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EDERN

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La commune d' Edern (pucenoire.gif (870 octets) Edern) fait partie du canton de Briec. Edern dépend de l'arrondissement de Quimper, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de EDERN

Edern vient de Edern, un saint gallois qui franchit la Manche pour venir évangéliser l'Armorique. Il quitte le Pays de Galles en l'an 894, et aborde la côte de Cornouaille, au Juch (près de Douarnenez). Il aurait fondé son ermitage à "Ker-ar-Zant", au sud du bourg actuel.

Cette paroisse est mentionnée au Cartulaire de Landévennec comme ayant été donnée, au Xème siècle, à l'abbaye de Landévennec, par Budic, comte de Cornouaille. Cette localité devait son importance au séjour passager de saint Edern, qui y avait établi un ermitage. Voici comment Dom Plaine résume la vie de ce saint personnage, d'après un cantique composé à la fin du XVIIIème siècle, sur une vie latine du Saint, actuellement perdue mais qui existait alors dans les archives de Plouédern. Edern, né dans l'île de Bretagne, renonçant au monde, traversa la mer pour venir aborder à Douarnenez, d'où il gagna le Juch, puis Edern, où il se retira dans la forêt de Quistinic. En eul lec'h var aod Kerne - A dem dost da Zouarnene - Anvet ar Juk brema c'hoaz - Gat he lestrig e touaraz. - Da glask eul lec'h euz a sioul - Vid tec'hed pell diouz ar foul - He loj en eur c'hoad, a gemer - Eun diou pe deir leo diouz Kemper. A Quistinic, les gens du pays reconnurent bientôt les vertus de saint Edern et, se groupant autour de son ermitage, formèrent un centre religieux qui était appelé vicairie quand il fut donné à Landévennec, un demi-siècle plus tard. Cependant, dit le cantique, le seigneur de Quistinic ou de la Chateigneraye, mécontent probablement de cette affluence, prit prétexte de ce que la vache du saint ermite était mal gardée et venait sur ses terres, la tua, et ce procédé fut si pénible pour le saint homme, qu'il se retira à Plouédern. An autrou eus a Gistinit - A fachaz ouz he vioc'hik ; - Ha laoskaz varnezi he chas - Ha chom al loen var ar plas. - Edern dont ; ha var a gounter, - Ar vioc'h senti var ar ger, - Sevel ac'hano ha mont kuit - Euz, a bark aotrou Kistinit. A Lannédern, où, dit le cantique, Edern éleva une chapelle en l'honneur de la Sainte Vierge, le Saint continua ses œuvres de pénitence et d'édification ; c'est là qu'il sauva la vie à un cerf qui, poursuivi par les chasseurs, vint se réfugier dans les plis de sa robe. Là aussi, raconte le cantique, étant un, jour en prière, le valet du Duc de Bretagne, qui se rendait à Léon, vint lui demander la route à suivre. Le Saint, se trouvant en une sorte d'extase, ne répondit pas, et le valet, impatienté, lui donna un soufflet ; aussitôt, le Duc et les gens de sa suite devinrent aveugles ; mais ayant demandé pardon à saint Edern de l'offense qui lui avait été faite, celui-ci leur dit de continuer leur route, mais qu'ils ne tarderaient pas à recouvrer la vue ; alors, le Duc fit voeu de construire une église au lieu où s'opérerait la guérison, ce qui arriva lorsqu'entrés au pays de Léon, ils s'arrêtèrent au lieu où est aujourd'hui Plouédern, et où le Duc fit construire une église dédiée au saint ermite de Lannédern. Saint Edern mourut à Lannédern, où se voit son tombeau. L'histoire du cerf protégé par saint Edern, qui ressemble à s'y méprendre à l'histoire de la biche de saint Gilles, expliquerait assez pourquoi le cerf a été pris comme caractéristique de saint Edern ; mais on ne comprend pas pourquoi le Saint serait représenté à cheval sur le cerf. Aussi a-t-on eu recours à une autre légende qui, cette fois, est empruntée à celle de saint Théleau, avec de légères variantes. Voici comme elle est racontée par le commandant Faty (Vie des Saints, manuscrit). Lorsque le Saint vint de l'île de Bretagne à Quistinic, « il s'adressa au seigneur du pays pour obtenir des terres afin de s'y établir. Celui-ci lui accorda tout le territoire qu'il pourrait parcourir jusqu'au chant du coq. En sortant de chez le seigneur, notre Saint ayant aperçu un cerf, l'enfourcha et se mit à parcourir le pays. Mais sa soeur, craignant qu'une pareille course ne nuisit à la santé de son frère, partit au-devant de lui, dissimulant un coq sous son tablier, et dès qu'elle aperçut Eden, elle découvrit la tête du coq qui, ébloui par l'auréole lumineuse qui entourait le Saint, prit cette clarté pour le jour et se mit à chanter. Le Saint, fidèle à son engagement, s'arrêta, et c'est pourquoi la paroisse d'Edern se trouve enclavée dans celle de Briec ». Saint Edern est donc, comme saint Théleau, représenté, monté sur un cerf ; il n'y a que cette différence, c'est que saint Edern est représenté en simple ermite, tandis que saint Théleau, en sa qualité d'évêque, est crossé et mitré.

Edern est un démembrement de la paroisse primitive de Briec. La paroisse d'Edern est donnée vers 1008 par le comte de Cornouaille, Budic, à l’abbaye de Landévennec. Dans une charte antérieure à cette date, le village de La Boixière ou Boissière (noté Busitt) est d’ailleurs localisé à Briec. Guellevain, aujourd'hui en Edern, est une ancienne trève de la paroisse d'Edern qui dépendait autrefois de l'ancien évêché de Cornouaille. 

On rencontre les appellations suivantes : Plebs, vicarium Edern (XIème siècle).

