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LIVRE-SUR-CHANGEON

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La commune de Livré-sur-Changeon (pucenoire.gif (870 octets) Liverieg-Kenton) fait partie du canton de Liffré. Livré-sur-Changeon dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LIVRE-SUR-CHANGEON

Livré-sur-Changeon vient peut-être du latin "Liberius". 

Après les invasions normandes, l'abbaye de Saumur fonde le prieuré en 1023 à la suite de la donation de Geoffroy 1er. Ce prieuré est à l'origine du développement d'un bourg autour de l'église. 

Les papes Callixte II en 1122, Innocent II en 1142, et Urbain III en 1186, confirmèrent les Bénédictins de Saint-Florent dans la possession de l'église de Notre-Dame de Livré-sur-Changeon, « ecclesiam Sanctœ Mariœ de Livreio ». Ajoutons seulement qu'en 1138 Hamelin, évêque de Rennes, reconnut à l'abbé de Saint-Florent le droit de lui présenter le recteur de Livré-sur-Changeon, droit qu'exerça cet abbé jusqu'en 1790 (Archives départementales de Maine-et-Loire). Le Rôle ms. diocésain de 1646 dit que le recteur de Livré-sur-Changeon recevait alors une portion congrue de 450 livres. Le prieuré est cédé en 1606 aux Jésuites de Rennes, et annexé en 1762 après leur expulsion au Collège de cette ville. 

La paroisse de Livré-sur-Changeon dépendait autrefois de l'ancien évêché de Rennes. C'est en 1920, que la municipalité fait le choix du nom de Livré-sur-Changeon. 

On rencontre les appellations suivantes : Livriacum (au XIème siècle), ecclesia de Livreio (en 1142), Livreyum (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Livré-sur-Changeon : Nicolas de Métiboeuf (en 1293), Nicolas Bailleul (en 1597), Guillaume Bouvet (en 1607), Nicolas Chévrel (1613-1621), Pierre Le Métayer (1621-1634), Julien Souvestre (1635-1663, inhumé dans l'église, devant l'autel du Rosaire), Julien Labbé (1663-1693), Louis Ernauld (1693-1698), Jean Guichard (1698-1733, inhumé dans l'église), Gilles Bicheux (1733-1766), Mathieu-Joseph Téhel (1766-1786), Jean-Marie Georgeonnet (1786-1789 et 1803-1813), N... Renard (1813-1815), Jean Delorme (1815-1826), Léandre Touchard (1826-1846), N... Amand (1846-1858), N... Jehannin (1858-1860), Amand Duroy (1860-1864), Pierre Maréchal (1864-1867), Charles Châtel (1867-1872), Alexandre Martin (à partir de 1872), ....

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PATRIMOINE de LIVRE-SUR-CHANGEON

