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Climatologie et Epidémies en Bretagne

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Les variations, perturbations atmosphériques, calamités publiques que nous publions d'après d'anciens documents, sont signalées comme se rapportant à la Bretagne

CLIMAT EN BRETAGNE

Bretagne : Climat, Climatologie, Epidémies, Mortalité, Maladie en Bretagne

En 1258 : En janvier, les pommiers et les fraisiers étaient couverts de fleurs blanches.

En 1314 : En 1314, l’été fut si froid et tous les fruits si tardifs, que l’on trouvoit des cerises à la nativité de la vierge. Cette année les vendanges ne se firent que vers la Toussaint, et l’année suivante il y eut une grande cherté (dom Bonnaventure du Plesseix).

En 1434 : "En cette année fist ès parties de Bretagne une merveilleuse gelée, laquelle, sans cesser, continue depuis la feste de Saint-André (30 novembre) jusqu'au cinquième jour de février ; et ce furent les blés et les vignes grandement empirés" (Le Baud).

En 1436 : Le 6 juillet "après vespres churent gros marteaux comme qui jettast pierre du Ciel, dont l'en fust moult espouvanté".

En 1529 : Il n'y eut nulle gelée en hiver, et il fit aussi chaud en mars que d'ordinaire à la Saint-Jean.

En 1540 : Le beau temps et la chaleur durèrent depuis le mois de février jusqu'au 19 septembre. Dans cet intervalle, il ne plut que six fois. A la fin de mai, on mangea des cerises. Le 25 juin on était au milieu des moissons. Année remarquable par son extrême abondance de toutes choses nécessaires à la vie.

En 1573 : Les arbres se couvrirent de fleurs en janvier et abritèrent en février les nids des oiseaux. A Pâques, les blés étaient prêts pour la moisson.

En 1599 : A la date du 14 janvier 1599, Jean-Efflam Pichic (recteur de Plestin-les-Grèves) signale que l'église de Plouaret et la maison de Lesmaez ont été « brisées et rompues par les tonnerres de maligns esprits ». 

En 1601-1609-1615-1619 : Hivers d'une douceur excessive. En 1618, "le jour de saint Barnabé au mois de juin (dans la nuit du 11 juin), il y eut à Morlaix une si horrible tourmente d'éclairs de tonnerre et de foudre, qu'on pensait la fin du monde être venue et la foudre tombant sur la tour de Notre-Dame du Mur abattit quelques brasses de la pointe de l'aiguille".

En 1662 : On n'alluma pas les cheminées une seule fois, et les arbres furent en fleurs dès le mois de février. Il est vrai que tout à coup, à la fin de février, le froid fut si intense que la Manche fut gelée, que les cloches se brisaient au moindre choc, et qu'enfin un nombre considérable de personnes périrent.

En 1723-1730 : Hivers très doux.

En 1760 (le 22 juin) : Un orage de grêle traverse toute la paroisse de Penvénan (Trégor). Les récoltes sont dévastées. Cette année-là le prix du froment est en hausse de 28 % sur le marché de Lannion. 

En 1771-1772 : "Toutes les manufactures du diocèse de Tréguier sont réduites à l'inaction" note le Contrôleur Général. La raison en est la suite d'intempéries qui mouillent le lin.  

En 1773 (le 18 août) : Un orage terrible, accompagné de tonnerre et suivi, selon Habasque, d'un tremblement de terre provoque la rupture de la chaussée de l'étang du Minihy près de Châtelaudren. Le leff déborde. A Saint-Brieuc, le même orage emporte un pont de pierres élevé en 1756 par le duc d'Aiguillon.  

En 1782-1783 : La chaleur fut extraordinaire en décembre. En janvier tout était fleuri comme en juillet habituellement.

En 1783-1784 : Hiver 1783-1784 très rigoureux (Trégor). Gelée en Basse-Bretagne, le 9 mai 1784.

En 1785 : Grande sécheresse dans le Trégor.

En 1788 : Hiver très rigoureux dans le Trégor. Les paysans se nourrissent de "quantité de gibier qui a péri par le froid excessif qu'il a fait, surtout les perdrix". En juin 1788, le bas de Guingamp est noyé sous près d'un mètre d'eau à la suite des pluies torrentielles.

