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LOCMARIA-QUIMPER |
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Le monastère ou prieuré de Locmaria-Quimper fut favorisé d'une guérison miraculeuse (Note : le P. Séjourné cite le fait dans son Histoire du Vén. J. Maunoir). La soeur converse, Catherine Haouel, était depuis plus d'un an en proie à des douleurs rhumatismales aiguës que rien ne calmait. Le 3 février 1683, l'application sur les parties souffrantes, d'une lettre du P. Maunoir, décédé le 28 janvier précédent, fit disparaître instantanément et définitivement, le mal. Lors de la visite canonique de 1700, cette miraculée comparut et fit une excellente impression. En 1714, Mgr. de Ploeuc fit son enquête et entendit quatre Bénédictines qui, sous la foi du serment, lui assurèrent le fait.
En 1705, au témoignage de Christophe Fresnel, recteur de Locmaria, le choix de la nouvelle supérieure, Mme de la Châtaigneraye, laissait entrevoir des jours de ferveur pour ce monastère désolé. Les rapports avec Saint-Sulpice durent se détendre, car le 17 mars 1730, l'abbesse réduisit de moitié la redevance annuelle, portée désormais à 75 livres. Elle fit remise de tous les arrérages et le concordat fut renouvelé.
Trêve de peu de durée. Le 11 mai 1732, une lettre de cachet défendant de recevoir des novices fut remise à la prieure, Françoise de Marigo. Pour parer ce coup, la communauté rédigea en juillet 1734 un placet adressé à Leurs Eminences les cardinaux Fleury et de Rohan, et apostillé par l'évêque de Quimper, Mgr. de Ploeuc, voire par l'abbesse de Saint-Sulpice, Madeleine-Elisabeth Bouchard d'Esparbès d'Aubeterre. La lettre de cachet dut être retirée avant le 20 octobre 1743, car on reçut alors comme novice une demoiselle Demisy de Lingry (Note : « Demoiselle Marianne Demisy, dame de Lingris, a pris l'habit au monastère du prieuré de Locmaria .... Elle aura personnellement besoin de quelque chose pour ses menus plaisirs et nécessités. A ces causes, nous, demoiselle Ursule Boyer, sa mère, stipulant pour Guillaume et Jeanne Demisy, nos enfants mineurs ; noble M. Julien Eustache Boyer, sieur de la Boissière, avocat à la Cour, Sénéchal et seul juge de Pondaven, dame Anne Demisy que j'autorise ; noble Jean Galabert, aîné, négociant, et dame Ursule Demisy que j'autorise, déclarons que ladite dame Demisy de Lingris jouira durant sa vie, du cinquième qu'elle aurait pris dans l'intérêt du feu sieur Demisy, notre père commun, dans la maison du Croissant, sur la place Terre-au-Duc, et dans celle y attenante, qu'occupe le sieur de Luandre » (Archives Départementales, G 313). Vers cette époque le monastère avait comme ressources : 1.800 livres de revenu fixe ; les pensions viagères de 12 religieuses ; 1.382 livres de casuel, et la pension « d'un nombre considérable de jeunes personnes que la régularité, reconnue de cette maison et l'heureuse éducation qu'on y donne, attirent de toutes parts » (Archives Départementales, G. 318).
La Révolution trouva au monastère 22 religieuses, 16 de choeur et 6 converses. Voici leurs noms, avec le montant de leur dot et la date du contrat. Les astérisques désignent celles qui eurent par la suite à subir l'emprisonnement. — Marie-Anne Le Rouge de Guerdavid, * prieure, 67 ans, fille de Louis-Hyacinthe et de Françoise-Renée de Marigo. Contrat du 12 février 1753, 200 livres. — Marie-Anne Demizit de Golobert, * de Concarneau, sous-prieure, 68 ans. Dot : 180 liv. — Louise de Kerguélen, * 78 ans. Dot : 470 liv. Morte durant sa détention à Kerlot, le 21 avril 1794. — Marie-Jeanne Guillemin de la Pallue *. — Elizabeth-Marie de Portzamparc de Kermarchar. — Ursule Le Dall de Tromelin. Contrat du 25 juillet 1760, 150 liv. Réside à Brest, aux débuts de 1793. — Renée-Louise de Lézardeau Ducouëdic, de Quimperlé. Contrat du 11 août 1760, 240 liv. — Renée-Louise de Pennanrun Kervazégan, *. Contrat du 24 avril 1765, 250 liv. — Thérèse de Kerbiguet, * 47 ans. Dot : 470 liv. — Marie-Josèphe Ulfien Duval. — Contrat du 22 avril 1774, 156 liv. Réside à Brest, aux débuts de 1793. — Marie-Renée Dumarnay Guillier. Contrat du 22 février 1779, 120 liv. — Catherine Prévost de la Croix *, 34 ans, de Lorient. Contrat de 1782, 200 liv., en résidence à Plouigneau, avril 1793. — Marie-Catherine Hamon Kerdaniel. — Jacquette Le Baillif de Kerbleuzec *, 27 ans. — Françoise-Elyzabeth Le Baillif de Kerbleuzec *, 28 ans. — Marie-Corentine Le Ruffie. Contrat du 13 octobre 1785, 136 liv. — Marie-Corentine de Keratry *, 70 ans. Morte durant sa détention à Kerlot, le 31 mars 1794. — Louise Thomas *, 53 ans, converse ; est à Logonna-Quimerc'h, en avril 1793. — Madeleine Thomas *, 48 ans. — Louise Paugam *, 43 ans, converse ; réside à Logonna-Quimerc'h, avril 1793. — Marie-Perrine Le Nivez. — Marie-Anne Kervella.