Note 1 : Rôle des décimes de d'Edern en 1783 : M. le Roy, recteur (20 livres), Fabrice (8 livres, 12 sols et 6 deniers), trève de Guillevain (8 livres, 12 sols et 6 deniers), Notre-Dame de Lannien (9 livres, 17 sols et 6 deniers), Saint Maudez (2 livres et 5 sols), Notre-Dame du Hellan (1 livres et 15 sols), Saint Symphorien (1 livre et 15 sols), Saint Guénolé (1 livre et 15 sols) : Total : 54 livres, 12 sols et 6 deniers. Liste non exhaustive des Recteurs de la paroisse d'Edern [extrait des Registres de l'église paroissiale d'Edern et de l'église tréviale de Guellevain (ou Gulven) de 1608 à 1908] : - 1531-1533 : Louis de Tréanna. - 1608-1650 : Pierre Le Grand. - 1627 : Guillaume Tanguy (?). - 1650-1659 : Hervé Le Roux. - 1668-1673 : Pierre Jégouic. - 1673-1677 : Marc Tanguy. - 1678 : Charles de la Houssaye, sieur prieur du Ponthou et recteur d'Edern, décédé en 1681. - 1683-1716 : Guillaume Tanguy, abbé de Landévennec. - 1716-1720 : Guillaume Cornec. - 1720-1724 : Gabriel de Rospiec, recteur d'Edern et de Laz en 1723, et recteur de Laz en 1724. - 1724-1758 : Charles Toulancoat. - 1760-1788 : Augustin Le Roy. - 1789-1829 : Joseph Le Pennec, né à Brieuc en 1746. - 1845-1846 : F. Croissant . - 1829-1845 : Séven. - 1845-1846 : F. Croissant. - 1846-1854 : J. Kerrest. - 1854-1860 : M. Yvenat. - 1860-1878 : F. Arhan. - 1878-1900 : J.-M. Normant. - 1900-1901 : F. le Sann. - 1901-1906 : M. Moënner. - 1906 : Henri Thomas, ..... Liste non exhaustive des Prêtres, Curés, Vicaires d'Edern : Dom Guill. Lieubin, Hémery, prêtre, Dom Pezron, prêtre, Dom Yves Le Floch, prêtre, Alain Le Goff, prêtre. - 1613 : Jean Littre, prêtre et curé. - 1614 : Jean Le Louet, prêtre. - 1622 : Guill. Gloëgun, prêtre. - 1630 : Yves Le Grand, prêtre. - 1636 : Jean Botorel, prêtre. - 1640 : Gilles Guiriec, prêtre en 1640, curé d'office en 1650. - 1640 : Alain Le Grand, curé. - 1646 : Pierre Labbé, prêtre. - 1649 : Jean Nicolas, prêtre. - 1656 : Jean Briand, prêtre. - 1656 : Alain Le Guillou, prêtre en 1656 et curé en 1662. - 1660 : Petrus Talbot, prêtre. - 1664 : A. Nédélec, sous-diacre en 1663, prêtre en 1664, curé en 1664. - 1664 : J. Lannuzel, sous-diacre en 1664, prêtre de 1668 à 1680. - 1664 : Gilles Le Foll, sous-diacre en 1660, prêtre en 1665, curé en 1671, annataire en 1677. - 1665 : Guill. Caugant, diacre en 1660, prêtre en 1665, annataire en 1677, curé jusqu'en 1716. - 1668 : Alain Le Guillou, prêtre et curé. - 1670 : François Jac, prêtre. - 1670 : Noël Bureau, prêtre en 1662, annataire en 1670. - 1682 : Alain Caugant, prêtre. - 1671 : Yves Poher, prêtre de 1671 à 1704. - 1672 : Yves Coz, curé. - 1704 : Jacques Cornec, prêtre en 1704, curé de 1719 à 1734. - 1704 : Jean Le Grand, prêtre de 1704 à 1726. - 1724 : Joseph Le Floch, curé d'office de 1724 à 1725 et curé en 1725. - 1721 : René de Penandref, prêtre. - 1728 : Michel Le Grand, prêtre en 1728, curé de 1734 à 1737. - 1728 : J. Arhan, curé eu 1728, curé d'office en 1730. - 1729 : A. Dréau, prêtre. - 1732 : F. Cloarec, prêtre de 1732 à 1735. - 1732 : Alain Hemery, prêtre de 1731 à 1737. - 1750 : F.-J. Le Foll, prêtre de 1750 à 1773. - 1758 : J. Guéguen, prêtre. - 1759 : A.-C. Guillou, prêtre de 1759 à 1762. - 1761 : G. Le Foll, prêtre de 1761 à 1768. - 1765 : Ch. Le Ru, prêtre de 1767 à 1784. - 1767 : J. Le D'hervé, prêtre. - 1773 : Math. Gouézec, prêtre, curé de 1773 à 1792. - 1779 : A. Kerdanet, prêtre. - 1780 : G. Labbé, prêtre. - 1783 : P.-J. Le Floch, prêtre. - 1787 : G. Henry, prêtre. - 1791-1793 : J.-P. Rohou, prêtre. - 1808 : J. Liziard, prêtre. - 1825 : Cariou, vicaire. - 1825 : Séven, vicaire. - 1830 : Kerrest, vicaire. - 1845 : Fagot, vicaire. - 1847 : Glévarec, vicaire. - 1857. V. Guéguen, vicaire. - 1875 : S. Guéguen, vicaire. - 1878 : H. Salaun, vicaire. - 1880 : A. Jaouen, vicaire. - 1883 : Kerbrat, vicaire. - 1884 : Bacon, vicaire. - 1885 : Pichon, vicaire. - 1885 : Colin, vicaire. - 1889 : Le Bras, vicaire. - 1893 : Keruzec, vicaire. - 1893 : P. Jaouen, vicaire. - 1894 : Betrom, vicaire. - 1896 : Saillour, vicaire. - 1896 : Baron, vicaire. - 1905 : J.-L. Lahridon, vicaire. - 1906 : J.-M. Danzé, vicaire., .....  On lit sur le registre paroissial à la date de 1638, cette mention faite par M. Le Grand, prêtre d'Edern, de la prophétie suivante qui rappelle celle de Nostradamus : Le 8ème jour de Décembre 1627, une pierre tomba dessus le clocher de Saint-Mathieu, à Morlaix, à la veue de plusieurs personnes auquel il estait escript ce qui s'ensuit : Un peu avant seize-cent-trente, - Les vouga à la barbe jausne payront la rente, - Un beau Gaston moult besoignera, - Et la croix rouge de couleur changera. - Goude glao bras arnou noas a dra sur - Meur a vouga varvel a druillou, - Hac en on bro a changeo stil - Rac muy e quit cant mil a vresillo. Ces vers bretons pourraient se traduire : Après la grande pluie, orage dévastateur suivra. Plusieurs seront étouffés, on mourra on masse. Et le pays changera de face. Car plus de cent mille quitteront pour guerroyer (Archives de l'évêché).

