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CLOHARS-CARNOET

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La commune de Clohars-Carnoët (pucenoire.gif (870 octets) Kloar-Karnoed) fait partie du canton de Quimperlé. Clohars-Carnoët dépend de l'arrondissement de Quimper, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CLOHARS-CARNOET

Clohars-Carnoët vient de "clutuual" ou "clouhal" et de Carnoet (un tas de pierres).

Clohars-Carnoët est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Mellac. La paroisse de Clohars-Carnoët (Plebs Cluthgual) est née avant le XIème siècle suite au défrichement de la forêt de Carnoët. On y trouvait autrefois le château de Carnoët, cerné par un parc forestier appelé Parc-an-Duc et un mur d’enceinte bâti par le duc Jean Le Roux.  La tradition considère ce château comme la résidence de Comorre le maudit. On dit aussi qu'il était le rendez-vous de chasse des ducs de Bretagne. 

La tradition situe en 1037, la fondation du prieuré bénédictin de Doëlan. Vers l'an 1170, le duc Conan IV, voulant fonder un monastère, fait don à saint Maurice, abbé de Langonnet, des terres qu'il possède dans la forêt de Carnoët. Une abbaye, l'abbaye de Saint-Maurice, est fondée à la fin du XIIème siècle (vers 1177) à la lisière sud de la forêt de Carnoët, par saint Maurice, abbé de Langonnet, qui meurt le 29 septembre 1191. Saint-Maurice, du nom de Duault, naquit en 1115 au village de Groshaner en Noyal-Pontivy, comté de Porhoët : il est âgé de 26 ans lorsqu'il entre à l'abbaye de Langonnet. La paroisse de Clohars-Carnoët dépendait autrefois de l'ancien évêché de Cornouaille.

Vers 1040, la comtesse Judith, femme d'Alain Cagnart, donna à l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, en considération de la fraternité à laquelle elle avait été admise et pour le salut de son âme, de celles de son mari, de ses enfants et de toute la famille, cinq villages en la paroisse de Clohal, qui sont proches de la mer, où, dit le manuscrit, est le port de Doélan, fort commode pour les navires, « ubi portus Duelan navigantibus aptissimus habetur » ; il peut encore à présent contenir vingt-cinq vaisseaux fort aisément (Dom Placide Le Duc dans son Histoire de l'Abbaye de Sainte-Croix, page 68). Voici le nom de ces villages : Caerpuz, Caerpadell, Tercaertnou, Monokan, la terre nommée Kistillic, et la moitié du bourg de Clohal avec les dismes, droits funéraux de l'église et les rentes de la trêve nommée Treuquiloë. Ces villages appartenaient à la Comtesse comme faisant partie du « douaire qui luy avait été assigné ». M. de Berthou, dans ses annotations au Cartulaire de Quimperlé, remarque qu'il faudrait séparer le mot Ter de caertnou pour trouver les cinq villages annoncés plus haut. Le Cartulaire de Quimperlé contient plusieurs actes de donations faites à l'abbaye de Sainte-Croix, en Clohars, entre les années 1066 et 1084. C'est Guihumarch, fils de Numenoe, qui, languissant depuis longtemps d'une grave maladie, se fit transporter de la maison de Coroe (Note : Coroe est peut-être Coray, ou le nom d'un village de Clohars) au monastère de Sainte-Croix, et là il appela près de son lit l'abbé Benoît, frère du comte Hoel, tous les religieux, son frère Duenerth et ses amis, et de concert avec son frère, il donna à Sainte-Croix sa terre de Caer Urs, située in Plebe Cluthgual Carnuet et la terre de Caer Kentlaman, dans le plou de Clohars-Carnoët, pour le repos éternel de son âme. Caer urs doit être le village actuel de Kernours ou Kernous (Le Men). Peu après la mort d'Alain, en 1084, son fils Hoel, pour lui assurer des prières dans le monastère, donna à Sainte-Croix la seigneurie (dominium) de la terre de Numenoe de Cluthgual, qui rapporte annuellement de rente : « Une vache, un porc, deux moutons, quatre poulles, 8 setiers (sextarios) de blé, dont quatre de froment et quatre d'avoine avec droit de pastum pour autant d'hommes du monastère que le voudra l'abbé, et de juger les voleurs et autres criminels pris sur les terres de cette Seigneurie ». Pour prouver que l'abbaye de Sainte-Croix a droit de haute justice en Clohars, dom Placide Le Duc cite dans son Histoire (page 249), un acte du Cartulaire par lequel, l'an 1232, sous le duc Pierre et du temps de Daniel, abbé de Quimperlé, et de Hervé, fils de Bernard, sénéchal de Cornouaille, « un certain homme surnommé Sorboz, des sujets de l'abbaye, étant recherché d'une pièce de toile qu'il avait mis parmi son linge, car il ne faut pas dire qu'il l'eut dérobée, et étant vaincu dans l'épreuve du duel, fut pendu par son propre cou au village de Costiou (Kergostiou), près de Quimperlé, sur notre fief, par l'autorité de la cour de l'abbaye ».

On rencontre les appellations suivantes : Plebs Cluthgual (en 1031-1055), Cluthgual-Carnuet (en 1066-1084), Croezgal Carnoet (vers 1330), Clouhal Carnoet (en 1374 et en 1426), Clohal (en 1535). Le nom de cette paroisse prend les formes les plus diverses ; Clohal, Clotgual, Chodual, Cluduual, Cluthgal au Cartulaire de Quimperlé, Crothgual en 1220 (Dom Morice, Pr. I, 845), Crozguall, Cloushal au Cartulaire de Quimper, Crozval en 1473, Cloual en 1516.

