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CINTRE

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La commune de Cintré (bzh.gif (80 octets) Kentreg) fait partie du canton de Mordelles. Cintré dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).      

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CINTRE

En 1152, Cintré est un prieuré qui appartient à l'abbaye Saint-Melaine de Rennes (Pouillé de Rennes). L'ecclesia de Cintreyo est mentionnée par le pape Luce III pour confirmer cette possession. 

Dès le XIIème siècle, l'église de Cintré était paroissiale ; elle fut d'abord entre les mains des moines de Saint-Melaine, puis entre celles du trésorier de la cathédrale de Rennes ; ce dernier conserva jusqu'à la Révolution la présentation du recteur. Au XIIIème siècle, J..., évêque de Rennes, jugea un différend survenu entre Alain Eschabellan, recteur de Cintré, et Thébaud du Plessix, Guihenoc et sa femme, représentant vraisemblablement les seigneurs du Plessix-Cintré à cette époque (nota : Le manoir du Plessix-Cintré, situé au bord de la rivière le Flumel, possède encore sa motte féodale entourée d'eau ; mais ce n'est plus qu'une ferme. Les vassaux du fief du Bourg devaient au seigneur du Plessix 6 deniers payés à son banc, en l'église, à l'évangile de la messe du jour de Noël, et une bécasse portée au manoir du Plessix ). Il s'agissait d'une rente de deux quartiers de blé que les moines de Saint-Melaine prélevaient sur la dîme de Cintré et donnaient au recteur de la paroisse ; les seigneurs du Plessix prétendaient avoir droit à ce grain ; mais l'évêque, assisté de ses archidiacres, leur donna tort et commanda aux religieux de continuer à payer cette rente au recteur (Cartulaire de l'abbaye Saint-Melaine, 103). La tradition locale prétend que l'église actuelle de Cintré était à l'origine l'église priorale et que l'église paroissiale se trouvait au village de la Bonnemais ; elle ajoute que cette dernière église était dédiée à Notre-Dame, qu'elle s'élevait là où se trouve une croix près du village, et que le presbytère était à côté. Nous ne croyons pas devoir attacher d'importance à cette tradition, qui semble avoir pour fondement la chapellenie des Vignes, fondée par la famille Rebillard, habitant le village de la Bonnemais. Cette chapellenie, de deux messes par semaine, se desservait en l'église, et ce qu'on appelle le presbytère de la Bonnemais pouvait bien être la demeure du chapelain. Quoi qu'il en soit, la paroisse de Cintré était jadis divisée en trois traits : le Bourg, Bintin et la Bréhandaye (Pouillé de Rennes). En 1790, le recteur, M. Bameulle, déclara que la cure valait 1 500 livres de rente, mais il fit remarquer qu'il fallait de cette somme déduire les charges du bénéfice, savoir : « la pension d'un vicaire, les décimes, les gages de quatre domestiques, etc. » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 25).

En 1230, l'abbé de Saint-Melaine échange l'église de Cintré et la chapelle Notre-Dame de Mordelles contre l'église de Melesse que le trésorier de Rennes lui cède. Une partie des dîmes avait été donnée à l'abbaye Saint-Melaine par un prêtre appelé Alain Escoblan. 

La seigneurie de Cintré passe dans la maison de Verrières du Rheu, par le mariage de la fille unique de Philippe de Cintré, seigneur du Plessis-Cintré, avec Alain de Verrières, qui en 1245 veut soumettre l'abbé de Saint-Melaine à sa juridiction temporelle. Les moines de Saint-Melaine quittent Cintré vers 1270 et cèdent le prieuré vers 1370. Ce dernier disparaît vers 1411. 

Les anciens manoirs du Plessis et de Bintin possédaient tous deux un droit de haute justice. La paroisse de Cintré dépendait jadis de l'ancien évêché de Rennes.

On rencontre les appellations suivantes : ecclesia de Cintreio (en 1158), parochia de Sintreio (en 1245), Cintreyum (en 1437).

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Cintré : Alain Eschabellan (au XIIIème siècle), Guillaume Houllier (en 1437), Jacques Cérisier (vers 1500), Guillaume Freslon (décédé vers 1524), François Suzanne (vers 1611), N... Hubert (en 1634), Jean Gayet (1649-1674), Jean Gayet, dit le Jeune (1674-1681), René Corvaisier (1681-1682), N.. de Gourden (1683-1686), Jean-Baptiste de Lespinay (1686-1700), Hervé Enouf (1701-1707), Jean de la Chévière (1708-1735), Julien-Marie de la Chévière de la Gaudinais (1736-1760), Julien Levesque (1760-1762), Julien-François Coullon (1762-1763), Jean-René Le Boux de Villeneuve (en 1763), Mathurin-René Bameulle (1775-1791), Alexandre Petit (1803-1810), Jean Lesné (1811-1830), Jean Plessix (1831-1840), Pierre Denieul (1840-1853), François Bertré (1853-1857), Jean-Marie Pithois (1857-1872), François Lefeuvre (à partir de 1872), ....

