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DONGES

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La commune de Donges (bzh.gif (80 octets) Donez) fait partie du canton de Montoir-de-Bretagne. Donges dépend de l'arrondissement de Saint-Nazaire, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de DONGES

Donges vient du latin "dongio" (donjon).

La région de Donges est occupée très tôt par l'homme (on a retrouvé en 1880, sur la butte de Sem des racloirs et des haches remontant à l'époque moustérienne et des restes d'anciens tombeaux ainsi que des pierres druidiques). L'installation des bretons dans les marais de Brière dont ceux dits de Donges est assez lointaine, une preuve en est la présence de villages aux noms de Breca, Brecun et Maca.

Le village de Donges est fondé vers 370. Il doit affronter de nombreuses invasions : saxonnes entre le IIIème et le Vème siècle, bretonne, puis vikings au IXème siècle, qui vont contribuer au déclin progressif de son port. A l'époque gallo-romaine, un port propice s'y était installé, spécialisé dans le commerce des produits miniers. Vers 907, les Vikings attaquent Nantes et Orléans en remontant la Loire, saccageant et pillant tout sur leur passage.

Au XIème siècle, le comte de Nantes construit à Donges un château fort afin de protéger la rive nord de la Loire. Il y fait venir les moines bénédictins. Le prieuré Notre-Dame de Donges, est fondé en l'an 1067, sous le patronage de Saint-Benoît (les derniers vestiges disparurent en 1907). Ce prieuré est fondé par le vicomte de Donges, Friold ou Friould, après que celui-ci ait déclaré que "pour le salut de son âme et celui de son père, de sa mère et de son frère, il donne à Saint-Martin un terrain auprès de son castel de Donges pour y fonder un prieuré et, avec quelques moines seulement et un bourg libre de toute redevance (scilicet et cellam et burgum)". En 1587, la cure de Donges et celle de Prinquiau dépendent du prieuré de Notre-Dame de Donges, qui est chargé d'une redevance annuelle de 110 sols à la mense de l'abbaye de Marmoutier, de 36 sols aux offices claustraux, et doit être habité par trois moines, le prieur compris.

Le premier vicomte de Donges résidait dans ce château-fort aux bords de la Loire, dans l’ancien bourg. Le port dont les origines remontent aux Xème siècle est d'abord de pêche, puis de cabotage, puis de pétrole. Dès le XIème siècle, il est fait état du Port du Vicomte suivant acte de fondation du Prieuré Notre-Dame.

En 1125-1127, le château-fort est détruit sur ordre de Conan III le Gros en guise de représailles envers Olivier de Pontchâteau et Savaric (ou Savary) de Donges, le vicomte de l’époque (à la suite des dépréciations faites sur les terres de l'abbaye de Redon). Les Vicomtes s’établissent alors dans la forteresse du Lorieuc au milieu des marais de Crossac. Cette forteresse fut probablement ruinée au XVIIème et ne fut jamais reconstruite. La maison de Donges s'est fondue au XIIIème siècle, dans la famille Blain. La vicomté de Donges appartenait, en 1789, aux Kerhoënt qui la tenaient des Lopriac, lesquels l'avaient acquise, en 1690, de la famille de Rieux d'Assérac et de la famille Rochefort. Ce vicomté comptait dans son ressort, dix-sept communes.

Donges portait le titre de ville au XIIème siècle avec son château-fort, son prieuré, son église, le bourg des moines et celui du Vicomte, son port, ses foires mais au XIXème siècle, Donges n’était plus qu’un petit village de pêcheurs, les seigneurs préférant s’établir dans des demeures plus agréables et qui les rapprochent de leurs activités.

En 1793, après la défaite de Savenay, Donges est occupé durant trois jours par les Blancs (du 14 au 17 mars 1793). Poursuivis par les Républicains, il y eut le massacre des Vendéens : surpris par la marée montante, près de 300 à 400 vendéens ont été exterminés dans les marais à « la Fosse au Jaut » par les Républicains (leurs corps y gisent encore).

Note 1 : Les marais de Donges étaient jadis partagés entre les seigneurs pour un tiers et leurs vassaux qui détenaient en commun les deux autres tiers. Ogée, donne les " débornements précis " .. :  « La Seigneurie de Lorieux en Crossac occupait 400 journaux de marais propres et défendables. Celle de Belebat possédait l'étendue marécageuse comprise entre la chaussée de Crossac à Saint-Joachim et celle qui conduit de Pandille à Kerfeuille, sauf les marais qui se trouvaient sur le territoire de La Chapelle-des-Marais. Quant au seigneur de Montoir, il occupait les terres comprises entre la pointe de Bra, à  l'Ouest, les hauts et bas Lin à l'Est, les grand et petit Regnac au Nord et Frégonneau Lourmois, Lavena et Drelif au Midi. Le seigneur de Prinquiau se réserva le bois de Cesme, soit 300 journaux : lesquels dessèchent plus tôt que le reste des marais de cette paroisse ». En 1768, une lettre royale ayant encouragé par des exemptions d'impôts divers « les défrichements et les dessèchements des terres incultes ou inondées de la Province de Bretagne », un certain Pierre Augustin Camille Debray, négociant à Rouen, passa contrat avec plusieurs seigneurs pour dessécher tous les marais [Note : 1°- dès le 3 octobre 1771 avec le marquis de Querhoënt et Félicité de Lopriac de Donges, son épouse, seigneur et dame des vicomtés de Donges, baronnie de La Roche en Savenay, marquisat d'Assérac et autres lieux. 2°- dès le 18 novembre 1771 avec le seigneur de Besné]. Les paroisses fortes de leurs droits intentent alors un procès à la Compagnie Debray. Un accord est trouvé et un traité (traité de Donges) est signé le 6 décembre 1776. Y représentait les intérêts des habitants Gilles Vlieghen Luzenbourg, et ce fut le marquis de Coislin, résidant au château de Carheil à Plessé qui opposa sa signature en nom et place du seigneur de Donges. A noter que les travaux (83 Km de canaux dont 47 navigables et 36 de simple dessèchement) durèrent jusqu'en 1825 : « l'étendue de tous les marais desséchés et améliorés s'élevait à peu près à 7.790 ha dont 5.332 étaient auparavant entièrement submergés. Et ces 5.332 ha devaient être partagés par la moitié entre la Compagnie et les habitants des villages concernés » (A. Vince).

