Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue !

LOUTEHEL

  Retour page d'accueil        Retour Canton de Maure-de-Bretagne  

La commune de Loutehel (bzh.gif (80 octets) Loutehel) fait partie du canton de Maure-de-Bretagne. Loutehel dépend de l'arrondissement de Redon, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).      

Vous possédez des informations historiques sur Loutehel, vous souhaitez les mettre sur le site infobretagne, contactez-moi par mail (voir page d'accueil)

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LOUTEHEL

Loutehel vient du breton "lou" (lac) et de "Téhel". 

En 843, Loutehel est probablement l'une des sept chapelles qui dépend de l'ancienne paroisse d'Anast (Maure). Trève de la paroisse de Maure-de-Bretagne, Loutehel devient une paroisse indépendante dès le XIIème siècle. Selon la légende, Saint Armel, patron de la paroisse, serait passé à Loutehel et y aurait fait jaillir une source, près du bourg, sur le bord ouest de la route de Guer (fontaine saint Armel). 

Comme la paroisse du Lou, celle de Loutehel tire son nom des louc'h ou étangs voisins du bourg, environnant le vieux manoir de la Lohière. Reste à savoir quel était ce Téhel dont le nom est joint à celui des étangs qu'il fit peut-être creuser lui-même. Quoi qu'il en soit, la paroisse de Loutehel nous apparaît pour la première fois au milieu du XIIIème siècle. En 1250, en effet, Pierre Meleine, paroissien de Mernel, donna à l'évêque de Saint-Malo, pour le salut de son âme et en pure et perpétuelle aumône, le tiers de la dîme des grains et des vins qu'il levait dans la paroisse de Loutehel, « terciam partem tocius decime in parrochia de Loutehel, tam in blado quam in vivo pertinentis » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Saint-Malo). Cette dîme semble avoir fait partie des dîmes d'Anast mentionnées en 1245, et l'on est porté à croire que Loutehel était à l'origine une des sept chapelles dépendant en 843 de l'église Saint-Pierre d'Anast, qui devint l'église paroissiale de Maure (Maure-de-Bretagne). D'après cela, la paroisse de Loutehel eût été un démembrement de celle de Maure antérieur à 1250. Quoi qu'il en fût, au XVIIIème siècle l'évêque de Saint-Malo était encore grand décimateur à Loutehel, dont le recteur était à la présentation de l'ordinaire. Ce recteur jouissait alors d'environ 600 livres de rente (Pouillé ms. de Saint-Malo, 1739-1767).

L'auditoire, le cep et le collier de la seigneurie du Plessis-Hudelor se trouvaient au bourg de Loutehel. Le village de la Maladrie semble indiquer l'emplacement d'une ancienne léproserie. La paroisse de Loutehel dépendait jadis de l'ancien évêché de Saint-Malo.

On rencontre les appellations suivantes : Parochia de Loutehel (en 1250), Louthehel (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Loutehel : Jean Agaice (décédé vers 1565). Pierre Amice (pourvu sur la résignation du précédent, en 1565, débouta Jean du Plessix, qui prétendait au bénéfice ; Pierre Amice résigna en faveur du suivant). François Becdelièvre (il fut pourvu le 23 août 1567). François de la Villeloys (il résigna en 1575). Pierre de Couëdor (il prit possession le 21 juin 1575 ; décédé vers 1585). François Salmon (il succéda au précédent le 30 janvier 1585). Jean Guillouet (il résigna en 1586). Guillaume Macé (il fut pourvu le 13 juillet 1586 ; décédé en 1593). Jean Pâris (il fut pourvu le 26 mars 1593). Guillaume Renault (décédé en 1631). Raoul Oresve (il prit possession le 10 août 1631 et résigna au bout d'un an). Pierre Hamon (pourvu le 18 novembre 1632, il fut promoteur de l'officialité de Saint-Malo de Beignon ; décédé en octobre 1654). Mathurin Morin (en 1660 ; décédé en 1675 à Rennes et inhumé à Toussaints). Pierre Barre (en 1685). Guillaume Lanse (en 1693 ; décédé en 1700). Olivier Josse (il fut pourvu le 11 juin 1700 ; décédé en 1731). Julien-Joseph Hellaudays (natif de Bazouges-la-Pérouse, pourvu le 27 août 1731, prit possession le 1er septembre ; décédé le 3 juillet 1753). Jean-Baptiste Ménard (pourvu le 5 octobre 1753, il résigna en 1755). Joseph Robin (il fut pourvu le 5 mai 1755 ; décédé le 10 juillet 1783). Ignace Renais (pourvu le 22 décembre 1783, gouverna jusqu'à la Révolution, se cacha dans le pays pendant la Terreur et fut réinstallé en 1803 ; décédé en janvier 1805). Jean-Louis Poirier (1805, décédé en 1828). Jean-Mathurin Jollive (à partir de 1828), .....