l'église Notre-Dame (XI-XVI-XVIII-XIXème siècle). L'église est celle du prieuré bénédictin fondé en 1023 et dépendant de l'abbaye Saint-Florent de Saumur. Notre-Dame de Livré est un des édifices religieux les plus intéressants de notre diocèse. Elle se composait à l'origine d'une seule nef, d'une croisée, — dont le point central est surmonté d'une tour carrée de peu d'élévation, avec toit pyramidal surbaissé, — d'un choeur en hémicycle et de deux absidioles placées dans les murs orientaux des transepts. Tout cela, à peu près, existe encore, mais on y a ajouté au XVIème siècle un collatéral au Sud de la nef. C'est donc une des rares églises romanes qui ait conservé chez nous sa forme primitive, et elle doit remonter aux origines du prieuré. A Livré, dit M. l'abbé Brune, « les arcades de l'intertransept sont en fer-à-cheval ; mais une particularité que nous n'avons remarquée nulle part ailleurs, c'est qu'au-dessus de deux de ces arcades s'ouvre une seconde baie en demi-cercle, destinée probablement à diminuer la pesanteur du mur qu'elle supporte. Les colonnes engagées sur les faces des pieds-droits n'ont, pour ainsi dire, ni chapiteaux ni bases, mais seulement un chanfrein assez grossièrement taillé et si fruste que dans plusieurs endroits on a peine à le reconnaître. Ces colonnes sont placées deux à deux, ainsi que dans le choeur, où elles devaient soutenir les retombées d'une voûte en pierre qui n'existe plus. La tour n'est pas moins remarquable que le reste par son caractère roman et son air d'antiquité. Chaque face est percée de fenêtres géminées dont les cintres sont supportés par de petites colonnes cylindriques courtes et massives. Le mur Nord de la nef est du même temps, comme l'attestent deux petites fenêtres en meurtrières que l'on y voit encore. Mais le côté Sud a été refait au XVIème siècle, à l'époque où l'on construisit le bas-côté et le portail principal. La date 1551 qu'on lit sur le linteau d'une porte en fait foi, ainsi que le chambranle de cette porte, et deux ou trois crédences placées près des autels, et dont l'ornementation est toute dans le style de la renaissance » (Archéologie religieuse, 222). M. l'abbé Brune signale aussi un débris de verrière représentant la Sainte Trinité : le Père tient son Fils en croix et porte le Saint-Esprit sur sa poitrine ; deux petits anges placés à ses côtés présentent divers instruments de la Passion. Le 15 décembre 1702, le tonnerre tomba sur le clocher de Livré, « lequel, un des plus beaux de la province, fut réduit en cendres avec ses quatre cloches, ainsi que tout le haut de l'église » (Registre paroissial). Un procès-verbal de l'état de l'église de Livré en 1667 nous apprend qu'à cette époque on n'y voyait aucun écusson dans les vitraux, mais seulement les noms de JESUS et MARIA placés par les Jésuites. Ces derniers jouissaient alors, comme nous l'avons dit, du prieuré de Livré, uni au collège de Rennes en 1606 ; or, le prieur de Livré était à la fois seigneur spirituel et temporel de la paroisse. L'on voyait toutefois dans cette église : une chapelle prohibitive accolée au Nord du choeur et appartenant au seigneur de Villepie, en Izé ; elle renfermait son banc et son enfeu, où fut inhumée en 1624 Françoise de la Belinaye, dame de Villepie, et était entourée d'une lisière armoriée ; — dans le sanctuaire, deux pierres tombales appartenant à la famille Leziart et portant ses armoiries : d'argent à trois lézards de sable ; — et enfin, dans la nef, le banc et l'enfeu du seigneur de la Maréchalaye. De tout cela il ne reste plus que trois pierres tombales représentant en relief un chevalier, une dame et un autre personnage, membres de la famille Leziart du Dezerseul, qui possédait la Maréchalaye au XVIIème siècle. La chapelle de Villepie a disparu. A la demande du recteur, M. Le Métayer, un dominicain de Bonne-Nouvelle vint en 1633 ériger la confrérie du Rosaire dans l'église de Livré ; on y voyait aussi celle du Saint-Sacrement, fondée en 1746 et ayant 83 livres de rente en 1790. A cette dernière époque, la bourse des défunts y jouissait d'un revenu de 239 livres (Pouillé de Rennes). Le transept et le choeur datent des XIème et XIIème siècles. Le clocher est remanié au XVIIIème siècle. La sacristie est modifiée en 1847. Le chœur est modifié en 1863 et 1864. Le portail date de 1515. Le collatéral sud date de 1537. Le collatéral nord date de 1887. On y trouve une tapisserie de Bruxelles datée du XVème siècle et qui représente l'apparition du Christ à Marie Madeleine ; 

la chapelle Saint-Mauront ou Saint-Modéran (XV-XVIIème siècle). Cette chapelle est dès le XIIème siècle la propriété du prieuré de Livré. Elle est reconstruite plus tard et passe entre les mains des jésuites de Rennes en 1626. Dans les derniers siècles, on l'appelait à tort Saint-Moran ou Saint-Modéran. La déclaration de 1790 la désigne ainsi : « La métairie de Saint-Modéran, avec une grande chapelle qui annonce un ancien prieuré, est estimée 735 livres de revenu » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 28) ;

la maison (XV-XVIIème siècle), située au lieu-dit La Heurterie ; 

la ferme (XVI-XVII-XIXème siècle), située au lieu-dit la Basse-Rivière ; 

la maison (XVI-XXème siècle), située au n° 9 place du Prieuré ; 