Note 2 : liste non exhaustive des Curés de Guellevain : - 1621 : Philibert Pezron. - 1633-1652 : T. Pennanech. - 1652-1653 : J. Nicolas. - 1653-1659 : J. Jac. - 1659-1661 : G. Le Page. - 1668 : A. Le Guillou. - 1661-1663 : J. Capitaine. - 1673-1685 : Gilles Le Foll. - 1686-1716 : Yves Coz. - 1716-1719 : A. Dreau. - 1720 : L. Benoist. - 1720-1722 : Pierre Douérin. - 1722-1723 : Henri Jan. - 1724-1734 : Vincent Caugant ou Gueguen. — Vers 1730 (B. 230) une procédure fut engagée contre le Sr. Meslou de Trégoin pour avoir frappé de son épée Mre. Vincent Gueguen, curé de Guellevain. - 1740-1761 : François Cloarec. - 1761-1770 : A. C. Le Guillou. - 1770-1786 : Ch. Le Reï. - 1784-1786 : Guill. Bernard. - 1786-1792 : Kerdanet. Guelvain dépendait autrefois de l'abbaye de Landévennec. On y faisait les baptêmes, les mariages et les enterrements. On y chante la messe quatre fois par an : le dimanche qui suit la fête de saint Guenolé, patron de la chapelle ; le jour de l'Ascension ; la fête de sainte Anne et le dimanche qui suit la fête des Morts. Le 8 Février 1636, Messire Pierre Tanguy, abbé commandataire de Landévennec, conseiller du Roy, aumônier ordinaire du seigneur du Guellevain, est parrain de Jan de Kergradiou. Le 1er Nivose an XII (1804) les tréviens de Guellevain, demandent un prêtre, car la trève n'est plus desservie depuis la mort de M. Yves Kerdanet. Cette demande d'un prêtre desservant ce quartier fut vainement renouvelée en 1846 et 1854 (Archives de l'évêché).

Note 3 : Je voudrais mentionner une délibération curieuse que j'ai relevée dans les procès-verbaux du Conseil général de la commune d'Edern en 1792. Prieur de la Marne y avait nommé comme instituteur de la langue française le citoyen Louis Prédour. Neuf mois durant il veut se faire installer, il apporte le plus grand zèle à s'acquitter de ses fonctions, et un beau jour, il voit s'étaler sur les Registres de la commune cette délibération un tant soit peu surprenante : « Le Conseil refuse de recevoir la commission de Louis Prédour, par ces motifs : 1° Que les enfens ne se presentent pas à l'instruction, et nous trouvons un grand perde au république de salarier des persones à faire rien. Il y a d'environ neuf mois depuis qu'il est installé pour la langue françoise, et persone ne se sont présenté à l'instruction ; 2° parce que la commune ne le trouvont pas un bon breton et qu'ils ne pouvont pas comprendre la moitié de son instruction ». Et cependant Edern ne pouvait passer pour obscurantiste. Y était-on instruit ? Je ne le sais ; mais ce que je suis plus près de croire, c'est qu'on y estimait le savoir :  et c'est déjà beaucoup ! Compulsez ses registres paroissiaux, et voyez avec quelle fierté quiconque le peut orne avec complaisance son paraphe de la belle qualité d'Escholier. Si vous en croyez les anciens du pays, un Parthénon seul manquait à Edern pour être une petite Athènes. Dans cette paroisse, disent-ils, — je vous le livre au prix coûtant, de même que je l'ai recueilli sous bénéfice d'inventaire, — dans cette paroisse il y avait autrefois trois centres gradués de science et de lumière, disposés aux trois angles d'Edern : trois villages appelés Scoldy, Niver et Ty Gouzout. A Scoldy (en français maison d'école), on apprenait la Croix de Dieu, A. B. C., les voyelles et les consonnes, et leur rôle dans la formation des mots. Au Niver (nombre, en français), on apprenait à chiffrer, le calcul ordinaire, la façon de réduire les livres en sols et deniers, etc. Puis on arrivait à Ty Gouzout (en français la Maison du savoir) : c'était le temple de toutes les connaissances, l'enseignement supérieur et le dernier mot de tout enseignement. Ne retrouve-t-on pas, dans cette donnée locale, comme un souvenir du « Trivium » du moyen-âge ? On le croirait bien volontiers (A. Favé).

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PATRIMOINE de EDERN

l'église Saint-Edern (XVI-XVIIème siècle). L’église est en partie reconstruite en 1887 et en 1888. En forme de croix latine, elle comprend, précédée d'un clocher, une nef avec bas-côtés de trois travées, un transept et un choeur accosté de deux chapelles. Elle conserve quelques parties de l'ancien édifice du XVIème siècle : le clocher, le porche méridional, l'abside et la sacristie. La porte ouest date de 1554 (ainsi que l'indique une inscription). La partie haute du clocher (au-dessus du faîtage) date de la fin du XVIIème siècle : il est entouré d'une galerie à balustres, soutenue par des modillons. Le double étage de la chambre des cloches est couronné d'un dôme, accosté de pinacles s'amortissant en lanternons. La cloche date de 1735. Le clocher a été frappé par la foudre le 22 février 1812 et restauré aussitôt. La porte du porche méridional provient de la chapelle Saint-Maudez. La sacristie porte l'inscription "M. G. Caugan, curé 1711, A. Nedelec, Fab. M.Y. Poher, vicaire". Dans le transept nord est un grand tableau du Rosaire : il semble provenir de la chapelle de Lannien et semble offert par Jean Baptiste de Penanderf (daté de 1706 et signé de Philippe). Trois verrières de l'atelier Rault décorent l'église : la Crucifixion au chevet, la Vie de saint Edern dans le transept nord et des scènes de la vie quotidienne au Xème siècle dans le transept sud. On trouve d'anciennes statues en bois polychrome : saint Edern sur son cerf (XVIème siècle), saint Herbot, saint Eloi, sainte Barbe, saint Antoine, l'évêque de Saint-Maudez ;