Note 1 : Quelques extraits des Registres de la Municipalité de Clohars-Carnoët : 21 Février 1790 : Michel Delliou, procureur syndic, propose au Conseil de députer deux membres à Saint-Maurice pour engager les Bernardins à faire à la mairie la déclaration de leurs revenus. On recommande aux délégués d'être bien polis pour ces MM. qui sont très bons : « Si les ordres religieux sont supprimés, ce sera une très grande perte tant pour les pauvres de cette paroisse que pour ceux des paroisses circonvoisines puisque ces MM. distribuent au moins 500 livres pesant de pain par semaine, non compris les aumônes pécunières et autres soulagements qu'ils procurent aux malades ». La déclaration a été faite déjà à Quimperlé. — 23 Janvier 1791 : Le Recteur prêta le serment dans les termes ordonnés par l'Assemblée : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de ma paroisse, d'être moi-même fidèle à la nation, à la loi et au Roi, et de maintenir de mon pouvoir la constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi » ; mais il ajouta cette restriction : « Les membres de l'Assemblée nationale ont souvent répété qu'il n'a jamais été et ne sera jamais dans leur intention de toucher en rien au spirituel, c'est-à-dire à la foi, à la hiérarchie et à la discipline générale de l'Eglise, ni de gêner les consciences ; nous pouvons donc professer de bouche et de coeur la sainte doctrine que Jésus-Christ nous a enseignée lui-même ou par ses Apôtres ». M. Le Guillou, vicaire, et M. Nicolas imitèrent la conduite du pasteur, mais M. Dahéron dit que ce serment lui répugnait. — 9 Mars 1791 : La Municipalité demande les reliques de Saint-Maurice, conservées par l'ex-moine Launay, dans un corporal avec d'autres reliques insérées autrefois dans deux bras d'argent. « Nos concitoyens nous ont priés de réclamer lesdites reliques qui sont d'autant plus en vénération parmi nous qu'elles sont les restes précieux de saint Maurice, premier abbé de la ci-devant abbaye, qui y a été inhumé, et de saint Maudet, dont il y a une chapelle de son nom dans notre paroisse. Il y a aussi une boite en bois peint et doré sur le tombeau du dit saint Maurice, qui contient une partie de ses reliques ». La Municipalité demande aussi en cadeau l'ostensoir de Saint-Maurice. M. François Guyomarch, quoique n'ayant pas prêté serment, était toléré dans la paroisse comme desservant de la chapelle Saint-Eutrope « avec participation, au casuel, tant qu'il se comportera patriotiquement et sans donner contre lui aucune plainte grave relative aux affaires du temps » (23 Août 1791). 

Note 2 : Liste des Recteurs de Clohars-Carnoët avant la Révolution : - 1220 : Jedecael de Crothgual. - 1473 : Décès d'Alain Bertrand, recteur de Crozval et et de Moelan. - 1530 : Décès d'Alain Trégain, qui était également recteur de Moelan, Beuzec-Cap-Sizun, Plouyé, Goézec, Faouët, Briec, Gourin et chanoine de la Cathédrale. - 1595 : Tanguy Guyomar résigne au suivant. - 1595 : François Le Gousech. - 1676 : Hervé Can résigne au suivant. - 1676-1682 : Claude Can, né à Dirinon en 1622, promoteur du diocèse, décédé le 5 Septembre 1682 et enterré dans l'église paroissiale. - 1683-1687 : J. Cadio. - 1688-1720 : Amador, Jean-Baptiste Le Veyer. - 1721-1742 : Guillaume Plever, décédé à l'âge de 68 ans. - 1743 : Joseph Kerhuel, décédé la même année le 2 Septembre. - 1744-1754 : H. Le Coq. - 1754-1764 : Guillaume-Marie Le Tourneur, qui démissionne pour se retirer à Groix. - 1764-1774 : Le Dantec. - 1775-1789 : Vincent Beubry devient recteur de Bothoa. - 1789 : Julien-Marie Le Gorgeu ; était précédemment recteur de Saint-Thurien ; il prête serment et assiste à l'élection d'Expilly. Liste non exhaustive des Recteurs de Clohars-Carnoët depuis le Concordat : - 1804 : Yves Rannou, originaire de Pleyben en 1747. - 1805 : Jacques Gallot, de Plussulien, avait émigré en Espagne. - 1805-1811 : Julien Nicolas, de Coret, trève de Saint-Mahieux. - 1812-1829 : Jean-Louis Moallic, de Riec. - 1829-1850 : Jacques Robic, d'Arzano. - 1850-1868 : Jean-Marie Lannou, de Plouhinec. - 1868-1891 : Jean-Marie Drogou, de Bohars. - 1891 : Alain Labasque, de Plouguerneau, ..... Liste non exhaustive des Vicaires de Clohars-Carnoët : - 1804, Février : La paroisse de Clohars adressa une pétition pour conserver comme second prêtre, M. François Guyomarch, conduit au château de Brest en 1792. Il ne fut élargi que le 18 Mars 1804. - 1804-1806 : Julien Nicolas et Jean Trividic. - 1821 : François Caudan. - 1821 : Jacques Robic. - 1822 : Marc Rolland. - 1825 : Jean-Christophe Le Meur. - 1830 : Vincent-Marie Richard. - 1831 : Jean-Marie Guinement. - 1833 : François Tanguy. - 1835 : Jean-Louis Pellotte. - 1839 : Jean Bramoullé. - 1839 : Jean-Gabriel Ponçin. - 1840 : René-Guillaume Le Berre. - 1841 : Jean-Marie Felep. - 1844 : Hervé Glévarec. - 1847 : Alain Cotonéa. - 1851 : Hervé Corre. - 1853 : Jean Kerbrat. - 1855 : Corentin Le Dé. - 1858 : Prosper Besnier. - 1860 : Toussaint Le Roux. - 1868 : Joseph-Marie Le Bot. - 1876 : Charles-Marie Canévet. - 1878 : Méven André. - 1888 : Pierre-Marie Marc. - 1891 : Guillaume-Marie Drogou, ... (Archives de l'Evêché).