la chapelle Sainte-Anne (1691-fin XIXème siècle), fondée par Jeanne du Feu, dame de La Chevalerie. Jeanne du Feu, fille de Jean du Feu, sieur de la Chevalerie, et femme de Pierre Morel, bourgeois de Vitré, ayant fait bâtir une chapelle en l'honneur de sainte Anne à son manoir de la Chevalerie, y fit une fondation le 19 juin 1638. Cette fondation consista en trois messes par semaine, dites le mardi en l'honneur de sainte Anne, le vendredi pour les défunts, et le samedi en l'honneur de la Sainte Vierge ; la fondatrice assura au chapelain 60 livres, de rente pour le service et 5 livres pour l'entretien des ornements (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 44). Au siècle dernier, cette chapelle était regardée comme frairienne, et en 1753 on y déposa solennellement une relique de sainte Anne. Le dernier chapelain en fut M. Martin, vicaire à Livré, qui déclara en 1790 jouir des 65 livres de la fondation. La chapelle de la Chevalerie, construite dans le village actuel de ce nom, a été restaurée au XIXème siècle, et elle est devenue un lieu de pèlerinage fort suivi (Pouillé de Rennes). L'ancien manoir de la Chevalerie était la propriété des familles Lescouët (en 1502), Ivette (en 1513), du Feu (en 1638), Cochet (en 1722), Blot (en 1789) ; 

la maison (XVIIème siècle), située 12 place du Prieuré ; 

la maison (XVIII-XIXème siècle), située au lieu-dit La Garnais ; 

2 moulins à eau : de Changeon, du Bas-Changeon ;

A signaler aussi : 

le menhir de la Roche-Piquée (époque néolithique) ; 