Nota 1 : Cette église a été reconstruite, presque en totalité, dans les années 1887-1888. On n'a conservé de l'ancien édifice que les parties qui étaient de bon style et qui offraient des garanties de solidité ; savoir : la façade Ouest avec quelques mètres du mur du bas-côté Sud ; l'abside et la sacristie, qui a été surélevée d'un étage (Note : Le samedi 22 Février 1812, le tonnerre tomba sur l'église, emporta l'extrémité du clocher, une des grandes vitres fut brisée et jetée de l'autre côté de l'église, le toit de la sacristie enlevé). Le portail Ouest est franchement gothique, des premières années du XVIème siècle, avec porte à profond ébrasement composé de nombreuses moulures, le tout couronné par une contre-courbe à crosses végétales ; contreforts entourés de bandeaux-larmiers et surmontés de pinacles maintenant découronnés ; les rampants du pignon sont également hérissés de crossettes végétales et ont pour amortissement dans le bas un chien et un lion faisant office de gargouilles. Sur le haut de cette façade se dresse un clocher du XVIIème ou XVIIIème siècle, entouré d'une galerie saillante à balustres, portée sur des corbeaux en doucine ou grands modillons. Au-dessus est un double étage de chambres de cloches, et, pour couronner le tout, un dôme un peu écrasé, accosté de quatre pinacles octogonaux et surmonté d'un lanternon. Ce couronnement appartient à la famille des clochers de Laz, Châteauneuf, et ancienne chapelle de N.-D. des Portes, etc. L'abside a ses angles appuyés par des contreforts dont les bandeaux, les moulures et les couronnements accusent le XVIIème siècle ou le XVIIIème. Sur la partie inférieure de la sacristie on lit cette inscription : M : G : CAVGAN . CVRE . 1711 - A : NEDELEC . FAB . - M : Y : POHER : VICAIRE. Au porche, la porte d'entrée a tous les caractères de la fin du XVème siècle ; elle a été prise au portail Ouest de la chapelle de Saint-Maudet, qui se trouvait en ruine lors de cette construction. L'ébrasement et l'arc des voussures sont composés de quatre colonnettes et nervures, entre lesquelles montent deux guirlandes de feuilles de vigne et de chardon. Cette entrée est encadrée de deux pilastres prismatiques et d'une contre-courbe saillante à feuillage. Les crossettes qui ornent le gâble, ainsi que celles des rampants des fenêtres et du transept, proviennent également de la vieille chapelle de Saint-Maudet. A l'intérieur de l'église, aux côtés du maître-autel, sont deux statues anciennes remarquables : 1. — Saint Edern, le Patron, représenté à cheval sur un cerf, vêtu d'une robe d'ermite et d'un manteau à capuchon, tenant de la main gauche un livre ouvert et de la droite un bâton à potence. Il est ainsi figuré à cause de l'épisode du cerf poursuivi par un chasseur, qui se réfugia à ses pieds pour se mettre sous sa protection, dans son ermitage de Lannédern. La même représentation se trouve dans ses églises de Lannédern et de Plouédern, et dans un vitrail de l'église de Plogonnec. 2. — Saint Maudet, statue venant de son ancienne chapelle. Il est vêtu de la chape, avec mitre et crosse ; les orfrois de la chape et les bandeaux de la mitre ornés de grands et petits cabochons. Dans le transept Nord est un grand tableau du Rosaire, ayant les quinze médaillons des mystères entourés de guirlandes de roses. C'est un tableau votif qui se trouvait précédemment à la chapelle de Lannien, voisine du château de la Boixière, et qui fut donné par un seigneur de ce château. C'est ce qu'explique une légende inscrite dans le bas : VOEV fait par Messire jean baptiste de pennandref chevalier Seigneur de Keranstret en reconnaissance du bienfait qu'il avait reçu en passant le passage de Brest à Lanvéau ou il tomba, ayant invoqué la Sainte Vierge qu'on invoque dans ce Saint-lieu il sentit comme une planche ferme sous les pieds, les mariniers après une lieu de route retournèrent le chercher, layant trouvés crièrent MIRACLE en 1706. philippe pxit 1706. L'événement qui a donné lieu à ce voeu est représenté dans la partie inférieure du tableau, entre saint Dominique et sainte Catherine de Sienne : Sur la mer, une barque avec voile, dans laquelle sont deux seigneurs ou gentilshommes portant costume rouge du temps de Louis XIV, un marinier qui est à la barre du gouvernail, un autre qui fait la manoeuvre et un troisième penché sur le bord pour retirer de l'eau un troisième gentilhomme, costumé de la même façon que les autres, lequel est sur le dos surnageant sur la mer et tenant son chapeau de la main gauche. Dans le fond, à droite, on voit le château de Brest, avec ses tours à terrasses crénelées, mais dépourvues de leurs toits à poivrières, qui avaient été déjà enlevés par Vauban. En face, à gauche, est une autre sorte de forteresse, Bastille de Quilbignon ou Tour de la Motte-Tanguy. A l'arrière-plan est un amas de maisons avec une église à clocher gothique : église des Sept-Saints. Entre les deux panneaux de l'inscription votive se trouve un cartouche surmonté d'une couronne comtale et encadrant quatre blasons, mais dont l'un est répété : 1 et 3. D'argent à 2 étoiles de gueules en chef sur croissant de même en pointe. — Armes des Penendreff. 2. D'argent à la tour de gueules. 4. D'azur à 3 bandes d'argent. (M. Abgrall, 1906).

Nota 2 : Bénédiction de cloches : « Ce jour 21 de Septembre 1627, a été faite la cérémonie et bénédiction de deux cloches en l'église paroissiale d'Edern, par noble et discret messire Guillaume Tanguy recteur de la dite paroisse, et ont été parrains et marraines scavoir : de celle de l'église paroissiale, Escuier François Hyacinthe de la Fruglaye, chevalier seigneur de Kersner, de Bohineau et autres lieux, et haute et puissante Marie Magdalaine Guillaume, dame de Pennandreff et autres lieux ; et celle de Saint-Symphorien par Escuier Pierre Tanguy, sieur de Yobezan, et Anne Henriette Françoise de Rougeart, dame de Kerguellen, Keranroch, etc. Celle de l'église paroissiale nommée Marie-Renée, et celle de Saint-Symphorien, Marie-Françoise. Et ont signé, les dits jour et an que devant : Marie Magdalaine Guillaume ; Anne Henriette de Rougeart ; Katherine Kerguellen ; Jean Baptiste de Pennandreff ; Hyacinthe de la Fruglaye ; René de Pennandreff ; François de Keroudault ; Kerguellen ; F. Tanguy ; Pierre Coz ». « Le 1er jour de May 1650, je soussigné recteur de la paroisse d'Edern, certifie avoir bénict la cloche Robine Françoise d'Edern, nommée par Messire François de Kerguellen, seigneur de Dréverz, le Mez, Kervern, etc., et dame Robine de Kernezne, dame de Kerlean, etc. ; et a assisté le seigneur de Kerlean, etc. Fait le dit jour et an que devant. Hervé Le Roux, recteur ; F. Kergadalen ; René de Kerléan ; Guiriec, prêtre ».

Nota 3 : Extrait des délibérations d'Edern pendant la période révolutionnaire : - L'an 1793 an II de la République française, le 20 Janvier. Nous Officiers municipaux et notables de la commune d'Edern, réunis au lieu ordinaire de notre séance, le procureur de la commune se leva et nous dit que plusieurs des citoyens l'avaient prévenu que c'était interrompre la loi de rester sans prêtre et sans fréquenter le très saint sacrement, par conséquent nous vous prions, Messieurs les Administrateurs du département du Finistère d'avoir la bonté de nous faire avoir au moins deux prêtres, un pour la paroisse et l'autre pour servir à la trève de Gulvein. Et nous nous contenterons de ces deux jusqu'à ce qu'il vous soit plus facile de nous accorder d'autres. Signé Louis Le Grand, maire. - Le 27 Pluviose l'an II de la République une et indivisible, Nous Officiers municipaux d'Edern réunis ... pour fixer la descente et le transport de 12 cloches que nous avons fait transporter au district de Ville sur Aulne, avons fixé transport des dites cloches à la somme de 45 livres ; pour la descente à la somme de 35 livres. - Le 14 Pluviose l'an II de la République française, une et indivisible, Nous, Maire et Officiers municipaux d'Edern assemblés ... pour procéder à l'inventaire de l'argenterie de nos églises nous avons trouvé à l'église paroissiale rendus par les fabriques des autres chapelles : une croix d'argent pesant 12 livres ; une autre croix de pommettes d'argent pesant 5 livres ; 4 chandeliers en argent pesant 9 livres, 2 calices avec 2 patelles, une assiette avec 2 burettes pesant ensemble 9 livres, lesquels nous avons rendus au directoire de Ville sur Aulne ci devant Chateulin suivant la loi et les ordres du dit directoire par lesquels nous avons été forcés. (Archives départementales).

