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LE FERRE |
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La commune de
Le Ferré ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE du FERRE
Le Ferré vient, semble-t-il, du latin "ferrum" (fer).
La paroisse du Ferré est citée dès 1174 et dépendait jadis de l'ancien évêché de Rennes. A noter que Le Ferré renferme de nombreuses croix ornées de sculptures et d'inscriptions.
L'abbaye
de Saint-Melaine paraît avoir été mise de bonne heure en possession des dîmes
du Ferré. Nous la voyons, en effet, dès 1174 céder à l'abbaye de Savigné
les deux tiers des dîmes du blé et conserver seulement la dîme du lin et du
chanvre dans cette paroisse (« Duas partes decime totius bladi de parochia
Ferrati, exceptis canabe et lino, monachis Savigneii in perpetuum concesserunt
» — Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine — D'après une tradition
locale, le nom du Ferré viendrait d'un vieux chemin, peut-être gallo-romain,
passant en cette paroisse, notamment au village du Pas). « Les actes que
nous possédons, dit M. Maupillé, nous laissent ignorer les motifs et
les conditions de cette cession. Ils nous apprennent seulement qu'à l'époque où
elle eut lieu, l'abbaye de Savigné était déjà depuis quatorze ans en
possession de la terre de Montdaigne, qui semble avoir été le noyau du domaine
assez important qu'elle se forma par la suite sur le territoire du Ferré. Cette
terre, que l'on désignait également sous le nom de la terre des Contestations,
« terra de Calumpniis », était située sur les frontières de la Bretagne et
de la Normandie, sans qu'on sût précisément à laquelle de ces deux provinces
l'attribuer ; en sorte qu'elle était un sujet de litige continuel entre les
limitrophes, qui ne se faisaient pas faute de la piller et de la saccager, au
gré de leurs prétentions » (Notices historiques sur les paroisses du
canton de Louvigné-du-Désert, 96). Voyant cela, Payen de Saint-Brice et ses
vassaux Hugues du Rocher, Ruellon de Fretay et Guillaume de Brézel prirent le
parti, en 1160, de l'abandonner aux moines de Savigné. A cet effet, ils
prièrent Raoul, seigneur de Fougères, de la prendre sous sa garde et
protection ; et ce seigneur, qui connaissait leurs intentions, la remit à
Richard, prieur de Savigné, comme une aumône qu'il offrit à Dieu pour la
rémission de ses péchés et le salut de son âme, afin que son abbaye la
possédât exempte de tout service et de toute redevance. Plus tard, en 1219, un
seigneur du nom d'Iger, « Igerius », fils d'Hamon d'Odie, apporta un
accroissement à ce premier domaine en donnant à l'abbaye les quatre terres de
la Suaie, « Seveiam », de la Janvraie, « Janvreiam », du Champ-Rocheret
et de la Ramée. Mais les religieux se contentèrent d'accepter les deux
premières, pour lesquelles ils offrirent au donateur, en témoignage de
reconnaissance, 26 sous, monnaie de Tours, qu'ils prirent sur les deniers de
leur maison. Quant aux deux autres terres, ils lui en firent en quelque sorte
une rétrocession, pour que lui et ses héritiers se chargeassent d'acquitter
envers Hugues du Rocher et ses successeurs, dont relevaient toutes ces terres,
les divers services et redevances dont elles étaient grevées. Iger mourut,
laissant quatre fils, qui s'empressèrent de ratifier la donation de leur père,
et qui, tenant à donner à cet acte de ratification un caractère plus
solennel, voulurent qu'elle se fît dans une assemblée générale de la
paroisse. En conséquence, le premier dimanche de carême 1237 ils se rendirent
à l'église, et là, en présence des paroissiens réunis, « in plena
parrochia », ils prêtèrent le serment sur les saints mystères que ni
eux, ni leurs héritiers, n'inquièteraient jamais les religieux dans la
jouissance des terres qu'ils tenaient de leur père, et s'engagèrent à ne rien
