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GUISSENY

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La commune de Guissény (pucenoire.gif (870 octets) Gwiseni) fait partie du canton de Lannilis. Guissény dépend de l'arrondissement de Brest, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GUISSENY

Guissény vient du breton « gwik » (bourg) et de saint Sezni. Saint Sezni est né au commencement du Vème siècle. Il se lie d'amitié avec saint Patrice qui le présente au pape saint Célestin : ce dernier le consacre évêque. Les deux prélats s'installent ensuite en Hybernie.

Guissény (avec sa trève Saint-Frégant) est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouseny. 

Au Vème siècle, le moine irlandais Saint Sezni se serait établi à Guissény et y aurait fondé un ermitage. Saint-Sezni, aurait débarqué dans l'estuaire du Quillimadec en 477 avec 70 de ses disciples. Il s'installa d'abord au Lerret du côté de Kerlouan où il bâtit un Penity avant de passer sur l'autre rive à Kerbrezant, puis sur le site de l'église actuelle. Il y aurait édifié un monastère et serait mort en l'an 527 ou 529 à l'âge de 127 ans. Après sa mort, des Irlandais vinrent enlever son corps (à l'exception d'un bras) pour le ramener dans son évêché d'origine. M. l'abbé Uguen nous cite à ce propos qu'il est de tradition, dans la paroisse, que lorsque les Hybernois (Irlandais) tentèrent cet enlèvement, les cloches de l'église sonnèrent d'elles-mêmes et que les Hybernois, poursuivis par les habitants, dans leur précipitation pour s'embarquer, laissèrent tomber dans un champ, près de la mer, un os du bras qui est aujourd'hui précieusement conservé. La tradition ajoute que saint Sezni avait pour compagnon saint Brévalaire ; ils tirèrent au sort pour savoir qui se fixerait à Kerlouan ; le sort désigna Brévalaire, qui devint le patron de Kerlouan. « Moi, dit saint Sezni, j'irai me fixer là où tombera mon marteau. Il le jeta alors avec force du côté du Sud, et il vint tomber à deux kilomètres de là, au milieu d'un champ de lin encore en fleur ; le lendemain, le lin était bon à récolter. C'est là que se construisit l'église de Guissény ».

La paroisse primitive de Guissény aurait été fondée en 452 par les seigneurs de Keriber (affirmation contestée par les seigneurs de Penmarc'h). Dans un acte de 1670 rapporté. par M. Uguen, il est parlé d'une fondation faite par Salomon de Keriber, « qui mourut en 1493, 1041 ans après la fondation de l'église paroissiale de Guissény », ce qui montre qu'on était persuadé, au XVIIème siècle, que la fondation de l'église datait de 452. La paroisse se nomme, dans les actes, Plousezni ou Guicsezni, mais pas indifféremment ; Plousezni s'entend de toute l'étendue de la paroisse et Guic Sezni Vicus Sezni se dit plus spécialement du bourg lui-même. Elle dépendait autrefois de l'ancien évêché de Léon et englobait la trève de Saint-Frégant et l’actuelle paroisse de Kerlouan. 

On rencontre les appellations suivantes : Plebs Sidni (en 1207), Ploe Sizni (vers 1330), Plebs Sezni (en 1334), Ploesezny (en 1467), Plouzesny (en 1534), par. de Guic-Sezni (en 1636).

Note 1 : les habitants de Guissény (Lan ar Paganis - la terre des payens) se faisaient encore surnommés les "paganis" ; on appelait ainsi la "population qui s'étend depuis Trefflez  à l'est, jusqu'à Plouguerneau et à l'embouchure de l'Aber-Vrac'h, à l'ouest". Ils étaient accusés, d'allumer pendant la nuit des feux pour tromper les navires et les faire échouer sur les écueils, pour les piller.

Note 2 : « La paroisse de Guissény, située sur la Manche, forme deux parties nettement distinctes : la plaine qui, comme étendue, n'occupe que le tiers de la paroisse, mais comme importance vaut plus que la moitié ; car elle est formée d'une terre de première qualité, qui produit des récoltes tout à fait supérieures ; la montagne, ar menez, ou encore varlaechou, si l'on peut appeler montagne une terre de 50 à 70 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans cette partie, le sol est moins riche, mais les fermes sont plus étendues. Dans la plaine, rares sont les fermes qui ont plus de 15 journaux, tandis que, dans la partie haute, on en trouve qui ont 25, 30 journaux ; il n'y a que trois ou quatre fermes qui dépassent 40 journaux. La paroisse forme un demi-cercle, et le bourg se trouve au centre de ce demi-cercle, de sorte qu'il est central quoique se trouvant sur la limite de la paroisse ; les villages les plus éloignés sont à 6 kilomètres du bourg, du côté de Saint-Frégant et de Kernilis. Un cours d'eau assez important sépare Kerlouan de Guissény, appelé Kelimadec par les uns, Roudouzhir par les autres ; il prend sa source à Plounéventer, et se jette à la mer en se répandant dans les sables de la baie de Guissény. Sur ce cours d'eau se trouvent trois moulins : celui du Coufon, le moulin du Pont, et le moulin de Lanvengat. Un autre petit ruisseau coule au milieu de la paroisse et fait marcher le moulin de Kergueniou, celui de Brendaoues, et autrefois le moulin d'Alana, aujourd'hui en ruines. Guissény est baigné par la mer sur une longueur de 6 kilomètres ; les côtes sont basses, sablonneuses en grande partie ; une digue, reconstruite en 1830, d'environ 600 mètres de long, a fait gagner sur la mer une grande quantité de terrain qui produit beaucoup de seigle et surtout des pommes de terre ; ce terrain est divisé par parcelles d'environ dix ares, et loué, par la compagnie qui a construit la digue, de 5 à 6 francs chaque parcelle. De tous les points de la paroisse, on loue ces parcelles ; la mer étant à proximité, on les fume avec le goémon, et l'on obtient à peu de frais d'excellentes récoltes. C'est surtout dans les années de sécheresse que la récolte est bonne, car le sol est très humide, recevant les eaux des collines voisines, de sorte qu'il ne demande qu'à être chauffé par le soleil pour produire du seigle et des pommes de terre en quantité. Cette plaine gagnée sur la mer et le village voisin s'appelle Le Curnic ; les habitants, les Curniquois, logent dans des chaumières creusées dans le sable, basses, couvertes en chaume, n'ayant qu'une petite fenêtre du côté du Midi, car des ouvertures du côté de la mer donneraient trop de prise au vent du large. C'est une population à part, vivant de la récolte de goémon, qu'ils brûlent pour en faire de la soude ou vendent aux villages éloignés de la mer. La population de Guissény était de 3.000 en 1850 ; depuis 1870, par le fait de l'émigration, elle a diminué quoique l'excédent des naissances sur les décès soit de trente à quarante par an. Mais les émigrants sont actuellement moins nombreux, et la population qui au dernier recensement, était de 2.665 habitants, tend à se rapprocher de 3.000 » (M. Uguen, fin XIXème siècle).

