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MAURE-DE-BRETAGNE

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La commune de Maure-de-Bretagne (pucenoire.gif (96 octets) Anast) est chef lieu de canton. Maure-de-Bretagne dépend de l'arrondissement de Redon, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).         

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MAURE-DE-BRETAGNE

Maure-de-Bretagne vient de l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire (ou Saint-Maure-sur-Loire) à laquelle l'ancienne paroisse d'Anast est donnée au IXème siècle. 

Maure(-de-Bretagne) est cité comme paroisse dès 832. Cette paroisse, beaucoup plus étendue alors qu'aujourd'hui, s'appelait primitivement Anast. La paroisse d'Anast comprenait, outre la paroisse de Maure-de-Bretagne, celle de Campel, de Bovel, de Loutehel, de Mernel, et de Saint-Séglin, qui ne sont à cette époque que des chapelles. En 843, le chef (ou machtiern breton) Anowareth de la vaste paroisse primitive d'Anast, en fait don à l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire en Anjou, qui y fonde un prieuré appelé prieuré de Saint-Maur (ou Maure). Le nom de Maure semble venir de cette donation. 

Le Pouillé de Rennes nous précise que les Cartulaires des abbayes de Redon et de Saint-Maur-sur-Loire renferment plusieurs actes intéressants relatifs à la paroisse de Maure, appelée au IXème siècle Anast, « plebs que dicitur Anast » (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 77). Dès l'an 832, nous voyons un nommé Jarncolin donner à son filleul Worcomin une partie du domaine de Péron, « totam partem virgade que vocatur Peron sitam in plebe Anast ». Ce jeune homme venait de recevoir la tonsure des mains d'un abbé appelé Hodoiarn, à Péron même, dans la maison d'Ethlon, « in domo Ethlon in Peron », et son père, pour témoigner sa reconnaissance à Jarncolin, lui offrit deux mesures d'hydromel, trente-trois pains et trois moutons. Plus tard, Worcomin, devenu prêtre, donna en 834 cette terre de Péron aux religieux de Redon (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 98 et 99). Une dizaine d'années plus tard, vers l'an 843, l'abbé Gausbert gouvernait sur les bords de la Loire le monastère de Glanfeuil, — appelé plus tard Saint-Maur-sur-Loire, du nom de son fondateur, — lorsqu'une troupe de pèlerins vint frapper à la porte de son couvent. C'était Anowareth, seigneur d'Anast, accompagné de Mahoc, Nehel, Hervé, Wiheloc, Hamme, Aléan et Main, tous Bretons comme lui. Ces pèlerins obtinrent la permission de passer la nuit en prière près du tombeau du glorieux saint Maur ; là, Anowareth fut favorisé d'une vision merveilleuse qui excita au plus haut point sa dévotion envers le saint abbé ; pour attirer sur lui la protection de ce dernier, le seigneur breton donna au monastère de Glanfeuil sa terre patrimoniale d'Anast, avec son église paroissiale dédiée à saint Pierre, et les sept chapelles qui en dépendaient (« Ego Anowareth... trado ad Glandifolium partem mee hereditatis quam habeo in Brittannia, hoc est terram que dicitur Anast cum ecclesia Sancti Petri nomine fundata et septem capellas ecclesie subjectas » - Cartulaire de l'abbaye Saint-Maur - Archives d'Anjou, I, 363) ; il n'excepta de cette importante donation que la chapelle de Mernel. Ces terre, église et chapelles furent données en toute propriété par Anowareth aux religieux de Glanfeuil, exemptes de tout devoir envers les seigneurs laïques, et soumises seulement à l'égard de l'évêque d'Aleth à 2 sols de prestation synodale. Anowareth, renonçant ensuite complètement au monde, revêtit l'habit monastique dans le monastère de Glanfeuil. Pour comprendre l'importance de la donation qui précède, il faut noter qu'à cette époque reculée (843) la paroisse d'Anast, limitée par les paroisses de Guipry, Pipriac, Bruc, Carentoir, Comblessac, Guer, Plélan, Baulon et Guignen (« Terra que Inast est vocata cum novem vicariis conjungitur : Wipperica vicaria, Prisperica vicaria, Brucca vicaria, Guarantova vicaria, Comblizaica vicaria, Wer vicaria, Pluilan vicaria, Beingloen vicaria, Winnona vicaria » - Cartulaire de l'abbaye Saint-Maur — Archives d'Anjou, I, 328 et 362), était beaucoup plus étendue que n'est la paroisse de Maure, très-vaste encore naguère. Une population bretonne l'habitait, composée d'un chef, qui était Anowareth, de nobles, de prêtres et de colons. Ce mactiern que nous venons de voir embrasser la vie religieuse (Voir la légende d'Anowareth dans la Semaine Religieuse de Rennes, V, 193) avait un frère prêtre, nommé Budworeth, qui fit du bien à l'abbaye de Redon (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 44, 69 et 83). Les autres hommes nobles d'Anast paraissent être, au IXème siècle, Gédéon, Hidric, Gurloen, Gurdiern, Worien, Cunwal, Jonwoion, etc. A côté d'eux on voit des juges appelés boni viri s'assemblant dans le bourg d'Anast, « ante vicum Anastum », en 832, pour prononcer une sentence, et des prêtres nommés Worcomin, Wetenmonoc, Sulcunnan, Haëlobrit, Arbidoc, Boric, Gundric et Eudon ; ce dernier se fit moine à Redon en 867. En 871, des colons d'Anast appelés Vudricon et Worandor furent donnés à l'abbaye de Redon avec leur postérité, en même temps que le domaine de Ran-Roedlon qu'ils habitaient. Mouric, qui fit ce don, le confirma en l'église d'Anast, « in ecclesia Anast » (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 196). Outre le bourg d'Anast et son église, où se tenaient les assemblées du peuple, les chartes du Cartulaire de Redon mentionnent encore — avec de grands détails que nous sommes forcés de supprimer — les villages de Mernel, de Péron et de Sédéca, et les terres de Ranmillier, Bronboiat et Ranloitan, que donna en partie Eudon aux moines de Saint-Sauveur en 867, dépendant toutes du territoire de Caton, en Anast, « sitas in plebe que dicitur Anast in loco nuncupante Caton » (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 77 et 197). 