Le 16 février 1791, la Municipalité de Locmaria vint inviter ces Dames à se choisir une supérieure et une économe, suivant les décrets d'octobre 1790. A l'unanimité elles s'y refusèrent. Leur lettre du 29 mars au Département explique les motifs de leur conduite : « Messieurs, la réponse que nous avons faite à M. Le Bras, maire de la Municipalité de Locmaria, étant dictée par notre conscience, il est impossible d'y rien changer... On nous propose une loi qui détruit nos engagements sacrés, nous sommes dans une obligation indispensable de tout sacrifier pour l'observation de nos voeux et règles, qui nous lient à Mme Guerdavid, notre prieure, et à Mme l'Abbesse de Saint-Sulpice, et dont l'autorité de l'Eglise seule peut nous délier ».
Cette courageuse attitude valut aux religieuses d'être privées de toute pension. En vain la prieure essaya-t-elle, le 22 juin 1791, de faire revenir les Administrateurs sur une mesure, aussi cruelle. Le 8 février 1792, les sieurs Dérédec et de la Hubaudière, officiers municipaux, en présence de Le Goazre, procureur de la Commune, s'efforcèrent de décider les religieuses à procéder aux élections prescrites par la loi. Ces Dames y auraient consenti, mais seulement à l'intérieur de la clôture, les commissaires se tenant en deçà des grilles. La condition n'ayant pas été acceptée par ces derniers, les religieuses en informèrent leurs supérieurs ecclésiastiques, qui pour éviter un plus grand mal, conseillèrent de céder. Le lendemain, 9 février, en présence des commissaires de la Municipalité, Mme de Guerdavid fut nommée supérieure, et Mme de Kerguélen, économe, chacune à l'unanimité des 21 suffrages de leurs Soeurs.
Cette formalité leur assura une existence précaire pour quelques mois. En septembre 1792, elles furent dispersées ; le monastère, de huit à dix fois centenaire, avait vécu.
Le 18 février 1794, le Comité de Surveillance fit mettre en arrestation à l'abbaye de Kerlot (Note : Sur le bord de l'Odet, au bas de la venelle de Kergoz. Certaines parties de cet établissement se voient encore), transformée en prison, la plupart, des religieuses de Locmaria. Nous avons marqué leur nom d'un astérisque dans la liste précédente. Renée de Kervazégan et Thérèse Guillemin de la Pallue ne furent incarcérées qu'en juin.
Le Comité de Surveillance, toutefois, fut d'avis qu'on relâchât, au moins provisoirement, les religieuses âgées de plus de 70 ans, et qu'on portât de 10 à 15 sous, l'allocation journalière attribuée à chaque détenue pour sa subsistance, les vivres étant à un prix excessif, et la Nation gagnant infiniment à l'incarcération des religieuses, auxquelles il n'y avait plus à servir les pensions qui, précédemment; leur avaient été destinées (Note : Cela a tout l'air d'une mauvaise plaisanterie, car à la fin de 1791, la supérieure déclarait n'avoir reçu, pour toute sa communauté, que 2.530 livres, au lieu de 11.000 livres).
Par la suite, plusieurs Bénédictines demeurées à Quimper promirent de vivre soumises aux lois civiles et politiques de la République, mais refusèrent de prêter le serment de haine à la Royauté, exigé par le décret du 17 Fructidor an V, pour toucher la petite pension que leur accordait l'Etat en échange de leurs biens confisqués.
Droits et privilèges du Prieuré (Cf. D. Anger : Cartulaire de Saint-Sulpice, p. 666 à 690). La prieure prenait le titre de « Prieure du Prieuré ducal et royal du grand Locmaria, et du Quilliou ». (Le Quilliou, en Plonévez-du-Faou). - Elle avait droit à haute, moyenne et basse justice, exercée (en 1689) au palais et auditoire du Présidial, à l'issue de l'audience, chaque vendredi non férié. - En l'église de Locmaria, privilège du chanceau pour elle et ses religieuses y être inhumées ; clef sur ledit chanceau et, dedans, banc et accoudoire, tombe élevée du côté de l'Evangile, et une chapelle au côté méridional du choeur. Mêmes droits à Plonéis ; à Gourlizon ; à N.