Note 3 : Les archives qui nous restent de la paroisse de Guissény sont remplies d'actes concernant un procès, entre les paroissiens et les Evêques de Léon, au sujet de la dîme, dite du Juch, procès qui a duré depuis le XVIème siècle, jusqu'à la fin du XVIIIème. Nous allons laisser Mgr. de la Marche exposer l'état de la question, et proposer un accommodement. « 2 Juin 1781. A Nos Seigneurs de Parlement. Supplie humblement messire Jean-François de la Marche, évêque et comte de Léon intimé, les généraux de la paroisse, de Guissény et de sa trève (St-Frégant) et de Lanarvily en Kernilis, appelans de sentence rendue au siège royal de Léon à Lesneven le 5 Septembre 1778. Disant qu'il n'est peut être aucune paroisse aussi favorablement traitée que celles de Kerlouan, de Kernilis et de Guissény dans la perception de la dîme, dont la taxe est généralement établie d'une manière beaucoup plus onéreuse par le droit commun de la France et de tous les Etats catholiques. Le général de Kerlouan et le principal corps politique de Kernilis, reconnaissent cette faveur et se trouvent heureux d'en profiter ; mais un esprit d'inquiétude et de chicane s'est répandue dans la trève de Lanarvily dépendante de Kernilis et dans la paroisse de Guissény ; au lieu de se borner aux avantages qui devaient les satisfaire, ces deux généraux veulent encore l'exemption de l'abonnement modéré qui n'a été préjudiciable qu'à leur Evêque et aux droits de son siège. Leur sujet de contestation a été prescrit par les juges royaux de Lesneven et ils ne doivent pas espérer un meilleur succès de l'appel téméraire qu'ils ont relevé de la sentence du 5 Septembre 1778. Pour bien connaître les droits de l'Evêque il est nécessaire de remonter à leurs origines, on appréciera mieux les prétentions des paroissiens en suivant les progrès des avantages qu'ils ont obtenus et dont ils sont les maîtres de jouir pourvu qu'ils les renferment dans leurs justes bornes. La dîme dont il s'agit a toujours été appelée la dîme du Juch (Note : Un mémoire de 1780 nous dit : « Cette dîme a pu recevoir cette dénomination, à cause de l'Evêque Jean du Juch, lequel siégeait en 1377, soit qu'il ait été le premier à en jouir, soit que, par honneur, son nom [ait] été donné à la dîme, soit enfin que, dans ce tems reculé, l'on ait trouvé convenable de la différencier de la sorte, en raison d'autres dîmes, chaque dîme emportant sa dénomination dans la langue vulgaire du pays. Car de preuves que c'auroit été l'évêque Jean du Juch, du don duquel serait sorti la dîme de ce nom, il ne s'en découvre véritablement aucune »), ce nom est celui d'un ancien Evêque de Léon, Jean du Juch qui, suivant quelques auteurs (Note : C'est toujours l'opinion de Albert le Grand, non acceptée par Dom Morice. Enbel, dans sa Hierarchia catholica, a établi, d'après les Archives vaticanes, qu'un seul évêque, Guillaume Ouvroin, siégea à Léon de 1349 à 1385 et eut pour successeur immédiat Guy le Barbu, 1385-1410), succéda à Guillaume de Rochefort, entre 1373 et 1385. Cette dîme s'étendait dans les trois paroisses de Ploueseny, Kerlouan, Kernilis et Lanarvily sa trêve et se levait originairement à la douzième gerbe ; mais par la bienfaisance de quelques prélats, elle fut réduite à un abonnement d'un nombre fixe de boisseaux de grains. On ne connaît pas le titre de ce nouvel arrangement qui parait dater du XVIème siècle ». Mais l'abonnement devait-il se payer mesure comblé ou racle ? Sur ce, nouvelle contestation qui, réglée en faveur l'évêque, Mgr. de Neufville, par sentence du Parlement du 24 Février 1580, disait que l'abonnement devait se payer en mesure comble de Lesneven ; la différence était d'un cinquième en sus. En 1643, cette mesure fut réduite, et de 150 livres qu'elle pesait, n'avait plus que le poids de 71 livres. Le boisseau de froment valait 8 livres ; celui de seigle, 5 livres ; le boisseau d'orge, 4 livres ; enfin, les contribuables furent autorisés à payer en nature ou en argent. En 1786, Mgr. la Marche indiquait un moyen de trancher définitivement la question à la satisfaction de tous les intéressés, dans une note consacrée à l'état des paroisses de son diocèse au point de vue financier. « Etat de Guisseny et Saint-Fregan sa trève. Présentateur et collateur, l'Ordinaire ; décimateur de la paroisse, le général de la paroisse. Le curé perçoit une espèce de dîme nommée prémice, qui consiste en deux brassées de bled en gerbe par chaque ferme grande ou petite, qui se lève sur l'aire. Décimateur de la trève : aucun autre que le Recteur ; qui n'y perçoit qu'une dîme dite également prémice et entièrement semblable à celle qu'il lève dans la paroisse. Revenu total du curé en prémice, 840 livres. Fondations, 60. Nombre des habitants, 2.200. Il faut pour desservir cette paroisse, qui est immense par son étendue et d'une très difficile desserte par la position du clocher à l'extrémité de la paroisse, un vicaire à la paroisse, un autre vicaire à la trève et deux ou trois prêtres secondaires. Cette paroisse est presqu'entourée de mer et ne peut être ni partagée ni augmentée. Le curé, sujet par sa position à beaucoup de corvée, n'a point un revenu suffisant, il n'est pas en état de payer ses curés et ils ne le sont pas. Point de bénéfices à y réunir. Il y a un moien de rendre le sort du curé et des vicaires tel qu'il devroit être. On va le développer. Les Evêques de Léon avoient dans le princippe la dîme à la 12ème gerbe. Dans cette paroisse l'état des choses a changé dans le seisième siècle par un arrangement dont on voit les suites mais dont on n'a pas conservé l'acte fait par Rolland de Neufville lors évêque de Léon. Le général de la paroisse a été exempté de payer la dîme à la 12ème, moiennant un certain nombre de boisseau de grains qu'il paye à l'Evêque de la valeur d'environ 500 livres et pour tenir lieu de la portion congrue et pour la subsistance du curé on lui a accordé la prémice dont on vient de parler. La dîme de cette paroisse à la dousième gerbe vaudroit actuellement environ 8.000 livres. Le moien de pourvoir à tout sans grever personne seroit de remettre cette paroisse au niveau de toutes celles du diocèse en y établissant la dîme à la 36ème gerbe telle qu'elle a cours généralement dans ce diocèse. Les dîmes différentes ne sont que des exceptions. En rendant cette dîme au curé il seroit chargé de la contribution du nombre ordinaire que le général paye à l'Evêque qui ne demande pas à venir plus riche. Le Recteur retireroit de sa paroisse environ 2.000 livres et seroit en état de vivre et de payer les deux vicaires. Cet arrangement est très simple et très naturel mais il ne sauroit être fait de gré à gré. Les possesseurs des petites fermes le desireroient mais ceux des grandes fermes s'y opposeroient. Le Parlement ne donneroit la sanction à cet arrangement qu'autant que toutes les parties interessées y consentiroient. Les paroissiens y perdroient. Il n'y a donc que l'autorité qui puisse opérer ce changement si juste et si désirable. Elle ne sauroit se faire sentir et se deploier plus à propos. Mais pour que les fermiers n'en souffrissent pas il faudroit stipuler que cette dîme à la trente sixieme n'auroit cours sur chaque ferme qu'à la rénovation des baux. On en sent assez la raison de justice. Si l'on ne fait pas cet arrangement pour cette paroisse, celle de Kerlouan et celle de Kernilis, elles continueront à rester dans le facheux état ou elles sont tant pour le curé et ses vicaires que pour les pauvres habitants, qui ont peu de secours à attendre d'autres que de leur curé qui voit leur misère sans être en état de la soulager. Les pauvres à la campagne qui sont en état d'aller mendier ne manquent pas. Les paysants aisé leur donne les uns par charité le plus grand nombre par crainte. Quand les pauvres ne sont pas mendiants ou que ceux-cy sont malades, ils manquent de tout quand le curé n'est pas en état de les soulager. Il est vrai que dans ces paroisses, les plus sujettes de tout le diocèse aux épidémies, le gouvernement y a répandu des secours abondants sans lesquels elles eussent été presque détruites par les ravages de la guerre et des épidémies qu'elle répand dans les paroisses maritimes surtout ». Cette note répondait à l'exposé du Recteur, en Mars 1786 : « Exposé de la paroisse de Guisezny et trève, en campagne et sur la cotte. Cette paroisse compte mille communiants, une des plus difficile du diocèse pour la desserte tant pour son étendue que par la position de l'église paroissiale qui se trouve placée dans un angle au près de la mer. Il faut au moins deux ou trois curés pour la desserte de la paroisse seule. Le seigneur Evêque de Léon en fut décimateur dans la paroisse seulement. Le revenu du Recteur consiste en deux fesseaux de bleds par ménage, grands ou petits, ce qui peut produire au recteur, frais d'exploitation déduits, la somme de 600 livres et environ 60 fondations. Le gouverneur en charge paye la desserte à raison cinq sols aux prêtres et dix au Recteur, point d'obitairies ny benéfices. La trêve de St Frégan, qui ne peut être ny suprimée, ny réduite en simple chapelle, compte plus de cinq cent communiant, personne ny dîme, le Recteur ne perçoit que les mêmes droits qu'à la paroisse. Le tout évalué peut produire la somme de deux cent quarante livres. J'accepte volontiers la pension congrue, quoique très modique, eu égard aux dépenses et aux corvées ; auxquel les Recteurs de campagnes et surtout les Recteurs riverins de la cotte sont sujets dans tous les tems, surtout en tems de guerre, ou des généraux du premier rang, des officiers font leur visite pour examiner les places et fortifications, ingénieurs, chirurgiens et tant d'autres gens de distinctions qui se rende tous chez les recteurs de campagne, ne pouvant trouver d'autres endroits pour s'y réfugier, il n'est pas de la décense ny de l'honnettete, de refuser le couvert à ces sortes de personnes. Messieurs les Recteurs de ville, s'ils sont sincères et viridiques, comme je ne le doute pas, avouerons qu'ils n'éprouve rien de tout cela. Voilà tout ce que j'ai l'honneur de répresenter. Guisezny le 26 Mars 1786. JOLY, Recteur de Guisezny » (M. Peyron). 