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PATRIMOINE de CINTRE

l'église Saint-Melaine (XII-XVI-XVII-XIXème siècle), restaurée au XIXème siècle par l'architecte Aristide Tourneux. Il s'agit de l'ancienne église prieurale dépendante de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes. Cette église est reconstruite au XVIème siècle et agrandie en 1641 comme le stipule une inscription "D. pe. me. B. Guillart et. Ho. Fe. Hel. Bigot. sa compagne. 1641". Dédiée à saint Melaine, elle offre encore une abside romane qui rappelle le XI-XIIème siècle, et par suite les origines mêmes de la paroisse ; le reste de l'édifice est plus moderne et date des XVIème et XVIIème siècles : sur le transept du Nord on lit la date 1574, et sur un pilier des nefs celle de 1641. L'église se compose de trois nefs, de deux transepts et d'une chapelle accolée au Sud du choeur ; le clocher s'élève au haut de la nef, sur l'arcade triomphale du choeur. La chapelle au Sud du sanctuaire fia bâtie vers 1630 sur l'emplacement d'une autre chapelle, très-vraisemblablement chapelle seigneuriale, appelée la Vieille-Chapelle ; le but de cette réédification, faite par le recteur, M. Hubert, fut d'avoir une chapelle du Rosaire ; il demanda, en effet, et obtint des religieux de Bonne-Nouvelle l'érection de la confrérie dans cette chapelle, érection qui eut lieu le 1er octobre 1634. Dans le retable en tuffeau de l'autel du Rosaire est un tableau de saint Dominique, avec cette inscription : Do. par ma. Ber. Guillart et ho. fe. Hel. Bigot sa compagne 1656. Il paraît que ces deux personnages avaient contribué aussi à la construction de la chapelle elle-même, car sur l'un des supports de l'arcade faisant communiquer cette chapelle avec le choeur on lit encore : D. p. me. B. Guillart H. Bigot sa fem. 1641. Signalons encore cette courte mais humoristique inscription gravée sur le montant de la porte principale à l'Ouest : Face mieux qui pourra. Au manoir du Plessix-Cintré étaient attachés les droits de prééminence d'église. Possédée successivement par les familles du Plessix, de Verrières, Le Métayer et Rabinard, cette seigneurie vint à la famille Huchet par suite du mariage, en 1623, de Briand Huchet, fils cadet du seigneur de la Bédoyère, avec Louise Rabinard. Aussi en 1682 Isaac Huchet, seigneur du Plessix-Cintré, déclara-t-il jouir dans l'église de Cintré « des prééminences, enfeux, bancs armoriés tant au chanceau qu'à la nef, lisière dedans et dehors, etc.» (Archives Nationales, P. 1709). On retrouve encore dans plusieurs parties de l'église de Cintré, peintes dans les vitraux et sculptées sur la pierre, les armoiries des Huchet de la Bédoyère : d'azur à six billettes percées d'argent, tantôt seules, tantôt écartelées de diverses alliances. A la porte de l'édifice est aussi une pierre tombale portant une inscription gothique effacée et un écu traversé par une épée et se blasonnant : de sable à neuf billettes d'argent, qui est Rabinart. C'est donc le tombeau d'un ancien seigneur de Cintré appartenant à cette famille. Il y avait jadis en l'église de Cintré plusieurs fondations, entre autres celles d'une messe matinale les dimanches et fêtes, et d'une autre messe le dimanche à l'issue de la grand'messe (Pouillé de Rennes). L'église actuelle comprend une nef avec deux collatéraux, une abside demi-circulaire, un transept formé de deux croisillons et une chapelle au sud du choeur. L'abside date du XIème siècle. Le reste de l'édifice remonte au XVI-XVIIème siècle. Le porche-ouest date du XVIIème siècle. La chapelle-nord porte la date de 1574. La chapelle-sud est construite en 1630. On voit à la porte de la chapelle sud une pierre tombale entourée d'une inscription dont on ne lit plus que le mot Yves (cette pierre est décorée des armes des Le Vayer). Le dallage et la toiture ont été restaurés entre 1857 et 1859. Un arc triomphal s'élève à l'intérieur entre le choeur et la nef. Le retable de la Vierge date du XVIIème siècle. Le retable du Rosaire date de 1650 comme le stipule l'inscription "Do. par. Ma : Ber. Guillart et ho. fe. Hel. Bigot sa compagne 1656" (la peinture centrale représente la Vierge remettant le rosaire à sainte Catherine de Sienne et à un saint Dominique). Les blasons présents dans l'église sont ceux de Huchet de Cintré, seigneurs du Plessis-Cintré (depuis le début du XVIIème siècle jusqu'à la Révolution), seuls seigneurs de la paroisse : ils possédaient dans l'église en 1682 un droit de litre extérieure et intérieure, ainsi qu'un enfeu ; 