Mais comment — nous dira-t-on — cette paroisse d'Anast a-t-elle changé son nom en celui de Maure? Voici notre réponse. La donation d'Anast à Glanfeuil ou Saint-Maur-sur-Loire se trouve de la même façon relatée : - 1° dans un acte écrit sur le dernier feuillet d'un manuscrit du IXème siècle conservé à la Bibliothèque Nationale sous le nom de Bible d'Anowareth ; cet acte porte pour titre : Carta de Anast in Britannia, anno 843 ; - 2° dans le Cartulaire de Saint-Maur-sur-Loire sous la rubrique : Carta de ecclesia Sancti Petri que vocatur Maura. Il n'est donc pas possible de douter de l'identité des deux paroisses d'Anast et de Maure. Quant à l'explication de ce changement de nom, la suivante nous semble assez naturelle : Les moines de Saint-Maur, devenus maîtres d'Anast, y fondèrent, croyons-nous, un monastère qui prit naturellement le nom de leur abbaye. Ce prieuré de Saint-Maur, — dont un manoir sis en Mernel, mais tout voisin de Maure, conserve encore le nom, — donna, paraît-il, ce nom à la paroisse même d'Anast ; de toute antiquité, en effet, on a honoré saint Maur dans l'église de Maure, et de temps immémorial existe dans ce bourg une foire à la fête de saint Maur, le 15 janvier. Plus tard, là comme en quelques autres lieux, on abrégea le nom de Saint-Maur, qui devint d'autant plus facilement Maure que le patron de l'église était toujours saint Pierre, et que l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire, ravagée par les Normands et devenue un simple prieuré de Saint-Maur-des-Fossés de Paris au Xème siècle, avait perdu toutes ses possessions en Bretagne. Mais le nom primitif d'Anast subsiste encore dans la contrée ; on y trouve les landes d'Anast, l'ancien fief de Nast, le manoir et les moulins du Bois-Denast ou d'Anast, etc. (Pouillé de Rennes). 

En 1152, saint Jean-de-la-Grille, évêque de Saint-Malo, donna à son Chapitre l'église Saint-Pierre de Maure, « ecclesia Sancti Petri de Maura » ce que confirma en 1157 le pape Adrien IV. Mais en 1211 les chanoines de Saint-Malo consentirent à rendre cette église à l'évêque, celui-ci « ayant des revenus trop faibles pour soutenir sa dignité ». Jean de Faye, archevêque de Tours, confirma solennellement cette rétrocession (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine - abbé Manet, Grandes recherches ms.). Quelque temps après, en 1245, Pierre Meleine, de la paroisse de Mernel, engagea entre les mains de l'évêque de Saint-Malo, pendant l'espace de cinq ans et pour la somme de 120 livres, toutes les dîmes de blé et de vin qu'il possédait à Anast, « omnes decimas suas de Anast tam bladi quam vini ». Au bout de ces cinq années, Pierre Meleine abandonna complètement à l'évêque le tiers de toute la dîme de blé et de vin lui appartenant en Maure, Mernel, Loutehel et Campe!, « terciam partem tocius decime ad eumdem Petrum in parrochiis de Maure, de Merrenel, de Loutehel et de Quenper, tam in blado quam in vivo pertinentis » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 4 G, 73). Il est vraisemblable que ces deux chartes se rapportent à la même dîme, ce qui prouve qu'au milieu du XIIIème siècle on appelait encore Anast tout le territoire renfermant à l'origine Maure et ses alentours. (Pouillé de Rennes).

Au XIème siècle, l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire perd toutes ses possessions qui tombent entre les mains des seigneurs d'Anast jusqu'à la fin du XIIIème siècle. Les seigneurs de Maure prennent ensuite possession de la paroisse. La seigneurie de Maure, ancienne bannière, est successivement châtellenie, baronnie et comté. Elle absorbe en 1553 la seigneurie de Lohéac, par l'acquisition qu'en fait le chevalier François de Maure. Le 8 novembre 1553, François de Maure fait ériger le territoire en comté. Les familles de Mortemart et de Rosnyvinen de Piré possèdent successivement la seigneurie de Maure. Le bourg de Maure-de-Bretagne contenait jadis la halle, l'auditoire, les prisons et les ceps et collier de la seigneurie de Maure. 

En vertu de ces donations l'évêque de Saint-Malo jouissait en Maure d'un bailliage et de toutes les dîmes de la paroisse ; aussi en 1790 payait-il 4 700 livres de portions congrues au recteur de Maure et à ses cinq vicaires. Cette pension de l'évêque était le fonds principal de la cure de Maure. De nos jours, Maure a perdu de son importance par suite de l'érection en paroisses de Campel, sa trève, en 1803, et de la chapellenie de Bovel en 1836 (Pouillé de Rennes). 

Les Espagnols entrèrent à Maure-de-Bretagne en 1595. René de Grézille seigneur de la Tremblaye défait près de Maure-de-Bretagne les capitaines ligueurs Jean d'Avaugour seigneur de Saint-Laurent et Gabriel de Montbourcher seigneur de Tréméreuc et s'empare de la ville en 1597. La paroisse de Maure-de-Bretagne appartenait jadis à l'ancien évêché de Saint-Malo. 

On rencontre les appellations suivantes : Plebs Anast (en 832), ecclesia de Maura (en 1152), parochia de Maure (en 1250).

Note 1 : En cherchant autour de Maure quelque trace de l'hospice ou léproserie qu'avaient dû fonder les seigneurs du lieu au moyen-âge, nous n'avons rencontré que le nom du village de la Malardaye, synonyme assez commun de Malardrie ou Maladrie, situé aujourd'hui en la paroisse moderne des Brûlais, mais sur les confins de celle de Maure. Sous l'épiscopat de Mgr de la Bastie (1739-1767), il existait à Maure une école de garçons fondée moyennant un capital de 1 800 livres, dont le maître d'école touchait la rente. Il est aussi fait mention dans les Déclarations de la seigneurie de Maure du droit qu'avait le seigneur du lieu de nommer « le maistre d'escole de ladite paroisse » (Pouillé de Rennes).

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Maure-de-Bretagne : François de Maure (fils de Jean VIII, sire de Maure, et de Denise de la Ville-Aubert, protonotaire apostolique et chapelain de Notre-Dame de Guipry, fut vers 1524 recteur de Maure et de Goven). Jean Becdelièvre (fils de Pierre Becdelièvre, seigneur du Bois-Basset, et de Jeanne du Masle, d'abord bénédictin à Saint-Melaine, devint recteur de Maure vers 1550). Jean Ferron (résigna en faveur du suivant). Jacques Chevalier (pourvu en 1556, résigna en faveur du suivant). Claude-Charles Ferron (chanoine de Saint-Malo, pourvu le 9 décembre 1559, résigna en 1583). Robert Ramard (pourvu le 3 décembre 1583 ; décédé l'année suivante). Jean Noury (il fut pourvu le 1er août 1584). Jean Le Lymonier et Jean Baudaire (ils se disputaient le bénéfice en 1603). Gilles Gohier (il prit possession le 13 septembre 1603 ; décédé en 1610). Jacques Chrestien (il prit possession le 14 mai 1610 et résigna en 1612). François-Raoul Oresve (il prit possession le 14 octobre 1612 ; décédé en 1627). Raoul Oresve (il fut pourvu par l'évêque le 21 novembre 1627, mais Jean Richard se fit pourvoir en cour de Rome, puis résigna en faveur du suivant). Pierre Mauvoisin (il prit possession le 4 juin 1628 ; décédé en novembre 1653). Raoul Esnault (il fut pourvu le 22 janvier 1654, résigna en 1659). Julien Davy (il fut pourvu le 30 novembre 1659). Gilles Grée (natif de Mernel, fonda une messe hebdomadaire en l'église de Mernel et gouverna de 1663 à 1673). René Pédron (pourvu en 1673, résigna deux ans après). Jean Fouillet (1675-1687). Pierre Thébault (natif de Mernel, pourvu en janvier 1687, fit en 1700 enregistrer ses armoiries : de sable à trois boules d'or mal ordonnées ; il résigna en 1703). Guillaume Meheust (pourvu le 19 avril 1703, prit possession de Maure et de Campel ; décédé peu de temps après). Raoul Bigarré (pourvu le 9 janvier 1704, résigna en faveur du suivant). Guillaume Jagu (pourvu le 7 février 1707, résigna au bout de quelques mois). Mathurin Chevré (sieur du Boiscouaslan, il fut pourvu le 23 juin 1707). Gabriel Sévin (il résigna en faveur du suivant). Michel Sévin (il fut pourvu le 1er juillet 1712). Nicolas Cornu (il résigna en 1718). Julien Couesry (pourvu le 16 mai 1718, résigna en 1725). Gilles Rondel (pourvu le 12 février 1725, eut beaucoup de peine à prendre possession de Campel à cause de l'opposition des habitants de cette trève ; décédé en 1730). Jean Renais (il fut pourvu le 25 mars 1730 ; décédé en 1743). Jean-Vincent Le Coq (il fut pourvu le 7 janvier 1744 ; décédé en 1758). Guillaume-Jean Berthier (il fut pourvu le 4 mai 1758 ; décédé le 18 mai 1778). Pierre Berthier (frère du précédent, pourvu en 1778, gouverna jusqu'à la Révolution). Jean Trochet (1803, décédé en 1809). Louis-Mathurin Duval (1810-1815) . Pierre-Jean-François Peltier (en 1815). François-Nicolas Blin (1815-1834). Louis Dupré, chanoine honoraire (1834, décédé en 1866). Charles Thomas (1866-1869). Jean-Marie Mury (1870-1876). Jean-Germain Galiçon (à partir de 1876), ......