Note 4 : Guissény pendant la Révolution : En 1790, le clergé de Guissény refusa le serment. M. Jacques Joli, recteur, âgé de 65 ans, quitta la paroisse ou mourut bientôt. Mais, les deux vicaires, M. Christophe Cariou (Note : Cariou, né à Loc-Brévalaire, en 1755, prêtre en 1783) et Yves Prémel-Cabic (Note : Yves Prémel-Cabic, né à Plounéour-Trez, l'an 1760, prêtre en 1788, appelé le plus souvent Yves Prémel) luttèrent avec courage contre les tendances nouvelles, et se cachèrent dans le pays, dès que fut nommé, comme curé constitutionnel, Jacques Fagon, originaire de Lambézellec, ordonné par Expilly, le 22 Mars 1792, et élu, à l'assemblée électorale tenue à Lesneven, le 28 Mai, curé constitutionnel de Guissény. Les prêtres cachés gardèrent leur influence, encouragée secrètement par la Municipalité, et assez ouvertement par un Sr. Poulmarch, secrétaire greffier, qui fut dénoncé au Conseil général du Département, qui, le 14 Mai 1793, prenait l'arrêté suivant : « - Considérant que le dit Poulmarch est accusé d'avoir continuellement manifesté des principes inconstitutionnels et contribué à fanatiser la commune de Guissény, - Considérant que les désagréments, qu'a essuyés le Curé constitutionnel de cette paroisse, sont l'effet de ses discours, qu'il a contribué à faire organiser une municipalité hors des principes de la Révolution, - Arrête de mander le dit Poulmarch et de le garder en surveillance à Quimper jusqu'à information à faire près du District de Lesneven ». La Municipalité dut être changée ou devint officiellement plus modérée, car, le 19 Janvier 1794, elle rendait compte en ces termes de la cérémonie célébrée à Guissény, à l'occasion de la prise de Toulon (L. 186) : « La Municipalité, saisissant avec le plus vif empressement l'article II du décret de la Convention nationale du 4 Nivose, relatif à la prise de Toulon ; après l'invitation faite au citoyen Jacq, curé constitutionnel de cette paroisse de Guissény, de prendre part à la cérémonie que cette commune se proposait de faire, en reconnaissance des victoires aussi rapides que continuelles du peuple français républicain sur les tyrans ennemis de la liberté, s'est rendue en corps, et suivie du peuple, en l'église mère de cette commune, où ils ont assisté à la grand' messe, célébrée par le citoyen Jacq, curé, aux vêpres et au Te Deum qui ont immédiatement suivi, et se sont rendus au milieu des militaires nationaux du 106ème régiment d'infanterie, cantonné à Guissény, commandés par le citoyen Barry, sous-lieutenant, accompagné du citoyen Dupesseau, capitaine des douanes, avec ses préposés sous les armes, au bruit redoublé des coups de fusils, à l'endroit où le feu de joie était disposé, suivis du peuple en foule, et aux cris réitérés et continuels de : " Vive les Français ! Vive la Montagne ! Vive la République ! " et, d'un ton d'indignation et de fureur : " Périssent les aristocrates ! périssent les tyrans ! ". Plusieurs tours de danse ont été faits autour de ce feu. L'arbre de la liberté a été nouvellement planté, avec les plus vifs transports de joie que doit exprimer un peuple libre, un peuple souverain ; les hymnes patriotiques ont excité la danse des habitants autour de cet arbre chéri, surmonté du bonnet de la liberté... ». L'année suivante, le 1er Juillet 1795, la Terreur étant passée, MM. Riou et Premel vinrent faire la déclaration suivante à la Municipalité, qui s'empressa de leur en donner acte (Extrait des Registres de la Municipalité) : « 13 Messidor an III (1er Juillet 1795). Se sont présentés au bureau municipal les ministres du culte catholique romain Christophe Riou et Yves Prémel, résidents dans cette paroisse, faisant la déclaration suivante : Les ennemis des ministres du culte catholique romain, ci-devant cachés à cause du refus de serment, ne cessent de leur imputer d'être réfractaires à la loi et d'insinuer, qu'ils sont en révolte contre le gouvernement. Les dits ministres ne sont point et n'ont point été réfractaires à la loi. Une loi a prescrit aux fonctionnaires publics de jurer suivant la ci-devant Constitution civile du Clergé, ou d'abandonner leurs bénéfices. Ils n'ont pas fait le serment, mais ils ont abandonné leurs bénéfices. Ils ont donc obéi et ne sont pas réfractaires. Ils ne sont pas, n'ont pas été et ne seront jamais en révolte contre le gouvernement. Disciples d'un Maître qui leur a dit que " son royaume n'était pas de ce monde ", ils sont, par principe et par état, soumis au gouvernement civil de tout pays qu'ils habitent. Lorsque Jésus-Christ a envoyé ses apôtres prêcher l'Evangile dans l'univers, il les envoya dans les républiques comme dans les monarchies, et telle est l'excellence de cette religion toute divine qu'elle s'adapte à toutes les formes de gouvernement. Dire que le culte catholique romain ne peut s'exercer dans les républiques comme dans les monarchies, c'est calomnier ce culte et ses ministres. Tels sont et tels ont été toujours nos sentiments. A Guissény, le 1er Juillet 1795, an III de la République française, une et indivisible. Et ont signé : Yves Prémel et Christophe Riou. Le bureau municipal consigne leur déclaration et leur en donne acte ». Le retour officiel des prêtres demeurés fidèles diminua encore le peu d'influence que pouvait avoir le curé constitutionnel, et, à la fin de l'année, le 29 Octobre 1795, il devait fuir devant un attroupement de femmes le poursuivant de leurs injures et de leurs menaces. Voici le procès-verbal de ces violences, relevé par M. Uguen sur les registres de la commune : « 13 Novembre 1795. L'an quatrième de la République Française une et indivisible, le vingt-deux du mois de Brumaire, par devant nous, maire et officiers municipaux de la commune de Guissény, est comparu le citoyen Goulven Le Loaëc, cultivateur et officier public de la dite commune, appelé en vertu d'un billet d'invitation délivré par le procureur de la commune, en date du 22 Brumaire, présent mois, à l'effet de déclarer les faits et circonstances qui sont à sa connaissance, au sujet du délit mentionné dans la dénonciation faite par les citoyens Le Jacq, ministre du culte, et Jacolot, officier municipal, tous deux domiciliés au chef-lieu de la prédite commune de Guissény, au sujet d'injures et menaces à eux faites par un attroupement de femmes, le sept du courant (29 Octobre), suivant la déclaration par eux faite au bureau municipal, en date du susdit jour, lequel témoin ci-dessus nommé a fait ses déclarations ainsi qu'il suit : " Goulven Le Loaëc, laboureur et officier public de la prédite commune de Guissény, demeurant au chef-lieu de la dite commune, âgé de quarante ans, a dit n'être parent ni allié des dénonciateurs, ni prévenues, a déclaré que le sept Brumaire courant, environ les neuf heures du matin, étant monté sur le mur du jardin du citoyen Jacolot, joignant le cimetière, ayant entendu le tapage dans le dit jardin a vu un groupe de femmes parmi lesquelles il a reconnu : Hélène Ilvoas, du chef-lieu de cette commune ; Anne Théoden, de Goas-ar-Puns ; Marie Le Roi, de la Vigne ; Jeanne Le Cloarec, servante soit disant chez Goulven Tanguy, à Kervézel ; la fille de François Tanguy, de Kerhornaouen ; Marie-Anne Mesgouès, fille de Yves Mesgouès, de Kervézennec ; Marie-Jeanne Lesven, de la Vigne, fille de Guillaume Lesven ; Catherine Le Roux, cultivatrice servante chez Yves Collic, à Kervizouarn. Ne connaissant pas les autres, il a entendu parmi cet attroupement dire au citoyen Le Jacq d'évacuer l'église, pour dimanche prochain, sans avoir pu distinguer celles qui ont porté la parole, a remarqué une femme dans le dit attroupement, à lui inconnue, tenant une pierre à la main, a encore remarqué la dite Anne Théoden, prise aux cheveux de Jacolot, et le secouant, a entendu, de plus une confusion de voix qui faisaient entendre ces paroles : " Intru, loudour, vide nous l'église pour dimanche prochain " et a signé sa déclaration les jours, mois et an que devant. LE LOAEC ». Les femmes furent condamnées par défaut à 24 heures de détention. Il était évident que la Municipalité était plus ou moins complice, le Curé constitutionnel n'avait plus qu'à se retirer ; ce qu'il fit dès 1796, en devenant vicaire de Lambézellec (M. Peyron).