réclamer au-delà de ce qui avait été stipulé dans l'acte de sa donation,
dont ils confirmèrent toutes les dispositions. Le procès-verbal de cette
assemblée fut rédigé par Robert de la Guinchère, pour lors recteur du
Ferré, et scellé du sceau de la paroisse, « sigillo ecclesiœ
de Ferrato » (Notices historiques précitées, 97, 98). Peu d'années
après, en 1246, une dame nommée Aales, veuve de Pierre Rouaud, chevalier,
donna de son côté à l'abbaye de Savigné, pour le salut de son âme, une
rente de 4 sols que lui devait Nicolas Milon sur le champ des Pierres, voisin du
Ferré, « IVor solidos turon, annui et perpetui redditus in campo de Petris
juxta Le Ferre ». L'année suivante, Torgise du Ferré, « Torgisius de
Ferrato », permit aux mêmes religieux de Savigné d'avoir une grange au
Ferré à côté des terres de la veuve d'Henri Bochart, et il s'engagea pour
lui et ses héritiers à défendre cette propriété envers et contre tous, la
prenant solennellement sous sa protection à la cour même du baron de Fougères
(Archives Nationales, L, 1146, n° 673 et 703). La paroisse du Ferré était
divisée en trois sections : le trait du Haut, le trait du Bas et le trait du
Milieu. En 1790, les deux tiers des grosses dîmes étaient levés par les
religieux de Savigné. Le recteur, présenté par l'ordinaire, jouissait de
l'autre tiers et des dîmes vertes, le tout valant 1 500 livres ; il avait, en
outre, le presbytère et son pourpris, estimés 100 livres de rente (Archives
départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). C'était donc un revenu de 1 600
livres, dont il fallait vraisemblablement déduire les charges (Pouillé de
Rennes).
Le château de Valaines, situé jadis sur le territoire de Ferré, appartenait en 1163 à Raoul II de Fougères. La seigneurie du Ferré était une sergentise féodée de celle de Saint-Brice en Saint-Brice-en-Coglès. Le chef royaliste Aimé Picquet du Bois-Guy y est battu par les Républicains en mai 1796.
On rencontre les appellations suivantes : Parochia Ferrati (en 1174), ecclesia de Ferrato (en 1237), Ferratum (en 1516).
Note 1 : Le 10 janvier 1679, les trésoriers de la paroisse du Ferré déclarèrent que leur fabrique n'avait d'autre bien qu'une « petite pièce de terre nommée la Maladrie » contenant 30 cordes, affermée 45 sols, et située dans le fief de la Forest appartenant au marquis de la Chesnelaye (Archives départementales de la Loire-Inférieure).
Note 2 :
liste non exhaustive des recteurs de la paroisse du Ferré : Robert de la Guinchère
(1237). Léon de la Haye (issu des seigneurs de la Haye-Saint-Hilaire, était
vers 1520 recteur de Montgermont et du Ferré). Gilles Badiche (recteur en 1620,
échangea le presbytère en 1630 ; décédé en 1632). Michel Janvier (recteur
en 1640 ; décédé le 28 mars 1663). Amaury du Guillet (1663-1689). François
Baudouard (il fut nommé en 1689 ; décédé le 18 octobre 1707 et inhumé le 20
dans l'église). François Caniou (prêtre d'Avranches, il fut pourvu le 31
octobre 1707 ; décédé le 18 mars 1733, âgé de soixante-et-onze ans, et
inhumé dans l'église). Guillaume-Laurent de Kergucel (prêtre de Saint-Malo,
il fut nommé le 24 mars 1733 ; décédé le 17 avril 1748, âgé de quarante-sept
ans, et inhumé le 19 dans l'église). François-Marie Moulin (prêtre du diocèse,
né à Guipel, il fut pourvu le 20 juillet 1748 ; décédé le 9 février 1767,
âgé de soixante-quatre ans, et inhumé dans le cimetière). Jean-Marcel Loy (prêtre
du diocèse et vicaire à Rennes, il fut nommé le 11 février 1767 ; enfermé
à Saint-Melaine en 1792, il fut ensuite incarcéré au Mont Saint-Michel ;
rentré au Ferré, il y fut réinstallé en 1803 ; décédé le 18 avril 1807 et
inhumé dans l'église). Paul Le Tranchant (1807, décédé en 1848). Paul
Roussel (1848-1882). Julien Bréard (à partir de 1882), .....