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PATRIMOINE de MAURE-DE-BRETAGNE

l'église Saint-Pierre (1894-1898), oeuvre de l'architecte Arthur Regnault et restaurée suite à un incendie en 1998. De toute antiquité, saint Pierre a été le premier patron de cette église. Dans son testament daté de 1338, Jean V, seigneur de Maure, légua « à l'oeuvre de Maure dix livres monnoie une fois payées ». Il est à croire qu'on s'occupait alors de la reconstruction de l'église de Maure, dont une grande partie date des XIVème et XVème siècles. Deux écussons aux armes de Maure, de gueules au croissant de vair, rappellent encore dans cet édifice le souvenir des seigneurs du lieu. Plusieurs sires et dames de Maure se firent, en effet, inhumer dans cette église et y firent des fondations. Marquize du Pont, dame de Maure, y choisit sa sépulture en 1334 et y fonda une chapellenie pour laquelle elle donna « 60 livres de bonne monnoye courante à estre converties en rente ». Jean III, Jean IV et Jean V y fondèrent successivement des messes, de telle façon que ce dernier seigneur dit en 1358 qu'on doit chanter « trois messes chaque jour dans sa chapelle de Maure ». Pierre Ier y fonda cependant encore « une chapellenie de trois messes par semaine et de 15 livres de rente », et Jean VIII ordonna par testament « douze cents messes estre célébrées pour son âme » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 637, 638). Le testament de Pierre Ier, en 1417, contient de curieux détails sur les obsèques que ce seigneur veut avoir à Maure : « Il ordonne treize torches estre portées à ses obsèques par treize pauvres revestus de noir ; cinq deniers estre donnés par charité à tous pauvres qui se trouveront à sondit enterrement ; et que tout autant de chapelains qu'on pourra trouver pour célébrer la sainte messe et assister à sondit enterrement aient chacun deux sols ; ordonne, oultre les messes de ses obsèques, cinq cents messes estre dites pour son âme » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 642). Au seigneur de Maure appartenaient naturellement en cette église tous les droits de supériorité, fondation et prééminence. Aussi en 1623 y voyait-on « en la vitre proche du grand autel, du costé de l'épître, une bannière, des armes et alliances de Claude, comte de Maure, et Françoise de Pompadour, sa femme, et les armes pleines de Maure sur une petite porte par laquelle on entre du cimetière dans le chanceau et en un traict de charpente passant au travers dudit chanceau ». On apercevait encore à la même époque plusieurs autres écussons des sires de Maure et de leurs alliances et les derniers vestiges d'une litre seigneuriale enveloppant tout l'édifice. Malheureusement il n'est point fait alors mention des tombeaux des sires de Maure qui avaient reçu la sépulture dans cette église, tels que Jean V, Jean VII, Jean VIII, Pierre Ier, Pierre II et François ; ils avaient dû être inhumés dans le chœur, car à côté du chanceau était une chapelle dite des Cadets de Maure, « destinée pour la sépulture des cadets de la maison de Maure, d'autant qu'on avoit accoustumé de n'enterrer que les aisnés dans ledit chanceau » (nota : la chapellenie de Sainte-Catherine, desservie en cette chapelle et présentée par les sires de Maure, était importante ; elle valait, en 1730, 108 livres de revenu net. Nicolas de Touraille (1558), Pierre Le Coq (1575), Guillaume Le Goux (1659), Pierre de Cadenet (1660), etc., en furent pourvus. En revanche, on voyait en 1623, « près du grand autel et du costé de l'évangile, un ancien tombeau hault et enlevé (de terre), sur lequel y a une effigie en cuivre doré d'un évêque qu'on dit avoir esté de Cornouailles, environné de plusieurs escussons d'esmail et entre iceux les armes pleines et escartelées de Maure » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré). C'était la tombe de Thomas d'Anast, d'abord doyen du Chapitre d'Angers, puis évêque de Quimper. Né très-probablement en Maure, où sa famille semble avoir partagé au XIIIème siècle la seigneurie de la paroisse avec les sires de Maure (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1007), il y mourut, d'après la tradition, en 1322 (Voir, sur ce personnage, la Semaine Religieuses de Rennes, VI, 387). Notons encore qu'en 1695 la comtesse de Maure déclara au roi qu'elle avait dans le choeur, qui lui était prohibitif, « bancs, accoudoirs et escabeaux, tombe enlevée, etc. » ; elle ajouta qu'elle avait le droit de nommer le sacriste, « de faire de l'église de Maure une église collégiale et d'y mettre chanoines dont la nomination lui appartiendroit ». Outre la chapelle des Cadets placée au Sud du choeur, il y avait dans l'église de Maure deux autres chapelles seigneuriales « joignant le chanceau du costé du Nord » ; elles appartenaient, l'une au seigneur du Bois-Denast (nota : Pierre du Boishamon, seigneur du Bois-Denast, et Renée d'Andigné, sa femme, rendirent aveu pour cette chapelle au comté de Maure en 1622), l'autre à celui du Bois-Basset ; ces seigneurs y avaient leurs enfeus et leurs bancs armoriés ; mais en 1690 elles étaient « en ruisne depuis trente ans ». Ces trois chapelles n'existent plus aujourd'hui. Enfin, les comtes de Maure avaient permis aux seigneurs des Cambaras et de Saint-Maur d'avoir leurs bancs et leurs enfeus dans l'église dont nous nous occupons ; c'est ce que reconnurent en 1620 Guillaume Fournier, seigneur des Cambaras, et en 1621 François Becdelièvre, seigneur de Saint-Maur et de Penhouët. Présentement l'église de Maure offre peu d'intérêt ; une porte romane, dernier vestige de l'édifice primitif, apparaît toutefois encore à la fin du XIXème siècle sous la tour, qui appartient, comme le choeur à chevet droit, au style ogival flamboyant. Les anciennes chapelles ayant disparu, on en a construit deux autres en 1823 et 1839. Notons dans cette église une horloge à carillon faite par un paysan de Maure, Pierre Anquetil, en 1735, et une garniture d'autel, composée de six chandeliers et d'une croix, le tout en argent massif. La confrérie du Saint-Sacrement, concédée en 1606 par le pape Paul V, ne fut érigée dans l'église de Maure que le 16 mai 1624, par le P. Jouno, jésuite. Celle du Rosaire y fut établie en 1625 par le P. Béchu, prieur des Dominicains de Dinan. Signalons enfin la croix du cimetière, qui date du commencement du XVIème siècle ; elle est en granit, et parmi les figurines qui la décorent se trouvent, outre le Christ, la Sainte Vierge et saint Jean, deux anges balançant l'encensoir, saint Pierre, patron de la paroisse, et saint Denis. Cette dernière statuette donne à penser que cette croix a pu être élevée par Denise de la Ville-Aubert, femme de Jean VIII, seigneur de Maure, mort en 1528 (Pouillé de Rennes). L'église actuelle conserve un beau retable Louis XV à trois miroirs provenant de l'ancien maître-autel. On trouvait jadis dans l'église une litre extérieure et intérieure aux armes des seigneurs de Maure, ainsi qu'au XVIIème siècle le tombeau de Thomas d'Anast, évêque de Quimper, mort en 1332 au lieu-dit la Planche à l'Evêque. Les seigneurs de Saint Maur (en Mernel) et des Cambaras possédaient aussi des enfeus dans l'église. Les armes de la famille Maure se retrouvaient sur la fenêtre sud du choeur et sur la porte conduisant au cimetière ; 