Note 5 : liste des Recteurs de Guissény avant la Révolution : - 1587 : Décès de Jean de Coatlestremeur, recteur. - 1587 : Jean Rouxel. - 1588 : Guénolé Mazéas. - 1625-1655 : Christophe Bléas. - 1655-1658 : François Crenn. - 1658 : François Cabon. - 1658-1680 : Nicolas Habasque. - 1680-1698 : Gabriel Floc'h. - 1698-1706 : Yves Ménez. - 1706-1753 : Hervé Polard, décédé le 17 Août, âgé de 77 ans. - 1753-1773 : Alain Tranvoez. - 1774-1792 : Jacques Joly ; avait été recteur de Molène. Liste non exhaustive des Recteurs de Guissény depuis le Concordat : - Au Concordat, M. Riou était installé recteur de Guissény avec Yves Premel comme vicaire. - 1804-1816 : Christophe Riou, de Loc-Brévalaire. - 1816-1819 : Louis Saillour. - 1819-1845 : Hervé Jaouen, de Ploudalmézeau. - 1845-1853 : Bonaventure Caër, de La Forêt-Landerneau. - 1853-1890 : François Gourchant, de Saint-Pol. - 1891 : Joseph Marzin, de Plogoff, ... Liste non exhaustive des Vicaires de Guissény depuis le Concordat : - 1816-1819 : Hervé Jaouen. - 1819-1823 : Jean Le Bris ; devient trapiste. - 1823-1826 : Yves Simier. - 1826-1832 : Olivier Denis. - 1832 : Louis Le Dall. - 1837 : François-Marie Calvez. - 1847 : Jean-François Calvez. - 1848, Mai-Juin : Pierre-Marie Cabon. - 1848-1856 : Divy Letty. - 1856, Mai à Octobre : Félix-Marie Poullaouec. - 1856-1857 : Isidore-Louis-Marie Berthou. - 1859, Mars à Mai : François Thomas. - 1859-1860 : Corentin Léap. - 1860-1862 : Alexandre Tanguy. - 1862 : Jean-Alexandre Tandé. - 1869 : Alain-Marie Drézen. - 1870 : Jean-Marie Quéau. - 1873 : Gabriel Breton. - 1875 : Charles Provost. - 1881 : Olivier Guillerm. - 1884 : Joseph Gendrot. - 1886 : François Bardouil. - 1892 : Yves-Henri Le Gall. - 1897 : Pierre Guyavarch. - 1902 : Jules Bossennec. - 1909 : Joseph Cadiou, .... (Archives de l'Evêché).

