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IFFENDIC |
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La commune
d'Iffendic ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de IFFENDIC
Iffendic vient, semble-t-il, du breton "hil" (descendant) et de Fintic.
Iffendic est une ancienne paroisse primitive qui englobait autrefois les territoires de Iffendic, de Saint-Malon-sur-Mel, Saint-Gonlay, Bléruais, Saint-Maugan, Boisgervilly, Saint-Uniac, Montfort-sur-Meu, Talensac, Le Verger, Monterfil. Une tradition prétend que le bourg et l'église d'Iffendic ont été incendiés par les Normands au Xème siècle et l'on montre encore sur les bords du Meu l'emplacement qu'aurait occupé l'église primitive. La translation du bourg d'Iffendic à l'époque des invasions normandes, au Xème siècle, nous la signalons sans pouvoir la contrôler. Il paraît certain qu'on trouve beaucoup de briques gallo-romaines et de substructions cimentées au Nord-Est du bourg actuel, dans les champs du Moulinet ; on dit que ce sont les derniers vestiges de l'Iffendic primitif.
L'église d'Iffendic, reconstruite en 1122 par un dénommé Jacob (et son fils Radulphe) et donnée en 1189 à l'abbaye de Marmoutier en Touraine qui fonde un prieuré sur le territoire (Pouillé de Rennes). Iffendic est cité sous le nom de Hiphintic (en 1122), puis de Infintic (en 1187).
L'évêque
de Saint-Malo conserva à Iffendic, après l'établissement des Bénédictins,
des droits assez considérables. Des transactions, passées en 1225 et 1272
entre ce prélat et le prieur d'Iffendic, prouvent qu'ils se partageaient par
moitié à peu près toutes les dîmes de la paroisse, sauf quelques dîmereaux,
et cet état de choses dura jusqu'à la Révolution. Aussi payaient-ils l'un et
l'autre au recteur présenté par l'abbé de Marmoutiers une pension congrue,
montant à 700 livres en 1790. A cette époque, le recteur, M. Baslé, déclara
qu'il n'avait, outre cette pension, que la jouissance du presbytère et de son
jardin ; il ajouta que ses charges montaient à 82 livres 5 sols en décimes,
devoirs synodaux et entretien du presbytère (Archives départementales
d'Ille-et-Vilaine, 13 H, 22 ; 1 V, 29). Iffendic, quoiqu'ayant encore une grande
étendue de territoire, a cependant perdu, par suite de l'érection de la
paroisse de Bléruais en 1826 (Pouillé de Rennes).
Le château de Boutavent ou Boutavan (antérieur à celui des Montfort au XIVème siècle) est attribué à Judicaël, qui y séjourna au VIIème siècle avec ses chevaliers. Le château est ensuite occupé en 1213 par Guillaume II, sire de Montfort. Le territoire d'Iffendic sert de lieu de villégiature à Judicaël (au VIIème siècle) et à Salomon (au IXème siècle). De nombreux autres manoirs sont à signaler (Châsse, Morinais, Tréguil, de Cahideuc,...). Le plus important et l'un des plus anciens, celui de la Châsse, est situé sur le Meu (en 1595, l'un des seigneurs à la tête de seize hommes, surprend le château de Comper, occupé par les soldats de Mercoeur, qui s'en venge par le pillage et l'incendie du manoir de la Châsse).
En 1199, une rencontre entre Philippe Auguste, roi de France et Jean sans Terre, d'Angleterre se déroule dans le château de Boutavent. Après la guerre de Cent Ans, ce château devient le refuge des Ducs de Montfort. Il est détruit en 1380 par les hommes de Du Guesclin.
Le Village du Temple, situé route du Lou-du-Lac, relevait du membre de Romillé de la commanderie du Temple de La Guerche et la paroisse d'Iffendic dépendait jadis de l'ancien évêché de Saint-Malo.
On rencontre les appellations suivantes : Hilphintic (en 1122), Infintic (en 1187), Iffindicq (au XVIème siècle).
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse d'Iffendic : Jacob, "Jacob sacerdos de Hilphintic" (en 1122), G... (il était recteur en 1184 ; peut-être était-ce le même que Guillaume, "Guillermus rector de Iffendicq", qui fonda son obit à l'abbaye de Saint-Méen à une époque inconnue de nous), Nicolas de Morzelles (vers 1475), Jehan Gaultier (décédé vers 1560), Guillaume de Couatridouc (1560-1567), Pierre Cochery (à partir du 29 novembre 1567), Pierre Guillorier (1587-1597), Sébastien Cohignac (en 1597), Olivier Havouys (résigna en 1598), Nicolas Vigollaud (en 1598), Raoul Nogues (décédé en 1662), Julien Bilbouc (en 1662 et en 1673), Golven Mouillard (résigna en 1683), Julien Thébault (1683-1707), Jean Aubrée (il est présenté par l'abbé de Marmoutiers, fut refusé par l'évêque de Saint-Malo et se fit pourvoir par l'archevêque de Tours le 14 avril 1707. L'évêque avait nommé, le 19 février précédent, Jacques Le Dueil, qui se voyant repoussé à Iffendic, résigna en faveur de Jean-Gratien Larcher, pourvu par l'évêque le 20 mai 1707. Ce dernier, après deux ans de plaidoiries, résigna à son tour en faveur de Mathieu Le Maignan, que l'évêque pourvut le 22 avril 1709. Malgré toutes ces nominations, Jean Aubrée gagna, paraît-il, sa cause et conserva la cure jusqu'à sa mort, arrivée le 19 février 1732), Jean-Baptiste Aubrée (1732-1734), Guillaume-Julien Samson (1734-1752), Jean-Anne Soufflet (1753-1758), Léon Joubaud (en 1758), Louis-Joseph Chevalier (1759-1777), Jean Posnic (en 1777), Pierre-Marie Baslé (1777-1789 et 1803-1812), Jean-Baptiste Cramoul (1812-1827), Jean-Joseph-Julien Berthault (1827-1874), Joseph Collet (1874-1875), François Gentilhomme (à partir de 1876), .....
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PATRIMOINE de IFFENDIC
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l'église
Saint-Eloi (XII-XV-XVIIIème siècle). L’église d'Iffendic, placée
sous le titre de Saint-Eloi était en 1122 sous celui de Saint-Pierre ("ecclesia
Sancti Petri quœ dicitur de Hilphintic").
L'église est construite à l'emplacement d'une ancienne chapelle du XIIème
siècle. Le bâtiment actuel se compose d'une nef à chevet droit, accostée
au nord d'un collatéral et présente quelques gargouilles : ce collatéral,
construit probablement en 1412, a remplacé l'ancienne chapelle priorale. A
cette époque, en effet, Robert, évêque de Saint-Malo, ordonna que vu
l'exiguïté de l'église d'Iffendic, la chapelle prohibitive du prieuré
serait démolie et reconstruite plus loin, de façon à permettre
l'agrandissement de l'édifice demandé par les paroissiens. Cette
construction fut faite aux frais de la fabrique et avec le consentement de
l'abbé de Marmoutiers (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 H,
22). Il est vraisemblable qu'une fois la vieille chapelle priorale abattue,
l'on reconstruisit l'église tout entière, car elle semble dater entièrement
des XVème et XVIème siècles. Les nefs sont séparées par des colonnes en
palmiers supportant des arcades ogivales ; un arc triomphal de même style
précède le choeur. Sur ces colonnes sont sculptés des écussons : de
gueules à trois têtes de léopard d'or, lampassées de gueules, qui
sont les armes des seigneurs de Cahideuc. En effet, la supériorité d'église
appartenait à Iffendic au seigneur de Montfort, mais les seigneurs de
Cahideuc y prétendaient aux droits de fondation et de prééminence. Aussi
les mêmes armoiries se retrouvaient-elles dans le chanceau, où furent
inhumés plusieurs seigneurs de Cahideuc, entre autres François de Cahideuc,
décédé en 1580, et Françoise de Coëtlogon, sa femme, décédée en 1570
; Jeanne de Cahideuc, leur fille, décédée en 1622 ; Arthur de Cahideuc,
décédé en 1630, et Louise de Tyvarlen, sa femme, décédée en 1615 (La
Chesnaye-Dubois, Nobiliaire). On conserve encore la pierre tombale de ces
deux derniers, portant leurs effigies sculptées en relief. Les seigneurs de
la Châsse devinrent toutefois seigneurs supérieurs, fondateurs et prééminenciers
dans l'église d'Iffendic, en achetant en 1642 les fiefs que possédaient en
cette paroisse les comtes de Montfort et en devenant par suite d'alliance
seigneurs de Cahideuc. C'est pourquoi Pélage d'Andigné, seigneur de la Châsse,
déclara en 1682 jouir « des droits de supériorité et de fondation
dans l'église d'Iffendic, et de tous autres droits honorifiques, bancs,
enfeus, armoiries et autres, qui dépendaient cy-devant de la seigneurie de
Montfort ». Le chevet de l'église est occupé par une belle fenêtre
flamboyante que remplit « une magnifique verrière du XVIème siècle,
bien endommagée, il est vrai, mais quoique cela très-précieuse »
(nota : M. l'abbé Brune, Archéologie religieuse, 427. — Il est à noter
qu'il existait jadis à Saint-Maugan, tout près d'Iffendic, une verrerie
tenue par un Italien, Damiano Racheto, qui se fit naturaliser Français en
1654. Il se peut que cet établissement remontât au XVIème siècle). Décoré
dans le style de la renaissance, ce vitrail représente les neuf scènes
suivantes, celles du centre étant beaucoup plus grandes que les autres : au
premier rang, en bas, au centre la transfiguration, à droite la dation des
clefs, à gauche la pêche miraculeuse : on a voulu évidemment là honorer
saint Pierre, ancien patron d'Iffendic ; — au second rang, au centre la cène,
à droite le lavement des pieds, à gauche l'agonie au Jardin des Oliviers ;
— au troisième rang, le Sauveur en croix, accompagné des larrons et des
saintes femmes, à droite le baiser de Judas, à gauche l'ensevelissement.
