Claude Pierre Brindeau, né à Rennes le 19 juillet 1739 et décédé en Amérique ; 2° Pierre Brindeau, né en novembre 1742 et décédé en Amérique en 1782, 3° Jacques-Barthélemy Brindeau, né en août 1747, décédé en Amérique, 4° Anne-Gabrielle, qui devint plus tard l'héritière de la Quétraye et se maria avec Georges Thomas de Boissaly. Les successeurs sont ensuite les Dupuy (suite au mariage d'Eugénie Thomas de Boissaly, fille de Georges Thomas de Boissaly et d'Anne-Gabrielle Brindeau, avec Guillaume-Augustin-Michel Dupuy, de Saint-Similien de Nantes), les Mahot, les de Boussineau (famille noble d'Orvault, Saint-Herblain et Barbechat) qui s'allia aux Bascher, Bertrand de Coeuvres et Becdelièvre, les Lavallée, puis au XXème siècle, les Denarié ;

Nota 5 : Le 15 décembre 1494, Gilles d'Elbiesse (ou d'Elbiest) et sa femme Jehanne de la Thébaudière (fille de Jehan de la Thébaudière) rendent aveu à Bertrand de Tréal, seigneur de la Varanne - Saint-Père : « .... Le domaine du lieu noble de la Quétraye, ainsi qu'il se poursuit tant en maisons, hébrègements, courtils, rues, issues, vinnières, garennes, vergers, boys anciens et de revenus, prez, terres labourables et non labourables, gast, patureaux que aultres héritaiges d'ycelui lieu de la Quettraye sys et situés en laditte paroisse de Mésangé, le tout en un tenant contenant trois cent soixante bouexellées de terre ou environ — mesure d'Ancenis — entre terres de la mestayrie de la Beussière, les jardins du presbytère, et aultres héritaiges et jardins du bourg de Mésangé, terres et habitants du village de la Berrangeraye, terres de la mestayrie de la Rigaudière, terres à Guillaume Guillon, terres es hoirs de Thomas Viau, et es hoirs de la veufve Hervé Mehu et le chemin qui conduict du moullin de sainct Père à Mésangé, la pièce de la Herse comprise ; — Item, trois bouexellées de terres labourables syses près la Justonnière, entre terres de la Justonnière et chemin qui conduict de Mésangé à la lande d'Erideux ; — Item, un grand moullin à vant, situé au domaine de la Quettraye et vulgairement appelé moullin de la Quettraye ; — Item, deux bouexellées de terres labourables syses près la Dubbé des Varannes et les terres de la mestayrie du Coureau... » (Archives départementales).
Nota 6 : Aveu du 6 mai 1515 concernant Quétraye : « Sachent tous que en notre Cour de Mésangé, en droit ont esté présents devant nous et personnellement établys : André Dupont, Pierre de la Noue, et Benoiste Jue sa femme, Hervé de la Noue et Guillemette sa femme, Jehan Borré et Saincte Jue sa femme, Thomas Jue, Mathurin Jue, tant en son nom que comme garde naturel de Marie Jue, fille de Thomas son fils deffunct, lesdites femmes respectivement authorisées chascune de son dit mary, quant au contenu de ces présentes, tenir et accomplir. Les dits et chacune se submettant, se sont submis et soubmettent par leurs sermens avec tous et chacun, leurs biens, meubles et immeubles et héritaiges présens et futurs au pouvoir des trois juridictions, obéissance et seigneurie de notre dite Cour. Quant au contenu de ces présentes chacun et chacune des dits susnommés ont esté et sont congnaissants et confessants, congnessent et confessent par les présentes estre ce qu'ils sont : hommes et subjets non estagiers de Noble Ecuyer Pierre d'Yrodouez, seigneur de la Quétraye en Mésangé et de la Ville au Sénéchal et de luy confessent et advouent tenir prochement et roturièrement et à debvoir les héritaiges et choses héritelles qui ensuivent à cause de sa seigneurie de la Quétraye, sçavoir : — Est quatre bouexellées de terres labourables syses es Fougerays, entre terres de Julien Bricaud et de sa femme et terres de Pierre Robert et sa femme d'un coulté et d'autre le chemin qui conduict d'Ancenis à Mésangé d'une et aultre partye ; — Item, deux bouexellées de terres labourables syses aux Chaintres d'Etourneaux (sud-est des Petits-Montis) entre terres de Jehan Relion d'un cousté et d'aultre cousté de ladite Marie Jue et d'un bout terre des dits bailleurs ; — Item, demi hommée de prez andains sys en l'apprée entre prez Marc de la Noue d'un cousté et d'aultre cousté prez es hoirs de deffunct Perrot Sancier ; — Item, trois bouexellées de terres labourables et prez sys en la petite Ouche de la Myllaudière, joignant d'un cousté et d'aultre cousté et d'un bout le chemein qui conduict du villaige de la Myllaudière au villaige de la Cynandière ; — Item, une bouexellée et demie de terres