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PATRIMOINE de GUISSENY

l'église Saint-Sezni (XVIIIème siècle). Flanqué au nord-ouest du clocher, l'édifice religieux comprend une nef de quatre travées au nord et cinq travées au sud, avec, au droit des dernières, deux ailes formant faux transept. Le choeur de deux travées avec bas-côtés est terminé par une abside profonde à chevet droit. Au nord et au sud se trouvent deux porches. Le clocher, à deux étages de cloches et à deux galeries, amorti par une flèche cantonnée de quatre clochetons est l'oeuvre de l'architecte Pierre Tréguer (marché passé en 1700) : la flèche a été endommagée par la foudre en mars 1905 (ou 1906) et restaurée aussitôt. Au-dessus du portail en plein cintre on trouve la date de 1733. La nef est édifiée en 1720 par Sébastien Roussel, maître architecte à Lesneven (travaux terminés le 4 août 1720). Le nouveau choeur et la sacristie sont également l'oeuvre de Sébastien Roussel (après le mois d'août 1720). Les deux chapelles en ailes sont édifiées le 9 septembre 1721 par Sébastien Roussel. Le fond du sanctuaire est orné d'un ensemble de trois autels. Le reliquaire contenant le bras de saint Sezni date de 1779. On y trouve quatre statues (XVIIIème siècle) : Vierge à l'Enfant dans l'aile gauche, saint Sezny et saint Pierre dans le choeur, la Vierge de Pitié dans l'aile droite. A signaler trois autres statues (saint Yves, sainte Barbe, saint Herbot) et au-dessus du maître-autel un Crucifix provenant de Brendaouez. Le clocher de l'église (1700) présente une originalité : les cloches se balancent du nord au sud et non pas de l'ouest à l'est. La tradition prétend que les seigneurs de Penmarc'h, de Kergoniou et de Keriber, qui avaient participé à son financement, voulaient ainsi mieux les entendre de leurs manoirs ;

Nota 1 : Les comptes de fabrique notent les différents marchés passés pour l'exécution des travaux : — Dès 1700, la reconstruction du clocher avait été confiée à M. Pierre Tréguer, architecte, avec la condition que la tour serait semblable à celle de Ploudaniel, jusqu'aux guérites. — 1720, 5 Avril : Voyant que notre église de St Sezni menace à tomber en ruine et prest à assoler... on prendra un architecte. Le même jour, marché est fait avec François Perrot, de la ville de St Paul, pour fournir les bois. Le 4 Août, marché est passé avec Maître Sébastien Roussel, architecte et maçon de profession, demeurant Lesneven, pour la construction d'un nouveau choeur et sacristie au bout, et rebâtissement de l'ancien choeur, pour la somme de 1.500 livres. — 1721, 9 Novembre : Marché avec le sieur Roussel, pour rebâtir les chapelles du Saint Rosaire et de Notre-Dame de Lorette, autrement Keriber, pour 610 livres. — 1723 : Marché avec François Le Borgne, menuisier à Coatméal, pour le maître-autel et stalles du choeur, 120 livres. — 1743 : M. Le Borgne de Kermorvan, vicaire général, permet de bâtir un reliquaire, avec une chambre au bout pour les petites écoles. La reconstruction de l'église nécessita, en 1721, un procès-verbal des prééminences, dont nous donnons un extrait d'après les notes de M. J. de la Passardière : « Il est constaté qu'il n'y a aucun jour donnant sur le maître-autel ; que la sacristie est au bas de l'église ; que sous le marchepied du maître-autel il y a cinq tombes plates, marquées d'un calice, pour la sépulture des prêtres, et ce depuis au moins l'an 1656. René de Sansay, chevalier seigneur de Keriber, est seigneur fondateur de la paroisse. Il a ses armes dans la chapelle (de Keriber) côté de l'Evangile : Losangé d'argent et de sable, et deux voûtes joignant l'autel de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. Au-dessous de l'image de Ste Barbe, il a des armes composées d'un chevron et de 3 treffles. Il a ses armes en supériorité dans la grande fenêtre derrière l'autel, avec devise : Avis Dieu merci. Anne de Kermenguy, veuve de feu Vincent Gabriel de Penmarch, a, dans une rose au-dessus de la maîtresse-vitre, ses armes : de gueules à une tête de cheval d'argent. Deux pareils écussons, entrelacés de merlettes, se voient sur le pignon occidental au-dessus de la porte. Il proteste contre la prétention du Sr. de Keriber du se dire fondateur, cette qualité appartenant à la maison de Penmarch. René Calvez, Sr. de Keranbartz, faisant pour le Sr. de Varse, propriétaire des terres de Kersulec, Kerespern, etc., dit que la moitié de la grande vitre du côté de l'Epître est armoryée des armes de cette maison en huit écus : Le 1er d'azur à une croix pattée et cheffronnée et trois coquilles d'argent, armes de Kersulec ; Le 2ème, le même en alliance avec Lannarmuz : d'or à trois fusées de sable ; Le 3ème, Kersulec en alliance avec Leslem : d'argent à losanges de sable sans nombre ; Le 4ème, Kersulec avec Tromelin : d'argent à deux fasces de sable ; Le 5ème, Kersulec avec Tropagan : d'argent au grelier d'azur lié de gueules ; Le 6ème, Kersulec avec Lestourduff : d'or à trois coquilles de gueules, une rose (c'est une quintefeuille) en abîme ; Le 7ème, Kersulec avec Kerbreder : d'or à un croissant de sable ou de gueules ; Le 8ème, écartelé de Kersulec et de La Vigne : d'argent à un sautoir accompagné de trois roses ou quintefeuilles surmonté d'une étoile ou d'une merlette. Autres armes des Kersulec, dans la chapelle dite St Jean, puis de Ste Geneviève, à présent Notre-Dame du Rosaire. De plus, au choeur, côté de l'Evangile, tombe élevée aux armes des Kersulec, et autre tombe côté de l'Evangile, en la chapelle de Ste Barbe. Le sieur de Kerbiquet Chauvel possède au choeur un escabeau avec tombe en dessous et un bénitier armoryé d'un rencontre de cerf, qui sont les armes de Michel de Poulpry, autrefois Sgr. de Kerbiquet. Pour Messire Claude-Jean Touronce, Sgr. de Gorréquer et du Hellez, il est constaté que, dans un pilier, du côté de l'Evangile, sur un bénitier, est empreint un peigne avec son flambeau, anciennes armes du Hellez ; qu'il possède cinq tombes en la chapelle de la Trinité. Sur un bénitier, sont les armes de Lévédern : trois coquilles de sable, revendiquées par noble homme Bernard Guillou, Sr. de Kerescar, propriétaire de la terre de Lévédern. Sur un autre bénitier, se voient trois têtes d'aigles arrachées, près des chapelles de Saint Sébastien et Saint Yves revendiquées par le Sr. François Lescop, à cause de sa terre de Beauregard ». En 1759, marché fut passé moyennant 500 livres, avec Louis Magad, sculpteur à Guissény, pour la confection de deux retables, le premier pour l'autel du Rosaire, avec les douze mystères. du Rosaire ; le second, à l'autel de Keriber, avec le Sauveur, saint Joseph et les douze Apôtres. Dans l'église, se voient : les statues en bois de saint Pierre, saint Sezny, la Vierge tenant l'Enfant-Jésus, une Pièta, sainte Haude, décapitée, tenant la tête entre ses mains ; un reliquaire en ébène avec garniture d'argent du XVIIIème siècle. Un inventaire de 1674 mentionne deux reliquaires, quatre bannières, quatre calices de vermeil, trois calices d'argent. En 1717, une grande croix d'argent avec sonnettes, autre croix d'argent avec le crucifix d'un côté, la Vierge de l'autre. Chandelier des cinq Plaies à cinq branches. Le pardon de Saint-Sezni se célèbre le troisième dimanche de Septembre. On fait une offrande à l'église pour avoir l'honneur de porter les reliques à la procession. En 1687, Jean Le Loaëc donnait 30 livres pour avoir porté les reliques de Mr Saint Sezni. Et en 1690, le Sgr. de Kerguern, Sr. de Kersular, et le Sr. du Jardin, de Brest, donnaient pour le même objet 28 livres 10 sols (M. Uguen).

