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DOMALAIN

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La commune de Domalain (pucenoire.gif (870 octets) Domalan) fait partie du canton d'Argentré-du-Plessis. Domalain dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de DOMALAIN

Domalain vient, semble-t-il, de « dom Melaine », évêque de Rennes. 

La paroisse de Domalain est mentionnée pour la première fois en 1240, mais elle existait certainement dès le XIème siècle. En effet le village de Carcraon (cité dès 1198) dispose dès le XIIème siècle d'une chapelle, dédiée à saint Maimboeuf, évêque d'Angers (VIIème siècle), et qui dépend de l'Abbaye de Saint-Aubin d’Angers. 

Il est fait mention pour la première fois, en termes clairs et précis, de la paroisse et du bourg de Domalain en 1240. A cette époque, Geoffroy de Pouancé, seigneur de la Guerche, mariant sa fille Thomasse à André, baron de Vitré, donna à celle-ci en dot divers petits fiefs éparpillés dans de nombreuses paroisses, entre autres en Domalain , « in burgo et parochia de Donno Alano » ; il en excepta toutefois l'étang, le bourg et les moulins de Carcraon, « exceptis burgo de Carqueron, molendinis et situ stangni », qui avaient déjà d'ailleurs donné lieu à plus d'une contestation entre les seigneurs de la Guerche et de Vitré (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 730, 917). Il ne faut pas toutefois conclure de cette charte que la paroisse de Domalain n'existait pas avant le XIIIème siècle ; M. de la Borderie croit avec juste raison qu'elle remontait au moins au XIème siècle. Nous avons vu, en effet, que l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers avait fondé le prieuré de La Celle-Guerchoise, dont les possessions s'étendaient en Domalain ; or, en 1264, le seigneur de la Guerche accorda divers droits au prieur de La Celle dans la paroisse de Domalain, « in parochia de Dono Alano ». Or, à côté de ce dernier acte parfaitement clair, est une autre charte datée de 1142, par laquelle Alain, évêque de Rennes, confirme à l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers la possession de divers revenus ecclésiastiques qui lui ont été donnés précédemment, et dès le temps de l'évêque Hamelin (1127-1141), par certains chevaliers dans une des églises du diocèse de Rennes. Malheureusement la seule copie que nous possédions de cette charte est défectueuse et ne nomme point cette église ; il y est seulement dit que les biens ainsi confirmés consistaient en dîmes ainsi qu'en la moitié des offrandes faites dans l'église en question aux cinq fêtes de Noël, Pâques, la Toussaint, la Purification et la Saint-Melaine, en l'honneur duquel était fondée ladite église (« Medietatem oblationum quinque festivitatum in eadem ecclesia, scilicet Nativitatis Domini .... et Beati Melanii in cujus honore predicta ecclesia fundatur » - Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux, XLV, 468.) . Or, l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers, — cela est certain, — n'a jamais eu de biens ou de droits que dans trois paroisses du diocèse de Rennes, savoir : La Celle-Guerchoise, dédiée à saint Martin, Chelun, à saint Pierre, et Domalain, à saint Melaine. L'indication de ce patronage désigne donc incontestablement cette dernière paroisse; voilà la preuve directe qu'elle existait dès la première moitié du XIIème siècle. Nous croyons volontiers aussi, avec M. de la Borderie (Revue de Bretagne et de Vendée, XXIX, 203), que le nom de Domalain, mal latinisé au XIIIème siècle en domnus Alanus, devait être originairement dom Melain, dont on a fait, par altération, dom Malain. Dans la formation des noms de lieux empruntés aux noms de saints, l'usage a parfois, en effet, remplacé jadis le titre ordinaire de sainteté, sanctus, par dominus, en français dom (Pouillé de Rennes).

Les recteurs de Domalain étaient à la présentation de l'ordinaire. Le dernier d'entre eux, M. Jolivel, déclara en 1790 que le revenu brut de sa cure était de 3 635 livres ; il jouissait, en effet, d'un presbytère avec son pourpris, estimé 36 livres de rente, et des deux tiers des grosses dîmes ainsi que de toutes les novales, valant 3 599 livres Mais sans compter les 1 000 livres de pension qu'il faisait à son prédécesseur, il avait à payer : la pension de deux vicaires, 700 livres ; une rente de 350 livres due chaque année au bureau des pauvres de sa paroisse ; 280 livres de décimes ; l'entretien des bâtiments, 100 livres, etc. ; c'était en tout au moins 1 430 livres de charges, réduisant son revenu à 2 205 livres, et une fois la pension du prédécesseur payée, à 1 205 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29).