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de LOUTEHEL

l'église Saint-Armel (1835-1839). Saint Armel est le patron de cette église, et l'on voit sa fontaine au sortir du bourg. En 1645, Pierre Hamon, recteur de Loutehel, obtint de M. Tyart, recteur de Ploërmel, des reliques insignes de saint Armel ; ces précieux restes furent placés en 1685 dans un nouveau reliquaire en forme de chef par le recteur Pierre Barre. De l'ancienne église il ne reste plus rien ; l'édifice actuel, en forme de croix, a été construit de 1835 à 1839. En 1620, Louise de Maure, dame de Mortemart, se fit confirmer par le roi dans la possession des prééminences de l'église de Loutehel, relevant de son comté de Maure. Mais au XVIIIème siècle le seigneur de Guer était regardé comme supérieur, fondateur et prééminencier à Loutehel, à cause de sa seigneurie de la Lohière. A cette époque, en effet, on voyait dans le chanceau de l'église de Loutehel l'enfeu des seigneurs de la Lohière. Attenant à cette église se trouvait aussi, dès 1624, la chapelle du Plessix-Hudelor, dans laquelle Jean Hudelor, seigneur du Plessix, avait à cette époque un banc et quatre pierres tombales. Enfin, les seigneurs du Breil jouissaient de tombes armoriées placées dans la nef (Pouillé de Rennes). La tribune date de 1892. Le reliquaire de Saint-Armel date de 1685. Les pierres tombales et les armoiries des seigneurs Lohières et du Plessis-Hudelor datent du XV-XVIème siècle. L'église primitive datait du XIIème siècle : elle était entourée d'une litre extérieure et intérieure aux armes des seigneurs de la Lohière. Les armes des seigneurs de la Lohière se voyaient aussi jadis sur les murs et les vitres, dont l'une portait l'écusson des d'Avaugour, seigneurs de la Lohière du milieu du XVIème au milieu du XVIIème siècle. L'enfeu de la Lohière se trouvait au nord du choeur : il était aux armes de la famille Le Prestre, seigneurs de la Lohière du début du XVème siècle au milieu du XVIème siècle. De plus les seigneurs du Breuil possédaient des tombes armoriées dans la nef ; 

l'ancienne chapelle (XVII-XVIIIème siècle). Cette chapelle est restaurée en 1829 ; 

la croix tréflée plate, située sur la route de Thélin ;

la maison noble (XV-XIXème siècle). Cette demeure, qui est attestée en 1444, est la propriété de Louis Ettore ou des Boisglé au milieu du XVème siècle ; 

l'ancien manoir de Tridoret ou Tréhorel ou Thidoret (XVIème siècle). Elle est la propriété de la famille Couriolle en 1513 ; 

le manoir du Plessis-Hudelor (XVIIème siècle). La chapelle du Plessix-Hudelor, bâtie au XVIIème siècle près du manoir de ce nom, fut fondée, par acte du 17 décembre 1708, de deux messes hebdomadaires, par Anne Hudelor, dame du Plessix, qui présenta Achille Duplessix pour la desservir. Celui-ci fut remplacé en 1745 par Siméon de la Marre. Cette chapelle a été restaurée en 1828 et bénite de nouveau en 1829 par Mgr de Lesquen ; elle a été vers cette époque donnée à la fabrique par la famille Le Mallier de Chassonville, propriétaire du Plessix-Hudelor (Pouillé de Rennes). Le Plessis-Hudelor était une châtellenie et exerçait jadis un droit de haute justice dans l'auditoire de Loutehel. Propriété successive des familles Hudelor (dès 1444 et en 1679), du Plessis, Joulneaux seigneurs du Breil-Houssoux (au milieu du XVIIIème siècle), Moro sieurs de la Fauvellière (en 1776), de Saint-Malon (à la fin du XVIIIème siècle) ; 