Note 3 : sur l'estuaire de la Laïta, le Pouldu est en quelque sorte la plage de Clohars-Carnoët. 

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PATRIMOINE de CLOHARS-CARNOET

l'église Notre-Dame-de-Tro-Gwall (XVI-XIXème siècle), agrandie en 1845. Elle comprend, précédée d'un clocher dont la flèche date de 1774, une nef avec bas-côtés de quatre travées, un transept et un choeur. On y trouve les statues de saint Cornély et de saint Vincent Ferrier ;

Nota 1 :  Tout contre le porche Sud est un petit menhir de 1 m. 60 de hauteur. A l'intérieur, les colonnes rondes et les arcades de la nef sont du style de la fin du XVIème siècle, mais le transept et le choeur sont de facture récente. On n'y trouve aucune statue ancienne. Elle est dédiée à N.-D. de Trogwal, et ce titre lui fut donné parce que, grâce à sa protection, la paroisse fut préservée d'une peste qui ravageait les environs. Depuis une trentaine d'années, pour une cause que nous ignorons, l'on ne porte plus aux processions de la paroisse un drapeau pris autrefois sur les Espagnols. L'honneur de le porter appartenait à un membre de la famille Primat, comme ayant été enlevé à l'ennemi par un de ses ancêtres (M. Peyron, 1906).

Nota 2 : 23 Décembre 1789. — Déclaration que fournit Pierre-Julien-Marie Le Gorgeu, recteur de Clohars-Carnoët, à MM. les Juges et Officiers municipaux des biens et revenus du dit bénéfice pour obéir aux lettres patentes du Roy du 19 Novembre dernier. « Revenus. Je déclare que la dîme de la paroisse est censée partagée de moitié entre le Recteur et MM. de l'abbaye de Saint-Maurice qui soulagent par des aumônes abondantes et multipliées les pauvres de cette paroisse et des paroisses voisines et les édifient par une conduite très régulière. Je dis qu'elle est censée partagée, parce que la division n'est pas, parfaitement égale, mais vu que ces MM. et le Recteur changent alternativement de portion, l'égalité peut avoir lieu par seconde année. Il faut cependant observer : 1° qu'il y a quatre villages, savoir : le grand et le petit Letty, le grand et le petit Garlouet (qui contiennent 103 âmes), où le Recteur n'a aucune espèce de dîme quoiqu'il soit chargé de l'administration des sacrements et de l'instruction. On nomme ces villages les granges nobles de Saint-Maurice. 2° Que MM. les bénédictins de Sainte-Croix de Quimperlé ont un prieuré sur la paroisse, Doëlan, qui contient 161 âmes, où le Recteur n'a encore aucune espèce de dîme quoiqu'il soit chargé de l'administration des sacrements et de l'instruction. La dîme se perçoit à la 33ème gerbe seulement, sur les froment, seigle, orge et avoine. Il y a 40 mesures au fonneau du poids de 3,002 livres. Les mesures de froment et de seigle sont ricles, celles d'orge et d'avoine sont combles. Il y a environ un tiers de la paroisse ensemencé de blé noir, mil, lin, chanvre, choux, navés, charonces, pois, fèves et autres choses, non compris les jardins. Il y a de plus des vergers si multipliés que la production est extrêmement diminuée. Les dîmes de la paroisse se trouvent partagées entre le Recteur et les MM. de Saint-Maurice en dix frairies ou parcelles. La première, portion contient les frairies de Notre-Dame, Kernoal, Saint-Eutrope, Kervinou et Saint-Mady, elle est la plus forte et j'en ai joui cette année à mon entrée dans le bénéfice. La seconde portion, qui est la plus faible, contient les frairies de Pezrun, Saint-Julien, Kercadiou, Saint-Maudet et Saint-Julien. Les MM. de Saint-Maurice en ont joui cette année. A ce droit de dîme est joint un usage très ancien, savoir celui de la prémice ; il parait que ce droit était autrefois très considérable puisqu'il produisait 340 gerbes en 1722. MM. du Parlement ont fait tant de difficultés à cet égard, qu'ils ont occasionné le refus de ce droit. Les Recteurs, malgré la possession, n'ont pas osé le soutenir. Quelques particuliers ont continué à le rendre ; il faut envoyer chercher les gerbes de maisons en maisons, de villages en villages, avoir ensuite des charrettes pour les rendre au presbytère, c'est l'ouvrage de trois jours. Le tout y est battu, vanné et ramassé, ce qui occasionne des dépenses considérables. Ce droit m'a produit en tout 13 mesures de froment, et mes prédécesseurs en avaient autrefois jusqu'à 40. On pourrait ajouter les novales qui n'appartiennent qu'au Recteur, ainsi que la prémice ; les fermiers du Recteur en jouissent dans la portion qu'ils sont dans le cas de dîmer. Toutes les novales réunies sont si peu considérables que les frais absorbent le principal ». « Charges. Il est dû une pension de 300 livres à M. le Tourneur, ancien Recteur de cette paroisse, qui demeure à l'île de Groix. J'étais imposé 122 livres 10 sols pour les décimes. J'ai payé à M. Nicolas, curé 250 livres. J'ai payé à MM. du Chapitre 450 livres pour l'annate. Total : 1.122 livres 10 sols ». « Il parait que MMrs de Saint-Maurice devraient contribuer pour la moitié de la pension de M. le Curé et même plus, puisque les deux portions, de dîme sont censées égales et que le Recteur est privé de toute dîme dans quatre villages, les MM. Bénédictins ne sont pas exempts d'une contribution proportionnelle à raison de leur prieuré, où le Recteur n'a ni dîme ni prémice. Je suis, de plus, chargé de la moitié des réparations du choeur et du cancel de l'église paroissiale, vis-à-vis de MMrs de Sain-Maurice, sans aucune contribution de la part de MM. les Bénédictins. En faisant la visite de la paroisse, après Pâques, n'ayant pu le faire plus tôt, à cause des mauvais tems, des occupations du Carême et de la Pâque, j'ai trouvé 2,469 âmes, savoir 1,861 âmes depuis 10 ans et au-dessus, et 608 âmes au-dessous de 10 ans. La paroisse est d'une desserte très difficile ; au Nord du bourg, il n'y a pas un seul village, elle confine par cet endroit avec celle de Moëlan, qui est beaucoup plus considérable. Les chemins sont partout très difficiles, à pied et à cheval. Nous ne sommes que trois prêtres, le plus jeune a 52 ans. Il en faudrait au moins quatre. Plusieurs paroissiens ont la ressource d'entendre la messe à Saint Maurice et au prieuré de Doëlan, desservi par MM. les Bénédictins. Je crois devoir observer que tout y est très cher. J'ai payé 33 livres le millier de foin et l'envoyer chercher en Bay, à deux lieues. J'ai payé 24 livres le millier de fagots, 15 livres la corde de bois, et on n'en trouve pas. La proximité de Lorient occasionne cette difficulté. Le presbytère est à un quart de lieue du bourg, ce qui rend la desserte très onéreuse pour le Recteur. Non loin, dans le prateau Saint-Jacques, il y a une chapelle du même nom, autrefois chapelle domestique, suivant la tradition, et aujourd'hui chapelle paroissiale ». Nous remarquons dans l'inventaire du mobilier en 1790, conservé aux Archives départementales : « Une statue de la Vierge en argent, avec pied destal de bois. Les marins ont une grande dévotion pour cette statue, qui se porte aux processions du Rosaire ; une croix d'argent si ancienne, qu'il est impossible de désigner depuis combien de siècles elle subsiste ».