Note 2 : En 1851, la ligne Paris-Nantes est inaugurée. Deux ans plus tard, un décret autorise le passage du train à Donges. Dès 1857, la voie ferrée dessert le bourg de Donges. C’est aux chantiers navals et aux hauts fourneaux de Trignac que la commune doit son entrée dans l’ère industrielle. En 1931, une unité de raffinage de pétrole est inaugurée. La société Pechelbronn-Ouest monte une seconde raffinerie dès 1933. Donges a particulièrement souffert de la Seconde Guerre Mondiale. Dès juin 1940, les Allemands entrent à Donges et réquisitionnent le matériel et les réservoirs. La ville a subi près de 10 bombardements aériens (9 alliés, 1 allemand). La commune est en grande partie détruite entre le 24 et 25 juillet 1944.

Note 3 : Instruction publique à Donges. — Le maître qui faisait l'école à Donges, au XVIIème siècle, se nommait le scholastique ; il est ainsi désigné dans le terrier général des domaines royaux, en 1680 (Terrier de la réformation, vol. VI, p. 344. – Archives départementales, B). Ce titre, tout à fait spécial, nous rappelle l'office institué près de chaque cathédrale et semble indiquer que ces fonctions avaient été créées et dotées pour un ecclésiastique placé sous la dépendance du prieur de Donges. Il est relaté ailleurs que les petites écoles avaient été l'objet d'une fondation, mais rien n'annonce ni sa date, ni sa valeur (Archives départementales, Q). (L. Maître). 

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PATRIMOINE de DONGES

l'église Saint-Martin (1952-1957), œuvre de l'architecte Jean Dorian. Cette église remplace une église primitive du XIIIème siècle. Le vicomte de Donges était prééminencier des églises de Donges, Crossac, Montoir et Prinquiau. Le vicomte de Donges avait jadis certaines obligations à remplir : ainsi il devait offrir « par chacun an, en l'église parochiale de Donges , à l'autel de Monsieur Saint Martin, deux cierges pesant 5 livres de cires ». (Déclaration de Donges en 1534). De plus « la première fois que ledit vicomte de Donges ou sa dame la vicomtesse viennent en ladite paroisse de Donges, il appartient au seigneur de la Jallaye en Donges de se saisir du cheval sur lequel il ou elle viendra ou du vaisseau dans lequel il ou elle arrivera, du harnais dudit cheval et des apparaux dudit vaisseau, et de tous les draps et accoustrements que ledit vicomte ou ladite vicomtesse aura à cette heure, jusqu'à la chemise ; quels draps, accoustrements, cheval, harnais, vaisseau et apparaux appartiennent audit seigneur de la Jallayes » (Bibliothèque de Nantes, ms, n° 51, 712). Le nouvel édifice religieux, qui est construit en 1882, est surélevé en 1903 d'un clocher haut de 75 mètres. L'église est détruite lors des bombardements des 24 et 25 juillet 1944. Les sculptures de la façade sont l'oeuvre de l'artiste André Bizette-Lindet. L'autel et le Christ en Croix (XVIIème siècle) proviennent de l'ancien édifice religieux. Les vitraux intitulés "Christ Roi", "Couronnement de la Vierge", "Saint-Martin" et œuvre de Max Ingrand, datent de 1852-1857 ;

la chapelle Bonne-Nouvelle (XVIIème siècle), située sur la route de Savenay et fondée, semble-t-il, par la famille Jamet de la Basse-Angle. La statue de la Vierge à l'Enfant date du Moyen Age et provient de l'ancienne chapelle ;

la croix du Faux (XIIIème siècle), située sur le parvis de l'église Saint-Martin. Cette croix était située jadis près du village des Faux et dédiée à saint Thébaud ;

la croix de la Pommerais (1585), située route de Pontchâteau ;

la croix des Prauds (XVIème siècle), située dans l'enclos de la chapelle Bonne-Nouvelle ;  