la chapelle Notre-Dame-du-Helen ou Hellen (XVIème siècle). Edifice en forme de croix latine avec choeur peu débordant. Cette chapelle a subi de nombreux remaniements et conserve plusieurs statues en bois et pierre : sainte Catherine, Saint Tugen, saint Barthélémy, saint Nicolas et un groupe représentant Sainte-Anne et Sainte-Marie assises ;

Nota 4 : Elle se trouve à 4 kilomètres au Nord du bourg, dans la direction de Gouézec. Les statues anciennes sont : Notre-Dame, — un beau groupe triple de sainte Anne, la Sainte Vierge et l'Enfant-Jésus, — puis un saint Barthélemy écorché vivant (M. Peyron, 1905).

la chapelle Saint-Guénolé de Gulvain (ou Gulvein), ancienne chapelle tréviale, reconstruite en 1880 (réduite de moitié par M. Boyer). De forme rectangulaire, elle a été touchée par la foudre le 18 octobre 1924. Sur la sacristie a été incorporé un écusson aux armes de l'abbé Pierre Tanguy (1630-1666, de l'abbaye de Landévennec). A noter que les abbés de Landévennec étaient aussi jadis seigneurs des Salles et de Gulvein. On y voit les statues de la Vierge à l'Enfant (XVème siècle), Saint Guénolé (XVI-XVIIème siècle, hauteur 1 m 85, l'abbé est mitré avec chape et crosse, un livre fermé dans la main gauche), des statues en bois polychromes (sainte Anne, saint Guinel du XVIème siècle, saint Corentin) et une statue de saint Veguen qui proviendrait de la chapelle dédiée à ce saint ;

Nota 5 : Cette chapelle a été entièrement rebâtie en 1880, sur les plans de M. Boyer, architecte de la ville de Quimper ; mais on a conservé l'ancien clocher gothique, très élégant de forme, et la fenêtre à trois baies de l'abside. Les mesures intérieures sont : longueur, 13 m. 50 ; largeur, 5 m. 60. Au pignon Nord de la sacristie, on a incrusté un vieil écusson timbré d'une mitre et d'une crosse et qui porte : écartelé aux 1 et 4, d'azur à l'aigle d'or accompagné de trois étoiles de même ; aux 2 et 3 se voit une colombe d'argent portant un rameau d'olivier. Ce sont les armes des deux abbés Pierre et Jacques Tanguy, qui ont gouverné l'abbaye de Landévennec de 1627 à 1695. Les vieilles statues conservées sont : 1. — Un saint évêque ou abbé, en pierre, haut de 2 mètres, en chape, mitre et crosse, la mitre et les orfrois ornés de nombreux cabochons. L'inscription assez récente, gravée sur le socle, le désigne comme étant saint Guénolé, patron ; ne serait-ce pas originairement saint Goulven ? 2. — Un saint prêtre, barbu, en chasuble, tenant un livre ouvert. Le cul-de-lampe qui le porte est soutenu par un buste de femme tenant une pomme dans sa main, et terminé en queue de serpent. 3. — Vierge-Mère, XVème siècle, en pierre blanche, hauteur, 0 m. 95, à couronne ornée de hauts fleurons très découpés ; elle est un peu hanchée comme les Vierges de cette époque. Elle porte sur son bras gauche l'Enfant-Jésus vêtu d'une robe et tenant des deux mains une banderole déroulée. Dans la main droite elle a le pied d'un lis dont la fleur a disparu. 4. — Saint évêque, XVème siècle, vêtu d'une chape très drapée par devant ; il tient un livre, et sa crosse, qui a perdu sa hampe, avait une volute feuillagée. 5. — Abbé en chape, portant crosse et tenant un livre fermé sur sa poitrine. 6. — Autre statue de Vierge-Mère, en granit, de facture inférieure, portant sur son socle : ROLAND. F. F., Roland fit faire. Au bas de la chapelle, est un bénitier portant cette inscription : 1657: MI : POVLIQUEN. Dans le pavé, sont quelques pierres tombales de 1766-1768. On continue à enterrer dans le cimetière les gens de cette trève, fort éloignée du bourg. Dans ce cimetière, une vieille croix de pierre, mais découronnée, repose sur un socle carré, de 2 mètres de côté, entouré d'un banc et d'une plinthe moulurée et surmonté d'un glacis-larmier, style XVème ou XVIème siècle. En dehors de cette enceinte, du côté Sud-Est, est la fontaine de dévotion, recouverte d'une voûte ogivale, en pierres de taille (M. Abgrall, 1905).

Nota 6 : Bénédiction de cloches : « Je qui soussigne certifie que ce jour 29 de Juillet, l'an 1674, a été bénite Marie et Renée de St Guenolé en l'église treviale de Guellevain paroisse d'Edern, et a été nomé par Escuyer René de Penandref, Seigneur de Keranstroet, Kermados, Labouzière, Kerdern et autres, et par Haute et puissante dame Marie de Penancoat, dame et vicomtesse de la Gabtière, proprietairesse de Herrez et seigneries de Trohanet, Keramote la Tour et St Laurens et autres lieux, compagne de Messire Jean Trossier, seigneur chevalier vicomte de la Gabtière, Saint Brieux, le Pommerays et autres lieux. Ont signé : Marie de Penandref ; René de Penandref ; Jean Troussier ; Louise Troussier ; Robine de Kerroudault ; François de Kerroudault ; Jac prêtre ; Claude Le Saux ; Hyac. de la Haye, chanoine arch., official et vicaire général ; Hyacinthe de Robian de Kerstrat ; Le Borgne de Kergus ; Joseph Marie de la Fruglaye de Kerrest ; Maurice de Trémarec ; Marie de Kerzevez ; du Treourent de la Boixière ; Thérèse de Livec ; Ch. L. de Pennandreff Keranstroet ; Ch. de Pennandreff ; J. L. de Treouret de Pennandreff ; Kerguellen Trémarec ; Toulancoat, recteur ». « Le onzieme d'Aoust 1710, a été bénie en l'église tréviale de Guelevin une cloche pour servir la dite église, par Yves Poher, vicaire d'Edern, laquelle cloche a été nommée Anne. Parrain haut et puissant messire Jean Baptiste de Penandref, seigneur de Keranstraet, de la Bossière, de Kerdiren et de Kermadau et de plusieurs autres lieux, et marraine dame Anne de Kervivart ; et ont signé ceux qui savaient signer : Anne de la Roche ; Anne Josephe de Tréanna ; Keranstroet de Penandref ; M. M. Moricette de Penandref ; Marie Anne Thérèse Gellot ; de Keranstroet le fils ; V. de Keradoré ; Y. Poher, prêtre ».

