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CLEDEN-POHER

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La commune de Cléden-Poher (pucenoire.gif (870 octets) Kleden-Poher) fait partie du canton de Carhaix. Cléden-Poher dépend de l'arrondissement de Châteaulin, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CLEDEN-POHER

Cléden-Poher vient de « Cleden », un saint breton, et du breton « poucaer » (pays de Carhaix). 

Cléden-Poher est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Poullaouen. La paroisse de Cléden-Poher englobe la trève de Kergloff. La mention la plus ancienne de la paroisse de Cléden-Poher est antérieure à 1108 (Parrochia Cleven) dans le cartulaire de Redon. Cette paroisse dépend alors de l'évêché de Cornouaille. Au XI-XIIème siècle, Cléden-Poher est appelé Roch Cletguenn : elle le doit, semble-t-il, à l'ancienne forteresse de La Roche. 

L'église, mentionnée au Cartulaire de Quimper (1363) sous cette forme : Cetguen Pochaër, est sous le vocable de Notre-Dame de l'Assomption. M. Creyou, recteur en 1756, déclare posséder « un instrument en vermeil qui sert à donner la paix et qui porte cette inscription : L'Assomption patronne de Cléden-Poher 1700 ». Les seigneurs prééminenciers de l'église étaient les seigneurs de Pratuloch, du Glaz ou du Laz et de Muzillac (Voir la généalogie de la maison Jégou du Laz, par Mm la comtesse du Laz). 

On rencontre les appellations suivantes : Parrochia Cleven (avant 1108), Roch Cletguenn (de 1081 à 1114), Cletguin Pochaer (vers 1330), Cleden Pohaer (en 1535).

Note 1 : Rôle des décimes en 1789 : Riou, recteur (84 livres et 15 sols), la Fabrice (20 livres), le Rosaire (2 livres), Trève de Kergloff (5 livres et 15 sols), Notre-Dame du Moustoir (2 livres), Saint-Roch (2 livres), Saint-Nicodème (2 livres), Sainte-Candide (2 livres), la Trinité (2 livres), Saint-Nicolas (2 livres). Total : 124 livres et 10 sols. Liste des Recteurs de Cléden-Poher avant le Concordat : - 1477 : Décès de Yves Kerandraon. - 1512 : Olivier Guillaume, recteur et chanoine. - 1530 : Décès de Guillaume Fournier, recteur de Cléden et de Duault. - 1543 : Décès de Hervé Baelec. - 1568 : Décès de François Quelennec. - 1569-1578 : Gilles de Kerampuil , recteur de Cléden de Motreff et de Tréaugat, chanoine de Saint-Trémeur, Carhaix. - 1649 : Tanguy Cnech résigne en faveur de André Priser. - 1651 : André Bégasse. - 1652-1705 : Henri Falchier. - 1731 : Décès de Nicolas Le Guen, le 31 Décembre. - 1732 : Yves Le Gléau. - 1737-1780 : Claude-Toussaint Dumain, né à Lanrivain-Bothoa en 1700, nommé recteur de Cléden au concours à Cour de Rome, en 1737, démissionnaire en 1780, il mourut en 1782. Son église avait, dit Mgr. de Saint-Luc, « près de 20.000 livres d'argenterie ». - 1780-1790 : Claude Riou, né à Querrien, en Bothoa , en 1746. Son oncle Dumain lui résigna sa paroisse, le 5 Décembre 1780. Décédé à Jersey pendant la Révolution. Liste non exhaustive des Recteurs de Cléden-Poher depuis le Concordat : - 1804-1818 : Germain Favennec, de Pleyben. - 1818-1824 : Pierre-Jean Le Moal, de Carhaix. - 1824-1845 : Henry Salaun, de Landeleau. - 1845-1848 : Pierre-François Goardon, de Cléden-Cap-Sizun. - 1848-1852 : Jean-François Le Roux, de Loqueffret. - 1852-1859 : Jean-François Creyou, de Commana. - 1859-1860 : François-Marie Riou, de Saint-Pol-de-Léon. - 1860-1867 : François-Marie Craëc, de Morlaix. - 1867-1873 : Laurent Floc'h, de Brest. - 1873 : Jean Kerscaven; ..... Liste non exhaustive des Vicaires de Cléden-Poher : - 1855 : Yves-Marie Meudec. - 1863 : Yves-François-Marie Rolland. - 1864 : Jean-Marie Cariou. - 1865 : Jean-François Calvez. - 1865 : Vincent Goavec. - 1871 : François-Marie Larvor. - 1873 : Jean-Louis Le Guen. - 1874 : François-Louis Le Pors. - 1875 : Yves Bohec. - 1890-1905 : Paul-Marie Lormier, ... (Archives de l'Evêché).