Domalain dépendait autrefois de la châtellenie du Désert et de l'ancien diocèse de Rennes. Le fief du Désert renfermait tout le bourg de Domalain, y compris l'église, dont le seigneur du Désert était fondateur et supérieur, y ayant toutes les prééminences « comme enfeu prohibitif et banc au chanceau, écussons tant en bosse qu'en peinture aux lieux les plus honorifiques, etc. ». L'auditoire de la châtellenie du Désert où s'exerçait sa haute justice, ses prisons, ceps et collier pour les malfaiteurs étaient au bourg de Domalain.

On rencontre les appellations suivantes : parochia de Donno Alano (en 1240), Domalanum (en 1516).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Domalain : Pierre Bretin (vers 1415), Jehan Bouteiller (vers 1568), Julien Marais (en 1598), Jean Belordeau (en 1618 et en 1654), Julien Riou (vers 1657-1670), Nicolas de Gohier (en 1671), Jacques de Gohier (1680-1709), François Pen (1710-1712), Mathurin Bernard (1712-1720), Pierre Quesneau (1720-1745), Jean-Baptiste Bermeur (1745-1746), Pierre de Saint-Jean (1746-1788), Jean-Michel Jollivel (1788-1789 et 1803-1805), Pierre Biatte (1805-1836), N... Morel (1836-1851), Prosper Théard (1851-1881), Lunaire Maignant (à partir de 1881), ....

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PATRIMOINE de DOMALAIN

l'église Saint-Melaine (XVI-XVII-XIXème siècle). Dédiée à saint Melaine, l'église de Domalain est un des plus intéressants édifices de style flamboyant que possèdent nos campagnes : elle se compose de trois nefs terminées par des chevets droits. La nef principale doit être du commencement du XVIème siècle. Le collatéral du Nord est de 1549, et celui du Sud a été bâti à trois fois différentes époques, en 1632, 1705 et 1846. La façade principale, à l'Ouest, porte la date 1844, époque où elle fut relevée. La tour, posée au bas du collatéral du Nord, a perdu sa flèche, renversée par l'ouragan de 1705, et n'a gardé que ses « fillettes » jusqu'en 1894, date à laquelle elle est relevée par l'architecte rennais Gelly grâce aux 60 000 francs offert par Jacques Heinry de Carcraon (en mémoire de son fils décédé en 1891). Extérieurement, la façade méridionale de cette église est surtout remarquable. Elle offre de belles fenêtres à meneaux, des pignons aigus tout dentelés, d'élégants pinacles et de curieuses gargouilles : c'est toute la richesse du style ogival fleuri de la dernière époque. A l'intérieur, on regrette naturellement de voir bouchée la belle fenêtre flamboyante du chevet, mais le maître-autel, dont le retable la cache, est un de nos plus beaux dans le style de la renaissance. Les nefs sont séparées par des colonnes gothiques en forme de palmier. Des verrières modernes ont remplacé les anciennes, disparues, hélas ! depuis longtemps, et l'ensemble de l'édifice est vraiment agréable. Le 26 août 1606, Mgr Larchiver, évêque de Rennes, vint à Domalain consacrer dans cette église quatre autels en l'honneur du Saint-Nom-de-Jésus, de la Sainte Vierge, de saint Michel et de saint Gorgon. En 1682 on y voyait, en outre, l'autel de Saint-Sauveur et de Saint-Fiacre et celui du Saint-Rosaire ; la dédicace de ce dernier eut même lieu cette année-là, ce qui nous donne la date approximative de l'érection de la confrérie du Rosaire à Domalain. Enfin, dès 1603, Julien Marais, recteur, avait fondé une messe du Saint-Nom-de-Jésus tous les vendredis à l'autel du Crucifix, et l'avait dotée de 26 livres de rente sur le lieu de la Placière : une plaque de cuivre rappelait naguère dans l'église cette fondation. Le seigneur du Désert était seigneur fondateur et supérieur de l'église de Domalain, y ayant « toutes les prééminences comme enfeu prohibitif et banc au chanceau, écussons tant en bosse qu'en peinture aux lieux les plus honorifiques, etc. ». Mais le seigneur du Pin (en 1688, Charles de Sévigné) prétendait aussi avoir droit d'enfeu et de bancs tant au chanceau que devant l'autel de Notre-Dame dans la nef. Le seigneur de Lescardière avait également le droit de faire jouer à la soule dans le cimetière le jour de Noël, à l'issue de la messe paroissiale. Le recteur Julien Marais fit en 1603 la fondation de la Placière en son église. Le recteur Jean Belordeau, par son testament daté du 9 septembre 1654 fit plusieurs fondations dans on église. Enfin, les recteurs de Domalain avaient leurs tombes près de la balustrade du grand-autel, du côté de l'épître (Pouillé de Rennes). Le clocher date du XIXème siècle. La nef semble datée du XVIème siècle. Le collatéral nord est de 1549, celui du sud est construit en 1632, 1705 et 1846. La façade ouest est refaite en 1844. Le retable du maître-autel, oeuvre du sculpteur Pierre Corbineau, date de 1637-1848 (nota : on 1848, l'autel est remplacé par un autel en forme de tombeau) : une belle Pièta, entourée de saint Pierre et de saint Malo, domine ses deux registres soutenus par seize colonnes de marbre gris et rose à chapiteaux corinthiens. Le tableau central du maître-autel représente les apôtres recevant le Saint-Esprit et la Sainte-Vierge parmi eux : saint Nicolas, à droite, et saint Melaine, à gauche, contemplent la scène. L’autel et retable sud, oeuvre du sculpteur Mathurin Thé du Châtelier, datent de 1682. La chaire est construite vers 1700. Le vitrail intitulé "Infaillibilité Pontificale" et qui surmonte le portail ouest, est l'oeuvre de l'atelier Chauvel de Vitré et date de 1870 ; 

