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GAEL

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La commune de Gaël (bzh.gif (80 octets) Gwazel) fait partie du canton de Saint-Méen-le-Grand. Gaël dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).      

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GAEL

Gaël vient du celtique "waddel" (gué). 

Gaël est une ancienne paroisse primitive qui englobait autrefois les territoires de ses trêves Le Bran (aujourd'hui en Gaël) et Muel, ainsi que les territoires de Saint-Onen, Le Crouais, Saint-Méen-le-Grand, Concoret et Loscouët-sur-Meu. La paroisse de Gaël dépendait jadis de l'ancien évêché de Saint-Malo.

Aux VIème et VIIème siècles, Gaël aurait été la capitale de la Domnonée ou du moins l’une des cités les plus importantes du royaume de Domnonée et s’appelait primitivement Wadel (le Gué). Les légendes y placent dès le VIème siècle le roi Hoël qu'elles appellent le roi des Bois, « Rex Arboretanus ». Alain Bouchart fait de Gaël la capitale de la Domnonée. 

Ce qui est incontestable, en effet, c'est que Gaël, situé au milieu des vastes forêts du Poutrecouët, était au VIIème siècle une résidence royale qu'habitèrent successivement Juthaël, père de saint Judicaël, Judicaël lui-même, et plus tard Erispoë. L'emplacement de leur château apparaît encore sur le bord du Meu et tout près du bourg de Gaël. A la restauration de la Bretagne au XIème siècle, ce château vit naître la famille des sires de Montfort, dont le plus illustre, Raoul, contribua puissamment à la conquête de l'Angleterre. Il fut pris et démantelé par Du Guesclin en 1372. 

Comme paroisse, Gaël est également d'une grande antiquité. Il est vraisemblable, en effet, que saint Méen, venant vers l'an 550 fonder un monastère appelé d'abord Saint-Jean de Gaël et, seulement après la mort du bienheureux fondateur, Saint-Méen, le construisit sur le territoire même de Gaël. Dès lors, on peut sûrement conclure que dès cette époque Gaël ne tarda pas à être érigé en paroisse, si il ne l'était pas auparavant déjà. Aussi, quand à la fin du VIIIème siècle l'abbaye de Saint-Méen, ruinée par les troupes de Charlemagne, se releva de ses ruines, le grand empereur, voulant réparer ce désastre, confirma-t-il tout d'abord les moines dans la possession de l'église et de la paroisse de Gaël (« Carolus Magnus concessit Deo et S. Judicaelo ecclesiam de Guadel cum tota plebe » - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 3) (traduction : Charlemagne fit don à Dieu et à Saint Judicael de l'église de Guadel avec toute la paroisse). Son successeur, Louis-le-Débonnaire, témoigna à son tour en 814 que l'abbaye de Saint-Méen se trouvait sur le territoire de Gaël, qu'il lui concéda à son tour (« Domus ecclesiœ Sancti Mevenni et Sancti Judicaelis quœ est in loco nuncupato Wadel » - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 225.). 

Dans une notice du rétablissement de l'abbaye de Saint-Méen par Alain III, duc de Bretagne, et Eudon son frère, nous trouvons : " Anno ab Incarnatione Domini M VIII, Roberti regis Francorum XII, excedente Gaufrido comite Britanniae a saeculo, filii ejus Alanus et Eudo cum matre eorum Hadeguisia, quoramdam perfidia, multa perpessi sunt incommoda... At vero, cum jam dicti fratres cum suis militibus essent ante [quoddam] castrum seque ad bellum praepararent, consilio matris suae Hadeguisiae et boni magistri sui Aymonis, pro anima Gaufridi comitis eorum patris ac ejusdem Hadeguisiae et suarum animarum salute, ac etiam pro imminentis belli victoria et pro totius Britanniae incolumitate, per manum sancti abbatis Hinguetheni qui illic aderat praesens, ecclesias Sanctae Mariae et sanctorum Meuenni et Judicaelis de Guadel [Note : Gaël] cum [tota] terra et foresta quae in circuitu ipsius ecclesiae erat [Deo et praelibatis sanctis in perpetuum dederunt, et] reddiderunt [Hinguetheno abbati in abbatia sempiterna, sub] tali conditione, quod ipse ecclesiam emendaret et monachos qui ibi Deum servirent congregaret, et ipsis tamdiu praeesset usquedum illi aliquem utilem monachum reperirent qui ibi abbas crearetur : nam ipse Hinguethenus abbas erat de monasterio S. Jacobi [Note : abbaye Saint-Jacut de la Mer], de tentione archiepiscopi Dolensis. [Volebant enim ut suo monasterio suisque monachis praeesset abbas, quia Alanus comes, Eudo frater ejus et Hadeguisia mater ipsorum Hinguethenum, propter probitatem et sufficientiam, multum diligebant]. Concesserunt etiam in villa monasterii fieri burgum, forum, mercatum : [quod factum est regnante Eudone, post mortem Alani fratris sui. Antea enim nullum forum neque mercatum in ea villa de Guadel fuerat. Teloneum tamen et passagium receperunt monachi post donationem Alani comitis, de ipsius jussu seu mandato]. [Post autem aliquot dies] ipsi ambo fratres et mater eorum, per se, quantum in restituendo sanctum locum profecerant scire voluerunt, et ob hoc illuc cum suo magistro Aymone accesserunt. Quibus com ordinatio novi loci placeret, [eodem tenore et conditione quibus dederant supradicta, secunda vice Deo et sanctis prenominatis] dederunt [et concesserunt] totam Capellam cum tota Tremorai [Note : Trémorel] et totum Minichi de Kidillac [Note : Quédillac], cum tota terra quae Li Fou [Note : Illifaut ?] vocatur, et terram quae Croes [Note : Le Crouais] nominatur [totam, sicut ipsi eas tenebant, sine renda seu censu vel aliqua querela, ita ut cultores earum nulli bomini, nulli terrenae potestati, nisi abbati et monachis qui in praefato monasterio die noctuque Deo deservirent, servitii quidquam impenderent]. Similiter etiam dederunt totam ecclesiam de Guadel cum toto cimiterio [censumque ipsius Guadel. Ipsa enim die, forestas terras, quas Alanus comes in plebe Guadel habebat, sancto Meuenno et dicto abbati donavit, Cheruueth, forestam Recam, forestam Hate, forestam quamdam cimiterio proximam, forestam de Treuencarath, et quinque solidos census de terra Rodaldi vicarii. [Harum donationum) testes [sunt ipsi comites et Hadeguisia eorum mater et magister eorum Aymo]. Junkeneus, archiepiscopus Dolensis. Garinus, episcopus Redonensis. Radulphus, episcopus Aletensis. Gauterius, episcopus Nannetensis. Herveus Crassa Vacca. Congar, filius Urfier. Aldegan, capellanus. Menfenit. Rigaldus Butilier. et multi alii ". A noter que Cheruueth est aujourd'hui représenté par un petit village dit le Pâtis-Cheruel, très voisin (au Sud) du bourg de Muel, qui était jadis trève de Gaël, et Treuencarath est le village actuel de Trevancaret, au nord-est de Gaël, au Nord-Est de Muel, situé dans cette cette dernière commune. On écrit quelquefois à tord, Trevanscarel et Pâtis-Cheruel.

La paroisse de Gaël devait donc avoir une très-vaste étendue au moyen-âge : elle renfermait le territoire des paroisses actuelles de Gaël, Saint-Méen, Muel et Le Bran, peut-être même celui des paroisses du Crouais, du Loscouët et de Saint-Onen. Cette immensité de territoire se comprend quand on se rappelle que d'épaisses forêts couvraient alors une grande partie de ce pays. 

Quoi qu'il en fût, l'abbaye de Saint-Méen fut confirmée dans la possession de Gaël par le duc de Bretagne Alain, qui lui donna en 1024 l'église et le cimetière de Gaël, « totam ecclesiam de Guadelt cum toto cimiterio », et en 1292 par le pape Célestin III (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 359, 723). 