la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix (XV-XVIème siècle), propriété de la famille Le Naour (en 1956). Restaurée au XXème siècle. De plan rectangulaire, l'édifice comprend une nef avec bas-côtés de trois travées au sud et de deux au nord avec une sacristie et un choeur de deux travées avec bas-côtés. Il s'agit de l'ancienne chapelle Saint-Maudez en Nizon, reconstruite en 1956-1957 au Pouldu sous la direction de M. Brunerie. La chapelle a été consacrée le 21 juillet 1957. Les autels proviennent de la chapelle Saint-Herbot du Trévoux. Les vitraux sont de Manessier (au chevet) et de Le Moal (sur les côtés). On y trouve plusieurs statues dont celles de la Vierge-Mère (en pierre, provenant de Trémeven), saint Yves, saint Christophe et une Pietà ;

la chapelle Saint-Maudez (XV-XVIIème siècle). De plan rectangulaire, la chapelle renferme plusieurs statues dont celles de Saint-Maudez, de saint Benoît provenant de l'abbaye de Saint-Maurice, la Vierge-Mère, sainte Anne, sainte Barbe, saint Julien provenant du Pouldu, sainte Julienne et sainte Appoline. On trouve à proximité de la chapelle une fontaine dédiée à saint Maudez ;

Nota 3 : Cette chapelle, dans le voisinage de Pouldu, est très simple extérieurement et semble avoir tous les caractères du XVIIème siècle, mais la fenêtre du fond est bien antérieure de deux siècles. A l'intérieur, c'est une longue nef, avec bancs en pierre le long des murs. Au-desssus du maître-autel est une statue grossière qui a la prétention de représenter le saint Patron, figuré en surplis et en étole, tenant de la main droite un livre vert. C'est l'oeuvre d'un sculpteur local et très mal-habile du milieu du XIXème siècle. Au côté de l'Epître se voit une statue de saint Benoît. Elle est en pierre blanche, mesurant 2 mètres de hauteur, magnifiquement drapée dans sa coule ; elle provient de l'abbaye de Saint-Maurice, et a été placée à l'endroit où était autrefois la statue de saint Maudez ; aussi remarque-t-on au-dessous une excavation dans le dallage qui permet de prendre de la terre ou de la poussière qui servait de remède pour les dévots de saint Maudez. Les autres statues vénérées sont : Vierge-Mère. — Sainte-Anne assise, avec petite Sainte-Vierge assise, lisant dans un livre. — Sainte-Barbe. —Sainte Julienne.— Sainte Apolline. — Saint-Julien représenté en guerrier, avec cuirasse, cuissards, manteau, toque, tenant d'une main une lance et de l'autre un livre ouvert. Cette statue doit provenir de la chapelle de Saint-Julien du Pouldu. Il y a en outre Notre-Dame et Saint-Jean au pied de la croix ; puis un reliquaire en forme de bras, en bois sculpté (M. Abgrall, 1905).

la chapelle Saint-Jacques (XVIIème siècle). Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire. On y trouve les statues de saint Jacques et de saint Guloes. La fontaine Saint-Gurloes, située près de la chapelle, a été restaurée en 1953 ;

Nota 4 : Elle est située au Vieux-Presbytère, à 1500 mètres du bourg. C'est un édifice simple, se composant d'une seule nef longue d'environ 25 mètres. La porte Ouest affecte un peu de style avec deux pilastres qui ont des rudiments de volutes ioniques. A l'intérieur on trouve deux vieilles statues : Saint Jacques, le patron, ayant sur les épaules une sorte de camail orné de trois coquilles. De la main gauche il tient un bourdon auquel est suspendue une gourde. Saint Gurloès ou Urlou, premier abbé de Sainte-Croix de Quimperlé ; c'est sous son vocable que devait être primitivement la chapelle, car il a sa fontaine dans la prairie voisine. Il porte le costume de bénédictin : robe, scapulaire et coule légèrement drapée, un peu dans le genre du beau saint Vinoc de Plouhinec (M. Peyron, 1906).