Dans le tympan de l'ogive se trouve la résurrection de Notre-Seigneur, et
des anges portant les instruments de la Passion ; enfin, au sommet de l'arc
apparaît le Père-Eternel, tenant Jésus entre ses bras et accompagné du
Saint-Esprit, type ancien de la Sainte-Trinité. Plusieurs chapelles
seigneuriales décoraient l'église d'Iffendic : le prieur du lieu avait la
sienne au haut du collatéral septentrional ; les seigneurs de Cahideuc et
du Breil avaient les leurs au Sud de la nef. Cette chapelle de Cahideuc
prouve bien qu'à l'origine les seigneurs de ce nom n'avaient point leur
enfeu dans le chanteau réservé au seigneur de Montfort (nota : Il ne faut
pas oublier que les sires de Montfort possédaient en Iffendic le château
de Boutavan, dont on voit encore les ruines si pittoresques, et qu'ils en
firent | |
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la chapelle Saint-Barthélemy du Pré à l'Aoust (1833). L'ancienne chapelle est construite en 1153. On la dit fondée par les seigneurs de Montfort pendant qu'ils habitent Boutavant. En effet, en 1152, Guillaume, seigneur de Montfort, fondant l'abbaye de Montfort, lui donna une terre voisine de la forêt de Trémelin, « terram juxta forestam de Tremelin ». Or, en 1682, les chanoines réguliers de Montfort possédaient encore « la chapelle et le bailliage de Saint-Barthélemy du Pré-à-l'Aoust », situés au bord de la forêt de Brécilien, « dans le quanton des Trémelins » (Déclarations du comté et de l'abbaye de Montfort). Aussi la tradition rapporte-t-elle que Saint-Barthélemy fut fondée par un sire de Montfort habitant le château voisin de Boutavan. Mais au XVIIIème siècle, les religieux de Montfort délaissant leur chapelle, celle-ci fut entretenue par les habitants et considérée dès lors comme frairienne. L'antique édifice a malheureusement disparu et a été remplacé en 1833 par une construction insignifiante. Il y avait autrefois une nombreuse assemblée à Saint-Barthélemy le jour de la fête patronale ; à la fin du XIXème siècle l'on s'y rend encore en pèlerinage pour invoquer le saint apôtre et aussi saint Martin, évêque de Tours, dont la légende est très-populaire à Iffendic, probablement en souvenir des moines de Marmoutiers. On montre le « pas de saint Martin » sur deux rochers voisins de cette chapelle, qui est régulièrement desservie, à la fin du XIXème siècle, le dimanche par un vicaire d'Iffendic (Pouillé de Rennes) ; | |
l'ancien
prieuré Saint-Pierre d'Iffendic, aujourd'hui disparu et jadis membre de
l'abbaye de Marmoutiers. « De gueules à deux calices d'argent posés
l'un sur l'autre » (Armorial général ms. de 1700). Au commencement du
XIIème siècle, l'église paroissiale d'Iffendic, « ecclesia S. Petri
quœ
dicitur de Hilphintic », était entre les mains d'une famille dont le
chef se nommait Hervé ; celui-ci laissa cette église en héritage à son
fils Jacob. Ce dernier, après avoir lui-même été marié et avoir eu un
fils appelé Raoul, qualifié du titre de doyen, embrassa le sacerdoce.
Mais, devenu prêtre, Jacob eut des remords de posséder l'église d'Iffendic
au mépris des lois ecclésiastiques, et, pour réparer au plus tôt ce
scandale, il alla trouver Donoald, évêque d'Aleth, dans le diocèse duquel
se trouvait Iffendic. Donoald était alors au prieuré de Gahard en
compagnie de David, son archidiacre, de Guillaume, abbé de Marmoutiers, et
de nombreux seigneurs bretons. Il accueillit favorablement Jacob, et
celui-ci lui déclara qu'ayant reçu de son père l'église d'Iffendic, il désirait
la donner aux moines de Marmoutiers, qui la pourraient convenablement
desservir ; l'évêque et l'archidiacre accordèrent volontiers leur
consentement. S'adressant à l'abbé de Marmoutiers, Jacob s'empressa dès
lors de lui offrir l'église qu'il possédait, et Guillaume ayant accepté
cette donation, le prêtre d'Iffendic lui mit un couteau en main,
l'investissant ainsi de l'église en question (Dom Morice, Preuves de
l'Histoire de Bretagne, I, 545). Cette donation fut faite le 10 octobre
1122. Le lendemain, l'évêque, l'abbé, Jacob et une partie des seigneurs
quittèrent Gahard, et tous se rendirent au château de Montfort ; ils y
trouvèrent Raoul, seigneur du lieu, qui témoigna une grande satisfaction
de la conduite du prêtre Jacob et qui confirma le don fait à Marmoutiers.
Bien plus, Raoul voulut contribuer lui-même à la fondation d'un prieuré bénédictin
à Iffendic, et le soir, dans l'église de son château, dédiée à
Notre-Dame, le seigneur de Montfort donna aux religieux de Marmoutiers tout
le cens du bourg d'Iffendic, dépendant de sa baronnie, « totum censum
burgi de Hilphintic » ; — le droit d'usage dans sa forêt de Coulon
pour chauffage et construction ; — l'exemption du service militaire pour
tous les hommes demeurant sur la terre des moines, — et tout le cens qu'il
levait dans son château de Gaël. Enfin, ce seigneur voulut que les vassaux
du prieuré futur ne payassent plus de coutumes, si ce n'est aux moines, et
il promit à ces derniers une maison dans son château de Montfort
(Bibliothèque Nationale, ms. lat., n° 5441, p. 224). Trois jours après
leur départ de Gahard, l'évêque, l'abbé et leurs compagnons vinrent à
Iffendic même, afin que Guillaume pût prendre solennellement possession de
l'église donnée à son abbaye. Donoald, entrant le premier dans cette église,
y fit sa prière au pied de l'autel, et, se levant ensuite, reçut des mains
de Jacob les cordes des cloches. Le prêtre montrait par cet acte qu'il
remettait entre les mains de son évêque le bien qu'il possédait ; mais
Donoald fit aussitôt entrer en jouissance l'abbé et les moines de
Marmoutiers, en leur remettant à son tour ces mêmes cordes. En effet, les
religieux firent eux-mêmes sonner les cloches, et tous les assistants
comprirent par là que les moines étaient désormais les maîtres de l'église
d'Iffendic (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 545). Outre
les chartes si curieuses qui renferment ce qui précède, nous possédons
encore un document de la même époque, quoique sans date, se rapportant à
la donation d'Iffendic. Par ce dernier acte, le prêtre Jacob et son fils,
le doyen Raoul, « Jacob sacerdos de Hilphintic et Radulfus decanus
filius meus », donnèrent à l'abbaye de Marmoutiers non-seulement l'église
d'Iffendic, mais les dîmes, les chapelles et les fiefs qu'ils possédaient
dans la paroisse, « decimas et capellas cum omnibus feodis nostris ».
Ils en investirent les moines de Saint-Martin en remettant une branche de
fougère à l'un d'eux, Raoul, prieur de Josselin. Ils stipulèrent en même
temps qu'il leur serait permis à l'un et à l'autre d'entrer au monastère
de Marmoutiers si Dieu leur accordait la grâce de la vocation religieuse.
S'ils n'y entraient pas, ils devraient au moins avoir part, comme
bienfaiteurs, aux messes et aux bonnes oeuvres des religieux (Dom Morice,
Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 545). Ainsi fut fondé le prieuré d'Iffendic,
pour quatre religieux, « trois compagnons avec le prieur », d'après
le Livre des Prieurés de Marmoutiers en 1587 ; les moines ne tardèrent
pas à s'y établir, mais ils ne desservirent pas longtemps, semble-t-il, la
paroisse par eux-mêmes, comme l'indique la convention que nous allons faire
connaître. Dès 1184, en effet, Hervé, abbé de Marmoutiers, concéda la
maison priorale d'Iffendic, du consentement du prieur Eudon, à Etienne,
archidiacre de Dinan, à sa vie durant ; des difficultés paraissant devoir
naître à ce sujet entre les moines d'Iffendic et G., prêtre, c'est-à-dire
recteur de la paroisse, l'accord suivant fut conclu entre eux et sanctionné
par Albert, évêque de Saint-Malo : Dans les oblations de l'autel, les
moines auront deux portions et le prêtre aura la troisième ; pour les
mariages, ce qui sera déposé sur le livre à la porte du monastère sera
également partagé entre les moines et le prêtre ; ce sera la même chose
pour les relevailles et pour les baptêmes ; les dons faits au Jour des
Morts, les honoraires des trentièmes, septièmes, etc., seront partagés
par moitié, sauf que des 13 deniers donnés pour une sépulture, les moines
en prendront 8 et le prêtre 5 ; des dons faits aux confréries, soit en blé,
soit en deniers, les moines auront aussi la moitié ; enfin, dans toutes les
prémices, les moines auront deux portions ; il est aussi fait mention dans
cet acte des offrandes faites à l'église à l'occasion des confessions de
Carême et d'Avent (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 648).
En 1187, Pierre, évêque de Saint-Malo, confirma l'abbaye de Marmoutiers
dans la possession de l'obédience ou prieuré d'Iffendic, « obedientiam
de Infintinc », de l'église paroissiale de ce nom et d'une partie des
dîmes de la paroisse (Anciens évêchés de Bretagne, IV, 362). A la même
époque, Geoffroy Le Roux fit don au prieur d'Iffendic de neuf quartiers de
froment dus sur les vignes de Montfort, et cela en considération de Hugues,
frère de Geoffroy, qui s'était fait religieux ; Albert, évêque de
Saint-Malo, et Geoffroy, seigneur de Montfort, approuvèrent cette donation,
dont furent témoins Guillaume, abbé de Saint-Melaine, et Jean, abbé de
Montfort (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 13 H, 22). En 1224,
Guillaume, seigneur de Montfort, confirma tous les dons faits au prieuré d'Iffendic
par ses prédécesseurs, notamment les cens d'Iffendic et de Gaël, et une
prairie voisine du château de Montfort ; il y ajouta le droit d'usage dans
la forêt de Trémelin pour le chauffage des religieux, pour la construction
de leurs bâtiments et pour l'entretien de leurs vignes ; comme il n'est
point fait mention dans cet acte du droit d'usage accordé précédemment
aux moines dans la forêt de Coulon, il est probable que ce dernier don fut
fait pour remplacer le premier. Ce même Guillaume de Montfort donna encore
au prieur d'Iffendic, en 1230, une lande appelée la Lande-du-Moine, «
Landa monachi » (Bibliothèque Nationale, ms. lat., n° 22322, p. 190).