Nota 2 : Chapellenies : De Saint André, dite de Kerulaouen, fondée par François du Poulpry, Sgr. de Kerulaouen et Kernaouen. La dame du Prédic y présente en 1780. — De missire Christophe Bléas ou de Kerhornaouen ; messe basse tous les quinze jours, le lundi : 40 livres. — De Coatmorn ; une messe, le mardi ; 50 livres ; présentateur, le Sgr. de Coatmorn, puis Calloët Lanidy. — De missire Paul Floc'h, prêtre, dite de Kerigeant, fondée le 14 Août 1654 ; une messe, le dimanche, à l'autel Saint Jean ; 60 livres ; présentateur, le Sgr. de Runvelin, puis Coetlosquet. — De François Henry et Catherine Le Roi, dite de Guelequear ; une messe, le dimanche ; 47 livres ; présentateur, le Sgr. de Guelequear. — De Keriber, fondée en 1481, par Salomon de Keriber ; messe matinale et catéchisme, le dimanche ; 150 livres ; présentateur, le Sgr. de Keriber, Castellan. — De Lesguern ou de la Trinité, en la chapelle du château de Lesguern. Gouvernements : — De Kervezenec et de Saint Yves ; 30 livres ; desservi dans la chapelle du château de Kervezenec (St Yves) ; présentateurs, le Sgr. de Kervezenec et dame du Runiou. De Saint Tujan, en la chapelle de St Tujan ; présentateur, le Sgr. de Kerdréau. Du Hellez, dit de Kergonniou ; cinq messes par semaine, dans la chapelle Saint Jean, prés le Hellez ; 260 livres ; présentateur, le Sgr. du Hellez, puis Calloet Lannidi. De N.-D. de Brendaouez ; les seigneurs de Penmarch en étaient fondateurs ; le revenu de 1.000 livres, et ce gouvernement avait été réuni à l'archidiaconé de Quemenedilly, à charge d'une messe basse tous les premiers dimanches du mois et aux fêtes principales de la Sainte Vierge, dans la chapelle de Brendaouez.

Nota 3 : Extrait des registres paroissiaux de Guissény : 1530 : Contrat pour tombe dans la nef de l'église, accordée par le général aux Cabon, pour un boisseau de froment et 3 sols 1/2 par an. — Extraits des comptes de 1626 de Mgr. St Sezni « Reçu pour fil : 50 sols ; pour les oyes : 20 sols ; pour les veaulx et genisses à laict : 18 livres ; pour les cochons : 9 livres ; pour les précieux reliques de Mr. St Sezni : 9 livres et 12 sols ; pour le porte enseigne : 60 sols ; pour l'image de Mgr. St Sébastien portée en procession et tours de Mr. St Sezni : 8 sols ; pour les deux petites clochettes : 11 sols ; en offrandes trouvées es troncs : 88 livres ; Payé à Hervé Habasque, Bolloch et Jan Bervas pour faire les degrés sur le grand autel et ungue sacristerie (un tabernacle) pour le St Sacrement et orner le chœur de l'église : 60 livres ; Payé pour les collations faites par le prédicateur chez Bernard Henry quand il fut prêcher le Careme : 32 sols ; Pour avoir achepté pour 2 sols de pain en chacun dimanche pour estre benit en l'année : 100 sols ; Christophe BLEAS, recteur ; Yves CHAPALAIN, sous-curé ». — 1629, Janvier : Bulle d'Urbain VIII au sujet de l'établissement de la confrérie du Saint Sacrement. — 1658, 10 Décembre : Etablissement du Saint Rosaire à Guissény, par René de Saint Hyacinthe, père prieur des Dominicains de Quimperlé. — 1659, 15 Mars : Fondation de Yves Gouzillon, Sr. de Kergonniou, en faveur du Rosaire ; il fonde également une messe, le second dimanche du mois, sur l'autel de la Trinité, lui appartenant, et une messe, tous les jours, en la chapelle de Saint Jean du Hellez. — 1659 : Par testament, Jean Floch donne 3 livres au Rosaire, et aux chapelles de la paroisse Saint Yves, Saint Gildas, Saint Tujan. 1672 : Marie Boudeur, par testament, « désire qu'il soit baillé à la chapelle et oratoire de Mr Saint Michel Le Nobletz, un collet, coeffe, bandeau et mouchoer tout en toile, en offrande ». — 1672, 26 Janvier : Fondation, par Missire Guillaume Gouzillon, Sgr. de Kergonniou, Hellez, Mogueriec, etc., capitaine garde côte de la paroisse de Guissény, de 150 livres de rente, pour fondation d'un service et messe à chant, memento et De profundis qui seront chantés après la messe, proche le banc du dit Sgr. de Kergonniou, au choeur de l'église, du côté de l'Evangile, et à la charge que « pour la plus grande gloire de Dieu, le St Sacrement sera exposé durant la dite messe et à la fin d'icelle qu'on chante les oraisons ordinaires, et passé la bénédiction qui sera donnée du St Sacrement, l'on viendra chanter le dit memento comme dit est ». Le général devra désigner une personne pour assister au dit service et quêter pendant la messe. La confrérie du Saint Sacrement profitera de l'excédent de la rente. — 1713 : Comptes : « Payé à Hervé Pouliquen, pour des rubans pour orner les reliques de Saint Sezni et pour les chandeles et une bouteille de vin à donner la nuit de Noël, 7 livres 10 sols. Au dit Pouliquen 8 deniers pour un pot de vin, et 2 sols de pain, qui est la coutume de donner le dimanche des Rameaux et vendredi an croisou, aux prêtres qui chantent la Passion, 3 livres 2 sols ». — 1719 : Fondation de la confrérie dos Trépassés, par Guillemette de Gouzillon, dame de Kergonniou, qui donne à cet effet 1.200 livres. — 1719, 10 Octobre : Bulle de Clément XI, accordant des indulgences à la confrérie des Trépassés.