Note 2 : Parmi les Recteurs qui ont gouverné la paroisse de Cléden-Poher, il en est un qui mérite d'être signalé par son savoir et son zèle. C'est Gilles de Kerampuil, né vers 1530 de Jean de Kerampuil et de Marie de Kerprigent. Entré dans les ordres, il devint chanoine de Saint-Trémeur de Carhaix, recteur de Motreff, Tréaugat et Cléden. Il possédait ces trois bénéfices à sa mort, qui survint à Rennes, le 29 Septembre 1578 ; il était recteur de Cléden depuis 1569 et de Motreff depuis 1573. C'est à lui que l'on doit le calvaire daté de 1575, qui se voit dans le cimetière, et deux ouvrages bretons, les Heures bretonnes imprimées vers 1570, à Paris, chez Kerver, et la Traduction du Catéchisme de Canisius, en breton, pour l'usage de ses paroissiens. En voici le titre breton, et la préface en français, d'après M. Léopold de Lisle : « CATECHISM - hac instruction - eguit an catholicquet - meurbet necesser en amser presant, eguit - quelen, ha disquicfu an Iaouanedet : - quentafu composet en latin, gant - M. P. Canisius doctor en - theology, vos à socie - té an hanu à Jesus. - Goudé ez eux un abreget ves an pez dléer principalafu - da lauaret en prosn an offeren dan tut lic. - Troet bremman quentafu à latin en brezo - nec, gant Gilles Kanpuil, persson en - Cledguenpochoer, hac autrou à Bigodou - ... A Paris, - pour Jacques Kerver, demeurant rue Sainct - Jacques, à l'enseigne de la Licorne. - M. D. LXXVI. ». « A Révérend Père en Dieu messire François de la Tour, évesque de Cornouaille et seigneur de Penanstang, Gilles de Kanpuil, son humble serviteur donne salut. Monseigneur, Désirant supléer mon absence par quelque moyen et bienfaict, afin d'avoir quelque excuse, premièrement devant Dieu, devant vous et tous ceux que j'ay en charge, j'ay pensé n'estre moins expédiant que nécessaire de prévenir et obvier à la rudesse du peuple vulgaire en la jurisprudence divine... Je me suis advisé de traduire en notre langue brette un petit catéchisme, premièrement composé par M. Pierre Canisius, docteur en théologie, lequel catéchisme, par estre plain de théologie et divine leçon, pourra beaucoup profiter à ceux do vostre diocèse... Seulement luy reste vostre faveur et authorité, Monseigneur, si tant est que veuillez me consentir le vous estre dédié, comme je désire, et vous supplie affectueusement et humblement, l'ayant traduit expressément pour l'usage du peuple de votre diocèse, lequel, s'il est si humainement receu de vous, et après d'iceluy vostre peuple, comme je le vous offre en forme des premières prémices et estreines de mon pauvre labeur, m'avanceré de vous présenter et dédyer un autre et plus grand suject que j'ay entre mains, si Dieu me favorit de sa grâce, pour le réduire à telle perfection que je désire pour l'accommoder à sa gloire et à l'édification du peuple catholique, spécialement de vostre diocèse... De Paris, le huictiesme jour d'Octobre mil cinq cens septante six. De vostre plus attendu et obéissant serviteur à jamais, GILLES DE KANPUIL ». « Aux lecteurs catholiques, Gilles de Kanpuil désire salut et félicité. Depuis que Dieu m'a appellé à ceste charge et mienne profession (encores que j'en sois indigne), je me suis estudié de sçavoir quel pouvoit estre mon plus nécessaire et principal devoir pour d'un bon zèle m'y employer ... Ce considéré, me suis laissé persuader de mon devoir et estat, et aussi de quelques miens amis, de vous traduire, lecteurs chrestiens, ce petit catéchisme, autresfois composé par M. P. Canisius, docteur en théologie... Je l'ay translaté et traduict en idiome brette, language vulgaire de ma patrie, pour ne laisser au peuple aucune occasion d'excuse de n'apprendre ce que luy est nécessaire pour son salut... N'ayant estudié à orner le langage breton, ne l'estant quasi que par force, ayant esté, la grâce à Dieu et ceux qu'il m'a laissé pour pères (puisque, par sa volonté, j'ay perdu mes naturelz avant l'aage de discrétion), nourry entre les François et autres nations jusques à présent ; aymant mieux, par la rudesse et simplicité de mon langage, exprimer le vray sens de mon subject qu'user de belles paroles, avecques peu do fruict et d'édification ; joinct que la première modelle n'est jamais pollie, mais s'approprie par la veue et maniement des bons esprits, qui asjoutent ou diminuent ce qu'ilz voyent d'excez et peu à propos. Suppliant tous lecteurs de corriger ce qu'ilz voirront nécessaire en ce petit catéchisme, ou bien excuser les fautes qu'ilz y pourront noter et avoir esgard que ceste langue n'a jamais esté imprimée et hantée comme les autres, dont n'ay peu me prévaloir des traictz d'autruy et naturelz d'icelle, espérant estre excusé de mes propres... Si vous demandez la cause pour laquelle j'ay voulu traduire en langue vulgaire ce petit catéchisme, c'est que l'usage en a esté célébre en l'église ancienne, comme sainct Augustin, sainct Cyrille et plusieurs autres sainctz et grandz personnages nous l'appreignent par leurs escrits .... Autre raison, pour ce que, estant adverty par un libraire de Paris, auquel on avoit faict des grandes instances pour imprimer le Nouveau Testament, traduict en langue brette par un Breton fugitif en Angleterre. Et d'autant que je cognois, tant par la relation de plusieurs doctes personnages anglois que le travail que je prins à la conférence de la langue angleche à la nostre, avecques laquelle elle a proche affinité, que la traduction qu'on a jà faicte en langue angleche estre en infinis lieux falsifiée et corrompue, et que telles traductions et traducteurs estans hors l'Eglise, n'ont et ne peuvent avoir aucune vérité, et que cependant cet apostat voudroit introduire son Nouveau Testament, autant ou plus suspect que celuy d'Angleterre, au grand désavantage des simples et aussi des autres, pour ce que ceste nouveauté, qui est en nostre temps fort prisée, leur feront recevoir ceste translation, laquelle pour l'imperfection de la langue, ne se peult bonnement faire sans erreur ou corruption, j'ai dressé ce petit bastillon, pour, si le malheur advient que ceste suspecte translation (pour le lieu d'où elle vient et celuy qu'on dict l'avoir faicte) est mise en lumière, que le peuple, estant auparavant tellement quellement adrextré et préveu par ce petit catéchisme, puisse de premier front cognoistre le pernicieux désir de ce nouveau monstre, le déballer et vaincre. Il sera aussy bon et propre pour prélatz, pasteurs, recteurs, maistres d'école et pères de famille, pour eux instruire leurs enfants et domestiques... ». En 1649, Missire Tanguy Cnech, recteur de Cléden (Cléden-Poher), résigna sa paroisse en faveur d'André Priser, avec rétention de 420 livres de pension sur son bénéfice ; mais il n'avait que 22 ans, et quoique pourvu par Rome, le visa de l'Evêque lui fut refusé, ne pouvant être prêtre dans l'année. Priser résigna son titre à un certain Blouin ; mais cette résignation fut attaquée comme non valable, étant faite par un titulaire, Priser, auquel M. Cnech n'avait pu validement résigner, et la paroisse fut définitivement donnée, en 1651, à André Bégasse, malgré la protestation des deux autres compétiteurs qui lui reprochaient de ne pas savoir le breton (Voir les Arrêts de Volant). Bégasse ne tarda pas à être remplacé par M. Henri Falchier, qui fut un des prêtres séculiers qui s'enrôlèrent avec le P. Maunoir pour donner des missions bretonnes. Lors de la mission qui fut donnée à Cléden-Poher, en 1679, par 33 missionnaires, et qui dura six semaines, M. Falchier, avec le secours du V. P. Maunoir, essaya de porter remède à une des plaies de l'époque, la mendicité ; on réunit tous les mendiants, on procura des places dans les fermes à ceux qui étaient valides et on constitua un fonds de secours pour les autres (M. Peyron).