Lorsque l'abbé de Marmoutiers visita Iffendic en 1319, il constata que ce
prieuré était en bon état, que ses vignes étaient bien cultivées, et
que les religieux y vivaient en bonne renommée et régulièrement. Les
revenus du monastère consistaient alors en ce qui suit : Les cens et les
oblations, rapportant environ 100 quartiers de seigle et avoine ; et la
moitié de la dîme des vins de Montfort, « media pars decime vini de
Monteforti », valant au prieur 3 pipes de vin. Les religieux
jouissaient, en outre, d'une prairie contenant 2 journaux et d'une vigne
d'un journal ; ils avaient, enfin, le patronage des églises d'Iffendic et
de Talensac (Archives départementales d'Indre-et-Loire). En 1646, voici en
quoi consistait le prieuré d'Iffendic : « La maison priorale, avec ses
vergers, terres, prez et jardin », le tout situé au bourg d'Iffendic,
proche de l'église paroissiale ; — une chapelle prohibitive faisant
partie de cette église et bâtie en 1412 ; cette chapelle avait remplacé
un collatéral de l'église, ayant toujours appartenu au prieur et démoli
en 1412 pour l'agrandissement de l'édifice total ; le prieur y avait ses
reliques et ses ornements particuliers, et il devait y dire ou faire dire
six messes par semaine pour les paroissiens d'Iffendic ; il était aussi
tenu de célébrer quatre services solennels aux quatre grandes fêtes de
l'année pour les seigneurs de Montfort, fondateurs et présentateurs du
prieuré ; — le domaine de la Lande-du-Prieur, proche de la Roche-de-Grée
; — la moitié des dîmes d'Iffendic, savoir : les traits du Bourg, de la
Barre, de Tréez, la moitié du trait de Tresreuc, une partie du trait de
Lizion et toute la dîme de Bléruais ; — une juridiction seigneuriale,
etc. En 1633, le prieur Jean du Chesne affermait son prieuré 1 200 livres
tournois par an, plus l'acquit des charges, qui étaient nombreuses : payer
les décimes, — faire dire six messes par semaine, — payer 6 livres au
prédicateur du Carême le jour des Rameaux, — payer au recteur d'Iffendic
une pension de 4 quartiers de blé, — payer au recteur de Saint-Jean de
Montfort une pension de 2 quartiers de blé, et au prieur de Saint-Jean de
Montfort celle d'un quartier de blé, — fournir 4 mines de seigle, chaque
année, à un prêtre délégué par le prieur pour faire les aumônes
ordinaires aux pauvres d'Iffendic, — acquitter, enfin, les droits de
procuration et de synode dus à l'évêque et à l'archidiacre. En 1790, le
prieuré d'Iffendic avait un revenu brut de 2 120 livres ; ses charges, y
compris les portions congrues du recteur et de son vicaire, montaient à 1
570 livres ; partant, il ne restait qu'un revenu net de 550 livres. Liste
des prieurs : — Garin, témoin à Bécherel en 1164. — Eudon (1184). —
Olivier Gauton jugea un différend survenu en 1322 entre le prieur de Bécherel
et les religieux de Beaulieu. — Pierre Dupré (1325). — Jacques de Coëtlogon,
décédé en juin, dont le décès est mentionné sans date d'année dans l'Obituaire
de Saint-Méen. — Jehan du Breil, chanoine de Rennes, rendit aveu au duc
de Bretagne le 27 mai 1540 ; décédé en 1570, après avoir résigné en
faveur du suivant. — Jehan de Bazouges, pourvu en 1570, eut à combattre
Nicolas Vincent et René de Cahideuc, également nommés, et finit par résigner
au suivant. — François de Cahideuc, pourvu sur la triple résignation de
Jean de Bazouges, René de Cahideuc et Antoine Hotman (auquel avait lui-même
résigné Nicolas Vincent), prit possession le 9 septembre 1572 et le 31
juillet 1573 ; il résigna à son tour en 1578. — François de Cahideuc
(junior) prit possession le 7 décembre 1578 ; décédé un an après. —
Pierre Coincterel prit possession le 4 février 1580 ; mais l'abbé de
Marmoutiers, voulant faire cesser la commende à Iffendic, y avait nommé un
religieux, dom Jean Larchevêque, qui avait pris possession dès le 23
novembre 1579 ; nous ne savons lequel se maintint. — Antoine Cojallu,
prieur commendataire, résigna en 1587. — Pierre Hamart prit possession le
3 janvier 1588. — Guillaume du Mesnil résigna en 1602. — Julien
Charretier prit possession le 10 novembre 1602, et Jean Girault, qui se
disait aussi prieur, lui ayant cédé ses droits, il reprit possession le 10
septembre 1603. — Jean du Chesne prit possession le 1er février 1604 ;
décédé vers 1650. — André Barrin, chantre de Nantes, succéda au précédent
le 21 mai 1650. — Sébastien du Guémadeuc, archidiacre du Désert et abbé
de Saint-Jean-des-Prés, prit possession, malgré le précédent, le 14
octobre 1651 et conserva le prieuré jusqu'en 1658, qu'il résigna. —
Pierre de la Rose prit possession le 30 mai 1658 et résigna en 1662. —
Claude d'Andigné, pourvu le 23 juin 1662, mourut quelques jours plus tard.
— Sébastien du Guémadeuc reprit alors le prieuré le 20 septembre 1662
et le conserva jusqu'à sa mort, arrivée en 1702 ; il était évêque de
Saint-Malo et pourvu d'un bon nombre de bénéfices. — François-Auguste
de Villiers, nommé par l'abbé de Marmoutiers, prit possession le 26 mars
1702. — Louis Henrio, décédé vers 1718. — Jean Moraud prit possession
le 5 février 1718 ; il réclama des héritiers de Grégoire Raoul, recteur
de Bothoa et ancien prieur d'Iffendic, les réparations dues au prieuré ;
décédé vers 1727. — Jean-François du Tillet, fils d'Elie du Tillet,
seigneur de Marlay, en Anjou, prit possession le 15 février 1727 ; il se
fit protestant vers 1731 et voulut cependant conserver le prieuré, pour
lequel il plaida jusqu'en 1736 contre Joseph-Augustin du Bellay et contre le
suivant. — Antoine de La Cotte prit possession le 28 octobre 1731. —
Antoine Blanchard, pourvu en 1742, résigna en 1754 ; il était maître de
musique de la chapelle du roi. — Alexis Blanchart prit possession en
juillet 1754 ; il jouissait encore du prieuré en 1790 (abbé Guillotin de
Corson) ; | |
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les vestiges du château de Boutavent ou Boutavan ou Boutavant (XIIème siècle). Il s'agit d'une des résidences des roi Judicaël au VIIème siècle et Salomon au IXème siècle. Il passe au Xème siècle entre les mains des seigneurs de Montfort-Gaël qui l'occupent en 1197 après la destruction du château de Montfort. Les Anglais détruisent le château en 1372. Les seigneurs de Montfort font reconstruire le château au XIVème siècle. Ils le possèdent encore en 1513. Les ruines sont aujourd'hui laissées à l'abandon ; | |
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le
château de Tréguil (XVI-XIXème siècle). Ce château est mentionné en
1427. Il est érigé en vicomté en 1644 et exerçait à Montfort un droit
de haute justice : il avait des fourches patibulaires à quatre piliers, et
relevait à l'origine du comté de Montfort. On y trouve un puits
qui date du XVème siècle et une chapelle privative dédiée à l'Immaculée-Conception
(XVII-XIXème siècle). Cette chapelle est signalée en 1682 comme dépendant
du manoir de Tréguil, appartenant alors à Jean-Baptiste Becdelièvre,
seigneur de la Busnelaye. Peu de temps après, la famille Huchet de Cintré
en devint propriétaire ; elle le possède encore, et plusieurs de ses
membres sont inhumés dans la chapelle de Tréguil, qui est entretenue avec
soin à la fin du XIXème siècle (Pouillé de Rennes). | |
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le château de la Châsse (XVII-XXème siècle). Il était jadis fortifié. La Châsse est érigée en châtellenie en 1623 et possédait jadis un droit de haute justice. L'ancien château est détruit en 1595 durant les guerres de la Ligue, puis reconstruit. La chapelle Sainte-Magdeleine de la Châsse avait été bâtie à quelque distance de leur manoir par les seigneurs de la Châsse ; elle se trouvait au bout des avenues, non loin des anciennes halles où les seigneurs de la Châsse avaient droit de tenir un marché hebdomadaire. En 1714, Charles-René d'Andigné, seigneur de la Châsse (nota : Ce seigneur obtint en 1707 l'union des trois seigneuries de la Châsse, de Saint-Malon et de Cahideuc, et leur érection en châtellenie), fonda, par acte du 22 mai, deux messes par semaine, l'une « dans la maison de la Châsse » pour le dimanche, et l'autre pour chaque lundi « dans la chapelle de la Châsse » (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Saint-Malo). Ceci nous prouve qu'il y avait alors à la Châsse, outre la chapelle de Sainte-Magdeleine, un oratoire dans le manoir même. En 1752, la chapellenie de l'Espinay, en Saint-Malon, présentée par le seigneur de la Châsse et de Saint-Malon, était desservie dans la chapelle de la Châsse par Joseph Rouxel. Cette chapelle, jadis lieu de station pour les processions d'Iffendic et de Saint-Gonlay, a été détruite en 1846. On a reconstruit à la fin du XIXème siècle une nouvelle chapelle au château même de la Châsse (Pouillé de Rennes). Sa fuie a disparu. Propriété successive des familles Châsse (en 1380), Andigné (en 1550 et en 1789), Nicolaï. On mentionne un Jehan de la Châsse en 1480 ; | |
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le château du Breil (XIXème siècle). L'ancien manoir ou château est construit au XVIIème siècle : il ne reste plus que quelques pans de murs visibles dans le parc avec une porte armoriées du XVIème siècle. On y trouvait jadis les armes de Julien Gédouin seigneur du Breil et de Françoise Frotet son épouse depuis 1613, ainsi que de leurs alliances. Il possédait jadis une chapelle privée et un colombier. La chapelle du Breil était une fondation des seigneurs du lieu ; elle est mentionnée dans la déclaration de cette terre faite en 1682 par Jean-Baptiste Becdelièvre, seigneur de Tréguil et du Breil ; mais en 1727 l'Etat du diocèse la signale comme étant « abandonnée » (Pouillé de Rennes). Le Breil possédait jadis un droit de haute justice et relevait du comté de Montfort. Propriété successive des familles du Breil (en 1351 et en 1440), Gédouin seigneurs de la Dobiaye (en 1570), Françoise Frotet (avant 1664), Guy du Pont seigneur d'Eschevilly et Françoise de Becdelièvre son épouse (en 1664), Huchet seigneurs de Cintré (en 1699) et Barbier d'Antin. Reconstruit au XIXème siècle, le château brûle en 1903. On mentionne un Eustache du Breil en 1480 ; | |
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le manoir de la Ville-Eon ou Villéon (XV-XIXème siècle). On y trouve une tourelle d'escaliers, un four à pain qui date des années 1800 et un puits qui date du XIXème siècle. Propriété de la famille Prichard en 1427, puis de la famille Langlais en 1513 ; | |