l'ancien prieuré Notre-Dame de Donges, aujourd'hui disparu. Frioul (Frioldus), vicomte de Donges (ou Donge), avait donné aux moines de Marmoutier, avec l'approbation d'Hoël, comte de Nantes, un terrain près de son château, pour y bâtir une église, un monastère (cellam) et un bourg. Cette fondation eut lieu entre 1064 et 1079 sous l'épiscopat de Quiriaque, évêque de Nantes, de 1052 à 1078 ou 1079, et sous l'abbatiat de Barthélémi, qui gouverna Marmoutier de 1064 à 1084. A signaler que Frioul continua jusqu'à sa mort de porter grand intérêt à son prieuré. L'abbé Barthélémi s'était engagé à faire transporter à Donges, aux frais de l'abbaye, le corps du vicomte de Frioul, s'il mourait en Touraine, en Anjou, ou dans le comté nantais, et le prieur de Sallertaine lui fournissait des barques pour faire venir à Donges de la chaux du Poitou. Constant ou Constance, qui, sous le nom de ministerialis, paraît avoir été le prévôt et le principal officier du vicomte de Donges, y donna des champs situés à Donges et promit même de se faire moine de Marmoutier, s'il en avait le congé de sa femme dans un certain délai. Tison, fils d'Artaud, exempta les choses appartenant aux religieux de Marmoutier du tonlieu qu'il avait sur la Loire aux environs de Donges, et Tangui, fils de Brient, chevalier à la solde du vicomte, donna en mourant au prieuré une terre appelée la Verrière, en Saint-Viau, qui causa aux moines, sur la fin du XIème siècle, de longs procès. Avant de mourir Frioul prit soin de faire ratifier solennellement toutes ses donations par ses deux fils Rouaud et Geoffroi, le jour de la Saint Urbain 1083, dans la cathédrale de Nantes, en présence du chapitre et de l'abbé de Marmoutier, Barthélémi. Frioul mourut de 1083 à 1092. Ses successeurs semblent avoir assez constamment continué leur protection au prieuré. Aussi, voit-on, au commencement du XIIème siècle, les ennemis de cette maison choisir pour l'attaquer le temps où Savari (ou Savary), vicomte de Donges, se trouvait dans la disgrâce de son souverain, le duc Conan III, qui avait détruit son château et saisi sa terre. Sur la fin du XIIème siècle, Eon ou Eudon, aussi vicomte de Donges, et probablement petit-fils de Savari, donne encore au prieuré la dîme de ses moulins de Pêcherat. Cet Eon est probablement le fils et le successeur de Rouaud II de Donges, témoin en 1164 d'une donation faite par Eon ou Eudon II, comte de Porhoët, au prieuré de Saint-Martin de Josselin (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 654). Eon de Donges eut de sa femme Mathilde deux fils, Rouaud et Eon, et une fille, Emma. L'aîné, Rouaud III de Donges, succéda à son père, étant encore en bas âge, puisque en 1209 Geoffroy, seigneur d'Ancenis, figure dans une de nos chartes comme garde ou baillistre (Ballivus) de la terre du vicomte de Donges. Rouaud III fit accord en 1219 avec un de ses vassaux, Guillaume Anger (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 841). Il paraît qu'il mourut sans héritier mâle, et que sa fille fut mariée dans la maison de Rochefort, au pays de Vannes, où elle porta la terre de Donges. Et dès 1247, nous voyons Thibaud, seigneur de Rochefort et vicomte de Donges, confirmer une donation faite par un de ses vassaux à notre prieuré (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 931). Les vicomtes de Donges de la maison de Rochefort ne montrèrent pas pour les moines autant de bienveillance que les seigneurs de la première maison de Donges. Vers la fin du XIIIème siècle, Guillaume de Rochefort, peut-être fils de Thibaud de 1247, prétendit avoir sur le prieuré, en vertu du titre de fondation, un certain droit de garde consistant à s'emparer du temporel à la mort de chaque prieur, pour en jouir jusqu'au moment où le successeur du défunt venait lui en demander l'investiture. Sous prétexte d'exercer cette prérogative, il mit, en 1274, le prieuré au pillage. Après mains dégâts, il finit par renoncer pour toujours à son prétendu droit de garde. Une seconde tentative pour le recouvrer, faite en 1330 par un autre Thibaud de Rochefort, peut-être fils de ce Guillaume, aboutit à une seconde renonciation. Julien Sauvage, prieur de Donges, étant venu à mourir en janvier 1593, il se trouva pour ce prieuré sans moines jusqu'à quatre prieurs : l'administrateur de la mense conventuelle de l'abbaye de Marmoutier y en nomma un, le légat du Saint-Siège un autre, le procureur ou vicaire de l'abbé commendataire de Marmoutier un troisième, et l'abbé commendataire, alors le cardinal de Joyeuse, un quatrième (les deux premiers concurrents étaient des religieux, les deux autres des prêtres séculiers). Le prieur de l'abbé commendataire (il était du diocèse de Carcassonne, et s'appelait François de Donnadieu) allait l'emporter : il avait déjà en main la démission d'un de ses adversaires, quand sa nomination à l'évêché d'Auxerre lui fit quitter la mêlée. Mais, à sa place même de ce fugitif, l'abbé commendataire, jaloux d'user de tous les droits de sa commende, releva immédiatement (le 10 mars 1600) un autre combattant, messire René Breslay, prêtre séculier du diocèse d'Angers. Ce dernier venu l'emporta, en vertu d'un arrêt du grand Conseil du 28 septembre 1601. En 1736, le prieur titulaire, alors un certain abbé Fernex, obtint du comte de Clermont, abbé commendataire de Marmoutier, la permission d'abattre l'église priorale, qui était en mauvais état, et de construire en place une simple chapelle, pour trente à quarante personnes. Fernex alléguait, en cette circonstance, le petit revenu de son bénéfice, qui ne valait pas alors, nous dit-on, plus de 1 000 livres de rente au titulaire ;