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PATRIMOINE de CLEDEN-POHER

l'église Notre-Dame-de-l’Assomption (XVIème siècle), restaurée et modifiée en 1689 (date indiquée sur le contrefort nord-est de l'abside) et 1907. L'édifice comprend une nef avec bas-côtés de cinq travées irrégulières et un choeur accosté de deux sacristies. Il semble que se soit la famille Ploeuc, seigneurs du Tymeur en Poullaouen dont relevait la paroisse de Cléden-Poher, qui ait fait construire l'église actuelle au début du XVIème siècle. Le clocher est détruit par la foudre le 20 octobre 1907. La cloche date de 1519 (elle est fondue par Jacques de Vaud). Le retable date du XVI-XVIIème siècle : on voit au dessus du tabernacle, la scène du Crucifiement, d'un côté du retable la montée au Calvaire, et de l'autre côté du retable la mise au tombeau de Notre-Seigneur. Les deux sacristies accolées datent de 1694. Le confessionnal date du XVIIIème siècle. Le banc du chœur date du XVIIIème siècle. La chaire date du XVIIIème siècle. Trois panneaux d'inspiration flamande (XVIème siècle) relatifs à la Passion ont été intégrés au maître-autel (1880) ainsi que huit panneaux liés aux sacrements (XVIIème siècle). On y trouve des autels-retables latéraux (celui de la Pentecôte et du Rosaire fondé le 16 octobre 1694 par Rosalie du Perrier) et des retables secondaires de saint Laurent et de saint Pierre. Le retable de l'autel du bas-côté nord renferme un grand bas-relief en bois qui représente la Pentecôte : le Saint-Esprit descendant sur la Sainte-Vierge et les apôtres. Au-dessus se trouvent les statues de saint Michel, de saint Joseph et d'une sainte indéterminée. Le retable de l'autel du midi donne, en bas-relief aussi, la représentation du Rosaire : Notre-Dame et l'Enfant-Jésus remettant le rosaire à saint Dominique et à sainte Catherine-de-Sienne. Tout autour sont les médaillons des quinze mystères, et sur le cadre on lit cette inscription : "MARIE VIRGINI MATRI DEI ET REGINAE SS ROSARII - 1694. 16 OCTOBRE". Au haut, les statues de saint Yves, en surplis, camail et barrette, de sainte Barbe et de saint Jean l'Evangéliste. Le porche nord contient les statues de sainte Catherine de Sienne, saint François d'Assise et saint Dominique. A deux gros piliers, qui se trouvent vers le milieu de l'église, sont adossées deux niches retables du XVIIème siècle, renfermant les statues de saint Laurent (XVIIème siècle) et de saint Joseph. Aux fonts baptismaux, sous un petit baldaquin supporté par deux cariatides, un bas-relief représente le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean. La statue de Notre-Dame de Cléden adossée au meneau central de la maîtresse vitre est du XIV-XVème siècle. On y trouve d'autres statues dont celles de saint Corentin (XVIIème siècle), saint Yves, saint Jean, sainte Barbe. Le lambris en berceau de la nef est peint par Herbault en 1750 de scènes de la vie de la Vierge : 1° - à l'abside, au-dessus du maître-autel, Notre-Dame assise comme sur un trône de nuages, couronnée d'étoiles. Au-dessus de sa tête, le Saint-Esprit et, plus haut, le Père-Eternel tenant dans sa droite le globe du monde. 2°- Plus bas, d'un côté, la Sainte Vierge et saint Joseph. 3°- De l'autre, sainte Anne et saint Joachim. 4° - Notre-Dame représentée en reine, debout, couronne en tête, vêtue d'un manteau fleurdelisé et portant dans ses bras l'Enfant Jésus. 5° - En face, saint Pierre en chape et tiare tenant les clefs du paradis. 6° - L'Annonciation. 7° - L'Assomption. Notre-Dame est enlevée sur des nuages entourée d'anges qui portent des fleurs et dont deux tiennent une couronne au-dessus de sa tête. 8° - Adoration des bergers. Un ange est dans les airs chantant : Gloria in altissimis Deo. 9° - Visitation. 10° - Saint-Jean l'Evangéliste bénissant une coupe d'où sort un serpent. 11° - Un saint pape, bénissant de la main droite, tenant de la gauche la triple croix, vêtu d'une riche chape et coiffé de la tiare. A la sacristie midi, le lambris est aussi couvert de peintures de même style et très probablement du même peintre : elles représentent Notre-Seigneur en croix, avec la Sainte-Vierge et saint Jean à ses côtés et la Madeleine à ses pieds. Au bas on trouve la signature HERBAULT, pinxit, 1750. Voici les inscriptions des deux cloches : 1°- Première cloche "Jésus Marie, vénérable et discret missire Jean Le Gléau, licencié en droit, recteur de Cléden-Poher, évêché de Cornouaille" (M. Le Gléau était recteur de Cléden en 1750). 2°- Deuxième cloche "Mentem sanctam spontaneam. In honorem deo, patriae liberacionem. Jacobus vadensis me fecit. MDCXIX" (J'ai une âme sainte et spontanée pour honorer Dieu et procurer la liberté du pays. J'ai été fondue par Jacques de Vaud en 1519). C'est donc un fondeur nomade, venant de Suisse, du canton de Vaud, qui a fondu cette cloche ; et telle était en effet la pratique durant le Moyen-Age ; les fondeurs parcouraient le pays et établissaient leur fourneau au pied du clocher qu'ils devaient enrichir de cloches nouvelles. Cette inscription : Mentem sanctam spontaneam, etc., était communément employée par les fondeurs suisses à cette époque. On la retrouve ou on la retrouvait sur deux cloches de l'ancienne cathédrale de Genève, portant la date de 1481 et 1509 ; sur une cloche de Jussy, dans le même canton, avec le même millésime que celle de Cléden, 1519 ; — à Aigle, canton de Vaud, 1435 ; à Saint-François de Lausanne, 1508, ainsi que sur plusieurs cloches de Bourgogne, d'Angleterre, même de Rome. (Blavignac, la Cloche, p. 449 et s.). Le mot : Patriae liberationem, qui semble d'abord difficile à expliquer, se rapporte à une des attributions de la cloche que l'on trouve indiquée dans un statut du Chapitre de Quimper, du 30 Juin 1596, disant que, en temps de guerre, on doit sonner la cloche de la commune pour appeler le peuple contre l'ennemi. Le Bulletin de la Société Archéologique, 1903, page 52, signale, parmi les cloches déposées au port de Brest et mises à la disposition de l'Evêque de Quimper, en 1829, une cloche provenant de Cléden-Poher, pesant 79 kilos, portant cette inscription : Vénérable et discret missire, Claude Dumain, recteur, Guillaume Falchier, fabrique 1760 ;