l'ancien prieuré de Cintré, aujourd'hui disparu et jadis membre de l'abbaye de Saint-Melaine. L'abbaye de Saint-Melaine fut confirmée, en 1152 et 1170, par les évêques de Rennes Alain et Etienne, en 1158 par Josse, archevêque de Tours, et en 1185 par le pape Luce III, en la possession de l'église de Cintré, « ecclesiam de Cintreio ». Mais, en 1230, l'abbé de Saint-Melaine échangea cette église, ainsi que la chapelle de Mordelles, contre l'église de Melesse, que lui céda le trésorier de Rennes. Alain de Verrières, seigneur du Plessix de Cintré, eut en 1245 une contestation avec les religieux de Saint-Melaine, parce qu'il prétendait qu'eux et leurs vassaux fussent soumis à sa cour et juridiction de Cintré pour tout ce qu'ils possédaient dans cette paroisse. Gilles de Lohéac, sénéchal de Rennes, devant lequel fut portée l'affaire, décida que les hommes et tenanciers de l'abbaye de Saint-Melaine, en Cintré, seraient bien soumis au seigneur du lieu sous le rapport du service militaire et des devoirs de mangers, et qu'ils iraient à son moulin banal, mais il stipula qu'ils seraient jugés par les officiers de la juridiction de Saint-Melaine, et que si ceux-ci condamnaient un coupable à mort, ils le rendraient, pour l'exécution de la sentence, à la justice du seigneur de Cintré. De plus, il fut réglé que le seigneur de Cintré ne pourrait point forcer l'abbé de Saint-Melaine à entretenir un religieux à Cintré même, parce qu'on aurait soin de faire desservir dans l'église abbatiale les fondations faites à Cintré. Cette dernière clause nous fait voir que les moines de Saint-Melaine avaient déjà quitté Cintré ; aussi les voyons-nous, un siècle plus tard, affermer, en 1370, à un clerc nommé Robin Bonier, leur prieuré de Cintré et le quart des dîmes des blés, fèves, poissons, vins, lins et chanvres qui se recueillaient dans cette paroisse. Une partie de ces dîmes de Cintré avait été donnée à Saint-Melaine par un prêtre appelé Alain Escoblan ; mais, par suite de la cession qu'elle avait faite de l'église paroissiale, l'abbaye de Saint-Melaine conservait peu de chose à Cintré lorsque le prieuré de ce nom fut éteint, en 1411 (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 59, 60, 126, et abbé Guillotin de Corson) ;

l'ancien manoir du Plessis (XVIIIème siècle). On y voit encore les vestiges d'une ancienne motte. Il possédait jadis une chapelle privée ruinée dès le XVIIIème siècle (d'après un aveu de cette époque) et un droit de haute justice. Propriété successive des familles Plessis (avant 1245), le Métayer (vers 1513). Les terres sont ensuite divisées vers 1600 : l'une des parts revient successivement à la famille Boberil (avant 1607), Henry sieurs de la Chesnaye (en 1607), Rabinard sieurs de la Fleuriaye et Briand Huchet ; l'autre part revient successivement au sieur du Pordo, de Kerbiguet (vers 1598) et Briand Huchet (en 1623) ;

le lavoir (XXème siècle). A côté de ce lavoir se dressait autrefois la fontaine Saint-Melaine, aujourd'hui disparue ; 

A signaler aussi : 

l'ancienne Chapelle Saint-Roch, entourée d'un cimetière et située non loin du bourg. Cette chapelle, entourée d'un cimetière, devait tirer son origine des pestes qui désolèrent aux XVIème et XVIIème siècles le pays de Rennes. Située près du bourg, elle n'existe plus (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien manoir de la Boffetière, situé route de la Chapelle-Thouarault. Propriété successive des familles le Gouz (en 1412), Guérot (en 1427 et en 1466), Hastelou (en 1513), de la Bintinaye (en 1527), de Teillay, Josselin, le Clerc sieurs de la Prêverie (en 1633), la Bintinaye (en 1703) ;

l'ancien manoir de Beauregard, situé route de Mordelles ;

l'ancien manoir de la Bonnemais. Propriété de la famille du Plessis en 1513 et en 1541 ;

l'ancien manoir de Bintin. Il possédait jadis une chapelle (fondée de messes au XVIIIème siècle) et un droit de haute justice : ses fourches patibulaires se dressaient sur la lande du Clos-Gravé. Il est uni au XVème siècle à la seigneurie du Bois en Talensac. Bintin relevait directement du Roi. Propriété successive des seigneurs de Bintin (en 1275), Hingant seigneurs du Hac (en 1468), du Gué (au début du XVIème siècle), de Tournemine seigneurs de Cicé (vers 1543), du Breil (en 1557), de Tournemine (avant 1571), Josses (en 1571), de Massuel seigneurs de la Bouteillerie (en 1628). Il devient en 1691 la propriété des Filles de la Sainte-Vierge de Rennes (Dames Budes), qui le vendent en 1724 à la famille Heuzé sieurs de la Gaudaye. Il est la propriété de la famille Logeois en 1724 et en 1747 ;