la chapelle Sainte-Anne de Roppenard (XIIème siècle-1626-1642-1893), reconstruite en partie et bénite en 1626, est réaménagée en 1901. Cette chapelle frairienne (but de fréquents pèlerinages et entourée d'un cimetière) est signalée en 1497. Son clocher date de 1893 et son chevet date de 1642. Son porche sud est un ancien ossuaire. On voit à l’intérieur un groupe figurant sainte Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus (XVIème siècle) ;

la chapelle Sainte-Reine-des-Domaines (1754), encore surnommée chapelle de "l'Ave Maria" . Elle était jadis frairienne. Elle est bâtie en 1754 par le recteur M. Renais, et bénite en 1756 ;

la chapelle Saint-Mathurin (XI-XIXème siècle), ancienne possession de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes. Saint-Mathurin avait dû être fondée par les Bénédictins de l'abbaye Saint-Melaine, qui possédaient un fief à côté ; elle se trouve dans un village appelé encore Saint-Melaine et elle vient d'être restaurée. Les religieux l'ayant abandonnée de­puis plusieurs siècles, les paroissiens la considèrent depuis lors comme leur appartenant (Pouillé de Rennes). Le mur nord date du XIIème siècle. Le mur sud date de 1674. L'autel de la Vierge date du XIX-XXème siècle et abrite une statue de la Vierge Marie, entourée de saint Melaine et saint Mathurin ; 

la chapelle de Roz (XVIIIème siècle). La chapelle de Roz, située dans un marécage au-dessous des ruines du château de Maure, dut être la chapelle privée des sires de Maure. Elle a été reconstruite au XVIIIème siècle dernier par le recteur, M. Renais ; mais elle renferme au-dessus de sa porte les débris d'un calvaire gothique, et sur son autel une pierre tombale en partie brisée, présentant une épée et un écusson aux armes pleines de Maure. Cette pierre est évidemment tout ce qui reste du tombeau d'un sire de Maure inhumé dans cette chapelle ; on en a fait une pierre d'autel (Pouillé de Rennes). A côté de la chapelle s'élève une motte entourée d'une douve ;

la chapelle de Hara. Il s'agit d'une ancienne chapelle frairienne, aujourd'hui sécularisée ;

l'ancienne Chapelle de la Couture, sise au village de ce nom attestant son antiquité "ad culturam" et aujourd’hui en ruines ;

l'ancienne chapelle Sainte-Magdeleine de Campel, église tréviale très ancienne, érigée en 1803 en église paroissiale ;

l'ancienne chapelle Notre-Dame de Bovel, chapelle frairienne érigée en paroissiale en 1836 ;

l'ancienne chapelle Saint-Aubin. On faisait en 1658 des mariages dans cette chapelle également frairienne, et en 1690 les habitants voisins la faisaient desservir par Jean Barre, quoiqu'elle ne fût pas fondée (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien prieuré Saint-Barthélemy de Boussac, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye Notre-Dame de Paimpont. Le prieuré de Boussac se trouvait dans la paroisse de Maure. Il est permis de supposer que c'était une fondation des anciens seigneurs de Maure, bienfaiteurs de l'abbaye de Paimpont. Le premier aveu rendu par le prieur de Boussac au duc de Bretagne, et venu à notre connaissance, est de 1478 ; il ne nous donne aucun détail, mais les déclarations faites au roi en 1652 et 1679 sont plus explicites, en voici le résumé : Le prieuré de Boussac ou Boczac consistait alors en ce qui suit : « Les chapelle, maison et métairie, avec leurs cour, rues et jardins au proche dudit prieuré ; le bois de décoration, au joignant ; la pasture des Boeufs, y joignant, le tout contenant environ 10 journaux ; — le Domaine-du-Haut, en terre arrable et bois taillis (14 journaux) ; — les prés du Prieuré (8 journaux) ; — le Champ-Roux (5 journaux) ; — les droits communs dans les landes de Boussac, du Buz et de Trémeleuc ; — quelques rentes en argent, grains, corvées, poulets, etc., sur une douzaine de tenues voisines formant le fief de Boussac ; — enfin, le trait de dîme de Boussac, s'étendant dans les paroisses de Maure, Saint-Séglin et Comblessac, valant 4 mines de seigle, mesure de Guer, et 40 sols en filasses » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 3, 26). Dans son aveu de 1679, frère Louis Guignace prétendit avoir droit de moyenne justice à Boussac, mais il fut débouté de cette prétention par sentence rendue le 2 avril 1680 par les commissaires de la Réformation. Au prieuré de Boussac était annexé au XVIIème siècle, et depuis longtemps, semble-t-il, le prieuré de Croixialan. A la fin du XIXème siècle, près du village de Boussac, en Maure, on voit encore une maison isolée appelée la Priouté ou le Prieuré ; sa porte ogivale, les moulures en accolade de ses fenêtres garnies intérieurement de bancs de pierre, la haute cheminée de l'ancienne salle indiquent suffisamment un logis du XVIème siècle. De la chapelle qui l'avoisinait, et qui était dédiée à saint Barthélemy, il ne reste plus que les fondations ; toutefois, celles-ci permettent de constater qu'elle formait un rectangle terminé par une absidiole, ce qui indique une grande antiquité ; mais les ronces et les épines couvrent complètement ces ruines. On y célébrait jadis trois messes par semaine ; en 1750, l'évêque de Saint-Malo ayant appris qu'on ne disait plus ces messes « depuis très-longtemps à cause du mauvais estat de ladite chapelle », ordonna qu'elles fussent dites en l'église paroissiale de Maure jusqu'à ce que la chapelle eût été restaurée (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Mais ce sanctuaire ne se releva pas évidemment de sa ruine. Liste des prieurs : — Michel Le Sénéchal, abbé de Paimpont (1494). —  Jean Hamon, prieur-recteur de Tréhoranteuc, rendit aveu le 12 mai 1577. — Jean Le Prévot précéda le suivant. — Jean Le Brun (1593). —  Raoul Martin prit possession le 5 juillet 1594. —  Frère François Jocet rendit aveu au roi le 11 septembre 1631 et vivait encore en 1652. —  Louis Trochon prit possession le 7 juillet 1664 et résigna le 30 octobre 1667. — Frère Louis Guignace rendit aveu au roi le 19 avril 1679. — Frère François Le Leigne prit possession le 14 juin 1696 ; décédé vers 1700. — Frère Pierre Charretier prit possession le 7 mars 1700. — Frère François Courte prit possession le 28 décembre 1718 ; décédé en 1773. — Frère Louis Ouvrard prit possession, le 10 septembre 1773, de la maison priorale et de la chapelle de Boussac, qu'il dut conserver jusqu'au moment de la Révolution (abbé Guillotin de Corson) ;