la chapelle Sainte-Anne de Doëlan (1951), oeuvre de l'architecte M. Brunerie. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire. Cette chapelle, qui remplace un ancien sanctuaire, a été bénie le 5 août 1951. On y trouve un groupe de sainte Anne, la Vierge et l'Enfant du XVIIIème siècle et une dalle funéraire (XIIIème siècle), de Mabilia, épouse d'un chevalier et provenant de l'abbaye Saint-Maurice ;

Nota 5 : Le prieuré de Doëlan fut fondé à l'occasion de la donation faite à Sainte-Croix de Quimperlé en 1037, par la comtesse Judith, de villages proche la mer, « ubi portus Duelan navigantibus optimum ». La chapelle du prieuré fut construite sur la rive droite de l'anse, dans un endroit nommé encore le prioli, mais la chapelle n'existe plus, elle était dédiée à saint Guthiern, le fondateur d'Anaurot ou de Quimperlé au VIIème siècle. Voici les noms de quelques uns des prieurs : - 1220 : Jedicael. - 1550 : Thébault Le Vestle, profès de Sainte-Croix de Quimperlé. - 1620 : François du Vieux-Chastel, chanoine trésorier de Quimper. - 1697 : René Magdellon, seigneur do Saint-Offange, conseiller du Roy, son aumônier, abbé commendataire de Saint-Maur-sur-Loire, prieur de Saint-Guthiern de Douëlan (Doëlan). Dans son aveu, il dit que la chapelle porte, au pignon vers le Couchant, l'écusson de Bretagne, et au-dessous, à côté, l'écusson d'un abbé de Quimperlé ; elle est cernée d'un bois taillis. - 1705 : Dom Jean Bouju, célerier procureur de Sainte-Croix. - 1715 : Dom Martineau, abbé de Saint-Maur. - 1719 : Dom Jean Gaubert, O. S. B. - 1762-1767 : Dom Simon Dussault, prieur de l'abbaye de Saint-Séver de Rustan, au diocèse de Toulon. - 1784-1790 : D. François Lézec, O. S. B.

l'ancienne chapelle Saint-Gunthiern, aujourd'hui disparue. Il s'agit de la chapelle de l'ancien prieuré de Doëlan, fondé en 1037 ;

l'ancienne chapelle Saint-Eutrope, aujourd'hui disparue. Elle était encore appelée, semble-t-il, Saint-Gurloes, Saint-Douar ou Saint-Thoez ;

l'ancienne chapelle Saint-Germain, aujourd'hui disparue. Située jadis sur le bord de la rivière, entre Saint-Maurice et le Pouldu ;

l'ancienne chapelle Saint-Julien (XVIème siècle), située au Pouldu et restaurée en 1846. Située près du passage de la rivière au Pouldu. Le patron était donc bien ici saint Julien le passeur. Elle sert aujourd'hui d'habitation ;

le manoir de Saint-Mady (XV-XVIIème siècle) ;

le manoir de Pencleu (XVI-1660), propriété de la famille Geffroy (en 1659), puis des Jacquelot Du Boisrouvray et des Peyron ;

le calvaire du placitre de l'église de Clohars-Carnoët (1879) ;

le calvaire du placitre de la chapelle Sainte-Anne (XVIème siècle) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix de Keranguen (XVIIème siècle), la croix du cimetière de Clohars-Carnoët (1901), la croix monolithe située au sud-est de Clohars-Carnoët (XVIIème siècle), la croix Croaz-an-Ter (XVIIème siècle), la croix du Pouldu ou Croix-de-Keranquernat (XVIIème siècle), la croix de Kerharo (XVIème siècle), la croix de la chapelle Saint-Mandé (XVIème siècle), la croix de La Grange, Doëlan (XVIème siècle), la croix de Doëlan provenant de l'abbaye Saint-Maurice (XVIème siècle), la croix de Kerbonalen (Moyen Age), la croix de Kercousquet (Haut Moyen Age), le vestige de la croix de Kersauze ; 

les vestiges d'église de l'abbaye de Carnoët (XVIIème siècle). L'église est détruite par des révolutionnaires. Il ne reste que le transept sud qui sert actuellement de chapelle et la façade principale. A l'intérieur de la chapelle, une superbe chasse en bois sculpté contient les ossements et une partie du crâne de saint Maurice. Un beau retable en bois surmonte l'autel. Il porte dans les niches latérales les statues de saint Etienne et de saint Laurent. La niche centrale renferme une belle statue de la Vierge-Mère ;

l'abbaye de Carnoët ou de Saint-Maurice (XIIIème siècle), fondée initialement par saint Maurice, abbé de Langonnet, au XIIème siècle. Le dernier abbé du monastère est Jérôme-François de Keroulas, chanoine de Léon, nommé aux fonctions abbatiales, en 1780. L'édifice est acquis, après la Révolution, par Mme de Kergré. Il est vendu en 1873 à M. Léon Lorois (ancien conseiller général et député du Finistère). Les bâtiments abbatiaux sont reconstruits au XVIIème ou au XVIIIème siècle, mais on y conserva la salle capitulaire du XIIIème siècle ;