-D. de Penhors en Pouldreuzic ; à Kerven, en Trégunc. - Droit d'accorder la sépulture dans l'église du prieuré des personnes de marque, moyennant 20 sols. - Droit de percevoir les offrandes qui se font au chanceau et choeur. - Droit de percevoir, séance, tenante, comme viande de Carême, 3 deniers de toute personne communiant le jour de Pâques, dans l'église du prieuré. - Droit de présentation et nomination du vicaire perpétuel de Locmaria, de Gourlizon, du Quilliou ; et des fabriques de Locmaria. - Divers droits et dîmes sur Quéven, en Pouldergat, à savoir : 100 sols et 8 venées de froment, à la Saint-Michel, 3 moutons à la Saint-Mathieu, 3 fouasses à la Saint-Pierre, 3 gélines en janvier, et 60 boeufs à la Quasimodo. - Droit de faire lever la coutume sur les denrées qui se débitent au pardon (Dimanche après le 8 septembre) de Saint-Philibert de Kerven, en Trégunc ; en Elliant, droit de dîme à la 66ème gerbe. - Droits sur dix parcelles de Briec, nommées les Communaux, c'est à dire, un tiers des dîmes et gros fruits, en commun avec l'Abbesse de Saint-Georges de Rennes, et le Chapitre de Quimper. - Droits sur terres à Caerheloc, en Tréméoc (1260) ; à Penhors, en Pouldreuzic, (aveu de 1707) ; à Kerbiriou, en Ergué-Armel, (1719) ; à Trémaria, Neizbran et à Kerguffan, en Beuzec-Cap-Sizun ; en Pouldergat, Ploaré, Pleuven, Fouesnant, Clohars-Fouesnant, Plonéis, Beuzec-Cap-Caval. - Droit de percevoir 10 sols des paroissiens de Pluguffan, le dimanche après la Saint-Conogan. - Droit d'avoir ses écussons sur la maîtresse vitre de Gourlizon, et droit de présentation et nomination du vicaire de ladite paroisse. — (Les paroissiens de Saint-Fiacre du Faouët étaient aussi du fief de Locmaria-Quimper). - Droit de percevoir un mets de viande, garni de même qu'auront les nouveaux mariés, deux quartes de vin ou deux pots, et deux pains, sur les personnes faisant nopces à Locmaria. - Droit d'exiger des poissonniers de Locmaria deux quartes ou pots de vin, à chaque terme de Quasimodo, et quatre deniers de pain de chaque poissonnier forain qui passe devant le prieuré. - Droit de pêche dans l'Odet, et dans le Stéir, du pont Médard au confluent, avec faculté de construire une écluse ou saumonnerie, près le pont de la rue Neuve. - Droit de permettre à ses sujets et paroissiens de pêcher en mer sans payer aucun droit d'amirauté. - Droit de recueillir les épaves et d'exiger le huitième du prix des embarcations vendues dans l'endroit. - Droit de faire transporter ses blés par tous les ports et marchés de la province, de faire amener ses vins et autres choses, sans payer douane ni droits quelconques. - Droit de prendre sur toutes les barques qui viennent au port de Quimper, et sur toutes les denrées sur lesquelles le voyer prend droit, le tiers de ces droits. - Droit de percevoir un impôt sur les boissons débitées (2 deniers sur chaque tonneau vendu dans la ville et terroir de Locmaria). - Droit de taxer les habitants de la localité qui, comme rente annuelle, doivent payer à la Quasimodo et à la Saint-Michel, 20 livres de monnaie et 76 douzaines d'oeufs. - Droit de percevoir une rente de 12 livres sur la ville de Quimper. - Droit de bûche : Les habitants devaient loger le bois du couvent, aux termes de mai et de janvier, sous peine de paiement de 5 sols 4 den. pour chaque couple de mariés, et 2 s. 8 d. pour les autres (Archives Départementales, G 319). - Droit d'obliger les habitants en temps de guerre à garder les religieuses, par concession du roi, avec défense à eux de répondre ni servir qu'à elles. - Droit exclusif d'avoir un four pour faire cuire le pain, et, sur l'Odet, un moulin à mer que les habitants avaient ordre de fréquenter. (C'était le moulin Inri donné en 1058, par Judeth, femme du comte Alain, et devenu plus tard le moulin des Couleurs). - En revanche, la paroisse était exempte de dîme, taille, fouage, et toute autre imposition. - Droit d'avoir une foire par an, à chaque 16 août. (En février 1657, la Prieure, Marguerite de Bréhant, obtient du roi la création d'une foire par an, le troisième mardi de mai, aucune autre ne pouvant se tenir à pareil jour à quatre lieues à la ronde). - Droit de donner asile, moyennant une redevance de cinq sols à toute personne prévenue de crime, venant clamer franchise et se réfugier sous la cloche.
Mais anciennement, en tout cas antérieurement à 1609, le droit d'asile s'exerçait sur un territoire assez étendu, délimité par le parcours de la procession Tro ar Minihy, qui se faisait, jusqu'au milieu du XVIIème siècle, le dimanche du Sacre, après Vêpres. La description de ce parcours nous a été conservée grâce au procès qu'intentèrent, vers 1650, les Jésuites de Logamand à Sébastien Beguec, sieur de Kerangoff, chanoine de Quimper (Archives Départementales, G 317). Vers cette époque, il était payé 12 sols aux deux ecclésiastiques qui portaient les reliques à la procession de la Troménie ; 4 livres aux ecclésiastiques vaquant au service de l'église, les jours de la Troménie et du pardon, au lieu des repas qui anciennement, leur étaient offerts ; et 30 sols pour la collation donnée aux paroissiens qui assistaient à la livraison du trésor de l'église, le mardi de la Pentecôte. (D'après les comptes de Guillaume Morel, fabrique, 1633).