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le manoir du Bas-Canlou (vers 1500) ; | |
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le manoir de Bouquidy (XVI-XVIIème siècle) ; | |
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le lavoir (XIXème siècle) ; | |
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7 moulins dont le moulin de Boutavan ou Boutavent,… |
A signaler aussi :
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le mégalithe situé au lieu-dit La Pierre-Longue, près des villages de la Barre et du Vau-Savelin (époque néolithique) ; | |
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l'ancien manoir du Verger, situé route du Lou-du-Lac. Propriété de la famille de Cahideuc en 1513 ; | |
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l'ancien manoir de Trélieux, situé route du Lou-du-Lac. Propriété de la famille Gautier en 1420 ; | |
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l'ancien manoir du Bois-Marquer, situé route du Lou-du-Lac. Propriété de la famille de Marquer en 1427 et en 1440 ; | |
le château de la Morinais ou Morinaye, situé route du Lou-du-Lac et reconstruit en 1749. Il possédait jadis une chapelle privée et un droit de haute justice. La chapelle était dédiée à l'Immaculée-Conception. François de la Monneraye, seigneur de la Morinaye, ayant rebâti l'ancien manoir de ce nom, y construisit une chapelle et la fonda de messes par acte du 22 juin 1749. L'évêque approuva cette fondation. Mais comme en 1766 le seigneur de la Morinaye ne lui présentait point de prêtre pour la desservir, il ordonna que le service en serait provisoirement fait à l'église paroissiale. En 1803, les habitants de ce quartier d'Iffendic demandèrent la conservation de la chapelle de la Morinaye, et elle est à la fin du XIXème siècle encore desservie tous les dimanches par un vicaire (Pouillé de Rennes). Le château est pillé en janvier 1790 par une bande de paysans armés. Propriété successive des familles de la Morinais (en 1427), de la Morinaye (en 1749), puis de la famille Fleuriot de Langle ; | |
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l'ancien manoir du Plessis, situé route du Lou-du-Lac. Propriété de la famille Cojallu en 1513 ; | |
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l'ancien manoir de Tressouët, situé route du Lou-du-Lac. Propriété de la famille du Boistravers en 1427 ; | |
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l'ancien manoir de la Ville-Herviette, situé route du Lou-du-Lac. Propriété de la famille du Breil en 1427 ; | |
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le manoir du Pin, aujourd'hui restauré. Il possède une chapelle privée. Propriété de la famille Pin en 1427 et en 1513 ; | |
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l'ancien manoir de la Pommeraye, situé route de Montfort-sur-Meu. Propriété successive des familles du Vaudenieul (en 1427), de la Pommeraye (en 1440), Josses (en 1513) ; | |
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l'ancien manoir du Val, situé route de Montfort-sur-Meu. Propriété de la famille de l'Isle en 1427 ; | |
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l'ancien manoir de Crébuguen, situé route de Montfort-sur-Meu. Propriété de la famille Gallard en 1427 ; | |
l'ancien manoir du Breil-Nouvel ou du Breil-Louvel. Propriété de la famille Héronnet en 1427. Un autre manoir du même nom appartenait à la famille Macé-Hoaës en 1427 et aux seigneurs de Tréguilly en 1440 ; | |
l'ancienne
Chapelle Saint-Nicodème de la Courbe, située route de Monterfil. Ancienne chapelle
frairienne, elle est aujourd'hui sécularisée. En 1682, le comte de
Montfort se disait seigneur supérieur de la chapelle de la Courbe ; en 1705
elle dépendait de la seigneurie de Tréguil, et Joseph Huchet, seigneur de
Cintré et de Tréguil, présenta Pierre Régnier pour la desservir, car
elle était fondée de messes. Ce chapelain en prit possession le 29 janvier
et y dit la messe « à l'autel Saint-Nicodème ». En 1727, cette
chapelle figure au nombre des quatre chapelles frairiennes d'Iffendic dans
l'Etat du diocèse (Pouillé de Rennes) | |
l'ancienne chapelle de la Boulaye. La chapelle de la Boulaye dépendait du manoir de ce nom, appartenant en 1427 à Aubin Josses, et en 1513 à Olivier Josses. Elle était fondée de messes, et en 1766 l'évêque ordonna qu'on fit le service de cette fondation dans l'église d'Iffendic, en attendant qu'on pût le reprendre à La Boulaye. Il est probable que la chapelle était alors en ruine ou en réparation (Pouillé de Rennes) ; | |
l'ancienne chapelle Notre-Dame de la Salette du Pin. Quoique le Pin soit une vieille terre noble appartenant en 1427 à J. du Pin et en 1513 à François du Pin, la chapelle dépendant de ce manoir est moderne et doit avoir été construite par la famille de la Monneraye, propriétaire à la fin du XIXème siècle du Pin (Pouillé de Rennes) ; | |
l'ancienne
chapelle Notre-Dame de Lourdes. Dépendant du couvent des Soeurs de la
Providence de Ruillé, elle avait été bâtie, vers la fin du XIXème
siècle, dans le bourg d'Iffendic par le recteur (Pouillé de Rennes) ; | |
l'ancien
manoir de la Fléchaye, situé route de Monterfil. Une chapelle se
voyait jadis non loin du manoir. La chapelle Notre-Dame de la Fléchaye était
frairienne en 1727 ; l'évêque la visita le 25 août 1780 et ordonna
qu'elle serait fermée désormais le jour de la mi-août et le lendemain, fête
de saint Armel, et il défendit d'y célébrer la messe ces jours-là. Le
but que se proposait en cela Mgr de Saint-Malo était d'abolir l'assemblée
de la mi-août, qu'il jugeait scandaleuse. Cette chapelle, située au haut
de l'avenue du manoir de la Fléchaye, était, en effet, un but de pèlerinage
très fréquenté ; elle était fondée de messes et quelques terres en dépendaient.
Peut-être était-ce une fondation des anciens seigneurs de la Fléchaye,
dont nous connaissons | |
l'ancien
manoir de la Roche-Trébulan, situé route de Monterfil. Propriété de la
famille Huchet seigneurs du Plessis-Cintré en 1682. La chapelle de la
Roche-Trébulan se trouvait en 1682 près du manoir de ce nom, appartenant
alors à Isaac Huchet, seigneur du Plessix-Cintré. Abandonnée dès 1727,
cette chapelle n'existe plus. La chapelle de la Roche, distincte de la précédente,
est mentionnée dans la Réponse au questionnaire de 1860. On y dit
qu'elle se trouvait près du manoir de ce nom, possédé en 1513 par G.
Chefdemail, mais qu'elle a été détruite depuis longtemps aussi bien que
ce manoir (Pouillé de Rennes). | |
l'ancien manoir de Vaugrassen. Propriété de la famille Tiercent en 1427 et en 1440 ; | |
l'ancien manoir de Saint-Ahan ou de Saint-Jean (Saint-Jehan). Il possédait jadis une chapelle privée donnée en 1124 au prieuré de Thélouët et considérée frairienne au XVIIIème siècle. En effet, en 1124, Raoul, seigneur de Montfort, donna aux religieuses et aux frères du prieuré de Thélouët la terre et l'église de Saint-Ahan. Nous ne doutons pas qu'il ne s'agisse ici de la chapelle d'Iffendic, située au village de Saint-Ahan ou Saint-Ehan, autour duquel la prieure de Thélouët avait encore en 1585 un bailliage et un trait de dîmes. Le 6 juillet 1718, Guillemette Pellerin, demeurant « au village de Saint-Ehan », fonda par testament une messe et un catéchisme pour toutes les fêtes chômées, « dans la chapelle de Saint-Jehan ». On voit par là le patronage de saint Jean introduit dans la chapelle en place de ce saint Ahan dont on ignorait la légende. En 1766, l'évêque de Saint-Malo ordonna une enquête au sujet des fondations de cette chapelle, soupçonnant, dit-il, qu'elle devait être ab antiquo desservie tous les dimanches et fêtes, sans préjudice des fondations modernes. Elle était alors regardée comme frairienne, et les Bénédictines de Thélouët ne s'en occupaient plus depuis longtemps. On y allait en pèlerinage pour être guéri de ces douleurs rhumatismales appelées ahans par les villageois (Pouillé de Rennes). Propriété de la famille Oren en 1427 ; | |
l'ancien manoir de la Boucelais ; | |
l'ancien manoir de Cahideuc. Il possédait jadis une chapelle privée qui nous est connue que par un Etat du diocèse, qui dit en 1727 qu'elle était abandonnée. Il est érigé en châtellenie en 1645 et possédait autrefois un droit de haute justice. Propriété successive des familles Cahideuc (à la fin du XIIème siècle) et d'Andigné seigneurs de la Châsse (vers 1649). Il est uni à la seigneurie de la Châsse vers 1700 et le reste jusqu'en 1789 ; | |
l'ancien manoir de la Villejean. Propriété de la famille Cahideuc en 1513 ; | |
l'ancien manoir de de la Vairie, situé route de Bois-Gervilly. Propriété de la famille le Voyer en 1427 et en 1513 ; | |
l'ancien manoir de Delieuc, situé route de Bois-Gervilly. Propriété de la famille de la Houssaye en 1427 et en 1513. Le manoir le Petit-Delieuc appartenait à la famille Houllier en 1427 et en 1513 ; | |
l'ancien manoir de la Ville-Sorière, situé route de Bois-Gervilly. Propriété de la famille de la Morinaye en 1427 et en 1513 ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de IFFENDIC
La châtellenie
de Cahideuc
: Le manoir de Cahideuc en la paroisse d'Iffendic a donné son nom à une
famille noble et distinguée. Jean de Cahideuc en est le premier auteur connu ;
il épousa Plésou Madeuc et mourut vers l'an 1200. Son fils, Raoul de Cahideuc,
en 1223 seigneur dudit lieu, épousa Perrine des Brieux, dont il eut Robert de
Cahideuc, qui prit part à la croisade de 1248 et s'unit à Jeanne de Montfort. Eon
de Cahideuc, seigneur dudit lieu et fils du précédent, se maria avec Mahaut d'Acigné
et transigea en 1280 avec Olivier, sire de Montauban, au sujet d'un droit de
garde seigneuriale qui fut converti en droit de rachat dû à chaque mutation de
seigneur. Guillaume de Cahideuc, son fils, perdit en 1325 sa femme, Marie du
Vauferrier, et décéda lui-même dix ans plus tard. Geffroy de Cahideuc, qui
lui succéda, épousa en 1331 Olive de la Morinaye, décédée au mois de mai
1349, et mourut pendant la Semaine-Sainte de 1359 ; ses premiers enfants décédèrent
jeunes, et son cadet, Guillaume, devint après lui seigneur de Cahideuc ; né en
1336, il épousa en 1369 Jeanne de Trégaranteuc et fit son testament en 1377.