l'ancien prieuré Notre-Dame fondé en 1023. La maison prioral du XVème siècle est démolie en 1887. Le prieuré avait un droit de haute justice. « Fascé d'or et d'azur, à une croix ancrée de gueules brochant sur le tout » (Armorial général ms. de 1698). Livré est le plus ancien des prieurés fondés en Bretagne par l'abbaye de Saint-Florent de Saumur. « Au Xème siècle, dit M. de la Borderie, le territoire de cette paroisse était un domaine des comtes de Rennes, au centre duquel s'élevait une église dédiée à la Vierge ; mais, comme beaucoup d'autres cantons de notre province dévastés par les invasions normandes, ce domaine était devenu un désert. Pour y ranimer la vie sociale et religieuse, Geoffroy Ier, comte de Rennes et duc de Bretagne (de 992 à 1008), voulut y appeler des moines et le donna à Robert, abbé de Saint-Florent » (Semaine religieuse de Rennes, IV, 230). Mais les religieux, semble-t-il, ne se hâtèrent pas d'aller prendre possession de cette solitude, et quelques années plus tard, Geoffroy étant mort, l'abbé Giraud (qui gouverna l'abbaye de Saint-Florent de 1013 à 1022) vint demander le renouvellement de la donation de Geoffroy à Alain et à Eudon, tous deux fils de ce duc, qui régnaient en commun sur la Bretagne. Ces deux princes s'empressèrent d'accéder à ce désir, et par une charte des plus solennelles ils donnèrent en toute propriété à Saint-Florent le territoire et l'église de Livré, « Livriacum in pago Redonensi cum ecclesia ibi in honorem Sanctœ Dei genitricis consecrata » ; ils y ajoutèrent tout droit de justice et d'administration, sans aucune réserve que celle de la mouvance féodale, dont, en qualité de souverains, ils ne pouvaient se dessaisir. Cette donation fut signée par les comtes Alain et Eudon, par la duchesse Havoise, leur mère, par Ginguené, archevêque de Dol, et par les évêques Gaultier et Guérin. En même temps, par un autre acte, ce même Gaultier, évêque de Rennes, concéda à l'abbé Giraud et à ses moines tous les droits spirituels et temporels attachés à l'administration de la paroisse de Livré et les exempta de toute redevance à son égard. Quoique ces donations ne soient pas datées, on peut cependant assurer qu'elles sont antérieures à 1023, puisque l'abbé Giraud mourut en 1022 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 381, 382). « Cette fois, les moines de Saint-Florent s'établirent à Livré, y fondèrent un prieuré et y rétablirent le culte, entamèrent le défrichement du sol et y appelèrent des colons, entre lesquels ils distribuèrent tout ce territoire. Bientôt ce désert fut repeuplé. Aussi, quelque quarante ans plus tard (de 1055 à 1066), Conan II, duc de Bretagne, fils et successeur d'Alain, crut devoir ajouter encore de nouvelles libéralités à celles de son père et de son aïeul » (M. de la Borderie, Semaine Religieuse de Rennes, IV, 231). Il confirma d'abord à Sigon, abbé de Saint-Florent (de 1055 à 1070), tout ce que ses prédécesseurs avaient donné aux moines de son abbaye à Livré ; de plus, il accorda non-seulement aux religieux de Livré, mais à tous les habitants de ce territoire, le droit de prendre dans la forêt de Rennes le bois de chauffage et de construction pour leur usage, le droit d'y faire paître leur bétail et d'y mener leurs porcs au temps de la glandée, le tout sans être astreints à aucune redevance (M. Marchegay, Archives d'Anjou, I, 261). Toutefois, les moines de Saint-Florent ne prirent pas possession de Livré sans contestation. Un certain chevalier, nommé Ramon de Livré, et Cécile, sa femme, prétendirent avoir droit sur la prévôté de Livré et posséder le panage et l'étalonnage de ce lieu, c'est-à-dire le droit de lever un impôt sur la pâture des porcs mis en forêt et sur les poids servant aux marchands. Mais Hamon finit par reconnaître l'injustice de ses prétentions, et l'abbé Sigon voulut bien l'admettre, ainsi que sa femme, au bénéfice des prières de son monastère. Hamon et ses fils, Petit-Gaultier (Gualteriolus) et Raoul, renouvelèrent leur soumission entre les mains de l'abbé Guillaume, successeur de Sigon, en 1070 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 474, 475). Au reste, dans ces difficultés, les ducs de Bretagne vinrent en aide aux moines de Saint-Florent ; c'est ainsi que Geoffroy­le-Bâtard, comte de Rennes, leur rendit justice vers l'an 1066. Giron, fils de Robert Avenel, voulait enlever à ces religieux deux borderies de terre et un moulin à Livré, prétendant que son père les avait tenus en fief de l'abbé Frédéric, abbé de Saint-Florent de 1022 à 1055. Mais il fut solennellement condamné à restituer