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ANCIENNE NOBLESSE de CINTRE

Les seigneurs de Cintré, issus de Charles Huchet, fils puîné de Jean II, sr. de la Bédoyère, et de sa deuxième femme, Julienne du Cleuz du Gage [Note : La première femme de Jean II était Julienne de Quédillac, dont un fils, Rolland, qui a formé la branche des srs. de la Bédoyère], se sont alliés comme suit : Charles, sr. du Plessis-Cintré et de Rédillac, conseiller au Parlement, à Mathurine de Kerbiquet (1580), fille aînée et héritière principale et noble de Kerbiquet et de dame Renée de Couédor, dont deux fils, Jean, mort sans hoirs, et Briand, qui suit. — Briand, chevalier de Saint-Michel, en 1648, le 18 janvier, sr. de Kerbiquet, de Langouet et du Plessis-Cintré [Note : La paroisse de Cintré (canton de Mordelles, près Rennes) a une petite église dont l'abside en hémicycle est romane ; les transepts et la nef avec les bas-côtés sont du XVIème siècle. Les blasons des Huchet et de leurs alliances existent encore à l'intérieur, sculptés et peints sur les murs. Les mêmes écussons se remarquent sur les vitraux et à l'archivolte des arcades de la nef. A cinq ou six cents mètres à l'est du bourg, sur le bord du chemin vicinal, tout près de la métairie du Plessis-Cintré, on retrouve les vestiges d'une motte seigneuriale, qui indique l'emplacement de l'antique demeure des seigneurs de ce nom (Bretagne contemporaine, t. III, p. 10], époux, en 1623, de Louise Robinard, fille aînée, héritière principale et noble de Guillaume et de dame Judith Olilff, sr. de la Fleuriaye et de la Roche. Ce fut Briand qui fut maintenu à la réformation de 1668, en qualité de chevalier et de noble extraction avec son fils. — Isaac, marié, en 1666, à Angélique de Sesmaisons, fille de Claude, sr. de la Sausinière, chef de nom et armes, chevalier de l'ordre, et de dame Barbe le Bigot, dont deux fils, Joseph, qui suit, et Louis, dit le chevalier de Cintré, tué à Ramilly. — Joseph, marquis de Cintré, vicomte de Tréguil, etc., marié, le 12 novembre 1699, à Catherine Crosnier de la Bertaudière, fille de Claude et de Marie Eon de la Baronie, dont deux fils : Louis-Marie et Claude-Joseph. — Louis, marquis de Cintré, vicomte de Tréguil, etc., commissaire des Etats, page de la grande écurie du roi, le 4 juillet 1719, marié, le 16 juin 1734, à Françoise-Jeanne-Pélagie de Talhouet de Keravéon, fille du sr. de ce nom et d'Anne-Marie de Derval, dont un fils qui suit et deux filles. — Georges-Louis, marquis de Cintré, mineur, ainsi que ses soeurs, lors de la mort de leur père. Le conseil de tutelle fut composé du duc de Rohan-Chabot, de Louis de Lorainc, sire de Pons, prince de Mortagne, de Jean Sévère, sire de Rieux, de Guy de Lopriac, de Claude de Sesmaisons, du sr. de Vaucouleurs, comte de Lanjamet, de Joseph, marquis de Goyon, de Jean-Baptiste, comte de Saint-Gilles, de Noël Florimond, comte de la Bédoyère, de Joseph de Servaude, de Georges de Talhouet de Brignac, de Messire de Talhoët de Keravéon, du marquis de Coislin, de Messire Claude Huchet de Cintré, oncle des mineurs, et de Messire Pierre de Derval. — Georges de Cintré épousa, le 5 septembre 1763, Julie de Grimaudet, fille de N. de Grimaudet, président au Parlement, et de dame Françoise de la Coudraye. — De ce mariage, six fils et une fille. — François-Hippolyte, comte de Cintré (étant mort avant son père), marié : 1° à Henriette de Couesplan, dont un fils, Georges, qui suit ; 2° à Henriette de Capellis. — Georges, marquis de Cintré, marié à Rose Freslon de la Freslonnière. — Gabriel, comte de Cintré, à Elisa du Bois de la Véronnière. — Louis II, marquis, à Olympe de Derval. — Armand, comte, à Mélanie Buchez de Chauvigné. — Charles : 1° à N. Hérisson de Beauvoir ; 2° à Marguerite Roblot. — Charles, à Aimée Wish. — Henri, à Sophie Fluon de Kermadec. — Armand : 1° à N. du Rocher de Saint-Riveul ; 2° à N. Hingant de la Tremblaye. — Constant, comte de Cintré, à Claire Fumel de Montségur. — Aimé, vicomte, à Mathilde Denis Keredern de Trobriand (19 mars 1819). — Bonaventure Huchet, marié : à N. Léziart du Dezerseul ; 2° à N. de Coataudon ; 3° à Fortuné d'Andigné de Mayneuf. — Alphonse, à Stéphanie d'Audibert de la Villasse, et Ludovic, à Marie Lasnier de Rocheville. Du côté des femmes, les alliances de Cintré ne sont pas moins distinguées : on y trouve en effet les maisons de Saint-Brieuc, — du Guern, — de Vauférier, — Jonchet de la Béraudière, — de la Ville-Rolland, — de la Ville-Asselin, — Hattet de la Croisille, — Bodéan de Borniquet, — Glé de la Besneraie, — Martel de la Malonnière, — du Breil, en 1668, — de Pont-l'Abbé de Coataudon, — de la Goublaye de Nantois, — de Vaudrimez d'Avoust, — de Kersauson, — Apuril, — Garnier de la Villesbrest, — Fournier de Bellevue. (Réf. de 1668-1671. — Mss. de la Bibliothèque de Nantes, t. II. — Arm. général de France, 1er reg., 1re partie. — Titres pour les honneurs de la cour. — La Chesnaye, t. VIII) (J. de Kersauson).