le château de la Lohière (XIXème siècle). Un château primitif est attesté dès le XIVème siècle : il était fortifié et possédait une cour entourée de douves avec un portail et un pont-levis et quatre tours. On y voyait un colombier. Ce château est alors le siège d'une seigneurie importante qui s'étend sur les paroisses de Loutehel, de Maure, de Campel, de Guer, de Plélan et de Maxent. Il possédait jadis un droit de haute justice avec un gibet à trois poteaux et des ceps et collier. L'étang qui dépendait du château était appelé le Lou-Borgnard. Sa chapelle privée est sécularisée. A signaler que la chapelle de la Lohière, bâtie par les seigneurs du lieu, près de leur manoir, fut interdite vers 1720 par défaut de fondation. Propriété successive des familles Gicquel (au XIIIème et au XIVème siècles), le Prestre (vers 1401 et en 1513), d'Avaugour (en 1639), Maingard (en 1660), de Marnières seigneurs de Guer (en 1661), de la Vigne, Pinczon du Sel. La seigneurie est unie à la châtellenie de Guer en 1678 ; 

l'oratoire de Saint-Armel (1870) ; 

la fontaine Saint-Armel, restaurée vers 1870. C'est un petit monument restauré depuis peu avec goût et orné d'une belle statue de saint Armel ; les habitants de Loutehel prétendent bien devoir cette source à la puissance et à la bonté de leur saint patron ; ils assurent qu'il s'agit de leur paroisse dans le passage suivant de la vie de saint Armel, écrite, il y a trois cents ans, par le bon Père Albert Le Grand : « Saint Armel, passant par un village où il ne se trouvait point de bonne eau, posa son bâton en terre, et, après avoir fait oraison, le retira, et incontinent il parut en ce lieu une source de bonne eau, laquelle n'a, depuis, cessé de couler, et s'appelle la fontaine de Saint-Armel ». Il est, on effet, traditionnel à Loutehel que jamais cette fontaine n'a tari. Les nombreux pèlerins qui viennent en ce bourg à la mi-août, le jour de Saint-Armel (16 août) et le dimanche suivant, vont encore tous se laver à cette fontaine vénérée, puis ils font le tour de l'église paroissiale en récitant leur chapelet, et ils terminent par une prière aux pieds de la statue du bienheureux (Pouillé de Rennes) ;

3 moulins dont le moulin à vent de Pierre Droite (XV-XVIème siècle), et les moulins à eau de Plessis-Hudelor (XVIIIème siècle), de Boscher ; 

A signaler aussi : 

le menhir situé au lieu-dit La Pierre-Droite (époque néolithique) ; 

l'ancien manoir de la Motte, situé au bourg de Loutehel. Propriété de la famille de Lambilly en 1513 ;

l'ancien manoir du Breil, situé route de Campel. Il avait jadis un droit de haute justice. Propriété successive des familles de la Motte (en 1447), le Prestre seigneurs de la Lohière (en 1513), de Marnières seigneurs de Guer et de la Lohière (en 1680 et en 1780) ;