et prez syses auprès du Bois Roux entre prez des hoirs de deffunct Perrot Sancier et prez Hervé Feuvburteau ; — Item, une bouexellée de terre labourable syse au Bois Roux, entre terre de Julien Pinault et terre de Jehan Relion ; — Item, une bouexellée de terre labourable syse près la mazure des Gaulleryes entre terre de Raoullet Davodeau et terre es hoirs de deffunct Hervé Hachon et prez dudit Borré et de sa femme ; — Item, huit bouexellées de terres tant en terres labourables que chaintres syses près les mazures des Gaulleryes et des Regeasses, entre terre des enfants de deffunct Guillaume Jué et terre de Marc Feuvburteau et sa femme et le ruisseau qui descend de la mâre des Challons au Boys Roux ; — Item, trois bouexellées tant en terres labourables que prez sys es Saulzaies, entre terre et prez de Symon Bidon et consorts et terre de Thomas Jue et d'un bout le chemin qui conduict du villaige de la Bellinière à la mâre de la Blanchardière ; — Item, une demie bouexellée de terre prez ondins syse au prez du Mazureau entre prez Denys Lebreton et prez Guillaume Moreau et le chemein qui conduict du boys de la Pierre à la Chainte Borée ; — Item, trois bouexellées et demie dans les ousches de la Myllaudière, près du chemein de la Myllaudière à la Cynandière ; — Item, cinq bouexellées de terres syses au Boys Joubert entre Guillaume Lemercier et Marc de la Noue et une adressée qui conduict du villaige des Montis à la mestayrie de l'Auvynière ; — Item, une bouexellée de terre labourable syse en la mazure des Estourneaux. » (Archives départementales).
Nota 7 : Une Bulle de Léon X de 1519 octroie à la famille de Pierre d'Yrodouez, seigneur de la Quétraye de nombreuses faveurs, privilèges et grâces spéciaux. Qu'on en juge plutôt : « Que le confesseur capable, prêtre séculier ou régulier de quelque Ordre qu'il soit et que chacun d'eux aura choisi, puisse les absoudre eux et chacun de l'excommunication, de la suspense et de l'interdit et de toutes les autres sentences et peines portées par le droit ou par l'autorité à quelque occasion ou pour quelle cause que ce soit : serments, voeux, transgressions aux voeux, aux ordres de l'Eglise et aux serments ; des omissions de jeûnes, de pénitences enjointes, d'heures canoniques des divins offices ; des coups portés dans le passé par violences de mains contre des personnes ecclésiastiques, à l'exception toutefois des prélats ; des péchés d'homicide volontaire ou accidentel, d'adultère ou d'inceste et de tous les autres péchés quels graves qu'ils soient dont ils se seront sincèrement repentis et confessés, même s'ils étaient de ceux desquels on devrait recourir au Saint-Siège Apostolique ; des cas réservés dans la Bulle " O Coenoe Domini " une fois pendant la vie et à l'article de la mort, des autres cas non réservés au Siège Apostolique autant de fois qu'il en sera besoin et de leur imposer une pénitence salutaire, de commuer en d'autres oeuvres de piété tous les voeux de pèlerinage outre-mer, au tombeau des saints Apôtres Pierre et Paul à Rome et de saint Jacques de Compostelle — à l'exception des vœux de religion et de chasteté — et de délier de tous les serments moyennant préjudice pour personne ; de leur accorder une fois pendant la vie et à l'article de la mort l'indulgence plénière et l'indulgence apostolique pour tous leurs péchés. Qu'il soit permis à chacun des suppliants qui sont prêtres nobles ou gradés, d'user de l'autel portatif, moyennant la révérence due et l'honneur qui convient, dans les lieux qui leur conviennent, même non consacrés et interdits par l'autorité ordinaire, pourvu qu'ils n'aient pas donné lieu eux mêmes à cet interdit, et de s'en servir même avant le lever du jour, aux approches de l'heure du jour cependant, en leur présence et en présence de leur famille et de leurs domestiques ; de célébrer ou de faire célébrer la messe et les divins offices, d'y assister, d'y recevoir la Sainte Eucharistie et les autres sacrements de l'Eglise, sauf dans le temps de Pâques et sans préjudice pour le recteur ; et que les corps des suppliants décédés en temps d'interdit puissent recevoir la sépulture ecclésiastique... sans pompe funèbre. De même qu'ils aient une ou deux églises et deux autels et plus dans les lieux où les suppliants résident, ou durant les jours de Carême et autres de station à Rome chaque année ils gagnent en les visitant dévotement autant et les mêmes indulgences qu'ils gagneraient si chacun de