En 1789 (juin et juillet) : Des pluies abondantes compromettent les récoltes dans le Trégor.

En 1794 : Eté violemment orageux dans le Trégor. En décembre 1794, début d'un hiver rigoureux fait de neige et de glace.

En 1795 : Hiver épouvantable qui restera dans les mémoires (Habasque le cite en 1834 !). Neige en janvier 1795.  

 

ANNEES de MALADIE, EPIDEMIES, MORTALITE EN BRETAGNE

Bretagne : Climat, Climatologie, Epidémies, Mortalité, Maladie en Bretagne

En 1162 : Notre chronique (Bonaventure du Plesseix) marque que dans la même année il y eut une grande famine en Bretagne qui obligea les hommes à manger la terre et quelques uns leur propres enfants et elle adjoute pour marquer la cherté des vivres que le septier d’avoine coutoit cinquante sols, somme prodigieuse pour un temps ou on ne comptoit que treize sols quatre deniers dans un marc d’argent. Cette famine avoit été précédée par une pluie de sang dans le diocèse de Dol, ou l’on avoit vu des ruisseaux de sang couler d’une fontaine et du pain coupé verser du sang en abondance, si c’estaient, ajoute dom Bonnaventure du Plesseix, des signes qui pronostiquaient la guerre, ils n'étoient pas trompeurs et il ne falloit pas de miracle pour apprendre aux bretons ce qu’ils n'éprouvoient que trop, et le mal avoit précédé les avertissements (Quimperlé - A. de Blois, 1881, p. 129).

En 1345 : Dans toute la Province, il y eut un cours considérable de cette maladie qu'on nommait "le feu Saint-Antoine" ;

En 1348 : Une peste épouvantable se fit sentir d'abord dans le Maine et en Anjou, puis dans toute la Bretagne. Mortalité effrayante. En 1484, elle ravage Poitiers, Laval, Le Mans. Cette cruelle maladie fut appelée dans nos pays "la Bosse", parce que son dernier degré de malignité s'annonçait par des bubons gros comme un oeuf aux aisselles et aux aines, signes qui ne laissaient plus aux malades aucune espérance de vie. En 1485, le duc François II crée " Le Médecin des Epidémies ", sans grand résultat. En 1501, la peste fait plus de 4.000 morts à Nantes. Elle réapparaît en 1518. La peste sévit à Nantes en 1501, 1522, 1523, 1529, 1530, 1567, 1576. Les lépreux furent d'abord soignés à Nantes, dans la léproserie de Saint-Lazare, supprimée en 1569 et dépendant de la paroisse de Saint-Similien.

En 1481 : La gelée dura depuis le lendemain de Noël (1480) jusqu'au 8 février, "pendant lequel temps fist la plus grande froidure que les anciens eussent jamais veu faire en leurs vies". "Fust le bled moult cher universellement et rare. A cette cause mourut grande quantité de peuple de famine et quand d'autres voulaient manger, ils ne pouvaient pour ce qu'ils avaient les conduits retraits, pour avoir esté trop sans manger (Commines)".

En 1510 : Coqueluche presque générale à laquelle peu de gens échappèrent et dont beaucoup furent les victimes. On la nomma "coqueluche", dit Mezerai (ou Mezeray), parce qu'elle affublait la tête d'une douleur fort pesante et que les premiers qui en furent atteints parurent avec des coqueluchons. Elle causait aussi une grande douleur à l'estomac, aux reins, aux jambes, avec fièvre chaude accompagnée de fâcheux délires et d'un dégoût de toutes les viandes ainsi que du vin. Elle fit périr beaucoup de monde.

En 1519 : La Bretagne essuya de si furieuses tempêtes que plusieurs clochers et plusieurs forêts furent renversés.

En 1534 : La plupart des plantes gelèrent jusqu'à la racine. Il y eut aussi de violents tremblements de terre.

En 1528 : Et durant les quatre années suivantes, la stérilité fut grande dans toute notre province et le blé très cher, de sorte que le peuple en général y fut réduit à une misère extrême.