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

ANCIENNE NOBLESSE de LOUTEHEL

La seigneurie de la Lohière : Le nouveau et élégant château de la Lohière, qu'environnent de beaux étangs et de vastes prairies, remplace l'antique manoir de ce nom dans la paroisse de Loutehel. C'était au moyen-âge le chef-lieu d'une seigneurie appartenant durant les XIIIème et XIVème siècles à une famille noble du nom de Gicquel. Celui qui jeta le plus d'illustration sur cette maison fut Jean Gicquel ; la tradition locale rapporte qu'il naquit à la Lohière. D'abord prêtre, chanoine et trésorier de la cathédrale de Rennes, il fut élu et sacré évêque de cette ville en 1229. Joinville nous apprend que Jean Gicquel se croisa à l'exemple de quelques autres évêques, fit le voyage de la Terre-Sainte en 1250 et s'y signala par sa vaillance contre les Sarrasins. De retour à Rennes, il mourut le 14 janvier 1258. La famille Gicquel conserva la Lohière longtemps après ; mais en 1401 elle n'était plus représentée que par deux membres Amaury Gicquel, seigneur de la Lohière, et Isabeau Gicquel, sa soeur, mariée cette année-là à Jean Ier Le Prestre, fils de Perrot Le Prestre, bourgeois de Rennes, ayant en 1379 juré l'association formée pour l'indépendance de la Bretagne. Amaury Gicquel étant décédé sans postérité, Isabeau Gicquel hérita de la Lohière ; mais elle mourut elle-même au mois d'octobre 1438, laissant cette seigneurie à son fils Jean II Le Prestre. Ce dernier — qui avait dès 1437 prêté serment de fidélité au duc de Bretagne — lui fit aveu en 1439 pour sa terre de la Lohière. Un peu plus tard on le rencontre combattant à la suite du maréchal de Rieux. Il épousa Béatrice de Peillac qui lui donna deux fils : Jean III, qui suit, et Pierre Le Prestre, seigneur de Menart en Chavagne. Il décéda vers 1467 (Archives de Loire-Inférieure, B, voir Loutehel). Jean III Le Prestre, seigneur de la Lohière, ambassadeur en Angleterre l'an 1488, s'unit à Marguerite Labbé ; il dut mourir vers 1492, car à cette époque son fils Jean fournit le minu des rentes féodales qui lui étaient échues de sa succession (Archives de Loire-Inférieure, B, voir Loutehel). Il laissait deux fils, appelés tous les deux Jean : Jean IV, seigneur de la Lohière, et Jean, époux de Jacquette de Coëtlogon, dame de Lezonnet en Loyat et auteur de la branche des Le Prestre de Lezonnet. Jean IV Le Prestre s'unit à Marie de Guengat et mourut en janvier 1530, laissant la seigneurie de la Lohière à son fils Gilles qui n'en fit la déclaration au roi qu'en 1540 seulement (Archives de Loire-Inférieure, B, voir Loutehel). Gilles Le Prestre, seigneur de la Lohière, avait épousé, par contrat du 22 décembre 1518, Guillemette Le Roy, fille de Jacques, seigneur du Plessix-Raffray, et nièce du riche prélat Thomas Le Roy, évêque-élu de Dol. Devenu veuf en 1540 et l'année suivante capitaine des francs-archers de l'évêché de Cornouaille, Gilles Le Prestre décéda le 9 août 1555, ne laissant qu'une fille, Françoise Le Prestre, femme de Claude d'Avaugour ; cette dame mourut elle-même vers 1592. De l'union qui précède naquit Robert d'Avaugour, héritier de sa mère et seigneur de la Lohière, pour laquelle il fit hommage au roi en 1598 (Archives de Loire-Inférieure, B, 1015). Il épousa Perrine de Couëdor, veuve de lui en 1612, dont il eut un fils François d'Avaugour, seigneur de la Lohière après lui. Ce dernier s'unit à Claude de Nevet, fille du gouverneur de Quimper et dame de Couëdor en Guer ; mais elle mourut en 1634 et fut inhumée le 2 novembre dans le chanceau de l'église de Loutehel. François d'Avaugour se remaria deux fois ensuite : en 1638 avec Jeanne Frain, décédée dès 1641, puis avec Jeanne de Clisson. En 1660 ce seigneur vendit la Lohière, qu'il habitait, à Marie Maingard, douairière de la Biffardière. Cette dame naquit à Saint-Malo en 1620 de Thomas Maingard, sieur de la Tournairie, et de Charlotte Le Fer. Elle épousa en 1639 Julien de Marnières, seigneur de la Biffardière et conseiller au Parlement de Bretagne ; elle lui donna au moins trois enfants : Hélène en 1640, Julien en 1641 et Jean en 1643 ; tous trois reçurent ensemble les cérémonies du baptême le 12 mai 1644, dans l'église de Guer, après la mort de leur père. En effet Julien de Marnières était décédé en décembre 1643 ; son corps avait été inhumé dans l'église des Brulais, trêve de Comblessac, où il possédait les seigneuries de Brambéat et de la Bouère, et son coeur déposé en l'église de Guer, paroisse où il avait également des terres (Registres paroissiaux de Guer et des Brulais). Devenue ainsi veuve très jeune, Marie Maingard s'appliqua à augmenter sa fortune et celle de ses enfants : en 1660 elle acheta en Guer la baronnie de ce nom et la seigneurie de Couëdor et en Loutehel la terre seigneuriale de la Lohière, dont elle fit hommage au roi en 1664 (Archives de Loire-Inférieure, B, 1016). Elle arrondit ses terres de beaucoup de fiefs environnants et par l'entremise de Me Bretin, son notaire à Rennes, elle prêta quantité d'argent aux seigneurs ses voisins « uniquement — selon la formule — pour leur être agréable ». Elle vint habiter la Lohière où elle dut mourir vers 1680, car l'année suivante son fils aîné Julien de Marnières rendit hommage au roi pour ses seigneuries de Guer et de la Lohière (Archives de Loire-Inférieure, B 989). Ce Julien de Marnières, qualifié d'abord baron puis marquis de Guer, épousa le 19 mars 1686, dans la chapelle de l'évêché de Rennes, Marie-Anne du Boisbaudry, fille du seigneur de Langan, qui lui donna six enfants baptisés à Rennes. Il mourut en cette ville, le 7 août 1695, et son corps fut transporté à Guer pour y être inhumé dans l'enfeu qu'il avait au chanceau de l'église de cette paroisse. Sa veuve lui survécut jusqu'au 11 août 1747, qu'elle mourut aussi à Rennes ; ses restes furent transportés le lendemain en l'église de Guer (Registres paroissiaux de Saint-Etienne de Rennes). Leur fils aîné, Julien-Joseph de Marnières, né en 1688, succéda à son père en qualité de marquis de Guer et seigneur de la Lohière ; il épousa, le 4 septembre 1732, Angelique de Chappedelaine, fille du seigneur de l'Aumosne. Devenu doyen du Parlement de Bretagne, il mourut à Rennes et fut inhumé, le 7 avril 1766, en l'église de Guer ; sa veuve décéda également à Rennes en 1785 et fut inhumée à Guer près de lui le 23 décembre (Archives du Morbihan, E, suppl. 495 et 498). René-Jean de Marnières, marquis de Guer et seigneur de la Lohière, naquit à Rennes des précédents, le 19 juin 1739 ; reçu au Parlement de Bretagne d'abord comme conseiller en 1761, puis en qualité de président à mortier en 1775, il fit l'année suivante hommage au roi pour sa seigneurie de la Lohière (Archives de Loire-Inférieure, B, 1056). Il épousa à Pleucadeuc, le 17 décembre 1764, Louise-Rose de Cosnoal de Saint-Georges, dont il eut plusieurs enfants et qu'il perdit en 1790. Ayant pris part à l'émigration, il vit vendre ses terres, notamment la Lohière, confisquées par la Nation : il revint mourir à Rennes le 4 septembre 1804 (De l'Estourbeillon. Les familles françaises à Jersey, 64). 