ces mêmes jours ils visitaient personnellement chacune des églises de Rome assignées pour ces stations. En outre, qu'ils puissent pendant le Carême et les autres temps prohibés, sur le conseil de leur propre médecin user et se nourrir d'oeufs, de beurre et de fromages, de lait et de toutes nourritures lactées et de viandes. Que chacune des suppliantes et avec elles trois ou quatre honnêtes femmes puissent entrer dans tous les monastères de moniales de quel Ordre qu'il soit, même de l'Ordre de sainte Claire, quatre fois dans l'année avec la permission de la Supérieure, manger, converser avec les religieuses pourvu qu'elles n'y passent pas la nuit. Nonobstant toute constitution, ordonnances apostoliques et toutes choses contraires, avec les clauses opportunes et accoutumées » (traduction de l'abbé Beillevaire). A noter que les seigneurs de la Quétraye, avait droit de banc avec accoudoir et dossier (Année 1619 : " ... un banc de noyer, goudronné tout autour, qui était devant l'autel de la chapelle Notre-Dame pour ouyr la messe, avec derrière un banc à dossier, sur lequel banc les prêtres de la paroisse mettaient leurs ornements ") dans l'église de Mésanger, devant l'autel Notre-Dame, depuis des temps immémoriaux, car il faut se souvenir que les Quettiers furent les donateurs de l'autel de la Sainte Vierge (voir plaque de cuivre datant du 9 mai 1335).
Nota 8 : Monitoire publié le 14 octobre 1609 suite aux abus dans la chapelle Sainte-Marguerite faits par Gillonne, dame de Mésanger (en son château de La Cour des Bois), fille de Jehan de Coëtquen et épouse du Hallay, qui fit briser l'affiche de l'antique fondation de la chapelle Sainte-Marguerite, et supprimer le banc et l'enfeu des seigneurs de la Quétraye : « Mathurin Blanchard, prêtre licencié en droit, chanoine et official de Nantes, à tous et chacun des recteurs, vicaires, prêtres et notaires à nous soumis, salut en Notre-Seigneur ! De la part de René d'Yrodouez, escuier, seigneur de la Quétraye, Patron et Présentateur de la chapellenie de sainte Marguerite, contiguë l'église paroissiale de Mésangé, suivant la permission de Messieurs tenant le siège Présidial de Nantes, du quatorzième du présent mois d'octobre pour avoir preuve et révélation de ceux ou celles qui le lundi douzième jour du présent mois d'octobre à l'issue des messes du matin, auraient malicieusement et de guet apens fait casser, rompre, briser par eux ou leurs serviteurs domestiques un banc à queue qui de tout temps immémorial était en la chapelle sainte Marguerite en laquelle ses prédécesseurs seigneurs de la Quétraye, leurs femmes et enfants étaient enterrés, à l'exclusion de toute autre personne de la paroisse. Lesquels, banc à queue, droit de patronage en laditte chapellenie, armoiries, sépultures, enterrements en laditte chapelle, lequel plaignant tient noblement et par aveu qu'il a rendu au seigneur marquis de Coaquen, en son temps seigneur de Mésangé, même de ceux ou celles qui ont cassé ou brisé ou fait casser, rompre et briser par leurs serviteurs domestiques un vieil écriteau vitriné qui était empreint et plâtré dans la muraille près de la grande vitre de cette chapelle sainte Marguerite, portant en substance : " ... Cette chapelle de sainte Marguerite est fondée de deux messes par semaine que jadis fondèrent Jan et Jan Les Quettiers, antécesseurs de la Quétraye " ... cet écriteau vitré et plâtré dans laditte chapelle y était aussi de temps immémorial, voire de plus de deux cents ans. C'est pourquoi nous vous ordonnons que vous avertissiez sous forme de ban dans vos églises par trois dimanches consécutifs le peuple assemblé pour entendre la messe de chacun des méfaits sur lesquels nous enquêtons et les malfaiteurs que prévenons une première, seconde et troisième fois péremptoirement. Que pendant les quinze jours qui suivent notre Monitoire, que tous ceux qui en sauront quelque chose et en auront entendu parler viennent vous le dire et le déclarer dans le temps susdit. Autrement que vous les avertissiez qu'ils seront ouvertement et publiquement excommuniés de par nous et par notre autorité. Donné à Nantes, sous le sceau de notre autorité, le quatorzième jour du mois d'octobre, l'an du Seigneur mil six cent neuf ». La sentence, rendue par les juges du Siège Présidial de Nantes, le 12 novembre 1610, qui condamna Gilonne de Coëtquen à tout remettre dans l'état, ne fut exécuter que le 30 avril 1610, suite à une seconde condamnation.