Nota 6 : Le Bienheureux Maurice naquit vers l'an 1113, au village de Groshaner, aujourd'hui Croixanvec, en Noyal-Pontivy (Voir sa Vie, par dom Plaine). Un monastère de cisterciens s'étant fondé vers 1136 à Langonnet, saint Maurice s'y présenta et en fut nommé abbé vers 1145, charge qu'il remplit pendant trente ans, pour s'en démettre vers 1175. Ce fut pendant qu'il était abbé de Langonnet, que le duc Conan III, par une charte non datée mais qui doit être quelque peu antérieure à l'année 1171, puisqu'il mourut au mois de Février de cette année, donna aux religieux de Langonnet ses terres de la forêt de Carnoët pour y établir un nouveau monastère. Voici la traduction de cette charte (Dom Morice, Pr. I. 644) : « Sachent tous les enfants de l'Eglise, tant présents que futurs, que moi, Conan, duc de Bretagne, comte de Richemond, je donne par pure charité, pour la rédemption de mon âme et de celles de mes parents défunts et de mes successeurs, aux religieux de Langonnet, pour qu'ils y fondent une abbaye, la terre que je possède aux limites de la forêt de Carnoët (in confinio foresti Harnoet), c'est-à-dire Penfeunteun, Kerbadnalen et là où le Frout tombe dans l'Ellé, jusqu'à Staernadret, où est le siège de l'abbaye en suivant le cours du fleuve ; et comme cette terre n'est pas d'une grande étendue, si quelques voisins leur donnent, vendent ou afferment quelque bien dans les limites de Ploe Carnoet, je leur fais abandon de tout mon droit sur ces terres, Ils pourront de la forêt prendre tout le bois nécessaire à leur usage, et nous défendons qu'on s'empare de leurs biens par violence, sous peine d'une condamnation sévère, si appelés à notre Cour les délinquants refusent de satisfaire. Nous leur accordons de plus sur toute notre terre exemption de tout impôt sur leurs achats et leurs ventes. Et pour que cette charte demeure à jamais inviolable nous la confirmons de notre sceau. Les témoins de cette donation sont : Geoffroy, évêque de Quimper (Note : Geoffroy, fut nommé évêque de Quimper en 1167/1168. La charte a dû être, par conséquent, donnée de 1167 à 1170), qui, en nostre présence, a lui-même concédé les droits qui le regardaient ;  Rivallon, archidiacre ; Glegman, doyen ; Alain, connétable ; Les frères jumeaux Alain et Richard ; Henri Bertrans ; Alain et Rivallon, fils d'Elmarch ; Alain de Bolanbor ». Cet acte de fondation du duc Conan ne fut exécuté qu'un peu plus tard, vers 1177, et dom Plaine rapporte, d'après la Vie latine de saint Maurice, qu'il vint au lieu désigné et y jeta les fondements d'une église et d'un monastère sous le vocable de Notre-Dame.

Nota 7 : Le Cloître de l'ancienne abbaye le Saint-Maurice, en Clohars-Carnoët. "Comme ceux du Relec et de Landévennec, le cloître de Saint-Maurice n'existe plus.... Seul le puits percé dans son enceinte apparaît. Il n'était point placé dans le centre, par exception, mais vers l'un des côtés. Parmi tous les sites délicieux que les moines savaient se choisir pour demeures, on peut citer, comme l'un des plus gracieux, celui de Saint-Maurice. D'un côté on aperçoit de vastes jardins ornés d'ifs séculaires en échiquier, dominant un bras de mer, près duquel est un étang alimentant un moulin. Sur les autres côtés se déroulent des vergers, des prairies, des taillis d'où s'élèvent des arbres de haute futaie. En venant par Quimperlé on arrive à cette ancienne abbaye en traversant la vaste et belle forêt de Carnoët appartenant à l'Etat. Que sont devenus tous les plans primitifs des anciennes abbayes ? Ont-ils été brûlés dans la première Révolution avec les archives des monastères ? Qu'il est regrettable de ne plus les posséder ! actuellement il n'existe plus que des lambeaux d'édifices souvent métamorphosés pour leur nouvelle destination. Cependant un seul plan a pu échapper au ravage, c'est celui de Saint-Maurice. Il date de 1737 et a été relevé par un nommé Gannepon. La date de ce plan parait être celle de la reconstruction des bâtiments claustraux et de la façade actuelle de l'entrée extérieure de l'église. Son échelle est très minime, parce qu'elle n'a été faite que pour le relevé graphique de toute l'étendue de la propriété ; mais elle suffit pour juger de l'importance et de l'emplacement de chacune de ses parties. Je dois à l'obligeance de M. Lorois, qui en est propriétaire, la communication gracieuse de ce plan dont j'ai recollé sur sa vieille toile les parcelles qui tombaient en lambeaux. Je le remercie de l'autorisation qu'il m'a donnée d'en prendre une copie. Préalablement dans les deux visites que j'ai faites à Saint-Maurice, j'avais relevé le plan des édifices encore debout. Le vieux plan d'ensemble m'a permis de compléter les lacunes avec les indications de la destination primitive de chacun des locaux. De tous les édifices antérieurs au XVIIème siècle, il ne reste que des sections de l'église dont la plus reculée, vers l'abside, parait remonter au XIIème siècle. La plus moderne, vers l'entrée extérieure, ne date que du siècle de Louis XIV. Quoique celle-ci soit moins intéressante peur l'archéologue, elle a le mérite de porter le caractère artistique de son époque. On sait que la fondation du monastère date de 1170 et qu'elle est due à la générosité du duc Conan IV. L'église ruinée, à l'exception d'un des bras du transept, n'est pas la seule qui mérite de fixer l'attention de l'antiquaire. Je veux parler de la salle capitulaire du XIIIème siècle, parfaitement conservée, sauf la réfection des croisées de la façade vers la mer à l'époque de la reconstruction des bâtiments d'habitation. Tout en laissant son aspect à la façade extérieure, il serait facile de donner à l'intérieur de cette salle la même physionomie qu'elle avait autrefois. Je ne saurais m'étendre plus longtemps sur la description de tous les locaux, sans sortir de la limite que je me suis proposée touchant les cloîtres principalement ; mais il est difficile de rester toujours dans un cercle étroit, en ne parlant pas un peu d'une partie des monuments qui s'y rattachent. Je reviens donc à mon sujet. On ne saurait préciser le style du cloître puisqu'il n'en reste plus de vestiges. Cependant tout fait supposer qu'il appartenait au XIIIème siècle, parce que la salle capitulaire s'ouvrait sur le cloître et s'y rattachait, ainsi que l'inspection des lieux le fit voir. En y comprenant la largeur de la galerie, le cloître devait avoir 25 mètres sur 23 mètres. Comme il y avait des artistes parmi les moines, ceux-ci n'aimaient pas à copier servilement des exemples produits avant eux, mais ils s'ingéniaient à trouver d'autres modèles. C'est pourquoi si tous les cloîtres du Finistère étaient parvenus jusqu'à nous, combien leur combinaison variée aurait-elle été appréciée par les artistes ! On eût été heureux de faire une collection de leurs plans différents, plus simples que ceux du centre et du midi de la France" (M. Bigot, architecte diocésain).