ces biens par le comte lui-même, assisté de Judhaël, archevêque de Dol ; de Main, évêque de Rennes ; d'Even, abbé de Saint-Melaine, et des seigneurs de Dinan, de Vitré, de la Guerche, etc. (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 477). Quelques années plus tard, un nommé Silvestre, étant devenu infirme, reçut à Livré même l'habit religieux et donna à Saint-Florent quatre manses de terre avec un emplacement pour bâtir un moulin. Rainald, son frère, religieux lui-même, obtint de Riwallon de Dol la confirmation de ce don en 1087. Deux ans après, le 31 juillet 1089, Alain Fergent, duc de Bretagne, et Constance de Normandie, sa femme, donnèrent aux moines de Saint-Florent une portion de la forêt de Rennes adjacente à l'église de Livré, portion dont ce prince avait contesté la possession aux religieux (M. Marchegay, Archives d'Anjou, I, 261). Conan III, fils et successeur d'Alain Fergent, fut aussi un des bienfaiteurs du prieuré de Livré. En 1136, afin de sous­traire cette maison aux vexations de ses forestiers, ce prince donna à Mathieu, abbé, et aux moines de Saint-Florent, certain canton de bois borné par le ruisseau de la Brézille, la Fontaine-Couverte, la fontaine des Trabies et la haie de Mucie ou de Mécé, s'étendant à l'Est jusqu'à la roche de Bermon et jusqu'à la Bourgondrie. L'abbé Mathieu, pour témoigner sa reconnaissance au duc de Bretagne, lui offrit 40 livres et fut, en retour, investi de son nouveau domaine par le moyen d'un couteau que le prince lui présenta à Vitré, où fut rédigé l'acte de donation (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 574). Dans le territoire cédé aux moines, les ducs de Bretagne ne s'étaient réservé absolument que le droit de chasse. Ils gardaient aussi cependant, comme nous l'avons dit, la mouvance supérieure de la paroisse ; cette réserve n'avait pas besoin d'être écrite, mais elle existait si bien que le duc Conan IV, qui régna de 1155 à 1166, transmit ce droit de mouvance au baron de Vitré, Robert III. « Ce transfert ne fut pas du goût des moines de Saint-Florent, qui sans doute pensaient déchoir en se voyant forcés de porter leur hommage non plus directement au souverain de Bretagne, mais à un de ses grands vassaux. Ils firent à ce sujet de grandes difficultés. Le baron de Vitré y répondit en dévastant le temporel du prieuré de Livré et en maltraitant ses hommes. L'intervention bienveillante de l'évêque de Rennes ramena la paix : les moines renoncèrent à toutes les difficultés qu'ils avaient élevées au sujet de l'hommage, et le baron, de son côté, s'engagea solennellement, non-seulement à ne plus vexer les sujets des moines, mais à les protéger et défendre, ainsi que les moines eux-mêmes, contre quiconque les attaquerait injustement » (Semaine Religieuse de Rennes, IV, 233). La charte de cet accord n'a pas de date, mais elle fut donnée en faveur de Froger, abbé de Saint-Florent de 1160 à 1173 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 670). « Aussi, continue M. de la Borderie, voyons-nous au XVème siècle frère Hervé Coainon, prieur de Livré, déclarer dans un aveu rendu à la dame de Vitré, le 16 janvier 1433, « que, universellement, celle paroisse de Livré est le fief et proche seignourie dudit priour, et que en icelle li appartient la juridiction proche sur touz et chascun les hommes et demouranz en icelle, et en icelle universellement a celi priour rentes et devoirs (redevances), avec cognoissance des cas de crime .............. et a devoirs de quintaine, bouteillage, épaves, coustumes, mesures à blés et à vins, etc. Quelles chouses temporelles ledit priour fut confessant tenir prochement de ladite dame de Vitré et fut confessant que, par chascun an, au terme de l'Angevine (8 septembre), ses hommes et subjez en icelle paroisse doivent à ladite dame dix livres apelée garde et taille ; quelle somme les hommes et subjez dudit priour taillent et égaillent sur le général de ladite paroisse et sur les demouranz en icelle et en font la cueillette ». « Sans doute, cette rente de 10 livres avait remplacé le droit de chasse réservé au XIème siècle par le duc Conan II, et dont il n'est plus question dans l'aveu ci-dessus » (Semaine religieuse précitée). Les Papes confirmèrent de bonne heure la fondation du prieuré de Livré : dès 1122, Calixte II assura aux moines de Saint-Florent la possession de l'église Notre-Dame de Livré et d'une autre église appelée la Chapelle, « ecclesiam Sanctœ Mariœ de Livreio cum ecclesia quœ Capella vocatur ». Innocent II fit la même chose en 1142 ; Urbain III entra dans plus de détails en sa