les trois croix (moyen âge), situées au village les Trois-Croix ; 

la croix (XV-XVIIIème siècle) de l'ancien cimetière de Roppenard ; 

la fontaine de Roppenard ; 

la croix de Maure ou croix de Saint-Hermin (XV-XIXème siècle), située au cimetière. Saint Hermin ou Hermin était un pieux solitaire qui habitait la Landelle, près du château de Maure. On y voit les armes de la famille Maure ; 

les vestiges d'un calvaire (XVIème siècle) qui se trouvent de nos jours dans le pignon de la chapelle de Roz ; 

le château de Penhoët ou Penhouët (XVIème siècle). Encore surnommé, dès 1426, "hostel de Penhoët" ou "Petit Penhoët". La chapelle de Penhouët fut rebâtie près de ce manoir, au XVIIème siècle, par René Becdelièvre, seigneur de Saint-Maur, qui la faisait desservir sans l'avoir fondée. Elle fut interdite probablement pour cette raison beaucoup plus tard, vers 1727 (Pouillé de Rennes). Il avait jadis un droit de haute justice. Propriété successive des familles du Houx seigneurs de Bodel (en 1426 et en 1513), Becdelièvre (au XVIIème siècle), de la Motte (en 1690), Ferron (en 1695), Becdelièvre (vers 1726 et en 1789), Barbotin, Lagrée ;

le manoir de la Bourousais (XV-XVIème siècle). Ce manoir dépendait autrefois des seigneurs de La Roche-Cotherel, à Bovel ; 

le manoir du Bois-Basset (XVII-XVIIIème siècle). On y trouvait autrefois une chapelle privative desservie en 1690, et interdite en 1708 faute de fondation. Il avait jadis un droit de haute justice. Propriété successive des familles d'Anast (en 1283), de Montauban, Rolland seigneurs de la Planche (en 1386), de Montauban (en 1426), de Vierville (vers 1434), Becdelièvre (en 1513 et en 1631), Henry (en 1712), du Bouëxic seigneurs de Pinieux (en 1780), de Penquer ;

le manoir de La Lambardais (XVII-XXème siècle). Propriété successive des familles Mouraud seigneurs de la Perrière (en 1513 et en 1695), de Visdelou (en 1792), de Talhouët-Boisorhand ;

la maison (XV-XXème siècle), située 3 rue du Presbytère ; 

la maison (XVI-XVIIème siècle), située Place de l'Eglise ; 

la maison (XVII-XVIIIème siècle), située rue Saint-Just ; 

la maison (XVIIème siècle), située au lieu-dit Lourme-Hubert ; 

la maison (XVIII-XIXème siècle), située au lieu-dit Lourme-Hubert ; 

le puits (XIXème siècle), situé au lieu-dit Bellevue ; 

le presbytère (XVIIIème siècle) ; 

16 moulins dont le moulin à eau de Maure, Neuf, du Tertre, et les moulins à vent Neuf, de Chenot, Malaunay, du Bois-Basset, du Bois-Denâts, de la Haute-Roche, de la Roche-Cotheul, de Maure, des Domaines, de Penhouet, de Houx,…            

A signaler aussi : 

la découverte d'une hache polie et d'une pendeloque (époque néolithique) ; 

la découverte en 1863 d'un dépôt de haches à douilles armoricaines (environ 4 000) au village de La Couture ; 

la tombe de la sainte martyre de Cambara (XVIIIème siècle), située au bois du Haut-Cambara ; 

la grotte de Roppenard (XIXème siècle) ; 

l'ancienne maison Sainte-Hermine. Une vieille maison du bourg de Maure-de-Bretagne portait naguère ce nom. La tradition prétendait qu'une chapelle sous le même vocable s'élevait à côté (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle du Meslouët avoisinait le manoir de ce nom. Charles Le Chauff y épousa Renée Peschart en 1669. L'Etat du diocèse de Saint-Malo en 1727 dit formellement que cette chapelle étair alors en Maure (Maure-de-Bretagne) ;

l'ancienne chapelle de la Roche-Cotterel, aujourd'hui en Bovel ;

on voyait autrefois sur la place du bourg la Maison de Saint-Herminn. D'après une tradition une chapelle se trouvait près d'elle ;

l'ancien manoir de la Chesnais. Propriété de la famille du Bois-Denast en 1513 ;

l'ancien manoir de Trévallan, situé route de Campel ;

l'ancien manoir de Tréfleur. Propriété de la famille de la Roche en 1426 et en 1513 ;

l'ancien manoir de la Guérivais ou Guérivaye. Il possédait jadis une chapelle privée, desservie en 1690 par Geffroy Hédreul, qui recevait environ 18 livres d'honoraires. Propriété de la famille Ferron seigneurs de Penhoët en 1695, puis de la famille Becdelièvre en 1780 ;

le château du Bois-au-Voyer. Il consistait en 1680 en un grand corps de logis, des douves et trois ponts-levis. Sa chapelle et sa fuie existent encore. La seigneurie exerçait à Lieuron un droit de haute justice : ses fourches patibulaires à quatre pots se dressaient sur la lande de la Boulaye, en Mernel. Propriété successive des familles de la Fouaye (en 1513), de Tournemine (en 1645), Fournier seigneurs de la Châteigneraye (au XVIIIème siècle), Hersart de Buron et de Terline ;

l'ancien manoir de Trécontur, situé route de Lohéac. Propriété de la famille Herbert en 1513 ;

l'ancien manoir d'Eder ou Heldais, situé route de Lohéac. Propriété de la famille Mouraud en 1513 ;

l'ancien manoir de la Billiais, situé route de Lohéac. Propriété de la famille de Lescannet en 1426, puis de la famille de la Cochière en 1513 ;

