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GOUESNOU |
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La commune de Gouesnou ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GOUESNOU
Gouesnou sappelait autrefois Langoueznou, du breton « lann » (ermitage) et de saint Goueznou (encore surnommé Woednovius ou Towoedocus), disciple de Saint-Paul-Aurélien. Saint Gouesnou naquit en Grande-Bretagne. A l'âge de dix-huit ans, il quitte sa patrie envahie par les anglo-saxons et vient s'installer en Armorique avec son père Tugdon, son frère aîné Majan et sa soeur Tugdone. Saint Tugdon alla vivre en solitaire dans la forêt de Guipavas, saint Majan se fixa en Plouguin, et saint Goueznou (ou Goeznou) se retira à Lan-Goueznou. Tugdone fut placée au couvent de Loc-Ronan-ar-Fanq (Saint-Renan).
Langoueznou faisait, à l'origine, partie de la paroisse primitive de Guipavas. Langoueznou remonte à un établissement monastique fondé au VIème siècle par saint Goueznou, aidé en cela par le comte Comorre (Con-Mawr ou Grand-Comte). Son église est dédiée par saint Houardon, évêque de Léon, en l'an 642 : "le comte Comorre ..... outre le don du fond du Monastère, le fit bastir à ses frais, ayant convoqué des ouvriers de toutes parts à cette fin, auxquels sant Majan donna le plan et dessein du bastiment. Une seule chose incommodoit saint Goeznou en ce lieu, c'éstoit la dizette d'eau, tant pour l'usage de son monastère, que pour la commodité des ouvriers qui l'alloient quérir bien loin de là ; mais Dieu y pourveut, et luy révêla un certain endroit, où ayant foüi deux pieds en terre, il trouva une bonne source d'eau vive, laquelle saint Majan nettoya et dressa, ayant cavé un bassin de pierre grise pour recevoir l'eau, qui de là alloit, par un petit ruisseau, arrouser un Ebène que saint Goeznou avoit planté de sa propre main. Le monastère estant achevé, l'église fut dédiée par saint Houärdon, evesque de Leon, l'an 642". Saint Goueznou meurt à Quimperlé (en visitant l'église du monastère) en l'an 675 : "il eut le crâne défoncé par la chute d'un marteau que laissa tomber sur sa tête un architecte jaloux". Le nom originel Langoueznou a été remplacé par Saint-Goueznou puis par Goueznou.
Le bourg de Gouesnou avait attiré aussi l'attention des ducs de Bretagne, car il possédait jadis une forteresse, située derrière l'église, souvent désignée dans les anciens titres, sous la dénomination de Bastille de saint Gouesnou. M. Cariou (voir "Propre du diocèse de Dol") prétend que c'est à Langoueznou (Saint Gouesnou) que Charles de Blois (en 1342), Jean V (en 1417), le Prince Pierre (en 1455), revendiquaient l'honneur de porter la chasse de saint Goueznou, autour de son "minihi" et venaient en pèlerinage au sanctuaire élevé sur le lieu du décès de saint Thudon (survenu, en 665, à 85 ans).
Goueznou sest agrandi en 1950 de 5 villages de Plabennec et dépendait autrefois de l'ancien évêché de Léon.
On trouve les appellations suivantes : Landa, peniticium Goeznovei (en 1019), Sanctus Goeznovei (en 1282), Langoeznou (à partir de 1420), Sainct Goueznou (en 1544), Lannoznou (en 1551), Sainct Gouesnou (en 1607) et Gouesnou dès 1665.
Nota : l'église de Land-Goueznou possédait jadis le chef et un bras du saint qui, à la fin du XVIIIème siècle étaient conservés dans un superbe reliquaire en argent. Sous la Révolution, l'église est pillée, le reliquaire est détruit et la tête du saint sera déposée à l'amphithéâtre de la Marine, à Brest.