Vue du manoir de la Quétraye ou Quétraie à Mésanger.

le manoir des Rigaudières. Les premiers seigneurs furent les Rigaud (Rigaud de Mésangé qui, en 1303, vendit une partie de sa seigneurie à l'évêque de Nantes, Vigier de Guéméné). Cette demeure est ensuite la propriété de la famille Tréal, puis d'Achon ou d'Hachon ou Dachon (en la personne de Guillaume Hachon vers 1560, - Balthazar d'Achon en 1713, - René d'Achon, époux de Françoise-Perrine Mellet, en 1729), alliée aux Eustace et aux Van Alstein, puis de la famille Cellier (suite au mariage d'une fille de François-Jean d'Achon, fils de René d'Achon décédé en 1730, avec Joseph du Cellier). Le manoir est pillé par les Chouans le 12 mars 1793. Les Rigaudières passent ensuite entre les mains des familles Huchet (vers 1812), Daviaud (vers 1831), Guitard (en la personne de Louis Guitard, maire de la commune de Mésanger en 1884, par alliance), d'Ancenis, qui le vendent ensuite à la famille Dubar. La chapelle qui date de 1608 est mentionnée dans le procès canonique du 17 juillet 1686 : "... La chapelle de la Maison des Rigaudières, en bon état et bien entretenue, garnie de tous ornements, fondée et en la présentation du seigneur du lieu, consistant en le tiers des grosses et menues dixmes appartenant au dit seigneur au fief des Ragottières et Billière, paroisse de Saint-Herblon, sans décime, le tout valant quatre vingts livres, chargée d'une messe toutes les festes et dimanches à l'exception des solennités, possédée et servie par le sieur Pierre Guitard ..... ". Suite à sa restauration, la chapelle a été mise sous le vocable de saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars ;

Vue du château des Rigaudières à Mésanger.

le moulin de la Butte des Tertres (vers 1832-1840), édifié sur un site archéologique occupé, semble-t-il, par les romains ;  

le moulin de La Quétraye (XVIIIème siècle), édifié par la famille Brindeau le 17 mai 1773 ;  

le moulin de Saint-Père (1585), situé près de La Quétraye. Il est restauré au XXème siècle ;    

d'autres moulins tels que celui de Bidault, Bouilleau, Gruère, du Champ-Rouge, des Seigneureries, de Lactréa ;

Vue de la Cour à Mésanger.

A signaler aussi :

le four à pain (XIXème siècle), situé à La Hunière ;

Vue de la place de l'église à Mésanger.

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

ANCIENNE NOBLESSE de MESANGER

(à compléter)

© Copyright - Tous droits réservés.