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PATRIMOINE du FERRE
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l'église Saint-Pierre-Saint-Paul (XIV-XVII-XVIIIème siècle). Dédiée aux apôtres Pierre et Paul, cette église se composait primitivement d'une nef à chevet droit, accompagnée au Nord d'un seul collatéral ; elle semble avoir été construite du XIVème au XVème siècle, mais M. Maupillé croit qu'on peut en faire remonter quelques portions à la fin du XIIIème siècle. Au XVIIIème siècle, on y ajouta deux chapelles et une tour. La première pierre de la chapelle Saint-Jean, placée du côté de l'épître, fut bénite le 10 avril 1737 ; vers le même temps fut bâtie vis-à-vis, du côté de l'évangile, la chapelle de la Sainte-Vierge ; enfin, le 30 juin 1744, on posa la première pierre de la tour au bas de la nef. Les autels des deux chapelles furent placés en 1754. On voit encore dans le choeur deux pierres tombales chargées de grands écussons malheureusement effacés. En 1679, le roi était regardé comme seigneur supérieur de cette église à cause de sa baronnie de Fougères ; mais les droits de fondation y appartenaient au seigneur de la Rouaudière, qui avait ses armoiries peintes au-dessous de celles du roi dans les verrières et reproduites dans une lisière autour de l'édifice ; il est probable que les tombes que nous venons de signaler fermaient son enfeu seigneurial. La confrérie du Saint-Sacrement fut érigée le 20 juin 1731 dans l'église du Ferré par les soins du recteur, M. Caniou, et moyennant une fondation de 50 livres de rente qu'avait faite en sa faveur Guillaume Lyon, recteur de Drouges. La confrérie du Rosaire était peut-être plus ancienne encore, mais en 1790 elle n'avait que 19 livres de rente, tandis que la précédente avait 55 livres 12 sols (Pouillé de Rennes). Cette église abrite quelques vestiges (bénitier et linteau) d'un ancien sanctuaire qui a existé au lieu-dit La Phélipotière. Comme nous l'avons vu précédemment, l'ancienne église du Ferré se composait d'une nef à chevet droit avec un collatéral au nord, cette partie semble remonter au XIVème ou au XVème siècle. On y ajouta une chapelle au sud en 1737 et une autre au nord à la même époque. La tour, située au bas de la nef, date de 1744. Un collatéral est construit du côté sud en 1893. L'église possédait autrefois une litre aux armes des seigneurs de la Rouaudière. Le choeur conserve deux pierres tombales. Les verrières figuraient les armes des seigneurs de la Rouaurdière et celles du Roi. Les autels des chapelles datent de 1754 : ils sont l'oeuvre du sculpteur Gogeard d'Avranches. On y trouve des inscriptions datées de 1663 (Jean Deshayes Phelipotière) ; | |
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l'ancienne chapelle Saint-Gilles (1662) située à La Phélipotière et démolie en 1890. Elle fut fondée le 2 août 1662 par Julien Deshayes, sieur de la Philippotière, et par Jean Deshayes, son cousin, de deux messes par semaine ; dotée alors de 70 livres de rente, elle fut augmentée de 20 livres en 1663 par Jean Moraisin, prêtre, et les fondateurs présentèrent ce dernier à l'évêque pour la desservir. En 1790, elle se trouvait donc fondée de trois messes par semaine, les dimanche, mardi et vendredi (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 17 ; 1 V, 27). On y allait naguère processionnellement aux Rogations (Pouillé de Rennes) ; | |
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la chapelle Sainte-Anne (XIXème siècle) ; | |
l'ancienne Chapelle de la Micaudière. Elle avait été bénite le 3 octobre 1778^par M. Hunault, recteur de Billé et doyen de Fougères ; | |