Nota 8 : Voici ce que dit M. Abgrall au début du XXème siècle (vers 1906) : L'abbaye est maintenant changée en un château appartenant à M. Lorois, ancien député du Finistère. Il ne reste rien des constructions faites par le fondateur, au XIIème siècle. Ce qui existe de plus ancien, c'est la salle capitulaire du XIIIème siècle, avec une large galerie ou vestibule qui y donne accès. C'est absolument la même disposition qu'au Relecq et à Langonnet ; mais au Relecq il ne reste que des ruines, tandis qu'à Langonnet et à Saint-Maurice ces parties d'architecture ancienne sont en excellent état de conservation, ayant été, il y a quelques années, l'objet de bons travaux de restauration et de rappropriement. La façade de la salle capitulaire se compose de deux fenêtres ogivales géminées et d'une porte de même style, ayant leurs ébrasements extérieurs et intérieurs garnis de colonnettes cylindriques couronnées de chapiteaux feuillagés, de la plus grande élégance. L'intérieur est voûté, et les nervures déliées qui se croisent sur la voûte prennent toutes naissance sur les chapiteaux de deux sveltes colonnes centrales et vont retomber le long des parois sur des corbelets richement moulurés. Un plan daté de 1737, dressé par Gannepon et copié par M. Bigot, père, nous indique ce qu'était l'abbaye à cette époque ; elle comprenait quatre ailes formant un carré au milieu duquel était le cloître. L'aile du côté de l'Est est la seule qui existe aujourd'hui. On y voit, à l'extrémité Nord, ce qui sert maintenant de chapelle et qui n'est qu'une branche de transept de l'ancienne église abbatiale, construction datant du XVIIème siècle ou des premières années du XVIIIème ; une petite sacristie de la même époque, la salle capitulaire déjà décrite, avec son vestibule ; une grande salle et deux ou trois autres petites salles formant pavillon en T à l'extrémité Sud. L'église abbatiale, longue d'environ 40 mètres, formait l'aile Nord et se composait d'une nef sans bas-côtés, d'un choeur et d'un large transept à deux arcades dans chaque branche. En dehors d'une de ces branches, conservée comme chapelle actuelle, il ne reste plus de cet édifice que des murs démantelés et la façade principale presque entièrement debout et toute tapissée de lierre laissant voir à peine une porte et une grande fenêtre à plein cintre, avec deux niches à pilastres couronnées de frontons courbes. Sur ce portail se lit ou se lisait autrefois cette inscription prétentieuse, sentant bien son époque : STET . DOMUS . HAEC . DONEC . FLUCTUS . FORMICA MARINOS - EBIBAT . ET . TOTUM . TESTUDO . PERAMBVLET ORBEM (Dure cette maison jusqu'à ce qu'une fourmi ait bu toute l'eau de la mer ou qu'une tortue ait fait le tour de la terre). On peut voir que ce voeu a été loin d'être réalisé. Cette même inscription se trouve au bas de la chapelle des Ursulines de Quimper, rue Verdelet. Elle porte la date de 1822. Dans la petite chapelle actuelle, se trouve un autel à retable d'un beau travail. On y vénère les ossements précieux et considérables du fondateur saint Maurice, enfermés dans une châsse en bois sculpté et doré, travail très remarquable du temps de Louis XIV. Cette châsse repose sur une table de marbre qui porte une épitaphe en caractères hébraïques (Note : Cette pierre tombale a été transportée du cimetière de Lorient au commencement du XIXème siècle. C'est la tombe d'une jeune fille juive, avec inscription en hébreux du texte de Job : DEUS DEDIT, DEUS ABSTULIT, SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM. Comme elle supporte les reliques de saint Maurice, on fait passer au-dessous les enfants pour les mettre sous sa protection, particulièrement au jour de la fête du Saint, le lundi de la Pentecôte, jour du fameux " pardon des Oiseaux "). Il y a également à signaler un calice en argent et un très beau crucifix en bronze. M. Audran signale, dans le Bulletin de la Société Archéologique (1873, p. 69), une pierre tombale se trouvant dans la sacristie et représentant une dame vêtue d'un manteau de vair ; l'inscription, gravée en caractères du XIIIème siècle, a été lue par M. Le Men, ainsi qu'il suit : HIC. IACET. DNA. MABILIA. QVONDAM. VXOR. DNI. HELGOMARII. CORNVBIE. MILITIS. Les jardins de l'abbaye, bordés d'un côté par l'étang et de face par la chaussée qui les sépare de la rivière, ont ceci de particulier que toutes les encognures des carrés sont ornées d'ifs touffus formant tonnelles et taillés en forme de pièces d'échecs. Dans la grande salle du second étage, donnant sur le jardin et sur l'étang, était la bibliothèque, et cet appartement était aussi appelé la salle du jeu de Siam, sorte de jeu de quilles qui, disposées sur un plan divisé en échiquier, étaient abattues par un disque en bois, lancé par le joueur. Le parquet de cette chambre existe encore avec cette disposition.