Nous allons parlé par la suite du prieuré de Gaël, que fondèrent en ce lieu les moines de Saint-Méen. Deux trèves, Muel et Le Bran, dépendaient de Gaël avant la Révolution ; elles ont été ensuite érigées en paroisses. Aux siècles derniers, les dîmes de la paroisse étaient également partagées entre l'abbé de Saint-Méen, le prieur de Gaël et le recteur du lieu. Ce dernier, M. Clouet, déclara en 1790 que la cure de Gaël valait 2 260 livres à cause de son tiers des dîmes ; mais sur cette somme il devait 1 452 livres, savoir : pension de trois vicaires, 1 050 livres ; — à l'abbé de Saint-Méen, 70 livres ; — aux religieux de Montfort, 72 livres (nota : Dès son origine, l'abbaye de Montfort avait reçu de ses fondateurs beaucoup de terres, fiefs et droits en Gaël, notamment un droit sur la vente de la viande aux halles de Gaël. En souvenir de ce dernier droit, l'abbé de Montfort pouvait encore en 1682 exiger, « au jour de l'Ascension, le premier quartier de mouton exposé en vente en la cohue de Gaël » (Déclaration de Montfort) ; — au général de la paroisse, pour le presbytère et le jardin, 80 livres ; — enfin, pour décimes, droits synodaux et entretien des bâtiments, 180 livres. Par suite, il ne lui restait qu'un revenu net de 808 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29, et Pouillé de Rennes).

Gaël appartient au XIème siècle aux seigneurs de Gaël. Jean de Gaël épouse en 1466 Anne de Laval et de Vitré, il prend par la suite le nom de son épouse et devient Guy XIII de Laval. La seigneurie devient la propriété successive des familles de la Trémoille, ducs de Thouars (avant 1626), Rosmadec seigneurs de Saint-Jouan-de-l'Isle (en 1626), François de Quélen, veuve de François de Montigny seigneur de Beauregard (en 1698), et reste jusqu’en 1789 entre les mains des marquis de Montigny.

Les barons de Gaël avaient au bourg un auditoire, une cohue, une prison, un cep et un collier. Ils possédaient un droit de haute justice et un droit de quintaine. Du Guesclin s’empare de Gaël en 1373. 

Le Bran était avant la Révolution une trève de Gaël, dont voici l'histoire en quelques mots. Vers 1620, les habitants de la frairie de Gouguestin, se trouvant très éloignés de l'église paroissiale de Gaël, songèrent à bâtir une chapelle dans le village du Bran. Pour favoriser cet établissement et permettre d'avoir un prêtre qui pût desservir ce sanctuaire, une pieuse femme, Olive Foloreille, veuve de Georges Thébault, fonda une messe par semaine et dota cette petite chapellenie d'une maison avec son jardin, d'un pré et de trois champs, le tout situé au village du Bran. On, se mit aussitôt à construire la chapelle ; les frairiens obtinrent une sentence du Présidial de Rennes, en date du 18 mars 1623, qui régla la part des oblations que Laurent Turmeau, alors recteur de Gaël, réclamait dans ce sanctuaire, et le 8 septembre de la même année le nouvel édifice fut bénit et placé sous le patronage de saint Nicodème (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). La chapelle du Bran se trouvait dans un fief de Comper. Mathurin de Rosmadec ayant acheté en 1626, du duc de la Trémoille, les seigneuries de Gaël et de Comper, réclama dans ce sanctuaire tous les droits honorifiques de seigneur supérieur et fondateur et y fit mettre ses armoiries en lisière tout autour (Déclaration de la baronnie de Gaël et de Comper en 1679). En 1640, les frairiens de Gouguestin firent un accord, le 27 juillet, avec Vincent Primaigné, recteur de Gaël, au sujet du Bran, puis, le 30 du même mois, ils adressèrent ensemble une requête à Mgr de Harlay, évêque de Saint-Malo, pour obtenir l'érection de la chapelle Saint-Nicodème en église succursale à l'instar de celle de Muel. L'évêque chargea Pierre Berthault, prêtre de l'Oratoire, recteur de Guer et official de Saint-Malo de Beignon, de faire une enquête à ce sujet ; cette enquête fut favorable aux pétitionnaires, et le 22 août 1640 Mgr de Harlay rendit un décret érigeant « la chapelle Saint-Nicodème du Bran en église subcursale de Gaël », permettant d'y mettre des fonts baptismaux, d'y chanter grand'messes et vêpres et d'y avoir croix et bannière de procession ; obligeant d'ailleurs les habitants de la frairie à se rendre en l'église de Gaël aux quatre principales fêtes de l'année et aux processions générales de la paroisse, à bâtir un presbytère, à laisser au curé du Bran les pièces de terre avoisinant la chapelle de Saint-Nicodème et en portant le nom, et à entretenir enfin ladite chapelle (Archives départementales d'Ile-et-Vilaine). Un siècle plus tard, le Pouillé ms. de Saint-Malo (1739-1767) parle comme il suit du Bran : « C'est une trève de Gaël gouvernée par un curé amovible et ayant les mêmes décimateurs et seigneur que Gaël ; on y fait toutes les fonctions curiales, à l'exception des mariages et publications de bans qui se font seulement dans l'église paroissiale, ainsi que la communion pascale. Il y a environ cent trente communiants et l'église est toute neuve ». Les chapelains ou curés subcursalistes du Bran furent avant la Révolution : Julien Duclos, sieur de la Haye-Macé, Jean Duclos, Jean Thomas, Raoul Simon (1747), Olivier Coudé, Jean-Bernard Gault, sieur du Tertre, Gilles Chevillon, Mathurin Piron, Pierre Uguet, Julien Desbois, Julien Clouet, décédé en 1794, et Cosme Péruchot, décédé en 1801. Ces deux derniers rendirent d'éminents services pendant la Révolution en restant cachés dans le pays ; la mémoire de M. Péruchot est particulièrement demeurée en vénération, et l'on vient en pèlerinage sur sa tombe qui se trouve à l'entrée de l'église du Bran (Registres paroissiaux de Bran). Quoique l'ordonnance de Mgr de Maillé, reconstituant le diocèse de Rennes en 1803, eût placé Le Bran parmi les paroisses succursales et lui eût donné un recteur, cette chapelle ne fut vraiment érigée en église paroissiale que par ordonnance royale du 11 février 1820. Cependant Pierre Peltier, nommé recteur en 1803, desservit Le Bran jusqu'en 1810 ; la bourgade demeura ensuite sans prêtre jusqu'à l'arrivée de M. Tirel, nommé recteur le 10 juin 1820 (Pouillé de Rennes).

On rencontre les appellations suivantes : Guadel (en 799 et en 1024), Wadel (en 814), Gael (en 1152).