Soutenait la dite dame Prieure : que sa procession est en droit de passer par le choeur de la cathédrale, le dimanche de la Trinité, avant l'Evangile de la grand'messe, et là, pendant qu'on chante l'Evangile, le sergent de choeur doit présenter la patène au vicaire de Locmaria qui fait faire l'offrande à ses paroissiens (Archives Départementales, G 314 - Aveu de 1689) ; Que ses prédécesseurs, elle, et ses successeures, ont droit, lorsque le seigneur Evêque de Cornouaille fait sa première entrée en sa ville épiscopale, de l'obliger à venir en habit de pèlerin frapper à la porte de la maison priorale. Après que le dit seigneur Evêque aura par 3 fois frappé sur la porte, demandant logis comme pèlerin, doit la prieure lui ouvrir, lui ôter son manteau et ses gants, et le procureur fiscal (du prieuré) prendre son cheval qui lui doit demeurer, et appartenir le manteau et les gants à la dite dame, laquelle lui doit laver la tête et les mains, lui prêter et bailler pour son souper une pièce de pain de seigle et une écuellée d'eau seulement, lui donner le soir logement en un charlit garni de paille fraîche, et le lendemain avant de sortir doit laisser le dit seigneur Evêque à ladite dame, tout l'or et l'argent, bagues d'or et d'argent qui se trouveront en sa bourse, gibecière, ou bougette (Note : Voir dans Du Chatellier : Evêché et Ville de Quimper le procès-verbal de l'entrée solennelle, d'après les rites ci-dessus, de l'évêque, Guy du Bouchet, en 1480).
Abbesses et Prieures :
- 1022 : Hodierne.
- 1050 : Orduthal.
Prieures :
- 1152 : Agnès.
- 1385 : Gervaise de Sainte-Boive (?).
- 1454-1461 : Marie Harel, qui devient Abbesse de Saint-Sulpice. Le Pape nomme comme prieure de Locmaria :
- 1461 : Jeanne Guycry, âgée de 20 ans (Note : Chan. Peyron : Actes du Saint-Siège, 30 mai 1461, p. 223. — D. Anger nomme une Marie Harel parmi les Abbesses de Saint-Sulpice, mais en 1289. — Toutefois dans son Cartulaire, p. 689, il nomme Marie Harel, en 1454. D'ailleurs, quant aux dates, la liste ci-dessus des Prieures comporte certains flottements).
- 1463-1465 : Clémence Martin.
- 1474 : Urbane Millon.
- 1476. Jeanne Millon.
- 1492-1498 : Andrée de Bellonneau qui devient Abbesse de Saint-Sulpice.
- 1499-1534 : Peronelle Millon. Le 9 juillet 1535, l'Abbesse, Alizon de Pontbellanger, donne procuration pour recueillir l'héritage de Peronelle Millon, qui appartenait à sa maison.
- 1535 : Guillemette Lermyne.
- 1551 : Marie Landays.
- 1551-1555 : Françoise Landays, qui se démet. (Est-ce la Prieure du Prieuré de N.-D. à Lesneven ?).
- 1555-1568 : Françoise de Beaucé.
- 1568-1577 : Gabrielle de Morais, nommée le 5 novembre 1568, par sa tante l'Abbesse de Saint-Sulpice, Jacqueline de Harcourt. — Devint Abbesse elle-même.
- 1577-1592 : Marie de Morais.
- 1600-1615 : Marie de Bourgneuf.
- 1615-1634 : Marie de Thalouët.
- 1634-1637 : Marie de Bourgneuf, dame de Cucé.
- 1648-1669 : Marguerite de Bréhant.
- 1670-1678 : Françoise de Thalouët.
- 1678-1686 : Marie-Henriette de Thalouët.
- 1689-1702 : Jeanne de Thalouët de Keravéon.
- 1705-1716 : Lucrèce Butault de la Châteigneraye-Marzan.
- 1719-1729 : Jeanne-Thérèse de Freslon de Saint-Aubin.
- 1732-1762 : Renée-Françoise Marigo.
- 1766-1791 : Marie-Anne Le Rouge de Guerdavid.
La bourgade. — La paraisse. Dans un aveu au roi, de Jeanne de Thalouët, prieure, en 1689, on trouve la description des bâtiments claustraux et de la bourgade (Archives Départementales, G. 314). D'abord l'ancienne maison abbatiale ou priorale avec ses appentis et autres anciens logements confrontant, à l'orient, à la basse-cour de la principale entrée du monastère ; d'occident, à la rue Froide de l'ancienne ville de Locmaria ; du midi, à l'un des jardins, et du septentrion, à la grande place en devant l'église. De plus, la maison conventuelle nouvellement bâtie, joignant à l'orient de ladite maison abbatiale ; midi et orient de la cour d'entrée, et de tous, autres côtés au cloître et choeur des religieuses. — A l'orient du manoir abbatial, dans l'enclos, la chapelle Sainte-Barbe, le cimetière et le petit (Rosmaria?). Les maisons, cours, cloîtres, le colombier, le verger, les jardins et les appartenances de ce monastère comprennent 89 cordes. — Le cours d'eau descendant de la fontaine de Melven arrose le clos et ne saurait être diverti. — (Les bâtiments du prieuré servent désormais de magasins des approvisionnements militaires). D'antiques noms de rues sont cités dans un mémoire de 1688 : rue Basse, ou rue du Pont, rue Haute, de Penanguer, de la Vigne, du bout du Pont, rue Froide. — En 1466, on trouve une rue an Loet. A l'orient de la rivière, et à l'occident de la rue Froide, près de Poulguinan, il y avait (Aveu de 1689) les ruines et vestiges d'un vieux monastère, et d'une petite chapelle dédiée à saint Colomban, autrefois station pour la procession du Sacre. Là se trouvait, croit-on, le monastère des religieux, monastère sans doute disparu dès le XIVème siècle. Cet emplacement était entouré de substructions romaines. Un aveu de 1679 marque les bornes du prieuré qui, pour une grande partie, semblent s'identifier avec le parcours précédemment indiqué pour le Tro-Minihy. Un pont tournant, situé là où est aujourd'hui le bac, reliait le bourg de Locmaria aux possessions de la rive droite. Dans une supplique de 1720, Mme