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PATRIMOINE de GOUESNOU
l'église Saint-Gouesnou (1552-XVIIème siècle), restaurée en 1970. L'église avait été incendiée par les Allemands en 1944. Avant la restauration, la date de 1552 se lisait sur la frise du linteau. En forme de croix latine, l'église est bâtie sur l'emplacement du monastère de saint Goeznou (ou Gouesnou) et fut entreprise par messire Guillaume Touronce, chanoine de Vannes et recteur de Gouesnou. Le croisillon supérieur est à pans coupés et forme le choeur dans le prolongement de la nef, au-dessus du transept. L'église comprend, précédée d'un clocher, une nef avec bas-côtés de trois travées, un transept séparé de la nef par un arc diaphragme et un chevet à noues multiples du type Beaumanoir, timbré des armes de l'évêque René de Rieux (1613-1651). La nef est séparée des bas-côtés par six arcades en plein cintre reposant sur des colonnes cylindriques sans chapiteau. L'enclos paroissial s'ouvre par un portique en arc de triomphe portant les statues de Saint Jean et de la Vierge : sur le tympan se voient les armoiries de Charles Nouvel de la Fleche, évêque de Quimper de 1872 à 1887. Le porche sud, avec claveaux rustiques, porte la date de 1607 (date de l'achèvement de l'édifice, semble-t-il). Le porche nord, qui s'ouvre par une porte en plein cintre dont les pieds sont formés par deux colonnes décorées par des feuilles d'acanthe et des pampres, date de 1642 (les travaux débutent en 1640, date située à la base d'un des piliers) ; partiellement détruit pendant la Révolution, il a été restauré vers 1884. On trouve de nombreuses sculptures sur les portes : celle de saint Gouesnou entourée d'attributs sacrés, celle de la Vierge tenant dans ses bras l'Enfant Jésus. Le chevet est de type Beaumanoir, reconstruit en 1607-1615 sur les plans d'Yvon Jacq (voir procès verbal de 1606, publié par le Bulletin de la Commission diocésaine, tome X, page 233). Du côté de l'Evangile, on découvre l'inscription "Ceste édifice fvt faict av tems de Me G. Tovronce, rect. 1615". Du côté de l'Epitre, on découvre l'inscription "F. Pierlars, E. Gvegven Fabriqves - l'an 1615". Sur un bénitier Renaissance de la nef, on peut lire la date de 1583. Un autre bénitier situé à l'opposé de l'autel saint Yves porte la date de 1607. A gauche du portail sont les fonts baptismaux, ornés d'un bas-relief en bois doré représentant, en mi-grandeur, le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean. Le devant de l'autel du maître-autel (en chêne sculpté) forme cinq arcades séparées par des colonnes torses avec chapiteaux : chacune des niches formées par ces colonnes dans le corps de l'autel contient une statue polychromée. Le tabernacle du maître-autel est également orné de colonnes torses : de chaque côté du tabernacle sont trois niches ajourées, contenant des statuettes polychromes. L'autel du Rosaire possède un retable à colonnes torses : quinze médaillons des mystères du Rosaire, sculptés en bas-relief et polychromés, décorent le panneau central devant lequel se trouve Notre-Dame portant l'Enfant Jésus ainsi que Saint-Dominique, à sa droite, et sainte Thérèse, à sa gauche. Dans le bras nord du transept se trouve un autel dédié à saint Yves : le retable en bois sculpté et polychromé est un magnifique tableau de l'époque Louis XIV. Entre les deux autels du Rosaire et de Saint-Yves, sont deux plus petits autels : celui du côté de l'Evangile est consacré au Sacré-Coeur de Jésus ; l'autel de saint Antoine occupe le côté de l'Epître. Chaque face latérale du choeur est ornée de trois niches cylindriques qui sont séparées par des colonnes d'ordre corinthien et qui contiennent les statues de saint Eloi, saint Paul, saint Pol Aurélien, saint Jean-Baptiste, saint Corentin et saint Herbot. Signalons encore dans le choeur les statues de saint Goeznou et de saint Pierre. A l'angle du cimetière, se trouve une petite chapelle dédiée à Sainte Anne, bâtie en 1813 et reconstruite en 1868. Le clocher est en forme de tour carrée : les angles sont consolidés par des contreforts qui encadrent la porte principale au-dessus de la quelle se lit la date de 1772, un balcon à balustres sculptés forme une large saillie autour du premier étage de la chambre des cloches, un balcon plus étroit forme le deuxième étage qui se termine par une corniche supportant la flèche. Le sommet de la flèche est renversé dans la nuit du 14 au 15 avril 1718 par la foudre, puis vers 1894 (ou 1896) par un orage (il est alors réparé par les soins de l'abbé Poullaouec, recteur). Les vitraux sont modernes, car les anciens vitraux ont été détruits sous la Révolution. Au-dessus de la maîtresse vitre, on voit l'écusson de René de Rieux Sourdéac, évêque de Léon de 1613 à 1651 ("écartelé au 1 et 4 d'azur à 10 besants d'or qui est Rieux, au 2 et 3 de Bretagne, sur le tout, de gueules à deux faces d'or qui est d'Harcourt"). Du côté sud sont les armes de Rivoalen, seigneur de Mesléan en Gouesnou ("d'argent au chevron de gueules accompagné de trois roses de même") et au-dessus de la fenêtre nord, on voit un écusson mi-partie de Goulaine et de Ploeuc écartelé de Kergolay ("vairé d'or et de gueules"). Devant le maître-autel, au milieu du choeur paraît à fleur de sol la pierre tombale du recteur Touronce (vivant au XVIème siècle) avec l'épitaphe suivante : "Cy gist noble & vénérable personne maistre Guillome Touronce chanoine de Vannes & Recteur de Saint Gouesnou". ; | |