l'ancienne chapelle Sainte-Anne de la Hainrière. En 1663, Julien Marye, sieur de la Hainrière, prêtre employé à Saint-Aubin de Rennes, ayant fait bâtir au village de la Hainrière une chapelle en l'honneur de sainte Anne et de saint Julien, la fonda, par acte du 28 juin, d'une messe tous les dimanches et fêtes et la dota de terres situées aux alentours. Le 23 juillet 1663, l'ordinaire approuva cette fondation, et trois jours après, à la fête Sainte-Anne, Jean Bonnier, recteur de Saint-Aubin de Rennes, vint faire la bénédiction du nouvel édifice (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 80). Cette chapelle, présentée par le recteur de Domalain, eut successivement pour chapelains : Guillaume Ricard (décédé en 1710), — Nicolas Chapel (1710), — François Lecomte (1732), — François Georgin (1745), — Hector Boislève (1757), — André Marcille (1760), — Julien Posson (1773). Le dernier chapelain fut M. Berthois, qui, en 1790, jouissait d'une petite métairie affermée 144 livres : il devait, outre la messe, faire le catéchisme les dimanches et fêtes. A la fin du XIXème siècle, la chapelle de la Hainrière continuait d'être régulièrement desservie tous les dimanches par un vicaire de la paroisse (Pouillé de Rennes) ;

la croix de l'enclos paroissial (XVIème siècle) ; 

la maison (vers 1600), située rue Brune ; 

la maison (XVIème siècle) de Carcraon ; 

des moulins à eau dont celui de Pouez, de Princé, de Carcraon, de l’Esclardière ; 

A signaler aussi : 

on a démoli vers 1842 dans le Grand Cimetière, près du presbytère, une chapelle isolée de l'église. Elle se trouvait en 1688 dans ce qu'on appelait alors le grand Cimetière, non loin du presbytère, mais isolé de l'église ; 

l'ancien manoir de la Boisselière ou de la Bouëxière. Propriété de la famille Princé en 1436 et de la famille le Bart en 1513 ; 

l'ancien manoir du Pin. Propriété de la famille Hay, seigneurs des Nétumières au XVIIIème siècle ; 

l'ancien manoir de Montbesnard. Propriété successive des familles Champeaux (en 1436), Thierry, seigneurs du Boisorcant (en 1513 et 1540), Cherbonnel (en 1688 et 1724) ; 

l'ancien manoir du Haut-Princé. Propriété de la famille Princé en 1436 et en 1513, puis de la famille Charton en 1547 et en 1598 ; 

l'ancien manoir de Princé. Il possédait un droit de haute justice. Propriété successive des familles Princé (en 1436), Rochère (au XVI et XVIIème siècles), Grout, seigneurs de Fourneaux (au XVIIIème siècle) ; 