Dès le XVIème siècle, la seigneurie de la Lohière jouissait d'une haute juridiction « avec gibet à trois posteaux, ceps et collier pour punir les malfaiteurs », droit de fondation de l'église de Loutehel, enfeu, lisière, banc et prééminences dans le chanceau de ce temple (Aveux de la seigneurie de la Lohière en 1540, 1567 et 1573). Relevant directement du roi, sous son domaine de Ploërmel, elle est même qualifiée de châtellenie dans l'hommage que rendit à Sa Majesté François d'Avaugour en 1633. Après l'acquisition de la Lohière par Marie Maingard, dame de la Biffardière, le fils de cette dame, Julien de Marnières, obtint de Louis XIV des lettres royales, datées du mois de juin 1678, unissant à la châtellenie de Guer la seigneurie de la Lohière et tous ses fiefs (Archives de Loire-Inférieure, B 87). Plus tard il fit également unir à celle de Guer les seigneuries de Coëtbo, Peillac, le Boisglé, Couëdor et Kerbiguet, toutes en Guer, et la terre et les fiefs de Brambéat en Comblessac. Ainsi fut constitué l'important ensemble seigneurial appelé marquisat de Guer. Quant à la seigneurie de la Lohière, elle s'étendait en six paroisses : Loutehel, Maure, Campel, Guer, Plélan et Maxent. Elle se composait d'une douzaine de bailliages dont les principaux étaient ceux de la Lohière, de la Motte, du Breil, de Campel, du Bois-Basset, du Courrouët et de Brangolo. Certain tenancier du fief de la Lohière devait à son seigneur une paire de gants blancs chaque année. Mais en sa qualité de marquis de Guer, le seigneur de la Lohière jouissait de nombreux et importants droits féodaux dans la paroisse de Guer. Outre ceux de foires et marchés, notons les droits de soule à la fête de Noël — de quintaine sur « les nouveaux mariés qui ne scavent escrire »  et de bouhourd « sur ceux qui scavent escrire », — de saut des poissonniers dans la rivière d'Aff, au temps de Pâques, etc. (Aveu de la seigneurie de Guer en 1680). 