Nota 1 : C'est un vaste bâtiment à toit très élevé, terminé par une abside droite percée d'une magnifique fenétre flamboyante divisée on six baies ; le meneau du milieu est une sorte de colonne ronde de 0 m. 40 de diamètre, à laquelle est adossée intérieurement la statue vénérée de Notre-Dame de Cléden. Le contrefort Nord-Est de l'abside porte la date de 1689, mais c'est là le millésime d'un agrandissement et d'une restauration, comme on le verra par une autre inscription intérieure ; la construction des parties principales et particulièrement du portail Ouest doit se reporter à la même époque que Pleyben, c'est-à-dire vers le milieu XVIème siècle. Les deux sacristies sont de la date marquée sur le contrefort et sont surmontées de toits en forme de carènes de navires. Le porche Nord contient les statues de sainte Catherine, saint François-d'Assise et saint Dominique. La façade Ouest donne accès dans l'église par deux portes géminées, de fort beau style, encadrées par une grande arcade dont le tympan est orné d'une statue de la Sainte-Vierge. Intérieur. — Au maître-autel, qui est d'exécution récente, on a eu l'idée de faire entrer des panneaux sculptés du XVIème ou du XVIIème siècle, oeuvres précieuses qui, sans ce judicieux emploi, allaient être condamnées à la destruction. Dans le retable on voit d'un côté la montée au Calvaire, et de l'autre la mise au tombeau de Notre-Seigneur. Au-dessus du tabernacle, la scène du Crucifiement. Ces hauts-reliefs contiennent des personnages très nombreux, très mouvementés et fort intéressants par leur expression et leurs costumes. Dans le coffre de l'autel se trouvent l'Adoration des Mages et la Circoncision. Au haut des boiseries qui lambrissent le mur du fond des deux côtés de l'autel, on a incrusté sept petits panneaux charmants représentant les sept sacrements, et un huitième qui semble être une cérémonie de l'Ancien Testament : La lecture de la loi dans la Synagogue. La statue de Notre-Dame do Cléden, adossée au meneau central de la maîtresse-vitre, est du XIVème ou du XVème siècle, d'excellent style et très vénérée par tout le pays d'alentour. Le retable de l'autel du bas-côté Nord renferme un grand bas-relief en bois qui représente la Pentecôte : le Saint-Esprit descendant sur la Sainte-Vierge et les Apôtres. C'est une scène d'une grande noblesse. Au-dessus se trouvent les statues de saint Michel, de saint Joseph et d'une sainte indéterminée. Le retable de l'autel du Midi donne, en bas-relief aussi, la représentation du Rosaire : Notre-Dame et l'Enfant-Jésus remettant le rosaire à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne. Tout autour sont les médaillons des quinze mystères, et sur le cadre on lit cette inscription : MARIAE . VIRGINI . MATRI . DEI . ET . REGINAE . SS . ROSARII. — 1694. 16 OCTOBRE. En 1856, M. Creyou, recteur, lisait cette inscription en la chapelle du Rosaire : « Cet autel a été fondé le 8 Octobre 1694 par Rosalie du Perrier dame de la Ville Morelle ». Au haut, les statues de saint Yves, en surplis, camail et barrette, de sainte Barbe et de saint Jean l'Evangéliste. A deux gros piliers cylindriques, qui se trouvent vers le milieu de l'église, sont adossées deux niches retables du XVIIème siècle, renfermant les statues de saint Laurent et de saint Joseph. Aux fonts baptismaux, sous un petit baldaquin supporté par deux cariatides, un bas-relief représente le baptême de Notre-Seigneur par saint Jean. Peintures de la voûte. — La voûte ou lambris en berceau est toute couverte de peintures représentant différentes scènes ou différents saints personnages entremêlés de têtes de chérubins entourées de nuages : 1. A l'abside, au-dessus du maître-autel, Notre-Dame assise comme sur un trône de nuages, couronnée d'étoiles. Au-dessus de sa tête, le Saint-Esprit et, plus haut, le Père-Eternel tenant dans sa droite le globe du monde. 2. Plus bas, d'un côté, la Sainte-Vierge et saint Joseph. 3. De l'autre, sainte Anne et saint Joachim. 4. Notre-Dame représentée en reine, debout, couronne en tête, vêtue d'un manteau fleurdelisé et portant dans ses bras l'Enfant-Jésus. 5. En face, saint Pierre en chape et tiare tenant les clefs du paradis. 6. L'Annonciation. 7. L'Assomption. Notre-Dame est enlevée sur des nuages entourée d'anges qui portent des fleurs et dont deux tiennent une couronne au-dessus de sa tête. 8. Adoration des bergers. Un ange est dans les airs chantant : Gloria in altissimis Deo. 9. Visitation. 10. Saint Jean l'Evangéliste bénissant une coupe d'où sort un serpent. 11. Un saint pape, bénissant de la main droite, tenant de la gauche la triple croix, vêtu d'une riche chape et coiffé de la tiare. A la sacristie Midi, le lambris est aussi couvert de peintures de même style et très probablement du même peintre. Elles représentent Notre-Seigneur en croix, avec la Sainte-Vierge et saint Jean à ses côtés et la Madeleine à ses pieds. Au bas se trouve la signature : HERBAVLT, pinxit, 1750. Dans l'église de Kergloff, autrefois trêve de Cléden, se trouvent des peintures semblables qui, d'après une inscription, ont été faites du temps de M. Le Gléau, alors recteur de Cléden-Poher. Sur les murs de l'église sont encore visibles les croix de consécration, et sur un pilier du côté Midi, autour des armes de l'évêque consécrateur, Mgr. de Coatlogon, de gueules aux trois écus d'hermine, est tracée cette inscription commémorative : HAEC ECCLESIA PRIVS RESTAVRATA ET AVCTA DEDICATA SEU CONSECRATA FVIT VNA CVM MAJORI ALTARI ET ALTARIBVS SANCTI SPIRITVS ET SANCTI ROSARII AB ILLVSTRISSIMO ECCLESIAE PRINCIPE FRANCISCO DE COATLOGON EPISCOPO ET COMITE CORNVBIENSI DIE PRIMA MAII 1694 (M. Abgrall, 1905).