Freslon de Saint-Aubin, se plaignait à son Altesse, M. de Bourbon, comte de Toulouse, gouverneur de Bretagne, des entreprises de la Communauté de Quimper contre les droits du prieuré. « Le quai de ladite Communauté des habitants ne s'étendait autrefois (sur la rive droite) que jusqu'au Pont aux Anglais ; mais depuis 20 ou 30 ans, on a fait conduire ce quai sur le fief de Locmaria, et on y a planté, il y a 30 ans, une rangée d'ormeaux sans la permission du monastère. Comme les vassaux de Locmaria ont fait bâtir des maisons, depuis plus d'un siècle, derrière le quai, en la paroisse de Locmaria, la Communauté de Quimper voulut, il y a 5 ou 6 ans, étendre son octroi à ces maisons. Ce qui a causé un procès que la suppliante a gagné. Il y a un an, la Communauté de Quimper a fait planter, de nuit et à là chandelle, 3 gros piliers pour boucher le chemin charretier donnant sur ledit quai, pour empêcher les charrettes d'approcher des maisons situées en la paroisse de Locmaria, où il y avait des magasins et des auberges, ce qui cause plus de 150 livres de rente de perte aux propriétaires des maisons, tant du côté du quai que de la rue du Bout du Pont ».
La Communauté de Quimper en voulait aussi à ce pont en bois, pour lequel cependant la Prieure invoquait des titres d'une ancienneté vénérable, par exemple un acte de 1354. (Voir encore D. Morice, Preuves, I, col. 1454). Emporté par une inondation, le pont fut refait en 1658. Mais en 1724, il était de nouveau détruit, La Prieure, en qualité de propriétaire, essayait de le rétablir, quand une ordonnance de l'Intendant vint la débouter. Elle en appela. Le procès durait encore en 1756, mais sans succès pour le prieuré.
A la tête du pont détruit il y avait une petite chapelle nommée Lochrist ou chapelle de la Croix ; le P. Parvilliers en parle dans son « Chemin de la Croix ». Dans le même temps, la ville de Quimper tentait également un agrandissement sur l'autre rive. Mme Freslon de Saint-Aubin, dans la dite supplique, rappelait que les comtes de Cornouailles ayant fait don, au XIIème siècle, de la montagne de Cuchi, à présent Frugy, jusqu'à une croix qui était autrefois au pied de ladite montagne, une prieure avait (vers 1520) fait bâtir, à la place de ladite croix, une chapelle, moitié en la rue Neuve, moitié en Locmaria, et planter une rabine, de Locmaria à ladite chapelle, la Communauté de Quimper en faisant autant depuis la rue Neuve. Afin de conserver ses droits, la Prieure fit mettre ses armes en bosse, en plusieurs endroits, du côté de la montagne, à ladite chapelle nommée Notre-Dame du Pénity. En août 1774, la Ville soutenait que le prieuré réclamait à tort la moitié de la rabine. Il semble que les juges aient encore, de ce côté, tranché en faveur des habitants. Car vers 1740, la Communauté de ville fit l'acquisition des jardins qui occupaient la rive entre Locmaria et Quimper, et fit planter ces belles allées d'ormes que l'on désigne sous le nom d'Allées de Locmaria (Ogée : Dictionnaire, II, 418). En 1762, voulant prolonger les quais, d'un côté, depuis la croisée du Pénity, et, de l'autre, depuis le Pont des Anglais, la Ville dut payer 1.253 livres au couvent, pour les droits de lods et de ventes, car les terrains achetés se trouvaient dans la mouvance du prieuré (D. Anger : Cartulaire, p. 688). Quant à la chapelle de N.-D. du Pénity, c'était un édifice gothique de très bon goût, dont le plan représentait une croix. Bien qu'ajoutant aux agréments de la promenade qu'elle bordait, le génie de la destruction la fit abattre en 1810, comme faisant saillie sur le chemin.
Locmaria était une des sept paroisses de Quimper. Les habitants obtinrent, en 1635, de participer au tir du papegault qui avait lieu au bas de la montagne. Mais quoique faisant partie de ladite ville, ils étaient admis à se réunir en général.
La paroisse de Locmaria, unie au prieuré, a été premièrement desservie par des bénédictins choisis par la prieure. L'un d'eux appelé prieur était chapelain directeur et aumônier des religieuses, amovible à la volonté de la prieure. Il avait pour cela logement et nourriture. Après le Concile de Trente qui a achevé de reléguer les moines dans leur monastère, les prêtres séculiers qui ont succédé, à Locmaria, aux bénédictins, ont été regardés comme des chapelains amovibles et aumôniers du prieuré, et recevaient la portion congrue. Mais depuis que Locmaria est érigée en paroisse, le vicaire est perpétuel et le prieuré a son aumônier particulier qui, lui, est payé comme les chapelains en 1495. La Communauté a abandonné aux vicaires perpétuels tous ses droits rectoriaux de dîme, neufmes et pensions, ne retenant des prérogatives de curé primitif, que le droit honorifique de présentation (Archives Départementales, G. 316 et 319). D'après l'inventaire de 1790 figurent dans les charges du monastère, 300 livres pour le gros du recteur de Locmaria et 200 livres comme honoraires du tribunal de la Pénitence, offrande naturelle à l'ecclésiastique qui passe un temps notable à entendre les confessions des religieuses, plus 250 livres pour les messes à desservir par le prieuré. — Le recteur du Quilliou recevait, sous forme de portion congrue, 135 livres (D. Anger, ouvrage cité, p. 278, et Cartulaire, p. 688). (Le revenu net du couvent est alors 3.608 livres 16 sols).