bulle et nomma la chapelle mentionnée seulement par ses prédécesseurs ; il confirma donc les religieux dans la possession de Notre-Dame de Livré avec ses privilèges et dépendances, et de la chapelle de Saint-Mauron, « ecclesiam Sanctœ Mariœ de Livreyo cum antiqua sua dignitate et immunitate et omnibus pertinenciis suis, cum capella Sancti Maurontii » (Archives départementales de Maine et Loire). L'abbaye de Saint-Florent entretenait trois moines à Livré et présentait à la cure. L'Ancien Pouillé, qui nous l'apprend, mentionne aussi l'antique dignité de ce monastère de Livré, « in prioratu Sanctœ Mariœ de Livreyo, cum antiqua dignitate et pertinenciis suis, habemus tres monachos ». Mais quelles étaient donc cette « antique dignité » et cette « immunité » dont jouissaient à Livré les moines de Saint-Florent ? Il paraît que le prieuré de Livré avait au moyen-âge le même privilège que celui de Canard : il était nullius diœcesis et relevait directement du Pape sans dépendre d'aucun évêque. Nous avons vu, en effet, qu'au commencement du XIème siècle Gaultier, évêque de Rennes, avait abandonné à l'abbaye de Saint-Florent tous ses droits sur Livré, l'exemptant même de toute redevance ; c'est probablement à la suite de cette cession de droits que le Souverain-Pontife accorda au prieur de Livré et à la paroisse de ce nom le privilège fort rare de relever du Saint-Siège sans autre intermédiaire que l'abbé de Saint-Florent. La preuve en est que pendant longtemps cet abbé nomma pleno jure le recteur de Livré, c'est-à-dire que non-seulement il le choisissait, mais il l'instituait et lui donnait juridiction (Bibliothèque nationale, ms. lat., n° 11814). Un autre fait important prouve aussi que le prieur et la paroisse de Livré jouissaient de ce privilège d'être nullius diœcesis  : c'est l'existence certaine d'une officialité particulière au prieur de Livré ; or, ce tribunal ecclésiastique n'aurait point été créé par les moines, s'ils n'avaient été indépendants de l'évêque de Rennes. D. Huynes, d'ailleurs, dit formellement dans son Histoire ms. de Saint-Florent : « Le prieuré de Notre-Dame de Livré est exempt de la juridiction épiscopale, et l'abbé de Saint-Florent confère la cure dudit lieu pleno jure ». L'officialité de Livré a même subsisté jusque pendant tout le XVIIème siècle, car voici les noms des officiaux et des promoteurs de cette cour ecclésiastique en ce temps-là : Officiaux : Jean Daville, recteur de Dourdain (1607); — Vincent Bernier, recteur de Notre-Dame de Vitré (1627); — Jean Blondel, recteur de Saint-Aubin-du-Cormier (1656). Promoteurs : Dom Jean Rimaczon (1600); — Guillaume Bouvet (1607); — Jean Duclos (1668); — Marc Abraham (1691). Le prieur de Livré était donc complètement seigneur spirituel et temporel dans la paroisse de ce nom ; aussi y jouissait-il d'une double juridiction tout à la fois ecclésiastique et séculière, et de plusieurs autres droits féodaux parmi lesquels nous notons la quintaine. C'était le dimanche de la Quasimodo qu'avait lieu à Livré le jeu ou exercice de la quintaine : tous « les nouveaux mariés » devaient, ce jour-là, « comparoître à Livré avec leurs femmes et donner un baiser et une chanson au sieur prieur dudit lieu ». Ils étaient ensuite tenus de courir en frappant la quintaine. Mais lorsque les Jésuites devinrent maîtres du prieuré de Livré, ils convertirent, avec le consentement des paroissiens, ce droit seigneurial, qui avait fait son temps, en un quart de livre de cire valant 5 sols tournois, destiné à l'usage de l'église, et que durent donner les derniers mariés de la paroisse. Ce changement fut confirmé par un arrêt du Parlement de Bretagne en date du 21 janvier 1609. Le prieur de Livré, levant toutes les dîmes dans la paroisse, était, à cause de cela, tenu de dire ou faire dire six messes par semaine en l'église de Livré ; de plus, l'une de ces messes devait être solennellement chantée le samedi en l'honneur de la Sainte Vierge, patronne du prieuré. Nous avons vu qu'au XIIème siècle le prieur de Livré possédait, outre l'église de ce nom, la chapelle de Saint-Mauron, « capella Sancti Maurontii », située en la paroisse de Livré. Cette chapelle de Saint-Mauron se trouvait à l'origine dans le bois appelé Breil-Saint-Mauron, qui avoisine la métairie dite de Saint-Mauron. Etant tombée de vétusté, elle fut rebâtis plus tard dans la cour même de la ferme où elle se voit encore. Les prieurs de Livré aliénèrent la métairie de Saint­Mauron durant le XVIème siècle, mais les Jésuites la rachetèrent par retrait féodal, en 1626, au profit du collège de Rennes. Elle se