la chapelle Notre-Dame-du-Mur (XVIIème siècle). Il s'agit d'un édifice rectangulaire terminé par un chevet à trois pans. Le retable à colonnes torses date de la fin du XVIIème siècle. On y trouve les statues de la Vierge-Mère, de saint Yves et de saint Gildas. La messe s'y chantait jadis le jour de la Quasimodo, pour la fête du Saint-Sacrement, le second dimanche d'Octobre, jour du grand pardon ; on y apportait en offrande du blé noir, et l'on invoquait la Vierge par des neuvaines pour guérir des fièvres. Cette chapelle est appelée, au rôle des décimes, Notre-Dame du Moustoir ; les gens du pays prétendent qu'il y a eu autrefois en ce lieu des Manach ru (1856)  ;

l'ancienne chapelle Saint-Roch, détruite vers 1930 et aujourd'hui disparue. Elle figure au rôle des décimes ;

l'ancienne chapelle Sainte-Anne, située jadis près du manoir de Pratulo. C'est dans cette chapelle que, le 20 Juillet 1662, Mgr. du Louët baptisa Renée de Musuillac, fille de Jacques et de Marguerite Capitaine ; le parrain était Olivier du Louët, abbé de la Rive, archidiacre de Poher et chanoine deQuimper ; Marie Quemper, épouse de Jan du Louët, était la marraine (acte cité par Mme la comtesse du Laz, dans sa généalogie de la maison Jégou de Laz) ;

l'ancienne chapelle Saint-Candide, qui figure encore au rôle des décimes en 1789 ;

l'ossuaire de l'enclos paroissial ou la chapelle funéraire (XVIème siècle). Elle est moitié gothique, moitié Renaissance, et occupe le coin nord-est du cimetière. Les murs sont percés d'une porte et de quatre arcatures sur la face ouest et de trois autres arcatures sur le pignon nord. Au bas du rampant d'un pignon est un ange tenant un petit personnage nu représentant l'âme humaine, et de l'autre côté, la mort brandissant une lance ;

le calvaire en kersanton de l'enclos paroissial (1575) est dû à la générosité de Gilles de Kerampuil, chanoine de la collégiale de Carhaix et recteur de Cléden (décédé à Rennes le 29 septembre 1578). Ce calvaire retrace diverses scènes de la Passion : la Flagellation, le Portement de Croix, Notre-Seigneur en Croix, entre saint Jean et la Sainte Vierge, entourés de petits anges qui recueillent dans des calices son précieux sang. Derrière la croix sont adossées la Sainte Trinité, la Vierge Mère tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, puis les statues de saint Pierre et de saint Paul. A des croix latérales sont attachés deux larrons. Sur les angles du massif, montés sur des piédestaux, sont un centurion et un soldat à cheval. Sur l'un de ces piédestaux on lit la date de 1575 ;

la croix de l'enclos paroissial (XVIème siècle) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix du cimetière de Cléden-Poher (XXème siècle), la croix de Botaval (1640), une croix située au nord-ouest de Cléden-Poher (XIXème siècle), La Haie-Louis (XVème siècle) ; 

le manoir de Langantec (XVI-XVIIIème siècle) ;

5 moulins dont le moulin à eau du Glas, du Staër, de Cabornès,…

A signaler aussi :

la motte féodale (XIème siècle) de la Roche ; 

la fontaine due au sculpteur Le Goarnig ;

l'ancien château de Pratulo. Ce vieux manoir relevait autrefois en juveigneurie de Châteaugal en Landeleau. Son héritière épouse, en 1440, Archambaut du Glas, gentilhomme de la Garde Ecossaise, envoyée au secours du roi de France Charles VII en 1422. Catherine du Glas, héritière de Pratulo, épouse Georges de Musuillac, seigneur de Kerdréan au diocèse de Vannes, reçu chevalier de Saint-Michel le 12 avril 1640. Pratulo sert de refuge, en 1719, au marquis de Pontcallec et au sieur du Couëdic, poursuivis par la police royale. Cette terre est acquise en 1806 par la famille Jégou du Laz qui construit, vers 1900, une nouvelle demeure près de l'ancienne, mais ce château est en partie incendié en 1944 ;

il y avait au bourg une fontaine sous le vocable do Notre-Dame, et une statue de la Vierge à Plac ar Salud, sur un point de la route de Carhaix à Châteaulin d'où l'on découvre le clocher de Cléden ;

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ANCIENNE NOBLESSE de CLEDEN-POHER

Les principales terres de la paroisse de Cléden-Poher étaient Cabournais (fief patronymique), la Haye, Pratulo, la Roche et le Staër (ou Ster).