la chapelle de l'Immaculée Conception (XVIIIème siècle), restaurée au XIXème siècle. Cette chapelle correspond à l’ancien ossuaire reconstruit en 1743 (avec, à l'extrémité, une chambre pour les petites écoles). Elle est restaurée en 1852. L'édifice porte l'inscription "Corentin Leroy gouverneur 1743". Le retable date du XVIIème siècle. La chapelle abrite les statues de saint Sezny, saint Yves et sainte Anne ;

la chapelle Notre-Dame-des-Carmes ou de Brendaouez (1556), restaurée en 1874. On la trouve encore sous le vocable de Notre-Dame du Carmel. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire qui porte au-dessus de sa porte ouest les deux dates de 1556 (date de sa construction primitive) et 1874 (date de sa reconstruction). La chapelle abrite les statues de la Vierge-Mère et un groupe de sainte Anne ;

Nota 4 : Bénéfice de 1.000 livres, appartenant, comme nous l'avons dit, à l'Archidiacre de Quemenedilly. M. Jourdan écrit qu'en 1856 elle était sous le vocable de Notre-Dame des Carmes, « bâtie en partie en 1603 et en partie en 1656 ; ruinée pendant la Révolution, elle a été partiellement restaurée en 1801. La partie basse, la plus belle, est restée à l'état de ruine et présente encore intactes six arcades ogivales simples mais assez gracieuses ». Cette chapelle existait avant cette date de 1603 ; car nous savons qu'en 1584 le vicariat de Notre-Dame de Brendaouez, vacant par la mort de Henry Le Gall, fut donné à Guillaume Creff, recteur démissionnaire de Kerlouan (R. G. 83). Ce titre de vicariat fait supposer qu'à cette époque du moins, les fonctions du saint ministère étaient exercées à Brendaouez par un prêtre, sous la dépendance de l'Archidiacre. Le Père Cyrille Le Pennec nous dit « qu'elle était hantée de force monde, et possédée de son temps (vers 1640) par l'Archidiacre de Quémenedilly, Yves du Poulpry de Trébodennic, lequel emploie une partie de ses soins et de ses biens pour l'embellir ». M. de Kerdanet ajoute qu'on y voit ses armes : d'argent au massacre de cerf de gueules posé de front. Cette chapelle a été reconstruite ou restaurée en 1835 (M. Abgrall).

les anciennes chapelles, aujourd'hui disparues : la chapelle Saint-Tugen (située jadis près de Brendaouez), la chapelle Saint-Jean (située jadis près du Hellez), la chapelle Saint-Yves (une croix en marque l'emplacement), la chapelle Saint-Gildas (ancien prieuré de l'Abbaye Saint-Gildas), la chapelle Saint-Charles, la chapelle de Lanvengat et la chapelle de Keriber ;

Nota 5 : on comptait plusieurs autres chapelles avant la Révolution : celles de Saint-Jean, près Le Hellez, ou de Kergoniou ; De Saint-Tujan, Tadan, Saint-Tuzan, non loin de Brendaouez, meas Sant Tudan en 1596 ; De Saint-Gildas ou Veltas ; De Saint-Charles, en Guissény ; un curé de Guissény, H. Le Gac, lui lègue une offrande par testament, en 1671 ; De Keriber, près du château de ce nom ; De Saint-Yves, au château de Kervezenec, avec croix et fontaine sainte ; De Lavengat, signalée comme existant en bon état en 1805 ; De la Trinité, au château de Lesguern, en Saint-Frégant ; De Saint-Guénolé, près de l'église de Saint-Frégant, seule trève de Guissény. M. Uguen signale une fontaine à Menez ar-Groaz, où, le dimanche de Quasimodo, les mères portent leurs enfants pour leur obtenir la facilité de marcher de bonne heure. En 1867, à l'occasion de la mission, une croix, prise à Keriber, fut plantée sur le bord de la mer, dans un site fort pittoresque ; on y a adossé une ancienne pierre d'autel, qui provient probablement de la chapelle de Brendaouez, car elle porte à chaque extrémité les armes des Poulpry, un rencontre de cerf ; or, nous l'avons dit, en 1643, Yves du Poulpry possédait Brendaouez en qualité d'archidiacre de Quémenedilly (M. Abgrall).

la croix Croas ar-Sergent de Brendaouz (Haut Moyen Age) ;

la croix Croas Toul de Frout-Creiz (Haut Moyen Age) ;

la croix Mil Gwern de Kervedennic (Haut Moyen Age) ;

la croix de Kermaro ou Kervaro (IX-Xème siècle) ;

la croix Croas an Aot (XVème siècle), restaurée en 1863, 1868. Cette croix provient de Keriber ; 

le calvaire ouest du cimetière de Guissény (1555). Le haut du calvaire a été refait ;

le calvaire est du cimetière de Guissény (XVème siècle) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix de Brendaouez (XVIème siècle), la croix de Corbrat (1932), la croix Croaz-ar-Gall (XVIème siècle), la croix du Curnic (1875), la croix de Dirou ou Rosicou (1702), le vestige de croix de l'église de Guissény (XVIème siècle), la croix du monument aux morts de l'église de Guissény (vers 1920), la croix Croaz-ar-Stivel (1938), la croix de Keraignan (Moyen Age), la croix de Keramps (1910), les deux croix de Kerbrézant (XVIème siècle), la croix de Kerderc'h (Moyen Age), la croix de Kerdreuzant (Moyen Age), la croix de Kerespern (Haut Moyen Age), la croix de Kergoniou (XVIème siècle), la croix de Kergroaz (XVIIIème siècle), la croix de Kerguidillic (Moyen Age), la croix de Kerrijent (Moyen Age), la croix de Kervaro (1638), la croix de Kervaro (XVIème siècle), la croix de Kervéléré (XVIème siècle), la croix de Kervenouaen (XVIIème siècle), la croix de Kervéogant ou Sant-Sutic (XIXème siècle), la croix de Kervézennec (Haut Moyen Age), la croix de Kerzuloc (Haut Moyen Age), la croix de Landenvet (XVIIème siècle), la croix de Lanneunval (XVIème siècle), la croix de Lanveur (XVIème siècle), la croix de Lavengat (Moyen Age), la croix de Lizouarn (Moyen Age), la croix de Lizouré (Moyen Age), la croix de Poultossoc (XVIème siècle), la croix Saint-Gildas (Haut Moyen Age), la croix Saint-Yves (Moyen Age), la croix de Saint-Yves (vers 1630), le socle de croix de Tréouron, la croix de Trérohant (XVIème siècle). A signaler aussi des croix aujourd'hui disparues : la croix de Lizouarn, la croix de Ty-Poaz ; 