Note 1 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Gaël : Jehan du Breil (décédé vers 1570). Jehan Bourget (fut pourvu le 16 février 1571 et résigna en 1573). Pierre Allain (prit possession le 23 septembre 1573 ; décédé en 1581). Jean Lecomte (pourvu le 24 mars 1581, résigna l'année suivante). Jean de la Motte (fut pourvu par l'archevêque de Tours en 1582, malgré les prétentions de François Rogier et de François Le Moyne ; il résigna en 1588). Jean Gain (prit possession le 10 juin 1588 et résigna en 1591). François Turmeau, (pourvu sur la résignation du précédent, prit possession le 29 septembre 1591 ; il devint chanoine et chantre de Saint-Malo en 1612 et résigna en 1614 en faveur du suivant). Laurent Turmeau (prit possession le 4 mai 1614 ; décédé en 1629). René Le Sage (fut pourvu en cour de Rome et prit possession le 24 mai 1629, mais l'évêque de Saint-Malo nomma Antoine Hopppin le 16 septembre suivant). Julien Cochet (résigna en 1632). Vincent Primaigner (pourvu sur la résignation du précédent, prit possession le 13 janvier 1633 ; de son temps, « noble enfant Messire Mathurin des Salles » posa en 1639 la première pierre du presbytère ; décédé en 1651). Pierre Aubry (pourvu en cour de Rome, prit possession le 31 décembre 1651). N... Truillot du Pelineuc (possédait en 1679 une portion de la maison noble de la Haye-Goulu). Jacques-Abraham de la Framboisière (fit en 1698 enregistrer ses armoiries : d'or au lion de sable ; il résigna en 1735). François-Charles Guyot du Chesne (fut pourvu le 10 novembre 1735 ; il devint aussi prieur de Gaël en 1753 ; décédé en 1786). Mathurin-Jean Clouet (pourvu le 24 novembre 1786, gouverna jusqu'à la Révolution et fut réinstallé en 1803 ; il se retira ou mourut vers 1805). Mathurin Eon (1805-1818). Jean-Joseph Lorre (1818-1864). Frédéric Briand (1864-1870). Jean-Marie Marsolliau (1870-1877). Joseph Ruault (à partir de 1877), ...

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse du Bran : Olivier Tirel (1820-1845), Jean-Marie Pinard (1845-1859), Julien Loret (1859-1880), Louis Croc (à partir de 1880), ....

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PATRIMOINE de GAEL

l'église Saint-Pierre (XI-XV-XVII-XVIII-XIXème siècle), restaurée au XIXème siècle par l'architecte Aristide Tourneux. De l'église primitive, il ne subsiste que la nef romane du XIème siècle et la sacristie. On prétend que l'église actuelle dépendait primitivement du prieuré, et que les Bénédictins, en la cédant au culte paroissial, se réservèrent une chapelle qui est devenue depuis la sacristie (Pouillé ms. de Saint-Malo en 1739-1767). Cet édifice est intéressant à cause de son architecture romane rappelant le XIème siècle. Ce fut d'abord une simple nef, existant encore avec ses longues meurtrières et ses contreforts plats au Nord, terminée par un arc triomphal ouvrant sur le choeur ; celui-ci a un chevet droit avec deux fenêtres aujourd'hui bouchées, et extérieurement trois contreforts plats. De cet antique vaisseau on a relevé au XVème siècle la côtale méridionale de la nef, ajourée maintenant de fenêtres flamboyantes ; puis ont été ajoutées deux chapelles, l'une au Sud, rappelant le XVème siècle, et l'autre au Nord, qui ne semble que du XVIIème siècle. Cette chapelle méridionale était prohibitive, dit-on, au seigneur de la Chesnaye ; elle montre encore, sculptées sur sa muraille, les armoiries des sires de Laval, qui possédèrent longtemps la terre de Gaël [nota : la seigneurie de Gaël appartint successivement aux familles de Montfort, de Laval, de la Trémoille, de Rosmadec et de Montigny. — Entre autres droits féodaux, le seigneur de Gaël avait ceux de soule le premier dimanche de carême, et de quintaine dû par les vassaux de proche fief, et de bouhours dû par ceux d'arrière-fief le jour Saint-Jean-Baptiste. (Déclaration de 1679)], placées en supériorité au-dessus d'autres écussons devenus illisibles. Les droits de seigneur fondateur, supérieur et prééminencier de l'église, appartenaient, en effet, aux seigneurs de Gaël, qui avaient en ce temple un banc et un enfeu dans le chanceau, une litre et leurs armoiries tant en bosse qu'en peinture Il est fait mention en 1641 de la chapelle du Fau, où les seigneurs de ce nom avaient leur enfeu, et en 1748 de celle du Rosaire. Outre la confrérie de ce nom, il y avait aussi celle du Saint-Sacrement ; chacune d'elles jouissait vers 1750 de 25 livres de rente. Enfin, la première pierre du maître-autel fut bénite le 20 novembre 1650. La Déclaration du seigneur de Gaël en 1679 mentionne aussi l'usage suivant : « Les prieur et couvent de l'abbaye de Saint-Méen sont particulièrement obligés, estant de coutume, d'apporter tous les ans, le lundy de la Pentecoste, les reliques de Monsieur saint Méen en l'église de Monsieur saint Pierre de Gaël avec la procession » (Pouillé de Rennes). La chapelle sud date du XVème siècle. La chapelle Nord date du XVIIème siècle. La tour date de 1645. La flèche date de 1773. La façade ouest est refaite entre 1865 et 1870. Le choeur renferme de belles boiseries du XVIIème ou du XVIIIème siècle. On voit dans la nef une statue ancienne de saint Luc. Le maître-autel est moderne. Adossé au chevet, se dresse un retable en pierre et en marbre daté de 1651 et qui est l'oeuvre du lavallois Tugal Carris (il abrite une relique contenant des ossements de saint Judicaël). La peinture murale, oeuvre d'André Bourgeois, illustrant la vie de saint Judicaël, date de 1949. Une statue de sainte Marguerite date du XVIème siècle. On y trouve les armes de la famille de Montmorency-Laval, seigneurs de Gaël au XVème et au XVIème siècles. L'église possédait jadis plusieurs enfeus : ceux des seigneurs de Gaël et des seigneurs du Faux ou Fau. La chapelle sud paraît avoir été prohibitive aux seigneurs de la Chesnais ; 

l'église Saint-Nicodème (XVIII-XXème siècle), située au village du Bran. Le Bran devient trève de Gaël en 1642 et devient paroisse indépendante le 11 février 1830. Il s'agit d'une ancienne chapelle frairienne construite en 1620 et où l'on voyait jadis une litre aux armes des seigneurs de Comper, en Concoret (Morbihan). Il paraît que la chapelle bâtie au Bran en 1620 parut insuffisante un siècle plus tard, car elle fut alors rebâtie ; c'est ce que nous prouvent l'assertion du Pouillé ms. de Saint-Malo, qui dit, au milieu du XVIIIème siècle, qu'elle était alors toute neuve, et la date 1712 que l'on voit encore sur le transept méridional. Cette église est une simple croix, avec un clocher central ; à l'extérieur du chevet, qui est à pans coupés, est un écusson martelé ; dans la fenêtre du Midi, dans le choeur, est également un écusson écartelé dont on ne reconnaît que deux quartiers : 1° d'argent losangé d'azur, et 2° fascé d'argent et de gueules. A la fête patronale de saint Nicodème, qu'on célèbre au Bran le premier dimanche d'août, il y a un pèlerinage très-fréquenté, et l'on y amène beaucoup de bestiaux, comme en Basse-Bretagne (Pouillé de Rennes). On voit à l'extérieur du choeur un écusson martelé, et sur sa vitre sud un autre écusson écartelé, entouré du collier des Ordres du Roi. Le clocher date de 1950. L’église possède une statue de saint Nicodème en costume de franciscain : on l'invoque pour la protection des chevaux ; 

la chapelle Sainte-Trinité (1959). Propriété de la famille Desalle (en 1440) et de la famille Decastelle (en 1887) ; 

la chapelle de Louya (1556-1926) dédiée à Saint Jacques et à Saint Christophe. L’ancien monastère de Louyat est fondé au VIIème siècle. La chapelle, en forme de croix, devient succursale de Gaël au XIIème siècle. Elle était autrefois entourée d’un cimetière. Le seigneur de Gaël y avait les droits de fondation, supériorité et prééminences. La chapelle est restaurée en 1926. Le croisillon nord communique intérieurement avec la nef au moyen de deux arcades en arc brisé reposant sur un pilier qui porte la date de 1556. Le mur nord de la sacristie est sommé d'un écusson armorié et le même écusson se lit sur le pignon du croisillon, au-dessus d'une fenêtre en arc brisé. Le retable du maître-autel date de 1733 : il est orné de trois niches et d’un tableau. Cette chapelle était jadis entourée d'un cimetière ; 