- Cabournay : de gueules à trois mains d'argent en pal

- Coetquévéran, Sr. de la Haye : vairé d'or et de gueules au chevron d'hermines.

- Du Glaz, Sr. de Pratulo : d'azur au chateau de trois tours d'argent maçonné de sable.

- De Guer, Sr. du Her (Ster ?) : d'azur à sept macles d'or, 3.3.1. au franc canton fretté de 8 pièces ; devise : Sine maculis.

- De la Haye : d'azur à l'arbre d'argent, le tronc chargé d'un cerf passant d'or.

- De Kerdreffec, Sr. du Ster : d'argent à trois fasces de gueules ou écartelé d'or et d'azur.

- Muzillac, Sr. de Pratulo : de gueules au léopard lionné d'hermines.

- Penlaez : d'argent au chevron de gueules accompagné de trois molettes de même.

- Prévost, Sr. de la Haye : d'argent à trois bandes fuselées de gueules ; devise : Adversis major et secundis.

- Saisy, Sr. de la Haye : écartelé aux 1 et 4 de gueules à trois colombes d'argent qui est Kerampuil ; aux 2 et 3 de gueules à l'épée d'argent en barre la pointe en bas piquant une guêpe d'argent et accompagné d'une hache d'armes de même en pal qui est Saisy ; devise : Qui est Saisy est fort et Mitis ut columba.

 

NOTICE SUR LES DU GLAS, ANCIENS POSSESSEURS DU CHÂTEAU DE PRATULO EN CLEDEN-POHER (FINISTÈRE).

Glaz (le) ou Glas (du) (ramage de Châteaugal), sr. de Kerhoënt paroisse de Laz, — de Pontpol, paroisse de Châteauneuf-du-Faou, — de Pratulo, paroisse de Cléden-Poher, — de Ployart et d'Arrancy, en Picardie, — de Montréal, en Bugey, réformations et montres de 1427 à 1562, paroisse de Laz, Châteauneuf et Cléden, évêché de Cornouaille. D'azur au château de trois tours d'argent, maçonné de sable.

Yvon épouse avant 1427 Marie de Clévédé ; Jean, lieutenant de Châteaulin en 1570, auteur de la branche de Pratulo (là, erreur énorme) fondue en 1600 dans Muzillac.

Une autre branche, établie en Soissonnais depuis 1530, y a été maintenue en 1668. Elle a produit Valentin, évêque duc de Laon en 1581-1598. Cette branche chargeait ses armes de celles des Douglas : d'argent au cœur de gueules couronné d'or ; au chef d'azur chargé de 3 étoiles d'argent ; Louis, sr. d'Arrancy, chevalier de Malte en 1615 (Armorial de Courcy, dernière édition).

Si les du Glas étaient des Douglas d'Ecosse ; il est difficile d'accorder cette prétention avec l'article ci-dessus qui les fait ramage de Châteaugal, et les cite aux montres de 1427, leur trouvant des alliances bretonnes avant cette date. Le mémoire sur les descendants d'Ollivier du Glas en Picardie et dans le Laonnais établit leur filiation depuis les rois d'Ecosse, dans les volumes supplémentaires de l'Armorial d'Hozier (réimprimé en 1872). Nous nous bornerons à montrer que dans un mémoire curieux trouvé aux archives du château du Bot [Note : Appartenant alors à M. le Comte et Mme la Comtesse de Saint-Luc] en Quimerc'h, et provenant des Musuillac qui y eurent alliance, cette prétention d'origine écossaise et d'être de vrais Douglas existait dès lors, et voici deux cents ans que ce mémoire généalogique a été écrit par les du Glas eux-mêmes : nous le reproduisons, parce qu'il est authentique, et qu'il a un air de vérité qui frappe.

« Extrait des tiltres nobilières et généalogie de la maison et famille des du Glas, seigneurs originaires d'Ecosse, dont une branche s'est habituée en Bretagne par un cadet nommé Guillaume qui y épousa Margueritte de Pratulocq Chasteauneuff hérittière de la dite maison, à condition de porter et ses descendants les armes de la dite maison de Pratuloch lors en quenouille avec les armes du Glas et le nom icy marquées en 1440. Du Glas de Pratuloc porte d'azur à trois tours doublement donjonnées en un chasteau d'argent massonnées de sable (qui est Pratuloc) ; chargé d'argent au cœur de gueules couronné royalement d'or au cheff d'azur chargé de trois estoilles d'argent (qui est du Glas) ».

La maison et famille du Glas est d'Ecosse originaire et fort illustrée des alliances des rois et reines et des premières charges du dit royaume, et encore à présant, ce qui serait trop long à destailler, je parlerai de la branche habituée en Bretagne et de celle venant de Bretagne habituée en Picardie près de Laon et Notre-Dame de Liesse.

Premièrement faut scavoir que du temps de Charles VII, roy de France, Archambaut Du Glas vint en France avec Jan Stuart, son beau-frère et proche parent du Roy d'Ecosse, avec 7000 Escossais commandés par le dit du Glas qui amena avec lui deux de ses enfants, l'aisné nommé Jacques du Glas et l'autre encore jeune nommé Guillaume du Glas donnèrent bataille près de Paugé pour le secours dudit Charles VII, et la gagnèrent ; ledit Jacques, fils aisné dudit Archambaut, fut tué et pour récompense le dit Roy Charles VII donna le duché de Touraine au dit Archambaut et fist connétable ledit Jan Stuart par lettre expédiée le 19 avril 1422, mais deux ans après le dit connestable et ledit duc de Touraine et son fils aisné Jacques du Glas furent tués à la bataille de Verneuil l'an 1424, et sont enterrés en l'église de Sainte-Croix d'Orléans. Archambaut du Glas échappé de la bataille ayant toujours servi aux armées de France se retira en Bretagne avec le comte de Penthièvre, prince de Bretaigne, qui luy donna sa vie durant la seigneurie de Chasteauneuff où il demeura quelque temps, puis épousa en 1440 Margueritte, fille et hérittière de la maison de Pratulocq de Chasteauneuff, laquelle maison et seigneurie est sittuée en la paroisse de Cléden, évesché de Cornouaille, entre Carhaix et Châteauneuff.