Note : La maison Huchet, à laquelle appartient M. de Cintré, est originaire d'Irlande. Elle se fixa en Bretagne à l'époque de la guerre de la Succession de Bretagne, à laquelle les Huchet prirent une part active. Cette maison, reconnue par la réformation de 1668 comme noble d'ancienne extraction chevaleresque, fut maintenue avec neuf générations. Elle a, en outre, comparu aux réformations et montres de 1427 à 1513, dans la paroisse de Talensac, évêché de Saint-Malo. Elle porte : « D'argent à trois huchets de sable, qui est Huchet, écartelé d'azur à six billettes percées d'argent 3, 2, 1, qui est la Bédoyère ». Nous trouvons parmi ses ancêtres : - Guillaume, écuyer dans une montre en 1418 ; - Bertrand, secrétaire d'Etat et du conseil du duc de Bretagne Jean V, garde des sceaux, en 1421 et ambassadeur d'Angleterre, époux de Jeanne, dame de Talensac, de la Bédoyère, fille de Jeanne de Talensac, qui fut présente au testament de Jeanne d'Angleterre, duchesse de Bretagne, en 1384. Plusieurs procureurs du roi et conseillers au Parlement, parmi lesquels : - Charles Huchet, conseiller en 1577 ; - François Huchet, sieur de la Bédoyère, conseiller en 1599 ; - André Huchet, conseiller en  1648 ; - Charles Huchet, sieur de la Bédoyère, conseiller en 1707 ; - Gilles, procureur général en 1631, ainsi que André, qui le fut en 1650 ; - Charles, sieur de la Bédoyère, procureur général en 1674 et Charles, en 1710 ; Deux pages du roi en 1719, Louis-Marie Huchet de Cintré et Claude-Joseph Huchet de Cintré. La famille Huchet se divise en trois branches : celles de la Bédoyère, de Cintré et de Quénetin. La souche de la branche de Cintré est Briand Huchet, qui épousa, en 1623, Louise Rabinard du Plessix-Cintré. (J. Baudry).