le château de Martigné (1838), situé au lieu-dit Chevigné ou Juigné (voir cadastre) et siège d'une ancienne seigneurie bénéficiant d'un droit de haute justice. Au XVème siècle on mentionne le nom d'Alain Meschinot, comme seigneur du lieu, puis au XVIème siècle, Jean de Marbré, et au XVII-XVIIIème siècle, la famille des de Guichardy et leur descendance. En 1489, Jean de Rieux, maréchal de Bretagne, aurait fait assassiner par ses soldats Guillaume de la Lande, époux Meschinot, adversaire farouche de la réunion de la Bretagne à la France. Le seigneur de Martigné jouissait du droit de passage de Donges à Paimboeuf et de "pescheries" dans l'étier de Martigné. Le château, qui est déclaré bien national sous la Révolution, passe à la famille Vince. Le château est reconstruit en 1838. Propriété de la famille de Martigné, puis du comte de Parscau du Plessix (maire de Donges pendant 25 ans entre 1892 et 1925). Ce dernier avait épousé une demoiselle Maillard de la Gournerie. La chapelle privée date du XIXème siècle et remplace une ancienne chapelle dédiée à Saint-Michel et Saint-Sébastien ;

le domaine du Bois-Joubert (Moyen Age - XXème siècle). C'était jadis le siège d'une seigneurie, vassale de la vicomté de Donges et la propriété de la famille de l'Estourbeillon depuis la fin du XIVème siècle. En 1511, le seigneur du Bois-Joubert devait "chacun an un chapeau de roses , le jour de la Pentecoste rendu sur le teste de l'image de M. Sainct Georges, en la chapelle du château Lorieux (ou Lorieuc)" (Compte des revenus de la vicomté de Donges de 1511). L'édifice a été restauré au XVIIème siècle, puis reconstruit après avoir été incendié par les révolutionnaires en 1793. Il possède encore son colombier. Vers 1789, le lieu servait de repaire pour les révolutionnaires et amis de Guérif de Lanouan (chef de l'insurrection dans la région) qui avait épousé la soeur du seigneur du lieu, le marquis de l'Estourbeillon. Le domaine appartient à la fin du XXème siècle à la famille Dufaure qui le légua à l'association des oeuvres sociales de la Marine ;

le manoir de Tréveneux (vers le XVème siècle). On accède à ce logis par un haut porche, donnant sur une cour intérieure. Propriété de Robert Pasquereau (en 1453), Anne Ripaud (en 1597), la famille Couldray, puis la famille Guillermo. A la Révolution, François Dupont Aubevoye de la Roussière, époux de Louise Guillermo, émigra. Propriété de Pierre Aimé de La Rochefoucault-Bayers à partir de 1810, de la famille Chenel, marchand de toile à Nantes (en 1826), de Jules Leroux (ancien maire de Donges de 1871 à 1874) au milieu du XIXème siècle, de la famille Bodo (ancien maire de Donges de 1912 à 1919) en 1912, puis de la famille Moyon (en 1920) ;

le manoir de Simonais (XVIème siècle). Devenu en 1747, avocat et sénéchal de la Vicomté, Cyprien Halgan s'installe à la Simonais. De son union avec Pélargie Renouard naîtront quinze enfants, dont Emmanuel Halgan. Il s'agit de l'ancienne résidence du benjamin Emmanuel Halgan (1771-1852), contre-amiral en 1819, vice-amiral lors de la Campagne du Levant (1821-1822), député du Morbihan (de 1819 à 1830) et gouverneur de la Martinique en 1834. En 1837, il est nommé inspecteur général des ports de l'Océan et Pair de France. Une de ses soeurs, Rose, avait épousé en 1790, Pierre-Sébastien Boulay-Paty, sénéchal de Paimboeuf. Cette demeure est, en 1828, la propriété de Mme Pelletier, puis à la fin du XIXème siècle la propriété des de Thevenard dont la veuve se remariera avec le Colonel Kerzerho. Il est en 1978 entre les mains de la famille Russon ;

19 moulins dont ceux de Grace, Jobert, de la Helardière, de Gruffe, Bembois, Cassous, Grands-Moulins, de Balluais, de la Grande-Metairie, de Cassac, etc... ;