Dudit Mariage est sorti Yvon du Glas qui épousa Plaisou de Coëtbihan, duquel mariage est sorti Allain du Glas, escuier, sr. de Pratulo, qui épousa damoiselle Jeanne Provost de la Haye, fille de noble Guillaume Provost et de Jeanne du Bot, sr. et dame de la Haye, dont est issu Gilles du Glas qui épousa Plaisou de Coëtquévéran, dont est sorti Guillaume du Glas, fils aisné de Gilles, seigneur de Pratulo, et 0llivier du Glas, son frère cadet, seigneur d'Arancy et Ployart, près de Laon et Notre-Dame de Liesse, à deux lieues de l'un et de l'autre, et Nicolas du Glas qui fut prieur de l'Isle-Sian. Ledit Guillaume du Glas, fils aisné de Gilles cy dessus dict et seigneur de Pratulocq, demeura au dit Pratulocq en Bretagne, prit femme en la maison du Vieux-Chastel [Note : Comme la seigneurie du Cran, en Spézet, fut apportée par les Vieux-Chastel aux du Glas, et par ceux-ci aux Musuillac, nous pensons ne pas nous tromper en disant que ce sont les Vieux-Chastel ou les du Glas qui fondèrent la chapelle de Notre-Dame du Cran, en Spézet, où les deux fondatrices sont représentées dans un des vitraux très remarquables de cette grande chapelle : ils datent de 1548 et 1550] dont est sorti Jan du Glas qui prit femme en la maison du Plessis de Nizon dont est sorti Jean du Glas, second du nom, qui prit femme en la maison du Chastel dont sont issues Catherine et Anne du Glas, hérittières de la maison du Glas-Pratulocq, dont l'une épousa le seigneur de Musuillac, en Bretagne, et l'autre fut religieuse [Note : Elle se nommait plutôt Jacquette, et épousa un Kerguz, seigneur de Kerstang, près de Gourin. (Anciens registres de Gourin)].

Il s'est trouvé des lettres des dictes deux filles addressantes au seigneur du Glas d'Arancy cy-nommé Philippe par lesquelles elles le qualifient leur oncle, il estoit ayeul du sr. du Glas d'Arancy à présent vivant. Tout ce que dessus dict de la maison et alliance des du Glas de Pratulocq a esté extrait des dépositions de plusieurs gentilshommes voisins de Pratulocq et parents dont il y a eu trois enquestes en parchemin signées des juges de monseigneur le Duc et du sceau de Bretagne qui est un semé d'hermines, la première du 24 février 1541, l'autre de 1553, toutes lesquelles marquent la filiation du dit 0llivier du Glas, fils de Gilles, et toute sa parenté en Bretagne, et comme il sortit de la maison de son père, jeune garçon, et suivit le Roy à l'armée que commandoit en Italie pour le Roy messire Jan Juvénal des Ursins, avec lequel il revint en France en 1520.

Et après avoir encore servy le Roy jusques en 1529 il se maria (le 23 septembre 1530) à damoiselle Isabeau de Vignacourt, fille de Maurice et niepce d'Alope de Vignacourt ; lors grand maistre de Malte en 1530, après avoir achepté les terres et seigneuries d'Arancy et de Ployart et Ham de messieurs des Ursins, duquel mariage il y a eu quattre garçons et une fille. L'aisné, nommé Louis du Glas, chevalier de l'ordre du Roy, seigneur de Ployart, d'Arancy, Longueval, Hamet, Esleu, capitaine d'une compagnie de cent hommes de pied. Le second fils fut Philippe du Glas, chevalier seigneur d'Arancy, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, et capitaine d'une galère.