composait alors de « corps de logis, chapelle, jardins, cour, bois de haute futaie nommé le Breil-Saint-Mauron, prés, etc., » le tout contenant 118 journaux de terre (nota : Archives municipales de Rennes, 290. — Saint Mauron était un abbé de Saint-Florent­le-Vieil, vivant en 691, et dont les moines de Saint-Florent de Saumur faisaient l'office solennel de prœcepto le 9 janvier). Il parait que les religieux abandonnèrent Livré par suite de la commende au commencement du XVIème siècle. Nous avons, en effet, une lettre de Louis XII, roi de France et duc de Bretagne, pour contraindre Thomas Le Roy, prieur commendataire de Livré, à y entretenir au moins un religieux de Saint-Florent ; le souverain dit à ce propos que ce prieuré vaut bien 300 livres de rente, et qu'il était de coutume auparavant d'y voir résider un, deux et même parfois trois religieux (Archives départementales de Maine-et-Loire). En 1604, Yves du Vineau, archidiacre de Dol et protonotaire apostolique, jouissait en même temps des prieurés de Livré et de Noyal-sur-Vilaine. Il céda ces deux bénéfices aux Jésuites pour contribuer à l'établissement de leur collège de Rennes. Le 26 mai 1606, l'abbaye de Saint-Florent traita définitivement à ce sujet avec la Communauté de Ville de Rennes et lui abandonna son prieuré de Livré, qui fut uni au collège des Jésuites. Ces derniers possédèrent Livré jusqu'à l'époque de leur expulsion, en 1762 ; le prieuré fut alors annexé de nouveau au collège de Rennes, rétabli par des prêtres séculiers, et cet état de choses persista jusqu'au moment de la Révolution. Pendant que les Jésuites possédaient le prieuré de Livré, ils s'occupèrent activement du bien-être spirituel et temporel de cette paroisse ; ils obtinrent du roi, dès 1607, l'établissement à Livré d'un marché tous les samedis et de quatre foires par an, la veille des principales fêtes de la Sainte Vierge, c'est-à-dire le 1er février, veille de la Purification ; le 1er juillet, veille de la Visitation ; le 14 août, veille de l'Assomption, et le 7 décembre, veille de la Conception ?. En 1790, M. de Bléry, principal du collège de Rennes, fit la déclaration suivante du prieuré de Livré, consistant en « maison priorale, cour et jardins ; — four banal, — pressoir banal, — auditoire, — deux grandes granges, — métairie du Prieuré, contenant 48 journaux de terres labourables et 50 journaux de prés, et estimée 1 400 livres de revenu ; — métairie de la Halinière, contenant 54 journaux de terres labourables et 15 journaux de prés, et estimée 805 livres ; — les deux moulins de Changeon, avec leurs maisons, jardins et prés, estimés 880 livres ; — l'étang de Changeon, — la totalité des dîmes de Livré et un trait de dîme en Etrelles, le tout estimé 3 600 livres ; — le greffe d'une juridiction seigneuriale , — quelques rentes et droits seigneuriaux. M. de Bléry déclara que tout le prieuré était affermé 8 400 livres ; qu'il y avait des charges, dont les principales étaient les pensions congrues du recteur de Livré et de ses deux vicaires, 1 400 livres ; les décimes, 700 livres, et une rente de 12 livres 5 sols due à l'abbé de Saint-Florent de Saumur ; de sorte que le revenu net du prieuré n'était que de 6 287 livres 15 sols. (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 26, 28). Le logis prioral de Livré existe encore à côté et au Nord de l'église paroissiale ; il n'y a pas de trace d'une église priorale, et il paraît que les moines faisaient leur office dans l'église de la paroisse. Ce dernier édifice est fort intéressant, presque entièrement d'architecture romane et bâti dans de belles proportions. Le manoir s'élève adossé à la nef, et l'on voit même dans ses salles une vaste baie romane, maintenant bouchée, qui devait donner entrée dans le transept septentrional de l'église. La cour, où l'on pénètre par un grand portail, est encore pavée et renferme une grange dîmeresse. Dans le logis proprement dit sont aussi des chambres peintes en rouge, des cheminées avec colonnes et quelques autres vestiges d'une importance depuis longtemps tombée. Aujourd'hui, le prieuré de Livré n'est plus qu'une ferme 5abbé Guillotin de Corson) ; 

l'ancien manoir du Désert ; 

l'ancien manoir de la Marchelais ou de la Maréchalaye. Propriété successive des seigneurs de Bourgbarré, puis des familles Paynel, la Corbinaye (en 1513), Léziart (en 1560 et 1789) ; 

l'ancienne chapelle de Saint-Mathurin. Elle était aux Templiers, puis aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de LIVRE-SUR-CHANGEON

(à compléter)

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