En 1564 : "Il n'y avait aucune maison où l'eau ne gelast à la glace en tous lieux qu'on pust la mettre hors le feu". Toutes les nuictz et matins, quand toutes personnes se levaient de leur lit, la glace était très prise sur le drap de dessus, de l'eau qu'engendraient le vent et alaine des personnes qui étaient couchez dans le lit. La plus grande froidure qui feust fut le jour de la feste des saints Innocents, 26 décembre, auquel jour les mainz, les piedz, les aureilles de plusieurs hommes gelèrent qui cheminaient par les champs. Les crestes des coqs et poules furent gelez et tombèrent de dessus leurs testes (Abbé Hatton, France Rurale).

En 1586, 1590, 1592, 1594, 1596, 1598 : Crises de subsistances dans le Trégor et ailleurs.

En 1598 : Après la Ligue, pays ruiné, population diminuée, terrains en friche, famine terrible suivie d'épidémie.

En 1660-1661 : Après un printemps idéal vinrent des mois humides et froids, à tel point que la récolte fut mauvaise. Misère noire causée par la disette de blé. 

En 1709 : En février et mars, froid d'une intensité surprenante. La Manche gela et les cloches se brisaient au moindre choc. Un nombre considérable de personnes périrent. 

En 1731 : Dès 1731, des marins du Pays de Retz ont rapporté des dysenteries de la Martinique. En 1749 et 1765, " le pays du vignoble du Muscadet est touché par cette maladie qui fait 11.000 malades et 2.635 morts en 1765 ...". Le typhus sévit à partir de 1741, puis apparaissent la variole, la typhoïde, les fièvres éruptives, les dysenteries ; 

En 1757 : En 1757, l'escadre commandée par l'amiral Dubois de la Motte, revenant d'Amérique, importa dans les hôpitaux et dans la ville de Brest le germe d'une terrible maladie, qui répandit bientôt ses ravages dans toute la Bretagne, à la suite des marins congédiés. Lorient, prévenu tardivement, ne sut pas fermer ses portes aux hommes provenant de cette malheureuse escadre ; et, du mois de janvier au mois de juillet 1758, cette ville et ses environs virent doubler le chiffre ordinaire des décès. Voici la marche de l'épidémie à Lorient : décembre 1757 , 40 décès ; 56 en janvier 1758 ; 63 en février ; 69 en mars ; 70 en avril ; 63 en mai ; 54 en juin , et 41 en juillet.  La ville avait affermé une maison à Kerfontaniou, où elle établit un hôpital pour les malades de l'épidémie. Nantes est épargné par le Grand typhus Brestois de 1757 qui fait 2.000 morts, ainsi que par les grandes épidémies bretonnes de dysenterie de 1741 et de 1779, qui font 50.000 morts.

En 1758 : Très mauvaise année de blé à cause de l'abondance des pluies.

En 1770 : La misère avait pris des proportions inquiétantes par suite de la cherté des blés. Le Parlement de Bretagne jugea la situation assez grande pour décider au nom de la Cour l'emprunt d'une somme de 90 000 livres, pour acheter au dehors des graines et qui seraient ensuite vendues et réparties dans les endroits les plus nécessiteux de la province. En plus, on autorisait les généraux des paroisses à prendre dans leurs coffres telles sommes qu'ils jugeraient nécessaires pour subvenir d'ici la prochaine récolte aux besoins les plus pressants des pauvres.

En 1775 : Autre année de disette et de misère. Il fallut encore faire venir du blé de l'étranger.

En 1779 : Une épidémie de dysenterie bacillaire provoque 45 000 décès en quelques semaines. La variole coutumière à nos marins d'Afrique, sévit à Nantes et dans toute la Bretagne ; elle est très meurtrière de 1774 à 1789 ... persiste au XIXème siècle et se termine par l'épidémie hispano-nazairienne de 1887, apportée par le navire " La Fayette " où on recensera 238 cas et 33 morts (dixit le Professeur Kerneis, Nantes).

En 1787 : Extraordinaire tempête de neige. Les branches des arbres se brisèrent sous le poids de la glace. Les pommiers surtout furent grandement éprouvés dans notre région.

En 1788 : Hiver marqué par la rigueur du froid et la persistance d'une glace qui rendit impossible tout travail extérieur.