le château de la Ville-Roux (XVII-XVIIIème siècle). Il s'agit à l'origine de l'ancien manoir Ville-Raoul ou Ville-Roux qu'aurait édifié Raoul de Gaël. Il possède une chapelle, privée et dédiée à la Sainte-Famille, qui date de 1700. En effet, en 1700, Mathurine de la Corbinière et Guillaume Charpentier, sieur de la Ville-Roux, son fils, bâtirent une chapelle à la Ville-Roux en l'honneur de la Sainte-Famille et y firent une fondation de messes qu'approuva l'évêque de Saint-Malo le 12 juillet 1701 (Registre des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Saint-Malo). Ce manoir est successivement la propriété des familles Vauferrier (en 1440), Louras (en 1513), Charpentier (en 1700). Ce manoir est remanié aux XVIIème et XVIIIème siècles. A la Révolution, le manoir est la propriété de la famille Collin de La Biochaye ; 

le manoir du Plessis-Provost ou Plessis-Prévôt (XVII-XXème siècle). Il était le gage féodé de la seigneurie de Gaël, son possesseur percevait les rentes de la seigneurie. Propriété successive des familles Provost (en 1440), Hervy, sieurs du Gravit (en 1679). La chapelle privative, dédiée à sainte Suzanne, date du XVIIème siècle. En 1679, Jean Hervy, sieur du Gravot, fonda en décembre 1682 des messes dans la chapelle de son manoir du Plessix-au-Prévôt, se proposant de rebâtir ce sanctuaire, qui menaçait ruine ; l'évêque approuva cette fondation le 13 avril 1683. Cette chapellenie fut augmentée en 1694 par Julienne Pambouc, veuve de Pierre Davy. Guillaume Simon, chapelain du Plessix, ayant résigné ce bénéfice, y fut remplacé en 1697 par Mathurin Dorbot (Pouillé de Rennes)

l'ancienne demeure religieuse (XVIII-XXème siècle), habitée par les enseignantes religieuses de l'école Saint-François ; 

7 moulins dont le moulin du Fau, du Roux, des Rosais, de Gaël, de la Haye, le moulin à vent de la Tertrais et un moulin à tan ; 

A signaler aussi : 

la découverte de plusieurs haches au lieu-dit Boriga, La Ville-Roux et au Fieux (âge du bronze) ; 

le prieuré Saint-Pierre de Gaël, ancien membre de l'abbaye de Saint-Méen. « D'argent à trois coupes de gueules, posées 2, 1 » (Armorial général ms. de 1697). Vers 799, Charlemagne donna à Hélocar, abbé de Saint-Méen, l'église de Gaël, « ecclesiam de Guadel, cum tota plebe » ; ce qu'approuva son fils Louis-le-Débonnaire en 816. Le duc Alain, restaurant le monastère de Saint-Méen en 1024, concéda aussi à l'abbé Hinguéten l'église de Gaël et son cimetière, « totam ecclesiam de Guadel cum toto cimeterio ». Enfin, en 1192, le pape Célestin III confirma les moines de Saint-Méen dans la possession de cette église (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 225, 359, 723). Tels sont les titres d'ancienneté du prieuré de Gaël fournis par l'histoire ; mais la tradition fait remonter plus haut encore l'origine de ce petit monastère : d'après elle, saint Judicaël le fit lui-même construire au VIIème siècle, afin d'avoir des moines près du château royal de Gaël, où il aimait à résider, et dont on aperçoit encore l'emplacement sur les rives du Meu (Voir le ms. de Concoret déposé au presbytère de ce nom). Le prieuré de Gaël se composait, au moyen-âge, d'une église, qui est aujourd'hui l'église paroissiale, et « d'un monastère avec cimetière et manoir ». Ce monastère se trouvait à côté et au Nord de l'église. Lorsque celle-ci devint paroissiale, le prieur s'y réserva une chapelle privative qui est, dit-on, la sacristie actuelle. Quant au manoir, il se nommait la Folie, et voici sa description au XVIIème siècle : « Les murailles et vieilles masures de l'ancien manoir noble de la Follie, en la paroisse de Gaël, avec jardin, deux pièces de terre où est bastie une fuie et où se trouve une garenne dépeuplée ; plus un étang desséché sans aucune chaussée, et enfin les pièces de terre de la métairie de la Follie » (Déclaration du prieuré de Gaël faite au roi). Le prieur de Gaël jouissait anciennement d'un fief ou bailliage s'étendant dans la paroisse de Gaël, et il levait toute la dîme sur les vassaux de ce fief ; il avait, en outre, le droit de percevoir « le tiers des dismes de toutes sortes de blasteries et mesme de filasses dans toute l'étendue de la paroisse de Gaël », sauf en quelques dîmereaux appartenant au recteur de Gaël, à l'abbé de Montfort et à la prieure de Thélouet. « En reconnaissance de quoi, disent les Aveux, le prieur de Gaël est obligé de faire dire deux messes par chaque semaine audit prieuré et faire prières et oraisons pour le repos des âmes des ducs de Bretagne qui l'ont autrefois fondé ». La Déclaration du prieuré de Gaël, en 1730, porte le revenu de ce bénéfice, toutes charges déduites, à 740 livres. Dans le Pouillé de Saint-Malo, rédigé un peu plus tard par ordre de Mgr de la Bastie, il est estimé environ 1 000 livres de rente. Enfin, la Déclaration de ce prieuré faite par la municipalité de Gaël en 1790 se résume comme il suit : manoir, maison, cour, jardin et pourpris du prieuré, situés au bourg de Gaël (100 livres) ; — masure de l'ancien manoir de la Folie, avec ses jardin et pourpris, fuie et garenne, étang desséché et chaussée en ruine ; plus la métairie de la Folie, contenant 28 journaux (500 livres). — Dîmes en Gaël : trait de Cameur (1 140 livres) ; trait de Trédiau (700 livres) ; trait de Gouguestin (360 livres) — Revenu total, mais brut, du prieuré, 2 800 livres (Pouillé de Rennes). Liste des prieurs : — Guillaume Mornay et Guillaume de Quédillac, sont mentionnés dans le Nécrologe de Saint-Méen, mais sans date ; ils avaient fait du bien à l'abbaye de ce nom. — Hervé Bahuan vivait vers 1540. — François de Complude (en 1542), — Hervé Bahuau (en 1555), — Raoul Briend résigna vers 1560. — Gilles Hamon succéda au précédent en 1560 et résigna vers 1594. — Jean Girault prit possession le 25 mars 1594. — Charles de Bourgneuf, évêque de Nantes, succéda au précédent et prit possession le 28 août 1602 ; il permuta le prieuré, en 1614, avec celui des Montagnes, membre de Quimperlé. — François Hélyas, recteur de Saint-Erblon et prieur des Montagnes, prit possession de Gaël le 28 septembre 1614. Il mourut le 5 septembre 1622 et fut inhumé dans l'église des Grands-Carmes de Rennes. — François Hélyas (le jeune) fut pourvu le 9 novembre 1622 en cour de Rome, mais l'abbé de Saint-Méen lui opposa dom Pierre Robinault, fils de Pierre Robinault et de Julienne de Coatridouc. — N... Rodigues (en 1642). — Dom Léonard de Salornay, Bénédictin de Saint-Wandrille, fut pourvu le 13 février 1650. — Yves Foucquet résigna vers 1660. — Jean Morizot succéda au précédent le 17 mars 1660 et résigna lui-même vers 1663. — Clément Morizot fut pourvu le 31 avril 1663 et mourut en 1688. — Jean-Charles de Taillefer de Barrières, nommé en 1688, fut maintenu par arrêt du Parlement, en 1692, contre dom Jacques Douceur, religieux bénédictin, qui prétendait avoir droit au prieuré. — François Davy de la Tour, pourvu sur la résignation du précédent, prit possession le 23 octobre 1728 ; décédé vers 1752. — François-Charles Guyot du Chesne, recteur de Gaël, fut pourvu du prieuré et en prit possession le 8 janvier 1753 ; décédé en 1786. — Joachim-Luc Le Tranchant du Tuet, vicaire général de Vannes, prit possession le 24 novembre 1786. Il dut s'opposer à Louis-Barthélemy Bernard, secrétaire du cardinal de Bernis, qui prit lui-même possession en 1787. — Pierre Loizeau de la Sauve, vicaire général de Châlons et prévôt de Guérande, prit possession en 1788 du prieuré de Gaël, dont il jouissait en 1790. Etranger au pays, il donnait 300 livres à un prêtre, M. Drouard, pour dire les messes dues à l'intention des paroissiens et faire les charités de tradition au prieuré (abbé Guillotin de Corson) ; 