l'orangerie de l'abbaye (XVIIIème siècle) ;

la ferme de Kerzellec (XIXème siècle) ;

le four à pain de Kermerrien ;

le fort Lamond (1850) ;

le phare (1861-1932) ;

8 moulins dont les moulins à eau du Quinquis, de Douelan, de Kergousquet (XVIème siècle), et les moulins à vent de Kerangoff, de Larmor, du Cag, de la Lande, de St Mady, du Moing ; 

A signaler aussi :

l'éperon barré de Kergastel (âge du fer) ;

l'allée couverte de Kéroulic ;

les menhirs et tumulus de Kerloise ;

le menhir de Lanmeur, situé route de Guidel (époque néolithique) ;

les vestiges romains de Bas-Pouldu et de Bellangenêt ;

les vestiges du château de Carnoët, entourés jadis de douves d'environ 4 mètres de profondeur ;

Nota 9 : Vers le milieu de la forêt, au bord de la Laïta, à mi-distance entre Saint-Maurice et Quimperlé, tout contre le manoir de M. d'Ennery (début du XXème siècle), on trouve les ruines du château de Carnoët. Qu'était-ce que ce château ? On dit que c'était un rendez-vous de chasse des Ducs de Bretagne au fond de cette belle forêt, comme en possédait Nominoé dans la belle forêt de Coat-Loc'h, en Scaër. Cette résidence temporaire et toute d'occasion devait affecter les formes et apparences d'un château fortifié, car nous trouvons encore des pans de murailles assez élevées, avec des douves profondes de 3 à 4 mètres et autant de largeur, entourant tout l'établissement. Maintenant l'ensemble offre l'aspect d'une sorte de monticule éventré dans tous les sens, couvert d'un fouillis de hêtres très élevés, avec des excavations de profondeurs diverses, dans lesquelles gisent pêle-mêle des débris de vieilles maçonneries, d'ardoises calcinées, de briques et de carrelages de terre cuite ; avec des restes de poutres et de charpentes carbonisées. Les murs d'enceinte ne devaient pas être très élevés et semblent avoir été maçonnés en mauvais mortier de terre glaise. Il est difficile, à première vue, de déterminer quelle était la forme de ce périmètre ; mais en examinant bien on constate qu'il forme un carré de 35 ou 50 mètres de côté avec un prolongement rectangulaire un peu plus étroit vers l'Est. Vers le milieu du côté Ouest s'élèvent encore deux maçonneries carrées de 2 m. 80 de profondeur sur autant de largeur et 6 ou 7 mètres de hauteur, ressemblant à deux pylônes d'une porte de 2 m. 40 de largeur. Ces massifs en moellon sont admirablement maçonnés en chaux blanche, très dure, dans laquelle abondent les coquilles de mer. Les pierres de taille qui formaient chaînes d'angles ont été arrachées pour servir probablement à une construction postérieure. Chose curieuse, sur les parois latérales de ces grands massifs on ne remarque aucune trace de l'amorce d'une continuation de mur d'enceinte ; c'est donc que celui-ci devait avoir peu d'importance. Cependant, à l'angle Nord-Est, se voit aussi une maçonnerie analogue, avec mortier semblable, et qui devait faire retour vers le Sud. Au fond d'une excavation pratiquée dans l'enceinte principale, on a trouvé, il y a quelque vingt ans, et on trouve encore aujourd'hui des carreaux en terre cuite incrustés et émaillés, offrant des dessins de fleurs de lys, fleurons et feuillages, en tout semblables à ceux qui formaient le pavage de la chapelle des Dominicains ou Abbaye Blanche à Quimperlé, fondée vers 1254 par Blanche de Navarre et de Champagne, femme du duc de Bretagne Jean Le Roux. Il est à croire que ces carrelages formaient l'aire d'une grande salle voûtée avec colonnes intérieures, dont on aurait un échantillon dans la base, le fût et le chapiteau dressés maintenant au bord do la grand'route de Quimperlé, au Carrefour du chemin qui entre dans la forêt (MM. Peyron et Abgrall, 1905).

les vestiges du château de Saint-Maurice ;

Nota : Quelques monuments anciens cités par M. du Châtellier : Petit menhir ou lec'h, dans le cimetière du bourg. — Petit tumulus, à la pointe de Becantour, à Moëlan ; on y a trouvé une grande quantité de coquilles et d'os de poissons, et un crâne d'homme. — En 1843, sur les indications données par M. Sylvain Peyron, on fouilla un tumulus dans la forêt de Carnoët, non loin du bourg de Lothéa ; dans leur empressement de fouiller la tombe, les ouvriers cassèrent par le milieu la grande pierre qui la recouvrait ; on la voit encore, ainsi que les pierres délimitant la chambre sépulcrale, dans laquelle on trouva trois chaînes, la première en or, la seconde en argent, la troisième en bronze, des armes en bronze et des pointes de flèche en silex ; la plupart de ces objets sont conservés au musée de Cluny. — Tuiles et bronze, au port du Pouldu, et, en 1846, lorsqu'on transforma en maison d'habitation la chapelle Saint-Julien, l'on trouva un sarcophage en plomb renfermant un squelette près duquel étaient des vases en verre, un style en bronze, une tablette à écrire en jade et une monnaie de Constantin. Sur le sarcophage on lit : R. FILLOR. — Tuiles et meules, à Toul-ar-Bleis et près le village de l'Ile. — Camp avec enceinte, près de Saint-Maurice.

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ANCIENNE NOBLESSE de CLOHARS-CARNOET

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants de Clohars-Carnoët étaient présents :

Robin de la Sauldray, archer en brigandine ;

Jehan Juquel, représenté par Jehan le Roy, archer en brigandine ;

Jehan Cadoret, archer en brigandine.

(à compléter)

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