le château de Maure ou de Crépeneuc. On y voit quelques vestiges d'un temple protestant établi en 1561. Saccagé par Mercoeur, le château est pris et démantelé par le capitaine royaliste René de Grézille seigneur de la Tremblaye en 1597. La seigneurie de Maure est érigée en comté en 1553. Elle avait un droit de haute justice : ses fourches patibulaires s'élevaient près du château. La seigneurie d'Anast ou de Maure était partagée au XIIIème siècle entre les seigneurs d'Anast et de Maure. Elle devient ensuite la propriété de la famille de Rochechouart marquis de Mortemart en 1660, puis de Marie Anne Colbert, duchesse de Mortemart en 1688 et des familles Picquet seigneurs de la Motte (en 1701), de Rosnyvinen marquis de Piré (vers 1710 et en 1789), Bêlan ;

l'ancien manoir de Pellan, situé route de Lieuron. Propriété successive des seigneurs Pellan (en 1238 et en 1426), du Pont-Rouaud (en 1513), Fournier seigneurs du Val-Hamon (en 1680) ;

l'ancien manoir de la Tremblais, situé route de Lieuron. Propriété successive des familles de la Juardaye (en 1426), Piel (en 1513), de Bégasson (en 1695) ;

l'ancien manoir de la Barbouinaye, situé route de Lieuron. Propriété successive des familles de Pellan (en 1426), du Pont-Rouaud (en 1513), le Chauff (au milieu du XVIIème siècle et en 1700) ;

le manoir des Cambaras, situé route de Saint-Séglin. On y voit une chapelle du XVIIème siècle, édifiée par Jean Fournier sieur du Val Hamon en 1635 et interdite en 1727. Propriété successive des familles Chasteaulou (en 1426), de la Motte (en 1513), Mouraud seigneurs de la Sauvagère (en 1695) et Fournier seigneurs de Trélo (en 1775 et en 1741) ;

l'ancien manoir du Moulin-Hamon, situé route de Saint-Séglin. Propriété de la famille du Masle en 1426 et en 1513 ;

l'ancien manoir de l'Abbaye. Propriété de la famille du Ronceray en 1426. Nous sommes porté à croire que l'ancien manoir de Saint-Maur, situé en Mernel, mais à la porte de Maure, a une origine monastique. En 843, en effet, Anawareth, seigneur d'Anast, embrassa la vie religieuse au monastère de Saint-Maur-sur-Loire, et donna à cette abbaye toute sa terre d'Anast avec son église et six chapelles qui en dépendaient ; or, il est certain que la paroisse d'Anast est devenue la paroisse moderne de Maure, et nous pensons que les Bénédictins de Saint-Maur-sur-Loire vinrent s'établir chez nous pour gouverner le vaste territoire qu'on leur confiait et construisirent le prieuré de Saint-Maur. Mais depuis bien des siècles il n'est plus fait mention de ces religieux dans notre pays, ce qui n'est pas étonnant, car l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire eut tant à souffrir des invasions normandes qu'elle ne se releva jamais complètement de ses ruines et perdit toutes ses possessions en Bretagne (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien manoir de Vidouët. Propriété de la famille Mouraud en 1513 ;

l'ancien château de la Lardaye. Sa chapelle du XVIIème siècle possède une abside à pans coupés et un campanile. La chapelle de la Lardaye fut bâtie dans la cour de ce manoir par Clément de Bégasson, seigneur de la Lardaye ; par son testament du 2 février 1658, il y fonda deux messes par semaine, desservies en 1690 par Jean Brunart (Pouillé de Rennes). On y voit une fuie circulaire. Il avait jadis un droit de haute justice. Propriété de la famille Guillou en 1513, puis de la famille de Bégasson au début du XVIIème siècle et en 1789 ;l'ancien prieuré de Boussac. Ancienne dépendance de l'abbaye de Paimpont, on le surnomme aussi la Priouté. Sa chapelle en ruines conserve une abside demi-circulaire ;

l'ancien manoir de la Fosse. Propriété de la famille du Ronceray, puis de la famille de la Tourneraye en 1513 ;

l'ancien manoir du Chesne. Propriété successive des familles Lévesque (en 1426), du Puy (en 1437), de Vaunoise (vers 1681) et de Thomas seigneurs de la Caulnelaye (vers 1722) ;

l'ancien manoir de Brambéat ou Brambéac. Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété des seigneurs de Brambéat (en 1426), puis des familles de la Marzelière (en 1513) et de Marnières (en 1637 et en 1780) ;

l'ancien manoir de la Barre-Limoges. Une croix de Malte est visible sur l’une des portes. Propriété de la famille Limoges au XVIIème et au XVIIIème siècles ;

l'ancien manoir de Launay, situé route de Plélan-le-Grand. Propriété de la famille de Montauban seigneurs du Bois-Basset en 1426, puis de la famille Becdelièvre seigneurs du Bois-Basset en 1513 ;

le manoir du Bois-au-Fût, situé route de Plélan-le-Grand. Propriété de la famille Garzel en 1513, puis de la famille Rozy en 1687 et en 1726 ;

l'ancien manoir de Trébert. Propriété des seigneurs de Trébert en 1144, puis de la famille du Bézit en 1513 et de la famille du Bé en 1649 ;

l'ancien manoir de la Croix. Propriété de la famille Marcadé seigneurs de la Pacaudaye en 1513 ;

l'ancien manoir du Petit-Penhoët, situé route de Saint-Séglin. Propriété de la famille du Mans en 1426 ;

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ANCIENNE NOBLESSE de MAURE-DE-BRETAGNE