En octobre 1788, le rôle des décimes porte 5 livres 10 sols. pour la paroisse. 153 liv. 15 s. pour le prieuré. 29 liv. 15 s. pour la Communauté. 10 liv. pour la fabrique. 2 liv. pour le Rosaire. (Vers 1330, le prieur de Locmaria payait 12 liv. 10 s.) (Voir Longnon : Pouillé de la Province de Tours).
A la Révolution, était recteur de Locmaria et aumônier des Dames Bénédictines, Laurent-Marie Lalau, qui gouvernait la paroisse depuis octobre 1771. Il refusa, comme aussi son vicaire Le Gall, de prêter serment. Le 27 juin 1791, les auxiliaires d'Expilly, en son absence, prièrent MM. du Département de faire fermer l'église de Locmaria, où le recteur pourrait seulement célébrer une messe basse, portes closes, sans sonnerie de cloches, et confesser les personnes de la communauté.
Un an après, on faisait de nouveau défense à M. Lalau de recevoir dans son église la foule qui y venait de la ville et de la campagne, et pour empêcher cette affluence on y plaça des gardes. Puis la persécution s'accentuant, le recteur, menacé d'emprisonnement, réussit à passer en Espagne, où on le trouve à Bilbao. Des notes de M. du Marchallac'h, datées de 1854, nous transmettent quelques détails sur la période révolutionnaire.
Le couvent devint un magasin de vivres. On dépava l'église pour y chercher du salpêtre. Des soldats essayèrent sans succès d'abattre la croix de granit du cimetière. Ils ne réussirent à jeter à bas qu'une statuette du Père Eternel, qui la surmontait. — Plus tard cette même croix, victime des restaurateurs, fut portée au cimetière Saint-Louis. La statue de Notre-Dame, oeuvre, du XVème siècle, fut brisée par les profanateurs, en deux tronçons recueillis pieusement par Mme de la Hubaudière qui les conserva jusqu'à des temps meilleurs. C'est l'image de cette statue que Mgr. Dubillard fit représenter dans son sceau épiscopal. Une dame Olivier de Locmaria, recéla deux prêtres. L'un, dont le nom s'est perdu, se jeta dans une barque, presque mourant, pour fuir à l'étranger. L'autre était M. Le Breton, recteur de Guiscriff, envoyé à Mme Olivier par M. de Moellien.
C'est dans le cimetière, malheureusement disparu, de Locmaria que furent enterrés : Alain Nédélec, le chef des révoltés de Fouesnant ; les abbés Raguénez, de Crozon, et Riou de Lababan, guillotinés à Quimper, ainsi que la jeune fille de Plouénan, Anne Le Saint, religieuse, qui s'était livrée pour sa soeur mariée coupable d'avoir recélé des prêtres, et exécutée à Quimper, le 16 septembre 1794.
Le 28 février 1815, Mgr. Dombidau de Crouseilhes réclama l'église pour la rendre au culte. « Les habitants, écrivait-il, distingués autrefois par leur attachement à la religion et leur moralité, ayant été privés d'instruction religieuse, sont aujourd'hui très corrompus. La Révolution les a entièrement démoralisés ». Un an après, le ministre secrétaire d'Etat de la marine, décidait la restitution au culte de l'antique sanctuaire, et en informait l'évêque, alors à Paris. Ce fut à cette époque qu'on démolit entièrement la petite chapelle, déjà en ruines, de Sainte-Barbe.
M. Lalau étant mort vers 1810, la paroisse demeura de longues années sans pasteur. Une messe par mois était dite par un vicaire de Saint-Corentin, et des abbés du Séminaire venaient faire le catéchisme les jeudis et dimanches. De tout temps les habitants de Quimper avaient considéré Notre-Dame de Locmaria comme la Protectrice de la cité, et avaient recours à sa puissante intercession dans les calamités et dans certaines circonstances particulières : ainsi, les 4 septembre 1768, 8 juillet 1782, 6 mai 1785. Ces traditions, chères aux Quimpérois, furent renouées vers 1830. On vit de nouveau la procession de la cathédrale se rendre chaque 15 août, à l'église de Locmaria, et prier Notre-Dame devant la vieille statue conservée par Mme de la Hubaudière. Depuis 1892, sur l'initiative prise alors par M. de Penfentenyo, curé-archiprêtre de Saint-Corentin, les paroisses font à Locmaria la clôture solennelle du mois de Marie. On y est venu implorer la céleste patronne dans les malheurs de la patrie. Le souvenir est encore gardé du grandiose pèlerinage du 31 août 1873. Mais surtout, qui ne se rappellera toutes les manifestations de foi et de prière qui, sous la conduite de Mgr. Duparc, marquèrent à Locmaria, chaque Assomption, en la terrible période 1914-1918 ?