En 1788-1789 : "L'hiver, la neige s'éleva à plus de 10 pieds, dans le pays du Méné et des environs. L'on fut sept semaines sans pouvoir mener les troupeaux aux champs". Années de disette et de misère. Ces sortes de fléaux provinrent soit des intempéries des saisons, soit des maladies ou épidémies.

Nota : A la demande de l'Académie de médecine, une grande enquête nationale a eu lieu de 1775 à 1790. Quelques médecins de l'ouest répondirent, mais nous n'en connaissons pas pour le Trégor où une trentaine exerçaient pourtant vers 1786. Seul nous est accessible le mémoire briochin du docteur Bagot. Ce manuscrit contient un résumé climatique des années 1772-1777, puis un relevé des températures jusqu'à la Révolution. Par lui, nous apprenons qu'à Saint-Brieuc, la moyenne annuelle des températures entre 1778 et 1788 fut de 9° C. Un siècle plus tard à Perros-Guirec et Bréhat les moyennes annuelles sont respectivement de 11,2 ° C et 11° C : un réchauffement de deux degrés.

 

TREMBLEMENTS DE TERRE EN BRETAGNE

Bretagne : Tremblements de terre en Bretagne

En mars 709 : Tremblement de terre ressenti au Mont-Saint-Michel et dans l'archipel anglo-normand (signalé par Alexandre Chèvremont) ;

Les 22-29 octobres 842 : Tremblements de terre dans les îles anglo-normandes. Bruits souterrains dans toute la rance (A. Chèvremont) ;

En 1039-1091 : Secousses désastreuses dans le golfe normanno-breton, en Angleterre et dans l'Anjou (A. Chèvremont) ;

En 1112-1117, le 20 décembre 1119 et le 14 avril 1115 : Tempêtes effroyables dans le golfe normanno-breton. Chute des tours et des pinacles des églises. Le ciel est en feu et la lune est couleur de sang. Puis terrible tremblement de terre dans le golfe normanno-breton. Le monastère du Mont-Saint-Michel est incendié par la foudre, dont les éclats accompagnent les secousses du sol (A. Chèvremont) ;

En 1118, un grand tremblement de terre "subvertit les édifices et les arbres actuellement fichés et la cité de Nantes fut misérablement brûlée " ;

En 1155 (commencement d'avril) : Violentes secousses au Mont-Saint-Michel et à Tombelaine (De Parville) ;

En 1161 : Tremblement dans le Contentin et dans les îles anglo-normandes (A. Chèvremont) ;

Vers 1286 : La Chronique de Saint-Brieuc, nous dit qu'en 1286, avant la mort de Jean Ier, arrivée le 8 octobre, la terre tremble dans toute la Bretagne, pendant 40 jours, et plusieurs fois par jour, surtout à Vannes, où le tremblement fut continuel et renversa de nombreux édifices. Après la mort du duc, le tremblement se fit sentir encore près d'un an surtout à Vannes, mais avec des intervalles (Pr. I. 41) ;

Le 5 novembre 1386 « Le 5 novembre 1386 encore, se fit sentir à Nantes un violent tremblement de terre, qui se répéta avec plus de force, le 28 mai de l'année suivante, en plusieurs endroits de la province. Ce dernier inspira d'autant plus de terreur qu'il fut accompagné de coups de tonnerre aussi épouvantables que multipliés ». L'abbé Manet (Histoire de la Petite-Bretagne ou Bretagne-Armorique ... - 1834) ne dit pas où il a puisé ces renseignements ;

En 1427 : Tremblement de terre qui se fait sentir depuis Montpellier jusqu'en Hollande. La ville de Nantes est en partie renversée. 13 villages engloutis dans la contrée de Dol, 55 en Hollande (Chèvremont) ;

En 1544 « La ville de Rennes essuya aussi, cette année-là, un tremblement de terre si violent que les meubles s'entrechoquaient dans les maisons ; mais ni le mois ni le jour de cet événement n'ont été marqués ». L'abbé Manet (Histoire de la Petite-Bretagne ou Bretagne-Armorique ... - 1834) ne dit pas d'où il a extrait ces renseignements ;

En 1584 (mercredi 12 novembre à 7 h. du soir) : Violent tremblement de terre au Mont-Saint-Michel (De Parville) ;