L'église paroissiale de Loutehel étant bâtie dans le fief de la Lohière ; le seigneur de ce nom en était supérieur et fondateur ; il y avait sa litre armoiriée dedans et dehors et trois bancs prohibitifs dont deux dans le chanteau de chaque côté du maître-autel et le troisième dans la nef « à vis l'autel de Nostre-Dame ». Les tombes de son enfeu se trouvaient sous une « voute dans la muraille au bout du grand autel et du costé de l'évangile ». Sur cet enfeu et de chaque côté de la maîtresse vitre étaient gravés dans la pierre des écussons portant les armes de la famille Le Prestre : Ecartelé, aux 1er et 4e de sable à quatre fusées rangées et accolées d'or ; aux 2e et 3e d'argent à une quintefeuille de gueules. Les mêmes armoiries se retrouvaient peintes dans le principal vitrail du chanceau et dans les autres verrières de la nef. On y voyait aussi, particulièrement dans la vitre de la chapelle de Notre-Dame, le blason des sires d'Avaugour : D'argent au chef de gueules chargé d'une macle d'or (Etat de la seigneurie de la Lohière en 1670). 

Comme domaine proche, la seigneurie de la Lohière comprenait : le château de ce nom avec sa retenue — l'ancien manoir du Breil en Loutehel — les métairies nobles de la Borgnardaye, du Breil, de la Motte et du Pressoir, toutes également en Loutehel — le moulin du Boschet sur la rivière d'Aff, en Guer — le moulin à vent de la Pierre Droite, dont le nom rappelle un ancien menhir — les étangs de la Lohière ou du Lou-Borgnard, du Bois-Laurent, du Breil, des Mortiers et de Cahédreuc — plusieurs bois tant futaies que taillis — de longues rabines et un mail. En 1670 on estimait la seigneurie de la Lohière valoir, tant en fiefs qu'en terres, un peu plus de 7 000 livres de rente (Etat de la seigneurie de la Lohière en 1670). Le château de la Lohière se composait à la même époque de « plusieurs corps de logix autour d'une cour principale, cernez de douves et fossez, avec ponts levis et portail, plus une chapelle dans ladite enceinte ». Les jardins, renfermant le colombier, étaient eux-mêmes « clos de douves et levées de terre » ; enfin l'étang ou lac appelé « Lou-Borgnard » entourait une partie du château et une portion des jardins. Durant cette seconde moitié du XVIIème siècle, la culture de la vigne était encore en honneur, comme au moyen-âge, dans tout ce pays. Le poète Saint-Amant chantait les vignobles du château de Coëtbo en Guer, écrivant au seigneur de ce lieu : - Je n'ai rien trouvé de si beau - Comme ta maison de Goybeau, non pas à cause des avantages du manoir lui-même,  - Mais bien pour ce costeau de vigne - Qui seul est de ma muse digne, - Et que je veux si bien louer - Que Bacchus le puisse avouer (Cayot-Delandre – Le Morbihan, 307). Or à la même époque le seigneur de la Lohière possédait près de son propre château une pièce de terre contenant trois journaux et demi, avec muraille à l'entour, et « qu'on travaille présentement à mettre en vigne » (Etat de la seigneurie de la Lohière en 1670). Longtemps habité par ses possesseurs, du XIIIème au XVIIème siècle, le vieux manoir fortifié de la Lohière fut abandonné par eux lorsque les marquis de Guer se fixèrent à Coëtbo. Aussi quand vint la Révolution la Nation confisqua et mit en vente « la retenue et métairie de la Lohière, avec le portail fermant jadis l'entrée du château, le surplus dudit château ne formant plus qu'une mature en ruines » (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1 G, 280). Comme nous l'avons dit en commençant, ces ruines ont fait place à la fin du XIXème siècle à une jolie construction, oeuvre de la famille de la Vigne, devenue propriétaire de la Lohière, par l'acquisition qu'en fit en 1834 M. Ropert, dont la fille épousa M. de la Vigne. 