Locmaria fut érigée, en succursale, par décret de Napoléon III, du 25 avril 1857, et en paroisse, le 29 juin suivant, par acte canonique de Mgr. Sergent. Le 12 juillet de cette même année eurent lieu la prise de possession de la paroisse et l'installation de son recteur, le premier depuis bien longtemps, M. Louis Robic. La cérémonie était présidée par un enfant de Locmaria, Mgr. François-Marie Pellerin, évêque de Biblos, vicaire apostolique de la Cochinchine septentrionale. L'année suivante une mission qui eut grand succès, renouvela l'esprit de foi de la population, et se termina par l'érection de la croix de granit qui se dresse près de la rivière, aux abords du chemin de Poulguinan.
L'église, classée comme monument historique en 1854, est une vaste construction de 40 m. 40 sur 14 m. 45, qui remonte au XIème siècle, si ce n'est même au IXème. « Il est probable, dit M. Mérimée, frappé de son apparence d'antiquité, que l'église de Loc-Maria a été bâtie au XIème siècle, sur les ruines d'une église beaucoup plus ancienne ; et il serait possible que les piliers de la nef appartinssent à cette première construction » (Notes d'un Voyage dans l'Ouest de la France). L'église est-elle ainsi une église carlovingienne du IXème siècle ? Cette dernière supposition ne serait pas inadmissible. La nef de Loc-Maria est séparée des bas-côtés par des piles en carré long, renforcées sur leurs deux faces d'une sorte de pilastre ou contrefort qui monte jusqu'à la naissance des arcades et s'y termine carrément et non en glacis comme à Grandlieu. Les arcades à plein-cintre sont portées sur des tailloirs en biseau allongé ; les fenêtres des bas-côtés et de la nef sont étroites à l'extérieur, évasées à l'intérieur, et terminées en plein-cintre ; celles des bas-côtés sont distribuées irrégulièrement sans correspondre aux axes des travées. Les piles de la croisée du transept, destinées à porter le clocher central, sont plus fortes et cantonnées de quelques colonnettes à chapiteaux bien primitifs comme sculpture. L'une de ces grosses piles a été refaite sur plan circulaire au XVIème siècle, ce qui a déterminé quelques modifications dans les arcades et la réfection des deux côtés Ouest et Nord du clocher. Au fond des transepts il y a deux étages de fenêtres séparées par des colonnettes. L'abside actuelle et l'absididiole Sud sont de construction récente, mais tracées d'après les données anciennes ; seule, l'absidiole dit transept Nord est de la même date que le reste de l'édifice. Le porche Ouest, qui est du XVème siècle, a fait disparaître une porte romane géminée dont on saisit encore à l'intérieur l'ancien tracé. L'appareil extérieur se compose, pour des bas-côtés, de petites pierres cubiques rappelant le petit appareil romain. La maçonnerie des transepts est en appareil moyen, avec pierres de plus grandes dimensions dans les contreforts et les fenêtres. Le clocher central, couronné par un toit en ardoisés, est bien simple et a été remanié sur deux de ses côtés ; mais sur les côtés Est et Sud on retrouve encore les jolies petites fenêtres géminées primitives, analogues à celles du clocher de Germigny-les-Prés. Dans le collatéral Nord ou remarque dans le pavé un certain nombre de dalles funéraires, dont quelques-unes avec effigies et inscriptions gravées. Près des fonts baptismaux, une pierre tombale, qui remonte à 1302, doit être celle d'une prieure. La plus lisible de ces inscriptions tombales est ainsi conçue : Hic : Jacet : Magister : Alanus : de : Penlé : prior : de : loco : Marie : qui : obiit : die : vicesima : VII : Junii : anno : Di : M CC CC : vicesimo : III. (Alain de Pennelé, prieur de Locmaria, décédé le 27 juin 1423). Sur le tref ou poutre transversale du haut de la nef est un Christ en robe rouge, reproduction d'une ancienne représentation. Dans le jardin du presbytère, à côté du cloître du XVIIème siècle, existent trois arcades d'un cloître roman, composé de piles carrées accostées de colonnettes dont les chapiteaux portent des arcades à plein-cintre à double archivolte. C'est en février 1868 que commencèrent les travaux de restauration générale. Au XVIIème siècle, les Bénédictines avaient fait élever, dans le style ogival, une abside immense, informe et sans rapport avec le reste de l'édifice. Elles avaient démoli l'absidiole sud pour y placer le choeur des religieuses. M. Bigot, en perçant, retrouva les fondations de la première abside romane et fut ainsi guidé dans sa restitution. Furent successivement reconstruits les transepts Sud (1873) ; Nord (1876) ; les absidioles, Sud (1870), et Nord (1894).
A signaler dans le cloître donnant sur le jardin du presbytère et longeant le mur sud de l'église, la croix romane qui surmontait le transept nord ; une statue d'évêque, en pierre calcaire, du XIIIème ou XIVème siècle ; une pierre tombale de prieure, 1656. Notons le Chemin de Croix (1860), et la chaire en chêne, (1876), avec panneaux de faïence. L'antique statue de Notre-Dame, restaurée par les sculpteurs Jacquier, de Caen, fut, ainsi que son nouveau trône, solennellement bénite par Mgr. Dubillard, le 19 avril 1903.