En 1601 : Le 9 (19 ?) décembre 1601, Bertrand Jouhan (recteur de Plestin-les-Grèves) note que vers 10 heures du soir, il s'est produit un grand tremblement de terre ; sur quoi il a sollicité la pitié du Dieu Tout Puissant par l'intercession de la Sainte Vierge et de tous les Saints et Saintes du Paradis et s'en est remis à la volonté du Seigneur (Note : Cette secousse sismique fut ressentie dans toute la Bretagne comme l'atteste une autre note inscrite sur la page de garde d'un registre de Saint-Melaine de Morlaix par Messire Goulven Le Goff, vicaire perpétuel de la paroisse : « Le dix neuffiesme jour de décembre l'an mil six centz ung, environ unze heures en nuict se trova ung tramblement de terre si epoventable et estoit si terrible que les chandelliers, bacins sonoient, les chambres trembloient et fut un grand épouventement au peuple. Dieu nous donne sa grâce d'éviter toutz les perils et le paradis en fin ».

Le 10 mars 1619 (entre 7 et 8 h. du soir) :Idem (De Parville) ;

Le 6 juillet 1640 (à 10 h et 11 h, du soir) : Violent tremblement de terre au Mont-Saint-Michel, en Bretagne et en Normandie (De Parville) ;

En 1701, tremblement de terre (Voir Histoire civile, politique et religieuse de la ville de Nantes et du comté Nantais (jusqu'en 1747) par l'abbé Travers - Publiée de 1836 à 1841, Nantes) ;

Le 13 janvier 1725 : tremblement de terre survenu dans la région guérandaise (relaté par l'astronome Bouguer le 14 avril 1725) ;

Le 7 avril 1767 : tremblement de terre survenu à Nantes le 7 avril 1767 à une heure du matin ;

Le 22 juin 1770 : Secousses dans la région de Dol. Le marais est subitement envahi par les eaux (A. Chèvremont) ;

En 1793, tremblement de terre (Voir Histoire de Nantes) ;

Le 25 janvier 1799. Josselin, 6 pluviôse, an VII, — 25 janvier 1799. « Ce matin, à quatre heures moins un quart, on a éprouvé, à Josselin, une secousse violente de tremblement de terre qui a duré environ soixante-trois secondes, qui a été précédée d'an bruit souterrain semblable à celui du tonnerre et qui a paru venir du sud-sud-ouest et se prolonger à l'ouest-nord et nord-nord-est. Le château bâti sur le roc vif et toutes les maisons ont tellement tremblé que presque tous les habitants ont été éveillés par la commotion forte qu'ont éprouvée leurs lits, par le bruit des portes et fenêtres et le cliquetis des batteries de cuisine. — Il ne serait peut-être pas indifférent que vous fissiez part de cet événement, très rare dans ce pays, à l'Institut nationale... » (lettre d'Elie, commissaire du Directoire exécutif près de l'administration municipale de Josselin, à celui près du département du Morbihan). Le 12 pluviôse, — 31 janvier, — un autre commissaire, Manson, « commissaire du Directoire exécutif près l'administration centrale du département de la Loire-Inférieure », écrivait de Nantes « à son collègue du département du Morbihan : ... Je pense que vous aurez ressenti comme nous la violente secousse du tremblement de terre qui a eu lieu dans la nuit du 5 au 6, sur les 4 heures du matin ». — Ici, de la frayeur et chute de quelques cheminées et de vieux murs isolés. « A Machecoul, beaucoup de maisons ont été renversées et les habitants ont éprouvé des pertes considérables ». Notre administration désirerait savoir ce qui est arrivé dans votre département. Le commissaire résidant à Vannes répond, le 17 pluviôse — 5 février — : « Nous aussi avons ressenti les secousses du tremblement de terre et, même à deux reprises. La première fut moins forte que la seconde, qui succéda presque aussitôt. Celle-ci a duré dans certains endroits cinq à six secondes ; dans d'autres, 20 à 30 secondes. — Ce phénomène me réveilla. Je sentis mon lit trembler, tous les meubles de mon appartement semblaient en mouvement et j'entendis un bruit souterrain. Cette situation m'a paru [durer] trois à quatre secondes. Ce tremblement fut suivi d'une pluie très forte. Au reste, il n'en est résulté aucun malheur ; on m'a dit que quelques parties de vieux murs s'étaient écroulées », voilà tout. Ce tremblement de terre, remarque M. Mauricet « eut son centre d'action à Machecoul », prés du lac de Grandlieu. « Le phénomène se produisit 36 heures environ après la pleine lune de janvier ; heure qui coïncide avec l'établissement de la marée sur nos côtes. L'épacte de cette année 1799 est de XXIII ; la nouvelle lune eut lieu le 8 janvier, la pleine lune le 22. Le tremblement de terre coïncide donc avec le moment des plus fortes marées de janvier 1799. Autre singularité : l'année 1799 est la 17ème de l'ère chrétienne où il n'y ait pas eu d'éclipse, ce qui ne se reproduira qu'en 1897 » (M. Alphonse Mauricet, Tremblement de terre en Bretagne - 1887, Vannes). On trouve, d'autre part, sur le même événement, dans le Registre de Concoret, mémoires d'un prêtre réfractaire, publié par Ropartz (Saint-Brieuc, Prudhomme, 1853), p. 46 : « 1799. Le vendredi 25 janvier, vers les 4 heures du matin, on a ressenti, à Concoret, un violent tremblement de terre qui, d'abord, a causé une secousse en l'air et puis un bercement qui a ébranlé les maisons, de façon que des cheminées et des ardoises de dessus les toits en sont tombées. Ce tremblement de terre parait avoir été général en France, suivant les papiers publics »