Le troisième fils fut Valentin du Glas, évesque et duc de Laon, pair de France, comte d'Ainzy-le-Chasteau et abbé de Saint-Rémi-lès-Sens, mort en 1598. Le quatrième fils dudit 0llivier du Glas fut Jan du Glas, chevalier de l'ordre du Roy, seigneur de Longueval et Ham, et gouverneur de Soissons, et ambassadeur du Roy à Venise [Note : Il épousa Claude des Hayes, dame de Fontenailles]. La fille, Charlotte du Glas, mariée à Jan de Courcelles, chevalier de l'ordre du Roy, etc., et deux autres filles religieuses. Louis du Glas, chevalier de l'ordre du Roi, fils aisné d'0llivier du Glas, seigneur d'Arancy et Ployart et gouverneur des places fortes de Reims par lettre signée du grand sceau de cire jaune du 22 février 1530, épousa Isabeau de Mandy, fille de Jan de Mandy, seigneur d'Arthaire, gouverneur de Mouzon, chevalier de l'ordre du Roy, duquel est sorti Louis du Glas aussi chevalier de l'ordre du Roy, seigneur de Ployart, capitaine et commandant de régiment... mort aux armées sans hoirs, et le droict des d'Arancy retourné à Philippe du Glas, second fils d'0llivier, qui épousa en premières nopces Françoise de Fay d'Athies, de la maison de Soissons Moreuil, et n'a eu que quattre filles. Le dit Philippe épousa en secondes nopces damoiselle Marie des Cognets, hérittière de la maison de Saint-Aubin, et dame de Clayes et Pontchartrain en Beausse, laquelle a en grand nombre d'enfants dont trois capitaines et deux lieutenants sont morts ès armées sans hoirs, et trois garçons mariés, et deux filles, un chevalier de Malte. L'aisné des quattre garçons fut Marc du Glas, chevalier seigneur d'Arancy, Saint-Jacques, Longueval, la Suze, gentilhomme de la chambre du Roy, guidon des gens d'armes, qui épousa damoiselle Jeanne de Brouilly Pienne, fille de Charles de Brouilly, seigneur de Balaguy, etc., et de dame Jeanne de la Fontaine. Duquel Marc du Glas sont issus trois enfants dont l'aisné fut Charles du Glas, chevalier, seigneur d'Arancy y demeurant, et à présent vivant et aagé de 73 ans. Il est seigneur de Ployart en partie, seigneur de la Suze, Saint-Jacques d'Aranso la ville, Longueval, de Bleucourt, seigneur et vicomte d'Amy Fontaine, capitaine cy-devant d'une compagnie de chevaux légers. Il épousa damoiselle Françoise de Brodart desquels sont sortis 23 enfants ; et il en reste encore onze, dont l'aisné mort depuis peu ès armées, corneste de la compagnie des chevau-légers de son oncle, Louis de Brodart, au régiment de Brétillac. Le second fils dud. Charles est présentement cornette au régiment du mareschal d'Humières. Le troisième fils est chevalier de Malte receu il y a dix ans et est présantement à Malte. Le quatrième est lieutenant premier au régiment du Roy. Le cinquième premier, lieutenant au régiment de Provence. Le sixième dans les compagnies des nobles cadets etc. Ledit Charles du Glas eut six filles dont il y a quattre religieuses et deux abbesses royales, une fille demeurant à Arancy avec son père Charles et qui est veufve et qu'il a retirée de la cour où elle estoit près de la feue reine dernière morte, et une autre mariée au comte de Monceau depuis sept ans laquelle a enfants. Le second fils de Philippe du Glas, nommé Lionel du Glas, a été lieutenant d'infanterie et est mort, a laissé un garçon et deux filles de son mariage avec damoiselle Margueritte de Cailloy, lequel garçon a servi aux armées du Roy longtemps et s'appelle Jacques du Glas, lequel a épousé dame Marie de Marle (?), veuffve du seigneur de Ruoultz et est sans hoirs. Le troisième fils de Philippe fut Gabriel du Glas seigneur de Bugny, Sainte-Sophie et Ployart en partie. Il a servi 30 ans capitaine d'infanterie, a épousé dame Marie de la Haye dame de Coulon et Bugny. Il a un fils nommé Jan Louis du Glas marié à damoiselle Suzanne de Mazancourt. Il demeure à Ployart et est aussi sans hoirs ; il a été longtemps capitaine d'infanterie fort voiagé ès mers et en l'Amérique en cette qualité. Le quatrième fils de Philippe fut Jan du Glas qui fut chevalier de Malte et après quinze ans de caravane il s'est fait capucin, et est mort au couvent à Paris. Les deux filles dudit Philippe, l'une épouse Jacques de Bar de Béthancourt, capitaine, morte sans hoirs. L'autre fille épousa Octavien d'Hesselin, seigneur de Saubzy, auquel est  resté un fils vivant et non marié appelé Antoine d'Hesselin ; s'est sauvé de France pour un combat et s'est retiré en Hollande où il est capitaine de chevau-légers...

Voilà le détail de la famille des du Glas de Pratulocq en France et Picardie demeurant maintenant les trois branches d'Arancy, Ployart et Rugn, dans le voisinage l'une de l'autre près de Laon, dont deux branches sont sans hoirs. Il n'y a que Charles du Glas, seigneur d'Arancy, luy qui est vivant aagé de 73 ans auquel reste encore onze enfants comme cy dessus dict, dont cincq sont dans le service du Roy ès armées actuellement servantes. Cette branche de du Glas d'Arancy n'ayant pas une parfaicte connaissance de la branche de Bretaigne des du Glas de Pratulocq, ni des alliances et armes d'icelle que par les généalogies et quelques titres anciens et certificat des gentilshommes voisins et parents de la dite branche qui sont dans les titres et généalogie du chasteau d'Arancy dont il sera donné communication à tous les parents de ladite branche de du Glas de Pratulocq, s'ils le désirent, et les suppliant d'en faire de mesme de leur tiltre et généalogies audit. sr. Charles du Glas d'Arancy, y demeurant, affin d'y mettre leurs descendants et qu'il puisse estre informé par article de l'entière vérité de leurs alliances, noms et armes, et les corriger dans ses généalogies d'Arancy, si tant est que quelques défauts y soit dans l'exposition que l'on en faict cy dessus et dans le mémoire instructif [Note : Ils firent mieux encore : le seigneur d'Arancy vint lui-même visiter ses parents à Pratulo, en août 1599, et se fit présenter tous les Musuillac, dont un mémoire semblable à celui des du Glas fut fait également, et nous a permis d'établir plus sûrement la filiation de Musuillac. Trois lettres du seigneur d'Arancy, fils d'Olivier du Glas, sont également aux archives du Bot, et sont adressées à Catherine du Glas, dame de Musuillac, datées de 1599 à 1606, il rappelle tout son passé, l'alliance de son père avec les Vignacourt, la récente mort de son frère, évêque de Laon, et témoigne son désir d'allier de nouveau les du Glas aux Musuiliac par ses propres fils (Comtesse du Laz).

Concernant, la famille DE MUSUILLAC (De gueules à un lion léopardé d'hermines), l'une des plus considérables de l'évêché de Vannes, voir la commune de MUZILLAC. Les héritiers des MUSUILLAC vendirent, en 1806, Pratulo au comte Joseph-François-Bonabes Jégou du Laz et à Marie-Angèle-Françoise-Émilie de Poulpiquet de Coetlez, sa femme ; c'étaient : dame Suzanne-Marie-Augustine de Musuillac ; demoiselle Marie-Suzanne-Renée-Perrine de Keroullas ; monsieur Auguste de France, et dame Marie-Joseph-Félicité Prévost de la Touraudaye, sa femme.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants de Cléden-Poher étaient présents :

Louis de Coetqueran de la Haye, archer en brigandine ;

Charles de Kerdreffec, archer en brigandine, et o luy Henry son fils, archer en brigandine.

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Cléden-Poher sont mentionnés :

Jehan Kerligonam, default ;

Vincent le Stanger, default ;

Henry Coetqueferan, sr. de la Hay, présent par le sieur de Kerampuil son garde, qui dict estre sous l'esdict ;

Jehan le Glas, présent, en estat d'arquebusier à cheval ;

Geffroy de Kerdeffrec, sieur du Staer, default.

(à compléter)

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