Autre Guillaume de Cahideuc, fils du précédent, né en 1374, s'unit en 1417 à
Hermine Ferrière, fille du seigneur de la Boulaye, dont il eut Charles de
Cahideuc. Ce dernier épousa : -1° Isabeau d'Engoulvent et - 2° Béatrice de
la Noë, fille du seigneur de la Broce ; il eut un procès avec le seigneur du
Breil au sujet des droits honorifiques en l'église d'Iffendic. En 1476, il était
âgé de soixante ans et père de deux garçons, Jean et Gilles ; il mourut en
1489. Ce Jean de Cahideuc entra en 1512 dans l'ordre des chevaliers de
Saint-Jean de Jérusalem, se distingua en 1522 au siège de Rhodes et devint
commandeur du Temple de la Guerche. Gilles
de Cahideuc, son frère puîné, fut seigneur de Cahideuc et épousa en 1513
Perrine d'Erbrée, dame de la Chèze ; à cette époque il possédait en
Iffendic, outre le manoir de Cahideuc, les maisons nobles de la Motte, de la
Villejean et du Verger. Son fils, Raoul de Cahideuc, fut écuyer tranchant de la
reine et se maria en 1527 à Louise de Lescouët. Le
fils de ces derniers, François de Cahideuc, seigneur dudit lieu, né vers 1530,
épousa en 1555 Françoise de Coëtlogon, fille du seigneur de Méjusseaume. Sa
femme étant morte à Cahideuc en juillet 1570, il se fit prêtre, devint grand
chantre et chanoine de Rennes, puis prieur commendataire de Bécherel et de
Saint-Nicolas de Montfort. Il fit son testament le 24 octobre 1579 et mourut
l'année suivante ; suivant ses désirs, son coeur fut déposé dans l'église
des Cordeliers de Rennes et son corps apporté en l'église d'Iffendic et inhumé
près de celui de sa femme, en l'enfeu seigneurial de Cahideuc. Arthur
de Cahideuc, fils et successeur du précédent, fut fait en 1596 chevalier de
l'Ordre du roi et gentilhomme ordinaire de sa chambre, en récompense des
services qu'il avait rendus à Henri IV pendant les guerres de la Ligue. Il épousa
: -1° en août 1604, Louise de Tyvarlan, décédée à Cahideuc le 6 janvier
1615 et inhumée en l'église d'Iffendic ; -2° Jeanne de Baud, dame de Merléac,
morte au manoir de Beaulieu en Bignan et inhumée en l'église de cette
paroisse. Lui-même, après avoir fait son testament à Cahideuc, alla mourir à
Beaulieu et fut inhumé, le 22 mai 1631, «
jouxte l'autel Nostre-Dame en la nef de ladite église de Bignan ». Sébastien
de Cahideuc, seigneur dudit lieu, né en 1605, succéda à son père Arthur et
épousa le 2 février 1633 Guyonne de Montbourcher, dame du Bois-de-la-Motte. Il
mourut le 25 mars 1670 et sa veuve lui survécut jusqu'en 1688. Ils laissaient
deux enfants : Jean-François de Cahideuc, marquis du Bois-de-la-Motte, marié
en 1664 à Gillonne de Langan, fille du marquis du Boisfévrier, — et Jeanne
de Cahideuc, mariée en 1649 à François d'Andigné, seigneur de la Châsse. Le
marquis du Bois-de-la-Motte fut aussi seigneur de Cahideuc, mais cette terre fut
saisie sur lui en 1693 ; elle fut alors probablement dégagée par sa soeur ou
plutôt par le fils de celle-ci, Charles-René d'Andigné, qui la possédait en
1700. Charles-René
d'Andigné, seigneur de la Châsse, obtint du roi l'union de la châtellenie de
Cahideuc à celle de la Châsse. Il épousa : -1° Jeanne de Bréhant, -2° Françoise
de la Chevière, et mourut en 1729. Son petit-fils, Charles-François d'Andigné,
marquis de la Châsse, lui succéda, épousa Anne Ferré de la Villèsblancs et
mourut sans postérité, en 1782. Le frère de ce dernier, Mgr Joseph d'Andigné
de la Châsse, ancien évêque de Saint-Pol de Léon, puis de Châlon-sur-Saône,
hérita de ses seigneuries et fut le dernier seigneur de Cahideuc ; il mourut en
1806 à Paris. La
seigneurie de Cahideuc, relevant du comté de Montfort, fut érigée en châtellenie
par lettres patentes du roi datées du mois de décembre 1645 et données en
faveur de Sébastien de Cahideuc. Plus tard, en 1707, Charles-René d'Andigné
obtint l'union de la châtellenie de Cahideuc à celle de la Châsse (Archives
du Parlement de Bretagne). La
haute justice de Cahideuc s'exerçait à Iffendic et s'étendait surtout en
cette paroisse et en celles de Saint-Maugan et de Saint-Gonlay.
Le
seigneur de Cahideuc possédait en l'église d'Iffendic une chapelle dédiée à
saint Eloy ; il y avait son banc, son enfeu, « ses armes et écussons à l'entour et aux vitres d'icelle »,
avec tous les droits honorifiques. On retrouve encore aujourd'hui en cette église
les tombeaux d'un seigneur et d'une dame de Cahideuc surmontés de leurs
effigies sculptées en grand relief dans le granit. Dans plusieurs endroits de
l'édifice, notamment sur les colonnes de la nef et au chanceau, l'on reconnaît
aussi les armoiries des sires de Cahideuc : de
gueules à trois têtes de léopard d'or lampassées de gueules ; ils prétendaient
même avoir après le comte de Montfort toutes les prééminences à Iffendic en
qualité de seigneurs fondateurs et patrons. Ils avaient également des prééminences
en l'église de Saint-Maugan.
Depuis longtemps déjà le manoir de Cahideuc n'est plus qu'une ferme ; il conserve néanmoins des vestiges de son importance primitive avec sa cour close de murs, son grand portail et son vieux logis couvert de blasons ; bien posé sur une colline en face du château de la Châsse, dont il n'est séparé que par une vallée profonde arrosée par le Meu, il semble encore, comme au moyen-âge, guetter son rival, car d'après la tradition les sires de Cahideuc et de la Châsse guerroyèrent souvent l'un contre l'autre. Lorsqu'une alliance unit les deux familles au milieu du XVIIème siècle, elle mit fin à un procès qui, succédant aux coups d'épée, les divisait depuis des siècles. A la fin du XIXème siècle Cahideuc fait partie de la terre de la Châsse et appartient au même propriétaire que celle-ci.
La châtellenie
de la Chasse
: Situé en la paroisse d'Iffendic dans une fraîche vallée qu'arrose le Meu,
le manoir de la Châsse fut le berceau d'une noble race portant son nom. En 1380
Jean de la Châsse, écuyer, figura dans plusieurs montres de l'armée du duc de
Bretagne, et en 1381 Jean de la Châsse, chanoine et trésorier de Rennes,
ratifia le traité de Guérande. En 1427, Louis de la Châsse habitait son
manoir de la Châsse, et en 1434 il se trouvait employé à la cour du duc de
Bretagne en qualité d'écuyer d'écurie. Alain de la Châsse fut en 1442 l'un
des vingt archers chargés de la garde du corps du duc Jean V, récemment décédé
(Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 247, 276 et 1261). Ce
seigneur avait épousé Bertranne de Cahideuc. En 1497 Gilles de la Châsse,
gentilhomme servant dans la compagnie du duc d'Orléans, combattit pour la
France en Italie. Noble homme Jean de la Châsse tenait en 1513 «
les maison et manoir de la Châsse, nobles d'ancienneté ». En 1529 et 1532
Raoul de la Châsse fut député par les États de Bretagne vers le roi François
Ier au sujet de l'union que ce prince voulait faire de la Bretagne à la France (Dom
Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, III, 789, 990 et 998). La
branche aînée des sires de la Châsse se fondit en 1550 dans la famille d'Andigné
par le mariage de Bertranne de la Châsse avec Lancelot d'Andigné, seigneur de
la Grée, quatrième fils de Guillaume d'Andigné et d'Antoinette de Cancouët.
Bertranne de la Châsse apporta à son mari la terre seigneuriale de son nom ;
aussi voyons-nous au temps de la Ligue le seigneur d'Andigné de la Châsse
combattre en Bretagne pour le roi et s'emparer du château de Comper,
appartenant aux Ligueurs. Le duc de Mercœur fut si irrité de la perte de cette
forteresse qu'il envoya des troupes piller le château de la Châsse ; elles y
mirent même le feu, quoique cette place fût en neutralité (Ogée,
Dictionnaire de Bretagne, v. Iffendic). Jean
d'Andigné, seigneur de la Châsse en 1612, fils de Lancelot et de Bertranne de
la Châsse, épousa Renée Hamon, dame de Kermagaro. Leur fils François d'Andigné,
reçu en 1611 conseiller au Parlement de Bretagne, épousa Perronne Huby et succéda
à son père en la seigneurie de la Châsse, mais il mourut en 1631, laissant
trois fils, dont l'aîné, Jean-Baptiste, devint alors seigneur de la Châsse.
Quant à sa veuve, Perronne Huby, elle ne mourut que le 29 novembre 1671, en
odeur de sainteté, à Rennes, et fut inhumée en l'église des Carmes de cette
ville dans l'habit de leur tiers ordre. Jean-Baptiste
d'Andigné, seigneur de la Châsse, reçu conseiller au Parlement de Bretagne en
1633, épousa Marguerite du Garo ; il en eut François d'Andigné, seigneur de
la Châsse après lui, marié en 1649 à Jeanne de Cahideuc, fille et héritière
du seigneur de Cahideuc. Après la mort de ce seigneur de la Châsse, décédé
en 1677, sa veuve, Jeanne de Cahideuc, renonça à sa communauté de biens, et
son fils aîné, Charles-Pélage d'Andigné, n'accepta la succession de son père
que sous bénéfice d'inventaire. Les terres de la Châsse et de Saint-Malon
furent à cette occasion vendues 62 100 livres, et l'hôtel de la Châsse à
Rennes 20 026 livres, mais ces biens furent rachetés peu de temps après. Charles-Pélage
d'Andigné, seigneur de là Châsse, mourut le 22 avril 1695 et la terre
seigneuriale de la Châsse passa à son frère, Charles-René d'Andigné ;
celui-ci s'unit : -1° à Jeanne de Bréhant, -2° en 1706 à Françoise de la
Chevière, doublement veuve des seigneurs de la Villèsbrunes et de la
Tremblaye-Mellet ; il mourut le 26 septembre 1729. Sa succession fut recueillie
par ses petits-enfants, nés du mariage de son fils aîné, Jean-René d'Andigné,
avec Marguerite, d'Andigné de Kermagaro. L'aîné de ces enfants, Charles-François-René
d'Andigné, né à Rennes en 1722, qualifié marquis de la Châsse, et reçu en
1746 conseiller au Parlement de Bretagne, épousa cette même année Anne-Jeanne
Ferré de la Villèsblancs ; il mourut en 1782 sans postérité et sa veuve décéda
à Rennes en son hôtel, rue de la Monnaie, le 11 novembre 1785. Mgr Joseph d'Andigné
de la Châsse, frère du marquis de la Châsse, fut son héritier ; né à
Rennes en 1724, il avait été vicaire général au diocèse de Rouen, abbé
commendataire de Notre-Dame d'Eu, puis en 1763 évêque de Saint-Pol de Léon et
transféré en 1772 au siège de Chalon-sur-Saône. Il s'était démis de ce
dernier évêché et vivait alors retiré à Paris. Il émigra quand vint la Révolution
et revint mourir à Paris le 12 juillet 1806. La terre de la Châsse, dont il
fut le dernier seigneur, fut mise nationalement en vente en 1794, mais cet essai
de vente n'eut pas les résultats qu'on en attendait, et la famille d'Andigné
put rentrer un jour en possession du vieux château de ses ancêtres.