Les seigneuries de Bintin et du Bois de Bintin : La vieille terre seigneuriale de Bintin en la paroisse de Cintré a donné son nom à une famille dont le premier auteur connu fut Geffroy de Bintin, sénéchal de Rennes en 1275 (Potier de Courcy, Nobiliaire de Bretagne, I, 88). Une trentaine d'années plus tard, Bertrand de Bintin, fils d'autre « Monsieur Bertrand de Bintin », scella une charte de son sceau portant ses armoiries : D'or à la croix engreslée de sable, cantonnée de quatre fleurs de lys de même (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, Planches, n° 198). En 1371, Jean et G. de Bintin servaient comme écuyers dans une compagnie d'ordonnance commandée par du Guesclin ; dans cette même compagnie se trouvait aussi l'écuyer Regnaud de Bintin qui ratifia en 1381 le traité de Guérande ; enfin Thomas et Guillaume de Bintin jurèrent en 1379 l'association pour la défense du duché de Bretagne (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1651, 1652, 1654, 1655, 1658, II, 216 et 275). Vers le même temps un sire de Bintin contracta mariage avec l'héritière de la maison seigneuriale du Bois, en la paroisse de Talensac. Avec cette dame s'éteignit la branche aînée des du Bois, famille portant pour armes : D'argent à neuf fers de cheval de gueules, posés 3, 3, 3 (Potier de Courcy, Nobiliaire de Bretagne). 1658, II, 216 et 275. Une branche cadette, représentée en 1427 et 1444 par René du Bois, continua cependant d'habiter en Talensac au manoir du Maudet ; on la retrouve même longtemps après vivant encore dans le pays. Quant au manoir du Bois, il se trouvait en 1427 la propriété et la demeure de Raoul de Bintin « neveu et héritier de feu Regnaud de Bintin » (Anciennes réformations ms. de l'évêché de Saint-Malo) probablement le signataire du traité de Guérande. A partir de cette époque, cette maison du Bois prit le nom, qu'elle conserve encore, de Bois de Bintin. Dès lors aussi les deux seigneuries de Bintin en Cintré et du Bois en Talensac furent réunies en mêmes mains et cet état de choses persévéra jusqu'en 1589. Raoul de Bintin épousa Perronnelle du Gué et prêta en 1437 serment de fidélité au duc de Bre­tagne. Précédemment, en 1420, Thébaud de Bintin, peut-être son frère, avait pris les armes pour la délivrance du duc Jean V (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 1010 et 1303). Raoul de Bintin et sa femme moururent vers 1450, laissant leurs seigneuries à leur fille Guyonne de Bintin, femme de Jean Hingant, seigneur du Hac (nota : Archives de Loire Inférieure – Il existait une autre famille de Bintin fixée au XVème siècle en la paroisse de Ruffiac et portant pour armes dès 1380 : De sable à trois écussons d'or et une molette de même en abyme). De cette union sortit Eustache Hingant, seigneur du Hac et de Cicé, mari de Perrine Botherel, qui rendit aveu au duc de Bretagne en 1468 pour sa terre de Bintin. Cette dernière seigneurie aussi bien que celle du Bois de Bintin appartenait en 1513 à Charles Hingant, seigneur de Cicé, fils des précédents, époux de Raoulette de la Houssaye. Ce chevalier mourut le 22 mars 1514. Son fils aîné Raoul Hingant, seigneur de Cicé, fournit l'année suivante le minu des terres de Bintin et du Bois de Bintin, mais ne les conserva pas ; ce fut, en effet, Gillette Hingant, vraisemblablement sa soeur, qui les apporta à son mari Tristan du Gué, seigneur du Gué de Servon. Ces deux époux en firent hommage au roi en 1539 (Archives de Loire-Inférieure, B, 1007). Après eux Bintin et le Bois de Bintin revinrent aux seigneur et dame de Cicé, René de Tournemine et Françoise Hingant, sa femme, qui rendirent aveu pour ces deux terres en 1543 et 1553 (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, supplémentaire). Françoise Hingant étant morte, son mari vendit à condition de reméré ces deux seigneuries qui furent dans cette circonstance séparées pendant peu de temps : Bintin fut acheté en 1557 par Jean du Breil, recteur d'Iffendic, et le Bois de Bintin, l'année suivante, par Jeanne de la Moussaye, femme de Mathurin Gédouin, seigneur de la Dobiaye. Mais deux ans après, René de Tournemine reprit possession de ces deux propriétés, en remboursant aux acquéreurs l'argent qu'il avait reçu d'eux (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, supplémentaire). René de Tournemine finit pas donner Bintin et le Bois de Bintin en partage à son frère cadet Julien de Tournemine, seigneur de Montmoréal et de Saint-Tual. Celui-ci, époux d'abord d'Anne de Montbourcher, puis de Marguerite de Coligny, fut chevalier de l'Ordre du roi et son ambassadeur à Rome et en Angleterre. Julien de Tournemine vendit à son tour, en 1571, la terre de Bintin, sous condition de rachat, à Antoine Josses, chanoine de Rennes ; il la reprit en 1574 des mains de son héritier Jean Josses, seigneur de la Morinière. Enfin, se trouvant en 1585 à son manoir du Bois de Bintin, il vendit définitivement cette seigneurie et celle de Bintin à René de Tournemine, baron de la Hunaudaye, époux de Marie de Coëtlogon (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, supplémentaire). Le fils de ces derniers, autre René de Tournemine, baron de la Hunaudaye, fit hommage au roi en 1600 pour Bintin, mais il donna en partage cette terre aussi bien que celle du Bois de Bintin à sa tante Marguerite de Tournemine, épouse : - 1° de François Massuel, seigneur de la Bouteillerie ; - 2° de Troïlus de Mescouez, marquis de la Roche. Cette dame rendit hommage au roi pour ses seigneuries en 1620 (Archives de Loire-Inférieure, B 1015 et 1021) ; elle mourut le 26 avril 1628 et fut inhumée le 28 dans le chanceau de l'église de Talensac (abbé Pâris-Jallobert, Registres paroissiaux de Talensac, 29). De sa première union Marguerite de Tournemine laissa un fils, René Massuel, qui hérita