A signaler aussi :

le menhir situé au Pont Troussé ;

le menhir de la Galoche ou de la Vacherie, situé sur le site de raffinerie Elf ;

le puits Bonne-Nouvelle, situé dans l'enclos de la chapelle Bonne-Nouvelle ;

le four à pain (XVIIIème siècle), situé à La Haute-Lande ;

l'ancien château de la Lande, démoli peu après la guerre de 1914-1918 ; 

l'ancien manoir de la Charpentrais. C'était jadis le siège d'une seigneurie ayant droit de moyenne justice. Propriété de la famille Chevigné, puis, sous la Révolution, de Charles Lambert, président de l'administration cantonale de Montoir en 1797. Ce dernier épousa Marie-Généreuse Halgan, soeur du vice-amiral. De cette union naquit Eugène (1803-1879). Non loin du manoir s'élevait la chapelle de Saint-Donatien aujourd'hui disparue ;

l'ancien manoir de la Hélardère (XIV-XVème siècle). C'était jadis le siège d'une seigneurie ayant droit de haute justice. Propriété de Guillaume Briand en 1426, de la famille Cybouault et de la famille de Bouëxic, de 1650 à la Révolution. Vendu comme bien national à Julien Praud (régisseur de la Hélardière), il sera la propriété de la famille Poumier jusque vers le milieu du XXème siècle, époque où le manoir sera acquis par les Raffineries Françaises de Pétrole de l'Atlantique. En 1978, il est habité par la famille Cornelis. Il possède une chapelle privée ;

l'ancienne demeure de la Loirie (Loayrie). Propriété successive de Jean Louër en 1499, puis des familles "de la Loayrie" ou "de la Louayrie", puis de Pierre de Champeaux, des Chotard et des Bonfils (qui possédaient les fermes voisines, les Gastineaux et la Manchotais), et enfin de Blanchard de la Musse. Cette demeure possédait jadis une chapelle privée où, le 20 décembre 1688, " ont été espousés Charles de Saint-Aubin, escuyer, et Marie-Thérèse de la Louayrie, par noble et discret Philippe de la Louayrie, chanoine de Guérande " ;

d'autres demeures sont mentionnées : Condé (propriété de la famille du Couldray), puis Redureau (propriété de la famille de Besné), la Laubrie, l'ancien prieuré d'Er (acheté sous la Révolution par la famille Brière de Martigné), la Jallais (siège de l'ancienne seigneurie de la Vicomté et démolie au début du XXème siècle), le château de Misère (situé entre la Grée et Sem, et attribué à Laurent Legrand) ;

la raffinerie de pétrole (XXème siècle). Les premières unités pétrochimiques sont installées au début de 1930 ;

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ANCIENNE NOBLESSE de DONGES

Dès le commencement du XIème siècle on trouve mentionné un vicomte de Donges appelé Rotald ; ce nom et ceux de ses successeurs semblent d'origine teutonique et permettent de croire que ces seigneurs descendaient des chefs normands maîtres absolus des bords de la Loire à l'origine du Xème siècle Toujours est-il que le vicomte Friold, fils de Rotald, fonda vers 1070 près de son château de Donges un prieuré en faveur de l'abbaye de Marmoutier (ou Marmoutiers). Environ dix ans plus tard ce même Friold, conjointement avec ses fils Roald et Gaufrid, créa un second prieuré, celui de Saint-Nazaire, qu'il donna à l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers. Gaufrid ou Geffroy avait succédé à son père, lorsque vers 1099 il approuva la donation de l'église de Crossac à l'abbaye de Redon. L'acte en fut dressé à la cour du vicomte (" in aula vice-comitis de Dongia, coram tota curia ». Savaric, vicomte de Donges en 1127 et 1138, s'attira la disgrace de Conan III duc de Bretagne qui saisit momentanément sa terre et fit raser son château de Donges, pour le punir, croit-on, de s'être rendu complice des désordres d'Olivier de Pontchâteau, homme sanguinaire et féroce dit le Cartulaire de l'abbaye de Redon. A partir de cette époque les vicomtes de Donges allèrent habiter une autre forteresse leur appartenant : c'était Lorieuc en la paroisse de Crossac. En 1164 on rencontre un Roald, vicomte de Donges, accompagnant Eudon de Porhoët à Josselin. Ce seigneur eut pour successeur Eon ou Eudon, vicomte de Donges, qui fit une donation vers la fin du XIIème siècle au prieuré de Donges. Eudon laissa de Mathilde, sa femme, un fils aîné nommé Rouaud qui succéda à son père, étant encore en bas âge. Ce Rouaud, vicomte de Donges, fit en 1219 un accord avec Guillaume Anger (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 427, 654 et 841). Il paraît qu'il mourut sans postérité mâle et que sa fille ou sa soeur nommée Emma fut mariée dans la maison de Rochefort à laquelle elle apporta la terre de Donges. Ainsi finit la race des premiers vicomtes de Donges qui portaient pour blason : Echiqueté d'or et d'azur. Dès 1240 nous voyons, en effet, Thébaud Ier sire de Rochefort prendre le titre de vicomte de Donges. Ce seigneur confirma sept ans plus tard une donation faite au prieuré de Donges, et vécut jusque vers 1270. Il jouit aussi en 1250 de la seigneurie de Châteauneuf près de Saint-Malo et ses successeurs furent pendant longtemps tout à la fois sires de Rochefort et de Châteauneuf et vicomtes de Donges (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 931).