D'étranges traditions populaires circulent de nos jours au sujet de certaine dame de la Lohière appelée par les paysans la Piffardière (nota : Dans la Bio-bibliographie bretonne publiée par M. Kerviler, on lit à la page 271 du tome XIII : « Françoise de l'Estourheillon épousa en 1623 Guillaume de Marnières et a donné naissance à la légende de la dame de la Piffardiére, répandue dans le pays de Maure ». M. Kerviler a dû prendre ce renseignement à la page 231 de la Généalogie de la maison de l'Estourbeillon. Nous devons à ce sujet faire remarquer que Françoise de l'Estourbeillon, femme de Guillaume de Marnières, seigneur de la Hattaye, n'était point dame de la Biffardiére (ou Piffardière, comme on dit aujourd'hui) et ne posséda jamais la Lohière ; Marie Maingard, au contraire, mariée à Julien de Marnières, seigneur de la Biffardière, fils de Jean de Marnières, et d'Hélène du Val, seigneur et dame de la Biffardiére, porta durant tout son veuvage le titre de douairière de la Biffardière et acheta en son propre nom la terre de la Lohière ; or le peuple appelle indifféremment l'apparition légendaire soit la Piffardiére, soit la Bête de la Lohière, dénominations qui ne peuvent convenir à Françoise de l'Estourheillon, dame de la Hattaye) : « Elle s'en allait toujours escortée de deux chiens grands comme des genisses, qu'elle excitait et lançait sur les gens qui lui déplaisaient et qui ne tardaient guère à être dévorés par eux. Les étrangers ou les malheureux qui se permettaient d'entrer au château sans sa permission, ne reparaissaient plus dans le pays. Ils étaient mangés par les chiens ou jetés dans les étangs quand les animaux étaient repus » (Sébillot, Légendes locales de la Haute-Bretagne, II, 93). Depuis la mort de cette mégère, son âme continue de désoler le pays, y revenant sans cesse sous toutes les formes d'animaux. Les gens du peuple l'appellent la Bête de la Lohière ou simplement la Piffardière « L'un vous dira qu'il l'a vue en cheval, un autre en ours, un troisième en chien ou en chat, un dernier enfin en mouton ou en chèvre ; et tous vous affirmeront gravement et sérieusement que la Piffardière, dont ils ont fait rencontre à un carrefour de sentiers ou de chemins, les a suivis, tantôt grande et longue, tantôt petite et courte, les a poussés dans les mares, leur a passé entre les jambes pour les culbuter, et que par ses maléfices ils ont fait plus de route à quatre pattes que debout. Souvent aussi, sous la forme d'une belle cavale la Piffardière se présente aux gens fatigués et semble les inviter à la monter ; mais malheur à ceux qui céderaient à la tentation, car la Bête de la Lohière emporte ses cavaliers au diable » (Fouquet, Légendes et contes du Morbihan, 87 et 89). Terminons par une autre légende se rapportant aussi à la Lohière et demeurée également populaire en Loutehel : « Le château de la Lohière était réputé imprenable ; il faillit pourtant une fois tomber entre les mains des assiégeants : l'ennemi avait gagné l'un des gardes et lui avait fait promettre de placer une lanterne sur le faite de la plus haute tour ; le jour indiqué le garde, pris de remords, usa d'un stratagème qui eut un plein succès. Il alluma la lanterne, mais au lieu de la mettre à la place indiquée, il la hissa au haut d'un alizier qui reçut tous les coups. Quand le flambeau fut éteint, les agresseurs, croyant être les maîtres du château, se disposaient à y entrer, lorsque tout à coup les assiégés les attaquèrent par derrière et les jetèrent dans les étangs » (Sébillot, Légendes locales de la Haute-Bretagne, II, 104) (abbé Guillotin de Corson).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 6 nobles de Loutehel :

Jehan DE LA CHESNAYE de la Chesnaye (5 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Eon DE LA MOTTE du Breil (160 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan DE LA VALLEE (5 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Yvon HEUDELOR du Plessis-Hudelor (60 livres de revenu) ;

Jamette HEUDELOR, veuve (20 livres de revenu) : défaillante ;

Jehan LE PRESTRE de la Lohière (400 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

© Copyright - Tous droits réservés.