Le comté de Maure : La paroisse de Maure s'appelait Anast au IXème siècle et avait à sa tête en 843 un seigneur breton nommé Anowareth. Celui-ci donna à cette époque sa terre d'Anast avec ses églises à l'abbaye de Saint-Maur-sur-Loire. Les bénédictins fondèrent en Anast le prieuré de Saint-Maur dont la paroisse prit le nom simplifié depuis. Mais après la ruine de l'abbaye de Saint-Maur au XIème siècle par les Normands, la seigneurie d'Anast ou de Maure retomba en des mains laïques. Nous voyons, eu effet, paraître avec un certain éclat au XIIIème siècle une famille d'Anast, à laquelle appartint Thomas d'Anast marié à Peronne Lespine, père de Geffroy d'Anast chevalier et d'autre Thomas d'Anast mort évêque de Quimper. Autre fait significatif : nous savons qu'en 1294 « Monsour Jehan de Maure recognut debvoir (a l'ost du duc) demy chevalier, et les hoirs de Monsour Geffroy d'Anast doibvent l'aultre moitié, et les hoirs de Monsour Guillaume d'Anast demy chevalier » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1007). Voilà donc au XIIIème siècle la seigneurie d'Anast ou de Maure partagée entre deux sires d'Anast qui en ont les deux tiers et un sire de Maure qui ne possède que l'autre tiers. Remarquons encore que les sires de Maure n'apparaissent guère avant cette époque. Concluons donc que la seigneurie d'Anast subsista après le IXème siècle jusqu'à la fin du XIIIème, qu'elle fut très longtemps prédominante dans la paroisse de Maure, qu'elle se trouva plus tard divisée en deux sections : Anast et Maure et qu'elle fut en définitif absorbée par cette dernière. Les commencements des sires de Maure sont par suite pleins d'obscurité ; du Paz ayant dressé leur généalogie (Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 631), nous nous bornerons à la résumer ici. Jean Ier seigneur de Maure vivait en 1240. — Jean II, son fils, épousa Raymonde de Bonaban, dame dudit lieu et mourut en 1306 ; il fut inhumé dans l'abbaye de Paimpont, près de sa mère, de sa femme et de son fils Robert décédés avant lui. Ce seigneur avait été sénéchal du duc de Bretagne en Angleterre et avait pris part à la guerre de Flandre ; son sceau en 1298 porte ses armoiries : De gueules au croissant de vair. Jean III sire de Maure s'unit à Hilarie de Mareil. — Jean IV et Miette de Rochefort dame de Quéhillac, sa femme, furent inhumés dans l'église des Frères Prêcheurs de Nantes, le seigneur de Maure en 1332 et sa veuve en 1350. — Jean V, « chevalier de mérite, de grande valeur et réputation », fut fait prisonnier à la bataille d'Auray ; il épousa : - 1° en 1330 Marquise du Pont ; - 2° Plésou de la Roncière, décédée en 1355 et enterrée à Notre-Dame de Pontorson ; lui-même ne mourut qu'en 1385, âgé de soixante-et-onze ans. —Jean VI décéda sans postérité en 1413 ; sa succession fut recueillie par son neveu Pierre de Maure, fils de Guillaume et de Roberte de la Haye. — Pierre Ier avait épousé dès 1410 Jeanne de Fontenay, veuve de Jean d'Acigné ; il mourut le jour de Pâques 1417 et voulut reposer après sa mort « dans sa chapelle de Maure ». — Pierre II, son fils, contracta alliance en 1423 avec Jeanne de la Lande et décéda à son château de Maure le 28 juin 1465. Jean VII sire de Maure, chambellan du duc François II puis du roi Charles VIII, s'unit  : - 1° à Jeanne de la Chapelle, dame des Brieux, et - 2° à Jeanne du Pont ; il mourut le 20 juillet 1500 et fut inhumé dans l'église de Maure. — Jean VIII, fils du précédent et de sa première femme, épousa : - 1er Marie Anger, dame du Plessix-Anger, - 2° Denise de la Ville-Aubert et mourut le 17 juillet 1529. — François, premier comte de Maure, naquit au Plessix-Anger (Plessis-Anger) de la première union de son père qui précède. Il se maria : - 1° en 1513 à Hélène de Rohan, dame de Landal, décédée à son château de la Rigaudière le 15 mai 1541 ; - 2° en 1543 à Magdeleine de la Chapelle morte le 12 mars 1551, et - 3° en 1553 à Jacquemine Le Hidoux. Ce seigneur mourut au Temple de Maupertuis le 29 avril 1557, âgé de soixante ans ; son corps fut apporté en l'église de Maure. — Claude, comte de Maure, issu du premier mariage du précédent, s'unit en 1554 à Françoise de Pompadour, fut fait chevalier de l'ordre du roi, combattit vaillamment à la guerre et décéda le 25 avril 1564 à l'âge de quarante-six ans. — Charles, comte de Maure, marié en 1573 à Diane d'Escars, fut tué en duel à peine âgé de vingt ans, par le comte de Saint-Mégrin à Angoulême ; il fut inhumé dans la cathédrale le cette ville. Ce dernier comte de Maure ne laissait qu'une fille Louise de Maure qui épousa : - 1° en 1587 Odet de Matignon, comte de Thorigny, dont elle n'eut pas d'enfants, - 2° le 5 août 1600 Gaspard de Rochechouart, marquis de Mortemart, qui mourut à Paris le 25 juillet 1643. Cette dame conserva toujours la jouissance de son comté de Maure jusqu'à son propre décès arrivé vers 1644. Son second fils Louis de Rochechouart hérita du comté de Maure pour lequel il rendit aveu au roi le 30 août 1645 ; il contracta alliance avec Anne Dony d'Attichy, dont il n'eut pas d'enfants et mourut âgé de soixante-sept ans le 9 novembre 1669. Sa succession passa à son frère Gabriel de Rochechouart duc de Mortemart, mari de Diane de Grandseigne. Toutefois à la mort de ce seigneur arrivée en 1675 presque tous ses biens de Bretagne furent vendus pour satisfaire ses créanciers ; ils furent rachetés par son fils Louis-Victor de Rochechouart, duc de Mortemart, époux d'Antoinette de Mesmes, qui s'en démit de son vivant en faveur de son propre fils, Louis de Rochechouart à son tour duc de Mortemart et époux de Marie-Anne Colbert. Ce dernier fit aveu au roi pour le comté de Maure le 30 janvier 1686 ; deux ans après il mourait laissant ce comté à sa veuve en remboursement des deniers dotaux de cette dame, quoique leur second fils Jean-Baptiste de Rochechouart prit le titre de comte de Maure. Marie-Anne Colbert, duchesse de Mortemart, fit hommage au roi le 27 novembre 1690 pour sa terre de Maure et en rendit aveu en 1695 (Archives de Loire-Inférieure, voir Maure) ; mais le 28 mai 1701 elle vendit ce comté de Maure à Jean Picquet, seigneur de la Motte, greffier en chef au Parlement de Bretagne. Jean Picquet donna Maure et ses annexes Lohéac et le Plessix-Anger à sa fille Judith Picquet qui venait d'épouser, le 12 mars 1701, Jean de Rosnyvinen marquis de Piré, Mme de Piré mourut, comme nous l'avons dit, très âgée et très vénérée en 1778 au château des Champs en Lohéac. Son fils Guillaume de Rosnyvinen, marquis de Piré fut le dernier comte de Maure, rendit aveu pour cette terre eu 1784 et renonça solennellement en 1790 à tous ses droits féodaux. Il avait épousé en 1732 Louise de Visdelou et il mourut à Rennes, âgé de quatre-vingt-quatre ans le 16 mai 1796. Son fils Pierre de Rosnyvinen ayant émigré, la Nation s'empara de la terre de Maure et la vendit le 15 avril 1799. 