la chapelle Notre-Dame de Lorette, située dans le cimetière et reconstruite à plusieurs reprises notamment au XVIIème siècle, puis en 1813 sous le vocable de sainte Anne, en 1868 et enfin à nouveau après sa destruction par les Allemands en 1944 ; | |
l'ancienne chapelle Saint-Pierre, dite aussi chapelle Saint-Memor et aujourd'hui disparue. Elle est détruite au XIXème siècle ; | |
l'ancienne chapelle Notre-Dame de Bon Voyage, aujourd'hui disparue. Elle dépendait jadis du manoir de Kergroas et portait la date de 1599. Elle est détruite en 1916. Cette chapelle possédait un haut campanile. Le blason de la famille Gouzillon surmontait jadis le portail Ouest ; | |
le calvaire de l'enclos paroissial (1600). Ce calvaire aux statuettes finement sculptées vient des ateliers de Plougastel-Daoulas. Au-dessus d'un soubassement en gradins, le socle porte en bas-relief : à l'avers, les armoiries du pape Pie IX ; à l'envers, celles de Mgr Sergent, évêque de Quimper ; | |
la croix de la fontaine Saint-Gouesnou (XVIIème siècle). Cette croix provient d'un lavoir sur la route de Bourg-Blanc ; | |
d'autres croix ou vestiges de croix : la croix du cimetière de Gouesnou (1869), le vestige de croix du cimetière de Gouesnou (XVIème siècle), la croix Stréat-ar-Chapel (XVIIème siècle), le vestige d'un calvaire du cimetière de Gouesnou (XVIème siècle), la croix Ker-Ac'Halloc'h (XVIIème siècle), la croix de Kergaradec (XVIème siècle), la croix de Kerinaouen (1950), la croix de Kervelchen (XVIème siècle), la croix de Penguérec (Haut Moyen Age), la croix de Penguérec (1945) ; | |
le château du Bois (XVIIIème siècle), propriété des famille Du Bois (qui portait "d'or à deux fasces ondées d'azur, surmontées d'un arbre de même"), Denis (au XVIème siècle), des Sancay (XVIIIème siècle) et restauré en 1928. A noter que la famille de Sanzay habitait jadis le manoir du Bois ; | |
le château de Mezléan (XIVème siècle), propriété des familles Rivoalen et Barbier. Jean Rivoalen, chevalier de l'ordre du Roi (ou ordre de saint Michel) était époux de Marguerite Barbier de Kerjean. Cette famille se fond par la suite dans Penmarch par le mariage de Gillette Rivoalen, dame de Mezléan et de Lanuzouarn, fille des précédents, qui épouse, le 7 août 1638, Vincent de Penmarch, chevalier ordinaire de la Chambre du Roi. La terre de Mezléan passe ensuite par acquêt en 1720, à la famille Cazeaux du Hallay, puis en 1771 à la famille Gilart de Larc'hantel. La façade extérieure est surmontée d'une galerie à créneaux et à mâchicoulis et elle est flanquée de deux tours basses. Au-dessus du portail sont sculptées des armoiries, mi-parti de Rivoalen et de Barbier ("d'argent à deux fasces de sable") entourées du collier de Saint-Michel. A signaler que Jean Rivoalen, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, avait épousé vers 1610 Marguerite Barbier de Kerjean. On trouve trace de la famille Rivoalen dès 1400 ; | |
l'ancien manoir de Kergroas, où se trouvait autrefois une auge en pierre surnommée "le lit de saint Goeznou". Propriété des familles de Gouzillon et Pinart de Cadoualan. Guillaume de Gouzillon était en 1636 capitaine de la paroisse ; | |
la fontaine Saint-Gouesnou (XVI-XVIIème siècle), édifiée sur l'emplacement de la source découverte par le saint évêque. La statue du saint le représente en costume d'évêque, coiffé de la mitre épiscopale. On y trouve l'écusson de Roland de Neufville, évêque de Léon, de 1562 à 1613 ("de gueules à un sautoir de vair"). Cette fontaine consiste en un grand bassin rectangulaire, en pierre de taille, alimenté par une source et entouré d'un mur de granit qu'un banc de pierre longe à l'intérieur. Au milieu de trois côtés du bassin, on trouve des escaliers ; | |
la porte de l'enclos paroissial (XIXème siècle). Presque entièrement détruite pendant la Révolution, elle a été reconstruite vers 1884 ; | |
5 moulins dont le moulin Neuf, du Bois, Jergroas, Vieux ; |
A signaler aussi :
la stèle christianisée de Bourgneuf (XVIème siècle), disparue après 1976 ; | |
la chaise de Saint-Goueznou (XVIème siècle), située à Keralénoc ; | |
l'ancienne chapelle Notre-Dame de Lorette, remplacée par le cimetière des nobles (dès l'entrée à droite de l'église) ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de GOUESNOU
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de l'évêché de Léon reçue à Lesneven en 1481, on comptabilise la présence de 5 nobles de Gouesnou :
Allain COURTOYS (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une vouge ; | |
Allain DENIS (25 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une vouge ; |
Marie KERGROAZES (55 livres de revenu), remplacé par Martin Moulin : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Catherine KERGUYSIAU (6 livres de revenu) : absent ; | |
Yvon RIOALLEN (807 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer. Il est accompagné de Guillaume Touppin : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une vouge ; |
La paroisse de Gouesnou, ne fournit que 4 hommes armés à la montre de 1503 :
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Jehan Rivoalen, sieur de Mezléan, chevalier ; | |
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Jehan Courtois, archer ; | |
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Bertellé, archer ; | |
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Prégent Gouzillon, hallebardier ; |
(à compléter)
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