Par
lettres patentes datées d'avril 1613, Louis XIII accorda au seigneur de la Châsse
deux foires par an, à la fête de saint Eloi d'été et à celle de sainte
Madeleine, plus un marché le lundi de chaque semaine. Dix ans plus tard, de
nouvelles lettres du même roi, données en août 1623, érigèrent en châtellenie
la seigneurie de la Châsse, relevant en grande partie du comté de Montfort.
Enfin, Louis XIV, par lettres datées d'avril 1707, unit, en faveur de
Charles-René d'Andigné, capitaine au régiment de la reine, les trois châtellenies
de la Châsse, de Saint-Malon et de Cahideuc en une seule et même châtellenie
sous le nom de la Châsse ; celle-ci étendit alors sa haute justice en dix
paroisses : Iffendic, Bléruais, Saint-Malon, Saint-Maugan, Saint-Gonlay, le
Boisgervily, Monterfil, Paimpont, Saint-Jean de Montfort et Coulon (Archives du
Parlement de Bretagne).
A l'origine, la Châsse n'avait pas beaucoup d'importance, mais en 1642 Jean-Baptiste d'Andigné ayant acheté d'avec le duc de la Trémoille les fiefs de la Vairie d'Iffendic, s'étendant en Iffendic, Saint-Gonlay et Saint-Maugan, et faisant auparavant partie du comté de Montfort, le seigneur de la Châsse se trouva dès lors seigneur supérieur et fondateur de l'église d'Iffendic ; il y eut « tous droits honorifiques, bancs, enfeus, armoiries et autres, qui dépendaient cy-devant de la seigneurie de Montfort ». Plus tard l'annexion des terres seigneuriales de Saint-Malon et de Cahideuc firent de la Châsse une fort belle châtellenie. En 1682, la châtellenie de la Châsse avait comme domaine proche : le manoir de la Châsse avec sa chapelle de la Magdeleine, son colombier, ses bois, jardins, etc., — les anciens manoirs de la Couraudaye et de la Morinaye, — les métairies de la Châsse, de la Villedenaye et du Vaugracin, — plusieurs moulins à eau avec leurs étangs. A l'entrée des rabines conduisant à la Châsse s'élevaient des halles en pleine campagne ; c'est là que se tenaient les foires et marchés de la seigneurie ; à côté se trouvait un cabaret, annexe indispensable, appartenant aussi au sire de la Châsse. Sans être un château-fort, la Châsse avait néanmoins été fortifiée au moyen-âge, mais ses vieilles constructions n'offrent plus d'intérêt. Le propriétaire du XIXème siècle, M. de Nicolay, allié aux d'Andigné, a construit un nouveau château dans le beau et pittoresque parc arrosé par le Meu qu'occupait l'ancien (abbé Guillotin de Corson).
La vicomté de Tréguil : Parmi les nombreux manoirs de la paroisse d’Iffendic se trouvait celui de Tréguil appartenant en 1427 à Jean Marquer et en 1513 à Eustache Marquer, fils de Joachim (Des Salles – Anciennes réformations de la noblesse de l’évêché de Saint-Malo, 42 et 280). Cet Eustache Marquer épousa Anne du Rocher, dame de la Gailleule près Rennes, décédée vers 1520 (Archives de Loire-Inférieure, voir Saint-Grégoire). Il en eut un fils nommé comme lui Eustache Marquer qui s'unit le 19 février 1541 à Jacqueline de Mathan, fille du seigneur de Coulonges (Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 297). L'année même de son mariage Eustache Marquer, seigneur de Tréguil et de la Gailleule, parut à la montre militaire « bien monté et armé en habillement d'homme d'armes, accompagné d'un coustilleux bien armé et bien monté et d'un page portant lance ; il déclara tenir en fiefs nobles 52O livres de rente ». La fille aînée de ce seigneur, Louise Marquer, hérita à la mort de son père, des seigneuries de Tréguil et de la Gailleule qu'elle apporta à son mari René de Bourgneuf, seigneur de Cucé et premier président au Parlement de Bretagne, décédé en 1587. Louise Marquer lui survécut et vivait encore en 1609. Leur fille Renée de Bourgneuf contracta alliance en 1603 avec André Barrin, seigneur du Boisgeffroy, et reçut en dot la terre et seigneurie de Tréguil. Cet André Barrin, conseiller au Parlement de Bretagne, devint en 1644 marquis de Boisgeffroy et vicomte de Tréguil et décéda le 10 juillet 1649. Jean Barrin, son fils aîné, eut alors le Boisgeffroy et André Barrin son fils puîné eut Tréguil. Mais ce dernier ne conserva pas la nouvelle vicomté qui passa, probablement par acquêt, aux mains de la famille Becdelièvre de la Busnelaye. Tréguil appartenait, en effet, en 1666 à Guy du Pont d'Echuilly et à Françoise Becdelièvre sa femme, — et en 1682 à Jean-Baptiste Becdelièvre. seigneur de la Busnelaye et premier président à la Chambre des Comptes de Bretagne, neveu de la précédente dame et époux de Renée de Sesmaisons (Déclaration du comté de Montfort). Ce furent ces derniers seigneur et dame de la Busnelaye qui par contrat passé en mai 1699, vendirent la vicomté de Tréguil à Joseph Huchet et Catherine Crosnier, seigneur et dame de Cintré (Archives de Loire-Inférieure, voir Iffendic). Le nouveau vicomte de Tréguil perdit sa femme au mois de novembre 1709. Elle lui avait donné plusieurs enfants dont l'aîné Louis-Marie Huchet, né en 1699, devint plus tard seigneur de Cintré et de Tréguil. Ce fut lui qui épousa le 19 juin 1734, à Erdeven, Françoise-Pélagie de Talhouët, fille du seigneur de Keravéon (Archives du Morbihan, E, supl. 136). Qualifié marquis de Tréguil et comte de Cintré, Louis-Marie Huchet mourut à Rennes le 14 décembre 1752, pendant la tenue des Etats de Bretagne, et fut inhumé le surlendemain dans l'église des Cordeliers de Rennes (Registres des sépultures de la paroisse Saint-Etienne de Rennes) ; sa veuve décéda à Auray, chez les Dames Cordelières, le 15 décembre 1761 (Généalogie de la maison de Talhouët, 386). Georges-Louis Huchet, qualifié marquis de Cintré et vicomte de Tréguil, fils des précédents, épousa en 1763 Julie-Françoise de Grimaudet, dame de Gazon, dont il eut sept enfants ; il fut le dernier seigneur de Tréguil, émigra au moment de la Révolution et ne mourut qu'en 1822 (Généalogie de la famille Huchet). A l'origine la seigneurie de Tréguil relevait du comté de Montfort et n'était qu'une moyenne justice. Le 25 mars 1642 André Barrin, seigneur de Tréguil, acheta 8 000 livres d'Henry duc de la Trémoille et comte de Montfort, les bailliages en haute justice d'Alansac et de la Bouyère en Iffendic, distraits du comté de Montfort (abbé Oresve – Histoire de Montfort, 210). Par lettres patentes datées du mois de janvier 1644 et enregistrées an Parlement de Bretagne le 20 juin suivant, Louis XIV unit, en faveur d'André Barrin, ces fiefs d'Alansac et de la Bouyère à la seigneurie de Tréguil s'étendant déjà en sept paroisses : Iffendic Monterfil, Saint-Jean de Montfort, Coulon, Saint-Maugand, Pleumeleuc et Saint Gonlay. Par ces mêmes lettres le roi érigea le tout en une seule seigneurie avec haute justice sous le titre de vicomté de Tréguil (Archives du Parlement de Bretagne). C'est en l'auditoire de Montfort que s'exerçait tous les vendredis la haute juridiction de Tréguil ; ses fourches patibulaires consistaient en quatre piliers (Déclaration de Tréguil en 1711). Le vicomte de Tréguil avait dans l'église d'Iffendic une chapelle prohibitive avec banc, lisière, enfeu et armoiries, à cause de sa terre du Breil ; il jouissait de plus d'un banc dans l'église Saint-Jean de Montfort en raison de ses fiefs d'Alansac et de la Bouyère. Mais à cause de ces mêmes fiefs le seigneur de Tréguil devait au comte de Montfort « à l'issue des premières vespres de la feste sainct Jean-Baptiste par chacun an, à la passée et entrée du cimetière de Saint-Jean de Montfort, un chapeau de fleurs de cherfeil (chèvre-feuille) sauvage à peine de saisie desdits fiefs » (Déclaration de Montfort en 1679). Voici quel était le domaine proche de la vicomté de Tréguil : « Le manoir et maison seigneuriale de Tréguil avec ses pavillons, chapelle, colombier, galeries, cours, pourpris, rabines, avenues, bois fustayes et bois taillis » - les métairies nobles de la Porte de Tréguil, du Breil-Nouvel, de la Touchère et de la Poulanière — un étang et son moulin, etc. (Déclaration de Tréguil en 1682 et 1711). Le vicomte de Tréguil possédait également en Iffendic les deux terres seigneuriales du Breil et de la Roche-Trébulan ; quoique celles-ci ne semblent pas avoir été régulièrement unies à la vicomté, elle formaient cependant avec elle un ensemble considérable qu'on estimait en 1734 valoir 9 000 livres de vente (Archives d’Ille-et-Vilaine C 2.157). Vendu nationalement en 1796 et racheté alors par la famille Huchet de Cintré., le château de Tréguil est au milieu du XIXème siècle la propriété et la belle résidence de M. le baron d'Antin, dont la femme née Huchet de Cintré descend des derniers vicomtes de Tréguil (abbé Guillotin de Corson).