les vestiges du château de Judicaël. Il s’agit de l’ancienne résidence de Juthaël et de son fils Judicaël au VIIème siècle, située à la sortie du bourg de Gaël. Il s’agit aussi du berceau de la famille de Montfort ;

l'ancienne Chapelle Saint-Symphorien, avec son cimetière. Elle était frairienne. Une tradition, qui ne nous paraît guère fondée, veut que cette chapelle ait été à l'origine l'église paroissiale de Gaël. Elle était certainement fort ancienne ; le sire de Gaël s'en disait seigneur supérieur et fondateur et y avait ses intersignes. Le fameux d'Andelot (François de Coligny), seigneur de Montfort et de Gaël, présenta pour la desservir, vers 1560, François Morfouace, qui eut pour successeurs Yves Godet (1570) et Julien Berthelot (1583). Vers cette dernière époque les bénéfices des deux chapelles Saint-Symphorien et Saint-Luc furent réunis de façon à ne former qu'une seule chapellenie, possédée en 1640 par André Compadre, en 1642 par Claude de Grisonis, en 1679 par Charles Le Ny de Coatelez, etc. Ce chapelain était obligé la veille de la Saint-Symphorien, après avoir dit les vêpres de la fête en sa chapelle, de comparaître devant les officiers du seigneur de Gaël pour y reconnaître ses droits et recevoir d'eux « une gaule blanche pour mettre la paix le lendemain à la foire et apaiser les troubles qui s'y pourraient rencontrer » (Déclaration de Gaël en 1679). Cette foire se tient encore à Gaël le 22 août, fête de saint Symphorien, mais il ne reste plus à la fin du XIXème siècle que l'emplacement de la chapelle dont nous parlons et du cimetière qui l'entourait (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle Saint-Luc, située route de Muel. Cette chapelle frairienne était également présentée par le seigneur de Gaël ; il se tenait à l'entour, à sa fête patronale, le 18 octobre, une foire qui existe encore à la fin du XIXème siècle. Dans les derniers siècles le même chapelain desservait cette chapelle et celle de Saint-Symphorien. Indigente de réparations en 1744, la chapelle Saint-Luc a été détruite (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien hôpital ou Lazaret. L'auteur du Registre ms. de Concoret prétend que la chapelle Saint-Jacques de Louya eut pour origine un petit hôpital destiné à loger les pèlerins se rendant à Saint-Méen. Julienne Pambouc, veuve de Pierre Davy, fonda en 1694 quelques messes en cette chapelle, considérée alors comme frairienne, et encore, à la fin du XIXème siècle, lieu de station pour les processions de la paroisse. Il existe en outre dans la même paroisse de Gaël, à environ deux cents mètres de ce bourg, une propriété appelée le Paradis, où l'on a bâti une jolie maison de maître. Il est présumable que ce lieu fut jadis la léproserie de la paroisse, fondée vraisemblablement soit par les prieurs de Gaël, soit plutôt par les seigneurs de Gaël, assez puissants au moyen-âge (Pouillé de Rennes) ;

la fontaine, située près du bourg. Elle était réputée soigner la rage ;

l'ancien manoir des Portes, situé route de Saint-Méen. Propriété de la famille Coibart en 1513 ;

l'ancien manoir de la Chesnais-Ribard, situé route de Saint-Méen. Propriété de la famille Coibart en 1513 ;

l'ancien manoir de la Houssais, situé route de Saint-Méen. Propriété de la famille Houssais (en 1420), puis de la famille La Lande (en 1513) ;

l'ancien manoir du Bourgneuf, situé route de Saint-Méen. Propriété de la famille du Fau en 1513 ;

l'ancien manoir du Faux, situé route de Saint-Méen. Il possédait jadis une chapelle privée appartenant aux XVème et XVIème siècles à la famille du Fau. Propriété de la famille du Fau ou du Faux en 1440 et en 1513 ;

l'ancien manoir du Haut-Faux, situé route de Saint-Méen. Propriété de la famille Lance (en 1440), puis de la famille du Fau (en 1513) ;

l'ancien manoir du Plessis-Morvan, situé route de Muel. Propriété successive des familles Rouxel (en 1440), de la Houssais, des Salles (en 1513) ;

l'ancien manoir de la Lande, situé route de Paimpont. On y voit encore une porte du XVème siècle. Propriété de la famille de la Lande en 1440 ;

l'ancien manoir de Kersillac, situé route de Paimpont. Propriété de la famille de la Frétais en 1513 ;

la croix monolithe armoriée, située au sud de la chapelle de l’ancien monastère de Louyat ;

l'ancienne Maison de la Chambre (1607), située route de Paimpont. Il s’agit, semble-t-il, de l’ancienne demeure du desservant ;

l'ancien manoir du Chesnay-Giffart, situé route de Paimpont. Propriété de la famille du Fau en 1420 et en 1513 ;

l'ancien manoir de Lauro ou de Lantigneuc, situé route de Paimpont. Propriété de la famille de Bléruais vers 1470 et en 1513 ;

l'ancien manoir de Lesnée ou des Nées, situé route du Bran. Le manoir a été incendié par les Ligueurs en 1589. Propriété de la famille de Quéjau ou de Quoi en 1440 et en 1513 ;

l'ancien manoir de Coëtibeuf, situé route du Bran. Propriété de la famille Gourho en 1440 ;

l'ancien manoir de la Touche, situé route du Bran. Propriété de la famille Anne (en 1440), puis de la famille du Fau (en 1513) ;

l'ancien manoir de Cojalle, situé route du Bran. Il possédait jadis une chapelle privée appartenant dès 1440 à J. Rouxel. Propriété de la famille Rouxel en 1440, puis de la famille de la Houssais en 1513 ;

l'ancien manoir de la Cour, situé route du Bran ;

la maison, située route du Bran et dont la porte cintrée est surmontée d’un calice, semble datée de 1611. Cette maison a été donnée par Olive Foloreille, veuve de Georges Thebaut, en vue de la construction de la chapelle du Bran ;

l'ancien manoir du Chêne, situé route de Mauron. Propriété de la famille Gouezel en 1440, puis de la famille du Tuactz en 1513 ;

l'ancien manoir de la Galonnais, situé route de Mauron. Il possède une chapelle privée datée du XVIIème siècle. Saint-Hubert de la Gallonais dépendait du manoir de ce nom, appartenant en 1513 à Jean des Salles. En 1661, Jeanne Guyomar, veuve de Gilles des Salles, sieur de la Gallonais, promit de faire bâtir une chapelle près de sa demeure et y fonda une messe tous les dimanches ; l'évêque de Saint-Malo approuva cette fondation le 20 septembre 1661, et la chapelle était achevée en 1669, époque où l'on y fit un mariage. Le 12 juin 1685, la fille de la fondatrice, Magdeleine des Salles, augmenta la fondation de sa chapelle de la Gallonais, dont furent pourvus Julien Perruchet, René Clouet (1720) et François Forestier (1774). D'après quelques-uns, c'est au culte de saint Hubert, honoré à la Gallonais, que l'on doit rattacher l'eau dite de Gaël, guérissant de la rage. Il paraît du moins que cette eau, distribuée par le recteur de Gaël, n'est point extraite d'une fontaine particulière, comme on est porté à le croire (Pouillé de Rennes). Propriété de la famille des Salles en 1440 ;