Voici comment fut formé au XVIème siècle le comté de Maure : François sire de Maure, ayant reçu de ses ancêtres les seigneuries de Maure, des Brieux et du Plessix-Anger, acheta vers 1550 ce qui restait encore de l'antique et importante baronnie de Lohéac ; il obtint ensuite du roi Henri II des lettres patentes, en date du 8 novembre 1553, unissant toutes ces seigneuries et les érigeant en comté sous le titre de comté de Maure (Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 652). Comme nous connaissons déjà les seigneuries de Lohéac et des Brieux, il ne nous reste à parler que de celles de Maure et du Plessis-Anger (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de Piré). Le domaine proche de la seigneurie de Maure, ancienne bannière selon dom Morice, se composait du château de ce nom avec sa métairie, ses deux moulins à eau et son moulin à vent. L'aveu de 1465 s'exprime ainsi : « le manoir et herbregement de Maure en mésons, courts, jardins et appartenances, les boais dudict lieu, de la Guinardaye et du Jaroczay, et la vigne de Maure contenant cinq journaux, etc. » (Archives de Loire-Inférieure, voir Maure). Il reste bien peu de chose aujourd'hui du château de Maure qui fut saccagé par le duc de Mercœur et complètement détruit à la suite des guerres de la Ligue. Un vaste rectangle entouré d'un double talus et d'une large douve en montre seul l'emplacement ; çà et là apparaissent à fleur de terre les derniers débris des fondations de cette demeure seigneuriale voisine du bourg de Maure. Plus bas se trouve une belle motte féodale entourée d'une douve assez considérable ; à côté de celle-ci est une vieille chapelle renfermant encore la pierre tombale d'un sire de Maure. Ailleurs sont les vestiges d'un temple huguenot construit au XVIème siècle lorsque les seigneurs de Maure devenus protestants firent prêcher chez eux la religion prétendue réformée. Enfin une autre ruine passe pour avoir été un petit sanctuaire à l'usage des condamnés à mort, les fourches patibulaires de la seigneurie s'élevant jadis à côté. La seigneurie de Maure se composait d'un certain nombre de bailliages s'étendant en onze paroisses : Maure, Mernel, Loutehel, Guer, Saint-Séglin, Lieuron, Guichen, Campel, Guignen, Comblessac et Sixt. Les principales mouvances de la baronnie étaient les seigneuries du Bois-d'Anast, de Brambéac, des Cambaras, de Saint-Maur, de la Roche-Cotterel, du Val de Campel, de la Sauvagère, etc. Le sire de Maure avait droit de tenir tous les lundis un marché en « sa ville de Maure » reliée au château par un chemin pavé ; il y jouissait aussi de quatre foires fixées à la Saint-Maur (15 janvier), à l'Ascension, à la Saint-Claude (6 juin), et au lendemain de la Nativité de la Vierge ; mais cette dernière foire se tenait près de la chapelle Notre-Dame de Bovel. Enfin il possédait à Maure des  « halles et étaux, un four à ban, un auditoire, des prisons et basses-fosses, etc. ». Le droit de bouteillage appartenait au seigneur de Maure, non seulement « en la ville et paroisse de Maure, mais encore aux paroisses et bourgades de Lieuron, Saint-Séglin, Campel et Bovel ». Un aveu de 1545 mentionne aussi que le seigneur de Saint-Maur en Mernel doit au sire de Maure « une escletouère de deux gaulles par chacun an, au jour et feste de Monseigneur saint André, à estre payée au bourg de Maure au matin d'iceluy jour à l'issue de la grant messe dudit lieu, avec du feu et de la paille à peine d'amende » (Archives de Loire-Inférieure). Seigneur haut-justicier, ayant à Maure même ses ceps et collier, et non loin de son château ses fourches patibulaires, le seigneur de Maure était fondateur et prééminencier supérieur des églises de Maure, Campel, Saint-Séglin, Lieuron et Loutehel ; il présentait, en outre, les chapellenies des Cadets à Maure et de la Haultière en Saint-Séglin. Les armoiries des sires de Maure de gueules au croissant de vair étaient naguères encore sur la vieille église de Maure aujourd'hui démolie. Ces seigneurs y avaient deux enfeux : l'un réservé aux chefs de la famille dans le chanceau et là reposèrent un grand nombre d'entre eux, — l'autre dans une chapelle latérale dédiée à sainte Catherine, et vulgairement appelée chapelle des Cadets, parce qu'on y déposait les corps des puînés de la noble maison. En 1695 la dame de Maure prétendait avoir le droit de faire de cette église de Maure une collégiale, et d'y mettre pour la desservir des chanoines dont la présentation lui appartiendrait. Elle jouissait aussi du droit de nommer le sacristain de cette église et d'instituer un maître d'école chargé d'instruire les enfants de la paroisse de Maure. 

Ce qui précède constituait la seigneurie de Maure proprement dite, mais le comté de Maure bien plus étendu comprenait, en outre, avons-nous dit, Lohéac, les Brieux et le Plessix-Anger (Plessis-Anger). Cette dernière seigneurie d'une relative importance avait été apportée par Marie Anger à son mari Jean VIII, sire de Maure. La famille Anger habita d'abord, d'après du Paz, la forteresse du Château-Blanc dont on retrouve encore quelques vestiges en Guipry sur le bord de la Vilaine ; ce château ayant été ruiné pendant les guerres du XIVème siècle, ses possesseurs construisirent à l'intérieur des terres, en Lieuron, une nouvelle demeure qui prit d'eux le nom de Plessix-Anger (Plessis-Anger). Mais ce dernier manoir était lui-même en ruines dès 1545 et il n'en subsiste plus que l'assiette, vaste carré de douves profondes, flanqué des bases de quatre tours à ses angles. La seigneurie du Plessix-Anger s'étendait surtout en Lieuron et Pipriac, relevait directement du roi et jouissait d'une haute justice. Pour se figurer exactement ce qu'était le comté de Maure, il faut lire le compte-rendu d'une intéressante visite qu'y fit en 1623, la dernière descendante des sires de Maure, Louise comtesse de Maure et marquise de Mortemart. Le comté s'étendait alors d'un côté depuis Guipry jusqu'à Plélan et de l'autre depuis Sixt jusqu'à Laillé ; les nombreux intersignes féodaux signalés à cette occasion tant dans les églises et chapelles que dans les châteaux et manoirs de ce territoire sont en même temps un éclatant témoignage de la puissance féodale des comtes de Maure (abbé Guillotin de Corson).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 25 nobles de Maure (Maure-de-Bretagne) :

Philippe DE BRAMBEAT de Brambéat (300 livres de revenu), remplacé par son fils Pierre : comparaît comme homme d'armes ;

Roland DE LA BOUERE de Treman (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Lorans DE LA CHAPELLE, sr de Pelen (600 livres de revenu) : défaillant ;

Gilles DE LA MOTTE de Cambaras (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jehan DE LA SOUAYE de Bois-au-Voyer (60 livres de revenu) : défaillant ;

Olivier DE LA SOUAYE (120 livres de revenu), remplacé par son fils Jehan : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jacques DE LASSI de la Billiaye (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Pierre DE LOURME (140 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jean VII DE MAURE de Maure (3000 livres de revenu) : défaillant ;

Perrine DE TREBERT de Trébert (15 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jehan DE VILLEBLANCHE du Boisbasset (80 livres de revenu) : défaillant ;

Dame DU BOESDENART de Boesdenart (240 livres de revenu) , remplacé par Pierre du Boesdenart : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Bertrand DU BOESDENAST (5 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan DU FROST (100 livres de revenu) : comparaît vêtu de sa robe ;

Jehan DU PUEY du Chesne (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Philippe DU RONCZERAY (10 livres de revenu) : exempté, car appartenant à la maison du duc ;

Jehan DU VAL (30 livres de revenu) : défaillant ;

Guillaume ERMAR (80 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Jehan GUILLO (120 livres de revenu), remplacé par son fils Pierre : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Jehan GUYON (5 livres de revenu) : défaillant ;

Georges GUYON de Boesdenast (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Pierre HARDY (5 livres de revenu) : défaillant ;

Michel MARCADE de Landriaye (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

Marie PERRIEL (3 livres de revenu) : défaillante ;

Guillaume PERRIEL ou PIEL de Tremblaye (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

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