La seigneurie du Breil : Parmi les nombreuses seigneuries qui décoraient jadis la grande paroisse d'Iffendic se trouvait celle du Breil dont le beau château moderne fut naguère victime d'un incendie. Le nom du Breil est très répandu en Haute-Bretagne ; plusieurs terres le portent même en Iffendic où l'on appelle vulgairement par suite le Grand-Breil la propriété dont nous nous occupons. Breil signifie bois de plaisance voisin d'une habitation. Plusieurs familles nobles prirent ce nom au moyen-âge, et en Bretagne il en subsiste encore un certain nombre. La principale et la plus ancienne s'y trouve, celle des du Breil, originaires du pays de Dol, ayant son manoir en la paroisse de Meillac et dont les branches les plus importantes, celles du Chalonge et de Landal, de Rays et de Pontbriand existent toujours, subdivisées en un grand, nombre de rameaux (Kerviler, Bio-bibliographie bretonne, VI, 206). Quoique la branche aînée des du Breil, c'est-à-dire celle du Chalonge, ait pris pour blason dès une époque lointaine D'azur au lion d'argent, il semble à l'auteur de l'Histoire généalogique de la maison du Breil qu'elle a dû primitivement porter aussi : D'argent au sautoir de gueules, armoiries que conserva la branche des du Breil d'Iffendic et que l'on retrouvait jadis sculptées et peintes en grand nombre d'écussons soit sur les murailles, soit dans les verrières du manoir du Breil et de l'église d'Iffendic. Malheureusement l'on sait si peu de choses sur les seigneurs du Breil d'Iffendic que l'auteur de la généalogie précitée n'a pu trouver matière à un article spécial sur eux dans son étude si savamment complète. Le premier seigneur connu du Breil d'Iffendic semble être Jean du Breil, écuyer de la compagnie du sire de Montfort, son suzerain, en 1351, la même année que son parent, autre Jean du Breil, de la branche du Chalonge, servait dans la compagnie du sire de Derval (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1472 et 1473). Ils étaient l'un et l'autre au service du roi de France, du parti de Charles de Blois prétendant au duché de Bretagne. A la même époque parut également Rolland du Breil, écuyer de la compagnie du connétable Bertrand du Guesclin, dont la montre se fit à Caen en 1370 et à Bourges en 1371 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1645 et 1652). « On pense qu'il fut le père de Colin du Breil qui suit » (Histoire généalogique de la maison du Breil, 18). Le 20 avril 1381 ratifia à Guérande le célèbre traité portant le nom de cette ville Colin du Breil, écuyer de l'hôtel de Jean IV duc de Bretagne. Son sceau, accompagnant sa signature, porte pour blason : D'argent au sautoir de gueules chargé d'un lambel de même. Cette brisure dans ses armes prouve que le sire du Breil d'Iffendic était un cadet de famille. Il se trouvait, en effet, au témoignage d'André du Chesne, proche parent de Jean du Breil, chef de la maison du Breil, chevalier sous le commandement du connétable Olivier de Clisson, procureur du duc de Bretagne à Dinan et dont le sceau .en 1403 porte les armoiries pleines : D'argent au sautoir de gueules (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, planche IV, n° 72). Ce Colin du Breil, nous dit encore André du Chesne, « fut renommé pour avoir tenu vaillamment le party des enfants de Charles de Blois » (Histoire généalogique de la maison du Breil, 19). En 1427, le manoir du Breil d'Iffendic appartenait à Thomas du Breil, qui possédait aussi dans la même paroisse la terre noble de la Ville-Héromez (nota : Des Salles, Réformation de l'évêché de Saint-Malo, 42. — La Ville-Héromez, appelée en 1513 la Ville-Hommet, est peut-être la même terre que la Ville-Herviet que possédait encore au XVIIème siècle le seigneur du Breil d'Iffendic). De 1450 à 1460 fut soutenu par Rolland du Breil, seigneur dudit lieu, contre Charles, sire de Cahideuc, devant les juges de l'officialité de Saint-Malo, un procès touchant les droits honorifiques de l'église paroissiale d'Iffendic. On ignore quelle fut la sentence rendue par l'official, mais il est à croire qu'à la suite de cette contestation, signalée par La Chesnaye-Desbois (Dictionnaire de la noblesse, IV, 375), furent construites les deux chapelles seigneuriales, couvertes littéralement de blasons, dépendant des terres du Breil et de Cahideuc et subsistant encore dans l'église d'Iffendic. Colin et Eustache du Breil, appartenant, suivant Potier de Courcy (Nobiliaire de Bretagne, I, 161), à la famille des précédents seigneurs, occupaient en 1479 diverses charges dans la maison du puissant comte Guy de Laval, seigneur de Montfort. En l'an 1513, « noble escuyer Bertrand du Breil » possédait « les maisons nobles et anciennes du Breil et de la Ville-Hommet » (Des Salles, Réformations de l'évêché de Saint-Malo, 281). Mais en 1522, nous voyons figurer Perceval du Breil, seigneur de la terre de ce nom, en Iffendic, parmi ceux qui devaient quelques rentes à la seigneurie de la Marche en Bédée (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds de La Borderie). C'est également en qualité de seigneur du Breil d'Iffendic que Jean du Breil reçut en 1540 l'aveu de ses vassaux Jean Allain et Michelle de la Cornillère sa femme (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 122). Le 31 août 1551 ce Jean du Breil acheta le fief de la Vairie d'Iffendic distrait du comté de Montfort ; il le revendit le 9 mars 1560 (Archives d'Ille-et-Vilaine, Minutes de Bertelot, notaire à Rennes, 1659) et nous parlerons plus loin de cette acquisition en traitant de la juridiction du Breil. Il acquit aussi d'avec René Tournemine et Françoise Hingant, seigneur et dame de la Guerche et de Cicé, la terre seigneuriale de la Chapelle-aux-Fils-Méen, pour laquelle il rendit aveu à l'évêque de Dol le 7 mai 1562. Dans le même temps que ce Jean du Breil, seigneur du Breil d'Iffendic, vivait un ecclésiastique appelé comme lui Jean du Breil et prenant aussi — du moins dans les dernières années de sa vie — le titre de seigneur du Breil d'Iffendic. Peut-être était-ce le père et le fils ? Peut-être les deux frères portant le même nom, ce qui n'est pas rare à cette époque ? La preuve qu'il s'agit de deux personnages distincts se tire des aveux de 1540 et 1562 dans lesquels Jean du Breil prend simplement le titre de seigneur du Breil sans que rien n'indique qu'il appartient à l'Eglise. Or à cette époque l'autre Jean du Breil se faisait, suivant la coutume de son temps, pourvoir de nombreux bénéfices ecclésiastiques. Nous le trouvons dès 1539 prieur commendataire des prieurés de Saint-Jean et de Saint-Nicolas de Montfort et prieur-recteur de la cure de Monterfil. Il jouissait en même temps des quatre cures de Gaël, Pacé, Moulins et Lanrelas. L'année suivante, il rendit aveu au roi, le 27 mai 1540, pour le prieuré d'Iffendic, et, quelques mois après, il fut reçu le 3 décembre chanoine de la cathédrale de Rennes. Enfin en 1548 il se trouvait en possession du prieuré Saint-Nicolas de La Guerche. Ce chanoine Jean du Breil habitait ordinairement Rennes et y logeait en 1565 dans la rue de la Cordonnerie (nunc rue de la Monnaie) entre les deux chapelles Notre-Dame de la Cité et Saint-Martin. Il fonda dans la cathédrale de Rennes l'office canonial de la fête de saint Jean-Baptiste son patron. Il mourut en cette ville en 1570 après avoir résigné son prieuré d'Iffendic en faveur de Jean de Bazouges. Ses dernières volontés furent qu'on transférât son corps à Iffendic pour y être inhumé dans l'église de cette paroisse (Archives de la Loire-Inférieur, B, 1007. — Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, I, 187, 218; II, 96, 105, 701; IV, 643; V, 272 et 394). Le chanoine Jean du Breil semble avoir été le dernier représentant de la famille du Breil d'Iffendic. Que devint la seigneurie de ce nom après son décès ? Soit par acquêt, soit plutôt par héritage, les manoir, terre et fiefs du Breil d'Iffendic passèrent aux mains de Claude Gédouin, seigneur de la Dobiaye et de Bazouge-sous-Hédé, qui en jouissait en 1583 ainsi que de la seigneurie de la Chapelleaux-Fils-Méen. Il avait épousé Marguerite du Bellay, devenue en 1592 veuve et tutrice de leur fils Julien Gédouin (Archives d'Ille-et-Vilaine, Fonds de Vitré). En 1619, ce Julien Gédouin reçut lui-même les aveux de ses vassaux du Breil d'Iffendic. Sa tante, Gillette Gédouin, avait eu en partage la Chapelle-aux-Fils-Méen, qu'elle apporta à son mari Jean de Francheville. Président à mortier au Parlement de Bretagne, Julien Gédouin, seigneur de la Dobiaye et du Breil, marié dès 1613 à Françoise Frotet, fille du seigneur de la Landelle, mourut à Rennes, au mois de mars 1630, et y fut inhumé à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. Françoise Frotet fit, l'année suivante, une fondation en cette église et y assura à sa famille la possession d'un enfeu prohibitif (Guillotin de Corson, Grandes seigneuries de Haute-Bretagne, II, 148, 149). Cette dame habitait volontiers le manoir du Breil dont elle fit décorer la grande salle : avec elle s'y trouvait son fils, René Gédouin, premier marquis de la Dobiaye, époux de Marie-Magdeleine de Monteclair et père d'Urbain Gédouin, marquis de la Dobiaye après lui et dernier représentant de sa famille (Guillotin de Corson, Grandes seigneuries de Haute-Bretagne, II, 148, 149). Par contrat du 6 juin 1664, Françoise Frotet, douairière de la Dobiaye et propriétaire — par suite d'arrangements avec son fils — du Breil d'Iffendic, vendit les manoirs, terre, fiefs et seigneurie de ce nom, au prix de 87 000 livres, à Guy du Pont, seigneur d'Eschevilly, conseiller au Parlement de Bretagne, et à Françoise de Becdelièvre, sa femme (Archives d'Ille-et-Vilaine, Minutes de Bretin, notaire à Rennes). Plus tard, cette dernière dame, devenue veuve, obtint la propriété entière du Breil d'Iffendic en remboursement de ses deniers dotaux. Par contrat du 19 octobre 1679, avec le consentement de son fils, Guy du Pont, seigneur d'Eschevilly, elle vendit à son tour cette terre seigneuriale à son propre neveu, Jean de Becdelièvre, seigneur de la Busnelaye et premier président à la Chambre des Comptes de Bretagne (Archives d'Ille-et-Vilaine, Minutes de Bertelot, notaire à Rennes). M. de la Busnelaye, époux de Renée de Sesmaisons, avait acheté de la douairière de la Busnelaye, en même temps que la seigneurie du Breil, la vicomté de Tréguil, également en Iffendic ; il avait payé le tout 135 000 livres. Depuis lors et jusqu'en 1789 ces deux seigneuries demeurèrent en mêmes mains, sans être unies toutefois. Jean de Becdelièvre ne les conserva du reste que peu de temps : dès 1699, par contrat passé au mois de mai, il la revendit l'une et l'autre à Joseph Huchet et Catherine Crosnier, seigneur et dame de Cintré (Archives de Loire-Inférieure, B). Le nouvel acquéreur, M. de Cintré, ayant perdu sa femme en novembre 1709, rendit aveu au Roi en son propre nom et au nom de ses enfants héritiers de leur mère, le 14 juin 1711, pour la seigneurie du Breil d'Iffendic, mouvant du comté de Montfort (Archives de Loire-Inférieure, B). L'aîné de ses enfants, Louis Huchet, qualifié marquis de Tréguil, comte de Cintré et châtelain du Breil, épousa à Erdeven, le 19 juin 1734, Françoise-Pélagie de Talhouët, fille aînée du seigneur de Keravéon (Archives du Morbihan, E, suppl. 