Sur les faïenceries qui sont une des gloires de Locmaria et dont l'établissement en 1690, est dû à J.-B. Bousquet, du diocèse de Marseille, voir l'étude de M. Le Men, Bulletin de la Société d'Archéologie du Finistère, 1875. A J.-B. Bousquet succédèrent ses descendants, Pierre Bousquet, Bellevaux, Caussy, de la Hubaudière. A. de la Hubaudière cacha pendant plusieurs jours quelques-uns des Girondins proscrits, et ce fut à la faïencerie que Barbaroux écrivit des mémoires malheureusement brûlés peu après (Voir Inventaire Sommaire des Archives Départementales du Finistère, t. III, p. CXCVI). En 1918, les Chambres de Commerce de Quimper et de Brest offrirent au Président Wilson, de passage à Brest, un superbe plat de faïence bretonne peinte sur émail cru, de 1 m. 05 de long sur 0,80 de large, sorti des ateliers de M. Porquier, ancien céramiste à Locmaria et auquel a succédé M. Henriot.
Prieurs, Vicaires perpétuels, Recteurs de Locmaria jusqu'à la Révolution : - 1022 : Gurclhi, Abbé. - 10.... Gurloen, Chapelain. - 1152 : Ihoarn (?), Guihomar (?). - 1247 : Maurice, Prieur. - 1261 : Morvan, Chanoine de Quimper. - 1294 : Frère Alain est présenté au vicariat de Locmaria par l'Abbesse Guillemette. L'année suivante, il reçoit de l'Abbesse Eustaisie, une pension alimentaire de 240 liv. par an, pour ses honoraires de vicaire perpétuel. - 1346 : Robert de Laleno. - 1347 : Dom Guillaume Den, ancien Prieur. Fr. Alain Mauvoisin. - 1370 : Amice Le Bot. - 1372-1389 : Guillaume du Breuil, Prieur. Reçoit l'administration du prieuré de l'Abbesse Alemote, le 12 février 1372. - 1420 : Frère Alain de Penlu, Prieur. - 1432-1446 : Frère Bertrand Harel, Prieur. - 1480-1496 : François Milon, Prieur commendataire et administrateur du prieuré, protonotaire apostolique. - 1534-1537 : Corentin Den. De 1534 à janvier 1536, beaucoup d'inscriptions de baptêmes sont signées : Gourlay, prêtre ; ensuite J. Hirci ou Le Bouch. — En 1538, Louis an Flecher et Peyron, prêtres. - 1537-1553 : J. Hirci ou Le Bouch. - 1614 : Jean Salaun. - 1636-1639 : Julien Yver, prêtre de Saint-Brieuc ; nommé à Beuzec-Cap-Sizin, le 12 juin 1639. - 1639-1669 : Jean Derrien. - 1669-1679 : Fiacre Richard, qui signe : vicaire commendateur, en 1679, et recteur, en 1680. (C'est aussi à cette époque que le vicaire perpétuel de Lesneven se fait reconnaître comme Recteur, par la Cour de Rennes). - 1680 : Depail, Recteur. - 1681 : Amelin. - 1692-1708 : Christophe Fresnet. - 1721-1735 : J. Cariou. - 1735 : Joseph Euzen. - 1749 : Le Gall. - 1759-1760 : Lastennet. - 1767-1771 : Y. Belegou. - 1771 (août) : Le Pape. - 1771 (octobre)-1790 : Laurent-Marie Lalau.
Curés de Locmaria : - 1680 : Kerboul. - 1769-1775 : Simon Dadé. - 1787 : Guillaume Pellerin, né à Locmaria, le 17 janvier 1750. Devint recteur de Perguet, en octobre 1787, par résignation de M. Canaff. - 1791 : Le Gall. — Emigra en Espagne.
Recteurs de Locmaria depuis la Révolution : - 1857-1866 : Louis Robic. - 1866-1870 : Berthévas. - 1870-1872 : J. Guillou. - 1872-1874 : Le Guével. - 1874-1891 : Bourg. - 1891-1896 : Laurent Rospars, chanoine titulaire. - 1896-1904 : Joseph Robinaud. - 1904-1907 : Jean-Marie Drogou. - 1907-1908 : Jean-Marie Guirriec. - 1908-1915 : Jean-Marie Arhan. - 1915 : Auguste Guéguen, chanoine titulaire, .....
Personnages nés à Locmaria :
- Denis Bérardier, né le 26 mars 1735. Fait ses études au Collège de Quimper et en devient Principal, en 1762, lors du départ des Jésuites. Ensuite, grand maître du Collège Louis-Le-Grand, à Paris. Mort en 1794.
-
François-Marie-Henri-Agathon Pellerin, né en 1813, deuxième fils de M.
Pellerin, secrétaire particulier du Préfet du Finistère, M. de Miollis. —
D'abord vicaire à Saint-Louis de Brest, de 1837 à 1843, puis missionnaire.
Nommé Vicaire Apostolique de la Coohinchine septentrionale et Evêque de Biblos.
Venu en France en 1856-1857, il donna au gouvernement impérial d'utiles
renseignements sur les missions d'Extrême-Orient, et provoqua une expédition
militaire qui échoua d'abord, parce que ses conseils ne furent pas écoutés ni
ses plans suivis. Il mourut en 1862, au Séminaire de l'île de Poulo-Pinang.
Armes : De sinople, à un chemin ondé d'argent, accosté (alias semé) de
croix de sable. Devise : Grandis tibi restat via. (M. Abgrall).
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