Les 3-4 août 1826 : Secousses ressenties à Saint-Malo (A. Chèvremont) ;

Au XIXème siècle (date ?) : Secousses ressenties à Nantes et accompagnées d'un coup de vent très violent. L'atmosphère était comme en flammes (A. Chèvremont) ;

En 1881 (la nuit du 28 au 29 mai) : Deux secousses dans les environs de Guingamp (A. Chèvremont) ;

En 1895 (6 décembre à 4 h. 1/2 du matin et le 7 décembre à 9h. 1/2 du matin) : A Lorient, le 7, trois secousses (vaisselle brisée, glaces et cadres tombés, etc.). Le 6, à Dragueville (Manche), bruit "comme le roulement d'une charrette lancée au galop", murs et planchers secoués. Au Mont-Saint-Michel secousses légères, mais au donjon du Mont trépidations effrayantes. Secousses légères à Granville, Avranches, Pontorson, Dol, Saint-Malo. A Cuguen, vaisselle violemment agitée, vitres brisées. Tout l'Ouest fut secoué (De Parville) ;

Le 14 juin 1896 : « 14 juin 1896, à 8 heures 48 minutes. Deux secousses, à Saint-Brieuc et environs, région de Loudéac, etc. La première secousse a duré deux secondes et a été plus forte que la deuxième, laquelle a été à peine sensible »

Le 23 octobre 1896, disait un journal breton du même mois, dans toute la région entre Dinard et La Richardais .. , le lendemain du dernier orage, les habitants furent très surpris de voir tous les récipients à l'air libre remplis d'une eau de pluie noirâtre. Dans différents endroits, elle est tombée bleuâtre, dans d'autres elle avait une teinte brune très prononcée ... Il est regrettable qu'on n'en ait pas fait l'analyse. « Ajoutons qu'au cours de cet orage, on a ressenti une légère secousse de tremblement de terre. L'oscillation n'a duré qu'une seconde ; elle paraissait aller de l'ouest à l'est » ;

Le 24 décembre 1897 : « Le 24 décembre 1897, à 1 heure 40 du matin, une forte secousse de tremblement de terre, allant de l'est à l'ouest, a été ressentie à Treffendel. Le grondement souterrain ... a duré de 5 à 6 secondes et a été si fort ... que plusieurs disaient que ce devait être un coup de mine » (Voir Avenir de Rennes, numéro du 2 janvier 1898) ;

Le mercredi 19 janvier 1898 : Le mercredi 19 janvier 1898, vers 8 heures du soir, secousse de tremblement de terre à la Roche-Bernard (sur la Vilaine, non loin de l'embouchure). « Bruit assez fort, rappelant à peu près le roulement lointain produit par une batterie en marche » (Voir Avenir de Morbihan, numéro du 4 février 1898) ;

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