136). Il mourut à Rennes, le 14 décembre 1752, âgé de cinquante-quatre ans, et fut inhumé le 16 dans l'église des Cordeliers de cette ville, en présence des Etats de Bretagne qui s'y tenaient alors. Sa veuve, Françoise-Pélagie de Talhouët, se retira chez les Dames Cordelières de Saint-Gildas d'Auray et y décéda, à l'âge de quarante-huit ans, le 14 décembre 1761 (Registres paroissiaux de Saint-Etienne de Rennes et de Saint-Gildas d'Auray). Georges-Louis Huchet, qualifié marquis de Cintré, vicomte de Tréguil et seigneur du Breil, épousa en 1763 Julie-Françoise de Grimaudet ; dernier seigneur du Breil d'Iffendic, il émigra au moment de la Révolution et ne mourut qu'en 1822. A la suite de cette émigration la terre du Breil fut saisie le 28 mars 1793 et vendue nationalement le 4 août 1796 ; mais elle fut aussitôt rachetée par Marie-Pélagie Huchet de Cintré, soeur du seigneur dépossédé, et par son neveu Bonaventure Huchet de Cintré, demeurant l'un et l'autre à Rennes (Archives d'Ille-et-Vilaine, 1 Q, 95). En vertu d'une donation entre vifs faite le 11 septembre 1817, Bonaventure Huchet de Cintré demeura seul en possession de la terre du Breil d'Iffendic. Dernier fils de Georges Huchet, marquis de Cintré, et de Julie de Grimaudet, ce Bonaventure Huchet, qualifié baron de Cintré, né en 1783 et décédé en 1846, contracta trois alliances et mourut néanmoins sans postérité ; il épousa : - 1° Aimée Leziart du Dezerseul, - 2° Léontine de Coëtandon, et - 3° en 1832 Fortunée d'Andigné qui lui survécut jusqu'en 1862 (Généalogie de la famille Huchet). Après sa mort la terre du Breil passa au comte Armand Huchet de Cintré. Celui-ci avait épousé en janvier 1844 Mélanie Bucher de Chauvigné ; il fut député d'Ille-et-Vilaine et mourut au mois d'octobre 1882. Son fils, Georges Huchet, marquis de Cintré, hérita du Breil ; marié en 1873 à Marie de Semallé, il décéda sans enfants le 19 juillet 1888 (Généalogie de la famille Huchet). Il laissa en mourant la propriété de la terre du Breil à sa nièce à la mode de Bretagne, Yvonne d'Antin, fille du baron d'Antin et de la baronne, née Huchet de Cintré ; mais il voulut que ses deux soeurs Mme Marie Huchet de Cintré et Mme la vicomtesse de Vaujuas-Langan conservassent jusqu'à leur mort la jouissance de cette belle terre.
La
seigneurie du Breil d'Iffendic relevait prochement
du comté de Montfort. Elle se composait d'une dizaine de fiefs s'étendant en
Iffendic et paroisses circonvoisines et
nommés : la Barre, le Boisbriant, le Boismarquier, la Vairie, la Ville-ès-pledz, Lésurant,
la Radouaye, le Bourien, la Rue-de-Coulon, Valory, Comperet et le Bailliage d'Iffendic. Le tout
formait
une juridiction avec haute justice, exercée dans
un auditoire dans le bourg d'Iffendic «
au devant de l'église paroissiale
» (Déclaration de la seigneurie
du Breil d'Iffendic en 1682 et 1711 – Archives de la Loire-Inférieure). Sur
le chapiteau de cet auditoire on voyait en 1676 et 1679 deux écussons sculptés portant les armes du Breil :
D'argent au
sautoir de gueules. A
propos de juridiction signalons un différend qui surgit
au XVIIème siècle entre les seigneurs du Breil et
de Tréguil, avant que ces deux terres fussent en mêmes mains. Le 31 août
1551, Guyonne de Laval avait vendu à
Jean du Breil, seigneur dudit lieu, un fief
dépendant de son comté de Montfort et appelé la Vairie d'Iffendic (nota : Il
ne
faut pas confondre ce fief
avec celui de la Vairie du Breil, faisant partie de cette seigneurie. La Vairie d'Iffendic
était aux derniers siècles la propriété
du seigneur de la Châsse) ; mais Jean du Breil l'avait cédé
dès le 9 mars 1560 à François de Coligny, seigneur d'Andelot, tout en se réservant le droit de
suzeraineté
sur la terre de Tréguil. Depuis lors, le seigneur
de Tréguil rendit aveu à celui du Breil et non plus au comte de Montfort.
Quand Tréguil devint la propriété
des Barrin de la Villegeffroy, ceux-ci
refusèrent de porter leur aveu au Breil et ne voulurent
plus dépendre que du comté de Montfort. De
là, procès entre Jean Barrin de la Villegeffroy, vicomte de Tréguil, et Françoise Frotet, douairière
de
la Dobiaye et dame du Breil. La querelle se termina
en 1659 par un acte de renonciation à leur prétention
signé par cette dame et par son fils, René
Gédouin, marquis de la Dobiaye et seigneur du Breil (Archives
d'Ille-et-Vilaine, Minutes de Bertelot, notaire à Rennes). La
question des prééminences en l'église d'Iffendic suscita aussi des
contestations au seigneur du Breil avec un autre de ses voisins, paroissien
comme lui d'Iffendic, le seigneur de la Châsse.
Ce dernier ayant acheté en 1642
d'avec le duc de la Trémoille, comte de Montfort, le fief de la Vairie d'Iffendic,
prétendait jouir en conséquence
des droits de supériorité et de
fondation dans l'église d'Iffendic, ce que lui refusait le seigneur du Breil ; aussi celui-ci
prit-il en
1676 et 1679 possession de ce droit de fondation, ne laissant au seigneur que
le droit de supériorité. L'accord ne se
fit qu'en 1752, époque à laquelle
M. d'Andigné, seigneur de la Châsse, confirma M. Huchet de Cintré dans la possession de
certains droits
honorifiques en l'église d'Iffendic, notamment
de sa chapelle prohibitive du Breil et de ses armoiries placées dans «
la quatrième rose de la maîtresse vitre du chanceau, mais se réservant le
droit de fondation » (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 122). Enfin
un troisième voisin du seigneur du Breil lui
chercha encore querelle dès le XVème siècle au sujet
des prééminences qu'ils réclamaient l'un et l'autre
dans l'église d'Iffendic. Pour cette raison, de
1450 à 1460, plaidèrent l'un contre l'autre Charles de Cahideuc, seigneur de la terre de ce nom en
Iffendic,
et Rolland du Breil (La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, IV,
573). Nous ignorons les détails
de cette contestation, mais elle dut se terminer par la construction des deux chapelles de
Cahideuc
et du Breil que l'on voit encore accolées au Sud de la nef de l'église d'Iffendic.
Ceci
nous amène à décrire les intersignes, les prééminences
du Breil en l'église d'Iffendic ; nous les
connaissons par les actes de prise de possession de la seigneurie du Breil tant en 1676
qu'en 1679. Dans ces deux actes les nouveaux
propriétaires du
Breil prirent possession, comme nous venons de
le rappeler, du droit de fondation de l'église d'Iffendic
et il est à remarquer que le seigneur de la
Châsse n'y mit alors aucune opposition. Les procès-verbaux
mentionnent à ce sujet « au haut du premier
soufflet de la vitre du grand autel, du costé
de l'évangile », un écusson de la seigneurie du
Breil portant : « D'argent au saultoir de gueules », qui
est du Breil ; « comme aussy un pareil escusson au haut de l'autre
vitre du chanceau, du costé de l'épitre » (Archives d'Ille-et-Vilaine,
Minutes des notaires de Rennes, Bretin en 1676 et Bertelot en 1679). Egalement
du même côté de l'épître et ouvrant sur
la nef se trouvait la chapelle du Breil, propriété du seigneur de ce
nom et prohibitive à tous autres. Une arcade ogivale la séparait de la nef.
A l'extérieur de cet arc étaient sculptés
trois écussons portant : « le premier, à la clef de voulte, l'espervier
des Gédouin, le deuxième vers
le choeur, le saultoir des du
Breil, et le troisième vers le bas de
l'église : Party, au 1er le saultoir du Breil et au 2ème une croix denchée ».
A l'intérieur de la chapelle les
trois mêmes écussons apparaissaient sculptés sur l'arcade. «
Des deux côtés du maçonnail de la vitre, au-dessus
de l'autel de ladite chapelle, sont deux autres escussons en pierres et en
relief, celuy à main droite portant
: Party du Breil au 1er et au 2ème la croix denchée, et celuy à main gauche portant
seulement du Breil » (Archives
d'Ille-et-Vilaine, Minutes des notaires de Rennes, Bretin en 1676 et Bertelot
en 1679)
Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 38 nobles de Iffendic :
les héritiers de Symon ALAIRE (10 livres de revenu) : défaillants ; | |
Pierre BELLE (40 livres de revenu) : défaillant ; | |
Jehan BOUESTARD (25 livres de revenu), remplacé par son fils Jehan : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Yvon BROUCE (3 livres de revenu) : à pied ; | |
Jehan CLOCHAYE (8 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
Charles DE CAHIDEUC de Cahideuc (100 livres de revenu) : défaillant ; | |
Raoul DE CAHIDEUC (50 livres de revenu) : défaillant ; | |
Jehan DE LA CHASSE (200 livres de revenu) : excusé, car appartenant à une compagnie d'ordonnance ; | |
Veuve Louis ou Lorans DE LA CHASSE (60 livres de revenu) : défaillante ; | |
les héritiers de Jehan DE LA LOUVAYE (8 livres de revenu) : défaillants ; | |
Eustache DE LA MORINAYE (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
André DE LA MORINAYE (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
Alain DE LA MORINAYE (25 livres de revenu) : défaillant ; | |
Guillaume DE LISLE (120 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
Dame Jehanne DE MALESTROICT de Chateauneuf (500 livres de revenue) : défaillante ; |