la chapelle Saint-Jean-Botlan (XVIème siècle). En forme de croix latine, l'édifice comprend une nef avec bas-côté nord de quatre travées, un transept et un choeur. Ancienne possession des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, elle relevait de la commanderie de Quimper. Le pignon ouest et le clocher ont été refaits. Le maître-autel date du XVIIème siècle. La chaire date du XVIIIème siècle. On voit des restes de vitraux du XVIème siècle relatifs à la Vie de saint Jean-Baptiste avec un écusson aux armes des familles Liziard et de La Lande. On y trouve plusieurs statues dont celles de Notre-Dame de Pitié, saint Jean Baptiste, saint Edern, saint Hervé, saint Sébastien, sainte Madeleine et un Ecce Homo ;

Nota 7 : Sant Yann-bod-lan (buisson d'ajoncs) est située sur le plus haut plateau de la paroisse d'Edern, à la cote 226 mètres d'altitude, et du vaste placître qui l'entoure on jouit d'un panorama superbe. Cette chapelle appartenait aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, et d'elle dépendait le moulin du Temple, qui se trouve dans le vallon, au pied de la montagne, sur le bord Nord de la route de Châteauneuf, ainsi que la petite chapelle de Itroun-Varia-an-Templ, qui l'avoisinait et dont il ne reste plus trace, sinon la fontaine, Feunteun Varia, existant toujours, mais dépourvue de tout édicule et de tout ouvrage de maçonnerie. La chapelle de Saint-Jean est un important édifice, mesurant 23 mètres de longueur extérieure, presque entièrement construit en pierres de taille, sauf le bas-côté Nord, où l'on trouve du moellon de schiste disposé en assises assez régulières. Le caractère général indique le commencement du XVIème siècle. La porte principale du portail Ouest, de style gothique, est entourée de moulures prismatiques, et accompagnée de deux pilastres ronds ornés de losanges en creux, se continuant au-dessus des chapiteaux en pinacles et en contre-courbe de couronnement avec crossettes et chou. Le clocher qui surmonte cette façade est très élégant, se composant d'une chambre de cloche et d'une flèche élancée, ornée à sa base de gâbles aigus et de pinacles. Les deux portes du côté Midi et du transept sont dans le même genre que celle du portail, mais un peu plus petites, et ayant leurs pilastres de forme prismatique. Celle du transept a de petits chapiteaux feuillagés. Au delà du transept, est une sacristie octogonale, avec foyer et cheminée. Près de la façade Midi se dresse une tige de croix toute hérissée de bosses, mais il ne reste plus au haut qu'une Notre-Dame de Pitié très fruste ; les autres débris se voient à l'intérieur de la chapelle : Christ, Notre-Dame et Saint-Jean, Ecce-Homo, la Madeleine et une autre Sainte-Femme. Intérieurement, la chapelle se compose d'une nef, large de 5 mètres, qu'un rang de piles octogonales formant quatre travées sépare d'un unique bas-côté Nord, large de 2 m. 38. Plus loin, sont deux branches de transept et une abside droite, enfoncée seulement de 1 m. 50. La longueur totale de l'intérieur est de 21 mètres. Dans le sanctuaire et les bras de transept, sont trois autels en pierre ; deux autres, plus petits sont adossés à la pile et au pilastre qui terminent la nef ; sur l'un de ces petits autels, côté Midi, sont déposés des ex-voto assez étranges, une soixantaine de galets roulés, galets de mer ou de rivière, ou provenant de monuments mégalithiques, cailloux de toutes dimensions, de tous grains et de toutes couleurs, et avec lesquels les pèlerins se frottent les yeux, tout comme à Saint-Jean-du-Doigt ils se font imposer le Doigt du saint Précurseur, et comme à Saint-Jean de Plougastel-Daoulas ils s'appliquent sur les yeux le facsimile d'oeil en cristal, enchâssé dans de l'argent et fixé par une chaînette à la statue du saint Patron. A la chapelle de Saint-Symphorien de la même paroisse d'Edern, on trouve aussi une dizaine de galets analogues, mais leur attribue-t-on également des vertus curatives ? Le maître-autel est couvert d'un revêtement en bois assez bien travaillé ; les gradins, le retable et le tabernacle sont ornés d'arabesques, colonnettes, niches et statuettes du XVIIème siècle, fort bien sculptées. Dans un panneau du retable on voit un petit blason portant d'argent à 2 étoiles de gueules en chef et 1 croissant de même en pointe, qui est de Penendreff. Aux côtés de cet autel, dans des niches ressemblant à de petites armoires d'horloges, sont les statues de Notre-Dame d'Espérance, Vierge-Mère couronnée ; Saint Jean, à chevelure et barbe longues, tenant un disque surmonté d'un agneau, qu'il montre de la main droite. Il est vêtu d'une peau de bête, dont on voit la tête et les pattes. Les autres statues de la chapelle sont : l'Ecce-Homo ; — Saint Edern, à cheval sur un cerf ; — Saint Hervé, tenant un livre, et ayant à ses pieds un loup bridé. Dans le petit réduit du bas du collatéral, sont relégués un Ecce-Homo et un saint Sébastien. La maîtresse vitre, au-dessus du maître-autel, conserve encore une partie de son ancienne verrière. Le bas des panneaux a disparu, mais on peut reconnaître les trois scènes représentées : 1. — Saint Jean baptisant le Sauveur. 2. — Le bourreau décapitant saint Jean et remettant sa tête à Salomé. 3. — Hérodiade perçant la langue du Précurseur avec un stylet. Le couronnement de ces panneaux se compose de dais et pinacles gothiques. Dans les soufflets, les blasons sont frustes et méconnaissables, mais on lit encore sur deux banderoles latérales cette inscription : Ecce Agnus ... Dans les soufflets de la fenêtre du transept Sud, sont conservés deux écussons composés : Ecartelé aux 1 et 4 d'or à 3 croissants de gueules, qui est Liziard, aux 2 et 3 d'azur à la quintefeuille d'argent, qui est de la Lande. Parti d'un coupé d'or aux 3 croissants de gueules, et d'azur à la quintefeuille d'argent ; d'azur aux losanges d'argent. Dans le soufflet de la petite fenêtre Sud de la nef, est un agneau pascal surmonté d'une croix à banderole (M. Peyron, 1905).