Voici brièvement leurs noms :
— Guillaume I de Rochefort, vicomte de Donges dès 1271, fit des aumônes aux abbayes de Villeneuve et de Buzay, mais voulut exercer au prieuré de Donges un droit vexatoire de garde (Archives Loire Inférieure, H 34 et 133). D. Morice nous a conservé le sceau de ce vicomte, présentant un cavalier armé et blasonné de vair (Rochefort portait : Vairé d'or et d'azur) avec cette légende : S. GUIL. DE ROCHEFORTI VICECOMITIS DONII. — Thébaud II de Rochefort, fils, du précédent, s'unit à Anne de Neuville et fonda le couvent des Carmes de Nantes en 1327. — Guillaume II de Rochefort, épousa: - 1° en décembre 1308 Philippette de Laval, -2° Jeanne de Caletot qui lui survécut ; il mourut vers 1347. — Thébaud III de Rochefort, fils du précédent et petit-fils de Thébaud II, se maria à Jeanne d'Ancenis qui lui apporta la baronnie de ce nom ; il fut tué en 1364 à la bataille d'Auray. - Thébaud IV de Rochefort, son fils, mourut en 1371 sans postérité et ses seigneuries passèrent à sa soeur Jeanne de Rochefort. Cette dame avait épousé en 1360 Eon de Montfort décédé en 1373 et inhumé à l'abbaye de Blanchecouronne (Blanche-Couronne) en la chapelle des sires de Rochefort. Elle se remaria l'année suivante à Jean II, sire de Rieux, lui donna neuf enfants, redevint veuve en 1417 et mourut elle-même le 3 mars 1423.

Les sires de Rieux, vicomtes de Donges, furent ensuite :
— Jean III de Rieux, époux de Béatrix de Montauban, puis de Jeanne d'Harcourt et mort en janvier 1431. — François de Rieux, son fils et issu du premier lit, uni à Jeanne de Rohan et décédé en 1458. — Jean IV de Rieux, fils du précédent, maréchal de Bretagne et tuteur de la duchesse Anne, marie : - 1° en 1451 de Françoise Raguenel, -2° en 1495 de Claudine de Maillé, -3° d'Isabelle de Brosse. — Claude Ier de Rieux, marié en 1518 à Catherine de Laval, puis en 1529 à Suzanne de Bourbon, décédé âgé de 35 ans le 7, mars 1532 ; en mai 1534 sa veuve rendit aveu au roi au nom de son fils mineur, pour la vicomté de Donges. — Claude II de Rieux sorti du second mariage de Claude Ier ; mais ce jeune seigneur mourut à l'âge de 18 ans en avril 1548, sans avoir contracté d'alliance. La vicomté de Donges échut alors à Renée de Rieux, fruit du premier mariage de Claude Ier, et femme de Louis de Sainte-Maure, marquis de Nesle ; ce seigneur fit hommage au roi pour Donges en 1540 ; sa femme se retira en Bretagne et y mourut sans enfant en 1567. La succession de Renée de Rieux fut, en partie, recueillie par un de ses cousins Guy Ier de Rieux, seigneur de Châteauneuf, marié à Anne du Châtel, puis à Magdeleine d'Espinay ; vicomte de Donges en 1573, il mourut en mer le 12 février 1591. — Guy II de Rieux, sire de Châteauneuf, fils du précédent et issu de sa seconde union, fit hommage au roi pour la vicomté de Donges le 4 mai 1600 (Archives de Loire Inférieure, B1009). Il épousa d'abord Eléonore de Rochechouart, puis en 1631 Catherine de Rosmadec. Ce seigneur mourut au château du Matz en Savenay, le 9 décembre 1637, et fut inhumé en l'église des Cordeliers de Savenay. Sa veuve décéda dix ans plus tard au château de la Hunaudaye. Ils laissaient deux garçons Jean et René de Rieux successivement vicomtes de Donges mais morts encore jeunes, l'un en 1642 l'autre en 1656, et une fille Jeanne-Pélagie de Rieux qui hérita, après la mort de ses frères, de la vicomté de Donges. Cette dame avait épousé son cousin Jean-Emmanuel de Rieux, marquis d'Assérac ; mais ce dernier seigneur fut tué en duel dès 1656. Il laissait un fils Jean-Gustave de Rieux, et en 1658. Mme d'Assérac fit hommage au roi, au nom de cet enfant, pour sa vicomté de Donges. Jean-Gustave de Rieux, marquis d'Assérac et vicomte de Donges, fit en 1683 la déclaration au roi de cette dernière seigneurie ; mais il la vendit en 1690 à René de Lopriac, baron de Coëtmadeuc. Ce dernier seigneur avait déjà acheté en 1679 le marquisat d'Assérac et ses descendants possédèrent jusqu'à la Révolution tout à la fois Assérac et Donges ;  la dernière marquise d'Assérac et vicomtesse de Donges fut Félicité de Lopriac, femme du marquis de Kerhoent, exécutée sur l'échafaud révolutionnaire de Paris, le 25 juillet 1794.