l'ancien manoir de Carcraon. Il avait autrefois une chapelle. Il est fait mention du pittoresque étang et du gros village appelé bourg de Carcraon dès 1198. En 1210, Guillaume, seigneur de la Guerche, donna à l'abbaye de Saint-Georges de Rennes 20 sols de rente sur ses moulins de Carcraon, rente payable la veille de la Saint-Georges, afin que le monastère eût un repas plus abondant le jour de cette fête (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 208). Nous avons vu qu'il est encore fait mention de Carcraon en 1240, mais nous ignorons la fondation de la chapelle bâtie dans ce village ; quoique nous ne la voyons signalée qu'en 1659, nous pensons qu'elle devait être beaucoup plus ancienne ; elle était fondée de messes, mais en 1790 son revenu n'était que de 24 livres Le 28 juillet 1763 mourut René Rupin, âgé de quatre-vingt-cinq ans, chapelain de Carcraon, « dont la mémoire doit être à jamais respectable », disent les registres contemporains Propriété successive des familles du Boys (en 1436), Gastmel, seigneurs du Chesne (en 1553 et 1647) ; 

l'ancien manoir de Bérangier ou de Bellanger. Propriété de la famille Maudays en 1436 et de la famille la Montagne en 1513 ; 

l'ancien manoir de la Rouaudière. Propriété successive des familles la Lande (en 1436), la Rochère (en 1513), la Bécannière (en 1640) ; 

l'ancien manoir de la Rochère. Propriété de la famille Rochère en 1420 et en 1554 ; 

l'ancien manoir de l'Esclardière. Il possédait autrefois un droit de haute justice. Propriété successive des familles Argentré (avant 1436), du Pouez (vers 1436 et en 1517), Chouart (en 1541), Vieuxville (en 1632), Michel, seigneurs de Cambernon (vers 1711), Grout, seigneurs de Moutiers (en 1741), Rhuys Ambito (en 1763) ; 

l'ancien manoir du Pouez. Il possédait autrefois un droit de haute justice. Propriété successive des familles de Pouez (en 1397), Vieuxville (vers 1541), Michel, seigneurs de Cambernon (vers 1711), Grout, seigneurs de Moutiers (en 1741), Rhuys Ambito (en 1763) ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de DOMALAIN

La châtellenie du Désert : On appelait le Désert une moitié de l'ancien évêché de Rennes formant un archidiaconé de même nom ; ce vaste territoire renfermait les cantons actuels presqu'entiers de Rennes (Nord-Est, Nord-Ouest et Sud-Ouest), Mordelles, Hédé, Saint-Aubin-d'Aubigné, Châteaugiron, Janzé, Bain, Le Sel, La Guerche et Retiers. La châtellenie du Désert, moins étendue que l'archidiaconé, se composait néanmoins d'une foule de fiefs s'étendant en un très grand nombre de paroisses faisant à peu près toutes partie de l'archidiaconé du Désert. La seigneurie du Désert appartint à l'origine aux barons de Châteaubriant, qui la donnèrent parfois en apanage à leurs puînés. C'est ainsi qu'au commencement du XIVème siècle Amaury de Châteaubriant, second fils du baron Geoffroy VI, eut en partage la terre du Désert ; quoique ce seigneur se fût marié deux fois, d'abord avec Eustaice de la Haye, puis avec Amice de la Motte, il décéda sans postérité le 14 avril 1343 et fut inhumé en l'église de Béré près Châteaubriant, où il avait fondé une chapellenie ; le Désert revint alors au baron .Geoffroy VIII de Châteaubriant. La fille unique de ce dernier, Louise, baronne de Châteaubriant, par son testament du 26 octobre 1383, donna à son mari Guy XII, comte de Laval, « toute la terre du Désert, à la tenir sa vie durant » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 20 et 23). Rentré dans la seigneurie de Châteaubriant à la mort de Guy XII, le Désert appartenait en 1456 à Françoise de Dinan, baronne de Châteaubriant, qui en rendit alors aveu au duc ; cette dame, femme de Guy XIV, comte de Laval, laissa là châtellenie du Désert à son fils, François de Laval, baron de Châteaubriant ; le fils de ce dernier, Jean de Laval, également baron de Châteaubriant, en hérita en 1503. Jean de Laval, ayant perdu l'unique enfant qu'il avait eu de sa femme Françoise de Foix, dispersa de tout côté son immense fortune, vendant ou donnant de son vivant la plupart de ses nombreuses seigneuries. De la châtellenie du Désert, il fit deux parts dont il vendit l'une, en 1541, à Jacques de Montgommery et Claude de la Bouexière, seigneur et dame de Bourgbarré, l'autre, en 1542, à Guy XVII et Claude de Foix, comte et comtesse de Laval. Mais chacune de ces portions du Désert fut bientôt après divisée à son tour : de l'acquisition faite par Jacques de Montgommery naquirent les seigneuries du Désert-à-Bourgbarré que conservèrent les seigneurs de Bourgbarré, — Désert-à-Janzé qu'acquit le seigneur de Brie, — du Désert-à-Laillé acheté par le seigneur de Saint-Jean de Laillé, — du Désert-à-Chantepie échu au seigneur des Loges, — et du Désert-à-Saint-Grégoire apportée par Jacqueline de la Bouexière à son mari, le seigneur du Plessix-Beaucé. La partie du Désert achetée par le comte de Laval, baron de Vitré, ne fut guère moins divisée : dès 1553, nous voyons la maison noble de la Rivière-du-Désert — seul logis seigneurial connu de la châtellenie — entre les mains de Jean de Marigné ; en 1563, Guyonne, comtesse de Laval, vend la moitié de la seigneurie du Désert à François de Coligny, seigneur d'Andelot, qui achète en 1568 l'autre moitié de la même châtellenie d'avec le seigneur de Brémanfany. Il semble toutefois qu'après cette double acquisition de François de Coligny la châtellenie du Désert demeura à peu près (nota :  nous disons à peu prés, car en 1624 le duc de la Trémoille vendit encore le fief du Désert-à-Visseiche au seigneur de la Montagne) telle qu'il l'achetait entre les mains des barons de Vitré qui la conservèrent jusqu'à la Révolution. Comme cette portion des fiefs du Désert avait sa juridiction exercée à Domalain, on la nommait dans les derniers siècles le Désert-à-Domalain ou simplement le Désert, les autres fiefs de la primitive châtellenie se trouvant englobés dans des seigneuries de noms divers.