la chapelle Saint-Symphorien (XVIIème siècle), appelée aussi chapelle de Landivigen. Il s'agit d'un édifice de forme rectangulaire dont le petit clocher à dôme et lanternons porte la date de 1630. On y trouve les statues de sainte Catherine et de saint Symphorien ;

Nota 8 : Cette chapelle est dédiée à saint Symphorien, soldat martyr, le même qui est honoré à Saint-Yvi, près de Rosporden, et à Paule, près de Rostrenen. Elle est distante de 2 kilomètres et demi du bourg, dans la direction du Nord, tout contre le village de Landivigen. C'est un édifice assez modeste de 15 mètres de longueur intérieure, sur 5 m. 60 de largeur. La façade Ouest a une petite avancée en pierres de taille, servant de base à un petit clocher à dôme et lanternon, inspiré de ceux plus importants du bourg de Lannien et du Niver. A l'intérieur, il n'y a que deux statues anciennes : 1. — Saint Symphorien, soldat martyr, vêtu de l'armure en fer, cuirasse, cuissards et brassards, avec épée suspendue à son ceinturon. La tête est découverte, et ses cheveux longs tombent sur ses épaules. 2. — Sainte Catherine, vêtue d'un manteau et d'une robe à collerette, qui monte à toucher son menton. Elle a couronne en tête, longue chevelure et tient son épée et sa roue (M. Peyron, 1906).

la chapelle Notre-Dame-du-Niver (XVIIIème siècle), restaurée en 1900. Edifice en forme de croix latine avec chevet à pans coupés. Son clocher à dôme (1788) possède une seule chambre de cloches. On y trouve plusieurs statues de bois : Christ en croix, Notre-Dame du Niver, sainte Appoline, sainte Marguerite ;

Nota 9 : Cette chapelle est le centre d'une grande dévotion, et son pardon, qui se célèbre le jour de la Pentecôte, est fréquenté par un chiffre moyen de 6.000 pèlerins. Dans les temps anciens, c'est Notre-Dame de Lannien qui était le pèlerinage en vogue ; mais pour des causes que nous ignorons, le concours des fidèles diminua ou cessa presque complètement, pour se porter à Notre-Dame du Niver. C'est pour cette raison, sans doute, que la chapelle primitive, trop petite, fut remplacée à la fin du XVIIIème siècle par la chapelle actuelle, assez vaste, mais encore insuffisante pour recevoir la foule immense qui accourt au pardon, et force a été de construire un abri ou oratoire pour chanter la grand'messe, au bord d'un vaste champ où toute cette multitude peut se masser pour assister à l'office. La date de 1788, sculptée au-dessus de la porte Ouest de la chapelle, doit-elle nous renseigner sur l'époque de la construction du clocher de l'église et de celui de Notre-Dame de Lannion ? Le clocher du Niver, en effet, est absolument dans la même donnée, un peu moins important, il est vrai, n'ayant qu'un seul étage de chambres de cloches, mais offrant dans le dôme de couronnement plus d'élancement et d'élégance. La porte principale, qui se trouve sous ce clocher, est assez richement ornementée ; elle est encadrée de deux pilastres carrés portant un entablement et un fronton à volutes, au milieu duquel se trouve, sur un cartouche rond, la date de 1788. Plus haut, est une niche à coquille dont le dais en lanternon est surmonté d'un petit Christ ressuscité, à manteau très flottant. La chapelle se compose d'une nef, de deux branches de transept assez saillantes et d'une abside à pans coupés. Les murs sont en belles pierres de taille et offrent bien le caractère sobre et un peu froid de l'époque : pour toute ornementation, une petite saillie formant pilastres sur les angles et bandeaux d'encadrement autour des portes et fenêtres. A l'intérieur, même sobriété : murs nus, lambris en bois formant berceau, en tout quatre fenêtres, deux aux bouts du transept et deux à l'abside. La longueur totale est de 16 m. 25, la largeur de la nef, 6 m. 45, et celle du transept, 14 m. 25. Nous y trouvons seulement quatre statues : 1. — Notre-Dame du Niver, retouchée et repeinte très richement, genre Munich. L'Enfant-Jésus, vêtu d'une robe longue, cherche le sein de sa Mère. 2. — Du côté de l'Epître, une sainte toute maigre, tête découverte et tenant un livre, que l'inscription récente peinte sur le socle désigne sous le nom de sainte Marguerite, mais qui porte sur sa base l'inscription ancienne : NTRE . DME . DE . RECOR, N.-D. de recours (?) de réconfort (?). 3. — Saint Sébastien, percé de flèches. - 4. — Sainte Apolline, tenant livre et tenailles. Au-dessus du maître-autel, est un tableau représentant l'Assomption : la Sainte Vierge comme soutenue par deux anges. Notre-Dame du Niver est invoquée particulièrement par les mères de famille, pour avoir une bonne délivrance, et aussi par les malades qui souffrent de plaies et de rhumatismes. Voilà pourquoi on voit dans la chapelle, comme ex-voto, des enfants et des membres en cire, et aussi bon nombre de béquilles. Au pignon d'une maison voisine, est fixée sur une console une statue en pierre de Notre-Dame, ayant le caractère du XVIème siècle ; c'est l'image qui était en vénération avant celle qui se trouve maintenant dans le sanctuaire (M. Abgrall, 1906).

la chapelle Notre-Dame de Lannien (XVIème siècle), située non loin de l'ancien château de la Boixière. L'édifice comprend une nef avec bas-côté nord de quatre travées, et accostée au sud d'une chapelle. Le clocher, avec sa galerie et ses deux chambres de cloches couronnées d'un dôme à lanternons, date du XVIIIème siècle. Le reste de l'édifice date du XVIème siècle. On y trouve les statues de saint Sébastien, saint Fiacre (en pierre) et sainte Anne (apprenant à lire à la Vierge), sainte Claire et Notre-Dame de Lannien (en bois) et une Pietà ;