Donges, vicomté d'ancienneté, relevait directement du duc de Bretagne et plus tard du roi de France, sous leur juridiction de Nantes. A l'origine cette vicomté comprenait la châtellenie de Saint-Nazaire et la seigneurie de Lavau, qui en furent démembrées d'assez bonne heure. Plus tard, à la fin du XVIème siècle, la baronnie de la Roche en Savenay fut annexée à la vicomté de Donges, mais sans lui être régulièrement unie ; aussi parlerons-nous plus loin seulement de cette baronnie.
La haute justice de Donges s'étendait en dix paroisses : Donges, Montoir, Cordemais, Crossac, Prinquiau, Lavau, Pontchâteau, Savenay, Malleville et le Temple-Maupertuis. Le sire de Donges avait en sa petite ville un marché tous les jeudis et quatre foires par an, aux fêtes de Saint-Martin d'hiver, Saint-Georges, Saint-Jean-Baptiste et Saint-Louis. Sur la lande de Mondhéry en Donges se dressait la justice patibulaire de la vicomté, à quatre poteaux. Quand il s'y faisait une exécution de condamné à mort, les possesseurs des terres nobles de Langle-Casso et de Loisellière en Donges étaient tenus de se rendre au château de Lorieuc — chef-lieu de la vicomté depuis la ruine du château de Donges — et d'y fournir « chacun un homme suffisant, à cheval et armé » pour accompagner jusqu'au gibet le criminel et « les gens de justice allant faire faire ladite exécution » (Déclarations de Donges en 1534 et 1683).
Il y avait en la vicomté de Donges trois sergenteries féodés. La première était la Jallaye en Donges ; son possesseur devait « conduire les prisonniers et malfaiteurs pris en la paroisse de Donges jusqu'aux prisons du chasteau de Lorieuc » ; il devait aussi « fournir le bourreau et exécuteur de la justice pour exécuter les condamnés ». Le seigneur de la Jallaye était, en outre, tenu « de faire ou faire faire tous les dimanches, à l'issue de la grande messe parochiale de Donges, les bannies de la vicomté ..... et quand tiennent les plaids de la Cour de Donges préparer ladite cour de sarges, bancs, tables et autres choses honnestes pour l'exercice de la juridiction » (Déclarations de Donges en 1534 et 1683).
En la paroisse de Montoir les mêmes derniers devoirs incombaient aux seigneurs de Braz et de Trégonneau également sergents féodés de Donges ; « Lesquels doibvent quand les juges de la vicomté ont assigné les plaids d'icelle tenir au bourg de Montoir, faire dresser et parer la cour de bancs, sarges et tables pour l'exercice de la dite Cour ; plus doibvent, tous les dimanches, à l'issue de la messe parochiale dudit Montoir faire !es bannies de la seigneurie ; et doibvent encore lesdits sieurs cueillir la récepte de la petite taille de Montoir » (Déclarations de Donges en 1534 et 1683).
Nous avons dit que les premiers vicomtes de Donges avaient fondé un prieuré prés de leur château. Probablement en reconnaissance de cette pieuse fondation, il était dû « à la seigneurie par le prieur de Donges, à la feste de Noël entre la messe du matin et celle du jour dictes en l'église parochiale de Donges, quatre pains appelés pains paillés, du prix de deux deniers chacun, et un demeau de vin contenant quatre quartes, le tout présenté sur le pont de Donges, — Plus, au terme des vendanges, quatre miches de pain et deux tallons de vin, chaque tallon contenant deux quartes » (Déclarations de Donges en 1534 et 1683).
De son côté le seigneur du Boisjoubert en Donges devait, chaque année « le jour de la feste de la Penthecoste porter un chapeau de roses au château de Lorieuc » et déposer cette couronne « en la chappelle dudit chasteau sur la teste de Monsieur Saint Georges ». Quant au sieur de la Métairie en Donges, il était obligé de faire célébrer le jour Saint-Georges, dans l'église prioriale de Donges, un service pour le repos des âmes des vicomtes de Donges décédés (Déclarations de Donges en 1534 et 1683).
Enfin le vicomte de Donges avait un petit fief en Cordemais et le Temple-Maupertuis. Les rentes s'en payaient le jour de Noël à l'issue de la messe du point du jour dite en l'église du Temple : Or « sont tenus ceux qui doibvent les dites rentes de conduire le sergent receveur (de la Vicomté) de la dite église en une maison honneste audit lieu du Temple, en laquelle il y ait pain et vin à vendre, et luy doibvent donner à disner celuy jour, à poulets bouilli et rosti, à lui et à son homme, et serviette blanche sur l'épaule, estant assis à la table vers le feu, et luy administrer et bailler pain et vin du meilleur, et le traiter d'une manière compétente, pour le rendre du tout à son bon plaisir et le desfrayer de tout à leurs despens, sans qu'il luy en couste aucune chose ».
Le vicomte de Donges avait de son côté certaines obligations à remplir : ainsi il devait offrir « par chacun an, en l'église parochiale de Donges, à l'autel de Monsieur Saint Martin, deux cierges pesant 5 livres de cires ». (Déclaration de Donges en 1534). De plus « la première fois que ledit vicomte de Donges ou sa dame la vicomtesse viennent en ladite paroisse de Donges, il appartient au seigneur de la Jallaye en Donges de se saisir du cheval sur lequel il ou elle viendra ou du vaisseau dans lequel il ou elle arrivera, du harnais dudit cheval et des apparaux dudit vaisseau, et de tous les draps et accoustrements que ledit vicomte ou ladite vicomtesse aura à cette heure, jusqu'à la chemise ; quels draps, accoustrements, cheval, harnais, vaisseau et apparaux appartiennent audit seigneur de la Jallayes ».
Un état des revenus de la vicomté de Donges fait monter à environ 10 000 livres les rentes par deniers de cette seigneurie ; mais il y avait en outre, une foule de redevances en nature : quantité de boisseaux de froment, avoine et seigle, 584 chapons, 244 poules, 135 oies, « un coq chantant », deux livres de poivre et quatre livres de sucre blanc et enfin « une paire de gants de peau ». Le vicomte de Donges levait aussi les coutumes des ponts de Montoir et de Méans et celles des halles de Savenay. Les tenanciers des paroisses de Crossac, Donges et Prinquiau et ceux du fief du Grévy en Pontchâteau étaient obligés de faire au besoin « le guet par cause de la place et forteresse de Lorieuc ». De plus il était dû au vicomte de Donges « de chaque
premier décédé ès-dites paroisses cinq sols ou la meilleure robe du défunct »
. Enfin au même seigneur appartenait un droit de « banc et estanche en la paroisse de Donges sur tous les vendants vin en détail, huit jours avant la feste de la Transfiguration de N.-S. et huit jours en suivant » (Déclaration de Donges en 1534).
D'autres droits féodaux s'exerçaient encore sur la Loire : c'était d'abord « le droit d'ancrage sur tous les navires et bateaux qui entrent en ladite rivière devant Donges et déchargent leurs marchandises sur les fiefs de la vicomté ». Puis « tous ceux qui prennent en Loire poissons comme esturgeons, molues et saumons, doibvent les porter au seigneur de Donges qui leur doit cinq souls pour chaque poisson de quelque grandeur qu'il soit » (Déclaration de Donges en 1534). Le vicomte de Donges prétendait même en 1534 avoir le droit de recueillir des épaves « des navires et bateaux qui se brisent en Loire ». Mais ce droit de bris n'était plus admis au siècle dernier.
Quant aux mouvances nobles de la vicomté de Donges elles étaient nombreuses, car la plupart des terres nobles situées en Donges, Crossac et Montoir relevaient d'elle. Le vicomte de Donges était prééminencier des églises de Donges, Crossac, Montoir et Prinquiau ; il avait une chapelle prohibitive en l'église abbatiale de Blanche-Couronne et des enfeus dans les églises conventuelles des Carmes, des Cordeliers et des Jacobins à Nantes (Déclaration de Donges en 1683).