d'elle ; aussi durant près d'un siècle les seigneurs de la Bouteillerie en Combourg furent-ils en même temps seigneurs de Bintin et du Bois de Bintin. Ce René Massuel, seigneur de la Bouteillerie, épousa Suzanne Grimaud qui se trouvait veuve de lui dès 1621. Il laissait un fils, Isaac Massuel, seigneur de la Bouteillerie et du Bois de Bintin, chevalier de l'Ordre du roi et marié vers 1640 à Françoise de Cossé-Brissac, fille d'Esme de Cossé, fils légitimé d'Arthus de Cossé, maréchal de France (De Carné – Les chevaliers bretons de l'Ordre de Saint-Michel, 250). Isaac Massuel mourut en 1674, laissant deux garçons Charles et Guy ; il fut inhumé le 21 décembre dans l'église de Talensac. Charles Massuel, l'aîné, seigneur de la Bouteillerie, de Bintin et du Bois de Bintin, épousa Jeanne de Perrouze qu'il perdit en octobre 1676 ; le corps de cette dame, décédée à Rennes en la paroisse Saint-Etienne , fut transféré et inhumé dans le chanceau de l'église de Talensac. Charles Massuel lui survécut peu de temps, car il fut inhumé à Talensac le 4 décembre 1680, et ses enfants mineurs furent placés sous la tutelle de leur oncle, Guy Massuel, habitant alors le Bois de Bintin (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, supplémentaire). L'un de ces enfants, Sébastien Massuel, n'était encore qu'on­doyé en 1689 quoiqu'il eut alors environ dix-huit ans ; on lui conféra, le 13 novembre de cette année-là, les cérémonies du baptême en l'église de Saint-Aubin de Rennes ; son parrain fut Mgr du Guémadeuc, évêque de Saint-Malo, et sa marraine Madame de la Bédoyère, la Murinette-Beauté qu'affectionnait la marquise de Sévigné (Registres paroissiaux de Saint-Aubin de Rennes). La fortune ne favorisait pas la famille Massuel. Ses créanciers firent en 1688 mettre la saisie sur Bintin et le Bois de Bintin. Guy Massuel les désintéressa cette fois avec l'argent que lui avança Charles de Cossé-Brissac, baron du Lavouër, frère de la douairière du Bois de Bintin. Mais celui-ci ne se voyant point remboursé, fit à son tour saisir ces mêmes terres en 1691 (nota : le baron de Lavouër décéda au Bois de Bintin en juin 1692). Elles furent définitivement vendues pour acquitter les dettes accumulées par les Massuel. Parmi leurs créanciers se trouvaient les religieuses dites Filles de la Sainte Vierge fondées à Rennes par Mme Budes ; elles avaient prêté au seigneur de la Bouteillerie une somme de 26 000 livres — tout leur avoir, — dont il ne payait même pas les intérêts. « Il ne faisait pas bon aller les réclamer, et elles ne trouvaient ni huissiers, ni sergents pour aller signifier à Guy Massuel qu'il eut à s'exécuter, parce qu'ils ont peur pour leur personne, dit une requête, le sieur de la Bouteillerie étant toujours accompagné de plusieurs personnes en sa maison pour lui tenir main-forte » (De Palys – Les Dames Budes, 143). Lorsqu'on vendit Bintin et le Bois de Bintin, ces pauvres religieuses retirèrent, pour plus de sûreté, ces terres au nouvel acquéreur et les gardèrent pour elles-mêmes. Hélas ! Elles ne se doutaient pas des ennuis qu'elles leur apportèrent ! « Il fallut plusieurs procès pour se mettre en possession, procès contre le seigneur de la Bédoyère et contre Charles de Cossé-Brissac, baron du Lavouër, qui prétendait avoir des droits de retrait féodal ou lignager sur ces domaines ; procès contre les recteurs des paroisses limitrophes Cintré et Breteil, et contre celui même de Talensac, qui prétendaient avoir droit à l'acquit de fondations faites par les anciens seigneurs dans leurs églises respectives. Enfin les fermiers finirent par payer, MM. de la Bouteillerie, du Lavouër et de la Bédoyère furent évincés, les recteurs perdirent leur procès et furent condamnés aux dépens. Le recteur de Talensac fut même obligé de reconnaître les droits seigneuriaux des Filles de la Vierge et d'avoir leur autorisation pour rebâtir son église en 1708 » (De Palys – Les Dames Budes, 143). Ces religieuses avaient d'ailleurs, dès le mois de septembre 1697, pris possession des deux terres seigneuriales de Bintin et du Bois de Bintin et elles en avaient en 1701 fait l'hommage accoutumé au roi (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, supplémentaire – Archives de Loire-Inférieure, B, 904). Quoi qu'elles eussent en 1712 fondé une messe hebdomadaire dans la chapelle Saint-Joseph de leur manoir du Bois de Bintin, « attendu qu'elles sont obligées d'être en cette maison pendant le temps de la récolte et pour qu'elles puissent y continuer leurs oeuvres de piété » (Registres des insinuations de l'évêché de Rennes), les Filles de la Vierge ne conservèrent qu'assez peu de temps Bintin et le Bois de Bintin ; en 1724 elles vendirent ces terres avec leurs seigneuries à Jean Heuzé et Laurence Brillot, sieur et dame de la Gaudaye, qui en payèrent cette même année, les droits de mutation au receveur des Domaines (nota : Archives de Loire-Inférieure, B, 2702 - Jean Heuzé mourut le 18 septembre 1770 à 83 ans et fut inhumé dans sa chapelle en l'église de Talensac). Les nouveaux acquéreurs donnèrent Bintin et le Bois de Bintin à leur fille Anne-Marie Heuzé, épouse en 1747 d'Yves-Charles Logeois, alloué au Présidial de Rennes, veuve de lui en 1767 et décédée elle-même en 1770, âgée de 48 ans. De cette union naquit Jean-Charles Logeois, également alloué au Présidial de Rennes, qui fit hommage au roi en 1775 pour la terre de Bintin, comme héritier de sa défunte mère (Archives de Loire-Inférieure, B, 1055) et mourut âgé de 42 ans en 1789. Disons maintenant ce qu'étaient ces deux seigneuries. Celle de Bintin donnait son nom à l'une des trois frairies composant la paroisse de Cintré. Elle relevait prochement du roi sous son domaine de Rennes ; ses fiefs s'étendaient en trois paroisses : Cintré, Breteil et Mordelles ; ils