la fontaine Saint-Hubert, située à côté du manoir de la Galonnais ;

l'ancien manoir de la Noë, situé route de Mauron. Propriété de la famille Bino en 1440 et en 1513 ;

l'ancien manoir de la Ville-Boscher, situé route de Mauron. Propriété de la famille Augan en 1440 et en 1513 ;

l'ancien manoir de la Haie-Bellouan, situé route de Mauron. Propriété de la famille de Bellouan en 1440 et en 1513 ;

l'ancien manoir de la Haie-Goulue, situé route de Saint-Brieuc-de-Mauron. Propriété de la famille de la Haie en 1440, puis de la famille de la Châsse en 1513 ;

l'ancien manoir de la Ville-Mengouais, situé route de Saint-Brieuc-de-Mauron. Propriété de la famille des Salles en 1513 ;

l'ancien manoir de la Ville-Clouët, situé route d’Illifaut. Propriété de la famille Lanezgue en 1513 ;

l'ancien manoir des Rosais, situé route d’Illifaut. Il possédait jadis une chapelle aujourd’hui ruinée. Philippot des Salles en 1440, et Gilles des Salles en 1513, possédaient la maison noble des Rosais. La chapelle bâtie près de ce manoir était fondée de messes en 1764 ; on y venait en procession pour avoir de la pluie, et les dévots pèlerins y buvaient l'eau d'une fontaine voisine (Pouillé de Rennes). Propriété de la famille des Salles en 1440 et en 1513 ;

l'ancien manoir de Villeu, situé route d'Illifaut. Propriété de la famille Bourgneuf en 1440 ; 

l'ancien manoir du Clos, situé route de Trémorel. Propriété de la famille Rouxel (en 1440), puis de la famille le Bouc seigneurs de Gantro (en 1513) ;

l'ancien manoir du Val, situé route de Trémorel. Propriété de la famille Blanchart en 1440 ;