le manoir de Kergoniou (XV-XVIème siècle), propriété de la famille de Gouzillon, fondatrice de l’église paroissiale ;

le manoir de Kerangoff (XV-XVIIème siècle), propriété de la famille Le Goff, puis de la famille Henry (au XVIIIème siècle) ;

le manoir de Lavengat (ou Lanvengat), propriété de la famille de Poulpry (ancienne propriété de la famille Marc'hec) ; 

le manoir de Keriber, propriété de la famille de Sansay ;

le manoir de Kersuloc, propriété successive des familles Kervern, Kergoniou, puis Gouzillon ;

le manoir de la Vigne, propriété de la famille de Coetlosquet ; 

la maison La Tourelle (XVI-XVIIème siècle) ;

la fontaine Saint-Gildas (XVIIème siècle), située à Saint-Gildas. Elle est timbrée des armes de Penmarc'h ;

la fontaine Saint-Sezny, située à Kervéagant ;

la fontaine Saint-Yves, située à Kervezennec, non loin d'une ancienne chapelle, aujourd'hui disparue ; 

la fontaine de Brendaouez, située non loin de la chapelle  Notre-Dame des Carmes ou Brendaouez ;

le corps de garde (XVIIème siècle) ;

les moulins deu Couffin et de Brendaouez ; 

A signaler aussi :

des traces néolithiques (campements, haches polis, poterie, chambres funéraires,..) ;

la motte féodale de Castel-al-Lez (XI-XIIème siècle), qui domine la baie du Curnic est une butte de 30 mètres de diamètre sur 7-8 mètre de hauteur, entourée d'un fossé ; 

le vivier gallo-romain situé dans la dune du Curnic ;

la digue du Curnic. Une première digue est édifiée, en 1830-1832, entre la pointe de Beg-ar-Skeiz et la pointe de Dibennou. Détruite par une tempête en 1833, une deuxième digue est construite en 1834-1836, légèrement en retrait de la première ;

Nota : Grotte obstruée par les sables à la pointe de Dibénou, explorée en Octobre 1879, par le docteur Marion. Il y a trouvé des cendres, des poteries préhistoriques, une broche en porphyre, marteau en pierre, ossements d'animaux. - A 300 mètres Est du village de Kergoniou, trois tumulus, explorés en Août 1881 ; dans un d'eux, chambre en pierres sèches, squelette dont crâne trépané, vase à quatre anses en terre, poignard en bronze. - A Kerilis, sépulture en pierre sèches. - Cachette de fondeur à Kervolant. Dans un vase d'argile, bracelets, pendants d'oreilles en bronze. (Du Chatellier).

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ANCIENNE NOBLESSE de GUISSENY

Les principales familles nobles qui se retrouvent dans le blason de Guissény sont : Poulpry de Lavengat (ou Lanvengat), Kersulec, Penmarc'h et Keriber.

- Fontenay, Sr. de Kerbrat : d'argent à la fasce d'azur accompagnée de deux dauphins de même.

- Kergoual : d'azur à une fasce d'or accompagnée en chef d'un destrochère soutenant un épervier, le tout d'argent.

- Du Plessis : d'argent au sautoir accompagné en chef et en flancs de trois quintefeuilles, et en pointe d'une molette, le tout de gueules.

Nota : Plessis (du), en breton Quenquis (du), sr. dudit lieu, — de Kerguiniec, — du Colombier, en Plouguerneau, — de Rueneuve, en Plouider, — de Lestennec. Ancienne extraction. — Huit générations en 1670. — Réformes et montres de 1446 à 1534, en Guisény, évêché de Léon. Blason : D'argent, au sautoir accompagné en chef et en flanc de 3 quintefeuilles et en pointe d'une molette, le tout de gueules. Jean, vivant en 1444, père de Salomon, vivant en 1481, marié à Anne de Kerroignant. — Bonabes, volontaire pontifical à Castelfidardo, en 1860. — Louis du Plessis est mort le 17 avril 1877, laissant de son mariage avec Cécile de Kersauson-Kerjan quatre enfants : (l'aîné ayant été tué au siège de Paris, pendant la guerre de 1870 [Note : Edouard du Plessis-Quenquis, sergent aux mobiles du Finistère, fut tué à l'attaque du village de l'Hay, sous Paris, le 29 novembre 1870, à l'âge de 24 ans. M. l'abbé du Marc'hallac'h, vicaire-général de Quimper, alors aumônier des mobiles, lui administra les sacrements et reçut son dernier soupir]) : Bonabes, ancien capitaine aux zouaves pontificaux, ayant assisté à Castelfidardo et à Mentana, et fait la campagne de France sous Charette, chevalier de la Légion d'honneur, et marié à Nantes à demoiselle Alix de Cornulier-Lucinière, fille de M. Hippolyte de Cornulier, sénateur de la Loire-Inférieure, — Louis, — Anna, fille de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, et enfin Isabelle, dame de Kersauson.

- Poulpry, Sr. de Lanvengat : d'argent au rencontre de cerf de gueules.

- Pratbihan, Sr. du dit lieu : de sable à trois croisettes pattées d'or

 

Lors de la Réformation de l'évêché de Léon en 1443, plusieurs familles nobles sont mentionnées à Guisseny :

Hézou (de), seigneur dudit lieu, paroisse de Guisseny. Olivier se trouve mentionné entre les nobles de Lannilis, et Guillaume se trouve mentionné entre les nobles de Guisseny.

Quenquis ou Plessis (du), seigneur dudit lieu, paroisse de Guisseny. D’argent au sautoir accompagné en chef et en flancs de trois quintefeuilles et en pointe d’une molette, le tout de gueules. Jean se trouve mentionné entre les nobles de Guisseny.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de l'évêché de Léon reçue à Lesneven le 25 septembre 1503, plusieurs nobles de Guissény (Ploesezny)  sont mentionnés :

Guillaume Kerguen, en habillement d'archer à deux chevaux ;

Jehan le Quinquis. Enjoinct de s'habiller ;

Alain le Mescam, en habillement d'archer à deux chevaux ;

Robert Bescond, en vougier ;

Salomon du Quinquis, en vougier. Injonction d'avoir harnois ;

Jehan Goff, default ;

Yvon Laurens. Enjoinct de s'habiller.

A la « montre » (réunion de tous les hommes d’armes) de l’évêché de Léon reçue à Saint-Renan le 24 août 1557, plusieurs nobles de Guissény et Saint-Frégant (Ploesyny et Sainct Fregan) sont mentionnés : 

Hervé Le Meascan ;

Christofle Manyou ;

Rolland du Treffou ;

Yvon Laurans ;

Valentin Millon.

(à compléter)

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