l'ancienne Chapelle du Bourg, qui sert de maison de demeure ; | |
l'ancienne
Chapelle située au village des Chapelles. La tradition veut qu'une chapelle
ait existé au village des Chapelles, et l'on y montre un bénitier et
l'emplacement de l'édifice. On dit aussi que l'ancien presbytère se
trouvait non loin de là, et il se pourrait que ce fût la raison d'être de
ce petit sanctuaire. Il est certain que le 7 décembre 1630 l'ordinaire
approuva l'échange du presbytère du Ferré qu'avait fait le recteur Gilles
Badiche avec Guillaume Antequil, sieur de la Moinerye, et c'est seulement
depuis lors que le recteur du Ferré a habité le bourg (Pouillé de Rennes
et Archives paroissiales) | |
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la longère (XVII-XVIIIème siècle), située au lieu-dit La Porte ; | |
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la maison (1775), située au lieu-dit La Villoustin ; |
A signaler aussi :
l'ancien manoir de la Goutelle, situé route de Montjoie. Propriété de la famille Giffart en 1434. Il est uni ensuite à la Rouaurdière jusqu'en 1789 ; | |
l'ancien château de la Rouaudière, situé route de Montjoie. La Rouaudière, dont le nom rappelle cette veuve du chevalier Pierre Rouaud, vivant en 1246, et qui appartenait en 1513 à Georges d'Orange, devint la propriété des seigneurs d'Ardennes, en Saint-Georges-de-Reintembault ; elle fut unie à cette terre lorsque celle-ci fut érigée en marquisat, en 1642, sous le nom de Romilley. On voit encore, dit-on, des restes d'anciennes fortifications à la Rouaudière. Il possédait jadis un droit de haute justice. Propriété successive des familles Rouaud (en 1270), Giffart (en 1424), d'Orenges (en 1513), de Romilley seigneurs d'Ardennes (vers 1536). Il est uni au marquisat de Romilley en Saint-Georges de Reintembault de 1642 à 1789 ; | |
l'ancien manoir des Loges, situé route de Montjoie. Propriété de la famille d'Orenges en 1513. Il est uni à la Rouaudière jusqu'en 1789 ; | |
l'ancien manoir de la Guinebaudière, situé route de Fougères. Propriété successive des familles Alexandre (en 1411 et en 1430), du Hallay seigneurs de Bonteville (en 1588). Il est ensuite uni à la seigneurie de Bonteville en Montours jusqu'en 1789 ; | |
l'ancien manoir de la Philippotière ou Phélipotière. Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété de la famille des Hayes en 1662, puis de la famille Salmon sieurs de la Godinelaye en 1769 ; | |
l'ancien manoir des Carrées ; | |
l'ancien manoir de la Béleutière ; | |
les ruines du Château fort de Valaines. Il ne subsiste plus qu'une motte. Ce château appartenait en 1163 à Raoul II de Fougères. Sa chapelle a été reconstruite en 1858. Propriété des barons de Fougères en 1163. Ce château est remplacé au XVIème siècle par un manoir, propriété de Marguerite de Grasmesnil épouse de Jean le Jeune. Ce manoir passe ensuite entre les mains des familles Hallay seigneurs de Bonteville (vers 1602), Hay seigneurs de la Montagne (vers 1670), le Roy seigneurs du Chastellier (vers 1730) ; | |
l'ancien manoir de Châteauloger. Propriété de la famille Forestier juveigneurs de Saint-Brice en 1458, de la famille de la Houllière et de la famille le Mercerel en 1513 et en 1786 ; | |
l'ancien manoir du Culais. Propriété successive des familles de Malenoë (avant 1602), Julienne du Chastellier veuve de Bertrand du Guesclin seigneur de la Roberie (en 1602), Lavaudeau seigneurs de la Roche (en 1646), Martin seigneurs de Moulige (vers 1663 et en 1749) ; |
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ANCIENNE NOBLESSE du FERRE
(à compléter)
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