jouissaient d'une haute justice exercée à Montfort au XVIIIème siècle. Les fourches patibulaires de Bintin se dressaient sur la lande du Clos-Gravé ; on en voyait encore les débris en 1515, aussi bien que la « motte du moulin-à-vent de Bintin ». Enfin, le seigneur de Bintin avait des droits honorifiques dans les églises de Cintré et de Breteil, — ayant fait de pieuses fondations dans ces deux sanctuaires, — et il possédait un droit de pêche prohibitive dans le Meu avec un moulin sur la même rivière (Déclaration de la seigneurie de Bintin en 1515). Le domaine proche de Bintin se composait du manoir de ce nom, avec ses jardins, rabines et bois futaie, — de la métairie de Bintin contenant une cinquantaine de journaux de terre, — de moulins à vent et à eau, etc. En 1515, à côté du manoir s'élevait une chapelle « fondée en l'honneur de Monsieur saint Martin ». Par lettres royales datées du mois de janvier 1592, Henri IV concéda au seigneur de Bintin le droit de tenir deux foires auprès de ce petit sanctuaire, aux fêtes de Saint-Martin d'été (4 juillet) et d'hiver (11 novembre). Cette érection des foires de Bintin fut confirmée en décembre 1751 par de nouvelles lettres royales données par Louis XV en faveur de Jean Heuzé et de sa femme, enregistrées en 1752 à la Chambre des comptes de Bretagne (Archives de Loire-Inférieure, B 102). Les seigneurs de Bintin ayant cessé dès le XVème siècle de résider en cette terre, lui préférant celle du Bois de Bintin, le vieux manoir de Bintin tomba naturellement en ruines : la métairie et la juridiction seigneuriale subsistèrent seules jusqu'en 1789 ; à la fin du XIXème siècle Bintin n'était plus qu'une ferme. La terre seigneuriale du Bois en Talensac — appelée au XVème siècle le Bois de Bintin quand les sires de Bintin en devinrent propriétaires et y fixèrent leur résidence jouissait d'une juridiction qualifiée haute dans l'aveu de 1553, mais exercée simplement comme moyenne au bourg de Talensac aux XVIIème et XVIIIème siècles. Elle relevait à l'origine du comté de Montfort, et, après la dislocation de cette grande seigneurie au XVIIème siècle, de la châtellenie de la Bédoyère en Talensac, « à foy, hommage et chambellenage, sans rachapt ». Elle se composait d'une demi-douzaine de fiefs en la paroisse de Talensac et de quelques autres bailliages en Iffendic, Monterfil et le Verger. Le seigneur du Bois de Bintin possédait au haut et au Nord de la nef de l'église de Talensac une chapelle prohibitive dédiée à Notre-Dame. Il y avait un banc à queue et plusieurs pierres tombales, avec ses armoiries peintes dans les vitraux et sculptées sur la muraille. Il jouissait, en outre, dans le chanceau même de cette église, du côté de l'évangile, d'un autre banc blasonné « joignant le balustre », d'une lisière à ses armes et d'écussons « ès vitres dudit chanceau » (Déclaration du Bois de Bintin en 1585 et 1687). Plusieurs autres droits féodaux, quelques-uns assez originaux, appartenaient encore au sire du Bois de Bintin : le jour de Noël, le dernier marié parmi ses vassaux de Talensac devait, à l'issue de la grand'messe, fournir une soule, jetée ensuite au peuple pour l'amusement de la jeunesse. — Le même jour de Noël, certain tenancier de Talensac était tenu, également après la grand'messe, de présenter, sous peine d'amende, un chapon au seigneur du Bois de Bintin en criant par trois fois : Vive l'amour ! — Le jour de Pâques il était dû au même seigneur, par un autre vassal de Talensac, à la sortie de la grand'messe, un léger repas servi « sur la passée du cimetière » et composé de « deux sols de viande, deux sols de pain et un pot de vin de Grave, le tout recouvert d'une serviette bien blanche » (Déclaration du Bois de Bintin en 1585 et 1687). Enfin, le seigneur du Bois de Bintin avait dans la forêt de Coulon un droit d'usage de bois « tant de merrain que de chauffage », et dans la rivière du Meu un droit de pêche et de bateau depuis l'abbaye Saint-Jacques de Montfort jusqu'au moulin du Guern. Il levait aussi une petite dîme dans la paroisse de Talensac (Déclaration du Bois de Bintin en 1585 et 1687). Le domaine proche du Bois de Bintin était plus considérable que celui de Bintin. C'était d'abord le manoir du Bois de Bintin avec sa chapelle dédiée à saint Joseph, son colombier, ses bois et ses vignes signalées en 1553 — les métairies nobles du Gué-Besnier, de la Métairie Neuve, du Clochedoux, du Vauderneux et du Chastellier — le moulin à eau de Chastellier sur le Meu. Signalons à propos de cette terre du Chastellier une motte considérable, avoisinant la maison de demeure et entourée naguère de douves larges et profondes (Déclaration du Bois de Bintin en 1553, 1585 et 1687). L'ancien manoir du Bois de Bintin et sa vieille chapelle n'existent plus. Le propriétaire, à la fin du XIXème siècle de cette belle terre, M. Porteu, ancien député d'Ille-et-Vilaine, a construit une nouvelle habitation à l'ombre des grands arbres et au milieu de charmantes prairies étagées sur le versant d'une colline dont le Meu arrose le pied. Comme au temps passé, « il s'y trouve un oratoire champêtre dédié à Saint-Joseph-des-Bois et où se rendent de nombreux pèlerins » (De Palys – Les Dames Budes, 145) qu'attire l'ermitage voisin, Saint-Lazare, habité jadis par le Bienheureux Grignon de Montfort (abbé Guillotin de Corson).

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Alain Le Jambu et Jamet Baude, plusieurs nobles sont mentionnés à Cintré (53 contribuants, 3 pauvres) :

L'hôtel qui fut à dom Allain Machefer et à présent à Michel que l'on dit être noble ;

L'hôtel Jean le Gouz que l'on dit être noble ;

L'hôtel de Guille et Pierre les Queroz que l'on dit être nobles ;

L'hôtel à Yves, seigneur du Plesseix.

(à compléter)

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