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ANCIENNE NOBLESSE de GAEL

La baronnie de Gaël : Le château de Gaël, dont il ne reste plus que l'emplacement au bord du Meu dans la paroisse de Gaël, était tellement ancien qu'on le faisait remonter aux origines même de la monarchie bretonne : Juthaël et saint Judicaël, son fils, rois de Domnonée, y habitèrent, dit-on, au commencement du VIIème siècle. Mais, pour avoir l'histoire certaine des barons de Gaël, il faut se reporter seulement au XIème siècle. Alors paraît un grand guerrier, Raoul Ier, sire de Gaël, qui se distingue, en 1066, à la conquête de l'Angleterre, car comme dit Robert Wace dans son roman du Rou : - Et Raoul y vint de Gaël - Et maint Breton de maint chastel. Dans cette expédition Raoul de Gaël fit de telles actions de valeur que Guillaume le conquérant le gratifia de l'ancien royaume d'Estanglie comprenant les comtés de Nortfolk et de Suffolk. Il épousa vers le même temps Emme de Breteuil, fille de Royer, comte d'Héréfort, et continua de guerroyer tant en Angleterre qu'en Bretagne. En 1091, il bâtit le château de Montfort, qui devint le siège d'une grande seigneurie distraite plus tard de la baronnie de Gaël, puis, en 1096, se croisa avec son fils Alain ; sa femme le suivit aussi à Jérusalem où il mourut en 1100. Raoul II, sire de Gaël, fils du précédent ne dégénéra pas ; sa réputation militaire était si grande que son nom seul valait une armée, dit dom Morice ; il épousa Havoise de Hédé et mourut en 1143. Guillaume Ier, leur fils, sire de Gaël, habita le château de Montfort avec sa femme, Amice de Porhoët ; ils fondèrent non loin de leur demeure l'abbaye de Saint-Jacques de Montfort en 1152 et Guillaume y mourut, sous l'habit religieux, le 11 mai 1157. Son fils aîné, Raoul III, décéda lui-même, sans postérité, le 21 octobre 1162 et fut inhumé près de lui dans le choeur de l'église abbatiale. Geffroy Ier, frère du précédent, lui succéda aux seigneuries de Gaël et de Montfort ; il s'unit à Gervaise de Sacé et mourut en 1187. Il laissait deux fils aînés jumeaux qui se partagèrent, semble-t-il, la succession paternelle : Raoul fut seigneur de Gaël et Guillaume seigneur de Montfort, mais le château de Montfort fut détruit peu de temps après, en 1198, par Alain de Dinan, et son possesseur alla habiter le château de Boutavan en Iffendic. Quant à Raoul IV, sire de Gaël, il épousa Domette de Sillé : ils vivaient en 1238 et laissèrent leur seigneurie à Eudon, sire de Gaël, qui se maria à Pétronille Paynel et mourut avant 1270. Raoul V, sire de Gaël, fils des précédents, rentra en possession de la seigneurie de Montfort et déclara en 1292 devoir au duc de Bretagne quatre chevaliers d'ost : deux pour sa terre de Gaël et deux pour celle de Montfort. Il épousa successivement cinq femmes et laissa veuve Julienne Tournemine, en l'an 1300. Son fils, Raoul VI, alla à la guerre de Flandre en 1303 et mourut sans enfants en 1314. Geffroy II, frère du précédent, lui succéda à Gaël et à Montfort, et décéda le 12 décembre 1329, laissant veuve Jeanne Le Boeuf de Nozay qui fut inhumée, revêtue de l'habit de Saint-François, au choeur de l'église des Cordeliers de Rennes en 1357. Raoul VII, leur fils, sire de Gaël et de Montfort, épousa Alienor d'Ancenis qui mourut le 3 juin 1334 ; lui-même fut tué en 1347 au combat de la Roche-Derrien. Il eut pour successeur son fils, Raoul VIII ; celui-ci fut fait prisonnier à la bataille d'Auray, vit démanteler ses châteaux de Gaël et de Comper, mais reconstruisit ce dernier aussi bien que celui de Montfort. Il mourut le 28 mars 1394, laissant veuve Isabeau de Lohéac, qu'il avait épousée en 1353 et qui lui survécut jusqu'en 1400. Raoul IX, fils des précédents, sire de Gaël, Montfort, Lohéac et la Roche-Bernard, épousa Jeanne de Kergorlay et mourut le 26 septembre 1429 ; sa veuve ne décéda que le 1er juin 1497. Ils avaient eu pour fils aîné Jean, qui épousa dès 1406 Anne, dame de Laval et de Vitré, à la condition de prendre les noms et armes de Laval ; il devint par suite Guy XIII, comte de Laval et mourut avant son père, à Rhodes, à son retour de Terre-Sainte, le 3 juillet 1415. Ce dernier seigneur laissa un fils Guy XIV, comte de Laval, qui à la mort de son grand-père hérita de ses seigneuries. A partir de cette époque les baronnies de Gaël et de Montfort demeurèrent pendant deux siècles entre les mains des comtes de Laval, issus comme l'on voit, des sires de Gaël. Nous nous contenterons de donner ici la liste chronologique de ces grands seigneurs : Guy XIV, marié en 1430 à Isabeau de Bretagne (décédée en 1443), puis à Françoise de Dinan (décédée en 1500) ; lui-même était mort en 1486. — Guy XV, époux d'Hélène d'Alençon, mort sans postérité le 28 janvier 1500. — Guy XVI, neveu du précédent, marié : - 1er à Charlotte d'Aragon ; - 2° à Anne de Montmorency ; - 3° à Antoinette de Daillon ; il mourut en mai 1531. — Guy XVII, époux de Claude de Foix, et décédé le 25 mai 1547 sans postérité. — Guyonne XVIII (Renée de Rieux, femme du marquis de Nesle), puis Claude de Rieux, sa soeur, femme de François de Coligny, seigneur d'Andelot, nièces et héritières du précédent. — De cette dernière union naquit Guy XIX (Paul de Coligny), décédé en 1586, laissant veuve Anne d'Allègre. — Guy XX leur fils, mourut à 20 ans, sans avoir contracté d'alliance, en 1601. La succession de ce dernier comte de Laval fut recueillie par Henri de la Trémoille, duc de Thouars et prince de Talmont, petit-fils d'Anne de Laval, fille de Guy XVI. Mais le nouveau baron de Gaël et de Montfort, marié à Marie de la Tour, ne conserva que cette dernière seigneurie et vendit la baronnie de Gaël, le 23 février 1626, à Mathurin de Rosmadec, seigneur de Saint-Jouan-de-l'Isle, et à Jeanne de Trogoff sa femme. Cette dame mourut au château de Comper, le 29 septembre 1638, et Mathurin de Rosmadec au château de Saint-Jouan, le 18 avril 1644 ; l'un et l'autre furent inhumé en leur enfeu seigneurial de Saint-Jouan-de-l'Isle. Leur fils aîné, Mathurin de Rosmadec, baron de Gaël, épousa :  - 1er à Rennes, le 8 juillet 1646, Renée Gascher ; - 2° à Vannes, le 29 mars 1663, Marguerite de Rosmadec, sa cousine. Il mourut à Comper en 1682 et fut inhumé le 9 avril dans le chanceau de l'église de Concoret ; sa veuve décéda elle-même à Rennes le 4 mars 1693, et fut inhumée en l'église Saint-Etienne de cette ville. Après la mort de M. et Mme de Rosmadec, décédés sans postérité, la seigneurie de Gaël fut saisie par leurs créanciers et mise judiciellement en vente ; elle fut adjugée le 21 octobre 1698, moyen­nant 203 000 livres, à Françoise de Quélen, veuve de François de Montigny, seigneur de Beauregard et président au Parlement de Bretagne. Cette dame avait deux fils : l'un, François de Montigny, dit le marquis de Comper, conseiller au Parlement de Bretagne, mourut au bourg de Theix, le 5 octobre 1709, et fut inhumé en l'église des Carmes déchaussés de Vannes, l'autre Yves-Joseph de Montigny, baron de Gaël, épousa à Vannes : - 1er le 16 février 1711, Françoise du Dresnay ; - 2° le 22 avril 1740, Anne-Marie de Langle. De cette dernière union naquirent à Vannes deux fils qui furent les derniers barons de Gaël : Yves-Claude de Montigny, né en 1745, marquis de Montigny, et décédé à Vannes le 10 mars 1781 ; inhumé au choeur des Carmes déchaussés de cette ville — et Louis-François de Montigny, né en 1751, qui devint, après la mort de son frère, marquis de Montigny et baron de Gaël ; il rendit aveu au roi pour cette dernière seigneurie en 1784 (Archives de Loire-Inférieure et du Morbihan). Son château de Comper fut brûlé en janvier 1790 par des paysans révolutionnaires qui détruisirent en même temps les archives de la baronnie et incendièrent la chapelle. « Il est certain, dit M. de la Borderie, que la baronnie de Gaël comprenait dans le principe celle de Montfort et la forêt de Brécilien, tout d'un seul tenant. On ne peut guère douter non plus que Montauban et Saint-Jouan-de-l'Isle ne soient des démembrements du Gaël primitif. Il n'y a pas plus de doute pour le fief ecclésiastique (de l'abbaye) de Saint-Méen (nota : cette abbaye avait été fondée au milieu du VIème siècle par saint Méen dans la paroisse primitive de Gaël), car les paroisses dont il se composait relevaient de Gaël. D'après cela, dans sa constitution primitive la baronnie de Gaël-Montfort devait s'étendre sur plus de quarante paroisses », dont une seule, celle de Paimpont, contenait la vaste forêt de Brécilien. Mais, par suite de la création successive des seigneuries de Montfort, Montauban, Saint-Jouan, Saint-Méen et Brécilien, la baronnie de Gaël se trouva réduite à ne plus avoir de droits qu'en douze paroisses, savoir : Gaël, Concoret, Mauron, Saint-Léry, Saint-Jouan-de-l'Isle, Paimpont, Illifaut, Saint-Méen, Trémorel et le Loscouet. Le domaine proche de la baronnie de Gaël, en 1679, comprenait « la ville de Gaël et son vieil chasteau et emplacement d'iceluy avec douves et forteresse, cohue et auditoire, tours et prison au bout ; l'emplacement duquel chasteau avec le pourpris contient environ trois journaux de terre » (nota : de ce château de Gaël, détruit par du Guesclin en 1372, il ne reste que d'insignifiants retranchements baignés par les eaux du Meu. Le peuple le nomme « château de saint Judicaël » et l'aire de la forteresse forme aujourd'hui le champ de foire de Gaël). — le four à ban de Gaël, les moulins de Gaël sur le Meu et des Chastelets et les prairies de Gaël (Aveux de Gaël en 1467 et 1679). Mais non loin de là, le baron de Gaël possédait à la même époque, en la paroisse de Concoret : « le chasteau de Comper avec ses tours, boulevards, douves pleines d'eau, pont-levis garnis de herse, poternes, portes et forteresses, colombier, jardin cerné de murailles, chapelles tant au dedans dudit chasteau qu'au dehors, le tout ensemble contenant huit journaux de terre .. ledit chasteau cerné de quatre grands estangs qui fluent les uns dans les autres, et de deux rivières s'entrejoignant » (Aveu de Gaël en 1679). Le château de Comper, construit sur un rocher avec ses fossés taillés dans le roc vif et ses vastes étangs était une place très forte qui soutint plusieurs sièges pendant les guerres de la Ligue. Il fut démantelé en 1598 ; néanmoins les barons de Gaël en firent leur résidence habituelle au XVIIème siècle ; nous avons dit qu'il fut brûlé en 1790 ; ses ruines sont encore des plus pittoresques, et une partie du logis seigneurial a été relevée par le propriétaire du XIXème siècle, M. de Charette. Les moulins de Comper et d'Isaugouët, la métairie noble du Rox à Concoret et les Hayes de Gaël (bois contenant 600 journaux) étaient encore du domaine proche du sire de Gaël. La baronnie de Gaël se composait de six grands fiefs appelés le domaine de Comper, les Grand et Petit domaines de Gaël, le domaine de Changée, le domaine de Monsieur Guillaume et le domaine de Haligan. Pour recueillir les rentes de ces fiefs le sire de Gaël avait établi deux prévôts : l'un à Gaël ayant pour gage féodé la maison noble du Plessix-au-Provost, et l'autre à Concoret ayant pour gage le manoir du Tertre (nota : il en était ainsi en 1679, mais les Aveux de 1506 et 1541 mentionnent une troisième prévôté, celle de Mauron ; à cette époque aussi la « ville de Mauron » dépendait du baron de Gaël qui y avait droit de « coutume et trépas » et possédait les moulins dudit Mauron). Ces deux officiers du baron de Gaël devaient, chacun en sa prévôté, « lever, cueillir et répondre de tous les deniers » dus au seigneur, et, de plus, « faire les exploits et advertissements de justice ». Le prévôt de Gaël était, en outre, chargé d'exécuter les sentences portées par la cour de Gaël contre les malfaiteurs, « soit la sentence de dernier supplice, effraction des membres, fustigation ou autre peine corporelle » ; et il répondait du condamné « depuis le prononcé de la sentence jusqu'à l'exécution d'icelle » (Aveu de Gaël en 1679). 