Nota 10 : Cette chapelle, située à 1 kilomètre au Sud du bourg, devait dépendre du château de la Boixière dont elle est voisine. Elle a presque les proportions de l'église paroissiale, mesurant 29 mètres de longueur totale à l'extérieur, et entièrement bâtie en pierres de taille. La façade Ouest semble être du XVIIème ou du XVIIIème siècle, ayant une porte à plein cintre encadrée de pilastres et d'un entablement doriques, et surmontée d'une niche de même style au-dessus de laquelle est un écusson fruste puis une croix. Le clocher est une reproduction exacte de celui de l'église paroissiale, comme disposition et comme dimension. La façade Midi, qui n'a pas de bas-côté, et le transept qui y fait suite, ont une ordonnance assez magistrale et appartiennent à la fin de la période ogivale. Le mur Sud est percé de deux portes, dont une assez singulièrement moulurée, puis d'une petite baie trilobée et d'une fenêtre flamboyante à un meneau. La porte Ouest du bras de transept a dans son ébrasement quatre colonnettes à chapiteaux feuillagés, continuées par des tores formant l'ogive, le tout encadré par des pilastres prismatiques portant pinacles aigus et contre-courbe à crossettes et chou de couronnement. La fenêtre du pignon de ce transept compte trois baies et trois soufflets à redents, celle de l'abside quatre baies et cinq soufflets simples. Cette fenêtre contenait autrefois une belle verrière qui a maintenant disparu. A l'intérieur, on trouve une belle nef, avec bas-côté au Nord et un assez vaste transept au Sud. Les piles qui séparent la nef du collatéral ont une section en forme de losange et ont leurs faces découpées de sortes de cannelures qui se continuent dans les arcades. Cette moulura­tion est très fine et très soignée. Vers le milieu est une pile beaucoup plus forte, portant un arc triomphal, sur lequel a dû exister un campanile central, avant que fût bâti le clocher actuel. Dans l'abside, le bas-côté Nord et le transept Sud, sont trois autels en pierre dont les tables en granit reposent sur des massifs en simple maçonnerie de moellon. Près de ces autels sont trois piscines, dont deux ornementées de crossettes et de feuillages. Au bout du maître-autel, côté de l'Evangile, est une armoire-tabernacle. Statues en vénération. — A l'abside : Notre-Dame de Lannien (N-D. de Pitié), assise, tenant sur ses genoux le corps inanimé du Sauveur. — Sainte Anne, debout, ayant devant elle la petite Sainte-Vierge, tenant un livre ouvert. A l'autel Nord : Saint Sébastien, percé de flèches ; statue en pierre blanche de 0 m. 90. Au transept : Saint Fiacre, en pierre blanche, avec bêche et livre. Sainte Claire (?) tenant maintenant à la main une petite branche de vigne, mais devait porter autrefois un ciboire ou un ostensoir. Dans le pavé de la nef, près du choeur, est une pierre tombale portant deux blasons frustes accolés, puis une inscription en grande partie usée : IANNE DE PENANDREF DECED ...... Au côté Midi de la chapelle, sur le placître planté de beaux arbres, est une croix de granit portée sur un massif triangulaire, mesurant 2 m. 10 de côté, entouré d'un banc en pierre et d'un soubassement à moulures du XVème siècle, et surmonté d'un larmier et glacis de même style. Sur le croisillon sont Notre-Dame et saint Jean ; sur l'autre face, Notre-Seigneur assis, montrant ses plaies, accompagné de deux anges portant les instruments de la Passion : colonne, fouet, croix et clous. « Le 9 Novembre 1784, a été inhumée à Lannien, dame Radegonde de Penandreff, veuve de Messire René Baillard Descours, chevalier seigneur d'Arguemont, ancien lieutenant des vaisseaux du Roy et chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. Signé : CHEVALIER, recteur de Briec ; MIRRIEL, prêtre ; ROLLAND, prêtre ; A. LE ROY, recteur d'Edern » (M. Abgrall, 1907).

Nota 11 : Bénédiction de cloches : « Le 15 Aoust 1735, a été faicte la cérémonie de la bénédiction de la cloche de N.-D. de Lannien, par Noble Messire François Hyacinthe de la Haye, archidiacre, chanoine official et grand vicaire du diocèse de Quimper, laquelle a été nommée Marie Hyacinthe par Escuier Joseph Marie de la Fruglaye et seigneur de Kerzèvet, dame Marie Hyacinthe de Robily, femme de escuier Joseph Louis de Tréouret, seigneur de Kerstrat. (Et ont signé) »

l'ancienne chapelle Saint-Maudez, aujourd'hui disparue, située jadis à 1 kilomètre au Nord du bourg. La porte principale et les pierres ouvragées ont été transportées pour être employées dans la reconstruction de l'église paroissiale d'Edern. Après l'abandon de la chapelle, on a continué, selon la vieille tradition, à prendre de la terre sous le maître-autel en granit, pour conjurer les affections de jambes, abcès, humeurs froides et tumeurs blanches, qu'on dénomme mal de saint Maudet (drouk sant Vodet). On en a tellement pris que l'autel a été complètement déchaussé et a fini par s'ébouler. Il restait encore au début du XXème siècle, près de l'emplacement de la chapelle, le soubassement triangulaire d'un vieux calvaire, qui devait avoir une certaine importance ;

l'ancienne chapelle Saint-Veguen (ou saint Guegon), aujourd'hui disparue. Une pierre provenant de la chapelle porte la date de 1665 ;

l'ancienne chapelle de Lanarnec, dédiée jadis à saint Arnec le fondateur légendaire de Landternec ou Landerneau, et aujourd'hui disparue ;

le calvaire de Saint-Maudez (XVème siècle), restauré en 1988 ; 

le calvaire du cimetière d'Edern (fin XIXème siècle) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : Coat-Caër (1756), Coat-Drégat (XIXème siècle), Croaz-ar-Huré (1646), Croas-Benodic (XVIème siècle), Goadré (XVIème siècle), Guelven (Moyen Age), Hellen (XVIème siècle), Kermarzin (XVIème siècle), la stèle de Landivigen, Lannien (XVIème siècle), Le Niver (XIXème siècle), Poul-Parcou (XVI-XXème siècle), Saint-Jean (XVIème siècle), Ty-Fléhan (XVIème siècle) ;  

l'ancien château de la Boissière, propriété de la famille Hallier ;

4 moulins dont le moulin du Temple, de la Bouessière, de l’Abbé, ... 

A signaler aussi : 

Nota : Menhir de 2 mètres dans le cimetière de Landivigen ou Saint-Symphorien. Restes d'un dolmen à 50 mètres de la chapelle. Pierres amoncelées affectant la forme d'un tumulus à 100 mètres à l'Est de Landivigen. Tumulus de 12 mètres de diamètre à 900 mètres à l'Ouest de Landivigen. Tumulus sur le flanc de la montagne, à gauche de la route allant à Châteauneuf. Tuiles et restes romains à la Boixière. Motte dite Ar Santinellou, à Ty-Flean (M. du Chatellier).

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ANCIENNE NOBLESSE de EDERN

- Bouexiere, Sr. du dit lieu : d'argent à la croix pattée d'azur.

- Penendreff, Sr. de Keranstret et de la Bouexiere : d'argent au croissant de gueules surmonté de deux étoiles de même ; devise : qu'aucun querelleur n'y entre.

- Thominec, Sr. de la Boixiere : d'azur d une croix d'argent chargée de cinq pigeons d'azur, becqués et membrés de gueules.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants d'Edern étaient présents :

Guillaume de la Boessière, archer en brigandine et injonction de vouge et gorgerette ;

Maître Jehan Millot, représenté par Jehan Armel, archer en brigandine.

(à compléter)

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