De l'ancien château de Donges détruit au XIIème siècle par le duc Conan III, il ne demeure que la motte de terre qui le supportait ; il avoisinait le prieuré dont on retrouve un débris d'église romane ; le tout sur une petite prééminence dominant le cours de la Loire et près du bourg de Donges. Il ne reste pas grand chose non plus du château de Lorieuc en Crossac. Ce n'est au milieu d'un marais, qu'un informe amas de pans de murs et de tours écroulées qu'entourent de larges douves pleines d'eaux. Ce château fut probablement ruiné pendant les guerres de la Ligue ; l'aveu de 1534 le décrit ainsi : « le chasteau et forteresse de Lorieuc ô son fonds, douves, édifices, jardin, marais, bois, etc. le tout contenant douze journaux de terre » ; mais l'aveu de 1683 dit : « le chasteau de Lorieuc à présent ruisné, anciens jardins, etc. ».

Voici maintenant l'énumération des biens constituant le domaine en 1683 et 1705 : en Crossac les marais de Lorieuc contenant 400 journaux ; l'étang et le moulin à vent de Roz ; le bois de la Haye du Bezo. — en Donges : la métairie du Genesty, les prés et marais de la Maréchaussée ; l'île de Guersac ; les moulins de Grâce, de Tatignac, d'Assac et de la Pommeraye ; l'étang de la Marignaye. — En Montoir divers prés et pâtures ; les moulins du Clos, de la Grée et des Grandes-Iles. Mais « sont les hommes de la vicomté de Donges en possession de prendre des mottes pour chauffage et litières et faire paître leurs bestiaux, sans pouvoir en estre empeschés, dans les marais de Montoir compris entre les paroisses de Pontchâteau, Crossac, Herbignac, Saint-Lyphard, Saint-André et Saint-Nazaire ». En Prinquiau : le bois de l'Esme et le moulin de la Grée. — En Savenay : l'emplacement d'un étang et d'un moulin ruiné ; l'emplacement d'un four à ban également en ruines, appelé Four Hardy ; les bois du Parc de la Murmerie de Rochefort-à-Savenay (Déclaration de Donges en 1534, ce domaine de Savenay ne figure plus dans l'aveu de 1686). — En Cordemais : le moulin de la Roche — en Pontchâteau et Musillac : l'étang de Crévy et ses deux moulins, etc.
Comme les bois de Crévy renfermaient pas mal d'animaux nuisibles à l'agriculture et relevaient de la vicomté de Donges, « les vassaux du fief de Crévy » pouvaient prendre les bêtes fauves et noires qui s'y trouvaient errant dans ledit fief, mais ils devaient au vicomte de Donges « le cimier de chaque beste fauve et la hure de chaque beste noire » (Déclaration de Donges en 1683). Cette tolérance des vicomtes de Donges, alors que les privilèges de la chasse étaient si grandement estimés par la noblesse, prouve, aussi bien que leur conduite envers les habitants de la Brière de Montoir, l'intérêt que ces seigneurs prenaient au bien-être de leurs vassaux (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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