Les principales mouvances de la baronnie de Gaël étaient : le fief abbatial de Saint-Méen, la châtellenie de Plumergat, les seigneuries du Plessix et du Bois-Jagu en Mauron et de Grenedan en Illifaut, tous les manoirs de Gaël et de Concoret, etc. Les possesseurs de certaines de ces maisons nobles telles que la Lande, la Cour et le Fau en Gaël devaient chacun, le jour de Noël, une paire de gants blancs au baron de Gaël ; en d'autres endroits il lui en était encore dû deux paires. Le seigneur de la Motte en Plumaugat devait de son côté, aux « festes sainct Nicholas de may et sainct Malo d'hiver » un esteuf ou balle à jouer à la paume, chacun de ces jours, et à la Nativité de saint Jean-Baptiste « un chapeau de roses ». Enfin d'autres tenanciers devaient au sire de Gaël : l'un « sept anguilles » et l'autre « un collier à lévrier ». Le baron de Gaël avait droit d'avoir un capitaine à la tête d'une garnison en son château de Comper et d'y faire faire le guet par ses vassaux de Concoret et de Gaël. Cinq foires appartenaient au sire de Gaël, deux à Gaël même, les jours Saint-Symphorien et Saint-Luc ; deux à Concoret, le premier jour de l'an et à la fête de Saint-Laurent, et une à Comper, le jour Saint-Marc. Les foires de Gaël étaient les plus importantes et la police en était confiée aux chapelains de Saint-Symphorien et de Saint-Luc, près des chapelles duquel se tenaient ces foires. La veille de chacune d'elles, à l'issue des vêpres chantées dans la chapelle, les chapelains devaient « comparoir devant les officiers (du baron de Gaël) pour recognoistre les droits dudit seigneur fondateur et présentateur d'icelles chapelles » ; ceci fait, ils recevaient des officiers « une gaule blanche pour mettre la paix à la foire et apaiser les troubles qui s'y pourraient rencontrer » (Aveu de Gaël en 1467). C'est ce que faisait le chapelain de Saint­Symphorien le 22 août et celui de Saint-Luc le 18 octobre, chaque année. Le même jour saint Symphorien, « les abbé, prieur et couvent de l'abbaye de Sainct-Méen » ou leurs procureurs devaient « comparoir en la ville de Gaël environ les dix à onze heures du matin, à l'auditoire dudit lieu et là recognoistre ledit baron de Gaël seigneur supérieur des paroisses de Trémorel, Le Loscouët et Saint-Jean de Saint-Méen et fondateur de ladite abbaye, et, en intersigne de ce, luy payer la somme de soixante livres monnoie » (Aveu de Gaël en 1679 — Mais en 1681 le baron de Gaël fut débouté de son prétendu droit de fondateur de l'abbaye de Saint-Méen). Enfin, en souvenir probablement de la fondation de l'abbaye de Saint-Méen en la paroisse primitive de Gaël, les religieux de ce monastère étaient « particulièrement obligés d'apporter tous les ans, le lundy des Rogations, estant en procession, les reliques de Monsieur Sainct Méen » en l'église paroissiale de Gaël (Aveu de Gaël en 1679). Le baron de Gaël était seigneur supérieur et fondateur des églises de Gaël et de Concoret, des trèves de Muel et du Bran, et de plusieurs chapelles en Gaël. De plus, il possédait dans l'église abbatiale de Paimpont une chapelle, prohibitive à tout autre, dédiée à saint André et appelée communément chapelle des Usagers ; enfin il avait droit de nommer « le sacriste de ladite église abbatiale sans que les religieux y puissent mettre autre que celuy à qui il a fait la présentation » : la sacristie de Paimpont avait d'ailleurs été dotée par les sires de Gaël de plusieurs dîmes en diverses paroisses (Aveu de Gaël en 1679). Le baron de Gaël, haut justicier dans sa seigneurie, avait droit de menée à la juridiction royale de Ploërmel et droit de marché à Gaël, bouteillage, police, coutumes, etc. Ses vassaux lui devaient deux soules, chaque année, pour amuser le peuple à Concoret et à Gaël : la première soule était fournie le premier jour de l'an, au bourg de Concoret, par le dernier marié de cette paroisse ; la seconde lui devait être présentée par le prévôt de Gaël, le premier dimanche de Carême. A la Saint-Jean, tous les tenanciers, habitant la paroisse de Gaël et mariés dans l'année, devaient à leur seigneur « les debvoirs de bouhours et de quintaine, sçavoir : celuy qui est dans le proche fief aux Domaines est obligé à la quintaine et celui qui est dans l'arrière fief doibt le bouhours ; et sont obligés comparoir au jour de Monsieur Sainct Jean Baptiste, encore qu'il soit feste, à l'audience y tenue par les officiers dudit Gaël, pour faire lesdits debvoirs de bouhours et quintaine à peine d'amende ; ensemble les deux provosts (sont) obligés de comparoir pour recognoistre les droits dudit seigneur ledit jour » (Aveu de Gaël en 1679). Nous connaissons le jeu ou course de la quintaine dont nous avons souvent parlé ; remarquons seulement ici que le coureur de quintaine à Gaël devait apporter « deux gaules compétentes et luy en est baillée une troisième, et doit faire trois courses contre le post, sur un cheval sellé et bridé, et rompre l'une desdites gaules ». Quant au bouhours c'était un jeu d'adresse de même genre, consistant, pour les paysans, à lutter entre eux avec des bâtons ferrés. Cet exercice de corps, devenu un devoir féodal, était en Bretagne moins connu que la quintaine. Enfin, quoique le baron de Gaël ne possédât plus au XVIIème siècle la forêt de Brécélien ou de Brocéliande, aux merveilleuses légendes chevaleresques, il y avait conservé « le droit de chasse dans toute son estendue et à toutes sortes de bestes tant fauves qu'autres, et sont les hommes et subjects de la baronnie de Gaël tenus d'aider à faire la hue tant aux loups qu'autres bestes quand ils en sont requis, à peine d'amende » (Aveu de Gaël en 1679).Telle était aux derniers siècles la baronnie de Gaël « une des plus anciennes du duché de Bretagne, baillée en partage par les ducs eux-mêmes » (Aveu de Gaël en 1679). Quoique bien déchue de sa primitive importance – alors qu'elle comprenait Montfort et Montauban, — c'était encore néanmoins une fort belle seigneurie, et les derniers barons de Gaël faisaient bonne figure dans leur vaste et beau château de Comper, sous les grands chênes de Brocéliande (abbé Guillotin de Corson).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 24 nobles de Gaël :

Eon AGAN (10 livres de revenu), remplacé par Jehan : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan ARIBART de la Chênais (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan BINO (30 livres de revenu), remplacé par Raoul : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Pierre BLANDEL (30 livres de revenu), remplacé par son fils Charles : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Charles DE BELOUAN de Haye-Belouan (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Pierre DE COMPER (5 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

les héritiers Alain DE LA HAYE (25 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Alain DE LA HOUSSAYE (100 livres de revenu) ;

Raoul DE LA HOUSSAYE de la Houssaye (800 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ;

Guillaume DE LA MORINAYE (20 livres de revenu), remplacé par son fils Pierre : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

les héritiers Jehan DE MUEL (5 livres de revenu) : défaillants ;

Jehan DES SALLES (120 livres de revenu) : porteur d'une brigandine ;

Guillaume DES SALLES des Rosaiz (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan DES SALLES de Faedonière (35 livres de revenu) : porteur d'une brigandine ;

Olivier DU FAU (240 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan DU FAU (80 livres de revenu) : défaillant ;

Grégoire FOURRE (5 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan GOUEZEL (40 livres de revenu), remplacé par Etienne : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

les héritiers Guillaume GOURHANT (3 livres de revenu) : défaillants ;

Pierre LANCEAGUE (12 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume LE MOEL (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

François LE PROVOST (200 livres de revenu) : excusé, car appartenant à une compagnie d'ordonnance. Comparaît comme homme d'armes en 1474 à Dinan ;

les héritiers Alain LE PROVOST (40 livres de revenu) : défaillants ;

les héritiers Eon MACE (25 livres de revenu) : défaillants ;

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