Voici d'abord brièvement en quoi consistait la châtellenie entière du Désert : comme domaine proche, le manoir de la Rivière-du-Désert en Visseiche, avec ses « logix, douves, fossez, boais et garennes », — deux moulins à blé et à drap sur la rivière de Seiche, — un moulin à vent en Janzé, — et un four banal à Saint-Grégoire ; comme seigneurie, de nombreux fiefs groupés en sept grands bailliages, appelés : Domalain, Visseiche, Janzé, Saint-Grégoire, Venèfles, Etrelles et Chantepie ; ces fiefs s'étendaient en trente paroisses : Domalain, Availles, Visseiche, Gennes, Saint-Germain-du-Pinel, Retiers, Brielles, Le Pertre, Vergeal, Moutiers, Princé, Janzé, Saint-Erblon, Chancé, Sainte-Colombe, Bourgbarré, Châteaubourg, Laillé, Brie, Bain, Bourg-des-Comptes, Nouvoitou, Bais, Saint-Grégoire, Venèfles, Etrelles, Moulins, Cornuz, Amanlis et Chantepie. Le sergent féodé de la châtellenie était le possesseur de la maison noble de Villèscoz en Visseiche. Le seigneur du Désert jouissait d'un droit de bouteillage à Janzé et d'un droit de trépas à la Franceulle ; il avait de très nombreuses mouvances nobles et les prééminences dans beaucoup d'églises (Aveux du Désert en 1456 et 1503).

Mais au XVIIème siècle la châtellenie du Désert n'avait plus de juridiction qu'en douze paroisses : Domalain, Availles, Moutiers, Bais, Visseiche, Moulins, Chancé, Saint-Germain-du-Pinel, Gennes, Brielles, Le Pertre et Vergeal. L'auditoire où s'exerçait sa haute justice, ses prisons, ceps et collier pour les malfaiteurs étaient au bourg de Domalain, et la seigneurie n'avait plus de domaine proche. Le fief du Désert renfermait tout le bourg de Domalain, y compris l'église, dont le seigneur du Désert était fondateur et supérieur, y ayant toutes les prééminences « comme enfeu prohibitif et banc au chanceau, écussons tant en bosse qu'en peinture aux lieux les plus honorifiques, etc. ». Le seigneur du Désert avait un droit de pêche dans la Seiche et le droit de quintaine exercé comme suit : « A Domalain, les hommes et sujets qui sont nouveaux mariés et couchent la première nuit de leurs noces en ladite paroisse (doivent se trouver) le dimanche de la Trinité audit bourg incontinent après la grand'messe parochiale, et, en présence du seigneur du Désert ou de ses officiers, qui doibvent fournir l'escu, les gaules, roquet et cheval, monter chacun à leur rang sur ledit cheval et courir avec la gaule à la main contre l'escu placé audit bourg ; et s'ils ne frappent l'escu et ne rompent leurs gaules ils doibvent 8 boisseaux d'avoine, mesure de Vitré, et s'ils rompent leurs gaules ne doibvent que 4 boisseaux, et s'ils refusent de courir doibvent l'amende de 3 livres, oultre les 8 boisseaux d'avoine » (Aveux du Désert en 1682 et 1712) (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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